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Full text of "Le roman de Renart le Contrefait publié par Gaston Raynaud et Henri Lemaître"

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LE  ROMAN 


RENART 


I)  E 

LE  CONTREFAIT 


TOM  K  II 


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LE  ROMAN 

n  e 

RENART  LE  CONTREFAIT 

l»l'HI.IK  PAR 

Gaston  R  A  Y  N  A  lî  D 


Hi:nki  LEMAITRE 


TOME  II 


PARIS 


LIBRAIRIE  ANCIENNE  HONORÉ  CHAMPION.  EDITECR 

b,  liUAI  MAI.AQUAIS.  5 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


RÉDACTION  REMANIÉE 


TROISIÈME  BRANCHE 


22415  Nul  n’est  qui  puisse  tant  sçavoir  (B  /.  1  a) 
Ne  qui  puisse  trestout  avoir, 

Sçachans  les  cogitacions 
De  toutes  les  intencions; 

Car  s’aucun  feust  qui  le  sceüst, 

22420  Garder  de  eulx  on  ne  se  peust. 

Faulx  samblant,  constrainte,  abstinence 
Faulssissent  bien  a  leur  science. 

Tel  fait  semblant  estre  joieux 
Qui  est  et  tristre  et  annuieux. 

22425  Et  pour  ce,  sont  fort  a  congnoistre 
Gens  seculers  et  gens  de  cloistre; 

Car  tel  me  fait  joyeuze  feste 
Et  met  entre  ses  bras  ma  teste, 
Ryanment  m’acole  et  fait  joye, 

22430  Qui vouldroitquejefusseaTroye,(/  b) 

En  Rommenie  ou  au  Grant  Caire. 

Pour  ce  ne  doit  nul  joye  faire 
De  feste  de  bras  quon  lui  face, 

Tant  lui  face  on  a  plaine  face, 

22435  S’il  ne  congnoist  naturelment 
Se  cellui  lui  fait  loialment. 

Mais  c’est  monlttrefTort  a  congnoistre, 
Soit  de  séculier  ou  de  cloistre, 

Ou  voisins,  parens  et  compere, 

22440  Car  souvent  fault  le  filz  au  pere  ; 

Pour  ce  est  il  bon  de  trestout  taire. 


Encore  lo  a  ainsi  faire  : 

Nul  ne  se  tiengne  trop  joieux 
N’en  nulle  place  trop  ireux; 

22445  Face  moyen  contencment 

En  trestout  son  demenement 
De  trop  festïer,  de  trop  rire 
Et  de  trop  grant  promesse  dire. 

Le  clerc  qui  cestui  livre  fist, 

22420  11  ne  fist  mie  ainsi,  ce  dist, 

Car  trestout  son  volloir  ouvry 
Et  a  aucuns  se  descouvry 
Qui  faignoient  ses  amis  estre, 

Mais  depuis,  si  fu  mué  Tcstre, 

22455  Qui  le  mirent  en  bas  degré, 

Quant  ilz  eulrent  sceu  son  secré. 

Le  clerc  pour  ce  cas  a  affaire; 

Pour  ce,  en  voeut  ung  livre  faire. 
Iriez  estoit  sans  goûte  d’aise, 

224O0  Mais  Raison  voeult  que  il  s’en  taise. 
Tel  l’honnoure,  qui  l’abayeroit, 

Et  lui  ayde,  qui  lui  nuiroit; 

Car  par  ung  ung  millier  sçaroient 
Ce  de  quoy  moins  le  priseroient, 
22463  Et  une  laide  renommée 

Ne  s’en  est  pas  si  tost  allée, 

Car  elle  dure  aprez  la  mort  ;  (  1  c) 

Donc  a  qui  se  descoeuvre  tort. 


22415  Ici  commence  la  seconde  partie  de  la  rédaction  B,  contenue  dans  le  ms.  B1  (Paris,  Bibl.  nat.  fr. 
370),  dont  le  texte  est  parfois  corrigé  par  la  première  rédaction  A  (Paris,  Bibl.  nat.  fr.  i36o)  —  22424 
est  tristre. 

Tome  II.  * 


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1 


ftËNART  LE  CONTREFAIT 


Mais  trop  convient  estre  scient 
22470  Qui  contre  mal  est  passïent 

Et  qui  a  grant  dollour  ne  plaint. 
Sages  est  qui  par  souffrir  vaint, 

Qui  ne  le  fait  ne  le  lait  dire. 
Scneques  dit  que  hons  plain  d'ire, 
22475  II  ne  voit  rien  se  crisme  non; 

Et  se  dit  le  sage  Cathon 
Que  ire  empesche  le  coragc 
Et  le  tient  en  si  grant  servage 
Qu’il  ne  poeult  dire  vérité. 

22480  Puis  dit  en  une  auctorité 

Et  tressagement  le  scet  dire  : 

«  La  loy  voit  bien  homme  plain  d'ire, 
Mais  il  ne  voit  mie  la  loy.  » 

Thules  qui  tant  ot  sens  et  foy 
2248?  Dit  :  «  Ire  soit  hors  de  nostre  estre, 
Qu’avec  lui  chose  ne  poeult  estre 
Bien  ditte  ne  bien  assouvve.  »» 

Or  me  gard  Dieu  toute  ma  vie 
De  moy  bouter  ou  pechié  d'ire, 

22490  Que  ne  me  face  folie  dire; 

Car  cil  est  de  monlt  grant  science 
Qui  a  en  ire  pascïence. 

Cil  n’a  pooir  de  mal  aller 
Qui  ire  et  couroux  scet  celler, 

22495  Et  qui  sans  haync  scet  vivre; 

Dieu  grant  grâce  et  honneur  lui  livre. 
Ung  sage  clerc  si  le  dcscript, 

Si  corn  le  truisen  son  cscript  : 

«  Adviscs  soies  bien  du  fait 
2 2 5 00  A  qui  tu  dis  ton  secret  fait, 

S'il  n'est  ou  s’il  est  tes  amis; 

Car  en  cest  siecle  nul  n’est  fis 
Nul  amy  véritable  avoir. 

Se  tu  voeulx  vivre  pour  sçavoir,  .  /  d 
22?o?  Ne  dy  conseil  qui  t’ahontoit. 

Se  ton  dit  revellé  cstoit 
De  cellui  qui  est  ton  amy, 

Si  devenroit  ton  anemy.  » 

Ainsi  le  clerc  pas  ne  le  fist 
22?  10  Qui  cest  livre  fist  et  escript; 

Car  qui  est  amy  a  présent, 

Puis  est  anemy  aultrement. 

Encores  dit  ung  grant  decret  : 

«  Tant  corn  tu  gardes  ton  secret, 

225 1  5  Hz  sont  enta  chartrc  couvert; 

Et  si  tost  comme  ilz  sont  ouvert 
Par  simplesse  ou  par  mesproison, 

Tu  es  mis  dedens  leur  prison, 


Et  ou  dangier  de  ceulx  t  es  mis 
22520  Cui  tu  aras  tes  secrés  dis  ; 

Car  devant  riens  ne  les  doubtoies. 

Or  es  tu  mis  en  telles  voies 
Que  toudis  d’eulx  aras  doubtance 
Qu’ilz  ne  dient  ta  mescheance.  » 
22525  Jhesus  Sirac  si  nous  raconte, 

Si  corn  je  le  truis  en  son  compte  : 

«  A  ton  amy  point  ne  descoeuvre 
Tout  ton  secret  ne  tout  ton  oeuvre; 
Et  pour  ce  je  le  te  voeul  dire  : 

2i53o  Compter  la  chose  ou  il  ait  ire, 

En  son  coeur  moins  t’en  prisera, 

Et  contre  toy  s'avisera  : 

Or  tendra  ton  secret  en  fait.. 

Monlt  est  cil  sage  qui  se  tait.  » 

2  2  535  De  tous  secretz  je  me  tairay 
Et  passience  en  moy  a  ray, 

Jusquez  Fortune,  ma  contraire, 

Qui  me  fait  souvent  meschief  faire, 
De  moy  se  part  et  ailleurs  voise. 
22540  De  ce  qu'elle  me  suit  me  poise  ; 

Se  je  l’en  peüsse  chasser  (a  a) 

Ne  par  escu,  ne  par  archier, 

Je  le  bâtisse  et  l’enchassesse 
Et  de  moy  le  desseparesse  : 

22545  Chasser  nel  puis  fors  par  souffrir  ; 

En  ce  point  me  convient  tenir. 

Et  comment  le  porray  je  faire  ? 

Je  ne  l'ay  point  aprins  a  taire, 

Mais  ay  aprins  a  dire  tout 
2i55o  Quancqucs  je  pense  tout  au  bout. 

Je  suis  en  ce  tout  ordonnés, 

Par  acoustumance  menés  : 

Vaincre  convient  acoustumance. 

Or  voeultdonc  Raison  que  g’y  pense. 
22555  Pensé  ay.  Je  querray  ung  maistre 
Qui  m’apprendra  passïent  estre. 

Et  du  tout  en  tout  le  creray, 

Mais  ne  sçay  ou  le  trouvera)'. 

Qui  m’aprendra  a  bien  celler 
225ôo  Ce  qu’ay  aprins  a  reveller. 

Acoustumance  est  monlt  poissant; 

Et  si  suis  tresbien  congnoissant. 
Envis  lairay  m’acoustumance, 
Meismes  quant  je  le  tiens  d’enfïance  ; 
22565  II  n’y  a  plus  le  «  Me  fault  faire.  » 

Ou  tost  trouvera)'  mon  contraire? 

Ou  querray  tel  maistre  ?  Quel  part? 
Par  foy,  n’en  sçay  nul  que  Rcgnart. 


32474  Doncqucs  dy  que  homme  corrigé  d'après  A  —  22475  casmc  corrigé  d'après  A  —  22492  en  iro 
a  —  225 1 1  Car  tel  est  —  225 1 2  Qui  puis. 


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TROISIÈME  BRANCHE 


3 


Mais  Regnart  est  le  souverain 
22570  Qui  de  toute  science  est  plain 
Fors  que  de  Raison  seulement. 

D’acord  suis  bien  que  je  le  mand 
Ou  que  je  voise  a  lui  tout  droit. 

A  lui  m’en  iray  or  endroit: 

22375  Car  de  mon  fait  lui  voeul  touchier 
Et  lui  a  mon  conseil  huchier. 

Par  lui  voeul  mon  fait  recouvrer 
Et  du  tout  voeul  par  lui  ouvrer;  (2  b) 
Car  il  voeult  couvrir  et  celler, 

22580  A  point  et  a  temps  reveller. 

Il  scet  toute  riens  mettre  a  point; 

11  scet  ce  qui  oingt  et  qui  point  ; 

Il  scet  ce  qui  aide  et  qui  nuit; 

Il  scet  ce  qui  avme  et  qui  cuit; 

22585  II  scet  celler  et  racompter  ; 

Il  scet  avaller  et  monter  ; 

Il  scet  traire  ;  il  scet  lancliier  ; 

Oncques  riens  ne  sceut  detrenchier  ; 

Il  scet  rire  quant  il  est  heure, 

22590  Et,  quant  il  voit  son  point,  il  pleure  ; 
Quant  il  est  temps,  il  lui  anuye; 

Quant  il  voeult  vent, quant  il  voeultpluyc, 
A  tout  son  proflit  se  demaine. 

Et  si  n’y  met  traveil  ne  paine  ; 

22595  Naturelment  ce  scet  il  faire, 

Ccllui  qui  scet  tout  son  fait  taire 
Et  deviser  et  ordonner, 

Et  bien  despendre  et  bien  donner, 

Et  qui  a  tous  voeult  estre  amis 
22600  Et  mettre  aflin  scsanemis, 

Quant  il  voit  et  le  temps  et  l’heure 
Et  toudis  tout  simple  demeure; 

Ne  ja  nul  ne  s’en  perchevra 
Quel  volenté  en  lui  ara. 

22605  C’est  Regnart  qui  tout  ce  scet  faire. 
Lequel  voeul  a  mon  maistre  traire. 
Dessoubz  sa  doctrine  serav, 

Et  en  celant  de  lui  feray 
Une  matière  que  je  pens. 

22610  Endementiers  ira  ce  temps, 

Certes  que  trop  enduré  l’ay. 

Or  entendez  que  je  diray 
De  Regnart,  mon  tresbon  amy, 

Que  je  voeul  tirer  près  de  my 
2261 5  Pour  moy  couvrir  de  ma  purté.  (2  c 
Des  bons  dit  on  auctorité 
Et  leurs  oeuvres  lire  souvent  ; 

Assez  de  bien  on  y  aprent, 


En  ramentevant  les  bons  fais 
22620  Que  les  sages  vaillansont  fais. 

Bon  fait  le  sens  traire  a  sa  part, 
Especialment  de  Regnard. 

Cil  qui  par  Regnard  voeut  ouvrer 
Et  en  lui  Raison  recouvrer, 

22625  Se  Regnart  Raison  voeut  bien  sivre, 

Il  poeult  tresbien  sceurement  vivre. 

Mais  s’il  est  qui  Raison  suivra, 

Et  de  Regnard  noyent  n’ara, 

N’en  nulle  rien  ne  le  voeut  suivre, 

2263o  11  porra  bien  faillir  a  vivre 
Et  porra  estre  decheUs. 

Et  pour  ce  suis  je  esmeiis 
De  dire  de  lui  aucun  bien. 

Or  y  entendez  donequez  bien, 

22635  Car  mon  sens  mettray  sur  Regnart, 

Et  sur  son  oeuvre  et  sur  son  art, 

Qui  passé  a  maint  mal  trespas. 

Oncqucz  n  en  ala  que  le  pas  : 

Mainte  ryote  a  eschcvéc  ; 

22640  Oncques  lanche  n’en  fut  levée. 

Et  s’a  soulïert  mainte  clamour, 

Dont  juge  n’ot  oncques  dolour. 

Regnard,  qui  bien  son  penser  coeuvre, 
Sans  crÿcret  sans  monstrer  s’oeuvre. 
22643  En  son  hostel  fu  par  loncg  temps 
Que  point  ne  le  fuit  eslongnans. 

Maladie  l’ot  envahy, 

Qui  forment  le  tist  esbahv. 

Pour  ce  se  senti  mats  et  vyculx  ; 

22630  Lors  se  prinst  a  plourcr  des  yeulx, 

Et  voit  que  morir  le  convient. 

De  scs  mefFais  bien  lui  souvient,  12  J) 
Mais  ne  les  poeult  resconpenser; 
S’estudie  met  en  penser. 

22655  De  son  hostel  ist  monlt  pensant, 

Son  tempz,  sa  vye  congnoissant  ; 

De  joye  en  lui,  sachiez,  n’ot  goûte. 

En  ung  petit  sentier  se  boute  : 

De  ce  point  souvent  lui  souvient 
22660  Que  bien  brief  morir  lui  convient, 

Et  volentiers  conseil  eüst 
Comment  ce  point  passer  peüst. 

Mais  de  conseil  ne  troeuve  point, 

Ce  est  le  rien  qui  plus  le  point. 

22665  Lors  choisi  devant  lui  venant 

Ung  vilain  monlt  grant  doeul  menant; 
Mal  fu  vestu,  mal  fu  chaussiés 


22595  il  manque  —  22608  en  ccst  an  corrige  d'aprcs  A  —  22619  bons  —  22625  bien  nuire  — 
2  2636  Et  manque . 


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4 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Et  estoit  monlt  fort  courouchiés  : 

«  Villain»,  dist  il,  «Dieu  te  doint  jove 
22670  Et  moy  telle  que  aise  soye  ! 

Car  je  voy  a  ton  contenir, 

Jove  ne  scez  par  ou  tenir.  « 

Lors  le  vilain  sa  teste  dresse, 

Si  lui  respondi  par  tristresse  : 

22G7 5  «  Vilain  suis  je,  nommé  tu  m’as, 

Et  par  mon  droit  nom  m'apelas. 
Vilain  suis  je,  c'est  mon  accord,  (3  a) 
Car  vouldroie  bien  estre  mort; 

Car  je  suis  jusques  la  sailli 
22680  Que  tous  mes  biens  me  sont  failli, 

Et  toutes  honneurs,  et  tous  pris, 

Que  de  long  temps  avoie  apris. 

Or  suis  je  tout  despourveü 
Et  de  bien  hault  au  bas  cheü, 

22685  En  vilenie  defenis; 

Pour  ce  suis  je  avilenis. 

Mais  tu  m’as  trop  bien  congneü 
Quant  oncqucs  mais  ne  m’os  vëu  ; 
Donc  je  me  doy  bien  apayer. 

22690  —  Bons  homs,  »  dit  Regnart,  «  esmaier 
Ne  courouchier  ne  te  dois  mie. 

Ne  le  dy  pas  pour  vilenie, 

Pour  mal,  pour  couroux  ou  par  guile; 
Mais  quant  on  voit  homme  de  ville, 
22695  Vilain  est  appellé  a  plain, 

Non  mie  pour  ce  qu’il  soit  plain 
De  vilenie  ne  de  mal  nom; 

Mais  de  ville  vilain  a  nom. 

On  ne  dit  pas  homme  vilain, 

22700  Mais  on  dit  a  homme  :  «  Vilain  !  » 

Car  les  villes  amer  debvons 
Et  pour  ce  les  ramentevons. 

Nul  n’est  vilain,  se  le  voir  dit. 

S’il  n’est  faulx  en  fait  et  en  dit. 

22705  Ja  pour  les  beaulx  dorés  estriers, 

Ne  pour  faucon,  ne  pour  lévriers, 

Ne  pour  chiens  mener  ny  oisiaux. 
N’est  gentilz  homs  ne  damoisiaux, 

Ne  que  pour  l’abit  clerc  fera, 

22710  Nul  pour  gentil  tenu  sera  : 

Qui  le  coeur  a  loial  et  fin, 

11  est  gentil,  ce  est  la  fin. 

Des  malvais  gentilz  sont  les  guerres 
Et  les  dissencions  es  terres,  [3  b) 
22715  Les  orphelins,  les  povretcs, 

Toutes  malvaiscs  euretés, 

Ly  orgoeul  et  la  symonie, 


Trestous  despis  et  toute  envyc. 

Se  gentilz  homs  mais  n'engcnroit, 
22720  Ne  jamais  louve  ne  portoit, 

Et  grant  cheval  ne  fust  jamais, 

Tout  le  monde  vivroit  en  paix. 

Et  se  tu  voeulx  estre  ententifs 
A  sçavoir  lesquelz  sont  gentilz, 

22725  Pense  a  Nature  propprement; 

Lors  ne  diras  pas  que  je  ment. 
Nature  fait  tout,  sans  mentir, 

Naistre,  vivre,  croistre,  sentir, 

Mais  morir  ne  fait  elle  point, 

22730  Car  lui  desplait  monlt  fort  ce  point. 
Or  pense,  se  je  bien  t’avoye. 

Au  naistre  et  au  morir  les  voye, 

Et  lors  cherrcs  en  congnoissance 
S’aultre  mort  ont  n’aultre  nuisance 
22735  Que  toy  qu’ilz  appellent  vilain; 

Tout  y  est  ung,  j’en  suis  certain. 
Encor,  se  n’eussent  maladie, 

Ne  de  l'autrui  avoir  envye, 

Ne  deïssent  que  vérité, 

22740  Tout  temps  eussent  loyaulté, 

Pour  gentilz  homs  je  les  tenisse, 

Et  moy  et  toy  vilain  deïsse; 

Aultres  leurs  vilains  scroient 
Et  a  bon  droit  le  nom  aroient. 

22745  Et  se  différence  y  trouvez 

En  ces  deux  pointz  que  cv  prouvez, 
Vëoir  et  dire  poeulx,  en  sommes, 
Autant  des  femmes  corn  des  hommes; 
Nourreture  et  acoustümance 
22750  N’y  ont  plus  fait  de  différence. 

De  meilleurs  coeurs  a  soubz  bureaux 
Et dessoubz  fourrures  daigneaux  ( 3  c) 
Qu’il  n’a  soubz  vairs  et  soubz  ermines  ; 
Autant  eüsse  je  or  de  mines 
22755  De  petits  parisis  sans  plus 

Comme  il  en  y  a  des  ungs  plus  : 
Preudoms,  je  te  jure  ma  foy, 

Bien  paieroye  ce  que  je  doy. 

Et  croy  que  tout  orgoeul  chcrra 
22760  Et  longuement  ne  demourra. 

Orgoeul  poeult  courre  une  estendee, 
Mais  il  chiet  a  la  longue  alée, 

Au  jour  du  Jugement  tout  droit. 

La  sera  sceu  qui  avra  droit; 

22765  La  sera  sceü  de  certain, 

Qui  sera  gentilz  ou  vilain, 

Car  le  Grant  Juge  la  sera 


22709  sera  corrigé  d'après  A—  22723  tu  manque  —  22732  les  supplie  par  A  —  22734  eusses  —  22767 
y  sera. 


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TROISIÈME  BRANCHE 


5 


Qui  a  chascun  raison  fera. 

N’y  vauldra  orgoeul  ne  noblesse, 

22770  Ne  alléguer  sa  gentillesse; 

Mais  pour  ce  que  tous  vont  par  terre, 
Que  dessevrance  n'y  poeus  querre, 
Tous  ont  deux  pietz,  deux  yeux,  deux  poingz, 
Et  tous  sont  forgiez  en  un  coing, 

22775  Et  tous  sur  une  enclume  fait, 

Et  trestous  de  ung  homme  attrait. 

Or  veez  lesquelz  trouverez 
Que  vous  pour  drois  vilains  tenrez. 
Tous  ceulx  qui  mentent  volentiers 
22780  Et  de  bourdes  sont  coustumiers, 

De  toutes  telz  gens  je  dy  fy  ! 

Drois  vilains  sont,  point  ne  m’y  fy. 
Trestous  ces  bourdeurs  sont  vilain^ 
Dieu  les  het  et  point  ne  les  aim; 

22785  Ceulx  doit  on  dire  sans  doûbtance 
Vilains  de  vile  acoustumance. 

Vilain,  qu’ez  plain  de  vilenie. 

Fui  toy  de  bonne  compagnie!  (.?  d) 
Ungs  hons  qui  par  bourde  se  maine 
22790  Et  a  bourder  toudis  se  paine, 

Et  bourde  en  aultrui  décevant, 

Droit  vilain  est,  de  ce  me  vant; 

Et  encor  quant  il  est  bourdeur 
Et  avecques  ce  est  vanteur, 

22795  Chascun  le  doit  de  lui  priver 
Et  sa  compagnie  eschever. 

Si  me  tenez  pour  excusé, 

Se  dit  vous  ay  le  mot  usé. 

Vilain  t’ay  dit;  espoir,  je  ment. 

22800 —  Regnart,  nennil  certainement, 

Mais  de  doleur  ay  plain  le  corps, 

Sique  je  vouldroie  estre  mors. 

Je  ne  voy  mais  arrier  n’avant. 

Tant  ay  a  mon  coeur  doleur  grant.  » 
22805  Regnart  grant  pitié  en  a  pris, 

Quant  il  a  tous  ces  motz  ouVs; 

Si  dit  :  «  Amis,  conforte  toy, 

Et  entens  confort  et  le  croy, 

Ne  dessers  pas  la  mort  avoir. 

22810  Quiconcques  vient  en  desespoir. 

Ou  sa  mort  a  escient  haste, 

Dedens  le  feu  d’enfer  s’enhaste 
Sans  issir  ent  heure  ne  jour. 

Je  en  congnois  maint  et  plusour, 

22815  Quant  maladie  ou  povreté 

Vont  demourer  vers  leur  costé, 

Ou  que  aucun  despit  rechoivent, 

Ou  aucunes  grans  debtes  doibvent 

22819  poeuent  —  22863  plus  te. 


Dont  a  chief  venir  ilz  ne  poeulent, 
22820  Tantost  dient  que  la  mort  voeulent 
Et  tantost  désirent  mort  estre, 

Et  sont  de  desconfort  tout  paistre, 
Etpluseurs  s’en  livrent  a  honte. 

Mais  se  sçavoient  que  ce  monte 
22825  Et  le  dangier  ou  sont  tel  mort,  (4  a) 
Point  n’aroient  de  desconfort.  » 
Adont  lui  a  Regnart  enquis 
Pour  quel  couroux  est  si  mal  mis  : 

«  Or  t’en  advise  justement, 

2283o  Et  le  me  compte  propprement  ; 

Et  se  riens  aidier  t’y  porroye, 
Volentier  de  coeur  le  feroye. 

—  Certes  »,  dist  le  preudoms,  «  amis, 
Puis  qu’ainsi  est  que  tu  t’es  mis 
22835  A  moy  consseillier  loialment, 

Je  le  te  diray  vraiement. 

Je  souloye  estre  bien  eureux 
Et  de  trestous  biens  plentureux, 
Riche  de  terriennetés 
22840  Par  dessus  les  moyennetés, 

Et  habondance  en  moy  avoit 
De  tous  les  biens  que  on  sçavoit, 

Bien  honnouré  et  chier  tenu, 

Dessus  tous  aultres  bien  venu, 

22845  Et  m’a  duré  bien  soixante  ans. 

Or  suis  sur  la  fin  de  mon  temps, 

Que  me  deüsse  reposer 
Et  ma  vie  en  bien  ordonner; 

Or  m  a  mon  seigneur  envahy, 

22850  Et  si  durement  enhay  . 

Que  il  a  prins  quanquez  j’avoye, 

Ne  m’a  laissié  fors  que  la  voye. 

Ne  sçay  ou  mon  vivre  soit  pris; 
Telle  vie  n’ay  point  apris. 

22855  Ne  sçay  que  die  ou  que  je  face  : 

Grant  meschicf  me  trouble  la  face, 
Ne  sçay  ou  je  voy  ne  repaire. 

Or  vous  ay  compté  mon  affaire. 

—  Mon  chier  amy,  se  tu  te  doeulx, 
22860  Encor  feras  plus,  se  tu  voeulx. 

Tant  t’esmaies  que  tu  voulras, 

Ja  pechié  n'en  couroucheras  :  (4  b) 

Plus  t’esmaiera,  te  sieura, 

Et  plus  prez  de  toy  tirera. 

22865  Ceste  Nature  a  desconfort  : 

Pechié  le  sieut  jusqu’à  la  mort. 
Conforte  toy,  preng  esperance, 

Et  Dieu  t’aidera  sans  doûbtance. 
David  si  commande  et  enseigne 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


6 

22870  Que  chascun  com  homme  se  tiengne, 

C  est  a  dire  homme  honmanment. 

Non  mie  paoureusement. 

Donc  homme  qui  en  Dieu  est  fort, 
Maintiengné  soy  sans  desconfort. 

22875  En  le  Nocturne  du  lundi, 

Tu  trouveras  ce  que  je  di. 

Encores  David  le  raconte 
En  la  Nocturne  que  je  compte  : 

Maintes  trihulacions  viennent 
22SSoAceulx  qui  bonne  vie  tiennent, 
Percecucions  et  prieux; 

Et  de  tout  les  delivre  Dieux. 

Encore  illecq  David  tesmongne 
Qui  parle  de  ceste  bezongne  : 

22885  C’est  a  dire  Dieu  aidera, 

Confort  et  paix  délivrera, 

Et  seront  saulvés  sans  doubtance 
Ceulx  qui  en  lui  ont  esperance. 

Et  se  de  confort  prengs  ung  doy, 

22890  Dieu  en  mettra  assez  en  toy. 

Il  n’est  perte  que  homs  rechoive 
Pour  que  nul  jour  plourer  en  doive. 

Se  ne  sont  trois  que  te  diray. 

Et  les  trois  je  te  nommeray  : 

22895  Ame,  renommée  et  amy. 

Et  ce  retiengnes  tu  de  my, 

Fors  que  de  ces  trois,  ne  devroit 
Nulz  homs  plourer  qui  sens  aroit; 

Car  qui  pert  deniers,  prez,  ahans,  (4  c) 
22900  S’il  en  pleure,  est  monlt  mescheans, 

Car  recouvrier  il  poeult  avoir, 

S’il  a  en  lui  point  de  sçavoir, 

Ou  sans  avoir  grâce  ou  eilr 
Encor  en  poeult  il  estre  asseur. 

22905  Mais  or  m’en  dy  la  vérité, 

Pour  peu  n’ez  pas  déshérité; 

Que  ce  fait  sans  raison  n’est  point. 

Tu  l’as  en  aucun  costé  point, 

Qu'il  ne  t’eüst  mie  tant  nuit 
22910  Sans  grant  cause;  or  ne  t’en  anuit  !  »> 
Dist  cellui  :  «  Cause  n’y  sçay  point, 
Fors  tant  que  obev  n'ay  point  ; 

Ne  ay  fait  aultre  cruaultê. 

Révérence  n'av  nul  porté: 

22915  Je  n’ay  obev  nullement 
Ne  a  voisin  ny  a  parent  ; 

Humilité  a  nul  ne  fis. 

Vccy  tout  quanequez  je  médis. 

—  Preudom,  je  voeul  bien  que  tu  m'oves. 
22920  Envis  plus  mesprendre  porroves  ; 


Fors  traïson  tant  seulement, 

Ne  poeulx  mesprendreplusgriefment. 

Dieu  qui  est  le  vray  droiturier, 

Quant  il  fist  Paradis  premier, 

22925  Voult  qu’angles  fussent,  et  fais  furent. 

11  sceut  bien  quel  nombre  estre  deurent  ; 

Seul  de  son  plain  voloir  les  fist 

Et  dedens  Paradis  les  mist. 

Pour  ce  que  haulx  et  beaux  se  virent, 

22930  Maintenant  en  orgocul  se  mirent, 

Et  quant  d’orgoeul  furent  touchiez. 

Dès  lors  furent  ilz  trébuchiez; 

Par  désobéir  ilz  cheürent. 

Or  sont  ilz  deables,  et  artgles  furent. 

22935  Monlt  avoient  or  plus  avoir 

Que  nulz  homs  ne  pouoit  avoir,  ( 4  d ) 

Toute  grâce  et  toute  beaulté 

Et  toute  souveraineté 

Pardurable,  sans  mal  avoir, 

22940  Ja  sans  enveillir  ne  douloir  ; 

Et  en  trestous  lieux  ilz  estoient 

Sans  nul  traveil  ou  ilz  vouloient. 

En  hault  furent,  et  or  sont  bas. 

De  ce  ne  me  merveille  pas; 

22945  Trestoutes  les  âmes  dampnées 

Qui  ont  esté  et  qui  sont  nées 

En  cest  siecle  de  corps  de  femme, 

Ne  le  sont  pour  aultre  diffame  : 

Par  désobéir  seulement 

22950  Sont  tous  les  dampnés  proprement, 

Car  se  tous  bien  obeïssoient, 

Et  leur  souverain  bien  amoient 

Et  faisoient  commandement, 

Ja  nul  n  yroit  a  dampnement. 

22955  Mcismes  Adam  desobey, 

Dont  nous  sommes  tous  esbahv. 

* 

Jamais  dampnacion  ne  fust, 

Ne  ja  esté  dampné  n’eüst, 

Ne  homs  ne  eust  eu  maladie, 

22060  Tant  eust  esté  longue  sa  vie. 

Ainchois  eust  vescu  liement  ; 

Meismes  a  son  trespassement 
Quant  l’ame  du  corpz  lui  partist. 

Nulle  dollouril  ne  sentist. 

22965  Et  en  Paradis  tantost  fust, 

S’Adam  desobeV  n’eüst. 

Et  si  tost  qu’il  desobëy, 

Tous  pechiés  print  et  envahy. 

Car  toute  désobéissance, 

22970  A  droit  dire,  est  mescongnoissance, 
Et  si  est  orgoeul  et  despitz  ; 


22881  perieulx  —  22-889  desconfort  —  22S92  que  manque  —  22900  mcschans —  22g??  son  comrn. 


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TROISIÈME  BRANCHE 


7 


Nul  n’en  porroit  faire  bons  ditz. 

Et  quant  ou  siecle  toutes  guerres,  (5  ci) 
Toutes  rebellions  en  terres, 

229-5  Couroux,  pertes,  ochisions, 

Et  toutes  males  mocions, 

Maladies,  pechiez  mortelz 
Viennent  par  icestui  costez, 

Oncques  nulz  homs  impacïent 
22980  Ne  pot  bien  servir  loialment, 

Ne  bon  service  ne  pot  faire,  • 

N'a  Dieu  n’a  nul  preudomme  plaire. 
Mais  toudis  est  plain  de  murmure, 
Dont  Dieu  ne  preudhommes  n’ont  cure, 
22985  Ne  grâce  ne  poeut  il  avoir, 

Tant  ait  richesse  ne  sçavoir, 

Ne  nulle  bonne  compagnie 
N’ara  ja  cure  de  sa  vie. 

Obéir  Dieu  trestout  avant, 

22990  Et  puis  au  siecle  a  ton  plus  grant, 

A  ton  moyen  et  a  ton  mcndre 
Dois  a  obéissance  tendre, 

Je  dis  obéir  deuement, 

De  bon  coeur  lyé  et  loialment. 

22995  Honneure  grant,  petit,  moyen; 

Lors  es  lÿé  de  bon  lÿen. 

Homs  qui  vit  en  humilité 
Ne  poeult  venir  a  povreté. 

Obéissance  seulement 
23ooo  Fait  homme  vivre  saulvement. 

Freudhoms,  se  ramenbré  t’eUsses 
Du  joing  marin,  et  bien  sceüsses 
Comment  il  se  sceut  maintenir, 

En  bon  estât  porroyes  venir, 

23oo5  Car  le  joing  marin  mieux  se  tint, 

Quant  le  grant  flos  de  Saine  vint. 

Qui  le  Grant  Pont  qui  fu  de  pierre 
Rompit,  qui  fu  fait  a  esquerre. 
Oncques  le  joing  n’en  fut  meü,')  1 
23oio  Ne  pour  vent  qui  a  Troye  fu,  J  (5  b) 
En  l'an  mil  .11e  .  dis  et  uit, 

Le  jour  de  Saint  Mathé,  de  nuit, 

Qui  jetta  tout  Saint  Perre  a  terre. 
Oncques  ce  vent  ne  pot  tant  querre 
23oi5  Que  le  joing  peust  eslochier 

Ne  pour  bouter  ne  pour  hochier. 

Le  pont  de  Paris  bien  doubta, 

Le  flos  d’eaue  tout  jus  bouta. 

Le  joing  marin  bien  s'i  maintint 
2 3o20  Pour  ce  que  humilité  tint. 

Dont  il  advint  en  iceulx  termes 
Que  sur  la  riviere  fu  fermes 


Enrachiné  et  bien  tenans 

Ung  grant  chesne  tresbien  venans, 

23o25  De  rachines  enrachinés, 

De  grans  branches  environnés. 

Le  vent  sans  chiez  et  sans  séjour 

Hurta  au  chesne  nuit  et  jour, 

Et  souvent  grans  coups  endurer, 

23o3o  Ad  ce  ne  porroit  fer  durer. 

Le  vent  hurta,  l’arbre  se  tint; 

Le  vent  de  toutes  pars  lui  vint, 

Et  monlt  le  print  a  débouter. 

Le  chesne  ne  le  vault  doubter; 

23o35  Le  vent  tant  bouta  et  /hurta  ' 

Que  le  chesne  a  terre  jetta/ 

Tant  a  a  bouter  entendu 

Qu’a  terre  l’a  tout  estendu  : 

Tout  en  my  la  riviere  aval, 

23040  Le  chesne  s’en  va  contreval 

Tout  amaladi  et  vaincu; 

Bien  s’est  de  sa  roideur  sentu. 

Tout  ainsi  comme  il  s’en  aloit 

Et  l’eaue  aval  le  menoit, 

2?(»45  Dessus  le  joing  marin  monta, 

Et  le  joing  tantost  se  baissa, 

Et  se  voult  en  l'eaue  bouter.  (5  c) 

Le  chesne  oultrc  laissa  passer 

Que  nulle  riens  il  ne  lui  griefvc. 

i3o5o  Quant  fut  oultré,  si  se  relieve, 

Et  fut  aussi  droit  que  devant; 

Riens  n’y  parut  ne  tant  ne  quant. 

Quant  le  chesne  l’a  advisé, 

Ung  petit  s’est  la  aresté. 

23o33  Dist  :  «  Joing  marin,  je  te  demand 

Comment  t’ez  tu  cy  tenu  tant? 

J’estoie  si  grans,  si  fournis, 

Si  de  rachines  bien  garnis, 

Que  trente  cars  ne  me  portassent, 

i3oôo  Ne  mes  rachines  ne  menacent; 

Et  tout  quaneques  avoie  acquis, 

Dontcuidoie  bien  estre  fis. 

Mes  rachines  avoie  en  terre 

Grandes  comme  on  les  pooit  querre  ; 

23o65  Ne  ne  prisoie  par  convent. 

Gellée  ne  pluie  ne  vent. 

Mais  or  m’a  ce  vent  cy  batu 

Que  tout  envers  m’a  abatu, 

Tout  abatu  sans  relever, 

23070  Combien  qu’il  m’en  doie  grever, 

Combien  tel  coeur  en  mov  avoie 

• 

Et  tele  force  en  moy  sentoie 
Qu’il  me  sembloit  que  tel  cent  vent 


a3o3K  Damis  de  rachines  g.  corrige  d'après  A  —  23o63  estoient  en  —  23064  les  manque  —  23072  tel. 


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8 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Ne  me  meffeïssent  noient. 

23075  Tu,  cui  ungs  homs  aroit  au  dov, 

Tu  t’ez  cy  tenu  trestout  cby; 

Encore  es  tu  en  ton  estant, 

Ainsi  comme  estoies  devant. 

N’as  oncques  tant  le  vent  prisie 
23o8o  Que  oncques  t'ayt  en  riens  brisic. 
Treschetif  de  noyent  venus, 

Comment  t’ez  tu  cy  maintenus, 

Que  le  vent  ne  t'a  fait  voiler 
Plus  loingz  qu'on  ne  porroit  aller?  (5 d) 
23o85  Les  pontz  de  Paris  tousmaty, 

Saint  Pierre  de  Trove  abatv, 
Pluseurs  grans  fors  a  abatu; 

Et  tu  t’ez  contre  lui  tenu  ! 

— 11  y  a  bien  cause  pour  quoy  : 
23090  Différence  a  de  moy  a  toy. 

Tu  t'ez  sentu  roides  et  fors, 

S’as  volu  monstrer  tes  effors 
Contre  fort,  et  fort  voulsis  estre. 

Si  t’en  convient  perdre  ton  estre, 
23095  Car  contre  fort  tu  ne  pouoies 
Tenir,  et  tenir  t’y  vouloyes, 

Sy  com  les  Flamencz  firent  tuit. 

En  Pan  mil  .me.  vint  et  uit, 

Rébellion  en  eulx  se  mist 
23roo  Et  assemblée  d’eulx  se  fist. 

Dirent  qu’au  roy  n’obeïroient, 

Ne  a  seigneur  ne  le  tenroient; 

«  Ne  nulle  riens  ne  le  prisons, 

Et  hault  et  cler  nous  le  disons; 
23io5  A  lui  n’acontons  ung  fuisel. 

Sur  nous  venist  Phlipe  le  Bel, 

Qui  devant  nous  grant  piece  sist 
Et  maint  grant  dommage  nous  fist 
A  Mons  en  Peule  et  a  Carsel  : 

23 1 10  La  y  ot  de  mors  maint  moncel. 

Il  meismes  y  fu  si  sourprins  (6*  a) 
Que  a  paine  qu’il  n’y  fu  prins. 

Et  si  lui  fut  tresbien  mesticr 
Que  il  s’i  sceüst  bien  aidier, 

23 1 1 5  Car  le  bon  conte  de  Juler 
Lui  eusist  tollu  son  aller. 

Si  avoit  il  bien  cincq  cens  mile 
D’hommes  avec  lui  de  mainte  ville, 
Qui  trestous  le  tenoient  prez. 

23 120  Roy  fu,  puis  son  filz  vint  aprez, 

Qui  tant  fut  fier  et  courageux; 

Et  tant  nous  fist  de  vilains  jeux, 

Qui  l'an  .111e.  .xi.,  vint 

Vers  nous  et  mont  tresprez  nous  tint, 


23 125  Et  nous  pensa  tollir  le  pas.  » 

Sans  compagnie  ne  vint  pas; 

Mais  illec  demourer  ne  porent 
Pour  les  grans  pluies  que  ilz  orent, 

Et  retourner  il  les  convint. 

% 

23i3o  Après  cellui  Philipe  vint 

Qui  monlt  grant  mal  leur  pourchassa; 
Tout  print  et  ochist  et  chassa. 

Monlt  furent  de  ces  vens  hurtés 
Et  monlt  souffrirent  de  durtés, 
i3 1 35  Si  com  tu  as  pluseurs  fois  eus, 

Dont  tu  n'as  pas  estécheUs. 
Touttesvoiez  te  eslocherent 
Et  petit  a  petit  grevèrent  ; 

Peu  a  peu  as  esté  lochiés 
23140  Qu'a  la  terre  as  esté  couchiés. 

Tant  vous  ont  debatu  li  vent, 

Peu  a  peu,  menu  et  souvent, 

Et  plus  fort  vous  a  si  bouté 
Qu’a  la  terre  vous  a  jetté. 

23145  En  l’an  mil  . iii<l  .xxvui., 

Tant  par  le  jour  que  par  la  nuit, 

Le  roy  Philipe  tant  venta 
Que  trestous  les  Flamens  mata,  (0  b) 
Qui  d’orgoeul  leur  conduiseur  firent  ; 
23 1 5o  Or  vint  le  jour  que  ilz  cheïrent. 

Tu  meïsmes  t’ez  tant  tenus  : 

Bien  voy  a  quoy  en  es  venus. 

Qui  maine  orgoeul  a  son  plus  grant, 
A  tel  fin  com  tu  es  se  prant. 

23 1 53  Soies  certain  qu’orgoeul  cherra, 

Et  quicuncqucs  le  mainterra. 

Or  te  diray  je  donc  pour  quoy 
Je  me  suis  cy  tenu  tout  quoy. 

Quant  vois  plus  fort  de  moy  venir 
23 160  Vers  qui  je  ne  me  puis  tenir 
Par  dessus  moy  aller  laissier, 

N’ay  pas  honte  de  moy  baissier; 
Point  de  grevance  ne  m’en  tient. 
Ainsiques  fay,  s’un  aultre  vient  : 
23i63  Quant  est  oultre,  je  me  relieve, 

Ne  nulle  riens  il  ne  me  grieve, 

Ne  ilz  n’emportent  riens  du  mien. 
Beaulx  enclins  ne  me  coustent  rien: 
Par  gentillesse  bien  porroye 
23170  Prouver  cecy,  se  je  vouloye. 

Je  suis  en  cestui  cas  d'eulx  nez; 

Pour  ce  me  suis  toudis  penez 
D’eulx  ensuirre;  oussi  s’ont  ilz  moy. 
Tant  avons  maintenu  la  loy, 

23175  Que  par  deffault  de  beaulx  enclins 


23073  qui  —  23îoG  philipe  —  23 109  a  manque  —  23 1 18  maintes  ville  —  23 139  a  etc. 


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TROISIÈME  BRANCHE 


9 


Ne  nous  venra  ja  maise  fins. 

Et  Jacopin  et  Cordelier 
Trayent  trestous  a  cest  colier, 

Et  tel  enclinons,  par  saint  Sire, 
23i8o  Que  voulriesmes  qu’il  fust  de  cire; 
Trestout  par  tout  les  enclinons 
Et  de  tout  grant  despit  avons; 

A  tous  faisons  humilité, 

Pappellardie  et  fausseté, 

2 3 1 85  Pour  flaterie,  pour  los  avoir,  [6  c) 
Pour  aucuneffois  mieulx  avoir. 

Bien  sçavoye  cest  psaultier  lire; 

Se  une  unde  vient,  je  me  vire. 

Tel  mile  en  l’an  en  humilie, 

23 1 oo  Que  d’eulx  ne  douroie  une  aillie  ; 

Quant  sont  passés,  si  vont  leur  voye, 
Et  se  contre  euix  je  me  drechoye, 
Tost  se  porroient  arrester 
Et  moy  par  cest  arrest  gaster. 
23iq5S’un  vent  vient,  au  dessoux  me  tiens, 
Et  puis  en  mon  estant  reviens. 

Se  nel  faisoye,  despit  aroit, 

Et  tost  me  dcsrachineroit, 

Et  me  taulroit  toute  ma  vye; 

23200  Pour  ce,  dure  qui  s’humilye. 

Mais  bien  sachiez  en  vérité 
Que  point  ne  fais  humilité 
A  ceulx  dont  ne  me  puis  doloir, 

Ains  dont  j'espoire  mieulx  valoir, 
23ao5  Mais  a  ceulx  qui  en  nulle  guise 
Ne  me  poeuent  faire  servise, 

Ou  ne  me  poeuent  porter  los; 

De  tous  ceulx  ne  douroie  ung  os, 

Se  ce  n’est  pour  humilité 
232io  Ou  pour  avoir  d’eux  charité. 

Adez  humilité  maintieng; 

Pour  ce  mon  estât  adez  tieng. 

Par  ainsi  ay  je  paix  partout, 

Siques  de  riens  je  ne  me  doubt, 

2321 5  Et  que  je  ne  vive  maintz  ans, 

Quel  vent  que  viengne  ne  que  temps, 
Et  se  roideur  mener  vouloye 
Ou  orgoeul,  durer  n’y  poroye. 
Humilité  selon  raison 
23220  Est  en  trestout  temps  en  saison. 

Et  aussi,  se  tous  les  Flamenc 
Eussent  vescu  tout  humblement,  ( 6  d) 
Tel  fust  a  joye  et  a  honneur 
Qui  esta  doeul  et  a  tristeur. 

23225  Et  aussi  mesire  Enguerans 


En  vie  eust  esté  demourans; 

Aulx  fourches  n’eust  point  esté  mis. 
Aussi  ne  fust  Pierre  Remis; 

S’au  roy  eust  eu  humilité, 

23*30  Et  aultres,  ne  fust  pas  lié. 

Tant  se  fioit  en  son  argent 
Que  il  ne  prisoit  nulle  gent. 

Jourdain  de  Lisle,  qui  estoit 
Si  grant,  comme  chascun  sçavoit, 
23235  Et  fu  nieps  du  pappe  de  Romme, 
Tresfel  et  tresorguilleux  homme, 
Pensa  doubter  nul  ne  pellst 
Ne  nulle  force  vers  lui  n’eüst. 

Par  orgoeul  a  Paris  en  vint, 

23240  Et  la  le  gibet  le  retint. 

Aussi  Mainfroy  et  Coradin 
Valurent  pis  que  Sarasin, 

Qui  la  loy  de  Romme  volloient 
Effacer  et  encontre  alloient, 

23245  Que  orgoeul  ot  si  envahis 

Qu’au  derrain  furent  esbahis, 

Tout  par  deffault  d’humilité. 

Je  ne  t’aroye  pas  compté 
En  vingt  ans,  ne  trente,  ne  cent, 

232 5o  Ce  qu’orgoeul  a  mis  a  noient 
Et  ceulx  cui  orgoeul  a  maté, 

Tout  par  deffault  d’humilité, 

Et  par  deffaulte  d’obeïr 
Se  sont  maint  hault  vell  chôyr. 

23255  Or  vous  ay  dit  cause  pour  quoy 
Je  suis  cy  demouré  tout  quoy 
Et  pour  quoy  vous  estes  chells.  » 
Atant  si  s’est  le  joing  teüs. 

Aussi  vous  dy  je,  beaulx  amis,  (7  a) 
23260  Se  eussiés  vostre  usage  mis 
A  estre  humble  etpassïent, 

Sanz  orgueil  etsanz  trop  scient, 
Encores  eussiez  vostre  honnour. 

Et  par  adventure  greignour, 

23*65  Vouliez  vous  Fortune  tenir, 

Qu’elle  ne  vous  puisse  sieuir 
Et  départir  de  ses  joyaulx, 

Des  bons,  des  malvais  et  des  beaux  ? 
Encore  ensayé  ne  l’as  tu. 

23270  Riches  en  ont  esté  batu. 

Ecuba,  qui  tint  grant  honnour. 

Qui  Priant  avoit  a  seignour, 

Royne  fut  de  la  Grant  Troye, 

Qui  tant  ot  d’honnour  et  de  joye 
23275  Et  de  puis  tant  povre  veüe 


23207  Ou  que  ne  —  23226  Eust  este  en  vie  —  232DI  qui  —  23262  S.  nul  org.  sans  nul  mal  point 
corrigé  d’après  A. 


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10 


R ENA RT  LE  CONTREFAIT 


Et  en  chetiveté  tenue  ; 

Puis  ot  elle  le  chief  osté, 

Par  desconfort,  par  povreté 
En  la  main  de  ses  ennemis, 

232S0  Quant  ot  perdu  tous  ses  amis, 

Son  seigneur  mort,  sa  gent  ochisc 
Et  en  la  main  des  Gregois  mise, 
Comme  povre,  esgaréc  et  vile. 

Si  fu  pareillement  sa  fille  : 

23285  Plus  belle  pucelle  n'avoit; 

En  tous  les  paVs  qu’on  sçavoit 
Helayne  passoit  de  beaulté, 

Ce  racompte  l'auctorité. 

En  une  chanbre  fu  trouvée, 

23290  Fuitifve  et  monlt  desconfortée. 

Sur  le  tinbre  fut  decolée 
De  Pirrus,  c’est  chose  prouvée. 

Ce  fut  pour  la  mort  d’Achillès 
Dont  la  pucelle  ne  pot  mais. 

2329.S  Encores  tant  perdu  tu  n’as; 

Si  ne  te  desconfortez  pas.  (7  b) 

Et  si  n'es  mye  de  tel  pris 
Que  refu  de  Philicanbris, 

Merc  le  roy  de  Perse  Dairc, 

233oo  Cuf  Fortune  fu  tant  contraire, 

La  plus  grant  qui  or  régné  tint, 

Qui  sur  sa  fin  povre  devint, 
Prisonnière,  mise  en  prison  ; 

Ce  fut  une  grant  mesproison. 
a33o5  Daires,  le  roy  des  royaultés, 

Qui  si  treshault  estoit  montés, 

Pareil  au  soleil  s’apelloit; 

Soulx  lui  trestoute  terre  avoit. 

Puis  fut  il  povre  dechassiés 
233 10  Et  de  cordes  les  pietz  lÿés. 

En  my  les  champs  batus  et  mats  ; 

Et  ne  se  desconforta  pas! 


Si  n’ez  tu  pas  de  tel  honneur 
Que  Daires,  ne  si  grant  seigneur, 

233 1 3  Envers  lui  n’ez  pas  ung  festu, 

Et  si  te  desconfortes  lu  ! 

Rosane,  la  femme  Alixandre, 

Cui  tout  le  monde  ot  en  commande, 
Aprez  la  mort  de  son  seigneur 
23320  Fu  mise  en  prison  sans  honneur, 

Son  filz  o  lui  ;  ce  furent  deux 
Dont  devoit  avoir  monlt  grant  doeulx, 
La  dame  des  terriennetés 
Mise  en  prison  a  povrctés; 

23325  Elle  meismes  fu  fille  Daire. 

Celle  devoit  monlt  grant  doeul  faire, 
Meismes  son  filz,  qui  homs  estoit, 

De  tel  lieu  la  ou  le  metoit. 

Pour  ce  ne  se  désespéra, 

2333o  Mais  passianment  endura. 

Pour  ce  te  metz  cecy  devant  : 

Et  trestous  ceulx  qui  sont  vivant 
Ne  prendent  en  eulz  si  grant  tort  (7  c) 
Que  d’eulx  bouter  en  desconfort, 
23335  Car  Dieu  et  Raison  s’i  accorde  : 
Dampnés  sont  sans  miséricorde, 

S’en  tel  point  meurent  fermement. 
Pour  ce  te  loc  bonnement 
Que  avecques  moy  tu  t'en  viengnes, 
23340  Ou  aultre  compagnie  tiengnes. 

Seul  ne  demeure  en  nulle  guise, 

Car  le  pechié  toudis  atize 
Quant  ceulx  qui  sont  en  ire  mis 
Quant  seulx  les  troeuve  a  faire  pis, 
23345  A  eulx  noyer  ou  a  eulx  pendre. 

Ad  ce  les  fait  pechié  entendre. 

—  Non  feray;  bien  m’en  garderay, 

A  dieu  vous  dy.  Je  m’en  irav.  *> 


233 18  Qui  —  23348  On  lit  à  la  suite  de  ce  vers  :  Cv  fine  l’iiisfore  du  (sic)  Regn'art  f.t  di  Vilain. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


Regnart  en  son  hostel  retourne 
2335o  Matz  et  confus,  pensifz  et  mourne, 

Et  si  se  va  monlt  conplaignant. 

Et  a  son  estât  va  pensant. 

Tout  son  affaire  a  regardé, 

Comment  a  gaignié  et  gardé; 

23355  Son  eage,  sa  richesse  prent, 

De  quoy  il  vit  et  ou  le  prent, 

De  quoy  a  vesqui,  ou  Ta  prins, 

Quel  art,  quel  science  a  aprins, 

De  quoy  a  usé,  de  quoy  use, 
2336oQuel  art  maintient,  de  quoy  abuse, 
Desquelz  viandes  usé  a, 

Dont  ilz  viennent,  ou  prins  les  a, 
Quel  compagnie  il  a  sieuie, 

Comment  il  a  mené  sa  vie, 

23365  Quelz  biens  il  a  fait  et  pensé, 
Comment  il  a  recompensé 
Les  biens,  les  joyes  qu'a  eücs 
A  iceulx  dont  lui  sont  venues,  (7  d) 
Combien  peult  vivre  a  son  penser. 
23370  Son  fait  prent  a  recompenser, 
Combien  doit  et  ou  le  prenra, 

Et  de  quel  chaté  ce  sera, 

Et  ou  le  prendra  bonnement; 

<1  Car  la  mort  vient  certainement 
23375  Qui  mon  ëage  acomplira, 

Et  qui  ja  mot  ne  m'en  dira, 

Jusques  par  la  gorge  me  tiengne. 

Je  ne  garde  l'heure  que  viengne, 
Vers  moy  vient  a  gaigne  cheval, 
2338o  N’y  espargne  ne  mont  ne  val. 

Tost  sera  cy  huy  ou  demain. 

N'en  suis  selir  ne  soir  ne  main  ; 

Car  la  mort  vient  certainement, 
Passer  je  ne  puis  aultrement. 

23385  Se  ce  point  eschever  pelisse, 

Remede  en  mon  fait  bien  eüsse, 

233ç3  Alixandre. 


Je  y  pensaisse  volentiers, 

Mais  n’y  puis  vëoir  les  sentiers 
A  Ypocras  n'a  Galien, 

233ooTant  fussent  bon  phiscïeri. 

Ruflin,  Constantin,  Tholomée, 

Qui  furent  de  grant  renommée; 
Alixandres  et  Avisaine, 

Platon,  Ancises  et  Jasaine, 

233q5  Senecque,  Galien,  Constantin, 

Ne  sçariez  vous  trouver  la  fin 
Comment  morir  je  ne  peiisse 
Et  en  vie  toudis  feiisse, 

Ou  par  acquérir  des  richesses, 

23400  Ou  par  continuer  noblesses, 

Par  force,  par  lettres,  par  ditz, 

Ou  par  aulcuns  beaulx  escondis, 

Par  preschier,  ou  par  sermonner, 

Par  beau  parler,  par  don  donner, 
23405  Ou  par  quelconque  autre  maniéré  (8  a) 
Je  pelisse  la  mort  mettre  arriéré, 
Qu’elle  devers  moy  ne  venist 
Et  point  ne  lui  en  souvenist. 

Se  j’ay  vesqui  de  aultrui  bien, 

23410  De  ce  me  passaise  tresbien; 

Mais  penser  m’y  convient,  c'est  fort. 
Point  ne  truis  remede  en  la  mort; 
Remede  n'y  voy  qui  detiengne 
Par  quoy  la  mort  a  moyne  viengne, 
23qi 5  Ne  sçay  quant  ne  de  quelle  mort, 

N’a  quel  rive,  ny  a  quel  port.  »» 
Regnart  ne  scet  le  fait  penser 
Par  ou  il  se  puisse  tenser. 

Peu  ot  vivre,  et  si  envyelly, 

23420  Et  sa  viande  lui  failly. 

Sa  femme  lui  vient  a  la  porte 
Qui  tous  ses  enfTans  lui  aportc  ; 

Dit  :  «  Vois  tu  ces  enffans  mov  plaine, 
Qui  par  toute  ceste  sepmainc 


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12 


RENART  LE  CONTREFAIT 


23425  N’avons  denrée  de  pain  mengié? 

Si  sommes  deplenté  vuïdié, 

Que  de  trestoutes  garnisons 
Que  preudhoms  ont  en  leurz  maisons 
En  huche,  en  chambre  ou  en  saulier, 
23430  N’avons  qui  vaille  ung  seul  denier; 

Peu  avons  de  biens  assemblés.  ( 8  b 1 
Vous,  aucunes  gens  ressamblés, 

Qui  aultrui  bien  conseillier  scevent 
Et  au  fort  aidier  ne  se  poeuent. 

2?435  On  vous  sçavoit  Regnart  nommer 
Qui  sçavoit  bons  consaulx  donner; 
Mais  qui  que  conseillié  ayez, 

Vous  en  estes  le  pis  payez; 

Mal  garny  en  est  vostre  hosteulx, 
23440  Que  par  tout  n’a  que  terre  ou  peux. 
Grant  honte  doit  Regnart  avoir 
De  amasser  si  grant  avoir! 

Faites  bien  fermer  vos  greniers 
Et  vos  escrins,  et  vos  cheliers, 

23445  Que  les  larrons  entrer  n’y  puissent 

Et  que  vos  grans  avoirs  n’y  truisssent  ! 
Se  l’avoir  nous  peust  donner  vve, 

De  ce  ne  me  deulsisse  mie. 

Mais  il  est  toute  vérité, 

23450  Et  le  tesmongne  auctorité, 

Que  mal  gaaing  petit  demeure 
Et  a  honte  vient  en  peu  d’heure; 

Ne  ja  les  hoirs  n’en  cheviront, 

Ne  ja  ediffier  n’en  feront. 

23455  De  ce  me  doeul,  par  saint  Remy! 
Vous  n’estes  point  Pierre  Remv, 

Qui  adez  malice  sieuoit, 

Et  chascun  avoir  lui  ruoit  ; 

Chascun  a  lui  donner  tendoit, 

23460  Et  chascun  monlt  grant  joye  avoit 
Quant  Pierres  avoit  du  sien  pris. 

Tout  est  vray  ce  que  je  vous  dis; 

Cil  fut  droit  Regnart,  ne  vous  mie. 
Par  Regnart  fist  adez  sa  vie, 

23465  Par  Regnart  sçavoit  bien  ouvrer, 
Avoir  terrien  recouvrer. 

Sa  richesse  aussi  aparu 

Jusques  le  roy  Charles  moru.  c) 

Quant  le  roy  Charles  fu  failli, 

23470  Lors  fu  de  ses  filz  assailli; 

Morir  le  convint,  son  jour  fu, 

Mais  je  croy  bien  qu’il  fu  pendu. 

11  moru  en  l’an  vint  et  uit, 

Droit  a  Paris,  si  com  je  cuid. 

23475  A  celle  fin  venir  devoit 


Qui  indeuement  prins  avoit. 

Cil  fu  Regnart,  non  mie  vous. 

Vostre  fol  sens  comparrons  nous  ? 

En  vous  n’a  gueres  de  science, 

23480  Et  fol  est  qui  y  a  fiance. 

Nous  n’avons  céans  de  quoy  vivre, 
Nous  ne  sçavons  quel  sentier  sivre. 
Nous  n'avons  tant  ne  quant  d’avoir. 
Grant  honte  vous  devez  avoir, 

23483  Quant  de  Regnart  portez  le  non, 
Qu’en  vous  n’a  se  folie  non. 

En  vous  n’a  aucune  chevance 
Et  tout  autant  de  pourveance.  » 
Quant  Regnart  ces  mos  entendi, 
23490  Bien  vit  tout  ce  a  quoy  tendi, 

Et  pensa  qu’elle  disoit  voir, 

Qu’en  lui  avoit  peu  de  sçavoir  ; 

Car  se  sçavoir  en  lui  ellst, 

Aultrement  il  y  pourveüst. 

23495  De  ce  fut  il  tout  cler  scient; 

Lors  dit:  «  Le  monde  ne  vault  nvent. 

• 

TouttefTois  l'Acteur  compte  voir 
Que  femmes  ont  peu  de  sçavoir. 
L’Acteur  si  nous  voeult  reveller 
235ooQue  envis  poeult  femme  celler 
Ce  quelle  scet  certainement, 

Et,  par  mon  chiefl  point  il  ne  ment. 
Mais,  a  dire  la  vérité, 

Je  ay  vesqui  de  faulseté; 

233o5  Oncques  encor  blé  ne  molv,  (Æ  d) 
Se  ne  l’ay  emblé  ou  toly. 

Tant  est  venu  de  bon  chaté, 

Qu’il  y  pert  bien  a  mon  costé. 
Scnecque  dit,  pour  voir  le  taings, 
235ioQue  malvais  gainz  fuit  comme  dains, 
Et  si  ne  poeult  longues  attendre, 

Et  que  mieulx  vault  le  sien  despendre 
Que  ne  fait  gaignier  faussement. 
Casidore  dit,  qui  ne  ment, 

235 1 3 Que  dessus  trestoutes  durtés 
Et  dessus  toutes  cruaultés 
Est  enrichir,  estre  angoisseux 
De  la  chevance  au  besongneux. 

Et,  par  ma  foy ,  je  le  croy  bien, 

23520  Car  il  m’a  fait  trop  pis  que  bien. 

Et  Thules  dit  meïsmement 
Que  peur  de  mort  ne  nul  tourment 
N’est  si  pesmenc  si  obscure 
Ne  si  contraire  a  la  nature 
235î5  Comme  tenir  et  rechevoir 
Ce  que  le  povre  doit  avoir. 


23439  en  estre  —  23461  pierre  —  23467  paru  —  23486  Et  na  en  vous  se  —  23324  1a  manque. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


Qui  lachevance  au  povre  prent 
Au  grant  deable  d’enfer  se  rent. 
Cassidore,  le  docteur,  compte, 
2353oSi  com  je  le  truis  en  son  compte 
Qui  est  tresbon  et  véritable, 

Se  le  gaing  est  deshonnourable, 

Il  pert  la  force  de  son  nom. 

Et  Augustin,  le  bon  preudom, 

23535  Qui  le  dit,  oyans  tous,  sans  gloses  : 

«  Malvais  ont  toutes  belles  choses, 
Car  povretéont  enhaVe.  * 

Et  si  lisons  en  Isaÿe 
Que  en  lieu  de  souefve  oudour 
23540  Vendra  grandesime  puour. 

Je  me  suis  malement  mené, 

Comme  orguilleux  et  mal  séné;  (9  al 
J'ay  vesqui  et  ay  ell  grant  pris, 

Et  si  ne  sçay  ou  je  l*ay  pris. 

235q5  N’est  bien  de  vivre,  mais  bien  vivre, 
Qui  voeult  a  bonne  fin  ensuivre. 
Hellas!  je  l’ay  trop  mal  descript! 
Senecque  le  poète  dit: 

«  Plus  pesant  fais  ne  puis  porter 
2355o  Que  bien  sçavoir  et  mal  ouvrer.  « 

J’ay  bien  sceü  et  mal  ouvré, 

Tant  qu’or  ay  tout  mal  recouvré.  » 
Regnartot  monltocoeur  meschiefs, 
Car  de  coeur  pense  a  ses  pechiez, 
23555  Ou  ira,  et  de  quoy  il  vint; 

Grant  temps  a,  mais  ne  l’en  souvint, 
Or  ot  sa  conscience  esmeu, 

Car  son  fait  ot  ung  peu  vell. 

Et  dit  certes  que  pour  néant 
235ôo  Ne  va  point  ainsi  dechevant: 

«  Pechié  ou  j’ay  long  temps  esté 
Me  a  mené  a  povreté, 

Ne  poeut  bonne  chevance  avoir 
Qui  nul  temps  ne  fait  son  devoir. 
23565  Certes  je  m’yray  confesser 

Prochainement  et  sans  cesser. 

Qui  ne  voeult  a  Dieu  revenir, 

Il  a  desservi  a  pugnir.  » 

Regnart,  cuipoise  monlt  ses  fais, 
2357oSe  printgarde  de  ses  méfiais. 

En  ses  plus  haultaines  fenestres 
Monta  pour  regarder  les  estres. 
Regarda  amont  et  aval, 

Choisi  et  maint  mont  et  maint  val  : 
235j5  Vit  la  praierie  qui  vert  yere, 

Les  bois,  les  jardins,  la  riviere, 


Et  les  oyseaulx  au  bois  chanter 
Et  les  bestes  dessoubz  hanter 
Et  pasturer  et  hors  et  ans,  •  (9  b) 
2358o  Les  poissons  es  fleuves  noans  ; 

Vit  arbres  fruis  portans,  vingnobles 
Et  les  gaignages  beaulx  et  nobles  ; 
D’autre  part  vit  la  mer  salée 
Qui  tant  par  fu  et  longue  et  lée  ; 
23585  Le  ciel,  le  soleil  regarda 

Qui  monlt  bien  son  ordre  garda; 

La  lune  estoit  lez  environ 
Ou  il  n’ot  nulle  mesproison, 

Le  firmamment,  les  circonstances 
23590  Et  trestoutes  leurs  ordonnances, 

Et  les  signes  et  les  planettes 
Qui  tant  sont  belles,  pures,  nettes, 
L’orbe,  les  signes  et  les  poins 
Qui  sont  es  dis  elemens  joings, 

23595  Comme  chascune  a  sa  puissance 
Ou  lieu  ou  elle  a  congnoissance 
Par  influence  naturelle 
Donnée  a  chose  corporelle. 

Quant  tout  ost  regardé,  si  dist  : 

236oo  «  Bon  ouvrier  fu  cil  qui  ce  fist. 

Tout  est  pour  homme  devisé  ; 

Bien  doit  estre  donc  advisé, 

Quant  si  beaulx  joiaulx  sont  pour  lui, 
Et  bien  doit  on  amer  cellui, 

236o5  Quant  pour  lui  telz  biens  ordonna. 
Encores  meilleurs  dons  donna 
A  homme,  s'il  n’est  faulx  estranges, 
Car  sire  est  par  dessus  les  angles. 

Doit  on  bien  faire  son  voloir 
236io  Sans  lui  plaindre,  sans  lui  doloir. 
Encor  doura  myeulx  et  meilleur 
Qui  trestout  surmonte  en  valleur  ; 
C’est  la  grant  joye  ou  il  ira 
Qui  ja  nul  tempz  ne  finera. 

236i5  Doit  il  bien  cellui  chier  avoir 

Qui  lui  garde  si  riche  avoir.  »  (9  c). 

Quant  Regnart  ot  pensé  assez, 
Encor  ne  fut  il  pas  lassez 
Ne  de  véoir,  ne  d’esgarder 
23620  Le  ciel  ne  la  terre  et  la  mer, 

Et  dit  :  «  Je  sçay  certainement 
Que  tout  ce  fit  Dieu  qui  ne  ment, 

Et  quant  le  sien  plaisir  sera, 

Trestout  anoyent  revenra. 

236*5  Quancques  voult  par  advision 
Tout  venra  a  confusion. 


23538  Isai.  m,  23  —  2356g  qui  —  235g3  Lobbc  —  23594  dis  manque  —  2?6o8  sires  —  2 36 1 3  grant 
manque. 


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U 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Quant  toutes  choses  périront, 

Mes  maulx,  mes  pechiez  que  seront? 
Car  trestout  mal  et  trestout  bien 
2363oNe  fauldront  ja,  je  le  sçay  bien. 

Le  bien  sera  tout  temps  en  gloire 
Devant  Dieu  mis,  c'est  chose  voire, 
En  joye  pardurablement; 

Et  le  mal  tout  certainement 
23635  Est,mis  estenebres  d’enfer 

Tretoudis  ardant  sans  cesser. 

Se  mes  maulx  peuïssent  morir, 

Et  deffenir  et  anéantir, 

Monlt  y  fust  bonne  l’atendue, 

23640  Qui  pensast  que  lui  fust  deüe. 

Mais  nennil  pas,  je  le  sçay  bien, 

Car  tout  mon  mal  et  tout  mon  bien 
Me  suiront  au  chief  de  ma  vie; 

Sans  eulx  ne  m’en  iray  je  mie. 

23645  Volentiers  les  maulx  déguerpisse 
Et  de  leur  compagnie  issise; 

Mais,  pour  voir,  ne  m’y  lairont  point, 
Ains  me  suiront  de  point  en  point, 
Quancqucs  j’ay  erré  ne  mespris, 
2365o  Et  trestousces  poinsque  j’ay  pris 
Se  sainte  Escripture  ne  ment, 

Que  trestous  les  quatre  élément, 
L’eaue,  le  feu,  l’air  et  la  terre,  (9  d) 
Chascun  vouldra  sur  moy  enquerre, 
2.3655  Comment  j’aray  de  eulx  usé, 

Et,  se  j'en  ay  point  abusé, 

Ou  trop,  ou  peu,  ou  sans  Raison, 

Moy  requerront  mettre  en  prison. 

Se  Raison  n’ay  partout  clie, 

2366o  M’ame  demourra  decheüc 
Et  engagie  a  celle  fin 
Que  de  estre  dampné  sans  fin. 

Donc,  se  Raison  ne  le  tesmongne, 
Laidement  ira  ma  bezongne; 

23665  Et  aussi,  selon  que  je  sens 

Avec  moy  seront  les  cincq  sens 
Que  Dieu  les  premiers  m’a  donnés, 
Dont  nous  en  fusmes  doctrines 
Pour  bien  user,  pour  bien  servir 
23670  Cellui  qui  en  croix  voult  morir. 

Se  par  Raison  n’es  gouvernés. 

Ce  nous  tesmongne,  mar  fus  nés! 
Aussi  les  Dix  Commandemens 
Si  me  feront  maintz  argumens. 

2367?  Se  ne  les  ay  tous  maintenus, 

.le  suis  a  male  fin  venus; 

Se  Raison  ne  le  me  tesmongne, 


Maisement  ira  ma  bezongne. 

Je  doy  bien  estre  en  grant  esmay 
2368o  Qu’oncquez  Raison  nul  jour  n’amay. 
Avec  ce  mes  maulx  glatiront, 

Mes  pechiez  entour  moy  iront. 
L’Anemy  pour  voir  parlera, 

Qui  voix  et  audience  ara, 

23685  Cil  Anemv,  qui  a  senestre 
A  veu  ma  vie  lez  moy  estre. 

C’est  cil  qui  de  moy  ne  party 
Dès  que  du  ventre  je  party; 

Dès  lors  jusqu’à  or  m  a  sccü, 

23690  Du  tout  en  tout  mon  fait  veü.  I  /  o  j) 
Cil  du  tout  tesmoing  en  sera, 

Ne  ja  grâce  ne  m’en  fera; 

Bien  sçara  tous  mes  maulx  ditier  ; 
Las!  decel  tesmoing  n’ay  mestier. 
23695  Hz  diront  tous  en  vérité 

Qu’oncquez  je  n’ay  eu  charité. 
L’Anemy  aussi  parlera, 

Qui  la  le  hault  parler  ara. 

Se  Foy,  Charité,  Espérance 
23700  Ne  m’aident,  je  suis  en  balance; 
L’Anemy  n’ara  nul  contraire, 

Car  l’angle  se  devra  bien  taire 
Et,  pour  voir,  taire  se  devra, 

Quant  en  moy  nul  bien  ne  sçara. 
23yo5  Et  cil  tendra  a  moy  avoir 

Lequel  ne  desire  aultre  avoir.  » 

Quant  Regnart  sceut  cestui  avis, 
L’eaue  du  coeur  lui  vint  au  vis, 

Et  si  commence  a  larmoyer, 

23710  Et  dit  :  «  Bien  me  doit  anoyer  : 

Qui  sont  ceulx  qui  me  secourront, 
Quant  tous  ces  bracquetz  m’assauront? 
Ne  je  ne  les  porray  chasser, 

Pour  prier  ne  pour  menacer, 

23713  N’en  nul  lieu  ne  sçaray  fuir, 

Que  ilz  ne  me  voeullent  sieuir.  » 

Ainsi  comme  il  se  dolousoit, 

Se  destourna,  et  puis  si  voit 
Une  vieille  monlt  treshideuse, 

23720  Et  mourme,  tristre  et  anuieuse. 

De  lui  ne  list  soûlas  ne  teste; 

Mate  se  tint  comme  une  beste, 

Sans  joye,  sans  soûlas,  sans  paix. 

A  terre  regardoit  adais; 

23725  Par  samblant  tost  morir  devoit. 

Une  robe  partie  avoit, 

La  moitié  de  Désespérance,  (tu  b) 
L'autre  moitié  de  Pourveance. 


23633  Ktcn  —  2366o  demoura  —  23672  lu  —  2 3 7 1 G  il  11c  me  vocullc  —  23720  Et  manque. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


I  5 


«  Monlt  laide  chiere  elle  me  lïst, 
2373o  Et  tout  premièrement  me  dist  : 

«  Tu  n’en  poeulx  mais,  se  tu  t’esmaves. 
Car  ce  que  tu  acrois  mal  payes. 

Dès  lors  que  premier  enflez  fus, 

A  nul  bien  tu  ne  fus  meus. 

23/35  Dès  que  le  sens  te  fu  donné, 

Tu  t’es  a  mal  faire  pené; 

Bien  ne  aumosne  ne  feïs, 

Charité  ne  vous  ne  deis. 

Jusques  a  viellesse  es  venus; 

23740  De  mal  en  pis  tu  t’es  tenus. 

Nature  en  toy  se  refroidist, 

La  demonstrance  le  te  dist. 

Tu  vois  que  tes  cheveulx  blanchissent, 
Les  yeux  te  pleurent  et  umbrissent 
23745  Le  vis  et  la  face  et  les  mains, 

Et  si  deviens  parles  et  tains. 

Et  lyëssc  et  joliveté 
Devient  en  toy  fragilité; 

Ton  corps  forment  s’apesandist, 
23y5oTa  complexion  t’aneantist, 

Tes  dens  te  faillent  au  besoing. 

Tu  n'as  mais  besoing  d’aler  loing. 

Tu  ne  suis  mais  festes  ne  danses, 

Ne  des  dames  les  acointances;  (/oc) 
i3y55  A  bon  vin,  bon  feu,  bon  repos. 

Ce  est  ta  joye  et  tes  depors. 

Par  my  le  cuir  les  os  te  perent; 

Les  dames  qui  jadis  t'amerent 
Te  fuient,  aussi  fais  tu  elles, 

23760  Et  n'a  mais  cure  de  leurs  veilles. 

Cote  fourrée  et  garde  corps 
Te  fault  pour  eschauffer  ton  corps. 

Ce  sont  toutes  monicions 
Et  toutes  inhibicions 
23765  Que  la  mort  fait  a  toy  sçavoir; 

De  toy  prendre  fait  son  devoir. 
Doleurs  de  mort  vers  toy  s’esmeuvent 
Et  les  paours  d’enfer  te  troeuvent. 

Tu  poeulx  bien  aus  Matines  dire 
23770  Ce  que  ou  Psaultier  tu  poeulx  lire  : 

«  Les  dolleurs  de  la  mort  me  tiennent 
Et  les  perilz  d’enfer  me  viennent  : 
Tribuiacions  trouveray, 

Et  ad  ce  Dieu  appellera)'.  » 

23775  Se  tu  avoies  bien  leü, 

Et  estudïé  et  sceu 

De  la  tin  du  corps  le  bon  livre 

Qui  de  tous  bons  motz  nous  scout  lire» 


Quant  le  corps  Candalu  moru, 

23780  Tantost  a  son  corps  aparu 
Une  légion  d’Anemis, 

Qui  devant  lui  se  sont  tous  mis, 

Et  dirent  :  «  Fille  de  la  mort, 
Descendue  es  tu  a  mal  port! 

23783  Or  ne  parles  tu  pas  des  drois 
Ne  tu  n’argues  pas  des  loix, 

Et  si  ne  treppes  pas  des  pietz. 

Tu  ne  ris  pas,  ne  es  trop  lyez. 

Ou  sont  tes  palefrois  allez? 

23790  Fais  qu’ilz  soient  bien  enssellez. 

Tes  belles  chanbres,  tes  beaulx  lit*  ?  (1  o  d) 
Ou  sont  allez  tes  grans  deliz  ? 

Ou  sont  tes  riches  garnemens, 

Tes  hostelz  et  tes  tenemens, 

2379.S  Tes  beaulx  mengiers  délicieux, 

Dont  as  este  si  curieux  ? 

Que  sont  tes  bons  vins  devenus, 

Que  si  prez  de  toy  as  tenus  ? 

Or  es  du  tout  du  chemin  hors. 

238oo  Vieng  t’ent,  et  laisse  cy  ton  corps, 
Car  jamais  jour  joye  n’aras. 

Toudis  ou  feu  d’enfer  seras, 

Pour  ce  que  d’aultrui  n’os  pitié 
Et  ne  vaulx  congnoistre  amistie'; 
238o5  Ne  loyaulté  tu  ne  feïs, 

Ne  vérité  tu  ne  deis. 

—  Cest  chemin  me  convient  tenir, 
Toutes  ces  reproches  oyr  ! 

Qui  est  qui  pour  moy  respondra 
i38io  Et  a  ces  reproches  souldra  ? 

Ou  sont  les  biens  qui  la  vendront 
Et  a  Anemis  respondront  ? 

Mes  biens  ne  me  deflendront  point; 
Nulle  espérance  n’y  voy  point. 

2 38 1  5  Je  truis  escript  en  ung  saint  livre 
Que  David  le  Prophète  livre, 

Et  en  ung  Nocturne  en  latin 
Qu’on  dit  le  mercredi  matin  : 

Ulec  tesmongne  Dieu  rendra, 

23820  Quant  il  son  Jugement  tiendra, 

A  ungchascun  son  gueredon. 

Hellas!  et  que  feray  je  don  ? 

Je  suis  doneques  perdu  sans  fin, 

Car  dès  m’enflance  jusqu’en  fin, 

23825  Je  n’ay  bien  ny  aumosne  fait  ; 

Adez  av  ad  ce  chemin  trait. 

Bien  dov  donc  estre  asseüre 
Comme  le  plus  mal  eiiré  (/  /  J) 

—  23773  Et  sc  —  23784  tu 


23745  Le  vis  la  —  23747  Et  manque  —  23771-23774  Psal.  exiv,  3 
manque  —  2 38 12  a  mes  —  23817  Ln  ung. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


Qu’oncques  en  ce  siecle  nasqui, 
2383o  Ne  qui  oncques  puis  y  vesqui. 
Tellement  je  me  suis  nourris 
Que  je  en  suis  trestous  pourris, 

Et  si  ay  maintenu  parolles 
Couvertes,  sophicques  et  folles, 

23835  Samblables  bonnes,  mais  cuisans, 

Par  faulx  semblant  aultrui  nuisans. 
Or  truis  par  le  Prophète  escript 
Qui  en  son  livre  le  descript  : 
a  Qui  sophiquement  parlera, 

238qo  Ja  l’esgard  de  Dieu  il  n’ara.  » 

Encor  dit,  qui  bien  le  voeult  querre, 
Que  tous  les  pécheurs  de  la  terre 
Aulx  Matines  dechassera 
Et  de  sa  cité  chassera  ; 

23845  Tous  metra  hors  de  sa  cité, 

Tous  ouvrans  en  iniquité, 

Ne  jamais  autre  fin  n'aront. 

Paix,  pardon  ne  Dieu  ne  verront; 
L’Ennemy  en  leurs  corpz  sera 
•i385oQui  adez  les  tourmentera 
Et  demourra  sans  delayer, 

Tousjours  seront  la  sans  cesser. 
Encor  aront  en  fin  paour 
En  jugement  ly  pecheour, 

23855  Car  esperance  leur  fauldra. 

Et  sur  chascun  d'eulx  plouvera 
Car  de  feu  et  fouldre  mortelz. 

La  sentence  en  est  orez  telz 
Et  en  la  Pseaulme  dixisme 
238ôo  Du  Psaultier  est  sans  nul  sophime. 
Encor  aront  pécheurs  autre  estre, 

Si  com  le  tesmongne  le  Maistre, 

Et  a  ceste  fin  ilz  vendront; 

Devant  la  face  Dieu  fondront 
23865  Et  deffineront  en  ce  lieu,  (//  b) 

.  Comme  la  chire  fait  au  feu; 

Comme  fumée  fineront 
Et  en  la  face  Dieu  verront  ; 

Deffiniront  sans  defenir 
238jo  Et  toudis  morront  sans  morir. 

Ou  Nocturne  du  mercredi 
Trouvera  on  ce  que  je  di, 

Derrain  psaulme  tout  proprement 
Qui  par  E  fait  commencement. 

23875  Les  saulvés  pécheurs  gaberont 
Et  pour  eulx  desprisier  diront; 

«  Vecy  ceulx  qui  leur  Créateur 
Ne  porterrent  onequez  honneur; 

2385 1  demoura  —  23856-23857  Psal.  x,  7  — 
toute  rien  —  23920  et  pour. 


Vecy  les  povres  doloureux 
2388o  Plains  de  pechiez  et  malheureux.  » 
Tout  en  riant  diront  cest  oeuvre. 

Qui  au  Psaultier  lit,  il  le  troeuve. 
Anunciés  me  sont  mes  refuges, 

Et  que  Dieu  est  tout  le  vray  juges  ; 
23883  Anunchye  m'est  sa  justice, 

Ne  couvient  pas  que  je  le  dice, 

Ne  que  je  le  face  prouver, 

Quant  en  escript  le  puis  trouver. 

Le  ciel  m  anunche  proprement 
23890  Que  Dieu  est  juge  vraiement. 

Ou  Nocturne  du  mercredy 
Trouveras  tu  ce  que  je  dy. 
Pourveance  en  moy  n'ay  je  point, 
Mais  or  vient  le  jour  et  le  point 
23893  Qu'ester  me  fault  en  jugement. 
Hellasl  Vecy  l'heure  qui  vient, 

Le  grant  jour  et  le  périlleux, 

Le  pesant  jour  et  merveilleux, 

Le  pesme  en  dissolucion, 

23900  Le  grant  en  tribulacion, 

Le  jour  plain  de  chetiveté, 

Et  de  trestoute  povreté,  (/  /  c) 
Jour  ou  toute  joye  est  faillie, 

Toute  confusion  de  vie, 

23905  La  fin  de  toutes  clairetés, 

Le  commencement  de  durtés, 

Le  jour  de  dillinicion, 

Le  jour  de  la  dampnacion, 

Le  jour  de  cris,  le  jour  de  brais, 
23910  De  toute  pestilence  aurais, 

Le  jour  sans  sens  et  sans  memore. 
Que  toutes  riens,  selon  l'istore, 
N’aront  de  nulle  joye  cure, 

Et  selon  divine  Escripture 
23915  Meismes  angles  deffineront, 

Et  saintz  et  saintes  ploureront, 

Et  meismes  la  Vierge  Marie 
Sera  a  son  coeur  monlt  marrie  ; 

Paour  et  marrison  avra. 

23920  Las  !  pour  quoy  peur  avoir  devra 
Qui  onequez  jour  pechié  ne  fist, 

Ne  ne  pensa  ne  ne  deïst  ? 

Si  sont  d'elle  tous  biens  venu. 

Et  par  lui  Paradis  rendu. 

23923  Toute  clarté,  toute  sustance 
Et  toute  bonne  concordance, 

Toute  paix,  toute  humilité. 

Toute  fov,  toute  charité, 


23867  defineront  —  23874  Psal.  lxvii,  i  et  suiv.  —  23912 


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QUATRIEME  BRANCHE 


!7 


Toute  doulceur  et  trestout  bien 
23930  Viennent  d’elle,  je  le  sçay  bien. 

Toute  sceureté  qui  nous  tient 
De  la  verge  de  Jessc  vient. 

Hellas!  donc  pour  quoy  plourcra? 
Pour  quoy  dolleur  au  coeur  ara  ? 
23p35  Et  si  avra,  j’en  suis  tout  fis. 

Donc  deveray  bien  estre  vifs 
Escorchié,  et  ars  et  dampné, 

Et  encor  cent  tantz  pis  mené. 

Je  n’y  voy  plus,  je  suis  perdu  :  [1 1  d  1 
23940  Mal  suis  en  cest  siecle  venu  ; 

N’y  vault  mais  confort  nv  a  Ve, 

Ne  nulle  chose  qu’on  me  dye. 
Tantost  m’iray  pendre  ou  noyer  ; 
Ailleurs  ne  me  sçay  avover. 

23945  Nulz  homs,  tant  ait  eU  d'heürs, 

Ne  se  poeult  tenir  asseürs. 

En  espoir  suis  de  moy  honnir, 

Ne  sçay  mais  a  quel  fin  venir. 

Ainsi  Peur  m’a  desconfortë 
23950  Qui  maint  mal  m’a  fort  enorté. 

Se  je  l’eusse  de  tout  creile, 

Je  eusse  courte  fin  elle, 

Ne  cil  n'est  pas  bien  asseür 
Qui  toutes  heures  croit  Pelir, 

23955  Car  n’a  Confort  ny  Espérance; 

Mal  y  fait  avoir  dcmourance. 

Pour  ce  ung  peu  me  confortcray, 

Et  ung  peu  de  lui  me  tairay  ; 

Et  pour  venir  a  meilleur  port 
23960  Apellcrav  lez  moy  Confort. 

Lors  choisi  enprez  moy  Nature, 

Qui  onequez  de  Paour  n’ot  cure. 
Laquelle  Confort  m’amena 
Qui  de  moy  aidier  se  pena, 

23963  Combien  que  Paour  lui  a  dit 
Paroles  dont  trestout  frémit. 
Onequez  Nature  Peur  n’ama. 

Ne  ne  sieuy  ne  réclama. 

Mainteffois  l’a  espoeuetée 
23970  Et  avec  ce  desconfortée. 

Pour  ce  le  vault  adez  haj*r, 

Et  en  trestous  estas  fuÿr.  » 

Quant  Regnart  ot  Paour  eue 
Longuement  sentu  et  sceiïc, 

23975  Et  de  ses  paroles  ouÿcs 

Et  de  ses  tresgrans  envaÿes,  \  /  j  j, 
Et  la  vielle  monlt  lui  notoit 
Comment  en  péril  il  estoit, 


Lors  vit  Nature  en  sa  chayere 

2.3980  Qui  tant  belleet  qui  tant  noble  yere. 

Monlt  fu  plaisant  et  graeïeuze 

Et  delitable  et  monlt  piteuse. 

Sa  beaultë  ne  contreferoit 

Homs  qui  le  pooir  Dieu  n’aroit; 

2.3985  De  trestout  Confort  estoit  plaine 

Tant  qu’a  corporel  char  humaine. 

Car  cnvoiseürc  et  noblesse, 

Et  humilité  et  simplesse, 

Toute  beaulté  et  toute  grâce 

23990  Fut  en  son  corpz  et  en  sa  face  ; 

N’oncquez  en  trestoute  sa  vie 

Sur  créature  n’ot  envie, 

Ne  vanité  ne  gloutonnie , 

N’orgoeul  ny  oussy  felonnie, 

23995  Ne  convoitise  ne  paresse. 

Si  n’ot  oneques  en  lui  lentesse 

De  son  amv  métré  au  desseure. 

• 

Tousjours  lui  secoeurt  a  toute  heure. 
Tout  adez  porte  son  amv, 

24000  Et  fut  trestout  coppé  par  my, 

Et  eust  tous  les  menbres  trcnchicz, 
Le  corps  fendu,  les  yeulx  ostez, 

Qu’en  lui  point  d’envie  courut, 

Qu’a  son  pooir  ne  secourut. 

24005  Charitable  est  et  sccourable, 

De  complexion  pitoiable  : 

Quant  elle  voit  aucun  morir, 

Tantost  y  coeurt  pour  secourir 
Et  se  paine  de  conforter 
24010  Pour  les  paours  de  mort  oster. 

Et  lui  dist  :  «  Prengs  ton  appettit, 
Met  toy  sus  petit  a  petit. 

Voy  cy  esté,  voy  cy  printemps  ;  (  / 1*  b) 
Nul  ne  se  moeurt,  s’il  n’est  meschans. 
24015  Lyeve  sus,  et  vas  l’air  happer. 

Tel  chose  y  porras  tu  trouver 
Dont  recreacion  venrra 
Qui  a  grant  santé  te  menra.  » 

'l  out  brief,  Nature  hctexcez, 

24020  Et  blasme  et  vilaine  tous  ces 

Qui  eneulx  ont  outrecuidance, 
Rébellion,  impascïence  ; 

Nul  oultrage  n’ayme  ne  quiert, 

Et  cil  qui  la  mainc  elle  fiert, 

24023  Car  exccz  et  choses  soudaines 
Sont  a  Nature  monlt  grevâmes. 

Et  aussi  la  belle  Nature 
De  nul  vilain  excez  n’a  cure, 

24003  Puis  quen. 


23932  vierge  —  a398o  qui  tant  manque  —  23982  Et  manque  —  23987  enuoisurc  — 
—  24020  ceulx. 

Tome  II. 


2 


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i8 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Car  se  Dieu  du  tout  la  creüst, 

24030  Oncq  homs  ne  femme  ne  morust, 
Adès  vesquissent  et  duressent 
Et  tousjours  fourmes  engerresscnt. 
Generacion  tant  lui  plaist 
Que  c'est  la  vie  qui  le  paist  ; 

24033  Plus  en  voit  Nature  venir, 

Tant  en  joie  se  poeult  tenir; 

Tous  les  voeult  engenrer  et  naistre. 
Et  tous  les  voeult  nourrir  et  paistre. 
Mais  morir  nesun  ne  voulroit, 

24040  Mais  trestout  au  contraire  iroit. 

Tout  ainsi  fait  elle  des  bestes 
Son  déduit  en  fait  et  ses  festes, 

Et  des  poissons  et  des.oyseaulx 
Par  gardinetz  et  par  praiaulx 
24043  Et  de  toute  riens  qui  verdoient, 

Qui  vie  ont,  qui  vont,  et  qui  voient. 
Trestout  ce  elle  voeult  nourrir, 

Et  tousjours  durer  sans  morir. 

Doit  on  donc  bien  Nature  amer 
24030  Qui  coeur  loial  a  sans  amer;  (  /  -j  c) 
Lui  doit  on  bien  honneur  porter 
Et  soy  en  lui  bien  conforter. 

Si  fait  on  voir,  je  n’en  doubt  mie, 
Fors  les  malvais  de  male  vie, 

24033  Lesquelz  je  n’endure  a  nommer, 

Que  Dieu  ne  homs  ne  doit  amer. 
Meismes  le  clerc  qui  fisteest  livre 
Les  het,  a  condempner  les  livre. 

Aussi  fait  il  cculx  qui  n'ont  cure 
24060  D’encliner  a  bonne  Nature 

Et  qui  le  droit  sentier  ne  vont. 
Mauditz  soient  ceulx  qui  ce  font  ! 
Oncquez  nul  trésor  n’amassa, 

Ne  avarice  ne  pensa; 

24063  Elle  lui  est  toute  contraire, 

Ne  pour  lui  ne  porroit  rien  faire. 

Celle  dame  me  vint  vëoir 
Et  delez  moy  se  vint  seoir. 

Elle  qui  en  lui  grant  bien  a, 

24070  Courtoisement  me  salua 
De  gracieux  ditz  en  riant 
Et  de  auctorité  joiant, 

Et  dit:  «  Amis,  je  te  salue. 

As  tu  bien  la  vielle  veüe 
24075  Quitresfort  t’a  desconforté, 

Peur  de  mort  d’enfer  aporté 
Et  t’a  monstre  par  couvertures, 

Par  David  et  proeuves  monlt  dures 
Les  paincs  que  ceulx  souffriront 


24080  Qui  le  chemin  d'enfer  tenront, 

Et  quelz  martires  seront  leur 
Sans  nulle  fin  et  quel  dolleur? 

Par  David  et  par  le  Psautier 
T’a  esbahy  en  ce  sentier. 

24085  Je  croy  bien  qu’elle  t'a  dit  voir. 
Ceulx  qui  voulront  enfer  avoir 
Et  qui  a  plain  bras  le  querront,  {1  -j  d) 
Je  suis  bien  d'acord  qu’ilz  l’aront. 
Cellui  qui  quiert  enfer,  si  l’oit, 

24090  Qui  dampné  voeult  estre,  si  soit. 

Je  lui  certifie  et  aproeuve, 

S’aucun  quiert  mal,  et  il  le  troeuve, 
Il  est  monlt  tresbien  employé. 

Mais  tu  n’ez  pas  la  avoyé, 

24095  Ne  ce  n'est  mie  tes  déduis. 

Tu  liez  enfer,  et  si  le  fuis; 

Pour  nul  avoir  ne  le  querroies 
Ne  ne  te  metz  ja  en  ses  voies. 

Se  ce  vëoies  a  toy  tendre, 

24100  Point  ne  le  vouldroies  attendre, 

Mais  t’en  fuiroies,  pans  noëz. 

Tu  n’ez  point  donc  a  lui  voëz; 
Oncquez  ne  l’amas  ne  quels, 

Ne  de  lui  bons  mots  ne  deïs, 

24105  Cure  n’as  de  son  errement, 

Je  le  prouveray  proprement 
Par  cellui  par  qui  elle  proeuve, 

Par  le  lieu  ou  elle  le  troeuve. 

C’est  ou  Psaultier,  pour  ce  le  dy, 

241 10  En  la  Nocturne  du  lundy 
Ou  .ixmr.  psalme,  en  la  fin, 

Tu  y  trouveras  ceste  fin  : 

«  Qui  en  sceureté  se  tenrra, 

Dieu  l’amera  et  gardera, 

24115  Et  si  saulvera  sans  doubtance, 

Cil  qui  en  lui  avra  fiance,  » 

Espérance  adez  y  as  tu! 

Si  ne  doubte  enfer  ung  festu. 

Tant  que  bonne  Espérance  aras, 
24i2oJa  en  enfer  mis  ne  seras.  » 

Tantost  que  ces  motz  aperceus, 

De  lÿesse  ung  peu  m'csmeüs; 

Et  lors  elle  me  dit  :  «  Amis, 

En  quel  subjection  t’es  mis  (/j?*) 
24125  De  croire  Peur  desesperée 
Qui  jamais  n'est  asseürée! 

N'oncquez  Confort,  qui  est  ma  sœur, 
Ne  le  crut  ne  ama  de  coeur. 

—  Hellas,  »  dit  Peur,  «  tu  y  morras, 
24130  Ne  ja  l’heure  ne  garderas. 


24o3i  vesquisset  —  24046  et  manque  —  24101  les  pans. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


‘9 


Longues  durer  ne  poeut  ta  vie; 

On  ne  croit  jamais  tel  folie. 

Ja  par  mon  conseil  ne  morras, 

Mais  tout  adez  tu  viveras; 

24135  Et  que  de  riens  plus  ne  te  doeulles, 
Mais  que  mon  conseil  croire  voeullez. 
Les  meschans  et  les  malheureux, 

Qui  d’eulx  garder  sont  parecheux, 
Qui  ne  s’endurent  a  bien  faire, 

24140  Telz  gens  voit  on  a  la  mort  traire. 

Mais  se  tu  voeulx  durer  adès, 

Aymé  lyësse,  et  ayme  paix, 

Aymé  soûlas,  esbatemens, 

24x45  Festes,  karoles,  instrumens, 

Les  belles  dames  solacier 
Et  toute  lyësse  trachier; 

La  soit  ta  recreacion. 

Aime  les  chiens  et  les  oiseaulx, 

241 5o  Fuy  couroux  et  malvais  meriaus  ; 

Fuy  avarice  et  convoitise, 

Qui  les  bons  coeurs  a  mal  atize, 

Car  ja  nul  avaricïeux, 

Ne  plain  d'orgoeul  ne  envieux 
24155  Ja  son  coeur  aise  ne  sera, 

Ne  ja  par  amour  n’amera. 

Et  s’il  ayme,  c’est  adventure, 

C’est  faulx  amer,  je  n’en  ay  cure; 
C’est  dire  :  «  Je  vous  aymeray, 

24160  Mais  pour  vous  peu  de  paine  aray.  »» 
Telz  homs  n’ayme  l’esbatement,  [i3  b) 
Ne  de  son  corps  l’amendement. 

Aprez  Desconfort  guerpiras, 

Que  jamais  jour  n’y  penseras. 

24165  Jamais  n’aies  Desesperance, 

Et  en  Dieu  aies  t’Esperance, 

Car  Espérance  ne  voeult  mie 
Que  ja  nulz  homs  perde  la  vie. 

Et  Espérance  est  mon  droit  frere, 
24170  Et  tous  deux  fusmes  nez  d'un  pere. 

Si  grant  maladie  n’aras. 

Ne  si  grant  plait  tu  ne  menras. 

Se  tu  le  scez  retenir  bien, 

Ta  bezongne  en  ira  tresbien; 

24175  Ou  tez  ennemis  se  morront, 

Ou  a  ton  volloir  paix  feront, 

Ou  assez  tost  ung  tel  venrra 
Qui  d’eulx  grant  vengance  prenra, 

Ou  ilz  seront  apostumës, 

24180  Ou  a  treslaide  fin  menés. 

Se  tu  as  deflault  ou  meschief, 

Tu  en  seras  demain  a  chief  ; 


En  petit  d’heure  Dieu  labeure. 

Tu  seras  demain  au  desseure, 

24185  Ou  aucun  s’en  entremetra 

Qui  le  discord  sus  lui  métra." 

S’il  n’y  a  gaain g,  si  a  chevancc; 

N’est  jour  que  aucun  ne  s’avance. 

Ou  commission  lu  aras, 

24x90  Ou  des  amis  acointeras, 

De  quelque  lieu  sauldra  argent. 

Ne  poeult  estre  qu’aucune  gent 
A  courre,  a  saillir,  a  luitier 
Ne  perdent  ce  dont  as  mestier. 

24195  Tel  te  garde  argent  et  chevance 

Que  mot  n’en  scet,  ne  iriot  n’y  pense; 
Tel  me  garde  argent  en  sa  huche, 

Qui  riens  n’en  scet,  ne  qui  n’y  touche;(/ 3c) 
Ung  denier  ne  m’en  douroit  mie, 
24200  S’il  me  vëoit  perdre  la  vie. 

Bien  le  voy,  et  bien  le  te  dy, 

Ou  Nocturne  du  mercredy  : 
v  Tel  amasse  le  grant  avoir, 

Qui  ne  scet  qui  le  doit  avoir.  » 

24205  Cellui  n’est  pas  plain  de  tout  bien, 
Qui  afferme  qu’avoir  soit  sien; 

Tel  a  argent  cui  il  deffault, 

Et  ung  aultre  en  a  le  coeur  bault, 

Ne  ja  nul  gré  il  n’en  sçara 
24210  A  cellui  qu’espargnié  l’ara. 

Espérance  toudis  me  dit 

Et  en  pluseurs  lieux  le  m’escript  : 

«  Tu  dois,  et  tu  ne  poeulx  payer. 

Ne  te  dois  pour  ce  esmayer  : 

24215  Ou  tu  morras,  ou  il  morra, 

Ou  hors  du  paVs  s’en  ira, 

Ou  tu  iras,  c’est  chose  ferme, 

Ou  il  te  dourra  bienlong  terme.  » 
Scëureté,  Force,  Espérance 
24220  M’a  pluseurs  fois  dit,  et  g’y  pense. 
Peur  dit  a  l’homme  :  «  Tu  morras, 

Et  point  tu  n’en  eschapperas.  » 
Sceureté  respond  :  «  Tu  dys  bien, 
Cecy  je  sçavoye  tresbien. 

24225  Pour  demourer  je  ne  vis  mie 
Toudis  en  ceste  mortel  vie. 

Bien  sçay  que  Raison  le  vouloit 
Que  aller  il  me  convenroit. 

Ja  de  ce  ne  m’esmayeray. 

24230  Bien  sçay  qu’une  fois  m’en  iray.  » 
Paour  a  Sceureté  escrie  : 

«  Tu  cherras  en  grant  maladie, 

Dont  si  tost  mie  n’en  istras. 


24135  que  manque  —24169  Et  manque  —  24171  Ja  si  —  24174  en  manque  —  24223  dy. 


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2o 


RENAttT  LË  CONTREFAIT 


A  en  issir  lonc  temps  métras.  » 

24235  Adonc  respondy  Sceureté  :  (/.V  J) 

a  Paour,  or  entens  vérité. 

Le  mal  me  laira,  ou  je  luy.  » 

Cest  accord  tieng,  je  le  te  dy. 

Tout  ainsi  te  conforteras, 

24240  Et  toudis  Espérance  aras  ; 

Car  qui  voeult  bien  mettre  sa  cure, 
Espérance  ayde  monlt  Nature. 
Tondis  bonne  Espérance  croy, 

De  Paour  toudis  garde  toy, 

24245  De  couroux,  d‘irc  et  de  tenchon 
Te  gardes  ;  ne  litz  tel  lechon 
De  trop  vcillier,  de  trop  juner. 

De  trop  grande  paine  aüner. 

Garde  toy  de  trop  et  de  po 
24230  Et  de  compagnie  de  fol, 

D'orguilleux  especialmcnt 
Et  d’homme  qui  volentiers  ment, 

Car  presumptueux  et  vanteur, 
Avecque  ce  homme  bourdeur. 

24255  Ne  poeult  estre  de  bonne  loy. 

Et  si  sont  tous  contraire  a  moy. 

Et  qui  est  contraire  a  Nature 
Nul  preudom  n’ara  de  lui  cure, 

Et  la  science  naturelle 
24260  Et  meismement  la  corporelle. 

Ne  metz  en  femme  habandonncc 
Ton  coeur,  l'amour  ne  ta  pensée, 

Car  c’est  toute  corrupcion 
Et  toute  abhominacion 
24265  De  vielle  putain  herbregier. 

Qui  ce  fait,  ne  s'a  mie  chier, 

Son  coeur,  ne  son  chatc,  ne  s’ame, 
Ainchois  se  livre  a  grant  difTame. 

Foi  est  qui  vaillant  homme  clame 
24270  Cellui  qui  vielle  putain  ame, 

Parente,  femme  ne  aultrcment. 
Chascun  fuve  vielle  jument;  |^j) 
Bonne  journée  n'en  tirras, 

Mais  honte  et  dommage  y  aras, 

24275  Car  elle  ne  scet  gré  ne  grâce 

De  bien  ou  traveil  qu'on  lui  face. 
Vielle  putain  devez  fuir, 

Se  vous  voulez  nul  bien  sicuir. 

Car  vous  perdez  sans  nulz  ressors 
24280  Chevance,  renom,  ame  et  corps, 

Car  grant  folie  est  de  semer 
Sa  bonne  semence  en  la  mer. 

Qui  somme  sur  la  vielle  glace 


Son  temps  pert,  sa  semence  efface. 
24285  Puis  qu’il  le  scet,  scïentement 
Ne  va  fors  son  délit  querant. 

Il  se  submet,  quoy  que  tu-dices. 

Au  prince  de  trestous  les  vices, 

Et  Dieu  si  lui  demandera, 

24290  Quant  temps  et  lieu  si  en  sera. 

Car  il  despite  sa  nature, 

De  generacion  n’a  cure; 

Des  grans  pechiez  est  le  greigneur. 
Et  de  trestous  maulx  lepieur; 

24295  Pis  vault  que  murdre  ne  rapine, 

Si  com  Tulle  le  détermine 
Ou  livre  qu’il  fist  de  Viellessc 
Qu’il  loë  trop  plus  que  jennessc. 
Puisqu’a  semence  vient  espandre 
24300  On  le  doit  en  tel  lieu  respandre 
Apparanment  et  scianment 
Qu'elle  proflite  clerement. 

S'au  contraire  scianment  fais. 

Tu  te  charges  de  pesant  fais. 

2q3o5  Ne  semme  sur  la  vielle  dure 

Qui  est  froide  et  si  est  mont  sure; 
Nul  ne  se  poeult  si  asservir 
Que  de  vielle  putain  servir. 

Kuiez  toudis,  viel  et  moyen,  (14b) 
24310  De  vielle  putain  le  lyën. 

Ne  vous  acostés  a  sa  couche, 

Car  trestout  infer  a  lui  touche. 

Se  quovs  ne  vous  volez  tenir. 

Vous  devez  aulx  jennes  venir. 

2  43i3  Tel  semence  y  porrez  semer 
Que  Dieu  porra  encore  amer, 

Et  porra  faire  monlt  de  biens 
Tant  aulx  estranges  conmc  aulx  siens, 
Et  poeult  generacion  faire 
24320  Qu’au  monde  et  a  Dieu  porra  plaire.  » 
«  Ainsi  Nature  me  chastie, 

Et  si  songne  dessur  ma  vie. 

Encores  me  dit  :  «  Or  m'entent; 

Se  tu  voculx  vivre  longuement, 

24323  Boy  et  mengué  par  raison. 

En  tout  temps,  en  toute  saison 
Raison  voeult  en  trestous  lieux  estre; 
Elle  est  ma  dame  et  est  mon  maistre. 
Je  doy  a  lui  prendre  congié, 

24330  Pour  ce  qu'elle  est  devant  que  je. 
Devant  moy  et  devant  tout  aultre 
Doit  elle  aller,  lanchc  sur  faultre; 

Ne  je  ne  doy  nulle  rien  faire 


24248  grant  —  24254  Aucc  —  24233  N  p.  —  24273  tireras  —  24325  Mcnguc  et  b.  —  24328  et  mon. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


Qu’a  son  voloir  et  a  son  plaire. 
24335  Parfois  seroie  dissolue, 

Se  par  el  n’estoie  tenue; 

Avec  lui  devons  tous  aller. 

Combien  que  soit  de  ravaller, 

Maintz  me  suivroient  volentiers, 
24340  Se  Raison  n'estoit  es  sentiers. 

Mais  avecques  lui  est  sa  fille 
Qui  souvent  mes  oeuvres  avile. 

En  pluseurs  lieux  elle  est  doubtéc 
Et  maintenue  et  renommée; 

24345  Par  lui  maint  beau  délit  laisse  on. 

Honte  celle  dame  a  en  nom.  (14  c) 
Par  lui  maintes  choses  se  cocuvrent, 
Et  pour  lui  maint  en  secret  oeuvrent; 
Par  lui  fait  maint  fait  remanoir 
24350  Combien  qu’on  en  ait  le  vouloir. 

De  Raison,  sa  mere,  tout  tient, 

Et  par  sa  mere  se  maintient, 

Car  quant  elle  fu  establie, 

Donnée  me  fu  par  maistrie 
24353  Que  par  elle  ouvrasse  et  régnasse, 

Ne  ja  nul  jour  sans  lui  n’alasse  ; 

Et  touteffois,  se  y  aloie, 

Envis  tenrroie  celle  voie; 

Et  cil  qui  voeult  sans  lui  aler, 

24360  Nul  bon  chemin  ne  poeut  haler. 

Ainsi  le  voeult  cil  qui  nous  fist. 

Sans  lui  n’alaisse,  ainsi  nous  mist, 
Car  quant  je  régné  sans  Raison, 

Ne  puis  estre  en  bonne  saison 
24365  N’a  grant  honneur  n’a  sceureté, 
Combien  que  soit  ma  volenté. 

Mais,  combien  qu’elle  soit  ma  dame, 
Tout  son  voloir  ne  fay,  par  m’ame. 
Maint  homme  peu  s’en  loéroient, 
24370  Et  les  dames  m’en  blasmeroient, 

Ces  beaulx  variés  et  ces  pucelles 
Et  ces  dames  cointes  et  belles 
Qui  s’entr’aymentet  par  moy  oeuvrent, 
Quant  ilz  en  privé  s’entretroeuvent, 
24375  Ne  locroient  pas  ma  joye. 

Se  par  Raison  ouvrer  volloye. 

De  Raison  ungdé  ne  douroient. 

Ne  en  ce  riens  ne  le  croiroient, 

Qui  plus  est  meilleur  et  souvent 
24380  Quant  l’un  l’autre  entre  sez  bras  tient 
Et  s’esbatent  en  lieu  privé. 

Par  moy  sont  tel  mil  engenré. 

Et  tel  mil  en  naissent  sur  terre,  ( 14  d) 


Se  vouloient  Raison  enquerre, 

>4385  Qui  ja  engenrés  ne  seroicnt, 

Ncja  sur  terre  ne  naistroient. 

Ainsi  le  monde  feniroit, 

Trop  petitte  durée  aroit. 

De  cent  ung  il  ne  seroit  pas. 

24390  Se  Raison  esioit  mes  compas 
Que  ne  peüsse  que  par  lui, 

Mais  n’en  prendray  conseil  a  lui, 

Mais  ouvrcray  de  mes  bateaulx 
En  chambres,  solicrs  et  praiaulx, 
24393  En  bois,  en  eaues  et  en  prez 
Et  en  appert  et  en  secrez.. 

Ou  poeut  on  trouver  meilleur  vie 
Que  de  gésir  es  bras  s’amie  ? 

Ces  belles  karolles  et  danses 
24400  Et  ces  tresplaisans  acointances, 

Belles  robes,  beaulx  paremens 
Et  ces  gracieux  vestemens, 

Et  escarlate  et  vair  et  sove, 

Que  devenroient,  se  n’estoic: 

24405  Ces  chevaulx  et  ces  palcfroy, 

Ces  paremens  couvert  d’aufroy, 

Ne  furent  pas  fais  pour  les  âmes, 

Mais  trestout  pour  l’honneur  des  dames 
Et  pour  les  varletz  qui  les  aymcnt. 
24410  Pour  ce  iceulx  services  scmment! 

Et  toutesvoiez,  au  dire  vrav, 

Toutes  bestes,  tous  oyseaulx  gay. 

Je  les  fay  emsenble  abiter. 

Tout  par  Raison  voeullcnt  aler, 

24415  Par  Raison  se  gouvernent  tuit, 

Par  Raison  mainent  leur  déduit; 
Touteffois,  selon  leur  saison. 

Vont  ilz  ensenble  par  Raison. 

Aussi  font  tous  poissons  noans, 

24420  Et  prez  et  arbres  verdoians  (/5  a) 
Viennent  par  Raison  et  par  moy  ; 

Tous  les  attrav,  tous  les  avoy. 
Touteffois  en  homme  et  en  femme 
Homme  plus  grant  semence  semme, 
24425  Et  deçà  mer,  et  delà  mer 

Fay  je  l’un  et  Tautrc  entr’amer, 
Mener  bonne  vie  et  joieuze, 

Et  esbatant  et  amourcuze. 

Sans  avoir  paour  de  périr 
24430  Et  sans  point  penser  a  morir. 

Pour  voir,  Paour  ne  nous  pleut  onques, 
Je  le  hay  trop,  si  te  lo  doncques, 
Combien  que  l’aies  escoutée, 


24335  Pluseurs  fois  —  24336  elle  —  24375  Ne  se  I.  Je  nia  —  24384  Se  partout  v.  —  24403  Et  manque 
24407  pas  manque —  24413  les  manque. 


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22 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Par  toi  ne  soit  creue  n’amée, 

24435  Car  si  t'a  huy  desconforté, 

Qu’a  peu  qu’il  ne  t’a  emporté, 

Et  t’auctorisoit  Escriptures 
Courouchans,  males  et  obscures, 

Dont  mort  estoies  attendans; 

24440  A  paine  y  suis  venu  a  temps. 

Ne  le  croy,  se  voeulx  vivre  en  paix; 
Adieu  te  dy,  atant  m’en  tais.  » 

Quant  Nature  m'ot  sermonné 
Et  maint  ensengnemment  donné, 
24445  Telz  comme  a  lui  appartenoit, 

Et  que  son  estât  lui  donnoit, 
Adoncquez  de  moy  se  départ, 

Car  penser  me  fault  autre  part. 

Lors  a  Raison  revaulx  venir 
24450  Qui  delez  moi  se  vault  tenir. 

Sambla  que  Dieu  fust  proprement 
A  son  tresbeau  contenement: 

Car  une  robe  avoit  vestue, 

Toute  de  soye  bien  tissue, 

24455  Plaine  de  paix  et  d’accordance, 
Fourrée  de  bonne  conscience, 

Garnie  de  pleurs  et  de  lermes  (  /  5  b) 
Et  de  penitance  en  tous  termes. 

En  sa  main  tenoit  ung  escript 
24460  Ou  il  avoit  ainsi  descript  : 

«  Mes  pécheurs,  ne  vousgriefve  mie; 
Venez  parler  a  vostre  amye. 

Par  lui  ouvrez  et  esperez, 

En  la  fin  Paradis  arez. 

24465  Et  ne  créez  en  riens  le  monde 
Ou  nulle  sceureté  n’abonde  ; 

De  sceureté  il  n’y  a  goûte, 

Ainsest  cil  fol  qui  trop  s’i  boute.  » 
Delez  moy  Raison  s’est  tenue, 

24470  La  belle  et  la  tresbien  venue. 

La  belle  qui  pas  n’esbahist, 
Maintenant  vers  moy  se  traïst, 

Et  dit:  a  Es  tu  bien  demenés? 

As  tu  bien  esté  sermonnés 
24^75  De  Paour  au  commencement 
Et  puis  de  Nature  ensement  ? 

Dame  Paour  est  ma  cousine 
Qui  de  gens  espanter  ne  fine. 

Elle  me  fait  mainte  grevance, 

24480  Pour  ce  que  ne  suit  Espérance, 

Car  s’Esperance  en  lui  eüst. 

Bien  alast  cil  qui  le  creüst. 

Qui  sans  Espérance  a  Peür 

Si  est  entré  en  mal  eür  ;  (/5  c) 


24485  En  voye  est  de  perdre  son  temps. 
Judas  fu  le  plus  repentans: 

Quant  il  ot  fait  la  traÿson 
Et  il  perchut  sa  mesproison 
Qui  oncquez  fu  devant  n'aprez, 

24490  Paour,  Desconfort  le  tint  prez 
Siqu’a  son  dampnement  tendi, 

Et  par  my  son  col  se  pendi. 

Judas  ot  Peur  et  Repentance, 

Mais  en  Dieu  n’ot  point  d’Esperance, 
24495  Car  se  Espérance  eust  eü, 

Ja  pour  tant  ne  se  fust  pendu, 

Car  l’aignelet  a  tous  donné 
Lui  eust  tous  ses  maulx  pardonné. 
Pour  ce  est  bonne  Repentance, 

24500  Mais  qu’avec  lui  soit  Espérance; 

Avec  Paour  estre  ne  dois 
Sans  Espérance  nulle  fois. 
L*Escripture  monlt  fort  le  crye 
En  David  que  tu  as  oye: 

245o5  «  Toudis,  •  dist  il,  «  Dieu  serviras; 
En  peur  et  de  coeur  l’ameras.  » 

Aycs  bon  coeur  toy  amender; 

Adonc  poeulx  mercy  demander. 

Mais  quant  orde  vie  tenras 
24510  Et  en  tel  voulloir  demourras, 

Ne  te  repens  n’a  Dieu  n’acorde, 

Ne  requiers  point  miséricorde, 

Car  miséricorde  n’est  mie 
Qu’a  ceulx  qui  mainent  bonne  vie, 
2451  5  Et  leur  desplait  en  leur  penssée 
La  male  vie  qu’ont  menée. 

Iceulx  miséricorde  aront 
Qui  male  vie  guerpiront 
Et  se  mettent  en  bon  sentier. 

24520  Or  te  prengs  bien  garde  ou  Psautier, 
Ou  Nocturne  du  samedi,  (/5  d ) 

Et  entens  bien  ce  que  je  di  : 

Le  premier  Rencdic  querras, 

En  cellui  Psaultier  trouveras 
24525  A  quelz  gens  est  donnée  acorde 
Et  quelz  aront  miséricorde  ; 

Qui  de  pechier  ne  cessera, 

Pour  quoy  miséricorde  ara. 

Toudis  voeullent  vivre  en  péchant 
24530  Et  tousjours  pechent  en  vivant, 

Et  ont  Nature,  ma  chanbriere, 

Qui  tant  est  noble,  cointe  et  fiere. 
Qui  oncquez  jour  morir  ne  vault, 
C’est  celle  qui  monlt  m’en  reault. 
24535  Tousjours  en  joye  se  delicte 


24436  qui  —  24453  Car  manque—  24470  très  manque.  Psal.  eu,  1  —  245 10  demouras  —  24531  chanberiere. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


23 


Et  pourveance  claime  quitte. 

Sçavoir  dois  que  morir  convient  : 
Pour  ce  tout  homme  au  siecle  vient, 
Pour  morir,  pour  resçuciter, 

24540  Aprez  es  biens  Dieu  deliter. 

Et  tout  ceulx  s’i  déliteront 
Qui  Dieu  en  cest  siecle  querront 
Et  feront  ses  commandemens. 

Et  ne  die  nul  que  je  mens, 

24545  Car  pour  néant  cy  demourroient, 

Et  pour  néant  le  bien  feroient, 

S’ilz  n’acqyeroient  glore  amiable 
Avec  l’empire  pardurable. 

Dieu  t'a  en  ce  monde  trammis 
24550  Pour  ce  que  soies  ses  amis  : 

Se  bien  le  sers,  sa  joye  aras; 
S’autrement  fais,  tu  périras. 

David  monlt  bien  le  te  tesmongne 
Qui  bien  scet  de  ceste  besongne  ; 
24555  Dieu  et  ses  oeuvres  serviras  : 

Grand  gueredon  tu  en  aras. 

Ses  grâces  sont  si  tresjoieuzes 
Sur  toutes  pierres  précieuses,  (16  a) 
Si  com  David  le  preuve  errant 
24560  Ou  psalme  Celi  enarrant. 

Or  te  diray  que  tu  feras  : 

Tout  le  chemin  moien  tenras 
Avecques  Nature  et  Peür, 

Se  tu  voeulx  bien  vivre  asseür, 

2q565  Par  tel  point  qu'o  moy  demourras, 
Néant  avec  eulx,  sans  moy,  n’iras. 
Quancques  te  diront  fui  et  doubte, 
Gardes  sans  moy  ne  régnés  goûte. 

Tu  ne  te  poeulx  mal  demener 
24570  Se  avec  toy  me  voeulx  mener. 

Le  feras  ainsi  ;  or  y  pense. 

Voeulx  tu  croire  mon  ordonnance? 

Et  pour  multiplier  ta  joye 
Que  j’ayme  autant  que  fay  la  moye, 
24575  Pour  ce  te  voeul  avoir  en  cure 
Avecquez  Paour  et  Nature. 

Encor  te  diray  par  amour 
Des  parolles  du  Grant  Seignour 
Que  on  dist  jour  de  Pentecouste 
24580  Que  assez  ayde  et  riens  ne  couste. 

Dieu  dist  :  <1  Moy  meismes  garderas; 
Mes  commandemens  garderas, 

Et  qui  en  moy  n’ara  sa  foy 
Il  n’ara  ja  cure  de  moy. 

24585  Mais  cil  qui  débonnairement 


Gardera  mon  commandement, 

Mon  Pere  chiez  lui  demourra 
Et  son  hostel  de  lui  fera; 

O  luy  est  s’abitacion, 

24590  Sa  joye  et  consolacion.  » 

Regnart,  qu’il  te  doit  bien  tarder 
De  si  bon  hoste  herbregier! 

Qui  de  lui  herbregier  n’a  cure, 

Il  se  met  bien  a  l’aventure. 

24595  Comment  poeut  homs  avoir  grant  joye  (  /  6  b) 
Qui  a  ung  tel  homme  s’avoye? 

Ce  n'est  mie  hoste  qui  a  hoste, 

C’est  chose  qui  de  lui  s’acoste; 

Et  qui  l'acoste  a  son  costé. 

24600  De  Paradis  fait  son  hosté, 

Non  mie  hostel  a  loyer, 

Car  en  ce  se  doit  apoyer  ; 

Paradis  est  seur  sans  doubtcr 
Perpctuelment  sans  oster. 

24605  Et  si  sera  sa  garnison 
De  joye  et  consolacion; 

De  tous  biens  plenté,  habondance 
A  tousjours  mais  sans  deffaillance  ; 

Lés  lui  son  Créateur  ara 
24610  Qui  si  treslegier  le  fera 

Que  d'Orïcnt  en  Occident 
Poeut  voir  en  si  petit  moment 
Comme  l’oeul  poeut  clorre  et  ouvrir, 

Que  nulle  riens  ne  poeut  couvrir. 

2461 5  Toute  riens  lui  est  a  delivre, 

Car,  devant  Dieu  qui  tout  bien  livre, 

En  quelque  lieu  qu’il  puist  aler, 

Devant  sa  face  est  sans  celer; 

Car  cil  lui  dit  :  «  Toudis  ara; 

24620  Ja  ceste  joye  ne  faulra.  » 

Bon  fait  tel  hoste  herbregier. 

Te  voeulx  tu  point  donc  retarder 
Que  ne  voise  quérir  cest  hoste 
Qui  tous  biens  donne  etquinulz  n’ostc? 
24625  Va  le  quérir,  va  le  quérir, 

Et  pense  a  toy  le  retenir. 

Se  tu  le  quiers,  il  te  querra  ; 

Se  le  retiens|  il  te  tenra  ; 

Se  le  rcchois,  tu  es  garis; 

24630 Se  ne  le  fais,  tu  es  péris; 

Et  il  est  de  si  grant  valoir 
Quiconcques  l’a  a  son  voloir  (/6  c) 
D’oeuvre  et  de  coeur  désirera, 

Jamais  de  lui  ne  partira; 

24635  II  ayme  tous  ceulx  sans  avoir 


24545  demouroient#—  24539  comme  —  24560  Psal.  xvm,  i  —  24565  demouras  —  24580  Quassez  — 
24685  Joan.  xv,  10  —  24687  demoura  —  24613  Comme  oeul  —  24624  et  nulz. 


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24 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Qui  de  coeur  le  voeullent  avoir. 

Plus  ne  l'en  dy  ;  je  m’en  revoy, 

Va  t’en,  ne  soies  plus  sans  moy. 
Conflesse  toy  et  te  repens, 

24640  Et  lors  hors  de  péril  te  tens. 

Va  ta  voyc,  et  que  Dieu  te  g  art  !  » 
Regnart  atant  de  Raison  pari. 

Par  le  bois  s’est  acheminé, 

De  nuit  et  de  jour  n'a  fine, 

24645  J  usqu'a  l’hcrmitage  est  venus. 
JUccques  s’est  Regnart  tenus 
Et  dist  jamais  riens  ne  fera 
Jusqucs  bien  conffessé  sera. 

Puis  que  riens  Raison  lui  enjoinct, 
24630  11  ne  trangressera  ce  point 
Sans  lui  esmayer  n’esbahir. 

Au  guichet  bûche  par  ayr; 

Le  prestre  vint  quant  oit  l’ensengnc. 
Quant  il  vit  Regnart,  il  se  sengne 
24633  Et  dit  :  «  Bien  cure  soye  jé  ! 

Beau  sire  Dieu,  ay  je  songié, 

Quant  voi  Regnart  ouvertement 
Venir  sur  le  prestre  humblement  ? 
Regnart,  puis  céans  tu  ne  fus,  (/&’  d) 
24660  Que  du  mien  sans  mon  gré  tu  eus; 
Tu  me  mengas  ma  char  sallée 
.  Qu’ung  mien  amy  m’avoit  donnée; 
Mengas  mon  cocq  et  mes  gelines, 
Quant  je  fus  aie  aulx  Matines, 

24663  Et  si  me  despechas  mes  livres; 

Et  disoies  qu’estoies  yvres. 

Or  me  dis  s’oneques  tu  rts  bien 
Ne  presis  ce  qui  n’estoit  tien  ; 
Comment  estoies  enchanté, 

24670  Qui  prenoies  l’autrui  chaté. 

Foy  que  je  doy  a  saint  Cordon, 

Tu  estoies  en  mal  ordon  ; 

En  telz  fais  plus  ne  te  déportés. 

Je  croy  bien  tu  le  me  raportes 
24673  Et  me  fais  ce  que  tu  dois  faire. 

Ainsi  porvoies  a  Dieu  plaire, 

Car  sainie  Eglise  si  commande 
Que  ce  qu’on  a  d’aultrui  on  rende. 

—  Sire,  »  se  dit  Regnart,  «  mercy. 
24680  J’av  de  pcchié  le  coeur  noirev, 

Et  pcchié  m’a  monlt  dcchcU.  » 

Adonc  lui  est  aulx  piez  cheii, 

Comme  dollcnt  et  courouchic  ; 


Et  le  prestre  l’a  redrechié  : 

24685  «  Regnart,  »  dist  il,  «  conforte  toy. 
Prengz  bon  espoir,  et  si  me  crov. 

Fay  par  oeuvre  ton  nom  chëoir, 

Et  tu  seras  beaulx  a  vêoir. 

Mais  se  tu  n’ez  bien  repentans, 

24690  Nulle  absolucion  n’atans, 

Car  cculx  segastent,  sans  mentir, 

Qui  conffessent  sans  repentir. 

Maint  en  y  a  qui  se  confessent 
D’aucun  mal,  et  point  ne  s’en  cessent, 
24693  Et  promettent  amendement, 

Et  sont  telz  après  que  devant.  (  1  7  a) 
Ja  pour  tant  leurs  us  ne  lairont 
N*a  mal  faire  ne  dclairont  ; 

Le  dire  n’est  pas  conffesser, 

24700  Mais  de  vray  coeur  le  mal  laissier 
Et  de  veraye  intencion 
En  tresbonne  devocion. 

David  dit,  tu  le  scez  de  voir  : 

«  Aprens  moy  faire  ton  volloir, 

24705  Car  dire  sans  faire  ne  vault.  « 

Scez  tu  que  tel  confesse  vault? 

Dieu  se  tient  pour  tous  escharnis, 
Pour  tout  gabé,  pour  tout  laidis 
De  ceulx  qui  dient  point  en  point, 
24710  Et  si  ne  s’en  repentent  point. 

Mieulx  leur  vaulsist  en  vérité 
Qu’ilz  ne  fussent  point  confessé, 

Car  ce  te  dy  qu’ilz  en  remportent 
Plus  de  pechiés  qu’ilz  n’y  aportent. 
2471  3  Or  dy,  amis,  tout  ton  voloir. 

Dieu  te  doint  repentance  avoir, 
Espérance  et  perseverer, 

Et  jusqu’en  la  fin  demourer. 

—  Sire,  je  vous  diray  ma  voyc. 

24720  Dès  le  temps  que  enflant  j’estoie, 
J’embloie  ces  menus  pouchins, 

Ne  il  n’estoi’t  si  fort  aflins 
Ou  je  ne  les  allaissc  prendre  ; 

Ces  oisons  jones,  gras  et  tendre, 

24725  Quant  je  les  pouoie  tenir, 

Leur  faisoie  le  coeur  frémir, 

Et  si  volenticrs  les  mengoic  ; 

De  toutes  festes  c’est  la  move. 

Dieu  !  tant  j’en  ay  fait  de  denieres 
24730  De  pouchins  et  d  oisons  litières 

Qu’il  n’est  nulz  homs  qui  le  creüst, 

Ne  qui  par  nombre  le  sceüst  : 


24O41  que  manque  —  24649  a  cnioinct  —  24653  qui  tort  Icns.  corrigé  d'après  \  —  24637  voit  —  24660 
Que  manque  —  24699  confier  —  24701  vraye  —  24714  qui  —  24729  fie  manque  —  24730  et  oisons. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


25 


Les  mengoie  bien  en  dormant.  (77  b) 

—  Regnart  »,  dit  il,  «  je  te  demant, 
24735  Se  oncques  nombre  n’en  feïs, 

Ne  de  ceulx  sur  qui  les  preïs, 

Quel  temps?  Qu’ils  valoient?  Et  combien 
Tu  as  eli  de  l’autrui  bien? 

Je  dy  pour  absolucion, 

24740  Aprez,  pour  satifacion 

Et  pour  recompenser  dommages. 

Ainsi  poculx  ettachier  tes  taches. 

—  Non,  non.  Neis  que  de  la  rivière 
La  male  passion  le  fiere 
24745  Qui  en  ce  estudia  oncques! 

—  Regnart,  amy,  or  me  dy  donequez 
S’oncques  patrenostre  desis, 

Ne  s’aucun  bien  pour  eulx  fesis. 

—  Sire,  vous  me  dites  noyant. 

24750  Je  cuid,  vous  m’alés  flaboiant. 

D’eulx  bien  faire  oncques  ne  m’avint; 
D’eulx  bien  dire  ne  me  souvint. 

Mais  toudis  ce  que  j’ay  sceii 
A  mon  pooir  l’ai  ge  teü  ; 

24755  Et  pour  ce  que  dites  combien, 

Dites  quantes  foeulles  sont  bien 
En  tous  les  bois  de  Brie  ou  d’Ote. 

J  en  ay  bien  autant  prins  sans  doubte, 
Car,  par  saint  Jacques  le  Preudom  ! 
24760  J’ay  tout  par  tout  prins  a  bandon 
A  l’un  plus,  et  a  l’autre  mains; 

J'ay  tout  happé  a  trente  mains 
Et  a  plus,  se  plus  en  eUsse, 

Quant  labourer  je  ne  peüsse: 

24765  Et  se  je  le  pelisse  bien, 

Je  acquetaisse  monlt  de  bien. 

Qui  ce  me  feroit  endurer, 

Il  me  convenroit  emmurer, 

Voire  ainchois  a  la  mort  me  mettre, 
24770  Ains  que  m’en  sceüsse  entremettre.  (  /  70 
—  Beaulx  amis,  »  ce  dit  le  preudom, 

«  Tu  as  esté  de  mal  ordon, 

Qui  tous  tes  enfTans  et  t’enfancc 
As  chevy  de  l’autrui  substance. 

24775  Pour  tes  enfans,  vas  en  enfer, 

Et  eulx  pour  toy  suivent  enfer. 

Quant  pour  eulx  vas  ainsi  emblant, 

Tu  vas  bien  au  leu  rcssamblant, 

Qui  en  lui  a  une  nature. 

24780  Or  l’entens,  et  y  metz  ta  cure. 

Et  y  gloses  ce  que  tu  voeulx. 

Quant  une  louve  a  ses  louvieulx, 


Tant  ccrmme  ilz  sont  jeune  et  petit, 
Leur  mere  les  laisse  ung  petit; 

24785  Nature  d’eulx  nourrir  l'asproie 
Et  leur  pere  si  va  en  proie; 

Et  Nature  ainsi  les  aproeuve. 

S’il  advient  qu’aucune  riens  troeuve 
Ou  que  ilz  prengne  aucune  beste, 

24700  Se  il  leur  porte,  ilz  lui  font  feste 
Et  lui  vont  la  queue  mouvant. 

Et  si  advient  il  monlt  souvent 
Que  assés  cerche  et  jour  et  nuit, 

Riens  ne  troeuve  et  revient  tout  vuit; 
24795  Matz  et  honteux  arrier  repaire, 

Pour  ce  que  il  n’en  poeut  plus  faire. 
Quant  voient  que  riens  ne  leur  tent, 
Chascun  a  lui  mordre  sc  prent, 

Et  lui  coeurent  sus  sans  déduit, 

24800  Dont  bien  souvent  arriéré  fuit. 

Pluseurs  fois  pour  ce  s’aventure, 

Dont  lui  sourvient  male  aventure; 

Ochis  en  est  ou  mis  en  piege, 

Dont  jamais  n’istra  de  ce  siégé. 

24805  Et  cil  si  n’en  douroit  ung  dé 
Pour  qui  est  ainsi  ordonné. 

Et  quant  voyent  qu’il  ne  vient  mie,  (  /  7  d) 
Si  va  chascun  quérir  sa  vie, 

Et  scevcnt  bien  qu’ilz  leur  convient 
24810  Vivre  quant  leur  pere  ne  vient, 

Car  toudis  illec  demourroient 
Quant  de  nullui  secours  n'aroient, 

Et  tant  c’om  leur  aporteroit 
Chascun  illec  si  se  tenroit. 

24815  Lors  vont  quérir  leur  pourveance 

Au  mieulx  qu’ilz  poeuent  et  chevance, 

Et  leur  pere  com  mort  se  tiengne, 

Car  il  est  peu  cui  en  souviengne. 

Ainsi  te  sera  il,  par  m’ame, 

24820  De  tes  enfans  et  de  ta  femme. 

Pour  eulx  ung  pourchas  tu  feras 
Dont  a  la  mort  d'enfer  venras. 

Quant  en  enfer  yers  ou  en  terre, 

Je  t’asseur,  ne  t’iront  point  querre; 
24825  Chascun  fera  comme  pour  soy, 

Et  tu  faces  comme  pour  toy. 

Bien  nous  en  compte  Cathon  voir 
De  cellui  qui  pert  son  avoir, 

Et  il  dit  voir;  bien  il  afliert 
24830  Qui  gaste  le  sien,  l'autrui  quiert. 

Mais  ad  ce  nous  respond  Orace, 

Qui  tant  sceut  de  bien  et  de  grâce. 


24733  Je  les— 24761  moins  —  24766  Jacq.  — 24769  me  manque  —  24782  la  louuc  — 24787  Et  manque 
24789 Ou  quilz  —  24790  Sil  —  24793  Quasses—  24807  voye  —  2481 1  demouroient  —  2482  1  tu  manque . 


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26 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Qui  dist  a  :  «  Mesures  le  tien; 

Selon  ta  rente  te  maintien.  » 

24835  Regnart,  ne  quiers  telz  avantages. 
Scez  que  dit  Senecques  le  Sages  ? 

«  Ne  te  tiens  apayé  de  vivre 
Sceullement  fors  que  de  bien  vivre.  » 
Pour  ce  te  dv,  Regnart  amis, 

24840  Ne  soit  ja  ton  corage  mis 

En  chose  sans  raison  acquise  ; 

Le  tien  par  raison  te  souffise, 

L’autrui  laisse  et  riens  ne  en  prens. 
Tulles  dist  :  «  Nul  gaaing  n’est  si  grans  (  /  8 
24845  Que  de  bien  garder  sagement 
Ce  que  on  acquiert  loialmcnt; 

En  joye  et  en  lÿesse  pren, 

Et  toy  a  mesurer  apren.  « 

De  Scnecque  en  est  ung  dictiez  : 

24850  «  Cil  n’est  pas  povre  qui  est  lyoz, 

Et  cil  est  riche  pour  vrité 
Qui  s’acorde  a  sa  povreté 
Et  lui  soufist  son  povre  avoir.  •» 
Thulles  dit,  qui  tant  ot  sçavoir, 

24855  Et  si  le  raconte  et  affiche, 

Et  dist  :  «  Le  povre  fut  plus  riche 
Etmieulxlui  souffist  son  avoir 
Qu’au  roy  Alixandre,  pour  voir, 

Cui  tout  le  mond  ne  souffisoit; 

24860  Trestoudis  d’acquerre  atisoit, 
Carpassïence  seulement 
Fait  l’homme  vivre  richement  ; 

Qui  n’a  pascïence,  il  ne  vit.  » 
Senecque  le  Sage  nous  dit 
24865  Que  tu  dois  mieulx  amer  pour  voir 
Ta  bonne  vie  que  avoir. 

Car,  si  corn  dit  Jhesus  Siracz, 

Anaize  est  trésor  sans  baratz. 

Pour  ce  ne  dois  riens  consentir 
24870  Dont  tu  viengnes  au  repentir. 

Orace  dit,  qui  bon  clerc  fu, 

Que  cil  pert  s’ame  et  sa  vertu 
Qui  tout  temps  tent  a  employer 
A  son  avoir  multiplier. 

24875  Encor  dit  Senecque  ung  mot  gent 
De  la  pecune  et  de  l'argent, 

Ou  elle  serve,  ou  soit  servie  ; 

Mais  ad  ce  ne  s’acorde  mie 
Que  homs  le  serve;  et  s'il  le  sert, 
24880  Tous  aultres  bons  services  pert. 

S'elle  le  sert,  et  peu  le  prise,  (  1 8  b) 
Il  acquiert  grâce  et  grant  franchise, 
Car  cil  asserve  trop  sa  vie 


De  qui  la  pecune  est  servie. 

24885  La  Loy  dit  :  «  Or  n'y  met  ta  cure, 

Car,  ce  est  le  droit  de  Nature, 

Nulz  homs  ne  se  mette  au  service 
Dont  d’aultrui  dommage  enrichisse.  »» 

Et  qui  de  ce  a  nulle  cure, 

24890  II  va  au  contraire  Nature, 

Car  toute  avarice  malvaise 
Met  bonne  Nature  a  malaise, 

A  desservir  et  a  gémir, 

Et  a  tous  putz  sentiers  tenir. 

24895  C’est  ung  vice  contre  Nature, 

Et  pour  ce  n’en  dois  avoir  cure, 

Car  bon  service  ne  poeut  faire 
N’a  bonne  compagnie  traire 
Qui  sert  homme  avaricïeux. 

24900  Car  tous  sont  en  mal  curieux, 

N'osent  ne  boire  ne  mengier, 

N 'avec  bonne  gent  repairier; 

Leur  compagnie  n’est  point  bonne. 

La  mist  Alixandre  sa  bourne  : 

24905  Se  il  fu  avaricïeux, 

Aussi  fu  large  et  plentureux. 

Tout  donnoit  quanqu'il  aqueroit, 

Et  ung  remors  en  lui  metoit  : 

Plus  ardoit  toudis  de  donner 
24910  Que  il  ne  faisoit  d'aüner, 

Car  pluseurs  biens  donna  avant 
Que  il  ne  fut  oneques  tenant. 

D’avarice  voie  ne  quiert 

Qui  donne  quaneques  il  acquiert. 

2491  5  Avarice  n’est  vicieuse 

Tant  que  largesse  est  plentureuse; 

De  tant  comme  avarice  pesche 
Tant  a  largesse  bonne  tesche.  (/#  c) 
Pour  ce  effaça  tesche  greigneur 
24920  Alixandre  pour  la  mineur. 

Mais  peu  est  d’avaricïeux 
Qui  soient  larges  plentureux 
Ne  qui  lÿement  se  maintiennent, 

Ne  bonne  compagnie  tiennent. 

24925  S’ilz  le  tiennent,  c’est  par  doubtance, 

Ou  par  honte  de  leur  vieultance. 
Jherome  nous  compte  a  delivre  : 

«  Garde  tov,  »  dist  il,  «  ne  t’enyvre; 

Ta  gorge  n’emplis,  ne  ta  pance 
24930  En  nul  temps  de  l’autrui  sustance. 

U  te  vauldroit  trop  mieux  juner 
Que  telle  viande  avaller.  » 

Car  Senecque  dist  en  son  livre  : 

«  Tu  dois,  u  dist  il,  «  mengier  pour  vivre, 


24843  nen  —  24859  Qui  —  24882  grant  suppléé  d'après  A  —  24917  peschie. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


27 


24935  Non  mye  vivre  pour  mengier.  » 

Or  ne  t’en  fay  plus  laidengier, 

Et  ne  voeulles  a  l’autrui  tendre, 

Mais  vis  du  tien,  sans  l’autrui  prendre. 

—  Sire,  je  m’y  acorde  bien. 

24940—  Dy  aprez,  et  t’avise  bien. 

—  Sire,  volentiers  vous  diray; 

De  m’enfance  vous  compterav. 

Dès  que  je  eus  sept  ans  passés, 

Tout  devins  de  mal  apensés, 

2494?  Menterres  et  faulx  parjureres, 

Fel,  malvais,  envieux  et  lerres; 

A  tout  consentement  me  mis 
Dont  on  poeut  atraire  Ennemis. 

Bien  alaisse  querre  ung  morsel 
24950  D'un  pasté  ou  d’un  piprenel 
Ou  d’une  tarte  ou  d’un  flaon 
De  Troyes  jusquez  a  Laon. 

Quant  de  .xn.  ans  a  .xvi.  vins, 
Adoncquez  curatier  devins 
24955  A  clercz,laiz,  séculiers  et  moisnes,  (18  d) 
A  chevaliers,  bourgois,  chanoines, 
D’abbesses  et  religïeuzes, 

Dames,  pucelles  et  prieuzes; 

L’un  vers  l’autre  les  fis  trotter, 

24960  N’espargnoient  point  le  crotter. 

Troter  les  ay  fait  nuit  et  jour, 

N'estoient  nulle  heure  a  séjour. 

Mainte  femme  ay  fait  escourchier, 

Maint  froc  lever  et  rebrachier 
24965  Et  de  mainte  peliche  blanche 

Ay  fait  descouvrir  mainte  hanche; 

Et  si  leurfaisoie  entendant 
(Oncques  mais  nul  n’en  fit  autant)  : 

«  Tout  est  vostre,  gardés  le  bien; 

24970  Oncques  mais  n’eustes  si  grant  bien.  » 

Et  s’ilz  eussent  le  voir  sceii, 

Ja  en  avoye  avant  eü; 

Avant  de  moy  requises  erent, 

Peu  en  fu  qui  en  refusèrent, 

24975  Car  je  leur  faisoie  entendant  : 

«  Cestui  n’en  sçara  ja  noiant, 

Ne  ja  mal  il  n’y  trouvera, 

Ne  ja  ne  s’en  apperchevra; 

Et  si  lui  juray  sains  et  saintes 
24980  Que  estes  de  chasteté  chaintes, 

Ne  oncques  cecy  ne  feïstes, 

Combien  que  pluseurs  en  veïstes, 

Et  eussent  donné  marez  et  livres.  » 

Ne  oncques  encor  ne  fus  yvres, 

24959  lautre  faisoie  tr.  — 


24985  Ne  jamais  jour  ne  le  diroye. 

Tant  faisoie  que  j’en  avoye 
Des  plus  godes  et  des  plus  cointes, 
Des  plus  fardées,  des  plus  joinctes; 
Maintes  gonnes  en  ay  fait  vendre, 
24990  Calices  et  livres  despendre, 

Rentes  engagier  et  vendues, 

Maintes  belles  messes  perduesJ/ÿ  j) 
Mais  de  tout  ce  riens  ne  donnoie 
Mais  que  je  eüsse  la  monnoye; 

24995  De  leurs  doulx  yeux  me  departoient 
Si  tost  corn  donnés  leurs  estoient. 

Ces  dons  me  faisoient  trachier 
Et  de  nuit  et  de  jour  cachier, 

Et  si  restoie  bien  payés 
25ooo  De  par  qui  j’estoie  envoyés. 

Maintes  guerres  en  furent  faictes, 
Maintz  coup  féru,  espées  traites. 

Et  quant  a  moy  se  complaignoient, 
Tous  a  leur  propos  me  trouvoient. 
25oo5  De  seremens  pour  ung  denier 
Leur  faisoie  plain  ung  grenier. 

Disoye  je  leur  aideroye, 

Mais  le  soir  couchier  m’en  alove. 

• 

Je  ne  faisoie  pas  que  folz  : 

25oio  11  n’est  riens  tant  hayé  que  copz, 

Je  faisoie  monlt  de  tenchons, 

Souvent  desvestir  ces  gardions, 

Mais  quant  a  bataille  prouver, 

On  ne  me  sçavoit  ou  trouver. 

2  5oi5  Quant  coups  ooye  départir, 

Bien  sçavoie  le  lieu  guerpir, 

Car  n’amoye  point  tel  hutin. 

En  la  taverne  le  matin, 

J’estoie  toudis  le  premier, 

2 5o2o  Le  plus  hautain  et  le  plus  fier. 

De  moy  vanter,  de  voir  nyer, 

Ne  me  faisoie  point  prier. 

Je  ay  tollu  et  refusé; 

Ainsi  ay  je  mon  tempz  usé 
25o25  Jusqu’à  l’an  .vin.  et  vint  et  sis. 

Lors  a  estre  advocat  m’assis, 

Et  courretier  et  procurreres. 

Pour  ce  ne  fus  je  pas  moins  lerres 
Qu’a  cellui  voeulx  toudis  ditier.  (19  b) 
25o3o  Lors  qui  d’un  tesmoing  eust  mestier, 
Assez  tost  a  moy  le  trouvast, 

Mais  que  bien  ma  bourse  murast. 

Et  quant  on  ne  m’en  requeroit, 

Mon  corpz  en  voye  se  mettoit; 

25o35  Pluseurs  fois  les  en  semonnoie, 


24961  faisoie  —  24981  Noncques. 


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2  8 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Quant  en  leur  compagnie  estoie. 

Et  lors  quant  j’eux  ce  chemin  pris, 
Loix  et  Decretz  metoie  en  pris, 

Et  alleguoie  vers  et  psalmcs, 

25040  Et  fcroie  des  dois  es  palmes. 

Et  le  prenoye  sur  mon  chief. 

Que  de  tout  ce  venroie  a  chief. 

Tant  par  Cesare  Julius, 

Par  les  loix  de  Justinius, 

25045  Par  Jherominus  T  Ancien 

Et  par  les  Loix  d'Octovïen, 

Et  par  Constantin  en  aloie, 

Et  par  tous  sentiers  les  queroie. 

Lors  mon  maistre  argent  me  donnoit 
25o5o  Et  de  sa  table  me  tenoit, 

Et  sçavoie  certainement 
Que  jebourdoie  escianment; 

Ne  m’en  aloye  que  par  delay. 
Ainsiques  tout  mon  temps  alav. 

25o33  Et  encor  sçavoie  bien  faire: 

Je  prenoie  de  mon  contraire, 

Et  aussi  de  moy  reprenoit. 

Colacion  a  moy  faisoit. 

Et  acordions  :  «  Cecy  diray, 

2  5o6o  Et  par  ccste  voie  je  iray, 

Et  vous,  par  ceste  voye  irez. 
Ainsiques  a  moy  paix  arez. 

Quant  arons  mené  grant  hutin, 
Arbitres  prendrons  en  la  fin  ; 

23of>5  Siques  je  ne  seray  pecherres, 

Ne  trouve  ne  seray  tricherres.  (//>  c) 
Par  arbitres  acorderons  ; 

Los  des  parties  si  arons.  » 

Qui  me  donnoit,  c’estoit  mon  maistre; 
23070  De  par  tout  faisoie  argent  naistre. 
Ceulx  qui  ne  paioient  forment 
Perdoient  leur  cause  souvent, 

Mais  de  ce  riens  ne  m’en  chaloit: 
Autant  ung  aultre  me  valoit, 

25073  Pour  ung  perdu  deux  recouvré. 

Ainsi  ay  je  toudis  usé  : 

Faisoie  le  phisicïen 
Et  alleguoie  Galien, 

Et  si  monstroie  oeuvre  ancienne 
a5o8o  Et  de  Rasis  et  d’Avicenne, 

Par  Constantin,  par  Tholomé 
(Pluseurs  fois  les  av  or  nommé), 

Par  Senecque,  par  Alixandre, 

Et  a  tous  les  faisoie  entendre 
2  5o83  Qu’cstoic  drois  phisicïens 


Et  maistre  des  praticiens. 

Bien  disoic:  «  Junez,  junez, 

Et  de  la  purée  prenez, 

Et  vous  gardés  de  boire  vin.  » 

2 5opo  Puis  je  faisoie  le  devin, 

Et  avec  le  phisicïen 
Faisoie  l’astronomïen. 

Je  nommoie  signes  et  poins 
Et  des  constellacions  les  poins, 

25095  Les  planettes  et  les  figures. 

Celles  sont  moles,  celles  sont  dures; 
Tel  planette  va  en  croissant, 

Et  telle  va  en  descroissant. 

Jupiter  est  planette  lie, 
a5 100  Et  Hercules  est  courouchie, 

La  Lune,  Mercure,  Venus. 

Ainsi  m’ensuis  aval  venus. 

Par  ung  qui  est  par  moy  savés  (if)  d) 
.Xmi.  en  ay  a  mort  menez; 

25io5  Et  qui  bien  y  esplucqueroit, 

Assez  de  telz,  on  trouveroit 
Qui  ont  bien  maniéré  et  loquence 
Et  scevent  avoir  contenance, 

Et  de  latin  deux  motz  partir: 

25i  10 Telz  gens  poeuent  houche  vestir. 
Comptoy  d’herbes  et  carrateres 
Les  mouvemens  et  les  esperes, 
Comment  les  planettes  gouvernent, 
Comment  les  poins,  les  signes  servent 
25 1 1 5  Et  si  comment  chascune  estoille 
A  son  gouvernement  et  voille, 

Et  comment  trestoute  Nature 
Est  gouvernée  par  droiture, 

Selon  le  cours  des  influences 
25 120  Dont  on  pocult  véoir  demonstrances. 
Et  si  comment  toute  rien  qu’on  voit 
A  dessus  lui  qui  le  pourvoit. 

Qui  ce  sçara  bien  faire  entendre, 
Lechappeau  de  bonnetpoeut  prendre. 
*5 125  Mais  telz  me  venoient  quérir 
Que  je  les  faisoie  morir. 

Pluseurs  fois  telz  cris  y  avoit, 

Nul  conforter  ne  s’i  sçavoit. 

Mais  le  prestre  et  ly  espichier, 

25i3o  Faiseur  de  noez  et  le  merchier 
Qui  ces  riches  pailles  vendoient, 

Sur  tous  aultres  me  honnoroient, 
Tesmongnoient  en  audience 
Que  sçavoie  toute  science, 

25 1 33  Et  que  s’aucun  vouloit  garir. 


25o55  cncores  —  23of>8  Ainsi  los  des  p.  arons  —  23077  Je  f.  —  23079  si  manque  —  25087  Bien  leur 
—  25 1  1  3  si  manque. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


^9 


Que  il  m'alast  bien  tost  quérir. 

Des  cris,  des  brais  faisoie  festes, 

Ne  m'en  challoil  ne  que  de  bestes; 

Oncquez  ne  vis  riens  profliter, 

25  140  Faire  joye  ne  deliter  {20  a) 

Que  monlt  malade  je  ne  fusse 

Et  que  au  lit  je  n'en  geüssc. 

N'oncques  n'a  monstier  ny  eglise 

Je  noVs  messe  ne  service. 

2 5 1 4?  Ne  ne  fus  pour  grâce  quérir 

Ou  pour  nouvelles  encquerir, 

Dont  je  pcüsse  faire  guerre, 

Ou  aucun  grant  prollït  acquerre. 

Faulx  semblant  av  toudis  eü 

• 

25  1  5o  Et  traVson  toudis  sceü  ; 

En  compagnie  ne  venisse, 

Que  ne  le  lobesse  ou  traVssc  ; 

Ne  . ne  porroye  relachier 
De  tous  bons  morceaulx  deffïcr. 

2 5 1 5 5  Pour  ung  morceau  entrelardé, 

Cent  fois  juresse  le  Corps  Dé. 

Et  toudis  av  meü  contens 

* 

Entre  mes  voisins  et  parens. 

A  trestous  encans  aprenoie 
25 160  Les  plus  faulx  jeux  que  je  pooie, 

A  jeu  de  dés  a  mesconter, 

A  putes  nouvelles  porter, 

Dormir  de  jour,  aller  de  nuit, 

De  la  taverne  le  déduit, 

25t65  De  ces  bons  morceaulx  ensaicr 
Et  acroire  sans  riens  paier, 

Et  a  leurs  parens  desrober, 

.  Et  toutes  povres  gens  lober. 

Avecques  ce,  fus  courretier, 

25170  Affin  que  s’aucun  cust  mestier 
Et  que  il  vaulsist  emprunter, 

Que  il  le  me  venist  compter. 

De  l'un  et  de  l'autre  prenoie, 

Et  quant  je  assez  prins  avoie, 

25  1  j3  T restout  estoit  adez  joue 
Et  a  ses  paticiers  porté  ; 

Et  cil  cui  la  debte  on  devoir,  (20  b) 
Envis  mais  denier  en  avoit; 

Mais  je  les  faisoie  entrebatrc 
25 180  Et  de  grans  collées  débattre, 

Et  les  faisoie  plaidoier, 

Et  au  debteur  trestout  nÿer. 

Desdont  devins  je  bordeliers; 

Et  je  passe  oultre,  et  fus  houlliers, 
2?i85  Et  usurier  et  terminerres, 


Et  avecques  ce  toudis  lcrrcs; 

Fit  fu  advocat  en  cour  lave. 

Je  chante,  je  pleure,  j'abbaye, 

Je  ris,  j’organise,  je  tanse  ; 

2 5 1 qo  De  toutes  malvaistiés  m'apense 
Comment  porroie  dechevoir 
Et  de  tout  le  meilleur  avoir. 

Je  fay  le  clerc,  j'allegue  loix. 

Et  si  ne  sçav  qui  vaille  ung  poix  ; 

2 3 1 9S  Et  j'alegue  Code  et  Digeste, 

Et  si  ne  sçav  ne  q'une  beste  : 

J'alegue  la  Divinité, 

Et  si  nccongnois  vérité: 

J’alegue  Bible  et  Salomon, 

23200  J'alegue  Aristote  et  Platon, 

Théologie  et  giometrie, 

Qui  est  une  belle  maistrie; 

Je  me  merle  de  retoricque, 

Je  m’entremetz  d'arismeticquc  ; 

252o3  J’alegue  logicque  et  grammaire  ; 

Je  voeul  trestout  dire  et  tout  faire: 

• 

Par  magicquc  et  par  Balenus 
Mc  suis  je  toudis  maintenus; 
Avecques  ce  je  sçay  praticquc, 

2  5210  Qui  bien  conforte  la  magicque. 

Tous  les  ars  ne  vallcnt  denier, 

Se  praticquenc  va  premier. 

Premier  doit  elle  bien  baler, 

Car  c'est  qui  tous  les  fait  aller;  (20  c) 
2  52 1  5  Tous  clochent,  se  ne  les  soustient; 
Chascun  des  sept  ars  a  lui  tient. 
Trestous  les  sept  ars  periroient, 
S'avecques  praticquc  n'avoient. 

C’est  celle  qui  honneur  leur  porte, 
25220  Et  qui  le  proffit  leur  aporte. 

Je  ay  plus  gasté  de  querelles. 

Qui  estoient  bonnes  et  belles, 

Qu'il  n'ot  de  muys  d'eaue  ou  Déluge, 
Et  tout  mettoye  surle  juge 
25225  Qui  faussement  l'avoit  donnée 

Et  par  deniers  monlt  grant  bourséc; 
Et  le  courouchié  en  faisoie, 

Car  plus  d'acointes  en  avoie. 

Disoient  que  grant  diligence 
i323o  Estoit  en  moy  et  grant  science. 

Que  volez  vous  que  je  vous  die  ? 
Oncques  en  trestoutc  ma  vie 
Fors  que  malvaistic  ne  pensay. 

Pour  ceste  cause  tant  en  sçay. 

25235  —  Monlt  meschant  es,  se  ne  t'avises. 


23 1 5 1  Ja  en  —  23179  je  manque  —  25184  Et  manque  —  23189  je  chante  —  23195  Et  manque  —  25201 
géométrie  —  25233  On  lit  en  rubrique  :  L  Hermite. 


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A r  nuMimui  >  »r»r\â  TMTO 


3o 


RENARÎ  LE  CONTREFAIT 


Aulx  paroles  que  cy  m'a  mises, 

En  ton  fait  ne  voy  point  de  bien. 

Dy  aprez,  advise  toy  bien; 

De  tes  griefs  maulx  suis  esbahis. 
25240  —  Certes,  sire,  encor  je  vous  dis  (20  d) 
Que  lonc  temps  a,  bien  le  sachiez, 
Qu’adez  ay  esté  entechiez 
D'un  soûlas  qui  est  grant  dollours. 
Toudis  ay  aymé  par  amours 
25245  Une  femme  entre  les  pluseurs, 

Dont  j’ay  souffert  maintes  dolleurz. 
Tant  Pamoye,  sans  ja  celler, 

Que  tout  quancquez  pooie  oster, 
Happer,  mesconter  ou  tollir, 

2525o  Lui  donnoye  sans  retenir. 

Une  seulle  en  ay  consieuye, 

Qui  tout  a  eu  en  sa  baillie. 

Pour  ce  vous  en  voeul  je  prier 
Que  vous  m’en  voeulliez  conseilliez 
2  5255  Tant  suis  lié  de  celle  femme, 

Je  n’y  voy  honneur  ne  diffame 
Et  dessevrer  je  ne  m’en  puis. 

Beau  perc,  ainsi  decheü  suis. 

Bien  ay  mesticr  que  Dieu  m’amant! 
25260  Pour  ce  conseil  vous  en  demand. 

—  Ainsi,  m’aïst  saint  Julien  ! 

Tu  es  lyé  de  mal  Jyen, 

De  pieur  lien  que  ne  fu 
Saint  Pierre,  quant  en  prison  fu, 

25205  Combien  que  ilz  fussent  de  fer; 

Tu  es  en  trop  plus  mal  infer. 

En  pieur  lien  ne  poeulx  pas  estre, 

Ne  il  n’est  nul  si  sage  maistre, 

Se  de  tel  loyen  estloyé, 

25270  Qu’il  ne  soit  trestout  desvoyé. 
Ledimence  on  prie  au  monstier 
Pour  marchans,  pour  gens  de  mesticr, 
Que  Dieu  leur  doint  grâce  et  amour, 
Qu'ilz  puissent  faire  bon  labour, 
25275  Tel  marchandise  et  tel  gaignage, 
Qu’en  Paradis  aient  hostage  ; 

On  prie  pour  les  mehaigniés  (21  a) 
Par  qui  le  pain  n’est  point  gaigniez, 
Pour  ceulx  qui  sont  en  prison  mis 
26280  Et  qui  en  chartre  sont  malmis, 

Pour  payens  et  pour  renoyés 
Et  pour  toutes  gens  forvoyés, 

Que  Dieu  leur  doint  s’amour  tenir 
Et  a  la  vraie  foy  venir, 

25285  Et  les  mette  en  bonne  santé, 


Et  qu'ilz  facent  sa  volenté; 

Pour  tous  ceulz  qui  goûte  ne  voient 
En  quelconcquez  lieu  que  ilz  soient: 
Pour  tous  ceulx  ne  doit  on  prier, 

2 5 2 * jO  Combien  qu’en  ayent  bon  mestier, 
Envers  yceulx,  par  Nostre  Dame, 

Qui  sont  lVez  es  las  de  femme, 

Ou  pour  ces  ors  empoitrachiés 
Qui  ont  ces  ors  chemins  trachiés 
26295  Et  chascun  jour  les  vont  trachant, 

Si  comme  je  et  aultre  cent 
Qu’en  foie  amour  sont  encharné. 

Mal  furent  onequez  de  char  né  ! 

—  Amis,  or  mécomptes  le  voir 
253oo  De  celle  qui  tant  fait  doloir, 

Et  me  comptes  l  estât  d’icelle, 
S’elleest  vielle,  jone  ou  ancelle. 

—  Sire,  le  voir  vous  en  diron. 
Cincquante  ans  a  ou  environ 
253o5  Celle  a  qui  trestout  mon  coeur  tant. 
—  Or  vault  >>,  dist  il,  «  pis  que  devant. 
Myeulx  te  vaulsist  les  membresperdre 
Que  toy  a  telle  femme  aerdre, 

Ou  fruit  ne  poeut  estre  trouvé, 

253 10  Ne  biens  ne  soûlas  esprouvé 
Et  tout  au  contraire  Nature, 

Dont  preudoms  naturel  n'a  cure 
De  l’amour  qui  doleura  nom, 

Ou  il  n’a  s'amertume  non.  (2/  b) 
253 1  5  C’est  une  amour  mal  eüreuse, 

Ung  peu  plaisant  et  doloureusc, 
Amour  orde  et  abhominable, 

A  malvaise  fin  delitable; 

C'est  une  amour  desordonnée 
253io  Qui  ne  doit  point  estre  nommée  ; 
Amour  de  vices  attraians 
Qui  est  au  deable  desplaisans. 
Combien  que  en  ce  point  les  tiengne, 
Vcoir  n’esgarder  ne  les  daigne; 

25325  Amour,  ou  est  toute  laidenr, 

Amour  régnant  sans  nul  honneur, 
Amour  plaine  de  fol  volloir, 

Amour  qui  fait  en  fin  dolloir, 

Amour  qui  fait  tout  maulx  sentir, 
2533o  Amour  qui  vient  a  repentir, 

Amour  qui  fait  fol  acuser, 

Amour  qui  fait  a  despiser, 

Amour  plaine  de  deablerie, 

Amour  plaine  de  desverie, 

25335  Amour  qu’est  a  Dieu  desplaisant. 


25245  les  manque  —  2525o  Tout  lui  —  25263  11c  manque  —  25271  On  prie  le  dim.  —  253o5  qui 
tout  —  2532  1  vices  et  —  25334  de  manque . 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


Amour  qui  a  l'ame  est  nuisant, 
Amour  qui  tault  trestoute  grâce, 
Amour  qui  Dieu  dehors  lui  cha ce, 
Amour  hideuse  et  diffamée, 

•25340  Amour  de  male  renommée, 

Amour,  qui  bien  l’aperchevroit, 
Paour  et  hide  il  en  aroit, 

Amour  qui  est  d’Anemy  plaine 
Corn  orde,  sale,  vile  et  vaine, 

2  5345  Amour,  qui  bien  le  congnistroit. 
Toute  vieulté  y  trouveroit; 

Qui  bien  y  pense  et  met  sa  cure 
C’est  la  purgacion  d’ordure, 

Car  de  vielle  amer  et  chierir, 
2533oNc  poeulx  pieur  chemin  quérir. 

Combien  que  tu  ne  le  vois  mie  (2/  c) 
Et  que  tu  l’appelles  amye, 

N’est  t’amye  certainement, 

Ains  est  ton  propre  dampncment  ; 
25355  Car  elle  t’apport  par  flaterie 

Perte  de  corps,  d’ame  et  de  vie, 

Et  tu  cruelment  te  déchois 
Quant  tu  point  vielle  putain  crois. 

Ne  vois  comme  elle  est  tresalée, 
253üo  La  viellequi  sent  la  fumce? 

Quel  soûlas  as  en  lui  taster? 

Quel  coeur  te  tient  de  lui  amer? 
S’aucunes  choses  y  trouvasses, 
D’aucun  remede  t’achevaches. 

23365  Nulle  cause  a  amer  n’y  as 

Et  pour  ce  en  dis  :  «  Fias  !  Jias.  » 

Et  telz  ors  soûlas  trespassés, 

A  quel  fin  te  seront  tauxés? 

Or  tepreng  garde  a  celle  amie 
23370  Dont  es  entré  en  tel  folie! 

Le  plus  beau  te  semble  le  vis, 

Et  par  raison  c’est  le  plus  vilz, 

Se  bien  y  penses  et  cler  vois. 

Mais  je  m’en  tais  a  ceste  fois, 

23375  C’est  la  roix  de  toute  diffame 
Que  le  visage  de  la  femme. 

Celle  vile  beaulté  amée, 

Trop  as  pourveue  et  esgardée. 

Tu  dois  monlt  bien  amer  Nature, 
2338o  Mais  jusquez  la  n’en  aiez  cure. 

Aymé  Nature  deuement 
Et  ja  non  mie  indeuement. 
Indeuement,  c'est  vielle  amée, 

Puis  que  n’est  ta  femme  espouséc, 
25385  Car  le  indeuement  pourrist 


3i 

Et  le  deuement  bien  nourrist; 

Garde  nul  trop  n’aberge  en  toy. 
Salomon  dist  a  tous  :  «  Recroy  (2  /  d ) 
De  regarder  la  folle  femme; 

253yo  Tost  y  pert  on  et  corpz  et  ame  : 

Bon  fait  demener  bonne  vye.  » 

Je  truis  escript  en  Isaÿe, 

Qui  de  Dieu  dit  mainte  merveille  : 
«  Qui  oeul  clôt,  sa  bouce  et  s’oreille 
233y5  Contre  folie  et  vanité 

De  Paradis  fait  son  hosté.  » 

Comment  y  cuides  tu  venir, 

Qui  luxure  voeulx  maintenir? 

Luxure  vient  de  males  meurs. 

23400  Salustes  dist,  qui  fu  docteurs, 

Qui  en  bien  dire  mist  sa  cure  : 

«  Se  la  volonté  de  luxure 
Voeult  le  corage  seignourir, 

En  adventure  est  de  périr 
25405  Cellui  qui  son  voloir  voeult  faire; 
Envis  poeult  a  bonne  fin  traire.  » 

Et  encor  truis  ailleurs  ung  dit, 

Si  corn  Scnecque  le  me  dit, 

Que  ce  délit  dont  j’ay  compté 
23410  A  grant  frailaisse  et  briseté. 

Et  quant  plus  est  fait  par  désir, 

De  tant  plus  chiet  en  desplaisir. 
Encorcs  nous  raconte  Thules 
Que  cil  est  monlt  fol  et  entules 
25415  Qui  décliné  et  qui  met  en  femme 
La  belle  franchise  de  l’ame 
En  servage  du  délit  faire, 

En  travail  et  pouraultrui  plaire; 

Et  est  escript,  ce  n’est  pas  fable, 

23420  Que  chose  n’est  monlt  delitable 
Se  elle  trop  souvent  advient, 

Si  com  Senecque  le  mainiient; 

Et  le  truis  selon  droit  escript, 

Si  com  le  poète  descript, 

23425  Et  certainement  je  le  vov,  (22  a) 
Que  vertu  est  de  soufrir  soy 
De  délit  prendre  tost  et  tart, 

Qui  poeult  tourner  a  male  part. 
Doncquez  est  ce  tresgrant  folie 
2 1430  Quant  a  escient  maintiengs  vye 
Dont  tu  scez  bien  en  vérité 
Que  tu  sceraz  en  mal  costé  ; 

Ne  croy  la  langue  qui  déchoit 
Ainçois  le  fuy  ou  qu’elle  soit. 

25q35  Salomon  raconte  sansdoubtes  : 


a3338  Le  mot  crois  est  indiqué  dans  le  texte  par  le  signe  7  —  23382  ja  manque  —  23388  Prov.  vi,  24 
—  25392  Isai.  xxxm,  i5  —  25415  et  met  —  25417  Lt  seru.  —  22431  en  manque. 


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RK N A RT  LU  CONTREFAIT 


«  Clos  tes  oreilles,  et  n'cscoutcs 

La  langue  malvaise  de  rien,  v 

Senecque,  qui  tant  sceut  de  bien. 

Qui  en  Dieu  mist  toute  sa  cure  : 

25440  «  Pour  les  desiriers  de  Nature 

Perist  et  pert,  n’en  doubtez  mie. 

Du  corpz  la  plus  grande  partie.  » 

Pour  ce  te  lo  d’iceulx  garder. 

Mal  fait  itclz  delitz  trouver, 

254*5  Ne  t’y  voeulles  plus  déliter. 

Dy  après,  Dieu  te  voeullc  aidier, 

Combien  que  t’ayes  monlt  mesprins, 

De  quelz  gens  as  tu  le  plus  prins? 

De  telz  gens  prins  avoir  porroies, 

2545o  Que  plus  gricfment  tu  pecheroies 

L’ung  que  de  l’autre  vraiement. 

Or  le  me  dis  certainement, 

Quelles  gens  tu  as  plus  sicuis, 

Et  de  quelz  gens  tu  as  plus  pris,  u 

25455  Et  lors  se  print  Regnart  a  rire  : 

a  Sire,  et  le  me  convient  il  dire? 

—  OVl,  Regnart,  bien  le  sachiez, 

Car  ce  est  trop  plus  grant  péchiez 

De  prendre  a  le  fois  en  ung  lieu 

25460  Que  en  ung  aultre,  selon  Dieu. 

Des  deux  l’un  poeut  estre  moins  pire. 

Mais  riens  n’y  a  bon,  a  voir  dire.  (22  b) 

—  Et  je  vous  dirav  sans  mentir 

Sur  qui  j'ay  prins  sans  repentir, 

25q65  Ne  ja  ne  m'en  repentiray. 

Toudis  y  ay  prins  et  prendray, 

Et  si  croy  faire  charité, 

Je  le  vous  dy  en  vérité, 

Sans  point  rccompensacion, 

25470  Et  au  prendre  ay  devocion, 

Ne  nul  remors  si  ne  m’en  vient. 

Sur  tout  cil  qui  gentieulx  se  tient 

Ay  prins,  et  prens,  et  prenderay; 

D’iceulx  retiens,  tiengz  et  tenray. 

23475  Cause  y  a  et  bonne  raison,  ' 

Ne  point  n’y  a  de  mesproison. 

—  Or  le  dy,  je  le  voeul  sçavoir. 

—  Donc  vecv  la  cause  et  le  voir  : 

# 

Hz  ostent  sans  recompenser 
•23480  Quancques  bons  poeuent  amasser; 
Tailles,  corvées,  formariages, 
Mainsmortes,  dismes  et  usages  ; 

Ce  que  Dieu  onequez  n’ordonna, 

No  establi  ne  commanda, 

25q85  Sans  cause  l’ont,  bien  le  sçavons. 

25436*25437  Eccli.  xxvm,  28  —  25473  prendray 
labcr  —  2 5 5 1 2  moins  —  255  1  3  ncsioiont. 


Se  d'eulx  aucune  chose  avons, 
Conscience  n’en  faisons  point. 

Car  nous  sçavons  de  point  en  point 
Qu’ilz  les  lievent  sans  conscience 
25490  Combien  que  soit  d’acoustumancc . 
Avecques  ce,  c’est  chose  voire, 

Je  prens  volentiers  d’un  prevoire, 

Car  ilz  le  gaignent  en  chantant; 

Nous  le  despendons  en  riant. 

25495  Me  lairoie  noyer  en  Loire 

Pour  bien  desrober  ung  prevoire, 
Car  ilz  le  gaignent  en  chantant; 

Et  aussi  font  ces  Mendiant 
Et  trestous  ces  Religieux  (22  c) 

255oo  Qui  de  Dieu  se  dient  curieux. 

Aultres  gens  ne  voeulx  desrober, 

Fors  ces  deux  en  tous  tempz  lober, 
Les  gentilz  gens  et  gens  d’Eglise; 

La  est  toute  m’ententc  mise. 
z55o5  Trestous  estrangler  les  volroie, 

J  a  conscience  n’en  feroie, 

Et  pour  ce  especialment 
Que  nous  sçavons  certainement 
Qu’ilz  haient  trestous  laboureurs 
255 10  Et  bons  preudommes  et  gaigneurz, 

Et  les  apellent  leurs  vilains, 

Dont  Raison  les  en  prise  mains: 

Car  se  les  carniers  ne  estoient, 

A  vivre  n’a  vestir  n’aroient; 

235 1 5  Et  si  sont  toudis  d’eulx  laidis. 

Les  bons  guaigneurz  sont  les  brebis 
Qui  se  devestent  sans  mentir 
Pour  tous  leurs  maistres  revestir; 

Les  bons  gaigneurz  font  les  froumens, 
25520  Mais  ja  n’en  mâcheront  des  dens; 

Ilz  n’en  ont  que  les  escoussures, 

Et  des  bons  vins  les  aigoutures. 

Des  bonnes  laines  les  tissus, 

Toute  le  goûte  et  tout  le  miex 
255*25  Ont  les  gentilz  et  le  clergié, 

Dont  je  me  tiens  mal  apaié. 

Quant  tous  coulx  qui  bien  vont  cocullant, 
Ilz  n’en  ont  que  le  remanant. 

Pour  ce  amer  je  ne  les  puis: 
•a553oNon  font  ilz  moy,  certain  en  suis. 
Tous  cxillier  je  lez  voulroie, 

J  a  conscience  n’en  feroie. 

Et  pluscurs  fois  je  me  mehaigne, 
Quant  j'ay  fait  une  telle  gaigne; 

25535  Lycz  et  joyeulx  je  m'en  déporte, 

—  25478  Donc  manque  —  25495  Je  me  —  255o2 


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QUATRIEME  BRANCHE 


Ht  aulx  bons  compagnons  l’aporte  (m22d) 
Qui  ne  sccvent  de  jour  aller 
Fors  que  de  nuit  pour  desrober. 

De  jour  dorment,  de  nuit  labeurent. 

2 3340  Ht  par  ces  abbayes  coeurent, 

Par  tavernes,  par  ces  celliers, 

Par  ccs  chanbres,  par  ces  greniers. 

S'ilz  avoient  d’or  plain  grenier, 

L  endemain  n’en  scevent  denier; 
aSJqS  Plus  tost  sont  chault,  plus  tost  sont  Croit; 
Or  sont  larges,  orsont  estroit; 

Or  ont  vestu  la  robe  grise, 

Et  Lendemain  sont  en  chemise: 

Plus  tost  ont  sus  ung  toit  monté, 
2555oOu  par  dessus  ung  soeul  boute 

Que  n’ariez  dit:  «  Dieu  y  ait  part!  0 
Oncquez  licorne  ne  lupart 
Ne  pot  tant  que  les  pot  sieuir, 

Ne  rataindre  ne  consieuir; 

25555  Et  quant  ce  vient  aulx  coupz  donner, 
Vous  orriez  bien  ces  poingz  sonner 
Corn  fcvre  qui  sur  roc  fiert. 

La  gaigne  a  telle  gent  affiert, 

Non  mvc  a  nobles  n’a  lettrez 
255ôo  Qu’orez  fussent  ilz  tous  atrctz, 

Car  vin  ne  buvons  qu’a  chopines, 

Et  icilz  les  boivent  a  tincs; 

Autant  comme  ung  tonncl  engoulle 
Chascun  en  sa  gorge  en  engoulle. 

255G5  Tclz  compagnons  doit  on  amer  ; 

Mais  on  doit  clerc  jetter  en  mer. 

Et  si  suis  de  tel  parenté 
Qui  oncquez  n’ama  loiaulté. 

T  ant  ay  de  mes  apartenans 
25570  Que  ung  chascun  est  mes  tenans. 
Chascun  me  sieut  et  tost  et  tart  ; 
Chascun  voeult  jouer  de  mon  art: 
Chascun  en  oeuvre  a  son  pooir,  [23  J) 

Et  le  moisne  gris  et  le  noir, 

255y5  Le  curé  et  le  chapelain 

Sont  tous  confitz  en  mon  pelain, 

Et  tout  prélat  et  tout  sieuant  ; 

Je  n’en  vov  nesun  deffuiant. 

m 

Tous  Jacopin,  tout  Cordelier 
2558o  Trayent  trestous  a  mon  colier, 

Et  tous  vilains,  et  tous  gentilz 
Sont  tous  a  mon  art  ententifs; 

Meismes  les  enfans  de  sept  ans 
N’y  cuident  ja  venir  a  temps. 

25585  Tous  lignages  vont  défaillant, 

Mais  le  mien  va  toudis  saillant. 


33 

S’il  en  moeurt  ung,  il  en  vient  deus  ; 
Je  n’ay  mais  garde  d’estre  seulx. 
Regnart  suis,  et  toudis  seray, 

25590  Ne  jamais  aultre  non  n’aray. 

Mes  parens  sont  de  tel  ordon, 

Nul  ne  porroit  amer  cordon, 

Car  ja  pour  gibet  que  ilz  voyent, 

Point  de  mon  art  ne  se  desvoient. 
25595  Pensez  vous  pour  ce  s’on  en  pent 
Qu’il  y  ait  nul  qui  s’en  repent  ? 

Ne  sont  fors  mes  parens  chétifs 
Qui  envers  moy  viennent  fuitifs 
Que  ung  petit  de  mon  art  tiennent 
2  5000  Et  a  garant  a  moy  en  viennent, 

Quant  ilz  ont  le  leur  despendu. 

Lors  ne  m’en  chault,  s’ilz  sont  pendu, 
Car  qui  tout  droit  mon  art  tendra 
Vilment  le  sien  ne  despendra, 

256o5  Ains  s’en  dessesira  envis, 

Si  comme  a  fait  Pierre  Remis, 

Qui  n’a  pas  le  sien  despendu, 
Combien  qu’il  ait  esté  pendu. 

Maint  perdent  le  leur  par  trois  cas, 

2  56  i  o  Dont  pu  is  se  clay  ment  chétifs  las  :  (  2 3  b) 
Les  ungs  par  trop  femmes  amer, 

Qui  ne  désirent  que  donner  ; 

Et  les  aultres  par  gloutonnic, 

Dont  maint  en  ont  perdu  la  vie; 

*i5ôi5  Et  le  ticrch  est  par  jeu  de  dez; 

C’est  des  trois  le  plus  grant  vicultez. 
Bien  doit  au  coeur  mcschief  avoir 
Qui  aulx  dez  pert  tout  son  avoir; 

Nulz  homs  n’en  doit  avoir  pitié, 

2 5t‘»2o  Ne  faire  a  lui  nulle  amistié, 

Car  il  est  lerrcs  tout  appert 
Et  cil  qui  gaigne,  et  cil  qui  pert  : 

S’il  pert,  lerrcs  est  il,  pour  voir, 

Qui  desiroit  l’autrui  avoir; 

256a5  Cellui  qui  gaigne  s’en  déporte. 

Mais  tout  malvaisement  l’emporte  : 

Ja  bon  prestre  ne  l’absouldra 
Tant  que  cellui  argent  tendra. 

Certes  cil  reva  monlt  vilment 
25ü3oQui  le  pert  gloutonneusement, 

C’est  ung  pcchié  néant  pitoiable 
Qui  est  a  Dieu  monlt  despitable. 
Adont  quant  n’ont  mais  que  despendre, 
Lors  quierent  de  mon  artaprendre; 
25635  A  tart  se  mettent  au  collier, 

N’en  poeuent  estre  bon  escolier. 

Tous  ceulx  hez  qui  perdent  le  leur, 


2  5588  gens  —  îSGaa  Et  manque. 
Tome  II. 


-1 


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34 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Leur  sens,  leur  los  et  leur  honneur, 
Par  telle  malheur  en  sa  vie, 

25640  Luxure,  dez  et  gloutonnie. 

Quant  ilz  sont  tous  desconfortés. 
Lors  sont  de  mon  art  ennortés, 

Mais  a  tart  y  viennent  trop  tart. 
Atant  aprendent  de  Regnart 
25643  Mon  art  n’est  point  pour  povre  gent. 
Leur  estât  n’est  ne  bel  ne  gent; 

Ne  ilz  ne  s’ont  de  quoy  couvrir,  (2 3  c) 
Si  tost  qu’ilz  le  voeullent  ouvrir  ; 

Car  il  ne  sera  ja  creüs, 

2563o  Si  tost  qu’il  est  povre  sceüs. 

Se  j'estoye  juges  eslis, 

Pour  ungqu’on  pent,  j’en  pendroie  dis, 
Telz  vermine,  telz  mescheant, 

Qui  sont  tous  folz  et  malséant. 

23655  Foy  que  doy  l’ame  de  mon  pcre, 
Honte  me  font  et  vitupéré, 

Car  quant  sur  ces  charrettes  sont, 

Les  parolles  tantost  courront  : 

«  On  pent  par  le  col  les  meschans, 

2 5 660  Mais  ceulx  qui  les  trésors  bien  grans 
Emblent  pour  vray,  pendus  ne  sont.»» 
On  dit  voir,  mais  compte  n’en  font 
Ces  evesques,  ces  cardinaulx 
Et  ces  tresgrans  officïaulx 
25665  Qui  la  scevent  estudïer. 

De  ceulx  voit  on  trop  peu  iVer: 
Oncquez  n’en  vis  aulx  fourches  mis, 
Que  ung  qui  est  de  mes  amis, 

Par  Cucalon  est  entendu, 

23670  Qui  aulx  fourches  fust  estendu. 
Encores  se  orgoeul  n’eüst, 

Ja  par  mon  art  pendu  ne  feust. 

Qui  tresbien  mon  art  entendra, 

Ja  a  grant  orgoeul  ne  tendra  ; 

25675  C’est  ce  qui  dechëoir  me  fait. 

Oncquez  n’amay  lui  ne  son  fait. 

Vëez  vous  ces  tours,  ces  chateaulx, 
Ces  trenchiez  et  ces  crestiaulx  ? 

Iceulx  cy,  bien  dire  vous  voeul, 

2568o  Fondés  sont  de  moy  et  d’Orgoeul. 

Se  Raison  fust  a  trestous  lez, 

Oncques  chateau  ne  fust  fondez. 

Mais  yceulx  larroncheaulx  chétifs 
On  pent  pour  cincq  solz  ou  pour  dix,  [23 d) 
25685  Pour  vingt  solz,  pour  une  coroye. 
Jamais  amer  ne  les  porroyc, 

Car  ilz  gastent,  au  dire  voir, 


Ce  que  les  bons  deussent  avoir; 

Car  combien  que  ma  vie  tiennent, 
25690  Tous  povres  et  chétifs  deviennent. 

Or  y  a  aultres  larroncheaulx 
Qui  mengent  de  pires  morceaulx, 

Qui  ont  paour  que  celle  corde 
Par  my  le  col  si  ne  les  morde. 

25695  De  ceulx  ne  doit  nul  avoir  cure, 

Car  Dieu  guerrient  et  Nature, 

Et  quierent  ungs  divers  sentiers 
Que  on  appelle  estre  usuriers, 

Prestans  sur  gaiges,  sur  unzaines, 
25700  Termineur  de  blez  et  d'avaines. 

Et  plus  que  ce  ne  vault  le  vendent, 

Et  sur  les  biens  de  Dieu  emprendent. 
Cilz  monlt  plus  volentiers  emblaissent, 

Se  a  pendre  ne  se  lyassent. 

23703  Icilz  sont  trestous  les  greigneurs 
De  tous  larrons  et  les  pieurs; 

Traïttres  sont  a  enseïent, 

Et  mordent  la  gent  en  riant; 

Tous  les  plument,  mengent,  escorchent, 
25710  De  leurs  plumes  leurs  bouches  torchent  ; 
Cilz  sont  les  anglez  devourables 
Et  les  Anemis  amiables  ; 

Ce  sont  les  bouchiers  blandisseurs, 

De  toute  santé  espincheurs  ; 

25715  Ce  sont  tolleurs  de  toute  grâce 
Et  empescheurs  de  toute  trace, 
Tourblcurs  de  bonne  conscience, 

Qui  font  faillir  belle  jouvence, 

Cilz  qui  acourchissent  les  jours, 

23720  Gens  qui  amenassent  honnours, 

Qui  font  de  clarté  obscurté  (24*) 

Et  de  richesse  povreté, 

Et  si  refont  de  plenté  nient. 

Icilz  guerrient  a  enseïent 
25723  Naturelle  complecion 

Et  toute  bonne  intencion  ; 

Ilz  guerroient  Dieu  proprement, 

Aulx  bons  ostent  amendement; 

Hz  font  des  preudhomes  garchons, 

25730  Les  garchons  montent  es  archons. 

Cilz  sont  contraire  a  trestout  bien 
Et  n’ont  de  pitié  ne  que  chien, 

Serpens  poignans,  loupz  devourablez, 
Plains  de  faulx  samblant,peu pitablez; 
25735  Larrons  qui  les  larrons  desrobent 
Et  qui  des  preudhomes  se  lobent! 
Contre  moy  vont,  contre  mon  art; 

—  23714  espuicheurs  —  25723 


2563 1  jestoy  juge  —  25669  On  lit  dans  A  cucullum  —  23698  Quon 
néant  —  25724  ensciant. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


Ce  sont  ceulx  ou  le  diable  a  part. 

Je  les  laiz,  atant  m'en  tairay. 

25740  A  ceulx  de  mon  mestier  venray, 

Qui, combien  que  mon  art  ilz  tiennent, 
Chaitifz  et  povres  en  deviennent. 
Trop  est  cilz  sages  pourveüx 
Qui  de  ma  gent  n'est  decheüx, 

25745  Combien  que  ait  leu  Ewangillez, 

.  S'il  se  scet  garder  de  mes  guillez 
Et  de  mes  fais  et  de  mes  dis. 

Car  je  suis  dessoubz  tous  habiz, 

Et  qui  par  mon  art  est  monté 
25750  Envis  poeut  estre  en  sceureté. 

Je  meïsmes  qui  des  grans  suis, 

En  ung  estât  durer  ne  puis 
Que  mes  compagnons  ne  m’en  ostent 
Qui  par  mon  art  lés  mov  s'acostent. 
25755  Et  tant  conseillent  l’un  a  l’autre 
Que  du  lit  me  mettent  au  pautre, 

Et  qu’ilz  me  font  de  mon  droit  tort, 

Et  souvent  me  jugent  a  mort.  (24  b ; 
Et  se  je  puis  ja  revenir, 

25760  Je  mets  paine  aeulx  deffenir. 

Ainsi  régnons  et  régnerons; 

Jamais  aultre  propos  n’arons, 

Repos  n’est  en  nous  nulle  fois, 

Non  mie  charité,  ne  fois. 

25765  —  Regnart,tu  me  poeulx  trop  conter  : 
Je  ne  te  puis  plus  escoutcr; 

De  tes  pechiez  ce  est  la  somme. 

Il  te  convient  aller  a  Romme; 

A  l’Apostole  parleras, 

25770  Et  conseil  lui  demanderas.  » 

Quant  Regnart  voit  faire  l'estoeut, 
Escherpe  et  bourdon  prent,  si  moeut, 
Et  si  s’en  entre  en  son  chemin. 

Bien  resamble  bonpelerin; 

25775  Son  Psaultier  a  dire  commence 
Com  homs  de  bonne  conscience, 

De  devocion  et  de  sen, 

Et  usque  in  senectutem , 

Et  semini  aprez  nommé, 

25780  Deus  ne  derelinquas  me , 

Generacioni  omni , 

Que  ventura  est ,  puis  fini, 
Longuement  ala  psalmiant 
Et  Dieu  de  ses  pechiez  priant. 

25785  Lors  choisit  Bernard  l’Archeprestre 


35 

En  ung  fossé  les  chardons  paistre; 
Avecquez  Thimer  et  Fromont 
Le  pere  et  les  deux  filz  sont. 

Fromont  qui  en  hault  setenoit 
25790  A  choisi  Regnart  qui  venoit, 

Escharpe  au  col,  bourdon  de  fust, 
Faisant  semblant  que  preudoms  fust  ; 
La  teste  lieve  et  requenna. 

Bernard  et  Thimer  se  seigna,  [24  c ) 

25795  Et  dit  :  «  Foy  que  je  doy  m'oreille. 

Tu  poeulx  cy  véoir  grant  merveille, 
Le  plus  grant  que  onequez  fu  ditte, 
Quant  je  voy  cy  Regnart  hermite. 

—  Foy  que  je  doy  moy,  »  dit  Fromont, 
25Soo  «  Je  n’en  creray  homme  du  mont  : 

Le  corpz  poeult  bien  habit  porter, 

Et  sa  malvaistié  demourer. 

Aucune  chose  nous  dira, 

Et  si  sçarons  ou  il  ira.  » 

258o5  Regnart  qui  sanbloit  bien  preudom, 

Ot  une  escharpe  et  ung  bourdon; 

Bien  a  en  lui  advisement 
Qu'ilz  tiennent  de  lui  parlement. 

Dont  s’approchent  son  chapeau  trait  ; 
258ioTout  coiement  dit  et  atrait  : 

«  Dieu  gart,  »  dist  il,  «  tous  mes  seigneurz 
Et  devant  tous  mes  bienfaitteurs! 

En  bien  tiengne  tous  mes  amisl 
Vers  moy  amende  mes  anemisî 
-2 5 8 1 5  Tous  ceulx  garde  de  mescheance 
Qui  en  Dieu  ont  leur  esperance 
Et  dessus  tous  prestre  Fromont, 

Qui  scet  bien  le  val  et  le  mont, 

Qui  bien  scet  porter  le  buillon 
25820  Et  bien  scet  que  est  aguillon! 

Myeulx  scet  a  charue  tirer  (24  d) 
Que  belles  dames  remirer 
Et  mieulx  ayme  avaine  a  mengier 
Que  il  ne  fait  florins  changier; 

258z5  Et  l’Archevesque  dampt  Thimer, 

Qui  scet  si  bien  des  dens  limer, 

Quant  on  lui  charge  bien  le  dos 
Et  d’un  baston  il  a  deux  cops, 

Lors  scet  myeulx  du  molin  la  voye 
2?83o  Qu’il  ne  scet  faire  las  de  soye. 

Et  dampt  Bernard  ne  hay  je  mie, 

Foy  que  je  doy  Hersent,  m'amie, 

Qui  mieulx  scet  les  chardons  mengier 
Que  les  espreviers  affaitier, 


25748  amis ~  corrigé  d'après  A  —  25765  On  lit  en  rubrique  :  L’Ermite  —  25778  sencctem;  Eccli. 
xlvi,  11  —  25779  Esal.  xvn,  5i  —  25780  Psal.  xxxvu,  22  —  25781-25782  Psal.  lxx,  18—  25787 
et  partout  dans  la  suite  chiiner  —  25826  les  dens  corrigé  d'après  A. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


36 

2  3835  Et  qui  miculx  scet  fraser  avoine 
Qu'il  ne  scet  faire  frocq  a  moisne. 

—  Et  Dieu  gard  Regnart  le  Goupy, 

Qui  semble  qu'ait  son  art  guerpy, 

Et  plus  scet  de  praticien 
25840  Qu'il  ne  fait  de  logicien. 

Qui  myeulx  es  gardins  scet  muchicr 
Que  Ewangilles  prononchier!  » 

Se  lui  a  respondu  Bernards  : 

«  Dont  venez  vous,  sire  Regnars? 
aSSqS  Ferez  vous  vendue  ne  don 

De  l'escherpe  ne  du  bourdon? 

Je  croy  que  pelerin  soyez, 

Mais  se  vendre  vous  le  volyez 
A  Constan  des  Nocs,mon  maistre,  (25  a) 
23S5oQui  mieulx  scet  mener  brebis  paistrc 
Qu'il  ne  scet  tenir  jugemens, 

Ne  cuidiez  pas  que  je  vous  mens  : 

Quant  tout  sera  payé  qu'on  doit. 

Sur  moy  a  Saint  Jacque  aler  doit 
25855  N’est  pas  au  tempz  qui  renouvelle. 

Mais  ne  poeult  trouver  une  selle, 

Car  tant  est  vieulx,  dolens  et  molz 
Qu’il  ne  poeult  chevauchier  a  dos. 

Une  cscherpe  a  fait  a  son  coste  ; 

25800  Se  lui  voilez  prester  le  vostre, 

Pour  ce  que  me  semble  plus  belle, 

Et  lui  querissiez  une  selle, 

La  plume  d'un  chapon  ariez  : 

Avec  ce,  son  amy  seriez. 

25865  Part  arez  au  pèlerinage. 

Or  m'en  respondez  comme  sage, 

Qu'il  me  semble  qu'il  ne  vous  griefve. 

Or  m'en  dites  parole  briefve.  » 

Après,  Fromont  dist  a  Regnart  : 

23870  «  Si  m'aVst  Dieu  et  saint  Lienart, 

Prestre  Bernard  honneur  vous  quiert 
De  chose  qui  ne  vous  afliert 
Et  que  honte  au  porter  avez! 

Ne  point  porter  ne  le  devez, 

*258/3  Chose  qui  vous  est  deshonneste. 

Ne  faites  point  du  porter  feste; 

Et  vous  en  délivrez  briefment, 

Car  vous  sçavez  certainement 
Que  tel  habit  ne  vous  sciet  mie 
*i388o  Selon  vo  nom  et  vostre  vie. 

Qui  ung  manteau  m'afuleroit, 

Ja  honneur  il  ne  me  feroit, 

Mais  toute  honte  j'y  aroie. 


Mais  se  ung  grant  collier  avoye 
25885  Et  selle  qui  dcspechié  fust 

Soubz  une  charctte  de  fust,  (2 5  b\ 
Qu'est  chose  qui  a  moyduiroit? 
Jamais  nulz  homs  mal  n'en  diroit. 
Pour  ce  que  ce  est  mon  ordon. 

25890 Tout  ainsi  escherpe  et  bourdon, 

Sire  Regnart,  ne  vous  affiert. 

Siques,  se  Bernard  le  requiert. 

Il  vous  requiert  vo  grant  honneur 
Qu’au  porter  avez  deshonneur.  « 
23895  Adonc  se  trait  Regnart  vers  lui  ; 
Sagement  et  brief  respondy  : 

«  Fromont,  or  ne  te  doit  desplaire. 

Cil  doit  trcsbien  sa  langue  taire 
D’aultrui  gaber  qui  est  gabés. 

25900  Comment  il  en  est,  bien  le  scez.  » 

Ce  dit  Fromont  :  «  Ne  vous  desplaize, 
Sy  n'ave  je  jamais  jour  d'aise 
De  mengier  avaine  a  foison. 

Ne  le  dis  pas  pour  mcsproison  : 

25905  Et  se  vous  en  estes  courchiez 
Et  amende  vous  en  vouliez, 

Nous  sommes  prestz  de  l’amender. 
Mais  nous  vous  volons  demander 
En  quel  part  aler  vous  devez, 

23910  Ne  quel  chemin  emprins  avez; 

Car  nous  vèons  bien,  pour  néant 
N'avez  pas  prins  tel  vestement; 

Car  quancqucz  ung  sage  homme  fait 
On  le  doit  tenir  pour  bien  fait. 

23915  Ung  sage  homme  sans  cause  n'oeuvre, 
Combien  qu'aux  gens  ne  le  descoeuvre; 
Mais  chascun  tost  n'apperchoit  mie 
Ses  oeuvres,  la  cause  et  la  vie.  » 

Lors  dist  Regnart  :  «  Vous  estes  troy 
2 3p2o  Et,  selon  l'estât  que  je  vov, 

Vous  devez  bien  estre  asseür 
Qu'ancien  estes  et  meür, 

Ne  délits  ne  fragilité  (25  c) 

Ou  se  sont  pluscurs  délité 
25925  Ne  vous  tenront  mais,  par  Raison, 

Le  temps  y  est  et  la  saison  ; 
Doresavant  devez  veïr, 

Et  y  devés  prendre  plaisir, 

Comment  venistes  et  pour  quov, 
23q3o  Qui  vous  fist,  qu'estes  et  de  quoy, 

La  ou  irez  quant  mort  serez, 

Quel  guercdon  de  vivre  arez. 


25835  auaine  —  25849  constan  de  face  corrigé  d'après  A ,  ou  sc  lit  le  nom  d'un  personnage  d'ailleurs 
connu  du  Roman  de  Rcnart  (IF,  3o,  49;  IX,  20}  —  25883  honte  i  aroie  —  23gu  que  pour  —  25916 
quau  —  25921  bien  suppléé  d'après  A. 


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QUATRIEME  BRANCHE 


Ne  sçav  se  il  vous  en  souvient, 

Mais  en  tel  lieu  aler  convient 
2  3935  Ou  ne  vivrez  naturelment, 

Mais  tout  esperituelment. 

Se  vostre  spéculante 
A  vescu  selon  vérité, 

Pour  vérité  vostre  esperit 
25940  Vivra  en  joye  et  en  délit. 

Mais  soit  que  Raison  le  tesmongne', 
Lors  vra  bien  vostre  besongne  ; 

Le  contraire  vous  mettera 
A  doeul  qui  toudis  mais  durra, 

25945  Car  se  Raison  ne  vous  pourmainc, 
Vous  n’estes  pas  issu  de  paine. 
Sçavoir  vous  devez,  se  voir  compte, 
Augustin  nous  dit  et  racompte 
Que  tresmal  eüreux  sont  cilz 
23950  Que  ce  qu’ilz  scevent  troeuvent  vilz 
Et  toudis  quicrent  chose  neufve; 

Pour  ce  le  dy  je  et  reproeuve. 

Vous  sçavez  bien  que  j’ay  dit  voir, 

Et  si  querez  nouvel  sçavoir. 

2  5955  Ce  que  sçavez  mettez  en  oeuvre, 

Et  ne  querez  ja  meilleur  oeuvre. 

Je  sçav  bien  que  de  moy  parliez, 
Quant  sy  tous  trois  tous  seulz  estiez. 
Le  docteur  qui  enparle  gent 
25960  De  la  nature  de  la  gent  (i»5  d) 

Dist  que  ilz  jugent  plus  sans  peur 
Des  aultrui  vices  que  des  leur. 

A  accord  suis  que  les  vous  dice  : 

Vous  jugiés  moy  et  mon  malice, 
23963  Mais  vous  ne  jugiez  pas  le  bien. 

Or  sçavez  vous  se  je  dis  bien. 

Itel  sens  est  fol  et  entulles, 

Et  de  ce  nous  raconte  Thulles, 

Et  dit  :  «  Sens  qui  est  sans  justice 
25970  Doit  mieulx  estre  appellés  malice 
Qu’il  ne  fait  science,  pour  voir. 

Se  voilez  user  de  sçavoir, 

Tenez  vous  de  fol ie  dire 

Qui  vostre  sens  fait  a  despire.  •» 

25975  Ung  aultre  poestes  en  dit  : 

«  Sens  fault  quant  mal  on  parle  ou  dit.  « 
Je  le  dy  affin,  c’est  la  somme, 

Qu’ilz  poeuent  estre  maint  preudomme 
Qui  mal  ont  erré  et  mesprins, 

25980  Et  puis  aprez  se  sont  reprins. 

Saint  Marcel  fu  monlt  redoubtés 
Comme  cil  qui  se  fu  boutés 


37 

En  toutes  dissolucions, 

Larccins  et  ochisions, 

23983  Et  agaitteur  de  chemins  fu. 

Monlt  fu  redoubté  et  cremu; 

Vers  Chatillon  fu  son  repaire. 

Maint  grant  mal  y  fist  et  fist  faire. 
Tant  qu’il  advint  qu’un  charetier 
23990  Venoit  charroiant  le  sentier 
De  Chatillon  tout  contreval 
Par  dessoubz  Pontiere  en  aval. 

Par  dessoulz  le  bois  de  Pontiere, 

Cil  charcton  acotez  yere; 

25995  Sa  roe  estoit  entré  en  terre. 

Ne  sceut  ou  conseil  aller  querre  ; 

Sa  charrette  n’en  pot  mener.  [26  à) 
Lors  print  grant  doeul  a  demener, 
Pleure  et  regrette  monlt  forment. 
26000  Tant  qu’il  estoit  en  ce  tourment, 

Si  vint  Marcel  en  la  vallée 
Pour  lui  aidier  a  grant  alée. 

Quant  cil  vit  que  ce  fu  Marcel, 

Si  recommença  doeul  nouvel. 

26003  Quant  Marcel  le  chareton  voit 
Qui  si  tresgrant  doleur  avoit, 

Monlt  grant  pitié  au  coeur  lui  prist, 
Et  tantost  en  plourant  lui  dist  : 

«  Ne  vous  desconfortez,  amis, 

26010  Et  ne  soyez  en  paour  mis, 

Car  vraiement  vous  aideray 
Et  du  mal  pas  vous  jetteray. 

Et  conduiray  a  sauveté 
De  bon  coeur  et  en  lovaulté, 

2601  3  Et  y  mettray  et  coeur  et  corps 
Affin  que  vous  soyez  tost  hors.  » 

Lors  Marcel  tost  et  vistement 
Jetta  jus  tout  son  vestement; 

A  la  roe  se  mist  au  bas. 

26020  Le  chareton  ne  le  crut  pas, 

Mais  pensa  :  «  Quant  t’arra  mis  hors, 
Il  t’ostera  vie  du  corps; 

Pour  ce  te  prent  a  toy  aidier.  »> 

Lors  voult  cil  s’espée  sacquier; 

26025  A  Marcel  par  derrière  en  vint 
Qui  de  coeur  ayeue  lui  tint 
En  charité  et  feaulment, 

Et,  pour  Dieu,  monlt  piteusement 
Tel  coup  le  fery  de  l’espée 
>6o3o  Que  la  teste  lui  a  coppée; 

Trestout  jus  du  bus  lui  dessoeuvre. 
Orvëez  que  c’est  de  bon  oeuvre! 


23936  eperituelcmcnt  —  23961  quilz  —  25994  ahostez  corrigé  d'apres  A  —  26011  je  vous  —  26022 
la  vie  —  26023  ce  se. 


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38 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Dieu  qui  est  vray  misericors 
Vit  bien  Marcel  qui  coeur  et  corpz  [26  b) 
26o35  Avoit  tourné  a  cest  labour 
Par  charité  et  par  amour 
Et  a  grant  pitié  sc  fust  mis; 

Lors  a  le  corpz  le  sien  chief  pris, 

Et  en  la  montaigne  est  monté. 

26040  Et  la  est  son  corps  honnouré, 

Et  la  fu  faite  sa  chappelle 
Que  chascun  Saint  Marcel  apelle. 

Pour  ce,  seigneurs, vous  voeul  touchier 
Que  on  ne  doit  nulluy  jugier; 

26045  Car  Dieu,  le  Pere  de  pitié, 

Fist  a  Marcel  ceste  amistié 
Qui  vault  que  chascun  congneiist 
Que  en  foy  mors  esté  ellst. 

C’est  grant  folie  vraiement 
26o5o  De  faire  d’aultrui  jugement, 

N'entremettre  ne  nous  devons 
De  chose  que  nous  ne  sçavons, 

N’a  nous  ne  doit  apartenir. 

Laissons  ent  a  Dieu  convenir; 

26o55  De  ce  n’est  mie  nos  offices, 

Mais  nous  est  compté  pour  malices. 
Laisons  jugier  le  Jugeour, 

Et  ayons  de  nous  grant  paour, 

Car  quant  chascun  bien  se  verra, 

26060  D'aultrui  jugier  ne  lui  chaulra, 

Car  tant  ara  de  lui  anuy, 

Ne  lui  souvenra  de  nulluy. 

Ne  soit  nul  jugié  pour  maniéré, 

Pour  contenance  qu’il  acquière  : 

26065  Maintz  sont  tenus  pour  orguilleux 

Qui  ont  les  coeurs  francs  et  piteux, 

Et  telz  sont  tenus  pour  pitables 
Qui  comme  loups  sont  devourables. 

Dont  il  advint,  n'a  pasgranment, 
26070  Se  mon  auctorité  ne  ment, 

Deux  freres  en  ung  lieu  estoient  (26  c) 
Qui  parsamblant  monlts’entr'amoient. 

Ly  ung  fut  chantre  d  une  eglise. 

Ou  quel  Dieu  ot  tant  grâce  mise 
26075  Que  si  tresgracïeuscment 
Et  si  mélodieusement 
Chantoit  et  avoit  bonne  voix 
Que  tous  les  jourz  et  toutefois 
Que  les  gens  chanter  le  sçavoient, 

26080  Tel  devocion  y  avoient, 

Et  si  s’i  porrent  déporter 
Com  se  Dieu  les  deust  emporter, 


Par  tout  venoient  les  sentiers; 

Tout  plain  en  estoit  le  monstiers. 

26083  Et  pour  ce  que  si  bien  chantoit, 
Volentiers  l’eglise  hantoit; 

Et  quant  plus  vëoit  gens  venir, 

Mieulx  voloit  son  chant  maintenir; 
Plus  vëoit  gens,  plus  lui  plaisoit, 

26090  Et  toudis  plus  se  deduisoit, 

Et  monlt  chantoit  devottement, 

Voiant  la  gent,  et  humblement. 

En  feste,  en  jeu  de  compagnie 
Ne  menoit  nulle  fois  sa  vie. 

26093  Chascun  le  jugoit  pour  saint  corpz; 
De  ce  croire  n’estoit  nulz  hors. 

Tous  a  lui  consseillier  aloient 
Et  tous  biens  de  lui  ilz  disoient. 

L'autre  freres  telz  motz  avoit: 

26100  Nul  par  samblant  pire  n'estoit. 

Sa  robe  il  avoit  bien  taillie, 

Coroye  de  perle  esmaillie, 

Chausses  ouvrées,  souliers ouvers 
Et  manteau  royé  de  travers, 

2Ôio5  Estroit  cousu,  estroittez  manchez, 

Cote  fronchie  endroit  les  hanchez, 

Tout  fronchie  endroit  la  soulliere, 

Or  fronchie  entour  la  gorgiere,  (26  d) 
Grant  becq  aulx  manches  et  grant  corne, 
261  io  Pour  nient  feusist  une  licorne, 

Estroit  estoit  comme  ung  gallois. 

11  ne  prisoit  honte  deux  poix. 

Chiens  et  oiseaulx  il  maintenoit, 

Toudis  avec  lui  les  menoit, 

261  iS  Chascun  jour  quatre  fois  pigniés, 
Espinchié  fu  et  aguinchiés. 

S'il  y  avoit  feste  ou  tournov, 

Dansses  ou  aucun  beau  desroy, 

Partout  il  les  aloit  quérir, 

26120  Et  partoutil  s'aloit  férir. 

A  brief,  de  tous  estoit  jugiers 
Que  d’enfer  estoit  parchonniers; 
Disoient  amont  et  aval 
Qu'en  lui  estoient  trestout  mal. 

2612?  Lors  advint  cil  chantre  morut, 

Dont  grant  renomméecourut. 

Ung  jour  festant  fu  mis  en  terre  ; 
Chascun  lui  ala  honneur  faire; 

Maintes  honneurs  illec  luy  firent 
26i3o  Et  maintz  beau  service  lui  dirent. 

Et  chascun  illec  souhaidoit 
Qu’il  fust  ou  lieu  ou  il  estoit. 


260^9  Et  manque  —  26099  freres  suppléé  d'après  A  —  2G10Î  taille  —  26110  néant. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


39 


Quant  asserisiez  furent  tuit, 

Ung  peu  aprez  vint  une  nuit 
261 35  Que  le  mort  a  son  frere  vint 
Et  telz  parolles  lui  maintint  : 
a  Frere,  ne  te  fault  esmayer, 

Com  ton  frere,  te  viengz  prier 
Que  nul  bien  ne  faces  pour  moy, 

26140  Car  dampné  suis,  et  bien  le  croy. 

Le  poeuple  te  tient  pour  malvais, 

Et  Dieu  scet  bien  comment  tu  fais. 

Toudis  as  la  haire  vestue 

Qui  la  char  te  derrompt  et  tue; 

26145  Le  sang  de  ta  char  fait  saillir,  (27  a) 
Trestous  les  jours  et  sans  faillir, 

Et  mets  en  tes  soulliers  gravelle 
Qui  t’angoisse  te  renouvelle, 

Tant  que  en  ist  le  sang  nouveaux. 
2Ôi5oTu  soeuffres  pour  Dieu  pluseurs  maux; 
Sur  pierre  gis  toute  la  nuit  : 

Illec,  pour  Dieu,  fais  ton  déduit. 

Et  chascun  distce  est  cointise 
Et  grant  folie  qui  t’atise! 

261 55  Dieu  voit  ton  fait,  ta  paine  toute. 

Pour  ce  le  te  dis,  or  escoute. 

Car  c’est  la  cause  qui  m'amaine  : 

Pour  moy,  bien  faire  n’ayez  paine, 

Car  dampné  suis  trestout  pour  vray. 
26160  Car  quant  au  siecle  je  regnay, 

Le  souverain  chantre  j’estoye, 

Mais  a  chanter  ne  me  metoye, 

Ne  pour  Dieu  loër  ne  pour  angle 
Fors  seulement  que  par  loenge, 

26165  Et  pour  tirer  a  moy  l’avoir, 

Et  pour  de9  gens  le  los  avoir. 

Ou  los  des  gens  m’estudioie, 

Nule  aultre  pensée  n’avoie; 

De  Dieu  point  il  ne  me  chaloit, 

26170  Fors  que  du  los  qui  me  menoit. 

Or  suis  de  mon  servir  payés, 

Car  en  enfer  suis  envoyés. 

Se  pour  moy  aucun  bien  faisoies, 

A  merveilles  me  greveroies. 

26175  Je  m’en  vois,  ne  t’en  puis  plus  dire, 

En  enfer  soufrir  mon  martire.  »> 

Fol  est  qui  aultrui  jugera, 

Car  mon  coeur  ne  sçarez  vous  ja. 

Tous  sommespecheurs, c’est  lasomme; 
2G180  Pour  ce  m’en  vois  tout  droit  aRomme. 

Et  se  vous  venir  y  vouliez 

Tous  trois,  que  sages  vous  ferez  (275) 

26137  ne  fault  —  26185  dist  belin  corrigé  d'après 
—  26211  soies  —  26213  poeuent. 

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Car  aussi  bien  enviellirez 
Au  venir  que  se  demourez.  » 

26185  Et  dist  Bernars  :  «  Je  n’yray  mye. 
Tost  porroie  perdre  la  vye. 

Bien  sçay  qu'Izengrin  le  sçaroit 
Lequel  tantost  mengié  m’aroit. 
J’ameroye  myeulx,  c’est  la  somme, 
26190  Qu'il  n’y  eust clerc  ne  prestreaRomme 
Seulement  de  lieue  et  demie, 

Que  ma  vie  fust  acourchie! 

—  Ne  t'esmaye  cha,  »  dit  Fromont, 
a  Car,  par  trestous  les  sains  qui  sont, 
26195  Je  avecques  toy  m’en  iray, 

Et  la  cause  je  t’en  diray. 

J’ay  ung  vilain  loncgs  tempz  servi 
Dont  je  me  suis  monlt  asservi. 

Je  ay  sa  charue  menée 
26200  Et  par  montaingne  et  par  vallée. 

Or  dit  que  je  suis  vieulx  et  lens 
Et  qu’a  moy  tenir  pert  son  temps. 

Au  nouveau  temps  me  doit  tuer, 

Et  ung  aultre  en  doit  acheter. 

26205  Sa  chevance  lui  ay  donnée, 

Or  mis  m’a  a  la  recullée 
Pour  ce  que  envieillir  me  voit  ; 
Jusqu’à  la  mort  mener  me  doit. 

Tant  a  qui  malvais  home  sert, 

26210  Son  temps  et  son  service  pert.  »> 

Dist  Regnart  :  «  N’en  soie  esbahis. 
Assez  en  a  en  cest  pays, 

Quant  ilz  ont  trait  quancquez  ilz  poeulent 
Des  bons,  plus  dechasser  les  voeullent, 
262 1 5  Quant  ilz  ont  usé  leur  jouvence 
En  bien  faire  et  en  esperance 
Que  il  leur  soit  gueredonné, 

Et  toudis  se  sont  bien  pené. 

Et  le  temps  qui  trestous  jours  tourne  (2  7c) 
26220  Et  qui  nulle  fois  ne  retourne, 

Qui,  en  dormant  et  en  viellant, 
Amaine  viellesse  saillant, 

Les  a  sousprins  et  mis  en  garde, 

Dont  ilz  ne  se  donnoient  garde; 
26225  Ad  ce  n’ont  pas  bien  esgardé. 

Lors  sont  cachié  et  débouté 
Sans  estre  de  riens  pourveü, 

Et  cilz  sont  tresbien  decheü. 

Mais  ceulx  qui  sont  bien  aguisés, 
26230  Qui  de  mon  art  sont  advisés, 

Ja  pour  aultrui  ne  feront  trait 
Qu’ilz  ne  pensent  a  leur  atrait. 

—  26189  ce  est  —  26190  Qui  ny  —  26202  sert 


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40 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Toudis  pensent  :  «  Cecy  faulra; 
Ailleurs  saillir  te  conviendra.  » 

26235  Peu  a  peu  font  leur  pourveance, 

F.t  se  gardent  de  dcchevance. 

Car  qui  de  loings  est  pourveüs. 

Envis  sera  ja  decheüs. 

Mais  tu  n'as  ainsi  mie  fait: 

26240  Or  vois  tu  clerement  ton  fait, 

Quant  il  n’est  pas  temps  du  vëoir, 

Qui  est  passé  du  pourvëoir. 

Or  preng  tout  ce  qu*il  en  poeut  csire, 
Laisse  du  tout  ce  malvais  maistre 
26245  Qui  ne  fait  mie  son  devoir 
Etespoire  d’un  aultre  avoir. 

A  ung  autel  ne  poeulx  faillir, 

Et  si  porroies  mieulx  saillir; 

Ave  espérance  seulement, 

26220  Dieu  pourverra  au  remanant, 

Et  certes  je  t’v  aideray 
En  tous  estas  ou  je  seray. 

Au  moins  as  tu  cest  avantage 
Que  tu  es  ja  de  ton  fait  sage, 

26225  Et  scez  que  tu  es  asservi. 

Et  que  tu  as  pour  nient  servi  ;  (27  d) 
Cest  point  n’est  mye  trop  courtois. 
Or  t’avise  myeulx  aultre  fois. 

Alons  nous  ent,  Dieu  y  ait  part!  » 
26260  Atant  s’achemina  Regnart. 

Adonc  dampt  Regnart  et  Fromont 
Le  chemin  vers  Romme  s'en  vont: 

De  leurs  affaires  ont  compté. 

N’orent  mye  monlt  loingz  esté, 

26265  Troeuvent  Belin  qui  reposoit. 

Tant  ot  luitié  que  las  estoit; 

Mais  pour  ce  son  coeur  ne  mua. 
Tost  les  pèlerins  salua, 

Et  dist  :  «  Ou  devez  vous  aller 
26270  Qui  si  avez  fait  enmalcr  ? 

—  A  Romme,  »  dist  Regnart, ««  sachiez. 
Pour  acquitier  de  nos  pechiez. 

Ung  bon  preudom  estre  soloyes. 

Et  se  tu  venir  y  voulloves, 

26275  Nous  demesriemes  bonne  vyc: 
Charité  arons  sans  cnvve.  *> 

Dit  Belin  :  «  Je  n’en  scav  que  dire; 
J'en  ay  souvent  au  coeur  grant  ire, 
Car  mon  maistre  a  a  ung  bouchier 
26280  Vendu  ma  char  pour  despechier, 

Et  de  ma  peau  houseaulx  fera 
Que  a  Saint  Jacques  portera. 


—  Belin,  soies  a  mon  accord.  (28  a) 

En  tout  tempz,  eslonge  ta  mort  ; 

26285  Combien  qu’il  conviengne  morir, 

TouttefTois  le  doit  on  fuvr. 

• 

Trop  tos  vendras  tu  a  la  mort. 

Se  cy  tu  demeures,  t’as  tort. 

Vieng  ung  aultre  maistre  servir, 

26290  Et  je  t’aiderav  a  quérir.  » 

Tant  ont  entr’eux  deux  sermonné 
Que  ilz  en  ont  Belin  mené. 

Oncquez  ne  firent  nul  arrest 
Tant  qu’ilz  furent  en  la  forest. 

26295  Adonc  ne  sot  Belin  que  faire; 

Quant  le  Loup  ot  huer  et  braire  : 

«  Escoute,  »  dist  il,  «  dampt  Fromont  ; 
Par  trestous  les  sains  de  cest  mond, 
J’oy  une  estanpie  en  ce  bois 
263oo  De  laquelle  n’ay  poins  degois; 

De  itelle  estampie  oVr 

Je  ne  m’en  puis  point  esjoyr.  » 

Lors  dist  Fromont  :  «  Sire  Belin, 

Se  jamais  je  boive  de  vin, 

263o5Tel  cuide  sa  vye  eslongier, 

Qui  fait  sa  mort  tost  aprochier, 

Ne  scet  ou  est  qui  souef  dort. 

Tant  qu’a  mov,  je  suis  a  acord 
Qu’arriéré  m’en  voeul  retourner. 
i63 10  J’aym  mieulx  ces  rocques  retourner 
Et  ma  charue  conjoVr 
Que  telles  viielles  oVr. 

Bien  vient  le  mondes  a  sa  fin, 

Quant  Asne  devient  pclerin 
203 1  5  Et  qu’a  Regnart  tient  compagnie. 
Oncquez  mais  nul  ne  vit  tel  vie; 

Ce  doivent  bien  nouvelles  estre.  » 

Et  dist  Belin  :  «  Fromont,  beau  maistre. 
Quant  oVstes  vous  lyre  l’art 
263*20  Que  Belin  doit  sieuir  Regnart?  [28  b) 
Je  m’en  tiens  pour  tous  escharnis. 

Je  vouldroye  estre  a  mes  brebis 
En  ma  naturel  nourechon. 

Ne  quiers  mais  lire  autre  lechon. 

26325  Qui  ne  sicut  sa  droite  nature, 

De  bonne  vie  mener  n’a  cure. 

Cilz  lit  assez  bonne  lechon 
Qui  maint  avec  sa  nourechon.  » 

Dist  dampt  Fromont  :  «  Je  m’y  acord.  *> 
2Ô33o  Lors  furent  trestous  deux  d’acord. 
Adonc  Regnart  les  conforta, 

D’aller  avant  les  enorta; 


26239  mie  ainsi —  26249  Aycs  —  26236  nennt —  26279  Car  ma  tique  —  263 1 3  monde. 


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j 


QUATRIÈME  BRANCHE 


Mais,  pour  enorter  ne  pour  dire, 

Pour  couroux,  pour  joye,  pour  rire, 
20335  Pour  couvenent,  ne  pour  orer 
Ne  les  poeut  faire  demourer 
Que  leurs  volentés  n’achevassent 
Et  que  ilz  ne  s’en  retournassent. 

Dist  Regnart  :  «  Je  retourneray 
26340  Puis  que  compagnie  n’aray. 

Mains  homs  si  s’est  achemine 
Qui  a  Romme  n’a  point  esté, 

Et  tel  y  a  esté  trois  fois 
Qu’oncquez  n’y  amenda  sa  foys. 

26345  A  mon  hostel  retourneray. 

Illec  de  mon  labeur  vivrav.  « 

• 

Regnart  a  son  hostel  repaire. 

Si  s’apensse  qu’il  porra  faire, 

De  quel  mestier  vivre  polra, 

2635o  Comment  ce  que  il  doit  solra: 

«Doncques  seroit  ad  ce  mestier 
Que  j’apresinse  aucun  mestier 
Dont  je  me  peüsse  chevir 
Que  loialment  peusse  tenir. 

26335  Se  changeur  estre  je  peüsse, 

Et  je  tant  de  deniers  ellsse 
Comme  il  appartient  ad  ce  faire,  (2S  c) 

Je  le  sccüssc  monlt  bien  faire. 

Mais  a  saulver  mintencion 
2636o  Selon  que  j’ay  fait  mencion, 

Qui  garder  y  voeult  par  mesure, 

Trestout  change,  si  est  usure. 

Nulz  homs  saulver  ne  s’i  pourroit, 

Qui  dire  vérité  volroit. 

26365  Je  prens  ung  florin,  vingt  solz  vaille, 

Et  je  deux  deniers  moins  en  baille; 

Ne  poeut  excuser  bonnement 
Qu’usure  ne  soit  vraiement. 

Tout  communément  vingt  solz  vault, 
26370  Et  se  moins  il  en  baille,  il  fault  ; 

Qui  moins  rent  que  il  ne  rechoit, 
Enscianment  il  se  déchoit. 

11  scct  les  vingt  solz  en  avra  ; 

Pour  quoy  les  deux  deniers  prenra? 
26375  Scianment  et  enscianment 

Les  deux  deniers  a  maisement, 

Et  qui  voeult,  ou  droit  escript  quiere; 

11  dit  en  quelconcque  maniéré: 

«  D  un  denier  plus  d'un  denier  prens  ; 
2Ô38o  Contre  Dieu  malement  enprens.  » 

Ainsi  dy  je  d’un  gros  tournois 

26363  volroit  corrigé  d'après  A  —  26426  quel  et  d. 


Et  de  trestous  aultres  harnois. 

Qui  en  baillent  moins  scianment 

Que  il  ne  vault  generalment, 

26385  Pour  ce  ne  m’v  puis  acorder; 

J’en  porroye  bien  mal  porter. 

Drapperie  est  une  grant  chose 

A  homme  qui  enprendre  l'ose. 

Ce  mestier  volentiers  fesisse, 

26390  Se  je  parfaitement  vesisse 

Qu’il  y  eust  preu  et  sauvement; 

Mais  je  ne  voy  mie  comment 

Leur  ame  et  leur  honneur  amassent, 

Se  ce  que  ilz  vendent  montrassent, (2#(f) 

263q5  Par  quoy  nul  ne  fust  decheüs, 

Sc  il  estoit  trop  malostrus. 

A  Dieu  ne  pot  oneques  seir 

Qu’on  vende  chose  sans  veïr  ; 

C’est  ung  faulx  barat  décevant, 

26400  Et  chascun  d’eulx  trait  ce  avant, 

Quant  aucun  dit  :  «  Je  ay  cy  doubte, 

Portons  au  jour,  je  n’y  voy  goûte.  » 

Dient  :  •  Es  halles  l’achetav, 

Oneques  au  jour  ne  le  portav 

26405  Ne  du  porter  n'en  fis  samblant  ; 

Achetés  le  pareillement.  » 

C’est  malvaise  excusacion 

Et  encor  pire  intencion. 

S’il  l’acheta  malvaisemcnt, 

26410  Voeult  il  maintenir  Ferrement  ? 

Et  ung  malvais  si  lui  vendi, 

Ht  il  a  acheter  tendi, 

Sçavoir  le  dois  sans  déporter  ; 

Et  quant  le  drap  a  fait  porter 

26415  Que  il  a  en  la  haie  pris, 

Pour  pourvéoir  chaté  et  pris, 

Lorsle  desployc  clerement, 

Voit  s’il  v  a  deflault  novent. 

#  • 

Et  la  faulte  verra  tout  cler, 

26420  Mais  ja  nevoulra  mot  sonner; 

Le  detrault  dedens  boutera 
Ne  ja  puis  ne  le  monstrera  ; 

Pignier  le  fait  et  puis  ployer, 

Et  puis  sur  la  pille  envoier. 

26423  Or  scet  il  bien  quel  est  en  coeur, 

Quel  est  dedens,  quel  estdetïoeur, 

Et  puis  le  met  dedens  sa  pile 
Par  jurer  le  vent  et  par  guile. 

S’il  se  sent  estre  dcchell, 

26430  De  ce  est  il  monlt  pourveü. 

J  a  conscience  n’en  fera  ;  (29  j! 


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42 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Tel  que  l’a  prins,  tel  le  vendra. 

Se  mal  Y  a  prins  ignoramment, 

Et  il  lejvent  enscianment, 

26435  Et  scet  scianment  qu’il  est  telz, 

S’il  le  vent,  c’est  pechié  mortelz. 

Se  il  l'a  prins  par  non  sçavoir. 

En  voeult  il  aultrui  dechevoir? 

Pareil  et  semblable  se  rent 
26440  A  cil  qui  le  faulx  denier  prent, 

Et  dist:  a  Quant  je  decheüs  suis, 

Ung  aultre  bien  dechevoir  puis.  » 

Lors  ce  qu’il  prent  comme  ignorant 
Vent  comme  advisé  et  sachant. 

26445  Ainsi  font  drappiers  quant  ilz  loyent 
Leur  estât  trestout  cleret  voyent  ; 
Ains^qu’on  ayt  aulnéet  ploiet, 

Y  sont  ilz  souvent  esmoyet. 

Toutes  reprinses  faulses  troeuvent, 
26450  A  leur  pooir,  dont  bien  les  coeuvrent. 

Ja  a  l’acheteur  ne  diront, 

Mais  le  contraire  au  voir  iront. 

Leur  signe  font  a  leur  volloir; 

Nul  n’y  poeut  congnoistre  le  voir. 

26455  On  verroit  plustot  en  la  mer 

Que  leur  signe  on  poeüst  esmer. 

Se  gaaing  loyaPdesirassent, 

Leur  saingtouta  ouvert  montrassent, 
Demandassent  gaaing  sur  voir  : 

26460  On  leur  donnast  de  bon  voloir. 

Tous  leurs  fais  sont  en  obscurté, 

Ne  ja  n’y  ara  tant  hurté, 

Ne  deprié,  ne  barguignié 
Que  cil  ne  s’en  parte  engignié. 

26465  Adonc  quant  chiez  lui  le  tenrra, 

De  chief  en  chief  bien  le  venrra 
Contre  le  jour,  contre  la  nuit, 

N’y  avra  joye  ne  déduit.  (2 9  b) 

A  brief  mots  loyaulté  n’y  a 
26470  Et  pour  ce  en  dis  :  «  Fya  !  fia  !  » 

Orfaverie  et  espichiers, 

Ce  sont  ores  deux  bons  mestiers. 

Mais  ly  orfevre  ne  m’est  preu, 

Car,  foy  que  je  doy  a  saint  Leu  ! 

26475  Ilz  sont  ores  trestous  hurtés 
A  faire  de  grans  obscurtés, 

En  saulder  et  en  aloyer  ; 

Cecv  ne  pocuent  ilz  noyer. 

D’aucuns  sont  qui  en  aloy  faingnent, 
26480  Et  puis  tout  a  leur  signe  seignent. 
Dyent:«Je  rechus  tel  pesant. 

Quittes  en  suis,  veez  ent  cy  tant. 

26447  aiilnect  —  26469  ny  ara  corrige  d'après  A. 

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Payez  la  paine  et  le  dechiet.» 

Et  a  chascun  pluseurs  fois  chiet 
26485  Que  ilz  leur  plaist  ymages  faire, 

Poissons,  oyseaulx,  bestes  pourtraire, 
Chasses,  ou  carolles,  ou  festes, 
Hommes,  femmes,  lyons  ou  bestes, 
Clochiers,  nacelles  eslevées, 

26490  Telz  oeuvres  sont  si  biffettées  : 

Tout  le  creux  de  sablon  emplissent, 

Et  puis  au  poix  tout  acomplissent, 
Demandent  paine  et  grant  dechiet 
Plus  assez  que  il  n’en  dechiet, 

26495  Car  bon  argent  ne  dechiet  point, 

S’il  est  qui  bien  le  mette  apoint. 

Le  poix  du  sablon  point  n’abattent, 

Ne  sauldure  d’estain  qu’ilz  battent. 

Et  quant  ces  gens  de  ville  viennent, 
265oo  Que  pluseurs  gens  pour  folz  s’i  tiennent, 
Et  marier  leur  fille  seulent, 

Louches,  aneaulx,  afichès  voeullent, 
Pour  fin  argent  tout  leur  vendront, 

Ce  que  aloy  assez  tendront, 

265o5  Et  si  scevent  tout  de  certain  (29  c) 
Qu’il  y  a  tiers  plonc  ou  estain. 

Et  quant  il  revient  aucun  jour 
Que  pour  vendre  sont  au  retour, 

Si  corn  defTault  revient  souvent 
265 10  (Tel  achettc  qui  tost  revent), 

Bien  scevent  dire  aulx  simplez  gens  : 

«  Amy,  ce  n’est  point  fin  argens  ; 

Assés  tient  aloy  et  matière  ; 

Sçaciez  de  certain,  se  fin  yere, 

265 1  5  Plus  en  douroie  la  moitié.  »> 

Lors  dit  cellui  par  amistié  : 

«  A  loyaulté  vous  ordonnés; 

Ce  que  il  vault,si  m’en  donnés.  » 

Lors  cilz  en  donne  la  moitié, 

26520  Et  dist  qu’il  lui  fait  courtoisie. 

Blanche  oeuvre  vendent  comme  fine, 
Et  Dieu  scet  s’il  y  a  rachine. 

Hanas  y  a  a  pietz  dorez 
Qui  sont  bien  beaulx  etesmailliez  ; 
26525  Les  pietz  sont  ouvrés  a  chateaulx, 
Pilliers  et  clochiers  et  boucheaulx  ; 
Tout  est  plain  dedens  de  sablon, 

Par  Dieu,  aussi  a  yl  du  pion, 

Et  aussi  a  en  ces  aneaulx, 

2653o  Combien  que  ilz  soient  monlt  beaulx; 
Chascun  mie  ne  s’i  congnoit. 

Pour  cem'acorde  en  mon  endroit 
Que  de  ce  mestier  point  nesoye, 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


43 


Car  m’ame  iroit  en  male  voye. 

26535  Espicerie  est  bon  mestier, 

Car  j’en  aroye  bon  mestier. 

Car  je  suis  froit  desoremais  ; 

Avril,  aoust,  jullet  et  mays, 

Pour  tout  le  chault  que  ilz  feront, 

26540  Ja  mes  menbres  n’eschauferont. 

Viellesse  monlt  bien  les  en  garde, 

Et  pour  ce  est  bondu  prendre  garde, (  zgd) 
Tostporroit  nature  alentir, 

Et  puis  par  ce  la  mort  sentir. 

26545  Pour  ce  est  bon  que  secours  me  ticngne 
Avant  que  deffaillance  viengne, 

Car  nulz  atant  lors  n’y  vendroit. 

Tant  sçay  je  bien  de  cest  endroit, 

Cil  gingenbre,  cil  laituaire 
2655o  Que  je  sçaroye  si  bien  faire, 

Et  fis  quant  j’estoie  enfanchon 
Si  bon  dyamargariton 
Qui  si  est  bon  et  confortans 
De  conplexion  en  tout  temps  ; 

26555  Especialment  a  gens  vieulx 

Est  il  monlt  bon  et  precïeulx, 

A  ceulx  cui  goûte  tient  es  rains, 

A  gens  foibles  et  froiz  et  vains; 

Il  leur  attrait  et  joye  et  force, 

26560  Nature  nourrist  et  enforce; 

Ou  ce  bon  dyacaparis 

Que  on  scet  bien  faire  a  Paris; 

Icil  descombre  les  conduis. 

Je  en  suis  du  faire  tout  duis  ; 

26563  Si  fait,  qui  le  voulroit  hanter. 

Et  clere  voix  et  bien  chanter; 

Il  desconbre  les  instrumens; 

N’est  homme  qui  dye  je  mens. 

Aultres  confors  pluseursil  fait, 

26570 S’il  est  apoint  etprins  et  fait. 

Cil  est  bon  aulx  religieux 
Qui  de  chanter  sont  curieux  ; 

Mais  a  cecy  mye  ne  ten, 

Mais  a  diacitonitem, 

26575  Qui  tant  est  bon  et  renommes 
Et  de  tous  sages  clercs  amés, 

Caril  est  bon,  quoy  qu’on  en  die. 

Ceulx  qui  lievent  de  maladie, 

Quant  ne  se  poeuent  soustenir  (3o  a) 
26580  N’a  mengier  ne  poeuent  venir, 

Ains  sont  pesantz,  matz,  solitaire, 

A  cilz  est  bon  cilz  lectuaire; 

Car  la  char  leur  fait  revenir, 


Qui  le  scet  bien  apoint  tenir, 

26585  Et  si  purge  melencolie; 

S’il  est  qui  le  voir  vous  en  die, 

Toute  nature  met  a  point, 

S’il  est  prins  et  donné  en  point 
Et  a  son  propos  bien  assis. 

26590  Et  electuarium  ducis 

Y  ay  je  doncques  resigné? 

Electuaire  Regine , 

Comment  m’en  porroye  je  tenir 
De  l’user  et  du  maintenir, 

26595  Et  en  celle  tresgrant  challeur 

Qui  ne  m’est  point  de  grant  valleur, 
Laquelle  décliner  j’entens 
La  conserve  faite  d’encens, 

De  roses  blanches  nettement 
26600  Cuittes  au  soleil  seulement, 

Dont  la  pâte  soit  faite  aflin 
Du  sucre  blanc  dur  rafectin, 

Ou  de  l’avoir  autant  je  l’aim 
En  l’eaue  froide  ou  bachin,  le  main 
26605  Deux  cuillierées  ou  trois  prendre. 

Las!  y  porray  je  ja  entendre 
Pour  anéantir  la  grant  challour 
Et  pour  bien  mettre  a  point  l’humour  ? 
Etse  du  violât  j’avoye, 

26610  Et  aultre  trois  jeen  mengoie, 

Et  de  l’eaue  froide  au  matin 
Trois  cuillierées  ou  bachin, 

Comment  qu’il  soit  abhominable, 

Non  mie  si  appetissable 
26615  Comme  est  la  conserve  de  rose, 

Ceste  chose,  bien  dire  l’ose,  b) 

Hellas!  com  bonne  me  seroit  ! 

Une  medicine  vaulroit, 

Voire  certes  tresbonne  cure 
26620  Sans  péril  et  sans  adventure, 

Sans  faire  le  foye  esmouvoir, 

Et  sans  faire  le  coeur  douloir, 

Et  sans  muer  complexion, 

Et  sans  troubler  l’intencion; 

26625  De  tous  les  us  d’apoticaire 

C’est  le  plus  profitable  a  faire, 

Ou  qui  matin  pour  la  challeur 
Pour  corrumpre  le  chaut  humeur 
Ou  chucre  nouvel  conservé, 
2663oTede,  nouvel  et  bien  ouvré 

Et  de  l’eaue  mise  au  bien  cuire 
Qui  est,  qui  s  i  sçaroit  déduire, 

Tout  la  journée  seur  seroit 


26537  qui  —  26558  fors  et  vains  corrigé  d'après  A  —  26604  la  main  —  2Ô6o3  cuilliercs  —  26608  et 
2663 1  bien  manque. 


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44 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Que  le  chault  mal  ne  lui  feroit. 

26635  Et  se  il  estoit  si  ose 

Que  ung  seul  voirre  de  rose 
Aprez  tout  son  disner  presist, 

Qui  seroit  qui  mal  en  desist, 

Foy  que  je  doy  sainte  Pechinc, 

26640  Ce  vaulroit  mveulx  que  medicine; 

Et  se  chascun  cecv  sçavoit 
Et  la  science  bien  avoit, 

Jamais  medicine  n’ycrt  prise, 

Ne  en  corps  de  preudomme  mise, 
26645  Dont  il  moeurt  ung  millier  en  Tan, 

Dont  pluseurs  gens  ont  monlt  d’ahan. 
Trop  croire  phisique  est  folie, 

Maint  en  l’an  en  perdent  la  vye  ; 

Pour  ung  que  phisicque  en  retourne, 
2665o  Je  croy  que  deux  elle  en  betourne  : 
Et  se  deuementse  gardaissent. 

Et  abstinence  acoustumessent, 

Et  trestout  a  leur  appétit  (3o  ci 

En  usaissent  ung  trespetit 
26655  Pour  reconforter  leur  nature, 

De  phisicque  ilz  n’eüssent  cure. 
Cristeres,  piles,  medicines 
En  mettent  mil  a  diciplines, 

Qui  encores  leur  temps  vesquissent, 
26660  Se  bonne  abstinence  presissent. 

Mais  tanto’st  qu’ont  ung  peu  mengié, 
Ung  peu  dormv  ou  trop  veillie, 

Ou  trop  beüt,  ou  trop  lassé, 

Ou  par  aucun  excez  cassé, 

26665  Par  leur  non  sens  ou  par  deflault, 
Tantost  le  fisicïcn  fault; 

Et  cilz  le  pou lz  lui  sentira, 

Et  tout  maintenant  lui  dira: 

«  Certes,  sire,  il  vous  fault  saignier, 
26670  Ou  en  herbes  vo  corps  baignier, 

Ou  medicine  vous  fault  faire, 

Ou  il  vous  fault  prendre  clistere. 

Trop  estes  plain,  a  dire  voir  ; 
Medicine  vous  fault  avoir, 

26675  Ou  il  vous  fault  la  noncion 
D’une  preparacion 
Qui  sera  monlt  bien  ordonnée, 

Qu’au  point  du  jour  vous  est  donnée; 
Deux  cuillierces  plus  y  ara 
26680  Qui  la  matière  esmouvera. 

Et  puis  arez  la  médecine 
Qui  tant  sera  et  bonne  et  fine: 

Dix  fois  ou  douze  a  chambre  irez, 


Et  puis  tantost  gary  serez.  *> 

26685  Et  cil  dira  qu’il  n’en  voeut  point - 

«  Si  ferez  tout  hardiement; 

J'en  ensairay  premièrement  : 

Une  femme  enchainte  l’aroit, 

26690  Ung  enfant  de  lait  en  buvroit.  » 

Lors  la  medicine  fera,  \3o  d\ 

Et  vers  le  soir  le  portera 

En  samblance  delui  secourre. 

Pilles  en  boittes  ou  en  pourre. 

26695  En  une  oublie  lui  dourra, 

Ou  a  boire  le  convenra, 

Ou  lui  fera  boire  séné. 

Or  est  il  trop  bien  asené; 

Dira:  «  La  porcion  est  bonne 

26700  D’interine  ou  de  cardamoine.  » 

Quant  beu  ara  celle  lecture, 

Se  bien  l’en  chiet,  c'est  adventure; 

Jamais  bon  appétit  n'ara, 

Ne  lëesse  ne  sentira. 

26705  Tant  qu’il  continurra  cet  oeuvre, 

De  toute  santé  se  descoeuvre, 

Puis  ara  eschaulfé  le  fove. 

*  * 

«  Et  vostre  ratte  se  desvovc 

0 

Qui  est  issue  de  sa  rive; 

26710  Boire  vous  convient  de  l’endive 
Jusques  le  fove  soit  revenus. 

Vous  vous  estes  mal  contenus 
Dès  l’autre  jour,  «  le  vous  dist  on: 

«  Or  fault  morelle  et  barbion 
26715  Pour  refroidier  vostre  costé 

Tant  que  le  chault  en  soit  osté. 
Maintenez  tel  boire  souvent, 

Ainsi  comje  vous  dis  devant, 

Fit  prenez  telle  confection 
26720  Dont  je  vous  av  fait  mencion. 

Mais  cil  qui  sans  cause  le  prent, 

Au  contraire  de  santé  tent, 

Car  toutes  choses,  che  sçavons, 

Ont  temps  par  mois  et  par  saisons. 
26725  Telle  chose  est  cest  an  nuisable, 

Qui  encor  sera  profitable 
Selon  la  constellacion 
Et  selon  la  complexion.  [3i  *2) 

Pour  ce  me  voeul  je  pourveïr 
26730  De  loing,  ains  que  doive  cheir, 

De  chauldes  sausses  et  confis 
Qui  au  corpz  me  feront  profis, 

Par  quoy  autant  je  puisse  vivre 


26666  sitiri  en  sault  —  26705  continura  —  26719  Et  manque  —  26724  On  —  26733  je  puisse  autant. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


Que  m  arne  je  voyc  a  delivre.  « 

26735  Mais  quant  bien  je  pense  au  certain, 

Pour  desloyal  ce  mestier  tain. 

Cause  y  a  et  bonne  raison, 

Et  si  croy  que  oncquez  nulz  hom 

Qui  a  volu  ce  mestier  faire 

26740  Que  on  appelle  apotiquaire, 

On  ne  vey  morir  riche  homme. 

Tous  meurent  povres,  c'est  la  somme. 

Car  c'est  escripture  divine: 

«  Qui  mal  acquiert,  tresmal  define.  » 

26745  Mais  se  loyalment  le  fesissent 

Et  bonne  conserve  mesissent, 

Si  com  ilz  dyent  a  la  gent, 

A  bon  droit  eussent  l’argent. 

Mais  ilz  treschangent  les  matières 

26750  De  bonnes  pieurs  et  moins  chieres  ; 

Plain  poing  d'herbe  ou  poing  vous  métra 

(Tout  une  maille  ne  vaulra), 

Dira,  se  Dieu  le  puist  amer: 

«  Cecv  vint  de  delà  la  mer: 

• 

26755  A  grant  coust  l'ay  envoyé  querre, 

Car  point  n'en  a  en  ceste  terre. 

Ccste  est  venue  d’Hermenie, 

Et  ceste  vint  de  Rommenie, 

Celle  d’Acrc,  celle  de  Nymes, 

26760  Ceste  aporte  de  Damas  fines 

Et  ceste  vint  de  Saint  Quentin.  » 

Et  trestout  crut  en  son  jardin! 

Pour  quérir  autre  paine  n'ont. 

Ainsi  decheus  les  gens  en  sont. 

26765  Prcnt  mclilot  et  camamile  ;  1 3t  b) 

Oncques  par  Gautier  ne  par  Mile 
Cestes  aportées  n'en  fuirent, 

Mais  aulx  champs  toutes  les  cocullirent, 
Et  ung  herbier  pour  ung  denier 
26770  Qu'aporta  tout  plain  ung  panier. 

Se  le  denier  ne  vocult  despendre. 

S'en  voit  aulx  champs  en  l’orge  prendre; 
Pour  ung  denier  plain  sacq  en  ot. 

Et  lors  l'appellent  melilot  ! 

26775  Melilot  sont  es  emmcrcles 

Et  camamiles,  telz  sont  elles. 

Tclz  cincq  cens  ou  mille  verront 
Qui  ung  seul  denier  ne  vaulront, 

Et  jureront  sans  nulle  faille 
26780 Qu’il  n'est  or  n 'argent  qui  le  vaille. 

Elles  ne  vallent  chou  ne  quoy. 

Et  tantost  vous  diray  pour  quoy. 
Achefcz  ung  povre  pourchcau, 


Une  viez  cotte,  une  vielz  peau, 

26785  Vielz  caperon  ou  vieses  chausses, 

Vielz  soulliers  ou  vieses  pars  faulses, 
Toute  riens  qu’acheter  volrez, 

Et  soit  si  vielz  que  vous  porrez. 
L’cndemain  en  vain  le  coeulliez, 
26790  Puis  que  revendre  le  vouliez  : 

Ou  quint  ou  quart  perdre  porez, 

Ou  espoir,  autant  en  arez. 

Se  nulz  ne  le  vocult  acheter, 

Bien  le  sçara  a  qui  donner, 

26795  Bon  fait  entendre  a  cest  afairc. 

Mais  faites  ung  beau  chirop  faire 
A  quel  espichier  que  volrez, 

De  nuit  faire  vous  le  verrez 
Par  phisicïens  monlt  soubtilz, 

26800  Et  bien  y  seront  ententis  : 

Perles,  saphirs  et  esmeraudes 
Froides  et  confortans  ou  chauldes,(JJ/c) 
Le  meilleur  que  faire  porront 
Dont  ilz  bien  vingt  livres  aront, 

268o5  Et  jureront  comme  enragié 

Que  ilz  en  font  trop  grant  marchié; 

A  nul  aultre  ne  le  douroient, 

Se  d  eux  tantz  avoir  en  dévoient. 
Trois  jours  aprez  portez  le  arrier  ; 
26810  Vous  n’en  arez  ung  seul  denier, 

Ung  seul  denier  i!z  n’en  dourront  ; 
Donnez  leur,  pas  ne  le  prendront. 
Chiez  ung  aultre  espichier  alliez 
Et  pour  ung  denier  lui  bailliez, 
26815  Riens  ne  dourra;  ailleurs  irez. 

Ne  fors  que  mocquic  n’en  serez. 
Pour  ce  est  des  denrréez  le  pire 
Que  vous  sçaehiés  nommer  ne  dire. 
Hz  jurent,  voir  est  le  contraire, 

26820  Ne  jurent  fors  pour  argent  traire. 

Qui  est  ce  qui  juge  ne  baille 
Puignic  d'herbe  dix  solz  vaille  .1 
Et  si  poeuent  estre  mortelz; 

Encor  se  elles  fussent  tclz, 

26823  Comme  ilz  dient,  remede  y  eust  ; 

Je  m'acord  que  on  lui  deust. 

Mais  quant  aucuns  phisicïens 
Ou  aucuns  des  praticiens 
Font  pour  malades  chirop  faire, 
2Ô83o  Et  pour  sa  garison  attraire, 

Le  derrain  mot  si  fenira. 

Tout  en  çucrc  le  confira, 

Ainsiques  l’escript  le  devise 


26735  bien  suppléé  d'après  À  —  2G819  et  corrigé  en  est  d'après  A. 


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46 


RENAfcT  LE  CONTREFAIT 


Que  tout  en  chucre  le  confise. 

26835  Mais  cil  lui  list  aultre  lechon  : 

Poudre  de  chucre  ou  de  casson. 

La  le  confiront,  c’est  leur  point, 

De  blancq  chucre  n’y  ara  point 
Qu’a  cestui  blanc  le  comptera,  {3 1  d) 
26840  Et  Dieu  scet  bien  qu’il  coustera. 

Mais  le  disme  de  chucre  blanc 
Avecques  encor  y  a  tant 
N’est  si  bonne  ne  de  valleur 
Et  tout  au  contraire  saveur. 

26845  Ainsi  destruisent  ilz  la  gent 

Et  mettent  a  mort  pour  argent. 

Itel  gaaing,  ce  est  la  somme, 

Si  n’est  bon  a  nulle  personne. 

Point  ne  voeul  leur  fait  maintenir, 
z685oCar  il  n’en  poeult  nul  bien  venir. 

De  la  peleterie,  quoy? 

Se  je  point  de  profit  y  voy, 
Jeydemourray  volentiers; 

Mais  que  ce  soit  loyaulx  sentiers, 
»6855  Comment  loyal  sentier  sera, 

Qui  est  cil  qui  le  jugera  ? 

Sur  trestoute  riens  congnoissant. 

Ce  est  le  plus  mescongnoissant  : 

On  n’y  voit  goûte  ne  qu’en  mer. 
26860  Ce  qu’on  cuide  meilleur  trouver. 

Plus  profitable  et  myeulx  charnue, 

Et  qui  soit  de  poil  myeulx  vestue, 
Celle  trouverez  desunée, 

De  paleteaux  enpaletée, 
z6865  Et  en  vaines  soradjoustées, 

Et  de  coustures  cousturées, 

De  croye  plaine  et  bien  pesant; 

A  peu  y  est  nul  cler  veant. 

Quant  de  Testai  l’emportera, 

26870  Le  meilleur  avoir  cuidera, 

Car  cellui  qui  Tara  monstre 
L’ara  si  tresbien  dorloté 
Et  monstre  le  plus  bel  devant. 

Et  qu’elle  est  bonne  a  tout  voyant, 
26875  Et  monstréesles  basses  tires, 

Laissié  aulx  espaules  les  pires.  (3 J  a) 
Or  le  met  jus,  et  le  reprent  ; 
Ettousjours  fait  il  serement  : 
Trestoudis  ment,  trestoudis  jure 
26880  Et  trestoudis  il  se  parjure. 

A  chascun  mot  il  jurera 
Et  toudis  se  parjurera. 

Tant  cousta  et  tant  a  cousté  : 


Elle  est  de  si  grande  bonté 
26885  A  la  pluye  toudis  sera 
Que  ja  ne  s’i  empirera; 

Toudis  sera  mole  tenue, 

Double  et  de  tresbon  poil  charnue  ; 
Ja  nul  jour  poil  il  n’en  cherra, 

26890  Ne  male  façon  ne  prenra; 

Quatre  robes  ilz  usera, 

Ne  ja  point  ne  s’en  defTera. 

A  chascun  mot  est  le  jurer, 

Et  trestoudis  le  parjurer  : 

26895  «  Veez  corn  est  blanche, com  ondoie  !  » 
Et  trestoute  est  plaine  de  croye! 
Chaperons  noirs  crespés  au  bas, 

A  cela  ne  faulrez  vous  pas, 

Et  se  les  aimez  mieulx  gesans, 

26900  De  ceulx  a  yl  assez  céans. 

Adonc  des  noirs  lui  monstrera, 

Monlt  beaulx,  si  com  lui  semblera, 
Qui  tout  seront  plains  d’oeu  lie  ou  doigt. 
Mais  monlt  bien  seront  mis  apoint  ; 
26905  N'y  fault  riens,  ce  lui  semblera. 

Mais  quant  a  son  hostel  sera, 

Lors  trouvera  dame  Mehault, 

L’un  visage  bas,  l’autre  hault  ; 

La  trouvera  places,  coustures, 

26910  Cuir  sans  poil,  rousses  placetures, 
Toute  plaine  de  fausseté. 

«  Et  Dieu,  et  il  a  tant  juré! 

Je  ne  cuidasse  pour  avoir  (3 2  b j 

Que  tant  jurast,  sans  dire  voir!  » 
26915  Or  voy  je  que  de  tous  mestiers 
Qui  plus  jurent  sont  peletiers. 

Ne  doit  chaloir  se  ilz  jurassent, 

Mais  que  point  ne  se  parjurassent, 
Car  homs  quivoeult  bien  Dieu  amer, 
26920  II  ne  se  doit  point  parjurer; 

Jurer  en  aultrui  dechcvant 
C’est  larechin,  je  vous  créant, 

Et  traïson,  maise  creance, 

De  la  foy  de  Dieu  despisance  ; 

26925  Ce  est  le  mestier  par  convent, 

Ou  se  parjure  plus  souvent. 

Et  des  taverniers  que  diray? 

Je  ne  sçay  que  je  en  feray. 

Je  y  tenroye  bien  mon  lieu, 

26930  Car  j’avme  bon  vin  et  bon  feu  ; 

Et  une  chose  si  m’en  tient, 

Car  qui  loialment  se  maintient 
Sans  tricheries  et  sans  tolst, 


2685 1  Et  de  -  26865  v.  adjoustccs  —  26867  bien  manque  —  26888  très  manque  —  26933  tricherie. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


47 


Il  feroit  de  la  livre  solzt. 

2Ôg35  De  trestous  mestiers,  c’est  le  pire, 

Qui  la  vérité  en  voeult  dire  ; 

De  nulz  preudhommes  n’est  amé, 

Sur  tous  aultres  est  diffamé. 

S’il  n’y  avoit  plus  que  cel  point, 
26940  Nul  preudoms  nel  doit  tenir  point, 
Car  c'est  hostel  de  gloutonnie, 

Plain  de  trestoute  ribaudie, 

Recept  de  larrons  et  houlliers, 

De  bougres,  de  faulx  monnoiers. 
26945  Quant  tous  malvais  voeullent  trichier, 
Es  tavernes  se  vont  muchier; 

Hostel  de  bourdes  et  vantance, 

Plain  de  male  perseverance; 

Ne  chault  l'hoste  qui  voit  ou  viengne, 
26<)5o  Mais  que  grant  despense  on  y  tiengne.( 3jc) 
Ce  est  l'hostel  a  ces  putains, 

A  gens  qui  ont  malvaisezmains  ; 

Ce  est  l’hostel  aulx  trayteurs 
Et  a  trestous  ces  malfaiteurs  ; 

26955  Puis  se  vont  bouter  en  taverne 
Et  la  le  deable  les  gouverne. 

Oncques  preudoms  ne  le  devint: 

S’il  est,  envis  bonne  fin  tint. 

Vieulx  tavernier  envis  verrez, 

26960  Et  s’aucuns  en  sont,  vous  orrez 
Qu’ilz  cherront  en  grant  maladie, 

En  grant  perte  ou  en  grant  folie, 

En  aucune  soubtiveté 
Qui  se  fine  en  chetiveté; 

26965  Et  cil  est  fol  qui  prent  moullier 
Fille  ou  femme  de  tavernier; 

Ja  bien  ne  l’en  venra  fors  maulx. 
Toudis  sent  le  mortier  les  aulx  ; 

Riens  tant  ne  fait  malvaise  femme 
26970  Comme  hanter  gens  de  diffame  ; 
Cl.ascun  jour  poeut  sur  lui  vëoir 
Gens  qui  trop  font  a  dechëoir  ; 
Putains  et  ribaus  servira 
Et  toudis  entour  eulx  ira, 

26975  Verra  leur  dissolucion, 

Orra  leur  male  intencion 
Tout  temps,  touteffois  et  toute  heure. 
Qui  avecquez  tés  gens  demeure, 
Cuidiez  vous  que  ne  l’en  souviengne 
26980  Et  que  de  leur  ordre  ne  tiengne? 

Ung  aultre  mestier  voeul  aquerre, 
C’est  estre  laboureur  de  terre  ; 

C’est  cellui  qu’on  doit  mieulx  prisier, 
Chier  tenir  et  moins  desprisier, 

26997  marchant  —  27009  Leurs  d. 


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26985  Car  ce  qu’il  a  Dieu  lui  envoyé  ; 

Pour  ce  est  droit  que  m’y  avoye. 

Petit  gaaing  et  petit  proffït  (32  d ) 
Y  a,  combien  que  il  proflit, 

Et  touteffois  ce  qu’on  y  prent 
26990  Est  gaignié  bien  et  lealment. 

Tous  hoirs  en  voy  trop  myeulx  seans 
Que  les  hoirs  a  ces  marcheans. 

De  cent  marcheans  n’en  est  ung, 

Tant  ait  bel  estât  ne  commun, 

26995  Que  jason  filz  puist  maintenir 
Ce  que  son  pere  vault  tenir. 

Tost  gaigne  ung  marcheant  cent  livres 
Et  en  brief  tempz  en  est  delivres. 
Comment  cuide  il  que  lui  ayeue 
27000  Chevance  ou  il  n’a  paine  elle? 

Fol  est  qui  dist  sien  grant  avoir 
Ou  peu  a  mis  paine  a  l’avoir, 

Ou  qui  croit  que  ja  scs  hoirs  ayent 
Combien  que  preu  et  sages  soient. 
27005  Poeult  estre  aultre  avoir  gaigneront, 
Mais  jacestui  n’espargneront. 
Marchans  se  vont  tous  assentir 
A  parjureret  a  mentir, 

Denrrées  fontpaindre,  biffer 
27010  Et  monlt  bien  les  scevent  parer; 

Mais  le  laboureur  ne  poeut  oindre 
Ne  sa  terre  biffer  ne  poindre; 

Il  ne  poeult  mettre  n’ordonner 
Fors  ce  que  Dieu  lui  voeut  donner; 
27015  Ne  vault  néant  ly  esprevier, 

Penser  ne  sortir  ne  veillier, 

Farder,  blasmer,  loër  ne  dire, 

Mentir,  desirer,  couroux,  ire, 

Car  aultre  chose  n’v  venra 

0 

27020  Fors  trestout  ce  que  Dieu  volra. 
Pour  ce  est  le  gaigneur  durable, 
Quant  il  est  a  Dieu  agréable. 

A  cel  labeur  Adam  tendi, 

Quant  de  Paradis  descendi  ;  (33  j) 

27025  Au  labourer  toudis  se  tint, 

Ce  est  dont  sa  vye  maintint. 

Dieu  a  labourer  l'envoya, 

Sa  vye  ainsi  lui  ottroya. 

Quant  Dieu  lui  donna  ceste  voye, 
2yo3o  Rayson  est  que  je  m’y  avoye.  » 

Adonc  Regnart  gaigneur  devint, 
Sacharue  soir  et  main  tint. 

Tous  matins  va  a  la  charue, 

Autre  part  il  ne  trait  ne  rue. 


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KEN ART  LE  CONTREFAIT 


48 

27035  A  petite  vye  se  tient, 

Le  main  va,  et  le  soir  revient. 

Tant  attendi  que  le  tempz  vint 
Que  a  messonner  lui  convint. 

Mats  fu  et  empalis  et  vains, 

27040  De  veillier  et  de  juner  tains 

Et  de  la  paine  qu’ot  emprinse, 
Laquelle  n'avoit  point  aprinse. 

Adont  vault  du  labour  sçavoir 
Quel- gaaing  il  y  pooit  avoir. 

270450e  tous  ses  coustemens  s'avise, 

Et  puis  fait  somme  de  la  mise  : 

«  Cent  solz  poeut  avoir  en  despens, 
Sy  com  je  voy  et  sçay  et  pens. 
Quatre  livres  l'issue  vault, 

2705c  Ce  sont  vingt  solzque,il  me  fault  (33b) 
Sans  ma  paine  et  sans  mon  hutin, 
Tart  couchicret  lever  matin, 

*  Mcschief  et  cuisenchon  de  coeur. 

Mal  couchier  et  mal  vivre  au  foeur 
27055  Et  ung  an  que  j’ay  trespassé, 

Ou  j’ay  plus  de  meschief  passé 
Que  je  n'ay  eu  vingt  ans  devant  ; 

De  tel  gaaing  ne  me  vois  loant. 

Au  moins  si  chaté  y  tenisse, 

27060  Combien  que  meschief  y  presisse, 
N’endeüsse  tel  doeul  avoir. 

Or  y  pers  corpz,  paine  et  avoir. 

A  mal  vivre  et  son  temps  gaster, 

Ad  ce  ne  se  doit  nulz  haster  ; 

•2706?  Ad  ce  ne  poeut  faillir  quetifs. 

Or  me  repens  que  je  le  fys. 

Or  n'en  poeuent  mais  tavcrnier, 

Lv  orfèvre,  ly  cspichicr 
Ettouscculx  qui  sieuent  gaaignage, 
27070  Car  nul  n'y  a  point  d'avantage, 

Mais  perte  et  paines  et  labour, 
Meschief  et  de  nuit  et  de  jour. 

Or  ne  me  poeut  il  mais  sembler 
Qu’il  soit  tel  vye  com  d’embler. 

27075  Chascun  vivra  tant  qu'il  polra, 

Or  face  Dieu  ce  qu'il  volra  ! 

Desor  me  tiengs  a  mon  mesticr; 
Aultre  chose  ne  m'a  mestier. 

Or  m'en  iray  aultre  oeuvre  faire, 
27080  Dont  je  sçaray  miculx  a  chief  traire  : 
Desor  querray  je  accoisons 
De  trouver  nvées  d'oisons 

4 

Qui  sont  nouveaux  au  mois  de  may; 
Mes  barbes  en  engrossera  y, 

27085  Et  pour  assoulagier  mon  fain, 

27063  A  manque  —  27071  paine. 


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Qui  me  fait  mon  coeur  mat  et  vain, 
G'iray  aventure  quérir,  (33  c) 

Se  je  me  devoie  morir. 

J'en  trouveray,  si  com  je  pense, 

27090  Car  ja  nulz  homs  a  vuide  pance 
Ne  sera  ne  jolis  ne  gays, 

Ne  se  mette  nulz  ez  agays 
Ainsique  Nature  le  voeult.  » 

Adoncques  s’apreste  et  s’esmoeut; 
27095  Ce  fu  en  may  que  prez  verdoient, 

Si  com  par  raison  faire  doient. 
Regnart  tout  cois,  le  col  baissié. 

S'en  est  entré  en  ungplaissié. 
Thiesselin  qui  est  ung  oiseau, 

27100  Et  son  surnom  est  ung  Corbeau, 

Ses  faons  bien  peüs  avoit 
En  ung  ny  qui  au  bois  estoit. 

Si  s'en  aloit  a  plain  trachier 
Pour  sa  viande  pourchassier. 

27105  Tout  ainsi  qu'il  aloit  voilant, 

Sia  choisi  Regnart  venant. 

Mat  de  fain,  tristes  et  pensifs. 

Lors  s’est  il  sur  ung  arbre  assis; 

A  lui  ung  bien  peu  parlera, 

271 10  Ce  qu'il  quiert  lui  demandera. 

Com  courtois  et  bien  enseigniés. 

Lui  a  dit  :  «  Regnart,  bien  vegniés! 
Vicngs  tu  donequez  en  cest  repaire 
Pour  a  moy  honte  et  anoy  faire? 

27 1 1  5  Ou  s'aucune  chose  m'aporte,  (33  J) 
Dv  moy  quel  vent  par  cy  te  porte, 

Car  onequez  mais  en  cest  pays, 

Dont  j'ay  esté  nez  et  nourris, 

Ne  te  vy  mais  ;  si  me  merveille 
27 1 20  Qui  a  cy  venir  te  consseille. 

Mais  voir  est  que  Regnart  et  Leu 
Cerchent  maint  paÿs  et  maint  lieu.  » 
Lors  respondy  Regnart  :  «  Amis, 

Tu  m'as  en  trois  questions  mis  ; 

27125  Se  je  viengey  pour  toy  grever. 

Et  quel  vent  me  voeult  amener, 

Et  se  aucune  riens  t’aporte. 

En  tous  ces  trois  poins  te  déporte  : 

Ne  viens  pas  cy  pour  toy  périr, 

27130  Et  si  y  vieng  pour  toy  quérir. 

Et  si  t'apport  salut  et  bien, 

Sique  tu  l'cntenderas  bien. 

Amis,  »  dist  Regnart  en  faignant, 

«  Tu  soies  or  le  bien  vegnant, 

27135  Com  cellui  que  j'ay  consiré 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


49 


Et  sur  tous  aulrres  désiré! 

Avant  jusqu’à  Romme  en  allaisse 

Que  le  tien  corps  je  ne  trouvasse, 

Pour  tov  merchïer  des  bienfais 

27140  Que  tu  m’as  par  maintelTois  fais. 

J’ay  ton  compains  long  temps  esté, 

Par  maint  iver,  par  maint  esté. 

Sy  t'ay  pluseurs  fois  mol  volut, 

Dont  je  ne  suis  pas  absolut; 

27145  De  ce  me  lieng  pourdecheü. 

Amis,  tu  m'as  ailleurs  veü 

En  bon  estât  et  en  tresgent; 

Ay  sieuy  toute  bonne  gent. 

Mais  ja  viellesse  et  repentance, 

27150  Qui  toudis  a  jonesse  tence, 

M’ont  decel  estât  tout  osté 

Et  m'ont  baillié  ung  autre  hoste  (.V^j) 

Froit,  lent,  vain,  mat  et  pareceux. 

Par  quoy  me  fault  demourer  seux, 

27155  Toutes  compagnies  guerpir 

Et  toute  jonesse  fuir. 

Pour  ce  ay  je  changié  mon  estre, 

Et  suis  devenu  ung  viel  prestrc. 

Et  cil  de  qui  suis  ordonné 

27 1  60  M'a  deux  commandemens  donné  ; 

Le  premier  :  «  Ne  sove  cessans 

D’alcr  par  tous  lieux  confessons, 

Sans  faire  reffus  ne  dangier.  » 

L'autre  est  par  raison  de  mengier, 

27  ko  Et  quant  je  suis  en  compagnie 

Ou  gens  sont  que  je  n’ayme  mye, 

Beneïchon  a  chascun  donne 

Et  trestoute  ire  leur  pardonne  ; 

Et  que  mercy  je  leur  requiere, 

27170  Ne  pensez  pas  qu’autre  gens  quicre. 

Je  t’ay  hanté,  pardon  te  quier, 

Et  avec  ce  je  te  requier, 

Combien  que  il  me  griefve  munit. 

Mais  conscience  me  semont 

2717?  De  ta  confession  oyr. 

De  ce  te  dois  monlt  esjoÿr, 

Et  tous  ceulx  qui  viennent  a  bien. 

Thiesselin,  advise  toy  bien  : 

Ung  sermon  te  reciterav 

27180  Par  qui  d'infer  te  jetterav 

Et  tous  ceulx  qui  vocullcnt  avoir 

Paradis  pour  guerpir  avoir.  » 

Dist  Thiesselin  :  «  Ne  dcscendrav; 

#  • 

Encor  ton  sermon  n'aprendray. 

27185  Autant  aras  autant  preschié 


Com  tu  as  par  chemin  pechié. 

Or  aray  je  conseil  du  croire 
Se  ta  parole  sera  voire  ; 

Et  si  congnois  certainement  (34  b) 
27190  Que  Regnart  en  pluseurz  lieux  tent. 
Mais  tant  te  dy  je,  et  le  detien 
Qu'envers  moy  ne  penses  que  bien, 

Et  a  celle  fin  le  te  dy. 

Cincq  corbellos  ay  en  ung  ny, 

27195  En  cel  bois;  je  t’avise  bien’ 

Que  tu  ne  leur  mefTaces  rien. 

Bien  le  te  raconte  et  devis, 

Et  si  le  te  dy  vis  a  vis, 

Et  entens  bien  et  si  escoute  : 

27200  Pendu  seras  sans  nulle  doubte, 

Se  tu  leur  fais  nulle  durté, 

Ne  cncombrier,  ne  obscurté. 

Tu  en  seras  de  tout  honnis 
Et  tout  ton  lignage  ternis.  » 

27205  Dist  Regnart  :  «Tu  me  charges  monlt, 
Foy  que  doy  le  Pere  du  mond. 

Quant  je  me  suis  bien  entendus, 

Pas  ne  voulroie  estre  pendus 
Pour  tout  l'avoir  Pierre  Remy. 

27210  Mais  or  entens,  mon  bon  amy, 

Ta  conffession  me  diras, 

Et  puis  le  mès  deviseras, 

Desquelz  choses  je  prenderay 
Et  desquelles  je  m’atenrray  ; 

27215  Mais  confTesse  toy  tout  premiers, 

Et  puis  feray  ce  que  requiers. 

—  Regnart,  ne  t'y  fault  point  penser. 
Je  ne  me  voeul  point  confesser, 

Ma  devocion  n’y  est  mie, 

27220  Pour  ce  qu’en  toy  point  ne  me  fie. 

—  Et  tout  a  dire  je  ne  quier, 

Mais  deux  choses  je  te  requier, 

Que  me  dies  ou  sont  et  quelz, 

Et  si  me  dis  ensengnes  telz 
27225  Que  les  congnoisse  proprement, 

Je  les  garderay  loialment;  [34  c ) 

Et  se  sur  ce  je  y  mesprens, 

Pour  mal  convenencheur  me  tiens, 
Car  toutes  choses  sont  communes; 
27230  Et  se  il  en  y  a  aucunes 

Qui  facent  bien  a  déporter, 

Par  raison  le  dois  enseignicr. 

Au  general  ne  congnoistroie 
Aucun  sengne,  se  n'en  avoic. 

27235  —  Scez  tu  comment  les  congnoistras  ? 

—  27175  ta  conscience  cor~ 


27149  ja  manque  —  27161  ja  ne  —  27164  r.  mengier  corrigé  d'après  A 
rigé  d'après  A  —  27232  doit  —  27234  sen. 

T.  H. 


4 


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fcENARt  LE  COXtREFM'T 


5o 

Les  plus  beaulx  que  tu  trouveras 
Sont  mes  oiseaulx  sans  nulle  faille; 
Telles  enseignes  je  t'en  baille.  » 

Dist  Regnart  ;  «  Bonne  enseigne  a  cy, 
27240  Et  je  te  prometz  et  afly, 

J'ameroye  myeulx  que  ma  femme 
Fust  trestoute  arse  en  une  flamme 
Que  feïsse  tel  mesproison; 

Me  feroies  mettre  en  prison  ! 

27245  Comment  !  pour  le  corps  saintGuilain 
Ja  sont  ilz  my  cousin  germain, 

Dès  donc  que  je  te  fis  hommage. 

Quant  tu  me  donnas  le  frommage, 

Dont  j’eüsse  esté  estranglé, 

27250  Se  tu  n*y  eusses  point  esté. 

Avecques  ce  ensengnez  ay 

Qui  sont  bonnes,  ce  sçay  de  vray. 

Car  les  plus  beaux  ce  sont  ly  tien  ; 

Ad  ce  le  congnoisteray  bien. 

27255  Car  a  plus  beaulx  n’atoucherav, 

Mais  les  plus  laiz  je  mengeray.  » 

L’un  se  part  de  l’autre  erranment, 
Regnart  va  et  quanquez  poeut  tent 
A  luy  vengier  de  son  meschief, 

27260  Dont  il  ne  pot  venir  a  chief. 

Tant  au  quérir  se  esprouva 
Que  le  nv  Thiesselin  trouva. 

Regnart  bien  les  oyseaulx  avise, (34  d) 
Mais  pour  ce  riens  ne  les  desprise. 

27265  Gros  cul  orent  et  grosses  testes  : 

«  Dieu,  u  dist  Regnart,  «  corn  putes  bestes  ! 
Ce  ne  sont  pas  ceulx  du  Corhel 
Qui  m'a  tant  dit  qu’il  sont  si  bel  ; 

Ce  sont  icy  dcables  d’enfer, 

27270  Car  ilz  sont  tous  plus  noirs  que  fer. 

De  ceulx  puis  je  tresbien  mengier 
Ht  sans  haÿne  et  sans  dangier.  » 

A  qui  qu'ilz  soient  ne  l’en  chault, 

Car  grant  faim  a  mengier  lui  fault, 

27275  Si  les  prent,  et  tous  les  menga, 
Aultremcnt  ne  les  laidenga. 

De  loings  Ta  Thiesselin  veü  ; 

Adoncques  ne  s’est  pas  teü  : 
a  Regnart,  ne  les  voeullez  touchier, 
27280  Ce  sont  ceulx  que  je  ay  tant  chier.  ü 
Dist  cil  :  A  tart  suis  laidengiez, 

C'est  quant  le  frommage  est  mengiez.  » 
Dont  s’est  Thiesselin  avant  trais, 

Et  tantost  vers  son  nv  s’est  trais. 


27285  Ses  oiseaulx  n’y  a  point  trouvés  ; 
Lors  s’escrie  :  «  Lerres  prouvés, 
Mengié  tu  les  as  traittrement  ! 

Ce  n’est  pas  ce  que  m’as  couvent.  » 
Dist  Regnart  :  «  Ne  t’ay  riens  promis, 
27290  Combien  que  dye  voir  envis. 

Dont  je  t’aye  de  riens  menty. 

Mais  s’a  voir  dire  as  tu  failly, 

A  toy  t’en  prens  et  bas  ta  coulpe. 

Car  endroit  moy  je  n’y  ay  coupe. 
27295  Si  t’en  dirav  cause  pour  quoy 

Tu  11’en  dois  nulz  blâmer  que  tov, 
Mais  que  tu  y  entendes  bien  : 

Deux  contraires  sont  mal  et  bien, 
Qu’ainsi  que  froit  contre  challeur, 
27300  Ansinc  biauté  contre  laideur, 

Beaultc  de  laideur  se  dechoivre,  {35 a) 
Fol  est  qui  ne  le  scet  perchoivre, 

Et  trop  peu  voit  qui  y  mesprent, 

Qui  ne  scet  bien  lequel  il  prent, 
273o5  Si  com  du  jour  contre  la  nuit. 
Thiesselin,  amy,  ne  t’anuit; 

Tous  les  plus  beaulx  m’avois  nommé. 
Ainsi  de  toy  yere  sommé, 

Et  se  je  t’ay  des  beaulx  promis, 
273ioDy  moy,  se  onequez  me  submis, 

Que  des  plus  laiz  je  ne  peüsse 
Mengier,  se  trouver  les  sceüsse 
Et  des  moiens  puis  je  mengier 
Sans  estre  point  en  ton  dangier; 

273*5  Et  se  tu  es  tresbien  scïens, 

Je  n’ay  mengié  beaulx  ne  moiens, 
Mais  les  plus  laiz,  a  dire  voir, 

Que  nul  oiseau  peusist  avoir. 

Se  tu  les  plus  laiz  dit  m’eUsses, 

27320  Encor  tes  oiseaulx  vifs  clisses. 

Je  t’ay  grevé  en  obeVr, 

Amer  m’en  dois  et  toy  haÿr; 

N’en  dois  fors  a  toy  demander. 

Garde  toi  bien,  au  commander, 

273*5  Quel  commandement  tu  feras, 

Ou  quel  ensengne  bailleras. 

Puis  court  terme  ung  marchant  estoit 
Qui  son  us  en  cendre  metoit. 

Quant  acheté  avoit  la  cendre, 

27330  Aulx  marchans  le  souloit  revendre. 
Tant  en  bailla  et  ça  et  la 
Que  toute  sa  cendre  y  ala  ; 

Cil  n’ot  argent  pour  acheter, 


27242  une  suppléé  d'api ès  A—  27244  Tu  me  — 27250  eusse  — 27272  Et  manque —  27292  tu  manque  — 
27300  Le  vers  est  suppléé  d'après  A  —  27314  point  estre  corrige  d'après  A  —  27^24  Bien  te  garde  au 
corrigé  d'après  A. 


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QUATRIEME  BRANCHE 


* 

DI 


N  il  n'en  trouva  pour  emprunter, 
27335  Ne  moeubles  chiez  lui  ne  savoit 
Fors  ung  cheval  que  il  avoit, 

Qui  monlt  estoit  fors  et  delivres, 

Dont  il  pooit  avoir  vingt  livres.  [35  b) 
Se  il  ses  vingt  livres  avoit, 

27340  Assez  cendre  avoit  en  pouoit, 

Assez  chevaulx  recouvrera; 

Pour  ce,  dit  l’argent  en  prenra. 

Son  varlet  hucha  promptement  : 

«  Tu  scez,  »  dist  il,  <*  bien  vraiement 
27343  Que  ung  cheval  que  nous  avons 
Vingt  livres  avoir  en  poons. 

Va  maintenant  ce  cheval  prendre, 

Et  sans  delay  le  metz  en  cendre. 
Quant  tu  Taras  en  cendre  mis. 

27350  Lors  seras  tu  bien  mes  amis.  » 

Le  serf  son  maistre  bien  auÿ, 

Mais  ce  qu’il  pensa  n’entendy, 

Mais  en  gros  la  parole  prist. 

Le  cheval  en  ung  bon  feu  mist; 

27355  Dont  Tardi  et  le  mist  en  cendre 
Sans  aultres  paroles  entendre. 

Son  maistres  en  fu  courouchié 
Et  contre  lui  monlt  hirechié. 

S’il  fist  au  maistre  son  voloir, 

27360  Pour  quov  s'en  doit  en  riens  doloir; 

Et  pour  ce  sont  ilz  pluseurs  folz 
Qui  ne  dient  que  demy  motz. 

Il  convient  bien  que  l'entendeur 
Soit  en  son  souverain  gloseur, 

27365  Aucune  fois  face  au  contraire 

Que  son  maistre  commande  afaire. 

Se  le  maistre  certainement 
Dist  a  son  varlet  proprement 
Qu'il  mesist  son  cheval  en  cendre, 
27370  En  quel  chose  poeut  il  mesprcndre? 
Se  tu  me  desis  des  oiseaulx 
Que  ne  touchasse  les  plus  beaulx. 

Et  je  ay  tous  les  pluslaiz  prins. 

N’a  Dieu  n'a  toy  n’en  ay  mesprins. 
27375 —  Hahayl  quel  bacheler  a  chv!  (JS  <*) 
Regnart,  aultre  chose  te  dv  ! 

Ainsi  n'en  partiras  tu  point. 

Nature  scet  de  point  en  point, 

Bien  scez  s’elle  est  douce  ou  amere, 
27380  Et  bien  le  scevent  pere  et  merc 
Qui  ont  cnfTans  et  nourreture. 

Puis  qu’ilz  sont  de  bonne  nature, 
Tous  sont  de  corps,  de  coeur,  de  vis 
A  naturel  amour  submis, 


273S5  Qu’il  leur  semble  certainement 
Que  leurs  faons  sont  proprement 
Plus  beaulx  que  nul  autre  faon. 
Combien  que  nel  die  Raison, 

Ja  Raison  crute  n’en  sera; 

27390  Voculle  ou  non,  ainsi  en  sera. 

Pour  ce  te  dy  je,  se  Nature 
Qui  trestous  faons  a  en  cure, 

Et  pere  et  mere  elle  retient, 

Si  com  les  communs  el  me  tient, 
27395  Par  lui  di  que  sont  ly  plus  bel, 

Ce  me  vient  de  fait  naturel. 

Nature  et  Amour  le  me  dit, 

Combien  que  Raison  contredit, 

Car  Raison  dit,  c’est  son  voloir, 

27400  Que  nul  ne  die  fors  que  voir. 

Doncquez  n’ay  je  de  riens  failli, 

Se  ay  a  Nature  obey; 

Nature  et  Amour  le  me  dit, 

Doncquez  n’ay  je  de  riens  mesdit. 
27405  Qui  se  maintient  naturelment, 

Tu  ne  dois  pas  dire  qu’il  ment. 

Mais  tu  qui  bien  les  congnoissoies, 
Ne  subgiet  au  cas  pas  n’estoies, 

A  moy  ne  temptés  n’csmeüs, 

27410  Les  as  tout  clerement  vells 

Et  congneüs,  a  mon  sanblant, 

Ce  n’estoient  pas  cheval  blanc,  1  JS  J) 
Ains  estoient  comme  j’estoye. 

Ha,  Regnart!  combien  que  t ‘ave 
27415  Bailliet  ensengnes  amiables, 

Que  point  ne  t’estoient  feablcs, 
Mengiés  les  as  enscianment; 

Tu  poeus  bien  sçavoir  se  je  ment. 

Tu  en  venrras  devant  le  roy, 

■27420  Et  la  trouveras  ton  arroy: 

Et  la  on  ne  brait  ne  ne  tenche, 

Droit  la  en  orras  la  sentence.  » 

Lors  le  Corbeau  s’en  va  voilant, 

Qui  au  coeur  avoit  dolcur  grant. 
27423  Et  Regnart  son  chemin  acoeult; 

Fain  ne  soif  n’a,  ny  ne  se  doeult. 

Sy  s’en  entra  en  une  arée 
Q*un  paysant  avoit  semée. 

Feste  fait  et  va  degoisant, 

27430  Et  en  sa  chansson  va  disant  : 

«  O  povreté  et  maladie, 

Je  prie  a  Dieu  qu'il  te  maudic  î 
Et  si  fay  toute  deffiance 
De  raison  et  de  conscience. 


27357  maistre  —  2739?  dit. 


;  V 


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RËNÀRÎ  LE  CONTREFAIT 


52 

27435  Tant  com  j’ay  conscience  eüe. 

Toute  meschance  m’est  venue. 

Ja  Dieu  ne  m’en  doint  ja  vouloir! 

Non  fera  il,  je  sçay  de  voir, 

Mais  de  trestous  bien  prederay 
27440  En  tous  les  lieux  ou  je  sçaray; 

Si  en  vivray  plus  liement, 

Voire  certes  plus  longuement.  » 

Ainsi  Regnart  se  deduisoit. 

Frobert,  qui  aulx  champs  se  gisoit 
27445  Tout  coiement  soubz  une  moute, 
Quancques  Regnart  dit  il  escoute. 
Dessoubz  la  mote  se  sëoit; 

Mais  Regnart  point  ne  le  vëoit, 

Car  tant  fu  petit  et  couvert,  (36  a) 
27450  Le  Gierillon  sire  Frobert, 

Que  Regnart  vôoir  ne  le  pot. 

Adonc  Frobert  si  hault  c’on  l’ot, 

Dist  :  «  Regnart,  qui  de  bien  n  as  cure, 
Ou  tu  te  mettras  a  mesure, 

27455  Ou  elle  se  mettra  en  toy  ; 

Et  elle  de  si  bonne  foy, 

Se  tu  t’y  metz,  tu  es  garis  ; 

S’elle  s’i  met,  tu  es  honnis.  » 

Tant  se  trait,  et  se  muche  et  boute. 
27460  Et  Regnart  oreille  et  escoute. 

Sur  une  mote  va  sëoir, 

Mais  nel  pot  nullement  vëoir. 

Riens  ne  voit,  car  il  fu  couvert, 

Mais  bien  congnut  ce  fu  Frobert. 
27465  Lors  dit  Regnart  :  «  Or  voy  merveillez, 
Champs  ont  yeulx,etbois  ont  oreillez.» 
Et  puis  pensa  en  son  corage 
Que  Frobert  est  courtois  et  sage, 

Au  sage  parler  sagement 
27470  Et  au  fol  nyche  nychement. 

Regnart  se  sist  dessus  la  mote; 

Au  Guerrillon  pense  et  escoute. 

Si  dist  :  «  Frobert,  point  ne  te  voy; 

Or  te  voeullez  monstrer  a  mov. 

* 

27475  De  tant  que  te  puis  aprochier, 

De  tant  puis  je  Dieu  tenir  chier, 

Car  il  me  fait  preudome  oyr, 

Combien  que  nel  puisse  veÿr. 

Ainsi  en  advint  au  quart  eage 
27480  A  Moyse  qui  fu  monlt  sage; 

Quant  a  Dieu  parla  mainteffois, 
Oncquez  n’en  rechut  que  la  voix. 

Et  ainsi  moins  prophètes  rirent; 

Sa  voix  rechurent,  mais  nel  virent. 


27485  Certes  grant  joye  avoir  dévoient 

Ceulx  qui  a  Dieu  ainsi  parloient,  (36  b  1 
Combien  qu’ilz  nel  veïssent  mie. 
Sceureté  avoient  de  leur  vye, 

Et  savoient  en  leur  memore 
27490  Qu’aprez  leur  vye  aroient  glore 
Et  vivroient  monlt  saintement. 

Or  en  ay  beau  commencement; 

Desor  me  tiens  bien  apaiez. 

Or  ne  seray  plus  esmaiez  : 

271 95  Quant  je  voy  cy  le  saint  prophète, 
Treshaulte  grâce  m’a  Dieu  faite  ; 

Point  ne  le  voy,  mais  l’ay  oV. 

Certes,  Frobert, tant  t'ay  sieuy 
Que  tous  les  pietz  perdus  en  ay. 
27500  Sept  ans  a  que  je  ne  finay 

De  toy  quérir  et  soir  et  main, 
N’oncques  puis  ne  mengié  de  pain. 

Ne  n’eux  la  haire  hors  du  dos  ; 

J'ay  puis  soufTert  maint  pesans  cops. 
27505  Or  t'ay  je,  Dieu  mercy,  trouvé, 

Tant  ay  Dieu  prié  et  rouvé. 

Dieu  le  fait  pour  longierma  vye; 

Mais  or  t’oy,  et  ne  te  voy  mye. 

Je  m'en  tiens  pour  tout  apaiez; 

27510  Aussi  Dieu  en  soit  graciés 
Com  Moyse  l’en  gracia. 

S’en  diray  Dco  gracia  ! 

Se  te  pooys  vir  a  delivre, 

Je  ne  querroie  ja  plus  vivre. 

2 7 5 1 5  Je  me  vouloye  conffesser, 

Car  de  tous  pechiés  voeul  cesser  ; 

Et  si  m’a  on  chargié  a  Romme 
Que  je  parle  au  plus  grant  preudommc 
Qu'en  ce  siecle  porray  trouver. 

27520  II  ne  convient  pas  ce  prouver 
Qu'au  meilleur  ne  soies  tenus 
Qui  par  tes  pietz  sc  soit  métis. 

Dieu,  comme  je  en  ay  grant  joye!  (Jtoc) 
Monlt  me  tarde  que  je  te  voye  ! 

27525  —  Regnart,  bien  te  conffesserav, 

Mais  ja  ne  t'y  approcheray; 

Ta  science  délaisseras. 

Mais  ja  pour  ce  moins  n’en  sçaras  ; 
Ton  nom  perdras,  quant  a  ouvrer, 
27530  Mais  bien  y  porras  recouvrer. 

—  Frobert,  com  ce  est  trop  bien  ditz; 
Beaulx  et  gracieux  sont  tes  ditz. 

Mais  parole  mal  entendue 
Est  de  monlt  petite  value. 


27454  metteras  —  27496  ma  huy—  27508  te  oy  —  275*8  grant  manque —  2753 1  On  lit  en  rubrique  : 
Regnart. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


53 


27535  Or  t’aproche  ung  peu  prez  de  moy, 

Et  je  m'aprocheray  de  toy. 

—  Regnart,  ce  ne  feray  je  mye, 

Car  tu  es  tout  plain  de  folie. 

De  Pierre  Alphons  si  me  souvient, 

27540  Le  philozophe  qui  maintient; 

Dist  :  «  Tous  ceulx  que  ne  congnois  mie, 
Eschieve  la  leur  compagnie, 

Et  se  y  es  par  adventures, 

Garde  trop  tu  ne  t’y  asseures. 

27545  S’ilz  ont  glaive,  tient  toy  a  destre, 

Et  s’ilz  ont  espée,  a  senestre. 

Regnart,  en  toy  ne  me  fierav; 

Par  my  le  souspechon  irav. 

—  Puisque  tu  ne  me  voeulx  bien  faire,  (Si  6  d\ 
27550  Ne  prez  de  moy  ne  te  voeulx  traire, 

Au  moins  te  prie  je  que  j’oye 
Aucun  bien  ;  si  iray  ma  voye  : 

Bon  dit  est  toudis  en  saison. 

—  Regnart,  te  sousmette  a  Raison  : 
27555  S’a  Raison  tu  te  voeulx  soubsmettre, 

Ne  poeulx  apprendre  meilleur  lettre; 

Et  se  Raison  voeulx  guerroier, 

Tu  en  acquerras  mal  loyer. 

Et  de  Senecque  te  souviengne 
27560  Qui  tant  de  bien  dit  et  ensengne. 

Il  dit,  ainsi  le  dit  la  lettre  : 

«*  Se  tu  voeulx  a  toy  tout  sousbmettre. 
Sousmet  toy  ainchois  a  Raison. 

Lors  n’aras  garde  de  prison, 

27565  Car  Raison  est  monlt  amiable 
Et  a  toutes  gens  agréable.  # 

Dont  Jhesus  Sirac  en  dit  voir, 

Qui  tant  fu  plain  de  grant  sçavoir  : 

«  Vyelle,  sartarion,  lais 
27570  Ne  nulz  instrumens  d’hommes  fais 
N’ont  point  si  mélodieux  son 
Que  langue  qui  maintient  Raison.  » 

Donc  je  te  loô  que  tu  l’oyes 
Et  que  sur  toute  riens  le  croies.  » 

27575  Dist  Regnart  :  «Certes  non  feray; 

Jamais  nul  jour  ne  Pameray, 

Car  se  je  croire  le  vouloye, 

Toute  ma  vye  guerpiroye 
La  fausse  vielle  deputaire, 

27580  Qui  nulle  fois  ne  se  voeut  taire; 

N’a  nulle  riens  je  ne  voeul  tendre 
Qu’elle  ne  me  viengne  reprendre. 

Moy  et  ma  gent  toudis  diffame  ;  (3~  a) 


Par  lui  acquier  mainte  diffame  : 

27585  Je  ne  puis  rien  dire  ne  faire 

Qu’en  tous  cas  ne  me  soit  contraire. 
S’elle  ne  fust,  bien  l’ose  dire, 

De  tout  le  monde  fusse  sire. 

Mais  elle  me  coeurt  sus  si  tost, 

27590  Quanqu’elle  poeult  elle  me  toit. 

Sy  fay  je  lui  certainement. 

Soit  par  derrier,  ou  par  devant. 

Elle  les  Templiers  amaty 
Et  par  son  fait  les  abaty, 

Qui  tant  de  richesses  avoient 
Et  qui  tant  bien  mon  art  sçavoient. 
Tant  l’amoient,  tant  l’orent  quis; 

Quis  l’avoient  par  tout  acquis. 
S’encores  cent  ans  vescu  eussent, 
27600  Et  toute  seignourie  fussent. 

Mais  pour  ce  qu’elle  les  hay, 

Jusqu'au  chëoir  lesenvay; 

Encor  double  je  qu’aussi  grans 
Qui  vont  trop  grans  fais  emprenans 
27605  Et  pour  lui  ne  voeullent  riens  faire, 
Ains  demeurent  tous  ses  contraire. 

Je  doubt  encor  tout  ne  perise 
Et  que  Raison  ne  les  pugnisse; 

Trop  fort  en  mon  art  s’estudient, 
27610  Tousjours  de  plus  en  plus  s’i  lient. 
Mais  Raison  bien  les  aperchoit  ; 
Combien  que  d’eulx  eslongié  soit, 

Si  les  voit  elle  de  bien  loings  ; 

Je  en  ai  auy  les  tesmoings. 

27615  Si  me  doubt  que  tost  sans  haster 
Ne  leur  coeure  sus  par  gaster, 

Car  ilz  sont  tous  mes  escolliers, 

Et  tirent  tous  a  mes  colliers. 

Amer  point  je  ne  les  solloye, 

27620  En  tresgrant  hayne  les  avoye. 

Or  se  sont  a  moy  acordé,  (3j  b) 
Car  de  moy  se  sont  débouté. 

Se  ceulx  perdoie,  par  saint  Riquier, 
Oultremer  m’iroye  muchier. 

27625  Or  se  vant’elle  bien  souvent 
Qu’Orgoeul  mettera  a  néant, 

Et  je  sçay  selon  l’Escripture 
Que  a  ce  faire  mettra  cure. 

Aussi  lui  ay  je,  tu  le  scez, 

27630  Despit  et  couroux  fait  assez  ; 

Encore  lui  feray  je  pis. 

Te  souvient  l'an  .iij°.  et  dix 


27537  On  Ut  en  rubrique  :  Frobp.rt  —  27343  aduenture  —  27344  asseure  —  27349  On  Ut  en 
rubrique  :  Ret.nart  —  27354  te  manque ;  on  Ut  en  rubrique  :  Frobert  —  27614  ai  manque  —  27622 
boute, 


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^4 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Qu’en  France,enBrieetenChampagne, 
En  Picardie,  en  Allemaigne, 

27C35  Pour  ce  qu’elle  ot  tant  la  foy  chier, 
Qu’elle  fist  pour  la  Croix  preschier 
Pour  aller  sur  les  Sarrasins? 

Ja  ne  m’ayde  ne  pain  ne  vins, 

Se  grant  et  petit  n’y  alloient  ; 

27(340  Tous  la  devocion  avoient, 

Tout  le  commun  la  croix  prenoit  ; 

Et  encores  on  leur  preschoit 
Que  ains  deux  ans  passer  porroient, 

Et  que  les  nefs  faites  estoient. 

27043  De  ce  fait  s’esjoyssoit  mont 

Pour  Raison  qui  les  y  semont; 

Mais  j’ay  trestout  fait  demourer, 

Mal  gré  Raison  et  son  orer. 

Iceste  demourée  fais; 

27650  Se  je  puis,  on  n’vra  jamais; 

Dont  Raison  est  bien  esperdue. 

Par  moy  rcfut  Acre  perdue, 

Ou  je  perdis  pluseurs  amis, 

L’an  mil  .ii j«.  iiij**.  .dix. 

27633  Acre  estoit  mont  bonne  cite. 

Si  com  pluseurs  m’ont  recite, 

Es  trespas  de  Jherusalem. 

Ung  bon  trespas  y  perdi  l'em;  1.V7  c' 
Perdre  le  fis  par  traVson, 

27060  Et  tout  ou  despit  de  Raison. 

Cité  de  Crestïens  estoit; 

Maint  bien  de  Dieu  on  y  disoit, 
Mainte  belle  messe  chantée 
Y  estoit  tout  aval  l’année. 

27663  Mal  s’i  prouvèrent  ly  Templier; 

Par  eulx  fu  le  grant  destourbier. 

Tout  pour  mal  de  Raison  le  fis, 

Qui  fu  l’an  mil  .iijc.  et  six. 

Raison,  qui  me  voeult  ennoier, 

27670  Les  Juifs  en  fist  envoier, 

Vendre  leurs  biens  et  leurs  maisons; 
Et  tout  ce  fist  faire  Raisons. 

Combien  que  les  Juifs  n’amoye, 

Mais  ung  bon  refuge  y  avoye, 

27675  Quant  aucun  mien  povres  amis 
Avoit  sur  aucun  se  main  mis 
Et  robe  et  surcot  prins  avoit. 

Le  refuge  sur  eulx  estoit, 

Et  de  l’argent  ilz  lui  bailloient  ; 

27680  Ainsi  my  povre  amy  vivoient. 

Et  furent  bien  banni  dix  ans, 

Et  je  par  pourchas  et  par  sens 


Les  refis  trestous  revenir, 

Plus  grant  estât  qu’avant  tenir. 

27685  Mais  en  l’an  mil  .iij-.  et  vint, 

La  vielle  sermonner  revint 
Et  les  Juifs  refist  banir, 

Et  tous  en  put  ordon  venir. 

Or  ne  sçay  mais  s'ilz  revenront, 

27600  Mais  a  mon  pooir  si  feront  ; 

Puis  me  refist  trop  grant  despit. 

Quant  les  Jacobins  venir  fist. 

En  l’an  mil  .ij‘.  .iiij.  fu 
Que  leur  ordre  fondée  fu. 

27695  Cilz  ne  me  poeuent  avoir  chier  :  (.V7  d\ 
Par  tout  ne  finent  de  preschier 
Qu’on  ne  me  croye  nulle  part, 

Qu’on  ne  sieue  moy  ne  mon  art. 

Ilz  me  diffament  et  pugnissent, 

27700  Mon  fait, mon  art,  ma  gent  honnissent; 
Je  ne  m’ose  vëoir  entre  eulx, 

A  peu  ne  me  crievent  les  yeux. 

Et  puis  vindrent  ly  Cordelier, 

Qui  tous  trayent  a  ung  collier 
27703  Que  Raison  a  puis  ramenés; 

Par  ceulx  je  suis  trop  mal  menés. 
Encores  me  fist  monlt  d’anuyt 
En  l’an  mil  .iij*.  .xxx.  et  uit 
De  ceulx  qui  mon  art  mieulx  maintiennent, 
27710  Mes  fais  et  mes  sciences  tiennent, 

Qui  sont  par  tout  ly  souverain  ; 

Et  sur  tous  aultres  je  les  aim, 

Pour  ce  que  l’autrui  ont  trop  chier 
Et  si  n’y  cuident  riens  pechier. 

277 1 5  Quanqu’011  leur  preste  et  qu’on  leur  croit. 
Tout  croient  estre  de  bon  droit; 
Jamais  n’en  voeullent  riens  paier, 

Se  force  nés  fait  avoier. 

Icil  fist  Raison  aulx  Flamains 
27720  Tuer  pour  ce  que  je  les  aims, 

Et  ont  juré,  ce  est  la  somme, 

Qu’il  ne  demourra  gentil  homme. 

Les  autres  les  ont  esveilliés, 

Les  maulx  Flamens  oultrecuidiés 
27725  Qui  sortissent  eulx  allier 
Pour  gentillesse  deffïer. 

Heu!  las!  chétif,  et  que  feroie. 

Se  mes  tresbons  amis  perdoie? 

Je  ne  les  perdroie  a  nul  foeur, 

27730  Car  c’est  le  joiaul  de  mon  coeur. 

Si  ont  juré  communément 

Par  ung  accord  tout  ly  Flament  \38  a) 


27645  et  27633  monlt  —  27654  et  dix  —  27635  mont  manque  —  27681  bien  amy  corrige  d'après 
A  —  27718  ne  les  —  27722  demoura. 


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QUATRIEME  BRANCHE 


55 


Que  ja  au  roy  guerre  n’eüssent, 

Se  les  gentilz  hommes  ne  feussent. 
27735  Tout  ainsi  Raison  me  guerroyé; 

Et  je  comment  plus  le  crerove  ? 

Aussi  fait  elle  les  Lombars 
Dechassellé  de  toutes  pars, 

Et  leurs  font  faire  leurs  finances 
27740  Et  appetinchier  leurs  chevances. 

Car  point  n’ayment  aultrui  chatc 
Ne  que  Raison  fait  vérité. 
Touttesvoiez  au  long  aller, 

Elle  a  tousjours  le  hault  parler, 

27745  N’aprez  son  dit  n’aprez  son  fait 
Elle  n’a  honte  de  bien  fait. 

Point  ne  le  reprens,  car  je  n’oze; 

Se  ce  n’est  par  faintise  glozc, 

Elle  me  fait  toute  le  honte. 

27750  S’il  advient  q’un  mien  amy  monte 
Par  mon  art  en  ung  hault  degré, 

Puis  qu’au  monter  n’ara  esté, 

Sy  corn  Pierre  Remy  a  fait 
Qui  savoit  tout  par  coeur  mon  fait, 
27755  Si  tost  le  fait  jus  avallcr; 

Peu  ne  lui  fait  le  coeur  crever. 

Et  puis  nous  sommes  si  honteux 
Que  nous  n’osons  lever  les  yeux. 
Aucunes  fois  je  lis  parolles 
27760  Prinses  a  Ylles  aulx  escolles, 

Qui  est  ma  chambre  especiaux, 

Qui  sont  tous  a  mon  art  feaulx, 

Qui  scevent  tous  Fauvel  torchier. 

Mes  vouloirs,  mes  oeuvres  trachier. 
27765  De  Fauvel  sieuent  le  comment, 

De  lui  vous  dirav  ça  avant, 

De  Fauvel  diray  ça  aprez 
Que  ceulx  d’Ylles  tiennent  si  prez 
Et  scevent  torchier  Fauvillon  i.'lS  b) 
27770  Et  poindre  de  leur  aguillon 

Pour  avoir  honneur  et  chevancc. 
Aprez  diray  leur  contenance, 

Et  quant  vient  a  conclusion, 

Leur  fait  tourne  p  confusion. 

27775  Raison  le  met  toudis  devant; 

Toutes  mes  honneurs  n’est  que  vent, 
Le  mettra  peu  de  pluyc  a  point, 

Car  bon  fondement  n’y  a  point. 

Je  m’en  sçay  bien  a  quoy  tenir 
277S0  Quant  gaaigneur  voeulx  devenir, 

Qu’a  paines  n’en  poeulx  riens  porter, 
Jusques  Dieu  m’en  a  fait  oster. 


Je  fusse  mort  certainement, 

Se  tenu  l’eusse  longuement. 

27785  Atant  de  lui  je  me  tairay  ; 

Or  demeure,  et  je  m’en  irav.  » 

Adonc  Regnart  si  s’achemine; 
Jusqu’à  la  nuit  d’aller  ne  fine. 

Monlt  s'est  et  dollousé  et  plains 
27790  De  fain,  dont  il  est  matz  et  vaintz. 
Celle  nuit  a  ou  bois  geüt, 

Ou  il  a  peu  de  déduit  eut. 

Au  dessoubz  ot  une  abbaye 
Povre,  meschant  et  esbahye, 

27795  Qui  fu  pour  moisnes  noirs  fondée, 

Et  de  tous  biens  estoit  vuidée, 

Car  si  bien  se  furent  prouvé 
Que  povre  et  mat  furent  trouvé 
Et  mendians  et  decheUs, 

27800  Et  leur  moustier  estoit  cheüs, 

Et  leur  hostel  et  leur  dortour  ; 

N’ot  layens  ne  clochier  ne  tour. 

Folle  esperance  les  soustient, 

Peu  aultres  vivres  lavens  vient. 

* 

27805  Regnart  y  est  venu  le  cours 

Sçavoir  s’il  trouvera  secours  ;  (..?#  c) 

Mais  tout  a  trouvé  desrobé. 

Lors  maudit  couvent  et  abbé, 

Et  dist  :  «  Salomon  si  dit  voir 

27810  En  qui  ot  tant  sens  et  sçavoir; 

Dist  ;  «  Malheureux  est  le  paVs 

Ou  fol  gouvernerres  est  mis.  » 

En  ung  destour  de  l’abbaÿe, 

Qui  sambla  bien  cstre  esba}’e, 

27815  La  a  Regnart  ung  puig  trouvé. 

lllec  s’est  il  bien  approuvé, 

Et  dist  :  «  J'ay  soif,  si  buveray, 

Puis  que  a  mengier  point  je  n’ay.  » 

Regnart  y  a  fait  grant  merveille. 

27820  Entrez  est  dedens  une  seille  ; 

Si  n’en  sceut  mot,  jusqu'il  avalle. 

Ja  sera  il  en  chambre  malle. 

Aval  se  sent  ou  puich  cheüs  ; 

Lors  se  tint  il  pour  decheUs  : 

27825  a  Hellas,  »  dist  Regnart,  «  or  voy  gié 

Que  pour  tousjours  suis  assegié. 

Orn'cst  il  nul  si  cler  vovans, 

Qui  en  tous  ses  fais  soit  sachans. 

Bien  me  dit  Frobert  en  saison, 

27830  Ou  je  me  mettroye  a  Raison, 

Ou  elle  se  mettroit  en  mov. 

• 


27749  faite  corrigé  d'après  A  —  27760  a  ylers  —  27768  y lers  corrigé  d'après  A  —  27777  Peu  dç 
pluye  le  mettra  —  27825  voi  je. 


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56 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Et  elle  est  de  si  bonne  foy, 

Se  m’y  mès,  je  serai  garis, 

S’elle  en  moy,  je  serai  honnis  ; 

2j835  Elle  m’en  a  bien  advisé. 

Encor  ne  m’a  point  despisé, 

Quant  le  me  dit  devant  le  fait 
Et  qu’encor  morir  ne  me  fait. 
Cassidores,  le  docteur,  dist, 

27840  Sy  com  je  truis  en  son  escript, 

Que  pesme  chose  est  de  desdirc 
Vérité  et  de  contredire. 

Toudis  est  bonne  vérité,  (38  d) 

Se  ne  se  mesle  en  fausseté; 

27845  Mais  s’elle  se  mesle  en  mensongne, 
On  le  doit  bien  tenir  pour  songe. 

Il  dist  :  «  Orgoeul  est  dechevable, 
Pour  ce  que  c’est  oeuvre  de  deable; 
Devant  Dieu  sera  déboutés 
27850  Et  trestoutes  iniquités.  » 

Encor  dist  il  :  «  Orgoeul  destruit 
Toute  sustance  et  tout  déduit, 
Richesses,  grâces  et  honnours. 

Par  Orgoeul  viennent  a  tristours; 
27855  Je  le  voy  et  le  sens  par  moy, 

Et  me  semble,  et  pour  vray  le  croy, 
Que  trop  demeure  en  grant  doutance 
Cil  qui  en  Dieu  n’a  esperance, 

Car  qui  par  pechié  le  guerroyé, 

27860  A  merveilles  il  se  forvoye. 

Hellas  !  ne  voit  pecheour  goûte 
Qui  vit  en  paour  et  en  double. 
Conment  poeut  il  demener  feste? 

Il  sent  son  maistre  sur  sa  teste, 

27865  Et  toutefois  qu’a  lui  plaira, 

Sur  sa  teste  lui  lanchera 
Fourdre,  feu,  péril,  maladie. 

Cest  mondes  a  nom  «  Fol  s’i  fie,  •» 

Et  tel  nom  doibt  il  bien  avoir, 

27870  Car  en  beaulté  et  en  avoir, 

Qui  s’i  fie,  il  est  decheüs, 

Et  désertés  et  confondus. 

En  moy  le  voy  qui  fi  estoye 
En  santé,  en  soûlas,  en  joye, 

27875  Sans  moy  batre  et  sans  mal  ouvrer. 
Or  suis  perdu  sans  recouvrer, 

Dont  je  me  confTesse  et  suplie 
A  Raison,  ma  dame  et  m'amye, 

Que  j’ay  guerrie  longuement 
27880  En  fais  et  en  dis  propprement,  (3q  a) 
Fille  de  Dieu  souverain  roy, 


Qu’il  lui  prende  pitié  de  moy.  » 

Lors  a  Regnart  parfont  plouré 

Et  de  bon  coeur  Dieu  aouré. 

27885  Et  lors  il  advint  en  ce  temps 

Que  Ysengrin  fut  matz  et  lens. 

S’en  est  issu  d’une  grant  lande, 

Car  quérir  lui  convient  viande, 

Car  le  fain  le  destraint  forment. 

27890 Tourné  s’en  est  iréement 

Vers  l’hostel  aulx  moisnes  rendus. 

Les  grans  galos  est  la  tendus; 

L’ostel  trouva  trestout  gasté, 

Lors  dist  :  «  Cv  a  assez  lasté. 

« 

27895  Putains,  jeux  de  dez,  gloutonnie 
Ont  gas^tée  ceste  abbaye, 

Avec  defTault  de  pourveance, 

Plaine  de  inobedïence. 

Chascun  a  volu  le  maistre  estre, 
27900  Et  pour  ce  est  gasté  cest  estre. 

Ung  seul  vouloir  l’eust  soustenu. 

Et  tant  de  vouloirs  l’ont  perdu. 

Ne  y  a  eu  point  de  seignour, 

Chascun  en  a  eü  honnour. 

27905  Chascun  si  y  voeult  seignourir, 

Tout  est  en  voye  de  périr. 

Et  pour  ce,  »  dist  le  peneant, 

«  Sires,  ou  garchon,  ou  néant, 

Je  yray  deçà  et  delà.  » 

27910  Tout  ainsi  parlant  s’en  ala, 

Tant  qu’il  trouva  em  my  sa  voye 
Le  puch  ou  Regnart  s’esbanoye. 
Dclez  le  puch  s’est  acostds, 
D’echëoite  prendre  aprestés; 

27913  Mais  sa  bonne  aventure  est  loings. 

Lors  mist  dedens  le  puch  son  groing. 
Car  il  ne  scet  mais  que  il  faice  :  (3y  b) 
Dedens  l’eaue  du  puch  sa  faice, 

Cuida  fustsa  femme  Hersent; 

27920  Lors  a  peu  qu’il  n’yssi  du  sens, 

Que  avec  Regnart  fust  pensa, 

Car  jaloux  en  est  de  pieça. 

Quant  Ysengrin  choisi  son  umbre, 
Lors  foie  pensée  l’encombre; 

27923  Cuide  bien  que  ce  fust  Hersent. 
Adonc  lui  mua  tout  le  sens; 

Adonc  dist  :  «  Monlt  suis  escharnis, 
Par  ma  femme  mors  et  honnis, 

Que  Regnart  a  ainsi  fortraite 
27930  Et  céans  avec  lui  attraite. 

Quel  deable  céans  le  quesist? 


27833  mettoye  je  scroie  —  27834  scroic  —  27868  monde. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


Nul  croire  ne  le  me  fesist; 

Trouvée  l’ay  par  adventure. 
Voirement  dist  vray  TEscripture 
27935  Que  la  voye  de  folle  femme, 

Quant  elle  va  a  son  diffame, 

A  quatre  choses  voeult  touchier. 

Cil  qui  monlt  bien  en  scet  parler, 

Des  quatre  j’en  diray  le  voir  : 

27940  L’un  est  l’oiseau  voilant  par  l’oir, 
Que  nul  ne  poeut  vëoir  sa  voye, 

Tant  bien  et  clerement  y  voye, 

Tant  y  voye  ne  tant  y  quiere. 

L’autre  est  la  nef  par  la  riviere, 

27945  Que  ja  nul  tant  penser  y  puisse 
Que  la  voye  de  la  nef  truisse; 

Nul  ne  poeut  congnoistre  l’alée. 
L’autre  est  la  voie  de  pensée, 

Qui  si  subtillement  s’avoye 
27950  Qu’en  son  penser  ne  voit  nulz  voye. 
Fol  est  cil  qui  le  quart  voeut  qucrre  : 
Ce  est  serpent  dessoubz  la  pierre, 

Qui  si  subtillement  se  glache, 

Corn  fait  le  poix  dessus  la  glace,  (3g  c) 
27955  Qu’on  ne  poeut  son  rooie  trouver, 

Ne  voye  de  femme  prouver. 

Qui  poeult  estre  si  clerveans 
Qui  ja  quesist  Hersent  céans?  » 

Lors  dit  :  a  Pute,  orde,  vielz  prouvée! 
27960  Avec  Regnart  vous  ay  trouvée.  » 

Lors  a  hurlé  une  grant  fois. 

En  contremont  revint  la  voix; 

Ainsi  com  il  dit,  elle  dit. 

Lors  eust  Ysengrin  grant  despit, 
27965  Et  dit  :  «  L’orde  vielz  me  degiegnc  ! 
Se  Dieu  voeult  mais  que  je  le  tiengne, 
Je  lui  batray  si  bien  la  teste 
Qu'elle  n’en  ara  mie  feste!  » 

Et  la  voix  «  feste  I  »  respondy, 

27970  Trestout  ainsi  que  cil  bondi. 

«  Feste,  dy  je,  »  se  dit  ly  Loups; 

«  Jamais  pour  toy  ne  seray  coux  ! 

—  Serez  coux,  »  ce  respont  la  voix. 
Lors  fu  li  Loups  aie  a  poix  ; 

27975  Cuida  die  coux  le  fera; 

Et  il  respond  que  non  fera. 

Isengrin  ainsi  maintenoit, 

• 

Et  Regnart  tout  quoy  se  tenoit. 

Lors  dist  Regnart  :  «  Sire  Ysengrin, 
27980  Ne  puis  mais  tenir  mal  chemin 

Que  ne  soye  par  toy  gaitiés.  (3g  d) 


Envis  seroit  par  moy  mengiés 
Bon  morsel  que  tu  n’en  eüsses, 

Puis  qu’en  ce  pays  me  scellsses. 
27985  Compere,  par  tout  me  sieués, 

Dont  pluseurs  fois  vous  m’anuvés; 
Pluseurs  fois  suis  en  bon  costé, 
Pluseurs  fois  m’en  avez  osté. 

De  ce  estes  mal  entechié; 

27990  Compere,  vous  faites  pechié. 

Je  me  vouloye  sommeillier; 

Mais  pour  de  livres  ung  millier 
Ne  porroie  repos  avoir. 

Ce  te  voeul  je  faire  sçavoir  : 

27995  Reposer  anuit  ne  peüsmes, 

Pour  ce  que  trop  de  paines  eusmes 
A  ces  aigneaulx  a  pasturer 
Qui  ne  nous  laissent  vifs  durer; 

Nous  en  sommes  tous  anuyé,  » 

28000  Lors  s’est  Ysengrin  escrVé  : 

t  Compere,  foy  que  doy  ma  vie, 

Je  ne  vous  y  sçavoie  mie. 

Mais  pour  ce  je  me  gramentoie 
De  Hersent  que  veüe  avoie, 

2S005  Qui  me  degane  et  me  despit. 

—  Amis,  elle  ne  scet  que  dit; 

Tant  a  de  ces  aigneaulx  tués 
Que  tout  le  coeur  lui  est  mués. 

Cha  aval  n'avons  autre  avoir. 

28010  Or  le  huche,  se  je  dy  voir.  » 

Lors  huche  le  Loup  se  voir  dit, 

Et  la  voix  lui  respond  :  «  Voir  dist.  »> 
Et  lors  crut  Ysengrin  et  sent 
Que  tout  ce  lui  huche  Hersent. 

28oi5  Lors  dist  Regnart  com  apensés  : 

«  Compere,  ja  mal  n*y  pensés 
Que  nous  soions  point  entechié 
De  folie  ne  de  pechié,  (40  a) 

Car  c'est  Paradis  proprement, 

28020  Ou  nul  ne  jure,  ne  ne  ment; 

Tous  sommes  de  pechié  osté, 

Et  si  nous  ont  trestous  quitté. 

—  Pour  Dieu,  Regnart, or  me  dy  dont 
En  ce  pays  quelz  gens  y  sont.  » 
28025  Dist  Regnart  :  «  Ce  sont  gaigneries, 
Boscages,  vignes,  praieries. 

Nous  n’y  avons  froit  ne  durté, 

Tant  y  est  l’air  en  grant  purté. 
Jamais  nul  malade  n’y  yert 
28o3o  Et  s'a  quancques  a  lui  afTiert  ; 

Et  toudis  sont  fort  et  legier, 


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27965  degane  corrigé  pour  la  rime  d'après  A  —  27969  fest  —  27974  fu  regnart  corrige  d'après  A, 


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..u.urnnm/  rtf  DIOiiiami  iinrvtntr^ 

UîMiüy.u  ur  uutitttuhft  uüKAtuu 


38 


RENART  I.E  CONTREFAIT 


En  bon  appétit  de  mengier. 

Toute  la  praierie  est  plaine 
De  moutons  gras  couvers  de  laine, 
2So35  De  gelines,  de  pourchellès 

Et  d’oisons  gras  et  de  poullès  ; 

Il  en  y  a  monlt  grant  plenté, 

Et  de  nullui  ne  sont  gardé; 

Car  cil  qui  plus  tuer  en  poeut, 

28040  Plus  approchier  de  Dieu  se  voeut. 

Et  de  tel  eür  est  le  lieux, 

Qui  en  tue  ung,  il  en  vient  deux.  *» 
Quant  Ysengrin  Regnart  oV, 

En  son  coeur  monlt  s’en  esjoV; 

2804.S  Ses  dens  a  croqueter  commence. 
Point  a  mocquerie  ne  pense, 

Mais  pensa  bien  que  cil  dist  voir. 
Lors  dist  :  0  Y  sont  nulz  moisnes  noirs. 
N’y  a  nulle  noire  abbaVe? 

28o5o  —  Telle  plenté  n’y  eüst  mye  : 

Hz  despendroient  bien  Paris, 

Certes  et  ne  fussent  que  dix.  » 

Dist  Ysengrin  :  «  Que  n’y  suis,  las! 
Trestous  je  les  mesisse  au  bas, 

28o55  Ja  n’y  convenist  venir  moisne.  [40  b) 
Pour  Dieu,  compere,  qu’on  m’y  maine  ! 
Et  pour  Dieu  encores  me  compte, 

Ce  dont  j’oy  volentiers  le  conptc, 

Des  moutons  gras  que  tu  me  dis, 
28060  Ne  sçay  se  de  bon  coeur  le  dis.  » 

Et  dist  Regnart  :  «  Gras  sont  ilz  bien, 
Le  plus  ne  moeurent  d’autre  rien. 
Délivrer  ne  nous  en  poons, 

Ne  nul  aultre  chant  nous  n’avons. 
28065  —  O  chier  compere,  je  te  proy 
Que  me  maines  avecques  tov. 

Cerieè  bien  m’en  delivreray, 

Et  grant  partie  en  mengeray. 

—  Conpere,  se  tu  ne  te  doeulx 
28070  Et  avecques  moy  venir  voeulx, 
Trestous  mautalens  te  pardonne. 

Et  trestout  quaneques  tu  as  donne, 

Et  fais  illecques  ton  devis; 

Et  dès  icy  bien  je  t’avis, 

28075  Se  tu  n’en  poeulx  assez  tuer, 

Il  te  convenra  enmurer  ; 

Tant  en  y  a  sus  te  courront. 

Se  nelz  ochis,  ilz  t’ochiront, 

Tous  en  sont  plains,  bois  et  forest. 
28080  Se  voeulx  ce  faire  sans  arrest, 

Sv  entre  dedens  celle  seille: 


Adonc  verras  tu  grant  merveille, 
Aussi  tost  que  dedens  seras; 

Tantost  tout  josne  revenras. 

28085  Jusqu’à  donc  ne  poeulx  riens  vëoir 
Que  tu  voulras  dedens  seoir; 

Par  illec  est  toute  l’entrée 
Par  ou  on  entre  en  la  contrée.  » 

Le  Loup  qui  continuellement 
28000  Ot  vesqui  gloutonneusement, 

Et  Gloutonnie  envis  s’avise, 

Et  de  Gloutonnie  l’atise,  {40  c) 

Quant  a  Gloutonnie  pensoit 
Qu’il  ne  lui  chault  mais  qu’il  y  soit. 
28095  Gloutonnie  est  de  tel  nature 
De  nul  advisement  n’a  cure. 

Et  Gloutonnie  a  riens  ne  pense 
Seulement  qu’a  emplir  sa  pance. 
Gloutonnie  en  nulle  saison 
28100  Ne  croit  ne  advis  ne  raison; 

A  glouton  ne  chault  dont  bien  viengne, 
Ne  qui  le  paist,  mais  qu’il  le  tiengne; 
Oncques  glout  ne  fut  assouffis, 

Ne  n’ot  souffisance  en  lui  mis. 

28105  Envis  est  glout  en  nulle  escolc 
Ou  on  dye  bonne  parole. 

Toudis  pense  glout  de  glouter, 
Oncques  deffault  ne  vaut  douter. 
Glout  n’esgarde  moyen  ne  my; 

281 10  Glout  est  trestout  plain  d’Anemy  ; 
Glout  ne  scet  nul  honneur  porter; 
Glout  ne  scet  nulluy  déporter; 

Le  glout  nulle  fois  ne  s’avise; 

Glout  ne  poeut  oVr  beau  servisc; 

281 15  Glout  ne  poeut  oj’r  messe  entière 
Que  Gloutonnie  ne  le  fiere; 

Toudis  pense  :  «  Que  mengeray  ? 

Quel  viande  au  disner  arav? 

Porray  je  attendre  le  disner? 

28120  Celle  messe  ne  poeut  finer.  « 
Vraiement  goûte  glout  ne  voit 
Ne  de  nul  bien  ne  s'apperchoit. 

Qui  fait  de  glout  son  despensier, 

Son  chanbellan  ou  son  huissier, 

28125  Ane  ne  s'acquerra  ja  honnour 
Ne  de  nul  preudomme  l’amour, 

Car  le  glout  ne  scet  riens  coller, 

Tout  quanqu’il  scet  voeult  reveller, 
Ne  voit  péril,  ne  dampnement,  (40  d) 
28i3oNe  haÿne,  ne  marriment. 

A  lui  ne  chault  que  tout  deviengne, 


28o63  Deliurc  corrige  d'après  A  —  38097  Et  manque  —  28u3  A  ne  se, 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


bC) 


9 


Mais  que  bonne  viande  tiengne. 

Hors  est  de  toute  charité 
Et  envis  dira  vérité. 

281 35  Ne  pense  a  rire  n’a  dolloir, 

Mais  qu'il  ait  trestout  son  volloir. 

A  Ysengrin  monlt  bien  parut, 
Quancquez  il  pensa  acreüst; 

Entour  point  il  ne  regarda, 

28140  Et  toudis  Regnart  l’ennorta. 

Pour  lui  délivrer  le  semont, 

Et  lui  tarde  a  venir  amont. 

Sy  dist  :  «  Ysengrin,  haste  toy. 

Pour  toy  est  bonne  heure,  ce  crov  ; 
28145  Tu  verras  tantost  grant  merveille. 

Or  entre  tost  en  en  celle  seille  : 
S’appertement  n’y  voeulx  entrer, 

Tu  n’y  poeulx  jamais  recouvrer.  *» 
Regnart  fut  froit,  sage,  pensifs, 

28 1 5o  Et  cil  glout  fut  sage,  hastifs, 

Et  fol  qui  a  sage  a  affaire 
Doit  bien  penser  a  son  affaire, 

Et  bien  y  doit  longues  muser 
Et  ses  paroles  bien  gloser; 

2.Si55  Car  quancques  sage  dit  et  pense, 

On  y  doit  bien  gloser  sustance; 

Car  sans  cause  néant  ne  dit. 

Pluseurs  fois  doubles  sont  si  dit  : 
Pour  ce  fait  bon  toudis  gloser 
281(10  Ce  q’un  sage  voeult  proposer. 
Ysengrin  les  dits  auÿ  a, 

Mais  oneques  sus  il  ne  glosa; 

Ne  jeta  pas  bien  son  advis, 

Mais  tost  en  la  seille  s’est  mis, 

28165  A  sa  dollour  et  a  sa  paine; 

Et  la  poulye  aval  le  maine.  (41  a) 
Regnart  aval  point  ne  demeure; 
Tantost  est  venu  au  desseure. 

Si  dist  le  Loup  :  «  Ou  allez  vous? 
28170  —  Avec  vous  m’en  voy  la  dessoubz. 
—  Pour  quoy  est  ce  que  vous  montez 
Et  j’avale?  Or  le  me  comptez. 

—  Compains,  ne  vous  en  esmayez. 

Et  vous  tenez  tout  apayez  ; 

2.8175  Car  je  ne  m’en  esmaie  mie. 

Ainsi  est  il  de  ceste  vve  : 

Ly  ung  y  monte,  et  l’autre  avale, 

Ly  ung  y  vent,  l’autre  fait  sale  ; 

L’un  espajgne,  l’autre  despent, 

28180  L’un  est  sur  terre,  l’autre  pent, 

Ly  ung  emprunte,  l’autre  soit, 


Ly  un  preste,  ly  autre  toit; 

Mais  des  plusfolz,  c’est  le  donneur 
Et  le  plus  sage  est  le  preneur, 

28185  Les  plus  soubtilz  qui  nul  ne  croyent, 
Les  plus  folz  qui  a  tous  s’ottroient, 
Les  plus  liés  de  tous  n’ont  sens. 

Qui  femme  tient  en  ses  liens, 

Nul  ne  se  poeut  mieulx  enserrer, 
28100  Non  ne  le  porroit  mieulx  barrer, 
Eevre,  machon  ne  Carpentier. 

A  toy  plus  cy  parler  n’en  quier, 

Mais  touttesvoyes  le  monter  (41  b) 
Est  plus  seur  que  ly  avaler 
28195  Meïsmement  en  ceste  terre. 

Or  va  la  jus  ta  femme  querre  ; 

Or  je  iray  a  saint  Lyenart, 

Et  tu  friras  illec  ton  lait.  » 

Tost  de  la  seille  le  sacqua, 

28200  Et  par  despit  dedens  racqua, 

Et  dit  :  «  Cilz  ait  pute  chevance 
Qui  controuva  celle  balance. 

Mais  ne  le  dois  mie  blasmer, 

Mais  me  doy  pour  ung  fol  clamer. 
28205  Se  je  Argus  esté  ellsse, 

La  en  ce  puch  cheü  ne  fusse; 

Mais  je  suis  qui  nulz  yeulx  n’avove, 
Quant  en  la  seille  me  metove. 

Se  j’eusse  eü  la  circonstance, 

28210  Bien  eusse  veu  ceste  balance. 

Le  sage  ne  le  celle  pas  : 

Telz  yeux  voisent  devant  tes  pas. 
Adonc  iras  tu  sceurement; 

Et  se  tes  pas  en  vont  devant, 

28215  Et  les  yeux  demeurent  derrier, 

Tu  ne  poeulx  aller  bon  sentier. 

Et  pour  ce  ne  mesdit  il  pas 

Quant  dit  qu’oeul  voisc  devant  pas.  »> 

Ysengrin  se  senty  cheüs  ; 

2S220  Adonc  ne  s’est  mie  tells  : 

«  Regnart,  or  t’ay  je  tant  creüs 
Que  je  m’en  tiens  pour  dechells  ; 

Par  ta  parolle  sanblant  voire, 

Que  je  ne  deüsse  pas  croire, 

28225  Qui  de  dechevance  estoit  plaine, 

Suis  entré  sans  issir  en  paine. 

Thulles  dit,  et  je  m’y  acord, 

Qu’il  n’est  nul  si  souverain  tort 
Ne  si  grant  mal,  je  le  voy  bien, 

28230  Com  fait  en  sanblance  de  bien.  ( 41  c) 
Hellas!  sç  Salomon  çreüsse, 


< 


» 


L  ^ 

-  %: 


28139  il  manque —  28193  Meisment  —  28205  est. 


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6o 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Encores  decheli  ne  feusse. 

Il  dit  :  «  Filz,  ne  croy  tien  de  mv 
Point  ton  ancien  anemy, 

28235  Car  combien  que  il  s’amatisse, 

Il  ne  le  fait  que  par  faintise 
Et  pour  prendre  couvertement 
Ce  qu’il  ne  poeut  avoir  deument.  » 
Encores  dist  :  «  Beaulx  filz,  croy  moy; 
28240  Ton  anemy  pleure  lez  toy, 

Mais  s’il  vëoit  le  temps  venir 
Que  soubz  lui  te  peusist  tenir, 

Il  ne  se  porroit  saouler 
De  ton  sang,  de  tachai*  fouler,  u 
28245  Encores  me  redist  pour  vray, 

Ne  pas  bien  retenu  ne  l’ay. 

Ou  que  soies  generaulment, 

Gardes  que  tu  dis  et  comment. 

Maint  sont  qui  font  semblant  d’amy 
28230  Qui  sont  tresmortel  ennemy  ; 

Regnart  le  m’a  tresbien  monstre. 

Par  lui  suis  je  en  obscurté. 

J’ay  crell  conseil  de  fol  dit, 

Jhesus  Sirac  bien  le  me  dit  : 

28255  a  Au  fol  nul  tempz  ne  te  conseille, 

Car  s’il  dit  bien,  c’est  grant  merveille. 
Son  plaisir  loë  et  son  vouloir.  » 
Encor  dit  Jhesus  Sirac  voir, 

Car  il  dit  :  «  Netiengne  ja  compte 
28260  A  nul  homme  janglcur  sans  honte  ; 
Qui  langue  jangleresse  ara, 

Ja  sur  terre  amé  ne  sera.  » 

Encor  dit  Jhesus  Sirac  tant  : 

«  Ne  parle  a  homme  descordant  ; 
28265  Scés  quel  bien  lui  fais  et  quel  preu 
Tu  lui  metz  ta  buisse  en  son  feu  ?  » 
Hellas  !  moy  chétif,  decheU,  1 41  d) 
Trop  legierement  ay  crell  ! 

Paroles  vaines  et  malvaises 
28270  M'ont  jette  hors  de  toutes  aises 

Et  mont  mis  de  tous  biens  arrière. 
Salomon  fist  bonne  prière, 

Quant  dit  :  «  Dieu,  je  te  voeul  prier 
Que  tu  mevoculles  ottroyer 
2827?  Que  mensongne  et  parole  vainc 

Soit  trestous  jours  de  moy  lointaine.  » 
Encor  bien  deusse  avoir  creii 
Ung  mot  que  Thules  a  leü  : 

«  Ne  fay,  »  dit  il,  *  la  chose  point, 
28280  Se  t’en  doubtes  en  aucun  point, 

S’elle  sera  ou  mal  ou  bien  ; 


Se  doubte  va,  si  n’en  fay  rien.  » 
Certes  ung  petit  me  doutay 
Si  tost  que  sur  lepuch  montav, 

28285  Mais  ne  m’en  pos  apperchevoir. 
Folour  ne  me  laissa  sçavoir  ; 

Or  en  suis  cheüs  en  servage. 

Je  crus  mal  Isopc  le  Sage  : 

«  Gardez  vous,  »  dist  il,  «  se  sçavez 
28290  Pour  paroles  que  vous  oyez, 

Car  toudis  aront  en  leur  coeur 
Le  feu  combien  qu’il  n’ysse  foeur.  « 

Et  Senecques  dit,  qui  ne  ment  : 

«  La  ou  le  feu  a  longuement 
28295  Esté  et  fait  sa  demourée, 

Envis  en  est  hors  la  fumée.  » 

Trop  bien  m’en  voy  apperchevant, 
Pierre  Alphons  le  me  va  monstrant 
Et  dit  :  «  Ne  t’acompaigne,  amis, 
283oo  En  nul  temps  de  tes  anemis  ; 

Combien  que  soit  faite  acordance, 
Toudis  y  dois  avoir  doubtance  ; 
Combien  samblantilz  te  feront, 

S’ilz  te  tiennent,  ilz  te  nuiront 
283o5  Et  renouvelleront  leur  ire 

En  toy  dommagier  et  despire.  » 

Tant  s’est  Ysengrin  la  tenus, 

Que  le  jour  est  sur  lui  venus 
Que  il  a  bien  auy  lagent; 

283 10  D’un  tour  s’avisa  bel  et  gent, 

Et  de  cel  tour  est  a  accord 
Que  illecquesfera  le  mort, 

«  Et  les  dechevray,  se  je  puis.  » 

Lors  sont  les  gens  venus  au  puich  ; 
283 1  5  Le  Loup  troeuvent,  dient  qu’est  mors, 
Anuit  y  est  cheü  son  corps, 

Siques  a  mort  s’est  atirés. 

Lors  fu  le  Loup  amont  tirés, 

A  la  terre  fust  jus  flatris; 

28320  Toudis  s’est  Ysengrin  tappis 
Jusqu’à  tant  qu’il  oÿ  huchicr 
Ung  coutteau  pour  lui  escorchier. 

Ce  ne  tint  il  mie  a  déduit  : 

Adonc  se  leva,  si  s’en  fuit; 

2^325  Mais  monlt  fu  batuet  frapés. 
Touttesvoies  est  eschappés, 

Et  dist  plus  Regnart  ne  crera, 

En  sa  maison  tout  quoy  sera. 

Bien  vous  en  diray  autre  part  ; 
2833o  Mais  ainchois  orrez  de  Regnart. 

Je  congnois,  ne  le  me  fault  dire, 


28238  deuemeni  —  28277  deusses  corrigé  d'après  A  —  28288  mal  suposc  corrigé  d'après  A. 


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QUATRIÈME  &RANCHË 


(îl 


Plus  vit  le  monde,  plus  enpire; 

Puis  l’an  mil  .iijc.  trois  fois  dix 
Est  il  venu  de  pis  en  pis, 

28335  Plus  que  en  quarante  ans  devant. 
Chascun  s’en  va  apperchevant, 

Pour  les  monnoies  qui  cheïrent, 

Le  grant  dommage  qu’elles  firent, 
Maint  en  ont  esté  decheü 
28340  Combien  qu’autrefois  fu  cheü 

Et  que  venist  de  trois  a  ung,  (42  b) 
Et  maintenant  de  deux  a  ung; 

N’en  furent  si  mal  ne  mal  mis 
Com  en  cel  an  .iijc.  et  dix 
283q5  Ilz  qui  se  sont  aperceü 

Que  ils  se  sont  mal  pourveü. 

Et  pour  ce  chascun  monlt  se  plaint, 

Et  avec  ce  monlt  se  restraint. 

L'un  verroit  l’autre  a  mort  aller 
2835oAins  que  le  sien  vaulsist  prester, 

N’y  a  mais  amy  ne  parent 
Vers  qui  nul  truisse  mais  garant. 
Desdonc  se  sont  bien  advisé 
Et  a  tenir  si  aguisié  : 

28335Qui  a  il  tient,  qui  n’a  il  fault, 

Qu’il  aitpovreté  ou  defTault. 

Chascun  est  deslors  empiriés 
Et  a  l’art  Regnart  si  tiriés 
Que  nul  n’a  mais  d’aultrui  que  faire. 
2836o  S’aucunement  n’en  a  afaire 
Ou  pensée  de  recouvrer 
Par  beau  semblant  ou  par  ouvrer. 

Par  l’art  Regnart  le  siecle  vient 
Et  par  Regnart  tout  se  maintient. 
28365  Et  puis  que  chascun  tient  sa  vie, 

Donc  ay  je  cause  que  je  die 
Com  chascun  est  son  escollier, 

Com  chascun  trait  a  son  colliei|A 
Bée  a  dire  sans  repentir  ; 

2.83 70  Car  je  n’en  voy  nul  alentir.  ? 

Et  pour  ce  qu'on  doit  l’art  hanter 
Et  le  commun  en  voeult  user, 

Et  il  lui  plait  a  ainsi  faire, 

Une  histoire  en  voulray  retraire 
283y5  Et  de  sa  vie  et  de  son  estre. 

Ainsi  le  commence  le  Maistre  : 

Pour  ce  que  elle  lui  voeult  plaire 
Lefera  il  sans  exemplaire,  (42  c] 
Car  assez  l’en  poeult  souvenir. 

28380  Pour  ce  le  voeult  par  lui  finir. 

Ce  fut  en  may  qu’arbres  florisent 


Et  que  ces  roses  espanissent, 

Que  esté  trait  asasaison, 

Que  Regnart  fut  en  sa  maison. 

28383  Son  filz  sur  son  giron  tenoit, 

Et  le  varletdoeul  demenoit 
Pour  ce  qu’en  son  ventre  n’ot  rien, 

Et  Regnart  s’en  aperchut  bien. 

Lors  lui  a  dit  :  «  Filz,  par  ma  foy, 
283yo  Tu  venras  au  bois  avec  moy 
Pour  ta  viande  pourchassier. 

Ne  fineray  mais  de  trachicr 
Tant  que  nous  soions  esprouvé, 
Qu’aucune  chose  aions  trouvé. 

283«j5  Mauldite  soit  ma  regnardie, 

Quant  il  convient  que  je  le  die  ! 

Car  tant  ay  malice  hanté 
Que  n’ay  pell  avoir  plenté. 

Mal  fait  tel  oeuvre  maintenir. 

2S400  Dont  on  ne  poeut  bon  chief  tenir, 

Mais  vient  a  despire  souvent  !  » 

Et  Enmeline  sault  au  vent, 

Si  lui  a  dit  :  «  Se  Dieu  me  gart. 
Malvais  mestier  est  de  Regnart. 

2X405  Envis  poeut  tant  tollir  n’embler 
Qu’il  puisse  nulz  biens  assembler. 

S’il  assemble,  petit  lui  dure, 

Et  si  s'en  met  en  adventure. 

Tout  le  monde  avez  envahy 
28410  Et  de  trestous  estes  haÿ, 

Car  se  demain  vous  vous  moriez, 
Cecy  tout  clerement  verriez  : 

Vos  enflans  qui  riens  ne  sçaroient 
Assez  de  povrcté  aroient.  (42  d) 
28415  Telz  mile  vous  font  beau  samblant, 
Qui  vous  vouldroient  voir  tramblant; 
Bien  vos  enfTans  lapideroient 
Si  tost  comme  mors  vous  sçaroient; 
Quant  ne  porroient  revengier. 

28420  Avez  vous  vos  enfans  si  chier 

Que  de  nulle  riens  ilz  ne  tiennent 
N’a  nulle  science  ne  viennent? 

Se  ne  le  faites,  mal  ferez; 

Du  poeuple  blasmé  en  serez. 

28423  Diront  :  «  Honny  soit  vostre  pere, 
Car  ce  fut  ung  tresmalvais  lere!  >» 
Combien  qu’ilz  soient  de  nous  né, 

Et  de  mal  faire  naturé, 

Poeuent  ilz  bien  par  medecine, 
28430  Par  nourreture  bonne  et  fine, 

Malgré  toute  leur  nacion 
Et  toute  constellacion, 


2.838 1  que  arbres;  on  lit  en  rubrique  :  Histore  —  28428  De  mal  f.  et  n. 


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R EN ART  LE  CONTREFAIT 


Porroient  ilz  a  bien  venir 
Et  tresbien  vivre  et  bien  finir; 

2S435  Puis  qu’aient  raison  seulement. 

Lors  ira  la  chose  aultrement; 

Trop  petit  monstre  leur  avez, 

Ce  n'est  pas  ce  que  vous  devez. 

Au  moins  monstrez  leur  aucun  bien: 
28440  S’en  prenderont  meilleur  moien. 

—  Si  feray  je  certainement. 

Or  ne  m'en  parlez  aultrement.  « 

Barat  appelle  et  Perche  Haye, 

Et  Tout  acroit  et  Pute  Pave  : 

* 

28445  «  Enffans,  foy  que  je  doy  saint  Pere, 
Vous  avez  une  sage  mere, 

Advisée  et  de  bonne  part, 

S’el  ne  fust  de  la  gent  Regnart. 

Mais  je  n’ay  cure  de  tenchier, 

28450  Car  on  s’en  poeult  peu  avanchier 

De  tenchier  a  femme  pour  voir.  (4'i a) 
Augustin  dist  :  «  C’est  grant  sçavoir 
De  vaincre  pluseurs  en  servant 
Plus  que  d’un  en  tenchon  faisant, 
28435  Car  tenchier  pluseurs  fois  maintient 
Chose  dont  grant  discorde  vient.  » 
Thulles  dit  :  «  A  dit  ne  m’acorde 
Que  ja  puisse  semer  discorde, 

Car  ce  ne  vient  fors  que  d’orgoeul  ; 

• 

284tîoPour  ce  tenchier  mie  ne  voeul.  » 

Et  Salomon  si  nous  deslie  : 

«  En  tenchier  est  toute  folie.  » 

Pour  ce,  enfTans,  vous  voeul  je  dire  : 

Ne  maintenez  orgocul  ne  ire. 

284(0  Lëesse  avec  humilités. 

En  telz  choses  vous  délités; 

En  ditz  gracieux  et  amans 

Soiez  vous  toudis  delitans, 

Car  belle  chose  est  de  beau  dit, 

28470  Si  corn  le  Poeste  le  dit  : 

o  N’ayez,  »  dist  il,  «  pensée  foie 

A  pronunchier  foie  parole. 

Compte  en  rendras,  je  le  t’affy, 

En  auître  siecle  qu’en  cestuy.  » 

28475  Regnart  tout  ainsi  les  chastoic, 

Tous  quatre  lés  luy  les  avoie. 

«  Ainsi  retenez  et  ovez 

* 

Et  toudis  pourveüs  soyez. 

Juvenal  dit  en  vérité  :  (4-1  b) 

28480  Cil  a  acquis  bon  hérité 

Qui  est  est  garny  de  pourveance 
Et  qui  a  en  lui  la  science. 

Qui  scet  bien  congnoistre  sans  gloses 

28471  ja  p. 


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Vraiement  la  fin  de  ses  choses.  »> 
28485  Ne  ja  d’avoir  nul  n’ensaiez 

Dont  en  la  fin  dommage  ayez. 

Se  on  vous  donne  aucune  rien. 
Gardés,  vous  en  souviengne  bien 
Et  que  vous  l’aiez  en  memore. 

28490  Car  nous  lisons  en  Ysidore, 

Qui  nous  a  la  parole  escripte  : 

«  Rens,  »  ce  dit  il,  «  meilleur  mérité 
Assez  que  tu  n’as  empruntée. 

Toudis  aies  en  ta  pensée 
28495  Le  bien  que  aucun  t’ara  fait.  » 

Et  si  raconte  de  ce  fait 
Scnecque,  qui  ainsi  descript, 

Et  si  le  truis  en  son  escript  : 

«  Point  n’a  en  cellui  de  bonté 
28500  Qui  de  ce  qu’on  lui  a  donné 

N’en  fait  ne  chiere  ne  samblant; 

Et  pires  cil  qui  riens  ne  rent, 
Encores  pis  cil  qui  l’oublie.  » 

Cella  je  vous  en  certiffîe. 
285o5Thules,  le  bon  clerc,  nous  descript  : 
«<  Ne  te  hastc  pas  trop,  »  ce  dit, 

»•  De  monstrer  que  tu  saches  gré 
De  ce  qu’on  t’a  donné  de  gré. 
fout  ainsi  le  nous  desclairchist 
2S3io  Cil  qui  trop  le  temps  avanchist  ; 

De  guerredonner  peche  autant 
Que  cil  qui  a  trespasser  tant, 

Car  cil  qui  trop  tost  rent  le  don 
Samble  changé  sans  gueredon.  » 

285 1 3  Pour  ce,  enffans,  trop  ne  vous  hastez 
Ne  trop  le  temps  ne  trespassés:  ijJ  c) 
Rendez  le  don,  ne  l’oubliez, 

Et  deuement  le  graciez; 

Et  puis  que  de  donner  et  prendre 
28520  Vous  voeul  par  lesdocteursapprendre, 
Or  vous  en  voeullc  souvenir, 

Et  bien  le  sachiez  retenir 
Et  l’entendez  de  volenté. 

Senecques  dit  :  «  On  ne  scet  gré, 
2S5i5  Homs  qui  a  point  d’entendement, 

De  don  qui  remaint  longuement 
Es  mains  du  donneur,  car  il  fait 
Samblant  de  donner  vouloir  n’ait. 
Lyement  et  de  bon  coeur  nait 
2853o  Icil  qui  a  donner  trop  met.  » 

Thulles  nous  en  dit  vérité  : 

«  Nulz  dons  de  libéralité 
Qui  a  nos  amis  soit  aidans 
Et  a  nulluv  ne  soit  nuisans, 


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QUATRIEME  BRANCHE 


28335  Car  don  qui  pour  nuire  est  donnés 
Et  en  nuisant  est  acquestés, 

Ne  doit  mie  estrè  au  donneeur 
En  joye,  mais  en  trop  grant  peur; 
Pource  prens  garde  ou  tu  prens  don.  *> 
28340  Senecques  qui  tant  fu  preudon, 

Si  dist  a  trestous  en  oyant  : 
t  N'ont  pas  les  choses  pour  néant 
Qui  les  requièrent  par  prïere. 

Car  nulle  chose  n’est  plus  chierc 
28545  Que  celle  qui  est  achetée 
Et  par  prïere  demandée; 

Et  ne  soeuffre  n’a  droit  n’a  tort 
Que  ton  amy  t’apresse  fort. 

C’est  chose  pesant  a  vëoir 
285  5o  A  coeur  qui  voeult  en  bien  seoir, 
Quant  il  voit  venir  son  amy 
A  face  humble  par  devant  ly. 

En  honte  et  en  baissant  le  chief,  [43  d) 
Quérir  secours  de  son  meschief. 
28355  De  ce  le  Maistre  nous  parole 
Certes  une  doulce  parole, 

Car  belle  chose  est  et  piteuse 
Et  a  bon  coeur  trop  ennuieuse. 

Du  vis  cliner  devant  le  pry, 

2856o  A  basse  voix  et  a  bas  cry; 

Pource  entendez  la  prïere. 

Thobie  qui  si  bon  clerc  yerc 
Nous  en  raconte  une  parole 
Qui  n’est  ne  malvaisene  foie. 

28365  Thobie  nous  dit  que  prïere 
Estsamblant  a  voix  de  miscre, 

Qui  vient  de  parfaite  dolour. 

Pour  ce  surmonte  toute  amour 
Cil  qui  de  bon  coeur,  sans  convent, 
28370  Vient  vers  son  amy  prestement 
Sans  lui  avoir  esté  monstre 
Son  mal  ne  sa  nécessité, 

Car  amis  doit  bien  percevoir 
Sans  lui  prier  ne  sans  douloir, 

285y5  Se  meschief  a  ses  bons  amis, 

S’il  a  en  son  corpz  point  d’avis. 

Pour  ce  vous  lo,  s’amy  avez 
Et  bon  amy  estre  voulez, 

Que  au  devant  vous  leur  aliez, 

28580  Dons  et  aÿdes  leur  bailliez; 

Et  pour  ce  que  chascun  ne  poeut 
Donner  autel  don  comme  il  voeult, 
Nous  en  dit  Thulles  ung  beau  dit: 

0  Cellui  qui  donne  don  petit 


28583  De  bon  coeur  et  par  courtois  fait, 

Vault  trop  mieulx  que  ung  grant  ne  fait. 
Qui  est  long  et  donné  a  paine.  » 

Encor  Thulles  nous  y  amaine 
Que  donner  fait  amanrir  grâce, 

28590  Quant  convient  que  prier  l’en  face .  (44  a) 
Encor  nous  dit  Thules  ailleurs 
Que  grant  peine  est  et  grant  dolleurz 
D’attendre  courtoisie  promise; 

Etpuis  ailleurs  nous  en  devise: 

283y3  «  Par  foy,  »  dist  il,  «  meilleur  gré  sçay 
D’escondire  que  de  delay.  » 

Encor  dit  Thulles  sans  celler: 

«  Cellui  qui  prent  mal  pour  donner, 

S’il  vêoit  et  congnoissoit  bien, 

28600  II  se  feroit  trop  pis  que  bien 
Son  prendre  tout  a  mal  ira, 

Et  ses  dons  mal  multiplira. 

Pour  ce  lo  que  vous  ne  donniez 
Chose  que  sur  aultrui  preniez.  » 

28605  Senecque  dit,  et  il  dit  voir: 

«  Qui  me  donne  pour  mieux  valoir, 

Gré  ne  l’en  doy,  selon  l  istore; 

Ne  me  sert  pas,  mais  vaine  glore, 

Et  vaine  glore  gré  l’en  sache, 

28610  Puis  que  si  son  coeur  y  entasse.  *> 

On  doit  donner  tout  proprement 
De  bon  coeur  amiablement 
A  son  bon  amy  sans  memorc 
De  rendre  ne  de  vainc  glore, 

28613  Et  sans  rendre  point  d’esperance 
Memore  de  bonne  vaillance. 

Et  gardés  bien,  comment  qu’il  aille, 

Qu'a  fel  ne  donnés  riens  qui  vaille. 

Belle  parole  c’est  assez 
28620 Tant  que  de  lui  soiés  passez; 

N’a  yvrongne,  n'a  envieux, 

A  hault  parler,  n’a  orguilleux 
Ne  tenez  trop  grant  compagnie. 

Fol  est  qui  en  ce  s’estudie, 

28625  Et  ce  qu’on  leur  donne  est  perdu. 

Thules  dit  :  «  Ja  soit  ce  que  tu 
Donnes  ce  qu’on  voeult  demander,  (44  b) 
Touttcfois  tu  dois  regarder 
S’il  est  digne  du  rechevoir 
28G3o  Le  don  qu’il  desire  a  avoir, 

Ou  le  don  qu’a  lui  donner  tens, 

Et  qui  il  est  et  de  quelz  gens, 

Sa  compagnie  et  son  voloir, 

Quel  compagnie  quiert  avoir, 


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........ -«.-MT*/  nr  1  innirnn' 

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RENART  le  contrefait 


64 

28035  Quelz  meurs  il  a  et  que  il  pocult, 

Quelz  sont  ses  dits  et  que  il  voeult.  » 
Et  non  pourtant  ad  ce  m’accorde 
Selon  que  Thules  le  recorde, 

Qui  m'a  par  son  livre  avoyé, 

28640  Que  bien  fait  est  mieulx  employé 

En  bon  povre  qu’en  malvais  riche  ; 
Thulles  le  dit,  Raison  l’affiche: 

Ainsi  vous  poez  demener. 

Gardés  de  despens  sans  donner, 
28645  Car  je  vous  dis  certainement  : 

Tel  cuide  donner  qui  despent  ; 
Qu’ilconvient  donner  son  affaire. 

Qui  sagement  le  voulra  faire. 

De  malvais  riche  n’aies  cure, 
iS63o  Car  Thulles  dit  en  l’escripture 
Que  malvais  riche  cuide  bien, 

Quant  il  daigne  prendre  du  tien, 

Que  il  te  face  grant  bonté  ; 

Et  se  tu  scers  a  povreté, 

28635  Le  povre  pensera  de  voir 

Que  le  serves  pour  Dieu  avoir 
Et  pour  charité  seulement; 

Et  si  voit  bien  certainement 
Tunel  fais  mie  pour  meschief; 

28660  Et  s’il  repoeut  venir  a  chief 
Qu’il  puista  bon  heur  venir, 

Bon  amy  y  poeulx  acquérir. 

«  Maistre,  »  dist  il,  «  je  le  sçay  bien 
Que  cellui  qui  donne  le  sien  [44  cl 
28665  Aucuneflois  deuement, 

Ce  n’est  mie  peu  seulement 
Courtoisie,  mais  grans  prollis. 

Se  mon  conseil  crez  et  mes  ditz, 

# 

Pensez  que  quant  donné  arez, 

28670  Quel  mérité  vous  en  prenrez, 

Ou  a  quoy  il  vous  poeult  valoir, 

Ou  a  joyrou  a  dolloir. 

On  ne  doit  pas  pour  fol  nommer 
Qui  scet  bien  sagement  donner, 

28675  Car  ja  jour  ne  prendra  le  sault 
De  povreté  ne  de  deffault  ; 

Car  c’est  ung  des  grans  sens  acquis 
Que  on  ait,  selon  mon  advis, 

De  bien  sçavoir  donner  apoint. 

28680  Estudïés  vous  en  ce  point  ; 

Entens  mov,  beau  filz,  entens  bien, 
Le  Maistre  dit,  or  le  retien: 

«  Se  tu  voculx  donner  par  sçavoir, 
Telz  dons  ne  passent  ton  pooir, 


28685  Car  se  gueredon  n’en  avoies. 

En  povreté  tu  demourroies; 

Ne  cil  rien  ne  te  priseroit 
Qui  ton  don  receü  aroit  ; 

Verroit  que  il  seroit  perdu 
28690  Leur  don,  se  il  t’estoit  rendu.  0 
Entf  ans,  tendez  a  pascïence, 

C’est  une  tresbonne  science. 

Le  Maistre  dit,  bien  l’entendez: 

«  Amy  n’anemy  ne  gabez, 

286o3  Ne  estrange  homme  ne  nulluy, 

Car  souvent  en  advient  anuv. 

Et  gardez  vous  pour  saulver  l’ame 
Que  ne  jugiez  homme  ne  femme. 
Salemon  dit  en  audience: 

28700  «  Cil  qui  d’aultrui  donne  sentence. 
Puis  qu’a  lui  riens  n’apartiendra, 

De  ceulx  meismes  de  lui  l’orra.  »  ( 44  d 
Beaulx  enffans,  et  fuiez  orgocul; 
C'est  ung  vice  dont  je  me  doeul. 
28705  Pour  avoir  que  vous  acquérez, 
Gardez  qu’orgoeulleux  ne  soiez, 

Car  orgoeul  toute  grâce  eflace, 

Neja  de  rien  que  aultre  face 
Ne  dira  bien  ne  loera, 

28710  Mais  du  tout  se  desvoiera. 

Ja  n’est  bon,  ne  vin,  ne  viande, 

S’a  son  volloir  ne  le  commande. 
Encor  s’a  son  volloir  est  pris, 

Si  en  fait  il  aucun  mespris. 

28715  Nulle  riens  si  ne  lui  souffist, 

Trestout  aultrui  chose  despit. 
Meismes  le  temps  voeult  solphier, 

Et  voeult  a  Dieu  contralïcr  ; 

E^  ses  oppinions  sont  tieulx 
28720  Qu’il  fesist  mieulx  que  ne  fait  Dieux. 
Ja  bon  coeur  nul  ne  portera 
Ne  de  coeur  ne  confortera, 

Et  s’il  voit  en  vous  mesproison 
Dont  la  mort  eussiez  en  prison, 

28725  En  tous  lieux  l  ira  denonchier 
En  espoir  de  lui  avanchier, 

Ne  ja  pour  pooir  que  aiez. 

S’il  vous  voit,  moquié  ne  soiez. 

Bon  fait  tel  compagnie  fuir. 

28730  Enfîans,  gardés  vous  du  sieuir; 

Ja  ne  pensez  que  vostres  soient 
F-es  richesses  qui  vous  conjoient. 

N’en  pensez  ja  vostre  nesune. 

Boëce  nous  dit  que  Fortune 


28635  meurs  a  corrigé  d'après  A  —  28652  tu  tien  —  28663  le  suppléé  d'après  A  —  28686  demouroics. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


28735  Ne  poeut  tant  la  face  honnorer 
Que  riens  le  puisse  demourer. 

Les  bienffais  irestous  demourront; 
Trestous  aulires  biens  partiront. 
Enffans,  dateur  n’acompagniez 
28740  Ne  secret  a  lui  ne  teniez.  (45  *i) 
Juvenal  dit  :  «  Quant  il  orra 
Son  amy  plourer,  il  plourra.  u 
Tel  toy,  tel  lui  a  tous  voians, 

Mais  son  coeur  ne  s’en  doeult  ncans. 
28745  Ne  ja  de  parler  ne  soyez 

Hastif  la  ou  vous  ne  doyez. 

Pierre  Alphons  bien  le  deffent, 

Ung  clerc  qui  fu  monlt  tressïent. 

'  Il  dit  :  n  Ja  désirant  ne  soies 
28750  De  parler  que  ainchois  ne  voies 
Se  ta  responce  ou  ta  requeste 
Sera  proffitable  ou  honneste.  • 
Salomon  dist  :  «  Cil  qui  ne  poeut 
L.ui  constraindre,  quant  Raison  voeut, 
28755  De  parler,  de  taire  en  saison, 

Semble  la  cité  sans  cloison, 

Qui  ne  poeut  nullui  retenir  ; 

Et  bien  et  mai  y  poeut  venir.  »» 

Pour  ce  nous  dit,  enflans,  sans  ire  : 
28760  «  Qui  ne  scet  taire,  il  ne  scet  dire.  •> 
Pour  ce  est  bon  tout  faire  apoint. 
Salomon  nous  en  dit  ung  point  : 

Qui  garde  bouce,  il  garde  s’ame.  » 
Encor  dist  il  :  0  S'aucun  diirame 
28765  A  en  toy  ou  aucun  pcchiet, 

Et  aultrui  en  soit  cntechiet, 

A  cellui  vices  ne  reprcns, 

Ainchois  a  toy  blâmer  cntens. 

Et  s'aucun  blâmes  d’aucun  vice 
2S770  Garde  que  pour  tov  ne  le  dice, 

Car  en  ce  fait  ton  jugement, 

Se  le  Philozophe  ne  ment  : 

0  Qui  chastie  aultrui  du  sien  vice, 

Il  se  tient  pour  fol  et  pour  nice.  •» 
28775  Une  abbesse  jadis  cstoit 
Sote  qui  par  amour  amoit. 

Ung  soir  ot  couchié  privement 
Avecques  lui  ung  sien  amant.  1 45  b ) 
Cest  soir,  après  son  rcsveillier, 

28780  Oÿst  ung  huys  dcsvcroullier 
Et  une  nonnain  et  ung  prestre 
De  faire  follour  toute  preste. 

Ne  voult  qu’en  venistcnt  a  chief. 


05 

Lors  voult  prendre  son  coeuvrechïef 
28785  Pour  eulx  jetter  de  leur  emprinse. 

Les  brayes  son  amy  a  prinse  ; 

Et  celle  qui  avoit  grant  haste 
Les  a  mis  par  dessus  sa  teste. 

Les  lanières  qui  y  pendoient 
28790 Tout  au  devant  ses  yeulx  estoient. 

Dist  :  «  Ordc  ribaude  prouvée  ! 

Or  vous  ay  je  en  mal  trouvée  ! 

Bien  diffames  ore  nostre  ordre  ; 

De  male  mort  vous  feray  mordre. 

2 S 79 5  Qui  tous  les  menbres  vous  trairoit, 
L’amende  mie  n’en  aroit. 

Comment  avez  ozé  ce  faire? 

Les  menbres  deussiez  avant  traire. 
Comment  ozé  penser  avez 
28800  L’ort  pechié  dont  morir  devez, 

Que  nulle  aultre  amende  il  n’y  a  ? 

Fya!  fia  !  fia  !  fia  !  » 

La  nonnain  l’abbesse  regarde 
Qui  des  brayes  ne  se  prent  garde. 

28805  Dist  :  «  Dame,  ne  me  blâmez  tant, 

Mais  gardés  bien  qu’a  l’oeul  vous  pent. 

—  Qu'il  m’y  pent,  malvaisc  nonnain?»» 
Lors  l  abesse  a  mise  la  main  ; 

Les  brayes  trocuve,  et  le  lanicre. 

28810  Dont  s’apensa  et  fu  moins  fiere. 

Lors  dist  :  0  Amve,  celle  mov, 

Et  je  celerav  aussi  toy.  »» 

Pour  ce,  enfans,  trop  ne  blâmez, 

Ce  dont,  espoir,  blâme  serez. 

2SS1  5  Et  pour  ce  Cathon  si  l'ensengne, 

Et  dist  que  ung  chascun  s'astiengno,(^5c) 
Et  dist  :  «  Ja  nulz  ne  chastiés 
Du  vice  dont  estes  liez.  « 

Ne  ja  ne  soiés  desirans 
28820  Qu’en  vostre  hostel  soient  manans 
Beaulx  aornemens  mal  acquis. 

Car  ce  est,  de  ce  soiés  fiz, 

Le  miroir  qui  a  mal  atrait 
Et  qui  ameet  corps  perdre  fait. 

28825  A  preudommes  moes  n'affierent, 

Et  tous  mal  nous  volentiers  quierent 
Que  leurs  hosteulx  bien  parez  soient 
Pour  le  los  de  ceulx  qui  le  voient. 

Sy  advint  que  ung  malvais  hom 
iSSJo  Ot  bien  parée  sa  maison 

De  cendaulx  et  de  couvertours 
Et  de  pluseurz  aultres  atours, 


28737  Jemouront  —  28744  scn  corrige  d'après  A  —  28769  blâme  aucun  corrigé  d'après  A  —  28 «Soi 
Que  manque  —  28804  sc  supplée  d'après  A — 28822  Ja  a  preudomme  mais  n.  corrige  d'après  A. 


Tome  1 1 . 


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6  6 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Si  com  sont  ceulx  qui  orendroit 
Gaignent  et  a  tort  et  a  droit; 

28835  N'ont  de  cuisenchon  mais  qu’il  aient 
Honneur  et  a  grant  honneur  soient, 
Et  que  toudis  le  monde  suivent, 

Et  a  honneur  ou  monde  vivent. 

Cil  d'avoir  honneur  se  pena, 

28840  Et  cil  en  son  hostel  mena 
Par  vaine  glore  seulement, 

Pour  vëoir  son  atournement, 
Diogcnès,  se  dit  l’istoire, 

Preudoms  et  de  bonne  memorc, 

28845  Qui  a  Dieu  se  fut  assené. 

Cil  en  sa  chambre  Ta  mené 
Ou  il  avcit  monlt  grant  honnour, 
Maint  riche  drap,  maint  couvertour 
De  soye,  de  gris  et  de  vert, 

2S85o  II  n’y  avoit  riens  descouvert; 

En  ce  lieu  avoit  maint  drap  chier. 
Lors  lui  print  tallent  de  rachicr. 
Entour  lui  ne  vit  qu’il  eüst  [45  d) 
Lieu  bon  ou  rachier  il  peüst, 

28855  Car  tout  estoit  couvert  de  pris, 

De  cendal,  de  vert  et  de  gris, 

De  palios,  de  bouguerant. 

Cil  le  plus  ort  lieu  va  querant  ; 

N’y  vit  plus  ort  du  vis  son  hostc. 
28860  Lors  le  preudoms  vers  lui  s'acoste, 

Si  lui  racqua  en  my  le  viz 
Com  le  lieu  que  il  vit  plus  vilz, 

Car  plus  ort  lieu  il  ne  vëoit 
De  cellui  qui  lez  lui  sëoit. 

28865  La  cause  lui  a  demandé 

Pour  quoy  ou  vis  lui  a  raquié. 

Cellui  qui  ama  Dieu  de  coeur, 

Lui  en  dist  selon  Dieu  le  voir, 

Car  point  il  ne  l’alla  doubtant. 

28870  Pour  ce,  enlTans,  soiez  clervoiant. 
Senecques  dit,  je  m’y  acords, 

Que  noble  aornement  dehors, 

C’est  mesage  a  noble  pensée 
A  fol  conseil  tost  acordée. 

28875  Encor  vous  lo  que  vous  chaciez 
Ad  ce  que  amer  vous  faiciez. 

C’est  ung  tresgracïeux  honnour 
D’avoir  de  toutes  gens  l'amour. 

C’est  a  homme  ëureuse  grâce 
28880  Qui  de  ce  scet  suïr  la  trace. 

Trop  est  fol,  vilz  et  anuieux 
Qui  refuse  riens  gracieux, 

28834  droit  et  a  tort  —  a8838  ou  m.  a  h.  — 
plâé  d'après  A. 


Car  a  en  grâce  leaulté, 

Et  si  doit  avoir  feaulté  ; 

28885  Eeaultéa  leaulté  sert. 

Et  sçavez  vous  comment  on  pert 
Grâce  et  amour?  Vecy  la  proeuve: 
Quant  male  langue  son  viz  coeuvre, 
On  en  pert  toute  amour  mondaine, 
28890  Et  si  en  acquiert  on  grant  paine.  {46  a) 
Car  Cathon  nous  en  dit  ung  point, 

S’il  est  qui  bien  le  mette  apoint, 

Que  fut  de  Queux  le  Seneschaux, 

Qui  de  mesdire  fu  sichaulx, 

28895  Qui  ne  pooit  nullui  vëoir 
Sur  qui  ne  voulsist  assëoir 
Mensongne,  follour,  menterie. 

Tel  langue  puist  estre  tarie  ! 

Si  fut  il  chevalier  yniaulx, 

28900  Hardi  et  courageux  et  beaulx. 

Par  sa  langue  fu  decachié. 

Et  moins  amé  et  moins  prisié; 

Nul  compagnier  ne  le  volloit. 

Et  sçavez  a  quoy  il  tenoit. 

28905  Preudhomme  et  preudefemme  furent 
Cil  qui  pere  et  mere  a  lui  furent, 

Sans  mesdire  et  sans  vilenie, 

Et  extrais  de  bonne  lignie. 

Mais  roy  Artus,  si  comme  semble, 
28910  Et  Queux  furent  noris  ensemble. 

Si  comme  l’escript  m’a  monstré, 

La  mere  Queux  par  sa  bonté, 

Pour  bon  renom  a  lui  covrir, 

Fut  commise  a  Artus  nourrir, 

28915  Et  fut  a  Queux  l’enfant  donnée 
Nourrice  monlt  desordonnée, 
Mesdisant  et  de  mal  renom  ; 
Nomméement  avoit  tel  nom. 

En  males  nouvelles  porter 
28920  Toudis  se  volloit  déporter. 

Elle  l’alaita  et  nourry 
De  lui  et  de  son  lait  pourrv. 

De  lui  print  il  sa  nourreturc 
Et  sa  tresmalvaise  nature, 

2892 5  Dont  il  perdi  toutes  bontés, 

Et  de  pluseurs  fu  déboutés. 

La  mere  qui  Artuz  nourry,  (46  b\ 
Ce  ne  fu  pas  de  lait  pourrv, 

Car  tous  biens  a  lui  assambla, 

28930  Et  Artus  bien  le  resambla. 

De  tresbonnes  meurs  et  leaulx 
Fu  nourry,  s’en  fu  monlt  feaulx; 

28906  Cil  sup • 


28854  il  manque  —  28883  en  grâce  a  — 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


Dont  fait  bon  pour  eschever  vice 
Enffans  baillier  bonne  nourrice, 
28933  Car  maint  traient  naturelment 
A  nourreture  propprement; 

De  la  nature  se  trairont 
Du  lait  dont  alaitié  seront. 

Ne  s’en  doubte  nullui  vivant; 

28040  Dès  la  prent  son  commencement, 

Bon  fait  avoir  pour  enffant  cure 
A  nourrir  de  bonne  peuture, 

Car  quant  a  bon  commencement, 

Il  ara  bon  deflinement. 

28045  Enffans,  des  amis  acquérez, 

Ou  aultrement  grâce  n’arez; 

Tant  com  porrez,  querez  amis. 

De  Salomon  en  escript  lis, 

Qui  tant  fu  monlt  sage  docteur: 

289 5o  <•  Querez,  »  dist  il,  «  amis  pluseur 
Et  entre  mil  ung  conseillier.  » 
Cathon  qui  monlt  fist  a  prisier, 

Qui  fu  philozophe  leaî: 

«  A  ton  bon  compagnon  féal 
28(j35  Dois  tu,  »  dist  il,  «  ton  secret  dire, 

De  ton  meshaing  a  leal  mire. 

Et  ne  tiens,  et  ce  tiens  de  my, 

Nesun  compte  a  ton  anemv; 

Car  s’il  poeut  riens  prendre  en  tes  dis, 
28960  Gabés  en  seras  et  laidis.  0 

Encore,  enffans,  je  vous  scmon, 
Ramembrez  vous  de  Salomon 
Qui  dit:  a  Beau  filz,  ou  que  tu  soies, 
Ja  homme  gabeur  ne  chastoics  ;  {46  c) 
28905  Soies  certain  qu’il  t’en  hairoit, 

Et  le  sage  t'en  ameroit.  »> 

Encore  dit  Jhesus  Siraz 
Qui  tant  het  fraudes  et  baraz, 

Que  fondement  de  bon  coragc 
28970  A  un  homme  preudhomme  et  sage 
Est  de  non  voulloir  reciter 
A  destinées  contrester  ; 

Aussi  bien  dampner  se  porroit 
Ung  homs  tout  seul  qui  riens  n  aroit, 
289-3  Et  fut  enfermé  proprement 
Pour  soy  deliter  seulement, 

Car  délit  néant  convenable 
Si  est  une  chose  dampnable. 

Gardez  vous,  s’en  aiez  memore, 
28980  De  deliter  en  vaine  glore, 

En  gloutonnie,  en  vanité 


67 

Ne  en  nulle  charnalité; 

Car  telle  dellectacion 
Maine  l’homme  a  dampnacion. 

28985  Delitez  en  Dieu  seulement, 

Et  lui  priez  dévotement. 

Bien  devez  penser  et  quérir 
De  bonne  chevance  acquérir, 

Sique  puissiez  a  honneur  vivre. 

28990  Geste  pensée  vous  delivre 
Et  de  tresbon  sentiersquerir 
Par  bonne  chevance  acquérir, 

Et  se  aucun  vous  voeult  dopter, 

Et  par  force  le  vostre  oster 
28995  Par  plaidoirie  ou  aultrement, 

Bien  devez  penser  proprement 
Par  soubtillier,  par  quel  endroit, 
Comment  de  lui  eschaperoit, 

Et  net;  mie  en  vain  deliter. 

29000  Tous  vains  delitz  devez  quiter, 

Car  saint  Grégoire  nous  tesmongne  {4O  d) 
Que  ung  homs  point  tant  ne  s’ensongne 
A  vertus  penser  comme  a  vices. 

Cellui  qui  s’i  délité  est  nices, 

29005  Enffans,  ne  vous  y  délités, 

Car  tost  faillent les  vanités; 

Ains  soiez  quois,  asserizié. 

Thulles  dist:  «  La  loy  d’amistié 
Est  telle  que  ne  demandons 
29010  Vanité,  et  folour  taisons, 

TraVson,  obscurté,  folie, 

Combien  qu’il  soit  qui  nous  en  prie.  » 
Senecque  qui  tant  sceut  de  lettre 
Detfent  que  nul  ne  s’entremette 
29013  Ne  de  sentir  ne  de  rouver 
Ce  que  ton  amy  voeult  celer. 

Encores  nous  loë  en  secré 
Que  n’enquerons  aultre  degré, 

Ne  ne  le  voeullicz  reveller. 

29020  Laissiez  tousjours  le  tempz  aler, 

Et  choille  ton  meschief  et  coeuvre; 

Si  feras  bon  sens  et  bon  oeuvre. 

A  ton  seigneur  ne  te  plains  pas, 

Espoir,  il  ne  te  creroitpas, 

29025  Car  il  penscroit,  tout  de  voir, 

Que  le  voulsisiez  décevoir, 

Par  ta  complainte  et  par  ton  dit. 

Or  entens  que  Orace  en  dit  : 

«  Cculx  qui  par  devant  leur  seigneur 
29030  Souffrent  et  coeuvrent  leur  doleur, 


i.  j.J 

•  x: 


28967  sirac  corrigé  d'après 
—  28971  Et  corrigé  d'après  A 


A  —  28968  fraude  et  barat  corrigé  d'après  A  —  28970  un  manque 
29012  vous  corrigé  d'après  A  —  29021  tocuvre  corrigé  d'après  A. 


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..u.urM.iirv  rtf  IHOiunttî  imairtirV 

ÜïMlfty.U  Uf  MlUtluhn  UûKAttJ^ 


RENARt  LE  CONTREFAIT 


68 

Emportent  plus  assez  ou  tant 
Que  ceulx  qui  s’en  vont  démentant  ;  » 
Car  sc  ton  seigneur  est  sachans. 

De  bien  et  de  mal  congnoissans, 

29035  Sans  plaindre  bien  le  congnoistra 
Et  plus  grant  pitié  l’en  prendra  ; 

Et  s'il  est  mal  et  curieux, 

Félon,  orguilleux  et  ircux,  (4übi*  Ji 
Le  monstrcr  tost  perdu  seroit 
29040  Et  assez  moins  chier  t’en  tiendroit. 

Et  bien  te  lo  que  a  malvais 
Ne  te  plains  de  nulz  de  tes  fais. 

Beau  filz,  sobrement  te  maintien 
Et  de  gloutonnie  t’atien. 

29043  Le  Philozophc  nous  raconte, 

Qui  devoir  dire  n’a  pas  honte, 

Que  honneur  est  a  tov  plus  grant 
Que  de  soif  te  voiscs  plaignant 
Que  tu  te  plaignes  de  ivresse. 

20o3oCc  est  une  joye  qui  blesse; 

Car  Gloutonnie  a  nul  n'afliert, 

Et  cil  sepert  qui  le  requiert. 
S’atrempance  voeulx  maintenir, 
Tousjours  y  vaulras  contenir. 

29033  Especialment  d’autre  part, 

.  Le  glout  n'est  amé  nulle  part. 

Dira  chascun  :  «  Fuiez,  fuiez, 

Gardez  que  ce  glout  ne  sieuez,  *» 

Toute  deshonneur  vous  feroit 
29060  Et  de  nul  bon  gré  ne  sçaroit, 

Car  viande  tant  fust  parant, 

A  glout  ne  seroit  souflisant. 

Tant  com  débonnaire  est  amé, 

Autant  est  le  glout  dilTamé. 

29063  Et  s’aucun  estrange  guerroyé 

Ou  fait  tenchon,  en  my  la  voye, 

Puis  que  de  riens  il  ne  te  touche, 
Eslongier  le  poeulx  sans  reprouche. 
Jhesu  Sirac  si  dist  monlt  bien  : 

29070a  De  ce  qui  ne  te  touche  rien, 

Ne  t’enconbres  en  nulle  guise.  » 

Et  Salomon  si  nous  devise  : 

«  Qui  d’aultrui  vice  s’entremet, 
Proprement  cellui  contrefait  ; 

29073  Qui  prent  le  chien  par  les  oreilles, [40bis b) 
S'il  le  mort,  ce  n’est  pas  merveilles.  » 
Beaulx  enflons,  se  bien  entendez, 

Ad  ce  que  je  vous  dis  tendez. 

Gardez,  soicz  lyez  ou  irés; 

29080 Que  trop  souvent  vous  ne  jurez. 


Pluseurs  sont  qui  ont  tel  manière, 

Que  Dieu  n’y  homs  n’ont  mie  chiere, 

Qu’a  chascun  mot  par  contenance. 

Qui  est  tresmalc  acoustumance, 

29083  Dieu,  sains  et  saintes  jureront, 

Ne  ja  pour  ce  voir  ne  diront. 

Telz  gens  on  ne  doit  de  riens  croire, 

Qui  dient  envis  chose  voire. 

Mais  pensent  croire  le  feront 

29090  Pour  ce  que  tant  le  jureront  ; 

Envis  ja  preudom  le  crera, 

Mais  d’eulx  tost  se  départira, 

Et  se  voir  disoit  propprement. 

Si  croira  ung  preudom  qu’il  nient. 

29093  Pour  ce,  enlfans,  de  moy  tenez; 

Jurez  le  moins  que  vous  porrez, 

Car  jurers  si  sont  ennuieux; 

On  en  voit  peu  de  gracieux. 

A  painc  a  peu  a  Dieu  ira 

29iooQui  si  souvent  le  jurera. 

A  paine  acquerra  grant  honneur 

Qui  si  peu  prise  son  seigneur, 

Et  pluseurs  sont  qui  sans  séjour 

Le  parjurent  vingt  fois  le  jour 

29105 Ne  ja  ne  s’en  repentiront; 

L’endemain  ce  chemin  iront. 

Et  se  d’honneur  avez  envve, 

» 

Sobrement  menez  vostre  vie. 

Deux  fois  le  jour  sëcz  a  table, 

291  loCe  est  vie  a  Dieu  agréable. 

Entre  deux  mengiers  buvez  tant, 

Ce  est  vyc  enfer  attraiant,  (40bis  cj 
Ne  nul  preudom  ne  prent  plaisir 
Trois  fois  le  jour  a  table  sir  , 

2911  5  C’est  vie  de  glout  deshonneste. 
Quatre  fois,  c’est  vye  de  beste. 

Et  sur  tous  les  commandemens 
Que  je  vous  fay,  je  vous  deffens 
De  vous  mettre  en  amour  de  femme 
29 120  Pour  eschever  toute  diffame, 
Especialment  en  putage. 

Ceste  chose  vault  pis  que  rage, 

Car  c’est  de  tous  maulx  la  rachine. 
Qui  que  soit  qui  s’i  enrachine, 

29135  Primes  se  fait  glout  devenir, 

Lui  orguilleusement  tenir, 

Sainte  Eglise  fait  despisier 
Et  maisc  nature  atisier; 

Car  cil  qui  la  si  demourra 
29i3oJa  de  bon  coeur  messe  n’orra. 


□90?!  Car  manque  —  29071  tcnconbrc  —  29082  ny  homme  —  29110  et  291 12  Ccst  —  29129 
riemoura. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


Ne  de  bonne  dcvocion 
En  Dieu  n'ara  s’intencion  ; 

Et  lui  semble  que  c'est  corvée. 
Quant  au  montierfait  demeurée. 

291 35  II  ne  poeult  un  seigneur  servir, 

Envis  poeult  honneur  acquérir. 

Car  il  ne  poeult  celle  laissier 
Qui  de  tout  le  fait  abaissier, 

Et  se  délité  propprement 
29140AU  délit  qui  a  enfer  tent. 

En  malvais  délit  qui  tost  fine. 

La  s'art  en  déclinant  s'espine  : 

Il  s’i  espine,  et  il  s'i  joint. 

Et  en  délitant  s'art  et  point  ; 

29145  En  son  mcschief  il  s'esjoÿst, 

En  ardant  se  point  et  ochist  ; 

Il  s'art  en  ung  feu  douchercux, 

Il  se  tient  rov,  le  malheureux  : 

Il  se  prise  de  deshonneur,  (jW*  d\ 
29150  En  gastant  s'ame  et  son  honneur, 

De  honte  fait  auctorité. 

Et  honneur  tient  pour  vanité 
Et  fait  par  lui  ses  argumens, 

Et  absoult  tous  ses  jugemens. 

29155  Dira  :  «  Ne  suis  bougre  n'herite, 

Ne  pappelart  ne  sodomite; 

Je  fay  trestout  ouvertement, 

Point  ne  le  fay  couvertcment  : 

Telz  gens  comme  suis  ayme  Dieux.  « 
201 60  Sa  sentence  en  est  orez  tieux  : 

Et  qui  d’un  aultre  lui  diroit, 

Aultre  jugement  en  feroit. 

Et  le  tenroit  pour  fol  sans  double. 

Or  voit  on  bien  qu’il  ne  voit  goûte; 
291(0  Cil  trop  malvais  jugement  fait. 

Qui  juge  aultrui  de  son  méfiait. 

S'il  dit  :  «  Bougre  ne  suis  je  mie,  »> 

Et  de  quoy  amend'il  sa  vve  ? 

Guerrie  Dieu  parfaitement 
291 70 Qui  fait  pechié  ouvertement; 

Encor  le  vaulroit  mieulx  couvrir 
Qu’ouvertement  a  tous  ouvrir. 

Nul  ne  poeult  en  pis  remanoir 
Qu’estre  en  pechié  sans  honte  avoir. 
291 75  Qui  n’a  honte  de  son  pechie 
A  mal  IVen  est  atachié  ; 

Et  s'il  advient  que  la  soyez 
Et  en  ceste  dollour  chayez, 

Qu’an  aise  est  nature  acomplic, 

29180  A  ung  homme  dura  sa  vie, 

Sans  luv  mesler  de  cest  mestier, 


f>() 

Mais  il  v  a  bon  recouvrier. 

• 

Quant  vous  en  sentirez  lÿez, 

Fuyez,  entons,  fuyez,  fuyez, 
29iS5Combien  quelecoeur  vouscndoeulle. 
N’est  art,  medecine  ne  foeulle  {4-  j) 
Dont  vous  puissiez  si  bien  joVr 
Comme  du  tout  en  tout  fuvr. 

é 

Le  clerc  qui  fist  cestui  rommant 
29190  En  sccut  bien  lire  proprement, 

Car  tant  y  fust  longue  saison 
Sans  prendre  conseil  a  Raison. 

De  Raison  point  ne  lui  souvint 
Tant  comme  en  cel  estât  se  tint 
29195  Et  tant  com  il  y  sommeilla. 

Mais  si  tost  comme  il  s’esveilla, 

Deslié  se  trouva  et  soculx, 

De  son  temps  perdu  tout  honteux 
Et  delà  male  contenue 
29200  Qui  si  longues  l'avoit  tenue, 

Adonc  vit  goûte  n’ot  vell 
Tant  com  il  ot  ce  mal  eU. 

Trop  envis  a  bonne  fin  viennent 
Ceulx  qui  celle  vie  maintiennent. 
29205  II  en  pert  honneur  et  chevance, 

Chaté,  sens,  force  et  conscience 
Et  toute  bonne  compagnie, 

Et  si  en  acourcist  sa  vie. 

Et  l'homme  qui  bien  cler  verroit, 
29210  A  grant  ordure  le  tenrroit  : 

Ordure  est  et  foie  despence 
Etdcflault  de  toute  science. 

Et  ce  voit  chascun  en  appert 
Que  quanequez  on  y  met,  on  pert. 

202 1 5  Honnie  soit  tel  tirelire 

Qui  ame  et  corps  et  vie  empire; 

C'est  la  souveraine  folie 
Que  homs  face,  saulve  sa  vie. 

A  cheste  fois,  plus  n’en  orrez; 

29220  S'estes  sages,  vous  me  crerez, 

Car  grant  meschief  forment  acroient 
EnfTans  qui  leur  pcrc  ne  croient. 

Et  si  sont  il  pluseurs  enflans  (47  b) 
Qui  pensent  avoir  plus  de  sens, 

2 *  1 2 2 5  Plus  de  memore  et  de  sçavoir 
Que  leur  pere  ne  pot  avoir. 

Et  grant  vergongne  leur  en  prent 
Quant  leur  pore  en  riens  les  reprent, 
Et  si  tiennent  a  grant  despit 
29230  Chatoy  que  leur  pere  leur  dit. 

Et  atantde  ce  je  me  tais 
Fors  tant  q'ung  exemple  en  retrais 


29143  il  manque  —  29155  ne  h.  —  29169  Cil  guerrie  —  29213  telle. 


1 

■ 

► 


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Af  UIAiftirtftti  imcviC.trV 

UÎMtKWU  Vif  MIUitiUiKrt  UttKAtUT-i 


7° 


RENART  LE  CONTREFAIT 


D’un  varlet  qu’ot  nom  Ycarus 
Qui  estoit  filz  de  Dedalus, 

29235  Au  temps  d’Alixandre  le  Grant, 

Si  com  ri  store  le  m’aprent. 

Filz  de  Dedalus  cil  estoit 
Qui  toute  s’entente  metoit 
A  faire  grans  subtilités 
29240  Et  y  pensoit  trestout  adès; 

Tant  art  et  tant  science  aprist 
Qu’il  sceut  plus  que  homs  qui  vesquist, 
Et  par  subtilité  vola. 

Esles  fist,  et  puis  les  cola 
29245  A  poy,  a  gluy  et  a  chiment; 

Tant  y  ouvra  subtillement, 

Et  si  bien  ses  plumes  colloit 
Que  la  ou  voulloit  il  voloit. 

Pluseurs  fois  fist  ceste  maniéré, 

292 5o  Ne  nul  adonc  si  sage  n'yere 
Qui  cel  art  seusist  recouvrer, 

Ne  nul  qui  en  osast  ouvrer. 

Ycarus,  son  filz,  le  voult  faire  ; 

Ung  jour  lui  dist,  ne  s’en  pot  taire  : 
29255  «  Beau  pere,  prier  vous  voulroie 
De  l’art  que  volentiers  prendroie, 
Que  sur  moy  eslez  mesisiez 
Et  a  voler  m’apresisiez. 

—  Beau  filz,  de  toy  multiplier 
29260  Ne  me  convient  il  pas  prier,  (4?  c) 
Car  assez  tost  t’apprenderay 
Et  volentiers  y  tenderay. 

Riens  ne  te  demand  nullement 
Fors  faites  mon  commandement. 
29265  Fay  tout  ce  que  je  te  diray, 

Et  va  le  chemin  que  g’iray. 

Se  tu  le  fais,  tu  es  garis. 

Se  ne  le  fais,  tu  es  péris  : 

Ne  croy  ton  penser  ne  ton  coeur, 
29270  De  tous  biens  seroies  mis  foeur. 

—  Pere,  je  suiray  volentier 
Et  vo  chemin  et  vo  sentier  ; 

G’iray  par  la  ou  vous  irez, 

Et  fe ray  ce  que  voulrez.  » 

29275  Sur  celle  esperance  et  ce  dit, 
Dedalus,  son  pere,  lui  dit  : 

«  Filz,  »  dist  il»  a  mon  sentier  iras, 
Plus  hault  ne  plus  bas  ne  suirras, 

Car  se  tu  voloies  trop  hault, 

29280  Tes  esles  fondroient  au  chault  : 
Naturellement  n’y  sont  mie, 

Ainsi  porroies  perdre  vie. 


Et  se  tu  voloies  trop  bas, 

Ly  air  ne  te  porteroit  pas. 

29285  Siques  par  la  voye  moienne 

Voeulx,filz,quetutiengnestonrengne, 
Car  quicuncques  est  forvoyé, 

Par  la  moyenne  est  ravoyé; 

Se  cestui  chemin  voeulx  tenir, 

29290  Je  t’asseure  de  non  périr.  » 

Tout  ainsi  a  voler  se  prindrent  ; 

Le  chemin  en  l’air  moien  tindrent. 

Le  pere  devant  conduisoit, 

Et  le  filz  après  le  sieuoit. 

29295  Ainsi  que  comme  ilz  s’en  voloient 
Et  au  voler  que  ilz  faisoient, 

Le  filz  forment  se  deduisoit  ;  [47  4* 

Advis  lui  fu  riens  nel  nuisoit, 

Et  pensa  :  «  Mon  pere  nel  voeult 
29300  Voler  pour  ce  que  il  ne  poeult. 

Vieulx  est,  si  ne  poeult  voler  hault, 

Et  se  faint,  ce  est  pour  le  chault. 

Et  je  sens  que  bien  voleray, 

Pour  ce  de  ce  ne  le  creray, 

29305  Et  bien  sens  ne  me  poeut  grever.  » 
Adont  se  vault  amont  lever; 

Ses  esles  tent  en  contremont. 

Tantost  le  vent  l'eslieve  amont, 

Et  si  vault  surmonter  son  pere, 

29310  Et  que  plus  hault  de  lui  appere. 

Tous  les  chastiemens  oublia 
Que  son  pere  mal  emploia. 

Dessus  son  pere  vola  hault 
En  tel  maniéré  que  le  chault 
29315  Dedens  ses  esles  se  ferv. 

La  chire  rompt,  le  gluy  pery, 

La  poye  a  quoy  les  pennes  tindrent,— 
Pour  le  chault  toutes  se  destindrent,— 
La  poye  prinst  a  degouter, 

29320  Et  cil  va  chëoir  en  la  mer. 

Le  vent  ses  plumes  bestourna. 

Et  le  pere  s’en  retourna, 

Qui  moyen  chemin  vault  aller. 

Et  le  filz  se  tint  en  la  mer;  [4$  ‘7Ï 
29325  Se  toute  la  but,  il  n’ot  garde. 

Beau  filz,  tout  ainsi  teprens  garde, 
Qu’ainsi  com  faire  me  verras 
Trestout  ainsi  tu  le  feras, 

Et  tout  ainsi  prendras  ta  prove, 

29330  Com  verras  que  prendray  la  move. 
Enffans,  oez  et  retenez 
Et  tous  bons  dits  a  bien  tenez. 

—  27280  fonderoient  corrigé  d'après  A  — 


29278  Ne  plus  hault  ne  plus  bas  niras  corrigé  d'après  A 
29295  que  suppléé  d'après  A. 


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QUATRIÈME  BRANCHE 


S’un  sage  vous  dit  une  chose, 

Prenez  la  texte  et  puis  la  glose. 

2p335  Glosez  a  quoy  se  poeut  monter, 

Et  gardés  vous  bien  de  tourner 
Et  ses  paroles  et  ses  ditz 
A  vo  voloir,  a  vos  desdis 
N'a  vostre  delectacion; 

29340  Et  ayez  vostre  intencion 

Que  aussitost  vous  est  contraire 
Ce  qu’il  dit  que  pour  vous  bien  faire  ; 
Pour  quoy  riens  ne  dois  escouter 
Que  tu  ne  doyes  sus  gloser. 

29345  Le  conte  Ferrant  et  sa  mere. 

Quant  leur  dit  la  parole  amere 
Plaine  de  venin  et  de  fiel 
L’Anemy  qui  chey  du  ciel, 

Le  dit,  ilz  ne  glosèrent  mie. 

29350  Cy  devant  en  avez  la  vye. 

Aussi  ne  fist  le  cler  Virgille. 

Si  n’ot  il  mie  en  nulle  ville 
Si  sage  clerc  ne  si  sciant, 

Si  soubtil  ne  si  cler  veant. 

29355  Si  faillit  il  bien  a  gloser, 

Ainchois  voult  tout  le  dit  l'oser. 
Vous  orrez  comment  mal  glosa, 

Et  comment  mal  il  se  garda. 

Virgille  plus  fu  sapiens, 

29360  Plus  clerc,  plus  sage  et  plus  scïens 

Que  nul  qui  a  son  temps  vesquist ,(4Wj 
Et  plus  de  grans  merveillez  fist. 

Pour  voir  il  fist  de  grans  merveillez; 
Homs  naturel  ne  fist  pareillez. 

29365  Et  si  fut  il  bien  decheü 

Cil  qui  fut  tant  sage  scell. 

Ung  peu  de  son  sens  vous  dirav, 

Et  puis  aprez  je  vous  liray 
Comment  déchut  fut  sans  fausser 
29370  Tout  par  deffault  de  bien  gloser, 

Combien  qu'il  fut  de  grans  sens  duitz. 
Il  fist  de  Naplez  les  conduitz; 

Par  soubz  terre  de  pierre  estoient 
Qui  vin  grec  a  Romme  livroient: 
29375  De  dix  journéez  la  venoit 

Par  les  conduitz  que  fait  avoit. 

Il  fist  ung  pont  sur  la  riviere, 

Que  ad  ce  tempz  si  sage  n’yere 
Qui  sceust  de  quoy  fait  il  estoit, 

29380  Ne  dont  le  fondement  venoit, 

Et  comment  la  pierre  on  y  mist. 


Cil  une  mouche  d'arain  fist, 

Que  toutes  mouches  qui  estoient 
Icelle  approchier  ne  pouoient 
29385  D’un  jet  d’une  pierre  tenant 

Qu'elz  ne  morussent  maintenant. 

Il  refist  ung  cheval  d’arain, 

Que  tout  cheval  plain  de  mehain 
Tantost  que  ce  cheval  vëoient, 

2<)3qo  De  ce  mehaing  se  garissoient. 

En  my  Romme  ung  mirèor  fist 
Et  tout  en  my  Romme  le  mist, 

Que  tous  ceulx  qui  le  regardoient 
D’une  journée  voir  pouoient 
29395  Toute  humaine  créature 
Qui  avoit  volenté  ou  cure 
De  Romme  nuire  ou  de  grever; 

La  le  porrent  vir  et  trouver.  {48  c) 
I liée  vëoit  on  qui  venoit 
29400  A  Romme  ou  qui  nuire  y  vouloit. 
Mainte  grant  chose  faire  osa; 

Or  oyez  comment  mal  gloza. 

A  une  dame  du  pays 

Fut  il  par  grant  amour  bays, 

29405  Et  a  grant  merveillez  l’ama, 

Et  son  coeur  en  elle  sema  ; 

Pluseurs  fois  en  veille  et  en  pense 
Tant  qu’il  en  pert  la  contenance. 
Celle  dame  est  de  grant  atour 
29410  Et  demouroit  en  une  tour 

Qui  fut  plus  haute  de  dix  lances. 

Cil  qui  la  mist  ses  contenances 
Lui  tramist  u«e  mesagiere 
Qui  de  s’amour  lui  fist  prïere 
2941  5  Que  elle  le  voulsist  amer 
Et  de  fait  son  amy  clamer; 

Et  se  elle  vouloit  richesses, 
Terrïennetés  et  noblesses, 

Tant  l’en  douroit,  a  dire  voir, 

29420 Que  elle  en  bien  voulroit  avoir. 

Celle  qui  eust  le  coeur  faintis, 

Qui  eust  au  coeur  monlt  de  despis. 
Et  lui  manda  par  malvais  tour 
Que  elle  bien  volloit  s’amour, 

29425  Et  que  sa  voulenté  feroit 

Et  que  de  coeur  bien  l’ameroit  ; 

Mais  ne  pooit  a  lui  aller. 

Mais  s’il  se  volloit  tant  pener 
Et  que  trop  il  ne  lui  anuit, 
2943oTantost  quant  viendra  a  minuit, 


29338  vo  desdis  —  29347  et  de  miel  —  2g35o  Cf.  plus  haut  v.  2743-2788  —  29384  Celle  —  29386 
Quel  morusse  —  29391  miroir  —  29397  ou  greuer  —  29399  on  manque  —  29400  A  manque  —  29420 
bien  manque  —  29421  faintif  —  29422  despit. 


•  t: 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


72 

Qu’il  venist  au  pié  de  la  tour; 

La  mettroit  apoint  son  atour. 

Une  corbeille  descendroit, 

Et  Virgille  cns  se  metteroit 

20435  «  Et  amont  tantost  vous  trairons, U#  il 

S'il  vous  plaist,  ainsi  le  ferons; 

A  tirer  ne  faulrons  nous  mie. 

Ainsi  l’ordonne  vostre  amie.  » 

Cil  ne  pensa,  ne  ne  glosa. 

29440  Tant  a  celle  dame  pensa, 

A  la  tour  est  la  nuit  venus. 

lllecques  s’est  tous  quois  tenus. 

Et  tant  se  vault  illec  tenir 

Qu’il  vit  la  corbeille  venir; 

20445  Et  cil  s’est  tost  dedens  bouté, 

Adont  fut  il  amont  tiré. 

Quant  au  droit  millieu  fut  saquié, 

Adont  illec  fut  atacquié 

Qu’il  ne  pot  monter  n’avaller. 

20450  Or  poeult  illec  des  mains  voiler; 

Etillecques  lÿez  se  tint. 

Jusques  par  tout  le  beau  jour  vint. 

Tout  le  mondes  v  est  venu 

• 

Etchascun  s’est  illec  tenu  ; 

29435  Disoient  :  «  Vezcy  grant  merveille  ! 
Vëez  Virgille  en  la  corbeille  î  •> 
Virgille  qui  tant  ot  sçavoir 
Pot  illecquez  grant  honte  avoir. 

Et  toute  Rommc  y  acourut, 

29460  A  ungchascun  cecy  parut. 

Et  quant  le  mydi  fu  allé, 

Adonc  fu  de  corde  aval  lé.  179  j) 
Et  se  il  eust  le  mot  glosé, 

N’eust  point  illec  esté  posé, 

20465  Quant  elle  dit  :  «  Vous  entrerez. 

Et  puis  amont  tirez  serez.  « 

Il  fut  tiré  amont  pour  voir. 

Mais  n'acheva  pas  son  volloir, 

Car  bien  convent  elle  lui  tint  ; 

29470  Mais  mal  la  parole  retint 

Entre  monter  et  parmonter. 

Cil  mot  affiert  a  monlt  douter 
S'il  eüst  dit  :  «  Vous  monterez, 
Jusqu’à  sauveté  me  metrez.  » 

29475  Par  peu  penser  fu  decheü 
Cil  qui  fu  tant  sage  sceü. 

Se  a  le  lin  pensé  eüst, 

La  honte  demourée  fust. 

Non  fist  la  dame  ennisun  point; 
29480  En  son  volloir  ne  glosa  point, 

29432  metteroit  —  29433  monde  —  29451,  Et 
les  v. 


Car  s’elle  eust  monlt  bien  glosé, 

Ne  eust  point  le  fait  achevé. 

Se  bien  eust  volu  espanir 
Les  maulxqui  en  porrent  venir 
29485  D’un  clerc  si  sage  ainsi  lober. 

Avant  eust  laissié  desrober 
Et  sa  robe  et  son  pelichon 
Que  s'acordast  a  tel  lichon. 
l'oint  ne  pensa  ne  seust  choisir 
29490  A  quelle  fin  en  deust  venir; 

Et  la  fin  je  vous  en  diray 
Et  tout  par  my  le  voir  iray. 

Quant  Virgille  fut  avalé. 

De  son  meschief  fut  demalé 
29495  Et  de  honte  qu’il  pot  avoir: 

Lors  prisa  monlt  peu  son  savoir, 

Et  dit  jamais  ne  s’ara  chier, 

Se  de  ce  ne  se  poeut  vengier. 

Et  lors  mist  sa  science  en  coche; 
2q5oo  Comme  a  la  chose  qui  lui  touche  (4g  b) 
Il  y  a  pensé  et  dité. 

Lors  fist  qu’en  toute  la  cité 
De  dis  lieuées  tout  a  point 
11  ne  demoura  de  feu  point  ; 

29505  Tout  fust  estaint  sans  detrier. 

Lors  fist  par  ung  varlet  crier  : 

Qui  du  feu  voulroit  acquérir 
Le  voit  a  tel  dame  quérir  : 

Entre  scs  jambes  en  ara, 

29510  Ne  ailleurs  n’en  recouvera, 

Nul  ne  sceust  ailleurs  feu  trouver. 
Qui  dont  veVst  la  gent  ouvrer, 

T  antost  fu  celle  tour  brisée 
Et  celle  grant  dame  escourssée. 

29 5 1  5  Droit  en  my  la  ville  fu  mise, 

Et  en  ung  hault  lieu  fu  asize. 

Illec  chascun  son  con  tenoit 
Et  chascun  du  feu  y  prenoit; 

A  son  con  chandeilles  metoient 
29520  Et  a  son  con  les  alumoient, 

Et  cil  qui  alumé  avoit 
A  aultrui  aidicr  n'en  pooit. 

Il  n’en  pooit  aidier  nullui, 

N’en  avoit  mestier  que  a  lui. 

2952?  Celle  fu  illec  ordonnée 

Tout  le  jour  de  la  matinée 
Jusquez  il  fut  la  nuit  obscure, 

Toute  nue  sans  couverture. 

Toutes  jour  chandeilles  boutoient 
29330  Et  toute  jour  les  alumoient, 

manque  —  29464  illecques  —  29529  Toutes  —  29330 


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QUATRIEME  BRANCHE 


?3 


Chascun  le  vit  en  cest  ordon. 

Ainsi  en  eust  cest  gueredon; 

Lors  soy  présent  gueredon  fi st 
Celle  qui  en  otgrant  despit. 

29535  Encor  aultrement  se  déchut 
Cil  qui  trop  petit  s’apperchut, 

Qui  tant  sceut  science  et  clcrgie. 

Il  sceut  toute  l'astronomie,  >40  ci 
Souveraine  des  sept  sciences, 

29540  Plaine  de  trestoutes  substances. 
Astronomie  est  la  maistresse 
Et  des  sept  la  gouverneresse  : 

Le  premier  qui  y  fut  voc 
Ce  fu  Sem  qui  fu  filz  Noé, 

29545  Qui  de  droit  coeur  y  entendit  ; 

Et  Dieu  cel  art  si  lui  tendit. 

Et  cil  ot  de  cel  art  le  don. 

Et  aprez  lui  le  sceut  Cathon. 

Aprez  Cathon,  Platon  lesceust, 

2o35o  Qui  si  grant  science  en  lui  eut. 
Virgille  fut  aprez  iceulx 
Qui  en  fu  maistre  naturculx. 

Par  cellui  maistre  fu  sccü 
Et  par  peu  gloser decheü. 

20555  Si  fut  il  maistre  des  gloseurs 
Et  des  liseurs  et  des  docteurs. 

Et  si  fut  par  parole  obscure 
Mise  au  nient  toute  sa  nature. 
Combien  que  maulx  sceut  retarder, 
29560  lllec  ne  s’en  pot  il  garder. 

Je  dy  en  ce  mal  qu’il  ne  pot, 

Mais  je  voeul  dire  qu’il  ne  sot; 

Si  sceut,  mais  ne  s’en  advisa. 

Et  sa  science  despisa, 

2q565  Despisa,  a  droit  recorder, 

Pour  ce  qu’il  n’y  daigna  penser, 

Car  si  grant  maistre  se  cuidoit, 

Et  pour  ce  il  s’outrecuidoit. 

Si  ne  daigna  prester  science  ; 

29370  Si  chey  en  oultrecuidance, 

Car  qui  sa  science  desprise, 

Sa  science  petit  le  prise. 

Adont  si  fault  a  son  esmer, 

Sa  science  ne  doit  blasmer, 

29575  Mais  lui  qui  penser  n’v  daigna 

Et  par  orgoeul  le  desdaigna,  (4/4  J j 

Je  vous  en  voeul  icv  compter 
Et  de  ce  vous  voeul  raconter 
Comment  par  orgoeul  ne  crut  mie 
.  science  ne  sa  clergie. 

Science  adès  bonne  sera. 

29558  néant. 


Pour  malvais  point  ne  cessera  , 

Qui  le  voeult  croire,  si  le  croye. 

Et  qui  voeult  forvoycr,  forvoie. 

2o5R5  Mais  pour  forvov  que  nuilui  face, 
Science  n’en  croit  ny  abaisse. 

Se  Virgille  folie  crut, 

Et  point  sa  science  ne  crut, 

Doit  on  sa  science  blasmer? 

29590  Non,  non,  mais  le  bien  dilfamer. 
Encor  crut  il  plus  son  contraire 
Que  science  ne  fist  pas  faire. 

Il  fist  une  teste  darain 
Faite  par  tel  sens,  par  tel  main 
29595  Que  quaneques  on  lui  demandoit 
Du  temps  que  advenir  estoit, 

Qui  en  vouloit  le  voir  sçavoir, 

Ceste  teste  en  disoit  le  voir. 

Ung  jourdeust  hors  de  Romme  aller, 
29600  Qu’il  ne  pot  la  voye  celer, 

Pour  grandes  bezongnes  cellées, 

Et  fut  plus  loing  de  trois  journées, 

En  ung  mois  de  septembre  advint. 
Adont  il  a  sa  teste  vint  : 

29605  «  Je  demand,  »  dist  il,  «  que  feray  ? 

Se  en  santé  retournerav 

Et  se  j  aray  point  maladie 

Qui  medove  acourchier  ma  vie?» 

La  teste  lui  a  respondu  : 

29610  «.  Ainsi,  u  dist  elle,  «  saches  tu 
Que  n’y  aras  mal  ne  moleste, 

Se  tu  voeulx  bien  garder  ta  teste; 

Et  se  ne  le  scez  bien  garder, 

Mal  te  venrratout  sansdoubter.  »  (5oa) 
29615  Dist  cellui:  «  Bien  le  garderav. 

Avec  moy  la  clef  porteray.  » 

Lors  a  tantost  sa  teste  prise, 

En  une  fort  vante  l'a  mise, 

La  plus  forte  que  nul  sceust  querre  : 
29620  De  chaines  et  de  clefs  l’ensserre, 

Que  se  trestoute  Romme  ardit. 

Pour  ce  sa  teste  ne  perdit  : 

«•  Or  seras,  »  dist  il,  «  bien  gardée.  »> 
Adoncquez  feïst  son  allée: 

296*5  Au  cheminer  tantost  se  mist, 

Et  au  retourner  que  il  fist, 

Le  soleil  fust  en  sa  haulteur 
Et  en  sa  tresgrande  chaleur, 

Et  si  grant  chault  aval  jettoit 
2 96 3 o  Que  tout  en  ardeur  se  metoit. 

On  ne  le  pooit  contrester, 

Ne  nul  ne  pooit  hors  ester 


b 


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“L  UïMLUj’.u  ur  tmutuviKrt  uüMtuu 


74 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Que  le  chault  tout  ne  l’eschaufast, 
Et  que  le  corpz  ne  lui  gastast. 
29635  Virgille  tousjours  chevaucha  ; 

La  challeur  de  lui  s'aprocha, 

Et  au  chief  si  grant  mal  lui  mist 
Que^trestout  le  cervel  lui  cuist, 
Qu'a  Romme  ne  pot  revenir, 

29640  Car  la  mort  le  fist  amatir. 

Et  si  ne  pot  estre  autrement, 

Et  s’il  eust  glosé  sagement, 

Quant  il  ot  faite  sa  requeste, 

11  lui  fut  dit  :  «  Garde  ta  teste.  » 
29645  Se  sa  teste  gardée  eüst, 

Ja  si  trestot  mort  il  ne  fust. 

Mais  il  s’en  passa  sinplement, 

29662  aultre  manque. 


Et  print  le  teuxte  seulement. 

Combien  que  gloser  bien  sceüst, 
2o65oTresmal  advis  par  lui  prins  fust. 

Pour  ce,  enffans,  advisez  soyez  ;  ( 5o  b\ 
Sophicques  choses  ne  croyez, 

Car  le  teuxte  souvent  poeut  faire 
Ce  dont  la  glose  est  au  contraire, 

29655  Et  monlt  souvent  dient  les  sages 
Paroles  qui  ont  deux  visages, 

Et  bon  y  fait  considérer 
Qui  voeult  en  paix  vivre  et  durer. 
Aultrefois  vous  enparlerav: 

29660  De  ceste  matière  tairay. 

Sien  irons  en  aultre  cure 
Quérir  aucune  aultre  adventure.  » 


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CINQUIEME  BRANCHE 


«  Perche  Haye,  tu  es  amé, 

Si  dois  estre  le  plus  séné. 

29665  Avecques  moy  tu  t’en  venras  : 

Si  com  je  feray,  tu  feras, 

Et  prendras  si  com  je  prenrav, 

Et  comme  aultrefois  dit  le  t’av.  - 

# 

Lors  s’est  Regnart  acheminé, 

29670  Son  filz  a  avec  lui  mené. 

Entrés  se  sont  en  une  ville. 

Il  fut  feste  sainte  Penphile 
Que  les  vilains  oizeuxestoient 
Et  par  ces  gardins  se  gesoient; 

29675  Gardoient  leurs  clos  et  courtilz, 
Radoubans  leurs  vielz  baubeliz, 

Et  dampt  Constant,  le  filz  Regnier, 
Faisoit  en  son  mez  ung  panier; 

Ses  guelines  lez  lui  avoit, 

29680  Et  le  vilain  monlt  bien  sçavoit, 

Et  pour  ce  qu’il  fut  mal  haitié, 

Se  fut  soubz  l’avant  toit  muchié. 

lllec  s’est  alé  asseoir 

Tant  que  Regnart  nel  pot  vcoir. 

29685  Les  guelines  monlt  regardoit 

Poiîr  ce  que  monlt  grant  fain  avoit. 
Son  filz  appella  coyement  : 
a  Perche  Haye,ore  vieng  avant.  (5o  c) 
Bien  sagement  te  contenrras  : 

29690  Ainsi  com  je  feray,  feras; 

Ainsi  com  je  prenray  la  moye, 

Preng  l'autre,  puis  t’en  vas  ta  voye, 
Et  si  n’y  quier  point  de  delay. 

—  Beau  pere,  ainsi  je  le  feray, 

29695  Puis  que  vous  le  m’alez  disant.  » 
Adoncquez  Regnart  sault  avant 
Qui  ne  fut  ne  niche  ne  fol. 


Une  gline  aert  par  le  col, 

Et  si  entre  ses  dens  le  trait, 

29700  Qu’elle  ne  crie  ne  ne  brait. 

Braire  et  crier  tout  lui  toilly, 

En  la  granche  atout  s’en  fuj*; 

Par  senz  l’emporte  sagement. 

Et  Perche  Haye  une  aultre  en  prent 
29705  Par  le  dos  et  le  houchepine. 

Lors  prent  a  braire  la  geline, 

Car  il  ne  l’a  pas  apoint  prins. 

Par  dessoubz  la  porte  s  est  mis 
Atout  le  peuple  qui  crioit. 

29710  Si  tost  comme  le  vilain  l’oit 
Ainsiques,  la  geline  braire, 

Lors  se  lieve  et  vit  bien  l’affaire. 

Bien  a  Perche  Haye  veU, 

Mais  Regnart  n’a  yl  point  seU. 

20715  Dist  le  vilain  :  a  Par  saint  Martin, 
Regnart,  tu  levas  trop  matin! 

Ne  t’aidera  barat  ne  guille.  » 

Lors  le  vilain  coeurt  en  la  ville, 
Dessoubz  l’ourme  ou  lez  autres  sirent. 
29720  Plus  de  bourdes  que  de  voir  dirent, 
N’oncquez  de  bonne  intencion 
Il  n’y  ot  faite  mencion 
Fors  que  de  l’un  l’autre  enseignier 
Pour  tous  leurs  maistres  engignier, 
29725  De  faire  faintises  journées  (5o  d) 
Et  de  desirer  les  vesprées, 

De  séoir  longues  au  disner, 

Et  puis  prendre  le  ressiner, 

Et  puis  faire  lâche  journée, 

29730  Tant  qu’elle  soit  toute  en  allée, 
D’ouvrer  tousdis  faintisement 
Et  d’estre  en  estant  longuement, 


29688  or  —  29691  la  moy  —  29694  je  manque  —  29698  geline  —  29711  La  geline  a.  —  29714  veu 
corrigé  d'après  A  —  29723  que  suppléé  d'après  A. 


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REKART  LE  CONTREFAIT 


76 

Aler  mener  leur  vache  paistre 
A  la  journée  de  leur  maistre, 

29-35  Leurs  aisemens  faire  aguisier, 

Souvent  avant,  souvent  arrier, 

Et  faire  souvent  relevée 
Pour  apetinchier  leur  journée, 

A  leur  tache  bien  tuer  s’osent, 

29740  A  leur  journée  se  reposent. 

S’ilz  est  nouvelle  qu’ilz  le  sachent, 
Toute  leur  force  leur  bien  cachent, 

Et  chascun  son  bon  labeur  coeuvrc 
Tant  que  ilz  soient  en  leur  oeuvre: 
29745  En  aultrui  oeuvre  tout  deslient 

Et  en  la  leur  n’est  riens  qu’ilz  dient; 
Parler  ne  rire  on  ne  les  oit, 

Se  le  jour  trestout  l’an  duroit. 

De  tout  ce  consille  parloient 
29750  Les  villains  qui  soubz  l’orme  estoient, 
L’un  l’autre  pour  bien  tesmongnier 
Et  de  jurer,  s’il  est  mestier, 

Se  leur  maistre  les  vient  vëoir 
Ou  se  vient  delez  eulx  seoir, 

29753  Faire  le  preu  et  ouvrer  fort. 

Trestous  furent  a  cest  acord  ; 

Et  le  vilain  crie  a  grant  cry  : 

«<  Or  ça,  Constant  I  Or  ça,  Landry! 

Or  ça,  Michiel!  Or  ça,  Bernard! 

29760  Car  par  le  ventre  saint  Lienard, 
Regnart  qui  tant  fait  mesproison 
Si  est  bouté  en  ma  maison.  (5/  a) 
Une  geline  en  a  portée. 

En  nostre  granche  l’a  boutée. 

29765  Or  sus!  gardez  ne  vous  faigniez, 

Car  huy  sera  il  engigniez, 

Cil  qui  tout  le  monde  déchoit. 
Chascun  courre  et  venir  y  doit  ; 

Encor  y  est,  j’en  suis  certains.  »> 

29770  Qui  donc  oVst  parler  villains, 
Especialment  pour  le  dit 
Que  ce  estoit  pour  leur  profïit. 

Pour  ce  sont  tous  escrïés 
Que  Regnart  est  mal  arrivez, 

29775  Ne  lui  vaulra  malicïer. 

Chascun  coeurt  ses  chiens  deslïer, 

Et  vont  criant  comme  dragon; 

N’y  a  sens,  mesure  n’ordon, 

Ne  scevent  sens,  raison  ne  foy  ; 

29780  C’est  quanqu'ilz  scevent :«  Paiezmoy  !.» 
Qui  vëyst  vilains  fremïer, 

Et  leurs  saullers  bien  relier, 

Et  leurs  estiviaulx  ravoler, 

29786  ulz  —  29827  donc. 


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Et  peux  esrachier  et  doler, 

29785  Et  leurs  serpes  mettre  a  leurz  culz, 
Selon  leurs  coustumes  et  uz, 

Et  jurer  les  entraillez  Dé, 

Telz  gens  doivent  estre  douté. 
Regnart  oV  vilains  tenchier, 

29790  Et  bien  scet  dès  le  coninencier  (5/  b\ 
Que  son  filz  emporta  la  proye. 

Que  il  venroit  par  ceste  voye  : 

«  Mal  a  fait  mon  conmandement 
Que  dit  lui  avoye  souvent. 

29795  Or  vov  qu’il  l'en  convient  morir; 
Nulle  riens  ne  l’en  poeut  garir. 

Par  s'enflance  et  par  sa  folie 
Convient  que  il  perde  la  vie, 

Et  je  en  suis  en  adventure. 

29800  De  telz  soûlas  je  n’eusse  cure; 

On  me  doit  bien  tenir  pour  beste. 
Mais,  par  les  deux  yeulx  de  ma  teste, 
J’ayme  mieulx,  et  faire  le  doy, 

La  mort  soit  sur  lui  que  sur  mov. 
29805  Se  ung  millier  de  filz  avoye 

Et  la  mort  prez  moy  je  sentove, 

Tout  douroye,  et  el  me  quitast; 

Ne  vis  onequez  nul  qui  amast 
Mieulx  autre  de  lui  qui  fust  sage, 
29810  Et  say  je  tout  plain  d’avantage 
Que  de  lui  ne  me  doit  challoir. 

Se  il  moeurt  par  son  fol  sçavoir, 

Tout  plain  d'aultres  suis  a  l’hostel 
Qui  sont  aussi  plaisant  ou  tel; 

29815  Et  se  n  avoye  plus  de  beaulx, 

Si  av  je  encore  les  marteaulx 
A  quoy  fut  fais  pour  autre  faire. 
Encore  est  entière  l’aumaire, 

Et  sa  mere  a  encor  l’enclume 
29820  Qui  mes  marteaulx  ne  prise  plume. 
L’enclume  ne  puis  enpiricr, 

Tant  sache  batre  ne  hauyer; 

Ne  du  perdre  n’ay  je  pouoir. 

Donc  doy  bien  esperance  avoir  : 
29825  Se  j’en  pers  ung,  j'en  aray  deux 
Se  je  voeul  bien  entendre  a  eulx. 
Plus  ne  m’en  esbahiray  don.  (5 r  c) 
Or  en  prengne  son  gueredon: 

N’ay  plus  loisir  de  detrïer, 

29830  Car  j’ay  oV  vilains  crier.  » 

Regnart  oV  que  le  pourpris 
Orent  ja  les  vilains  pourpris, 

Ne  eust  pertuis  que  on  seüst 
Que  tresbien  estoupé  ne  fust, 


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Cinquième  branché 


2<jS35  Fors  ung  seul  que  ireshien  gardoient; 
Leurs  grans  chiens  la  laissiet  avoient. 
Or  a  Regnart  mestier  d’ayeue, 

Qui  monlt  souvent  son  filz  argue  : 

«  Or  tost,  »  dist  Regnart,  «  haste  toy, 
29840  Et  ne  fay  plus  cy  de  delav.  »» 

Adonc  cil  qui  fu  plain  d’enffance, 
Prinst  sa  proye,  ist  hors  de  la  granche. 
Tantost  que  les  vilains  le  virent, 

A  leurs  chiens  tost  prendre  le  tirent; 
2**845 Tous  ensanble  s'i  assemblèrent. 

Tost  fu  prins  et  tost  l’estranglerent. 
Mort  remportèrent  a  grant  jovc, 
Chascun  s’esjoïst  et  festoie, 

Bien  cuident  cstre  en  bon  eiïr. 

2g85o  Dient  :  «  Or  sommes  nous  asseur 
De  Regnart  qui  tant  nous  a  nuit.  »» 
Adoncquez  remportèrent  tuit, 

Grant  joye  et  grant  feste  en  firent .(5/</) 
En  my  le  champ  ou  feu  l'ardirent, 
2o855  Et  a  tabours  et  a  carolles; 

Monlt  y  ot  de  foies  parolles. 

Vilains  entour  le  feu  dansoient, 

Et  sotement  se  dcmenoient. 

Regnart  vit  bien  trestous  scs  fais, 
29860  Mais  pour  paour  de  mort  s'est  tais. 
Quant  ilz  eulrent  fait  cest  affaire, 
Chascun  s’en  va  en  son  repaire. 

Lors  Regnart,  quant  nul  n’a  veü, 

De  la  granche  s'est  esmcü  ; 

2<j865  A  son  hostel  tout  droit  s'esmoeut  : 

Ainsiques  fait,  qui  mieulx  ne  poeut. 
En  son  hostel  si  demourra 
Et  dit  que  illecques  sera 
Jusquez  cest  y  ver  soit  passe 
29870  Et  son  meschief  soit  trespassé. 

Cest  compte  cy  si  se  taira, 

Et  ung  aultre  conte  en  fera 
Le  Clerc  qui  cestui  livre  a  fait, 

Qui  est  Regnart  ie  Contrefait. 

29875  Oncquez  mais  on  n'en  vit  nulz  telz; 
Comment  il  fu,  or  entendez. 

On  doit  amer  et  chier  tenir 
Ceulx  qui  voeullent  a  bien  venir, 

Qui  tendent  a  honneur  avoir, 

29880  A  Grâce  acquerrc  et  a  sçavoir, 

Qu’a  peu  a  honte  poeult  venir 
Cil  qui  tent  a  honneur  quervr, 

Car  a  quérir  honneur  et  terre 


?: 

Il  convient  premier  Grâce  acquerrc  ; 
2988?  Car  Grâce  est  le  commencement 
D’avoir  honneur  et  sauvement, 

Et  cellui  qui  poeut  Grâce  acquerrc, (52  j) 
De  tresbonne  heure  vint  sur  terre, 

Car  envis  est  qui  Grâce  porte 
29S90  Que  il  passe  d’infer  la  porte; 

DetTault  n’ara  de  biens  terriens 
Ne  ne  chcrra  en  maulx  liens. 

Ne  ja  povreté  ne  verra 

Qui  bonnement  Grâce  acquerra. 

29895  Grâce  descent  d  Humilité 

Qui  est  propre  soeur  Charité, 

Car  cil  qui  a  Grâce  de  Dieu 
Sans  Charité  n'est  en  nul  lieu, 

Car  de  Grâce  naist  Pascïence, 

29900  Naist  de  Pascïence  Abstinence, 

Beau  Parler  et  Beau  Saluer, 

Et  avecque  ce  Bien  Amer. 

Gracieux  ayment  loialment, 

Gracieux  donnent  bonnement; 

29905  De  Grâce  vient  toute  Bonté, 

Toute  Bonne  Société, 

Bonne  Fin  et  Bonne  Espérance; 

Toute  Bonne  Persévérance 
Troeuve  de  Grâce  les  sentiers. 

29910  Benoit  soit  qui  Grâce  premiers 
En  cest  pays  nous  aporta, 

Par  qui  vint  et  qui  l’envoya. 

Ce  fu  celle  en  qui  sans  doubler 
Le  vray  Dieu  se  vint  hosteler, 

29915  Celle  qui  par  son  grant  mérité, 

Pere,  Filz  et  saint  Esperite, 

Et  au  porter  se  déporta, 

Et  ung  seul  enfTant  aporta 
Envelopé  de  char  humaine, 

29920  Pour  nous  jetter  tous  hors  de  paine; 
Celle  en  qui  trestous  biens  habunde  ; 
Celle  aporta  la  Grâce  au  monde; 

De  la  vint  la  Grâce  première. 

Pour  ce  lo  que  chascun  l’acquiere  ;  (52  b) 
29923  Et  chascun  le  poeult  recouvrer 

Qui  voeult  celle  dame  honnourer, 

Et  envis  recouvrer  le  poeult, 

S’amer  et  servir  ne  le  voeult. 
Quicuncques  le  vouldra  servir 
29930  De  chascun  se  fera  chierir. 

Monlt  est  cil  plain  de  grant  sçavoir 
Qui  envers  tous  fait  son  devoir, 

Et  plus,  cil  qui  se  scet  garder, 


29847  Monlt  corrigé  d'après  À  —  29877  On  lit  en  rubrique  :  Histork  —  29880  a  manque —  2<)88.i 
le  manque  —  29900  Naist  manque  —  29902  avec. 


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7» 


RENART  le  contrefait 


Qui  tous  ses  maulx  scet  retarder; 

29935  Car  qui  en  ce  sciecle  voeut  vivre. 

Divers  chemins  lui  convient  suivre, 
Divers  fais  et  divers  corages. 

Envis  poeult  homs,  se  monlt  n’est  sages, 
Lui  garder  en  nulle  maniéré 
29940  Que  malvais  tempes  ne  le  fiere. 

Temptez  est  homs  par  maintz  aguez, 
Combien  qu’il  soit  saillant  et  guez  ; 

Mais  le  plus  si  sont  decheü, 

Se  Dieu  me  doint  bonne  vertu, 

29945  Par  bourdes  et  par  fol  semblant; 

C’est  ce  qui  va  les  coeurs  emblant. 
Honnie  soit  bourde  qui  nuit 
Et  trestout  faulx  semblant  qui  cuit  ! 
Mains  en  y  a  qui  bourder  seullent, 
29950  Mais  dechevoir  aultrui  ne  voeullent. 
Monlt  est  bourde  bonne  a  oJ*r, 

Quant  point  ne  nuit,  ains  fait  joÿr. 
Maintes  bourdes  sont  gracïeuzes, 

Et  sans  nuire,  et  si  sont  joyeuzes; 

29955  Mieulx  vallent,  qui  bien  les  scet  dire, 
Que  ne  fait  ung  grant  voir  plain  d’ire. 
Car  pluseurs  voirs  si  sont  pervers, 

De  hayne  et  de  mal  couvers. 

Pour  ce  vault  bourde  gracïeuze 
29960  Myeulx  que  vérité  ennuieuze, 

Et  maint  sont  qui  dient  le  voir  (Ja  cl 
Que  nulz  ne  voeult  lez  eulx  manoir; 

Et  belle  bourde  et  bien  assize 
N’est  pas  tousjourz  derrier  l'huis  mize, 
29965  Mais  est  souvent  ramenteüc, 

Et  si  fait  a  pluseurs  ayeue; 

Meismes  a  la  complexion 
Fait  elle  recreacion, 

Car  et  joye  et  lëesse  suivre 
29970  Si  fait  l’homme  longuement  vivre. 

Fol  de  Grâce  dire  n’a  cure, 

Et  s'il  le  dit,  c’est  adventure  ; 

Folz  sont  meisme  en  voir  ennuieux. 
Envis  est  ung  fol  gracieux. 

299-5  Bon  fait  bonne  parole  oVr, 

Puis  que  on  s’en  poeult  esjoïr, 

Et  meilleur,  quant  elle  proffite. 

Et  pour  ce,  vous  sera  jaditte 
Une  parole  et  ung  ditié 
29980  Qui  convenra  a  amistié, 

Et  si  porra  bien  proffiter, 

Et  s’i  porr’an  bien  déliter, 

Car  qui  se  chastie  en  oyant, 


Mieux  lui  vault  que  en  mal  goant. 

29985  Pour  ce  sont  ramentus  les  fais 
Que  on  a  ou  temps  passé  fais, 

Le  bien,  pour  ce  que  on  le  suie, 

Le  mal,  aflin  que  on  le  fuie. 

Regnart  que  maint  a  bourdeur  tiennent 
29990  Si  dit  que  maintz  preudommes  viennent 
A  la  voie  d’apetinchier, 

Par  defTault  de  bien  adviser, 

Car  se  memore  bien  eüssent 
Des  fais  passez,  comme  ilz  deüssent, 
29995  Et  bien  les  eussent  a  coeur, 

Tel  fust  chiez  lui  qui  en  est  foeur; 

Et  tel  n’avoit  vaillant  ung  grain, 

Qui  bien  a  prins  a  dens  le  frain,  (52  d) 

Et  si  l’a  si  bien  maintenu, 

3oooo  Qu’il  est  la  ou  voulloit  venu, 

Tant  qu’il  en  est  a  honneur  mis. 

Pour  ce,  doit  chascun  avoir  mis 
Son  coeur  en  anchïenne  histoire 
Et  en  avoir  au  coeur  mémoire, 

3ooo5  Comment  telz  gens  decheüs  furent, 

Et  comment  telz  gens  monter  durent  ; 
Comment  morurent  et  vesquirent, 

Pour  quoy  en  leur  estât  se  tindrent. 
Regnart  qui  mainte  gent  déchut, 

3ooio  Qui  maint  sobtil  fait  apperchut, 

En  la  fin  fut  il  decheU. 

Si  chier  ne  poeut  estre  sceü, 

Car  maint  ainchois  en  engigna. 

Et  maint  homs  par  lui  s'avisa, 

3ooi5  Car  nul  mal  n'est  dont  bien  ne  viengne, 

Ne  perte  dont  aucun  ne  tiengne. 

Puis  que  a  Regnart  suis  venu 
Et  de  lui  est  compte  tenu, 

Poeult  estre  tel  de  lui  orra 
3oo2oQue  bon  exemple  il  y  prenra. 

Au  moins  les  sages  le  prenront 
Et  les  folz  riens  n’en  retenront, 

Car  le  fol  ne  scet  bien  retraire 
Et  encor  en  scet  il  moins  faire. 

3oo25  Plus  est  proffit  d’asne  dompter 
Que  n’est  de  sens  a  fol  compter, 

Pour  ce  que  riens  n’en  retenra  ; 

Ja  a  ma  lichon  ne  venra, 

Car  ce  seroit  paine  perdue. 

3oo3o  Long  temps  se  tint  Regnart  en  mue. 

Dès  donc  que  son  filz  fu  tué, 

Il  ne  se  fut  point  remué  ; 

Monlt  en  a  ell  grant  meschief, 


29934  et  29963  Et  manque  —  20969  Car  joye  —  2998?  se  manque  —  30007  montèrent  corrigé 
d'après  A  —  3oü20  il  manque . 


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CINQUIÈME  BRANCHE 


79 


Mais  il  n'en  poeut  venir  a  chief 
3oo35  Quand  ad  ce  qu'il  en  fut  vengiez,  (53a) 
Dont  il  soufry  monlt  grant  meschiefz. 
Mais  Nature  qui  se  courouche 
Quant  homs  en  couroux  longuez  grouce, 
Nature  ne  voeut  point  grouchier, 

30040  Ains  voeult  el  rire  et  solacier. 

Quant  laisse  les  maulx  convenir 
Et  lui  lyement  maintenir, 

Sages  dient  que  c’est  raison 
Que  doeul  face  haVr  Raison, 

30045  Car  doeul  faire  l’home  envieillist 
Et  de  tout  son  sens  afoiblist, 

Et  oste  toute  sa  sustancc. 

Pour  ce  a  Nature  forment  tence 
Qui  doeul  demaine  longuement. 

3oo5o  Regnart  en  scet  bien  le  convent; 

Quant  de  son  filz  se  couroucha, 
Couroux  failli,  doeul  tost  passa. 

En  son  bon  estât  Regnart  fu  ; 

Joieux  s’en  fu,  du  bois  issu, 

3oo55  Ne  fist  ne  siégé  ny  arrest 
Jusquez  il  fu  en  la  forest. 

La  fu  Brichemer  en  déduit; 

Avec  les  biches  va  en  ruit, 

Et  fu  de  septembre  le  mois 
3oo6o  Que  joye  ont  en  tous  leurz  arrois. 

Ce  est  de  toute  la  saison 
Ou  plus  ont  joye  oultre  raison. 
Tanteult  Brichemer  en  lui  joye 
Que  il  ne  scet  que  faire  doye  ; 

3oo65  Pour  les  biches  que  il  amoit, 

Nulle  riens  que  joye  ne  voit. 

Bien  lui  dist  le  Texcon  Grimbertz  : 

«  Ha  »,  dist  il,  «  Brichemer,  le  Cerfs! 
Brichemer,  »  dist  il,  «  or  entens, 

30070  En  trop  liesse  a  petit  sens. 

Envis  poeult  lyesse  vëoir 
Le  lieu  ou  elle  doit  seoir.  (5JJ  b) 
Envis  poeut  bien  sentier  tenir 
Qui  liesse  voeult  maintenir. 

300-5  S’en  bien  se  tient,  petit  lui  dure  : 

Trop  liesse  est  en  adventure; 

A  trop  liesse  ne  souvient 
Du  mal  qui  par  Fortune  vient  ; 

Trop  liesse  ne  scet  ou  est  ; 

3oo8oTrop  liesse  ne  scet  que  fait  ; 

Trop  liesse  goûte  ne  voit  ; 

Trop  liesse  ne  s’apperchoit; 

Trop  liesee  ne  scet  servir 
Ne  nulle  grâce  desservir  ; 

30040  el  manque  —  30076  est  manque. 


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3oo85Trop  liesse  péril  ne  doubte; 

En  nul  dangier  el  ne  voit  goûte  ; 

Trop  liesse  ne  scet  qu’est  aise, 

Et  trestout  autant  de  mal  aise; 

Par  trop  liesse  viennent  guerres 
30090  Et  les  dissensions  es  terres  ; 

Par  trop  liesse  sont  tournois, 

Danses,  carolles  et  desvois  ; 

Par  trop  liesse  sont  tost  prinses 
Les  hastivetés,  les  emprinses, 

300^5  Les  jeux  et  les  ocasions 

Dont  viennent  les  discencions  ; 

Et,  a  brief  parler,  par  liesse 
Vient  plus  de  mal  que  par  tristesse. 
Pour  ce,  Brichemer,  te  repreng; 
3oiooTrop  grant  liesse  point  ne  preng, 

Car  quant  tu  resjoïs  seras, 

Pour  voir,  tu  t’en  repentiras.  » 
Brichemer  point  ne  l’entendi, 

Fors  a  le  joye  ou  il  tendi. 

3oio5  Atant  es  vous  Regnart  qui  vient, 

Qui  son  chemin  par  illec  tient. 

Tant  ala  qu’est  sus  lui  cheü; 

Et  quant  Brichemer  l’a  vôu 
Qui  trop  grant  liesse  maintient,  (53  c) 
3oi  10  Les  grans  saulx  vers  Regnart  envient. 
Bien  ne  mal  n’y  pensa  sans  dire, 
Sans  mal,  sans  amour  et  sans  ire. 
Levrier  ne  le  poursuioit  point; 

Les  cornes  contre  terre  joint, 

3oi  1  5  Regnart  lieve  de  terre  en  hault, 

Comme  trop  joyeux  et  trop  bault; 
Sus  ses  cornes  en  hault  l’a  mis, 

Et  puis  s’en  est  bien  fort  fuis, 

Tant  comme  il  pot  sans  detrïer. 

3oi2o  Regnart  commença  a  crier, 

Qui  n’a  tallent  qu’il  se  degoise; 

Bien  cuida  qu’en  enfer  en  voise  : 

«  Brichemer,  amy,  laisse  moy; 

Mort  suis,  plus  ma  santé  ne  voy.  » 
3oi  z5  Pour  ce  a  courre  ne  cessa 
Jusquez  atant  qu’il  se  lassa. 

Adont  jetta  Regnart  en  hault, 

Mais  riens  n’y  pensa  tant  fu  bault. 
Regnart  s’est  a  terre  trouvé  ; 

3oi3o  A  peu  qu’il  n’ot  le  coeur  crevé, 

N’il  n’a  pooir  qu’aucun  mot  dye. 
Adont  Brichemer  lui  escrie  : 

«  T  ay  je  bien,  »  dist  il,  »  aporté  ? 
Monlt  t’ay  noblement  déporté  ; 

3oi35  Je  t’ai  fait  ores  monlt  grant  aise.  » 


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So 


fcENART  LE  CONTREFAIT 


Lors  nul  Régnait  tallent  qu’il  taise; 
Grant  peur  a  de  recommenciez  {53  d) 
Lors  parla  a  lui  sans  tenchier  : 
a  Amv,  pour  Dieu,  laisse  moy  cv, 

30140  Je  le  te  pry,  pour  Dieu  mercy, 

Car  tout  suis  brisié  et  derouz. 

Dont  j’ay  au  coeur  monlt  grant  couroux.  >» 
Cil  n’en  fait  que  sa  joyc  faire, 

Tost  vers  ses  biches  s’en  repaire. 

3oi43  Regnart  a  laissiet  monlt  dollent, 

Qui  grant  dollour  a  son  coeur  sent, 

Et  dit  :  «  Brichemer,  de  ta  joye 
Ne  voy  riens  dont  loër  me  doye. 

Ne  scez  a  quoy  joye  venra 
3oi3oNe  quelle  fin  elle  prenra. 

11  convient  que  ta  joye  passe. 

Tu  m’as  fait  mal, dont  jedy:«*  Lasse!*» 
Mais  je  ne  le  oubliray  mie. 

Toudis  n'es  pas  dclez  t'amie; 

3oi55Je  metray  paine,  par  ma  teste, 

Comment  te  faille  celle  fcste.  »> 

Et  quant  le  Cerf  fu  a  retour, 

Qui  monlt  demenoit  noble  atour, 
Thiesselin  sur  ung  arbre  estoit, 

3oi6o  En  cel  point  que  riens  ne  doubtoit. 
Adonc  Thiesselin  lui  escrie 
Et  de  lui  entendre  lui  prie  : 

«  Brichemer,  >»  dist  il,  «  entens  ça. 

Ne  sçav  a  quoy  ton  coeur  pensa 
3oi63  Quant  as  volu  Regnart  grever 
Sans  toy  a  nul  cas  a  irex. 

Je  t’aim  et  si  hais  Regnart  monlt  ; 

Le  coeur  du  hajT  me  semont. 

Dès  lors  qu’il  menga  mes  faons, 

3oiyo  Le  haV  jou,  et  ce  est  raisons. 

Le  mal  qu’il  a  fait  passera, 

Mais  du  grant  mal  qu’il  te  fera 
J’en  ay  au  coeur  tresgrant  anuy, 
S’oncqucz  regnardie  congnuy.  »*  (5^j) 
30IJ5  Dist  Brichemer  :  «  Je  me  jouoyc 
Et  par  liesse  le  faisoye.  d 
Et  dist  Thiesselin  :  «  C’est  la  somme, 

Ne  vous  jouez  a  mal  vais  homme. 
Combien  que  il  rie  des  Jens, 

3oiSo  II  t'en  hairra  au  coeur  dedens, 

Et  se  il  poeult,  mal  t’en  fera, 

Et  ja  semblant  n’en  monstrera. 
Brichemer,  je  le  dy  pour  tov 
Et  pour  pluseurs  que  souvent  vov 
3oi85  Qui  aucuneffois  s’csjoVssent 


Si  grandement  qu'ilz  se  partissent, 
Trop  grant  liesse  est  musardie; 

Et  si  voeul  bien  que  on  te  die 
Que  nul  ne  pert  si  son  sçavoir 
30190  Com  par  trop  grant  liesse  avoir: 
Homs  trop  liez  est  en  adventure. 

De  Dieu  ne  de  s’ame  n’a  cure, 

Ne  scet  qu’est  joye  ne  santé 
Tant  comme  il  est  de  ce  tempté: 
3oig3  Ne  voit  goûte  nez  com  herens, 

Combien  qu’il  ait  beaulx  yeux  et  gens. 
Par  trop  liesse  nuit  l’emprinse 
Dont  la  belle  Helaine  fu  prinsc, 

Qui  estoit  femme  Menelaux, 

3o2oo  Dont  depuis  advint  tant  de  maux 
Que  les  deux  pars  en  furent  mors 
Des  gens  qui  vivoient  alors  ; 

Il  n’en  demoura  que  le  tiers  :  (5^3) 
Bien  le  sçaras,  se  tu  l’enquiers. 

3ozo5  Par  trop  liesse  sont  les  festes, 

Qui  puis  viennent  a  copper  testes; 
D’illec  viennent  les  defliances, 

Les  murdres  et  les  alliances 
Dont  maintes  terres  sont  gastées 
3ozio  Et  mainte  ame  des  corpz  sevrées; 
Par  trop  liesse  vient  mesdire, 
Grossement  parler  et  despire; 

Par  trop  liesse  vient  luxure, 

Qui  bonne  nature  coeurt  seure, 

3 02 1 3  Et  les  humeurs  fait  csmouvoir 
Ou  fait  ou  il  n*a  nul  sçavoir; 

D’illec  les  folles  amours  viennent, 

Qui  pluseurs  fois  pute  fin  tiennent; 
De  trop  liesse  vient  orgoeulx 
3 o 2 2 o  Et  en  la  parfin  trestout  doculx. 
Oncquez  liesse  habundant 
Ne  pot  ne  ne  sceut  faire  tant, 

Pour  longue  vie  ou  ait  esté, 

Qu’eglise  n’autel  ait  fondé, 

30225  Chatc-au  ne  ville  ne  cité; 

Encor  ne  l’a  nul  recité. 

Humilité  elle  guerroyé; 

Charité,  bonne  oeuvre  viltoic ; 

Elle  destourne  bien  ouvrer 
3oi3o  Et  en  bon  estât  demourer, 

Sobrietté  et  simple  vie. 

Donc  n’en  doit  nulz  avoir  envye: 
Mais  le  trop  prendre  de  delicez 
Fait  la  gent  lyez  et  folz  et  nichez, 
3oz33  Par  quoy  ne  poeuent  percevoir 


3 


30141  et  Jcromps  corrigé  d'après  A  —  .>0149  ta  joyc  —  3o  1 3  5  meteray  —  30167  si  suppléé  d'après  A  — 
oiq3  com  ung  —  30199  Qui  fu  corrige  d  après  A  —  3o2  i3  humains  corrigé  d'après  A  —  3o23q  lyez  fols. 


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CINQUIÈME  BRANCHE 


8i 


De  la  moienneté  le  voir. 

Pour  toy  le  dy  je  de  certain, 
Seullement  pour  ce  que  je  faim, 

Ja  samblant  ne  te  monstrera, 

30240  Mais  son  service  t’offrera, 

Et  quant  garde  ne  t’en  douras,  {54  c) 
Putez  nouvelles  en  oras, 

Car  sage  doit  estudier 
Que  nul  ne  doit  mal  oublier  : 

30243  Car  ce  est  par  memore  et  sens. 

Il  advint  en  l’an  mil  trois  cens 
Que  ung  Lombart  (Anthoine  ot  nom) 
Changeur  estoit  de  grant  renom; 
Longuement  il  maintint  son  fait. 
3oa5o  Je  meismes,  qui  ce  livre  ay  fait 
Et  du  latin  en  rommant  mis, 
Dcmouré  longtempz  ses  amis, 

Amy  quant  a  société, 

Aultrement  ne  l’ay  recité. 

3o235  II  advint  avant  cellui  temps, 

L’an  .11e.  et  .i.x.  et  .xv.  ans, 

Q’ung  Prouvenceau  par  une  nuit 
Par  trop  lOesse  et  par  déduit 
Lui  dit  ung  sinple  desplaisir; 

3o2Ôo  Et.cil  pour  ce  le  vault  férir  : 

Peu  fu  qui  le  fait  advisast. 

Mais  ains  que  le  mois  tout  passast, 
En  fu  fait  de  culx  deux  l'acord, 

Et  l’amenda  cil  qui  eust  tort. 

30205  Ensanble  mengerent  et  burent, 

Vingt  et  cincq  ans  ensanble  furent. 

A  Troves  tous  deux  demouroient 
Et  tous  les  jours  s’entrevéoient, 

Et  li  uns  a  l'autre  empruntoit, 

30270  Vendoit,  tronchoit  et  achctoit, 

Et  grant  amour  s’entremonstroient 
ToutefFois  qu’ilz  s’entrccontroient. 
Tant  que  en  l’an  mil  et  trois  cens 
Cil  Pierre  par  tresbon  assens, 

30273  Qui  de  la  n’estoit  point  nayfs, 

S’en  vault  raller  en  son  pays, 

Car  il  se  vit  vieulx  devenir. 

Aller  s’en  vault  sans  revenir, 

Si  com  chascun  volentiers  trait  i54 
30280  Vers  le  lieu  dont  il  est  extrait; 

Et  pour  ce  vault  prendre  congié 
A  cculx  ou  ilôt  repairié; 

Et  plus  de  soixante  il  en  vint. 

A  son  hostel  son  mengier  tint. 

3o285  Cil  Anthoine  meismes  yfu, 


Que  cil  avoitpieça  féru, 

Etd’encoste  luise  sëoit, 

Car  cil  Pierre  forment  l’amoit. 

A  ce  Pierre  point  ne  souvint, 

3o2ijo  Car  passé  ot  ans  plus  de  vingt. 

Quant  a  joye  orent  tous  mengié, 

Adonc  a  Pierre  prins  congié. 

Tous  les  pria,  se  nulz  y  fust 

Qui  vers  lui  riens  a  faire  eust, 

3o2y3  De  chatel,  de  couroux  ou  d’ire, 

Que  pour  Dieu  il  lui  vaulsist  dire. 

Tous  respondirent  :  «  Grant  mercis. 

Nous  sommes  du  tous  vos  amis.  « 

Cil  Anthoine  si  le  baisa, 

3o3oo  Et  tout  en  plourant  le  laissa; 

Coeur  et  corps  l’un  l’autre  promirent  ; 

En  tel  maniéré  se  partirent. 

Que  fist  cil  qui  ot  malvais  coeur, 

Que  ployer  ne  pot  par  nul  foeur? 

3o3o3  Tout  au  devant  fist  son  sentier; 

Avec  lui  furent  deux  murdrier. 

Deux  lieues  furent  au  devant 

Ou  point  ne  les  va  percevant. 

La  ce  bon  marchant  «tendirent 

3o3io  Et  en  destourné  lieu  se  mirent. 

Cil  qui  trestout  seul  s’en  alloit, 

N’a  nul  mal  faire  ne  bëoit 

Eust  de  Anthoine  tost  sourpris, 

Et  lui  dist  :  «c  Lcrres,  tu  ez  prins. 

3o3i5  Jct'av  longuement  atendu. 

Maintenant  te  sera  rendu 

L’orgocul  que  envers  mov  menas, (55 j) 

Quant  la  butte  tu  me  donnas 

Il  y  a  bien  ores  quinze  ans; 

3o3io  Du  vengier  est  maintenant  temps!  # 

Lors  ont  sacquié  le  branc  d'achicr; 

Le  marchant  vont  tout  despechier. 

Et  quant  le  varlet  ce  oV, 

Son  cheval  ot,  si  s’en  fouV  ; 

3o3i5  Droit  a  Trovez  il  tint  sa  vove. 

Et  le  Lombart  ala  en  vove 

* 

Qui  onequez  puis  ne  fut  velis. 
Brichemer,  soies  pourvells 
A  une  parole  pour  toutes. 

3t»3Jo  Puis  que  t’as  mettait,  toudis  doutes 
Que  soies  certain  quov  qu’aviengne 
N 'vert  a  nul  tempzne  l’en  souviengne, 
Meïsmement  quant  a  Regnart 
Qui  son  sens  ne  met  autre  part.  >» 
3o335  Brichemer  ot  et  riens  n'entent, 

—  3o2j3  eu  manque  —  3o2#3  Et  manque  — 


3o236  xi.,  et  .xv.  corrigé  en  marge  —  50269  Et  lun 
3o3oo  si  le  — *•  3o33o  ta  —  3u333  Meismcnt. 

Tome  II. 


r> 


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82 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Qui  toudis  a  sa  joye  tent  ; 

Il  va  sa  voye,  et  cil  demeure. 

Et  Regnart  de  son  meschief  pleure: 
Dit  que  male  chose  est  trop  aise. 
3o3qo  Regnart  au  mieulx  qu’il  pot  s’apaise 
Du  mal  que  Brichemer  a  fait 
Et  pense  a  vengier  le  méfiait, 

Que  ja  si  grant  ne  sara  estre 
Que  plus  petit  ne  soit  son  maistre. 

3o3q3  Atant  s’en  entre  en  ung  larris, 
Pesant,  courouchié  et  marris. 

Si  a  choisi  en  my  sa  voye 
Segneur  Brun  l’Ours  qui  s’esbanoye. 
Josne  fu  et  fors  et  legier; 

3o35o  Assez  ot  eü  a  mengier. 

Et  il  fist  beau  tempz  et  serv, 

Et  si  ne  doubta  nul  péri. 

Pour  ce  esbaniant  s’aloit, 

Et  a  veu  Regnart  qui  venoit.  (55  b) 
3o355  Cuida  aussi  que  aise  fust 

Comme  lui  et  autel  joye  eust; 

Ne  sent  pas  le  mal  qu’il  sentoit 
Cil  qui  lours  et  pesant  estoit, 

Si  vault  a  Regnart  faire  feste, 

3o36o  La  pâte  lui  met  sur  la  teste; 

Si  pesant  coup  lui  adonné 
Qu’a  peu  qu’il  ne  l’a  estonné; 

Pour  néant  fust  d’une  machue. 
Regnart  chiet,  point  ne  se  remue, 
3o365  Et  Brun  crie  :  «<  Regnart,  dors  tu? 

Dy  moy,  par  ta  foy,  dont  viens  tu  > 

As  tu  huy  engignié  nullui  ? 

As  tu  fait  honte  ny  anuy  ? 

Pour  néant  ne  viens  tu  si  pensant. 
3o3yo  Aucun  preudom  de  toy  se  sent, 

Dont  plus  grant  proffit  lui  venist 
Se  ung  bon  levrier  te  tenist. 

Voeulx  tu  jouer  ?  Voeulx  tu  esbatre  ?  » 
Lors  leva  de  la  paulme  batre, 
3o3j5Com  cil  qui  jouer  se  cuidoit  ; 

Mais  son  jeu  si  pesant  estoit 
Que  cilz  ne  le  pot  endurer; 

Bien  l’ooit,  mais  ne  pot  lever. 

Lors  Brun  de  ses  pastes  l’escocurt, 
3o38o  Amont  le  jette  et  le  rechoeut  : 

<«  Regnart,  »  dist  il,  «  comme  es  legiers  ! 
Tu  seroies  bon  messagiers.  (55  c) 
Tu  vivras  tant  que  tu  voulras, 


Jamais  recreüs  ne  seras. 

3o385  Dy  moy,  Regnart,  voeulx  tu  voiler, 
Ou  tu  voeulx  aprendre  a  choler, 

Ou  a  luiter,  ou  a  saillir? 

A  ce  ne  poeulx  a  moy  faillir.  ■ 

Lors  le  reprint  et  si  l’embrache, 
3o3^o  De  son  pié  lui  donne  en  la  face, 
Monlt  lui  fait  souffrir  de  durtés. 

Tant  est  batu,  tant  est  hurtés 
Qu’a  paines  que  il  n’est  ochis. 

Adonc  l’a  Brun  a  terre  mis, 

3o3y5  Et  dit  qu’endormy  est  de  joye; 

Pourquoy  le  laisse  en  my  la  voye, 

Et  dit:  «  Amis,  bon  consseillier, 

Je  ne  te  voeul  pas  esveillier 
Pour  ce  que  il  ne  te  desplaise  ; 

Joqoo  Et  pour  ce  que  tu  dormes  aise, 

Je  t’iray  ung  oreillier  querre.  » 

Lors  print  une  mote  de  terre, 

Lui  adessoubz  la  teste  mise, 

Afiïn  que  bien  ce  lui  souffise. 

3oqo3  Monlt  bien  lui  a  fait  sa  bezongne. 
Atant  Brun  de  Regnart  s’eslonge, 

Son  chemin  acoeult,  si  s’en  vait; 
Monlt  cuide  avoir  Regnart  bien  fait. 
Et  Drouin,  qui  sur  ung  aBre  yerc, 
3oqioA  monlt  bien  veü  la  maniéré, 
Comment  Brun  s'estoit  debatu 
Et  comment  Regnart  fu  batu. 

Regnart  ot  longuement  hay, 

Si  com  avez  devant  oy  ; 

3041  3  A  Brun  a  parlé  haultement, 

Vecy  la  maniéré  comment  : 

«  Brun,  »  dist  il,  «  je  ne  t’ayme  goûte, 
Mais  toutefois  ung  peu  escoute. 

Ne  dy  pour  ton  bien,  mais  pour  faire  55  d 1 
30420  A  mon  anemy  son  contraire, 

Et  de  ce  te  voeul  adviser. 

Qui  poeult  son  ennemy  oster 
Son  désir  et  tout  son  propos, 

Je  ne  dy  mie  qu'il  soit  folz. 

30425  Qui  le  parpoeut  faire  faillir 
De  la  ou  il  bée  a  saillir, 

Qu’il  ne  puist  achever  s’envic, 
Certainement  il  ne  fault  mie. 

Or  te  comptcray  maintenant 
3o43o  Pour  quoy  je  t’ay  ce  mis  avant. 

Tu  as  aujourd’huv  fait  folie, 

Mais,  pour  voir,  tu  ne  le  scez  mie, 

3o352  péril  —  3o363  ferist  corrige 
30400  aises  —  30409  Et  manque  — 


3o337  II  manque  —  3o34i  regnart  lui  a  corrigé  d'après  A  — 
d'après  A  —  Quant  corrige  d'après  A  —  bobijt)  Jesplaiscs  — 

30414  Vuy.  plus  haut  dans  A  f.  /,  p.  3of-3o8. 


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CINQUIÈME  BRANCHE 


83 


Car  pour  certain  tu  t’en  doeulras, 

Se  ne  croy  ce  que  tu  orras. 

3o435 Orentens,  et  te  tiens  en  paix. 

Tu  ez  lours  en  dis  et  en  fais 
Et  lours  en  toutes  contenances, 

Et  lours  en  toutes  tes  sciences  ; 

Tu  et  l’escureur,  ce  sont  deux, 

30440  Contraire  en  fais,  contraire  en  jeux. 
Vous  estez  mal  contremoiés, 

Combien  que  deux  bestes  soyez. 
Siquez,  quant  jouer  tu  te  voeulx 
Et  que  ne  voeulx  point  estre  soeulx, 
30445  Quiers  ton  pareil  de  ta  maniéré  ; 
Toudis  pareil  son  pareil  quiere, 

Et  de  quelconcque  entencion, 

A  gent  de  sa  condicion, 

Et  josne  a  josne,  et  riche  a  riche, 
3c>45o  Et  large  a  large,  et  chiche  a  chiche. 

Et  sage  a  sage,  et  fol  a  fol, 

Le  vieulx  au  vieulx  ;  ainsi  le  lo. 

A  son  pareil  voisc  chascuns, 

Ainsi  n'en  yert  decheü  nulz:] 

3o455  Qui  toute  riens  ordonneroit 

Et  son  pareil  lez  lui  aroit,  (56  a) 
Homme,  poisçon,  oiseaulx,  chevaulx, 
Jamais  sur  terre  n’aroit  maulx; 

Se  son  pareil  chascun  sieuoit 
30460  Et  sa  condicion  avoit, 

Jamais  nulz  n'yere  descordans. 

Mais  toute  rien  yere  acordans. 

Se  loup  jouoita  la  brebis, 

Et  le  faucon  a  lapertris, 

30465  Et  le  loup  jouoit  a  la  chievre, 

Et  le  levrier  jouoit  au  lievre, 

Et  le  chat  se  jouoit  au  rat, 

Je  doubte  n’y  elllt  barat. 

Tu  dois  jouer  avec  les  bugles 
30470  Et  aussi  le  borgne  aulx  aveugles; 

Il  n’apartient  pointa  lourdesse 
Qu'elle  s’acompaigne  a  noblesse. 

Qui  levrier  et  asne  verroit 
Acompagnier,  mal  s'i  duiroit  ; 

30475  Aussi  Belin  avec  Regnart 

Ne  trairoient  pas  bien  d’un  arc. 
Combien  que  tous  deux  bestes  soient, 
Emsanble  point  aller  ne  doient  : 
Regnart  voeult  a  gelines  tendre, 
30480  Et  Belin  a  vert  herbe  prendre. 

Noble,  clerc  a  ruddes  villains 


Envis  poeut  estre  bon  compains; 

Le  clerc  latin  parler  voulroit, 

Et  le  vilain  mal  le  soulroit, 

30485  Car  le  vilain  ne  s'estudie 

Fors  qu'en  charue  et  en  boulye  ; 

Le  clerc  voeult  pertris  et  faisans, 

Qui  a  vilains  sont  mal  faisans; 

Se  le  vilain  tel  niez  demande, 

30490  Droit  est  qu'il  en  paie  l'amende. 

Dont  il  advint  que  dampt  Regnart 
Et  ly  Asne,  prestre  Bernard, 
Compains  a  Romme  s’en  allèrent,  15 6b) 
Combien  que  point  pareilz  ilz  n’yerent. 
30495  Non  sont  tous  compagnons,  pour  voir, 
Ne  d’un  estât  ne  d’un  voloir. 

En  une  ville  s’en  entrèrent, 

Chiez  ung  hoste  se  herbregerent. 
Regnart,  qui  peu  sinplcz  gens  doubte, 
3o5oo  Le  soir  au  gelinier  se  boute; 

Bernard,  si  comme  en  larecin, 

S’en  ala  paistre  le  precin; 

Et  l'hoste  tous  deux  les  trouva. 
Viguereusement  se  prouva, 

3<>5o5  Que  l’un  et  l’autre  a  retenu, 

Et  dit  que  mal  y  sont  venu, 

Puis  qu'il z  ont  robe  sa  maison. 

Dist  Regnart  :  «  Faites  nous  raison, 

Et  nous  menez  par  jugement; 

3o5io  Et  droit  la  verra  on  qui  ment.  » 

Dist  li  hoste  :  «  Je  m’y  acord.  » 

Lors  en  vont  tous  deux  a  la  Court. 

Ly  hoste  dit  contre  Regnart 
Que  demande,  et  contre  Bernard  : 
3o5i5  «  Regnart  m’a  fait  tel  larechin, 

Et  Bernard  menga  mon  precin  : 

Si  requier  qu’il  soit  amendé.  » 

Adonc  fu  le  conseil  mandé. 

La  sentence  fu  ainsi  dite  : 

3o?2o  «  Regnart  s'en  ira  trestout  quite 
Cui  sa  nature  rcqueroit  : 

Mais  Bernard,  pour  ce  qu’il  mengoit 
Le  precin,  si  l’amendera, 

Et  en  male  prison  ira, 

3o525  Car  ce  n'est  mie  sa  nature, 

Et  si  n’en  doit  ja  avoir  cure; 

Et  si  ne  lui  appartient  mie 
Fors  que  le  chardon  et  l’ortie, 

Ou  le  gros  feurre,  ou  le  gros  joingt  ; 
3o53o  Pour  ce  demourraen  ce  point.  »(56c) 


30447,  30449,  3ü45o  et  39401  Et  manque  —  30468  doubteroie  —  30481  rudde  —  3 049 3  en 
et  supplié  d'après  A.  —  3o5ai  Qui  —  3o53o  demoura. 


.'OJOJ 


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«4 


RENAR T  LE  CONTREFAIT 


Munit  lui  tist  on  bon  jugement, 

Car  forfait  avoit  malement. 

Pour  ce  lo  que  chascun  demaine 
Tel  vye  qu’a  lui  appartiengne, 

3o335  Sans  prendre  estrange  compagnie 
Dont  on  ne  congnoist  pas  sa  vie. 
Compagnie  avoir  sans  apprendre 
En  a  bien  fait  deux  aultres  pendre. 
Pour  ce  est  fol  qui  voeult  compagnie, 
3o34oS’il  ne  scet  tresbien  de  leur  vie 
Et  de  quel  condicion  est; 

Je  tiens  pour  fol  cil  qui  s’i  met. 

Brun,  tu  ne  l’as  pas  ainsi  fait, 

Bien  t’en  porra  naistre  mal  plait. 
3o3q5  Ne  je  ne  me  merveille  mie, 

Se  aucun  a  chier  compagnie 
Qui  est  encontre  sa  nature, 

S'a  lui  en  vient  male  adventure. 

Dont  au  tempz  roy  David  advint 
3o33o  Que  ung  sien  bourgeois  a  lui  vint. 

De  trespetit  estât  estoit 
Et  trespetit  estre  sambloit: 

Mais  en  lui  avoit  ung  advis 
Qu’en  grant  espargne  se  fust  mis. 
3o335  Tant  estoit  espargnant  et  chiches 
Et  tant  espargna  qu’il  fut  riches, 
Povrc  d’avis  et  de  sçavoir, 

Fors  qu’il  espargna  grant  avoir. 
Unggentilz  homs  ot  ou  pays, 

3o36o  De  tresgrant  lignage  nayfs, 

Mais  tant  ot  tournoiemens  qui  s 
Que  tout  son  avoir  y  ot  mis; 

N’ot  plus  riens  que  la  volcnté, 

De  despendre  toudis  tempté, 

3o3ü3  S’il  eust  de  quoy;  mais  riens  n’avoit. 
Or  conviengnc  qu’il  se  pourvoit, 

Et  y  pensa  et  soir  et  main,  (56  J) 
Tant  qu’il  s’apensa  du  vilain 
Qui  une  belle  fille  avoit 
3o?-o  Et  qui  tant  riches  homs  estoit  ; 

Pense  a  qu’il  lui  demandra, 

Par  quoy  son  avoir  sien  sera. 

Et  puis  voit  le  vilain  viller, 

Car  est  a  son  derrain  millier. 

3o3j3  Lors  acheva  celle  pensée  ; 

Sa  fille  lui  a  demandée 
Qu’a  mariage  le  prendroit 
Et  grant  honneur  lui  porteroit. 

Le  villain  dit  de  cel  honneur 
3o3No  Parleroit  il  a  son  seigneur, 


Le  roy  David,  qui  est  son  sire, 

Et  bien  briefment  il  l’iroit  dire. 

Ung  jour  fu  roy  David  en  paix 
A  peu  de  gens  en  son  palaix, 

3o383  Et  en  ce  palais  se  jouoit 

Salomon,  son  filz,  et  sieuoit 
Ung  beau  toupin  que  il  menoit 
A  escorgies  qu’il  tenoit; 

Comme  enflans  s'aloit  déduisant. 
3o5oo  Adonc  vint  la  le  paysant, 

Qui  devant  le  roy  David  vint; 

Et  telz  paroles  a  lui  tint  : 
a  Roy,  »  dist  il,  «  voeulliez  mov  ont. 
Amer  vous  doy  et  conjoyr 
3o5y3  Com  mon  seigneur,  mon  roy,  mon  juge; 
A  vous  doy  venir  a  reffuge, 

Com  a  mon  souverain  seigneur, 

De  garder  mon  corpz  et  honneur. 
Sire,  je  suis  ungs  homs  menus, 

3o*)oo  Petit  et  de  néant  venus, 

De  simple  estât  et  peu  despens;  (5/  j) 
Et  peu  av  amis  et  parens  ; 

En  mon  estât  n’a  point  d’honnour. 
Toytefïbis  j’ay  donné  m’amour 
3o(k>5  A  malvivre  et  a  espargnier 
Et  a  tresvolentiers  gaignier. 

Tant  me  suis  en  ce  point  tenu 
Que  je  suis  riche  devenu; 

Or  et  argent  ay  a  foizon. 

3oôio  Or  vient  a  moy  unggentilz  hom, 
Noble  de  sens  et  de  sçavoir, 

Lequel  requiert  ma  fille  avoir, 

Par  mariage  le  me  quiert 
Et  de  mon  avoir  me  requiert. 

3oôi  5  Ung  homs  suis  qui  conseil  prendray  : 
Lui  douray  jou,  ou  non  feray? 

Je  vocul  ouvrer  par  vo  conseil. 

—  Amy,  »  dit  David,  «  je  conseil, 

Et  avec  ce  le  te  conmand, 

3oÛ20  Que  tu  voises  a  cel  enfTant 

Qui  par  ce  palaix  estourbaillc; 

De  ton  fait  a  lui  te  conseille. 

Tout  lui  compte  ton  errement, 

Puis  retourne  a  moy  erranment. 

3oôi3  Ce  qu'il  t’ara  dit  médiras, 

Et  puis  aprez,  si  t'en  iras.  » 

Le  vilain  a  l’enfTant  en  vint, 

Monlt  humblement  vers  lui  se  tint. 

Et  dit  :  «  Enffes,  escoute  moy. 
3oo3oTon  perc  si  m’envoyc  a  toy, 


o  -  *• 

o  ?  .>  7 


C.  sicuir  —  3v5jt  Penser  a...  demandera  corrige  d'apràs  A  —  3oüo3  dhonneur. 


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CINQUIÈME  BRANCHE 


«5 


Que  tu  me  conseilles  briefment.  » 
Lors  lui  compta  tout  Ferrement, 

Si  corn  son  pere  l’ot  compté.  I5y  b) 
Et  l'enfant  a  tout  escouté: 

3o635  «  Endroit  toy,  vilain!  endroit  toy! 

Ce  conseil  tiengnes  tu  de  moy.  u 
Nul  aultre  conseil  de  lui  n'ot. 

De  l’esmoeutin  fiert  son  chabot. 

Et  puis  se  part  de  la  en  l’heure, 
30640  Et  le  vilain  tout  cov  demeure 

Qui  monlt  grandement  s'esbahist. 

Et  maintenant  le  roy  lui  dist  : 

«  Que  t’a  dit  l'enflant,  dis  le  moy  r 
—  Endroit  toy,  vilain!  endroit  toy! 
3o643  Sire,  aultre  chose  ne  m*a  dit. 

—  Monlt  t’a  bonne  parole  dit. 

Se  tu  m’en  crois,  tu  le  croiras  ; 

Se  ne  le  fais,  tu  t’en  doulras. 

Meilleur  conseil  ne  te  pocult  dire.  •» 
3o65o  Lors  le  vilain  se  part  par  ire. 

En  ce  ne  vit  ne  fons  ne  bourne; 

Sa  fille  au  gentil  homme  donne 
Et  cel  avoir  qu’ot  amassé. 

Mais  que  il  fust  ung  an  passé, 

3of>55  Fist  au  vilain  le  chevalier 

.  Tarses  varletz  le  chief  trenchicr. 
Aprez  sa  femme  a  peu  veut 
Jusqu’il  a  tout  l'avoir  eût; 

Sa  femme  avoultric  sus  mist, 

3 0660  Et  en  prison  mettre  le  fist. 

Et  si  le  fist  monlt  fort  lVer 

• 

Qu’en  brief  tempz  le  fist  dev 1er. 

Le  vilain  monlt  mal  entendi 
Ce  que  l'enflant  lui  respondi, 

3 066  5  Car  se  bien  entendu  l’ellst, 

Ja  de  sa  mort  si  prez  ne  fust. 

Aussi  n’as  tu  pas  prins  par  foy 
Pareille  compagnie  a  toy. 

Tu  n’as  pas  quis  geu  ne  déduit 
3o6yo  A  compagnie  qui  te  duit,  i>7  c) 
Car,  pour  voir,  il  te  grèvera 
Etanuy  assez  te  fera.  » 

Atant  s'envole,  Brun  remaint. 

Et  Regnart  qui  toudis  se  plaint 
30675  Etgramentede  sonmeschief. 

Tant  lui  ot  Brun  batu  le  chief, 

Que  il  se  sent  monlt  mehaignié, 

Et  dit:  «  Je  ne  ay  riens  gaignié. 

Dès  que  je  partis  de  l’hostel, 

3o68oSe  chascun  me  donnast  autel: 


Et  chascun  me  donnoit  ce  point, 

Ma  bezongne  iroit  mal  apoint; 

Et  pour  mon  malheur  qui  me  suit, 
Siquez  toute  la  char  me  cuit, 

3o685  Retourneray  en  ma  maison, 

Et  lairay  passer  la  saison, 

Qui  est  pour  moy  mal  eürée: 

Et  Dieu  lui  doint  courte  durée. 

Qu’il  puist  estre  mors  d’un  matin 
3 06 00  Que  j’encontray  huv  au  matin, 

Bien  sçay,  ce  fut  une  boiteuze! 
Oncquez  journée  bien  eureuze 
N’en  bonne  sepmaine  n’entra 
Qui  matin  boiteuse  encontra! 

3o6q3  Mieulx  m’eust  vallu  râler  couchier. 

% 

Bien  voy,  je  le  comperrav  chier; 
Jamais  boiteuze  n’amerav, 

Ne  de  lui  nul  bien  ne  dirav  ! 

0 

Bien  se  doit  le  sot  esbahir 
30700  Quant  malheur  le  vocut  sieuir, 
Quant  je  qui  sage  suis  tenus, 

A  desconfort  ensuis  venus! 

Or  voy  je  bien  ce  en  appert 
Que  homs  en  perdant  le  sien  pert 
3070?  Son  advis  et  trestoutc  s’oeuvre, 

Et  en  gaignant  le  sens  recoeuvre; 
Tout  gaaingnant  est  bien  cUreux,(57</( 
Et  tout  perdant  est  dolloureux  ; 

Et  homs  qui  gaaigne  acquiert  la  grâce, 
30710  De  mescheance  fuit  la  trace. 

Jamais  jour  ne  m’esbahirav. 

Ne  au  contraire  ne  diray 
Se  povres  est  pour  fol  tenu, 

Et  s’on  dit  qu'il  soit  mal  venu, 

30713  Et  se  pert  son  temps  qui  le  suit. 

Et  cil  est  sage  qui  le  fuit. 

C'est  bien  de  certaine  science 
Que  povre  n’ait  point  de  creance. 
Pour  tesmoings  sont  ilz  reîTusé 
30720  De  ceulx  qui  ont  d'escript  usé, 
Parceulx  qui  ont  es  loix  leüt; 

Povres  ne  sont  point  recelit 
Encontre  aultrui  en  tesmongnage. 
Ceste  sentence  firent  sage, 

30725  Et  ilz  y  furent  bien  meüt, 

Car  povres  est  pour  peu  esmut, 

Et  pour  peu  vst  de  bonne  voye, 

S’il  est  qui  par  dons  le  convoyé.  » 
Atant  de  ce  je  me  tairay; 

3oy3o  Et  une  aultre  historeen  diray. 

mau- 


3o634  quil  —  30669  pas  prins  joye  ne  corrigé  d'ap'às  A  —  30707  gaaing  —  30709  et  30730  Et 
ne  —  30709  la  manque —  3071 3  pourc  —  30723  Contre. 


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SIXIÈME  BRANCHE 


Regnart  en  son  hostel  repaire; 

Aler  avant  ne  lui  pot  plaire, 

Car  il  voeult  fuir  mal  eür 
En  tant  qu’il  est  malasseür. 

30-35  Ainsi  comme  il  se  dementoit, 

Ung  chasserres  ou  bois  estoit  ; 

Assez  ot  lévriers  et  brachès. 

Et  il  fu  hastif  et  freschès. 

Adont  se  mist  en  maint  aguet 
30740  Et  hucha  Briet  et  Marguet, 

Corn  cil  qui  ayme  les  degois  :(5S  Jl 
Grant  glatissement  ot  au  bois. 

Quant  Regnart  oV  ccste  vie, 

Au  devant  ne  leur  ala  mie 
30745  (Avant  ne  se  pooit  tourner); 

Mais  quant  il  ot  le  cor  corner 
Et  les  chiens  mener  leurs  aviaulx, 

Plus  legier  fu  qu’unz  escuriaulx, 

Et  dit  :  «  Or  voy  je  sans  doubter 
30750  Que  bezoing  fait  vielle  trotter.  » 

De  Brichemer  ne  de  Brun  l’Ours 
Ne  senty  mais  telles  dollours; 

Trestous  maulx  poeut  bien  pardonner 
Quant  ot  telle  messe  sonner. 

3o755  De  sa  queue,  en  lieu  de  penau, 

A  il  fait  voile  et  gouvernau, 

Comme  cil  qui  point  ne  s'asseure. 

Si  s’en  fuit  de  si  grant  alleure 
Que  chemin  ou  il  est  ne  voit. 

30760  Et  tout  ainsi  qui  s'en  fuioit. 

Si  a  deux  varletz  encontré: 

Ly  ung  l’a  a  l'autre  monstré, 

Dist:  «  Voy  la  Regnart  esbahy. 

Pour  voir,  les  chiens  l’ont  envahv, 
30765  Si  qu'il  ne  scet  ou  aller  doye. 

Metz  tov  au  devant  de  la  voye, 

3073 1  On  lit  en  rubrique :  Aui.tre  histoire  de 
manque. 


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Fiersd’un  baston  grans  cops  et  lours.  » 
Lors  vint  cil  au  devant  le  cours. 

D'un  baston  le  fiert  au  travers, 

30770  Siqu'il  le  rue  tout  envers  ; 

De  quoy  il  fut  si  estourdis 
Qu'il  ne  pot  estre  ressortis, 

Dont  envers  jut  les  pietz  desseure. 
Lors  le  garchon  lui  courut  seure  : 
30775  «  Mors  est,  »  dist  il,  «  sans  nulle  faille.» 
Dit  ly  aultres  :  «  Or  le  me  baille. 

Mon  peres  est  bon  peletier; 

La  peau  nous  avra  bon  mestier.  (JS  b) 
—  Je  m’y  acord,  »  dit  le  compains. 
307S0  Par  les  pietz  derrier,  a  deux  mains, 

Le  prent  et  a  son  col  le  rue; 

Dist  :  «  Or  n’a  mais  tallent  qu’il  fue 
Tant  que  par  les  pietz  le  tenrav  ; 

A  sa  peau  mie  ne  faulray.  » 

3078?  Or  est  Regnart  mal  asseür, 

Ne  fut  mais  en  si  mal  eür  ; 

Et  levarlet  si  s’en  déporté, 

Par  les  deux  pietz  derrier  l’emporte. 
Oncques  mais  ne  fu  il  si  lié; 

30700  Or  l'a  bon  eür  oublié. 

Regnart  lui  bat  jusqu’à  talons, 

Pour  ce  qu’il  fu  et  grans  et  longz. 

A  son  compagnon  va  parlant; 

Regnart  n’est  point  bien  congnoissant. 
30795  Regnart  se  fust  laissié  tenir 

Jusques  coeur  lui  puist  revenir, 

Et  bien  sent  que  monlt  se  déporté 
Le  garchon  qui  ainsi  le  porte. 

Bien  a  senti  ses  pietz  hochier, 
3o8ooEt  se  ci’z  le  sentist  lochier 

De  la  main  tost  l'esquipperoit 
Et  contre  terre  le  ferroit. 

Regnart  —  30776  aultre  —  30777  pere  —  30789  il 


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88 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Mais  aultrement  s’en  chevira 
Et  par  aultre  sentier  ira, 

3o8o5  Sans  lui  point  faire  percevoir. 

Régnai  t  fu  de  monlt  grant  sçavoir; 
Com  cil  qui  mort  eschever  voeult, 

La  guculle  oeuvre  quancqucz il  poeult, 
Sans  ce  qu'il  boute  ne  ne  sacque: 
3o8io  Le  garchon  print  par  my  la  nache. 
Ses  densdedens  la  char  lui  boute. 
Quant  le  garchon  sent  celle  goûte 
Qui  lui  desronpt  et  char  et  nerfs. 

De  la  doulleur  devint  tout  pers, 
3o8i3Crie  despourveuement  hault  :  (5#  c) 
«  A  la  mort!  lout  le  coeur  me  fault!  » 
Tout  estourdi  cheV  a  terre, 

Pour  la  dolleur  la  main  desserre. 
Regnart  est  a  terre  che'üs, 

30820  Comme  sages  et  pourveüs; 

Et  le  garson  briefment  s’en  fuit,  . 

Et  son  compains  aprez  le  suit. 

Sa  nache  tenoit  a  deux  mains  ; 

Ne  sera  mais  a  pièce  sains, 

3o825  Telz  quatre  pertuis  y  avoit. 

Dont  le  garson  monlt  se  douloit. 

Le  navré  trestoudis  fuioit, 

Et  son  compains  qui  le  suioit. 

L’un  ne  poeut  l’autre  conforter  ; 
3o83oToudis  fuioit  sans  déporter. 

Pour  nul  avoir  ne  s'acordaissent 
Que  point  arrière  retournaissent. 

Et  Regnart  demoura  a  terre 
Qui  ne  scct  mais  ou  santé  querre. 
3oS35  Humblement  et  mat  se  gramente, 

Et  dit  :  «  De  tel  marchié,  tel  vente  ; 
Toudis  ay  mal  fait  et  mal  fais. 

Je  en  dois  bien  porter  le  fais. 

J’av  eü  joye,  or  ay  je  diaulx. 

3o8qoJe  suis  en  l’heür  aulx  mesiaulx 
Qui  en  l’an  mil  .«je.  et  vingt 
Chascun  scet  bien  qui  leur  advint. 
Combien qu’ilz  feïssent  l’hermite ;(5W ) 
Les  Juifs  n'en  furent  pas  quite, 

3084?  Qui  leurs  poisons  données  orent, 
Dont  tous  Cristïens  tuer  volrent, 

Si  com  on  leur  tîst  reveller, 

Dont  on  les  garda  d’engeller  ; 

Car  cil  qui  l'autrui  mort  rechasse 
3o85o  Sa  mort,  sa  dampnacion  chasse  ; 

Et  combien  que  mort  le  consuie, 
Convient  que  par  cy,  par  la  fuie, 


On  le  voit  bien  appertement; 

Et  bien  le  mot  Raison  convent 
3oS53  Que  de  male  oeuvre  a  male  fin. 

Elle  dit  voir,  j’en  vov  la  fin  ; 

Bien  voy  que  nul  n’est  asseür 
D’estre  ou  dangier  de  mal  heür. 
Fortune  et  maleüreté 
3o$fîo  Me  bat,  me  hurte  et  a  hurté. 

Et  me  voeult  forment  envavr. 

Or  ne  m’en  doy  pas  esbahir, 

Car  je  ne  suis  pas  de  tel  pris 
Que  tost  ne  m’ayt  vaincu  et  pris, 
3oR(î3  Car  petit  est  vaincu  de  pau. 

Et  foible  chietde  petit  caup; 

Povre  homme  est  de  peu  cheiis. 

Pour  ce  n’en  doy  estre  meUs; 

Pour  ce  s'en  doit  moins  courouchier, 
30870  Moins  s’en  doit  plaindre  et  degrouchier 
Mais  ceulx  bien  esbahir  se  doibvent 
Qui  les  grandes  honneurs  rechoiveni. 
Si  comme  roy  et  duc  et  conte, 

Quant  Fortune  tout  jus  les  boute, 
3o8;5  AfTin  que  povreté  rechoivent  ; 

Et  cilz  bien  esbahir  s'en  doivent, 
Comme  Ecuba,  la  dame  franche, 

Qui  de  Troyes  tint  la  pojssancc 
Et  trentetrois  rovssoubz  lui  tint,  (.^9  J 
3o8So  Et  en  la  lin  povre  devint, 

Et  sens  perdi  par  desconfort, 

Quant  vit  ainsi  livrer  a  mort 
Polixene,  sa  belle  fille, 

Qu’en  bourg  n’en  chateau  nv  en  ville, 
3o8S3  Ne  deçà  mer  ne  delà  mer. 

Ne  pot  on  plus  belle  trouver, 

Aussi  belle  ou  plus  comme  Helayne. 
Ce  est  escripturc  certaine, 

Quant  vit  sa  fille  décollée, 

3o8qo  Le  sens  perdi  sans  demouréc; 

Et  si  tost  com  Gregois  le  virrent 
Folle,  la  vve  lui  tollirent. 
Philicambris,  la  mere  Daire, 

Cui  Fortune  fu  monlt  contraire, 

3o8o5  Qui  les  trois  pars  du  monde  tint 
Et  en  la  fin  povre  devint, 

Celle  se  deust  bien  esbahir. 

Et  comment  se  peultesjoïr 
Rosane,  la  femc  Alixandre, 

3t*)oo  Qui  tant  oza  d’armes  emprendre 
Et  tant  a  hardement  se  mist, 

Qui  trestoutle  monde  conquist, 

—  3oX53  a  manque 


3<»82o  sage  corrige  d'après  A  —  30840  Je  suis  chceut  en  Ihcur  corrigé  d'après  A 
—  30862  pas  eshir. 


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SIXIÈME  BRANCHE 


Puis  fut  elle  mise  en  prison 
Et  a  tort  et  a  mesproison, 

3oqo5  Au  pain  et  eaue  povrement  ; 

La  se  dolousa  longuement  : 

Elle  deust  bien  desconfort  prendre. 
Et  Hercules,  filz  Alixandre, 

Qui  de  tout  le  monde  fust  hoir, 

3ooio  Bien  lui  redeust  le  coeur  dolloir, 

Qui  fu  dès  le  jour  de  s'enfiance 
Mis  adollouret  a  pesance! 

Et  la  belle  Olinpiades 
Deust  bien  avoir  dollourz  adès, 

3ooi  5  Qui  par  ung  rov  fu  si  foulée 

Que  elle  fu  enprisonnée.  (5*/  b\ 

En  la  fin,  dont  ce  fu  pechiés. 

Lui  furent  les  membres  trenchiés 
Et  par  pièces  fu  decoppée, 

30920  Aulx  chiens  et  aulx  oiscaulx  donnée. 
Cilz  deurent  bien  estre  csbahy, 

Quant  mal  heür  les  envaY, 

Jourdain  de  Lille  et  Engueran, 

Gui  Fortune  fist  maint  ahan. 

3or)2?  Pierre  Remy,  Gérard  Gaictte 

N'orent  pas  bonne  oroison  faite 
Envers  Fortune  et  malheur, 

Qu'ilz  en  geurent  mal  asselir. 

Or  les  lairay,  a  Dieu  en  tient. 

3oo3o  Mais  du  mal  heür  qui  me  vient, 

Se  conseil  peüsse  trouver, 

Je  y  voulsisse  bien  ouvrer; 

Mais  n'entens  point  en  mon  affaire 
Que  mal  heür  puisse  deffaire. 

3op35  Comment  donc  fol  garder  s'en  voeult, 
Quant  sage  garder  ne  s'en  poeult? 
Mais  malheür  est  communaulx 
Aulx  débonnaires  et  aux  faulx. 
L’evesque  de  Trove  le  sceut  bien. 
30940  Que  je  a  monlt  tressage  tien. 

Bon  heür  long  temps  le  mena, 
N'oncques  tant  ne  pot  ne  pena 
Que  tousjours  tenir  le  peüst. 

Combien  que  tresgrant  sens  eüst 
30945  Et  qu’il  y  mesist  monlt  de  paines. 
Povre  séculier  fu,  puis  moisnes, 

Et  puis  de  Saint  Aveul  prieux, 

Dont  pluseurs  furent  envieux, 

Puis  abbé  de  Monstier  la  Selle. 

3oo5o  La  ne  trouva  il  pas  sa  selle. 

Bien  le  maintint  comme  sachant, 

(Qui  ne  m'en  croit  si  le  demande) 


80 

• 

Puis  n'orent  nul  milleur  pastour.(5g  c ) 
L'abbie  fist  clorre  a  l'entour 
30953  De  murs  de  pierres  a  cresteaulx, 

Les  tours  entour  et  les  pommeaulx, 
Et  la  grant  salle  sur  la  porte 
A  l'entour,  dont  mieulx  se  déporté; 

Y  sont  quatre  grans  tours  quarrées, 
3oo«»o  Bien  assises  et  bien  fondées: 

Oncquez  n’y  avoit  eu  cloison 
Qui  eust  peu  tenir  ung  oison. 

Aucuns  moisnes  gré  ne  l’en  seurent. 
Pour  ce  qu'aler  jouer  nepeurent. 
3096?  La  les  mist  il  dessoux  sa  main; 

Grant  paine  y  mist  et  soir  et  main. 

Cil  bon  abbé  fist  a  son  temps 
Tresbien  assis  trois  bons  estamps; 
Pluseurs  bons  acquestz  y  aquist, 
30970  Et  de  plus  grans  profils  y  fist. 

Ne  fu  pas  fol  ne  negligens; 

Amer  se  fist  a  toutes  gens. 

N’yert  pas  des  moisnes  qui  or  sont, 
Chascun  poeult  sçavoir  comme  ilz  font, 
30973  Qui  tiennent  les  grans  prions, 

Terres,  rentes  et  richetés; 

Leur  monstier  chict,  leur z  cloches  vendent, 
En  gloutonnie  tout  despendent; 

Leurs  maisons  toutes  se  dcscoeuvrent, 
30980  De  nulle  chose  ne  recoeuvrent 
Fors  de  garces  et  de  voisins 
Et  de  ceulx  qui  ayment  lopins. 

Bien  a  yeulx  clos  les  nommeroyc. 

Cil  abbé  ne  tint  pas  tel  voyc; 

30985  Puis  fu  evesques  esleüs 
Cil  qui  fu  si  sage  sceüs, 

Parle  nom  de  lui  qui  courut 
Quant  l'evesque  Jehan  morut 
De  Nantoeul  l'an  .m.  et  trois  cens; 
30990  Si  corn  je  truis  par  mon  assens,  (5p  d) 
Fu  par  le  chapitre  esleU, 

Tant  qu’evesque  de  Trove  fu 
Par  l'acord  du  doien  Denise, 

Qui  ad  .ee  faire  paine  a  mise, 

30993  Pour  ce  qu'il  est  ses  congnoissans 
Et  qu'en  Champaigne  fu  naissans. 
Certes  monlt  grant  honneur  lui  vint. 
Quant  moisnes  evesque  devint; 
Tousjours  bon  heür  lui  courut 
3ioooJusques  la  roÿne  morut, 

Jhenne  de  France  couronnée. 

Et  qui  fu  de  Champaigne  née, 


3oq85  evesque  —  30989  et  manque  —  30991  le  manque  —  30998  moisne. 


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90 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Femme  du  roy  Phlipe  le  Bel. 

De  sa  mort  ne  fu  pas  revel, 

3  ioo5  Quant  honneur  deust  Champaigne  avoir, 
Quant  elle  perdi  ung  tel  hoir; 
Champegnoise  et  Champaigne  ama. 

Male  semence  cil  sema 

Qui  celle  dame  a  la  mort  mist, 

3ioio  Car,  pour  vray,  se  elle  vesquist, 

Bourguignons  pour  riens  ne  fesissent  ; 

En  Champaigne  riens  ne  tenissenr. 

Ne  point  n’y  oseroient  acquerre 
Chateau,  seignourie  ne  terre. 

3 1 o 1 3  Or  est  ainsi  comme  Dieu  voeult; 

Souffrir  le  faultqui  myeux  ne  poeult. 
Trois  filz  et  puis  une  fille  orent, 

Qui  toustroisen  France  monlt  porent; 
Tous  trois  furent  roys  de  la  terre, 

3 1020  La  fille,  royne  d’Engleterre. 

Jusqu’à  ce  jour  qu’elle  morut, 

Bon  heür  sur  cellui  courut; 

Lui  morte,  ceulx  qui  le  haïrent, 

De  lui  grande  malichon  dirent  ; 

3 1025  Sur  lui  mirent  monlt  d'acoisons, 
Murdres,  bougueries,  poisons, 

Qu’il  n’avoit  point  esté  filz  d’home  ;  (fioa) 
Pluseurs  dolleurs  que  je  ne  nomme. 
Qui  plus  controuver  en  pooit, 

3io3o  Cil  plus  volenticrs  en  ooit. 

Prins  fu  et  monlt  vilment  mené, 

De  parole  et  de  fait  pené. 

A  Paris  fu  mis  en  prison  : 

On  lui  metoit  sustraison, 

3io33Tous  cas  vilains, tous  cas  obscurs, 

Dont  en  la  fin  fu  trouvé  purs. 

Articles  ot  et  audicteurs, 

Chascun  fu  ses  persécuteurs. 

Tesmoingz  y  ot  plus  d’un  millier; 

3 1040  Chascun  tendoit  a  lui  pillier  ; 
Trestoudis  lui  aidoit  son  sens. 

Livré  fu>l’archevesque  a  Sens 
Qui  en  sa  fort  prison  le  mist 
Tant  que  le  pappe  le  requist, 

31045  Et  ses  articles  et  ses  fais 

Pour  pugnir  selon  ses  méfiais. 

Lors  fut  il  a  Romme  envoyé, 

De  bonnes  gardes  bien  lové. 

La  n’eust  il  mais  son  bon  heür, 

3io5o  Et  si  fu  petit  asseür, 

Car  le  rov  estoit  son  contraire 

0 

Jusqu’à  la  vye  du  corpz  traire, 


Et  PApostole  le  hëeoit, 

Qui  a  condempner  le  bëeoit; 

3  io55  Peu  estoit  gens  qui  ne  dëissent, 

Qui  de  ses  fais  parler  oysscnt. 

Mais  quant  le  pappes  ot  leüs 
Ses  fais,  et  sesescripz  veüs 
Et  tout  le  depost  des  tesmoingz, 

3 1060  Plus  l’ama  et  l’en  hay  moins. 

Si  fut  il  en  fort  prison  mis, 

Mais  toudis  fu  Dieu  ses  amis  ; 
N’oncquez  son  anel  ne  vault  rendre, 
N’aultre  eveschié  il  ne  vault  prendre, 
3ioG5  Combien  que  une  on  lui  donna  (Go  b) 
Qui  est  es  terres  par  delà; 

Mais  ne  l’acheta  ne  retint, 

Ne  n’en  rechut  ne  quart  ne  quint. 
Mais  le  pappe  qui  poeult  sur  droit, 
31070  Qui  la  foy  ayme  monlt  et  croit, 

Pour  obeyr  a  sa  prïere 
Donna  ce  qui  a  Guichart  yere 
A  ung  sien  clerc,  son  eveschié. 

Or  garde  bien  s’il  fist  pechié. 

31075  Jehan  ot  nom,  mais  peu  le  tint  ; 

En  son  temps  a  Troyez  ne  vint 
Jusques  la  mort  sus  lui  courut, 

Et  Guichart  en  cel  an  morut, 

Tous  deux  a  Saint  Pierre  enfouis. 

3 1080  Bien  fu  Guichart  pareür  mis 

De  bas  en  hault,  de  hault  en  bas. 

Tel  heür  ne  me  laisse  pas: 

Honneur  ay  eu,  or  suis  meschans, 
Sur  trestous  hommes  mal  seans. 
3io85  Se  Guichart  voulsist  ou  daignast 
Qu’avecques  lui  m'acompaignast, 
Bien  peusiesmes  d’un  livre  lire 
Qu’on  apelle  de  mal  empire. 

Ainsi  Regnart  se  dementoit 
3 1090  De  la  dolleur  que  il  sentoit 
Et  de  mal  heür  qui  le  tient. 

Tant  que  vers  une  ville  vient. 

Ung  vilain  ot  en  celle  ville; 

Tant  par  bonheur  corne  par  guille 
3ioq5  Ot  assez  acquis  de  l’avoir, 

Pour  ce  ot  renom  de  sçavoir, 

Et  il  fu  entules  et  durs; 

Son  pourprins  ot  bien  clos  de  murs,  (60  c) 
De  hayes  et  de  palis  fors  ; 

3i  100  Car  il  doubtoit  fort  de  son  corps, 
Que  son  avoir  on  ne  presist, 


3ioo3  philippe  —  31017  puis  manque  —  31020  Et  la  fille  —  3io33-?io34  Les  deux  vers  sont  inter¬ 
vertis  dans  B  —  3  1037  pappe  —  31089  On  lit  en  rubrique  :  Aultre  histoire  de  Regnart. 


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SIXIÈME  BRANCHE 


Ou  que  grief  on  ne  lui  fesist  ; 

Pour  ce  clos  et  fort  se  tenoit. 

Ainsi  com  Regnart  la  venoit, 

3 1 1 o5  Si  a  rencontré  ung  bon  homme. 

Tout  maintenant  Regnart  le  nomme  : 

«  Regnart,  doien,et  Dieu  t'aye! 

—  Amis,  Dieu  te  doint  bonne  vye! 
Preudom,  j’ay  ung  conseil  a  prendre  : 

3i  i  io  Je  vouldroye  de  toy  aprendre, 

Se  tu  es  de  cest  lieu  naïfz, 

Du  plus  sage  de  cest  pays, 

Car  a  lui  conseillier  me  voeul 
D’un  tresgrant  mal  dont  jemedoeul. 

3 1 1 1 5  —  Regnart,  je  sçay  de  vray  et  sens, 

Ce  est  le  preudom  de  eyens, 

Qui  si  bien  a  son  huys  fermé  ; 

Le  plus  sage  est  en  vérité, 

Plus  scet  que  les  aultrez  ne  font. 

3 1 1 20  —  Dy  moy,  »  dist  Regnart,  «  pour  quoy  sont 
Qu’est  le  plus  sage  en  ung  acord  ; 

En  scez  tu  le  droit  ou  le  tort? 

—  On  dit  qu’il  est  sage,  pour  voir, 

Pour  ce  qu’il  est  riche  d’avoir. 

3i  123  Plus  je  n’y  scay.  —  Raison  pareille, 
Preudoms,pointne  m’en  esmerveille  : 
Avoir  porte  nom  de  sagesse 
Et  de  vaillance  et  de  noblesse; 

Et  s’il  est  doubté  et  cremus, 

3 1 1 3o  Ou  s’il  est  par  tout  bien  venus, 

Je  ne  m’en  esmerveille  mie; 

Tel  est  li  us  de  ceste  vye. 

Mais,  foy  que  je  doy  les  sept  ars, 

Tel  a  avoir  qui  est  musars, 

3i  1 3 5  Fol,  périlleux,  oultrecuidiés,  (Oo  d) 

De  bien  et  de  bonté  vuidiés, 

Et  tel  est  povre  de  l'avoir, 

Qui  a  et  bonté  et  sçavoir. 

Avoir  sans  honneur,  j’en  dy  fy, 

3  1140  Je  ne  le  croy,  ne  ne  m’y  fy, 

Car  homs  qui  a  en  lui  sçavoir 
Ne  pense  point  trop  a  avoir; 

Qui  avoir  ayme  et  le  maintient, 

Serfz  est,  serf  sera,  serf  se  tient, 

3i  145  Combien  qu’avoir  bon  nom  lui  porte. 

Je  iray  voir  devant  sa  porte 
Se  je  a  lui  parler  porroye. 

Mais  que  je  puisse  trouver  voye. 

—  Trop  ferme  seroit  la  contrée, 

3 1 1 5o  Regnart,  se  n'y  trouvez  entrée. 

Trop  bien  fermer  le  convenroit 
Qui  contrester  le  te  voulroit.  » 


91 

Lors  Regnart  ou  gardin  se  boute, 
Qui  toudis  le  mal  eurredoubte. 

3 1 1 3 5  Dcssoubz  ung  cep  s’est  acostés 
Cil  qui  trestoudis  s’est  doubtés. 
Gelines  assés  y  avoit  ; 

Regnart  monlt  bien  les  y  vëoit. 

Mais  ne  s’i  oze  aventurer  : 

3  1 1  Go  Toudis  croit  mal  eür  durer, 

Et  toudis  oreille  et  escoute. 

Mesme  de  son  umbre  se  doubte  ; 

«  Las  !  »  dit  Regnart,  «  desore  vov 
Que  povre  homme  n’a  point  de  loy. 

3  1 1 63  N’a  pas  encor  deux  ans  entiers 
Que  céans  fusse  volentiers. 

Au  tempz  que  en  bon  eur  estoie, 

Ne  tenoye  sentier  ne  voye, 

Par  tout  m’en  alaisse  saillant, 

3 1 1 70  Ne  prissase  fol  ne  vaillant, 

Ne  tous  les  chiens  d’une  abbaye 
Que  ja  me  fissent  envaye  ;  [6  r  a) 

Jusqu’au  soeul  alaisse  cerchier, 

Et  tout  l’hostel  bien  reverchier. 

3i  175  Ja  chien  de  vilain  ne  doubtaisse 
Que  mon  volloir  ne  leur  contaisse, 

Et  se  ja  au  fuir  venist, 

11  n’est  levrier  qui  me  tenist. 

Je  ne  prisoie  ung  Abigois 
3i  180  Gentil,  ne  vilain  ne  bourgois. 

Par  tout  estoit  ma  voye  ouverte; 

Or  est  maintenant  si  couverte 
Que  par  tous  lieux  je  ne  voy  goûte, 
Mais  de  mon  umbre  ay  je  bien  doubte. 
3i  1 85  Si  ay  jou  voir  du  vent  qui  vient, 

Tout  pour  povreté  qui  me  tient. 

Ung  seul  pas  aller  ne  me  laisse 
Que  de  povreté  ne  me  paisse, 

Et  me  dit  :  «  Meschant,  ou  iras  ? 

3i  iooJa  parole  que  tu  diras 

N’est  que  ne  soit  foie  tenue  ; 

Chascun  despirra  ta  venue. 

Quant  on  verra  que  riens  ne  portes, 
Toutes  tes  grâces  seront  mortes. 

3 1 19?  Comme  mescreüs  te  menras, 

Ou  le  torche  Fauvel  feras, 

Et  diras  :  «  Monseigneur  dit  voir!  >» 
Hellas  !  nul  ne  poeut  tant  savoir, 

Ne  flaterie,  ne  déduit, 

3 1200  Se  riens  ne  porte  qu’il  n’anuit. 

Dont  me  convient  vivre  d’embler 
Et  morir  aprez  long  trembler. 

Se  je  suis  povre  terres  prins 


3i  181  auoie  ma  voy  corrigé  d'après  A  —  3 1 184  bien  manque  -  31192  despi ra. 


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92 


R EX ART  LF  CONTREFAIT 


Ou  de  quelque  méfiait  reprins, 

3i2o5  N’y  convient  demander  pardon 
Sc  je  n’en  eschape  par  don. 

Beaulx  dons  font  trestout  pardonner; 
Voit  chacer  qui  n’a  que  donner. 
Certes  monlt  déporter  se  poeult  [6 1  b) 
3 1 2 10  Qui  avoir  a  et  donner  voeult, 

Et  plus  qui  donne  et  riens  ne  prent. 
Mais  bon  coeur  grant  douleur  enprent. 
Quant  il  va  l'autrui  requérir, 

Et  il  ne  l’a  de  quoy  merir. 

3 1 2 1 5  Pour  ce  m’estocut  a  ceste  fois 

Comme  matz  chetifz  tenir  quois. 

Bien  se  doit  povre  homme  hayr. 

Et  bien  le  doit  chascun  fuir, 

Tant  qu’en  ceste  mortelle  vyc  ; 

3 1220  De  l’autre  ne  parle  je  mye. 

Quantdroitvoeult  que  povre  tesmoing 
Ne  soit  crell  ne  prez  ne  loing, 

Povres  tesmoingz  sont  refuse. 

Selon  qu’on  a  de  droit  usé, 

3 1225  Car  combien  que  demeure  en  foy, 
Droit  dit  qu’il  n’y  a  nulle  loy. 

Or  Dieu  m’en  jette  et  si  m'en  gard 
Et  ceulx  qui  sont  de  bonne  part  !  »» 
Lors  Regnart  ot  le  col  baissié, 

3 1 23o  S’en  est  entre  en  ung  plaissié. 

Lors  ung  peu  de  confort  lui  vint 
Par  esperance  qui  le  tint  ; 

Et  dit  :  «  Certes,  je  ne  morray 
Tant  comme  je  vivre  porrav. 

3 iï35 Trop  est  cil  malement  euré 
Qui  ja  ne  yere  assellré. 

Encor  ay  les  pietz  et  les  dentz 
Qui  bien  seront  au  coeur  aidans  ; 

Et  la  langue  point  ne  me  fault 
3 1 240  Qui  me  gardera  de  deflault. 

Beau  parler  qui  ne  couste  gaire 
Me  fera  ma  bezongne  faire. 

Qui  par  bel  parler  scet  paier. 

Il  ne  se  doit  point  esmaier. 

31245  Se  je  ay  perdu  mon  avoir, 

Je  n  ay  pas  perdu  mon  sçavoir.  (6  /  cl 
Mes  membres,  mon  corps  ne  ma  vve; 
Et  si  n’ay  point  de  maladye 
Se  eur  avoit  juré  sur  sains  : 

3i25oOr  suis  je  dru,  haitiez  et  sains. 

On  ne  doit  mal  heür  prisier 
Nulle  fois  fors  que  desprisier. 

Par  desprisier  faire  on  le  fait 

3 1227  s*  suppléé  d'après  A  — 

—  31264  usoyc  —  3  r  2 H ï  Qui  — 


Et  par  trop  prisier  on  l'attrait.  » 

3 1 2 5 5  Ainsi  Regnart  s’est  conforté. 

Et  en  bon  espoir  déporté; 

Dist  :  «  Puis  que  povreté  m’asproye. 
Par  le  vray  Dieu!  g’irav  en  proye! 
Pis  ne  puis  avoir  que  morir. 

3 1260  Je  ne  me  lairay  cv  sorir; 

J’aim  mieulx  morir  en  concquerant 
Que  finir  en  désespérant  : 

Dira  on  :  «  Tel  vye,  tel  fin, 

S’en  desespoir  use  ma  fin.  » 

3i2t»5  Adont  Regnart  confort  a  prins, 

Et  s’est  bouté  ens  ou  pourprins. 

Si  a  les  gelincs  veües 

Qui  ou  gardin  se  sont  tenues; 

Et  si  tost  com  elles  le  virrent, 
3i27oTantost  belle  place  lui  firent, 

Et  tost  s’en  vont  sans  acorder. 
Chantecler  qui  les  soeult  garder. 
Leur  demanda  pour  quel  raison 
Elles  vont  fuiant  en  maison. 

31275  Dient  :  «  Paour  avons  eti, 

Car  male  beste  avons  veü. 

—  Gardez,  »  dist  il,  «  n’ayez  peur. 

Et  soyez  toutes  asseiir. 

Monseigneur  est  ung  riches  homs, 
31280  II  n’est  homs,  beste,  ce  sçavons, 

Cui  Monseigneur  meflaire  osast 
Ne  qui  contre  lui  s’opposast  ; 

Ne  nul  pour  doubtance  de  lui  ( 61  d) 
Ne  nous  oseroit  faire  anuy, 

3 1285  Et  s’aucun  vient  qui  mal  vous  nomme, 
Dites:  «  Nous  sommes  a  riche  homme!  » 
Se  vous  aviez  mort  le  bailli, 

Ne  seriez  vous  pas  mal  bail i.  >* 

Lors,  ung  piet  cranpy,  l’autre  droit, 
3i2po  S’est  acroupy  dessoubx  ung  toit. 

Ulec  se  print  a  sommeillier, 

Et  ung  monlt  fier  songe  a  songier  ; 

Et  lui  sembloit  que  une  beste 
Faisoit  de  lui  une  grant  feste  ; 

31295  Par  mv  la  teste  le  tenoit, 

A  son  voloir  le  demenoit. 

Tel  paour  a  le  coq  ell 
Que  trestout  en  est  esmeü. 

Et  s’esvellla  a  grant  pelir; 

3i3oo  Huv  mais  ne  sera  asseür. 

Pinte  apelle  il  ou  il  se  fve, 

Et  a  talent  que  il  lui  dye 
Le  songe,  et  qu’elle  lui  esponne, 

—  3 1263  Bien  diroit  on 


3 1236  nycre  —  3 1261  morir  suppléé  d'après  A 
3i3oi  apelle  ou  il. 


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SIXIEME  BR  ANC  Ht 


Et  que  tresbon  conseil  lui  donne. 
3i3o5  Pinte  respond  :  «  Or  oy  merveille, 
Quant  homs  a  feme  se  conseille; 
Certes  ce  est  trop  grant  deffault, 
Quant  a  femme  consseillier  fault, 

Que  a  painc  y  poeut  on  trouver 
3i3ioConseil  qui  se  puist  bien  prouver; 

Se  bien  en  vient,  c’est  aventure  : 

Pour  ce,  homs  n’en  doit  avoir  cure. 
Et  non  pour  quant  est  advenu, 

Maint  en  ont  bon  conseil  eu, 

3  1 3 1 5  Ceulx  qui  les  ont  volu  bien  croire  ; 
Mais  certes  ce  est  chose  voire, 

S’elles  disoient  Euvangilles, 

Semble  a  pluseurs  que  ce  sont  guiles, 
Et  pour  ce  croire  ne  les  voeullent, 
3x320  Combien  que  maint  bien  dire  soeulent.  6 2 a) 
Et  monlt  grans  biens  en  advenissent. 
Se  les  pluseurs  mieulx  les  creissent. 

Andromada,  la  femme  Hector, 

Fort  corn  lion,  cruel  corn  tor, 

3 1 3 2 5  Se  son  seigneur  creü  l’eüst, 

Si  tost  a  mort  point  mis  ne  fust, 
Quant  par  amour  et  par  honneur 
El  dit  a  Hector,  son  seigneur  : 

«  Sire,  n’alez  pas  ad  ce  jour 
3i33o  En  bataille  ny  en  estour! 

Se  ad  ce  jour  vous  y  allez, 

Si  com  des  dieux  est  revellez, 

Ochis  serez  sans  nulle  faille, 

Pour  bien  le  vous  conseille  et  baille; 
3  1 335  Si  vous  pri,  pour  mort  retarder, 

Que  vous  en  voeulliez  bien  garder.  » 
Combien  que  desist  chose  voire, 
Oncquez  Hector  ne  le  vaut  croire  ; 

11  y  ala,  et  la  morut 
3 1 3qo  Par  Achilès  qui  le  fcrut. 

Le  duc  de  Bar,  s’il  eust  creü 
Femme,  la  mort  n'eust  point  cii, 

Quant  il  vault  aler  a  Athènes, 

En  celle  terre  tant  lointainez 
3 1 345  Ou  maint  homme  ont  esté  ochis, 

L’an  mil  trois  cens  et  trente  et  sis; 

La  se  sont  il  a  male  estraine 
Avecquez  le  conte  de  Braine. 

De  bon  coeur  bien  lui  dist  s’amie  : 
3i35o0  Sire,  pour  Dieu,  n’y  alez  mie; 

Ce  est  ung  lieu  mal  eürés, 

Ou  nul  n’est  point  asscïircs  ; 

Maint  bon  preudom  y  est  pery. 

Sique  par  grant  amour  vous  pry 


3 1 3 5 5  Que  ce  don  donner  me  voeulliez 
Qu'en  ce  voiage  point  n'allez, 

Car  tart  seriez  au  repentir.  »  (62  b) 

Cil  ne  s’i  vault  point  assentir; 

Alez  y  est,  n’est  revenu. 

3i36o  Mieulx  vaulsist  eust  conseil  creü. 

Pour  ce  vous  dis  :  «  Comment  qu’on  croyc 
Peu  femme  de  chose  qu’on  oye, 
Aucuneffois  qui  les  creroit, 

S’honneur  et  son  proffit  feroit. 

3 1 363  De  moy  conseil  avoir  devez 

Pour  tant  que  requis  m’en  avez, 

Et  pour  ce  je  le  vous  liray. 

Or  entendez  que  je  diray.  » 

Pinte  respond  :  «  Damp  Chantecler, 

3  i3yo  Envis  poeut  couart  vëoir  cler. 

Couardie  vient  de  lent  corage  ; 

Envis  poeult  couart  estre  sage, 

Nul  ne  doit  trop  paour  avoir 
De  ce  dont  il  ne  scet  le  voir, 

3 137$  Ne  par  cuidance  ne  par  croire, 

S’ilz  ne  font  la  cause  auquez  voire. 
Cuidiez  vous  le  temps  advenir 
Par  vostre  paour  retenir? 

Je  ne  vis  oncquez  nulz  peureux 
3i38oQui  fussent  gaires  bien  eureux. 

Tous  malvais  sont  en  povreté, 

Et  tous  bons  sont  en  sceureté. 

Ja  nulz  homs  ne  poeult  tant  avoir 
Ne  acquerre  sens  ne  sçavoir, 

3  1 383  S’il  a  le  coeur  trop  peüreux 
Que  il  ne  soit  malheüreux  ; 

Ja  n’vert  en  nulle  compagnie, 

Que  tout  le  coeur  ne  lui  fremie, 

Ne  que  il  puisse  joye  avoir. 

3  1 3yo  Salomon  qui  tant  ot  sçavoir, 

Dit  :  «  Nul  si  grant  délit  ne  tient 
Comme  cellui  qui  du  coeur  vient, 

Tous  ses  menbrcs  le  sont  au  foeur, 

Cellui  qui  a  paoureux  coeur.  (62  c) 
3i395  Paoureux  ne  scet  nullui  aimer, 

Ne  lui  proprement  bien  garder; 
Paoureux  ne  scet  parler  ne  taire  ; 
Paoureux  ne  scet  nullui  bien  faire  ; 
Paoureux  ne  scet  nullui  servir, 

31400  Ne  n’oze  nul  bien  deservir; 

N’oze  ne  coeullir  ne  semer, 

A  grant  paine  oze  il  Dieu  aymer; 
Paoureux  a  toudis  soupechon 
Qu’il  ne  soit  pris  a  l’amechon; 

3 1405  Paoureux  ne  scet  nul  jour  que  faire; 


3i3oq  Qua  p.  —  3 1 3 c 4  ung  1.  —  3 1 402  grant  manque . 


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94 


RENAkT  LE  CONTREFAIT 


A  lui  meïsmes  ne  poeult  plaire; 
Paoureux,  se  on  lui  donne  avoir, 

Ne  l’oze  mie  rechevoir, 

Car  il  pense  qu’en  son  voyant 
3  1410  Ce  n’ést  que  en  lui  dechevant  ; 

S'on  lui  voeult  son  nom  exaulcer, 
Croit  que  c'est  pour  desavancier; 

Se  on  lui  monstre  beau  semblant, 
Croit  qu'on  lui  va  le  sien  emblant: 
3i4i5  S'il  pert,  tout  est  désespérés  : 

Bonne  chiere  de  lui  n'arés; 

S’aucun  ung  bon  marchié  lui  porte, 
Croit  que  son  mal  on  lui  aporte; 

11  meïsmes  ne  se  croit  mie, 

31420  Ne  sa  femme,  ne  sa  maisnie  ; 

Toudis  pleure,  toudis  se  fiert, 

Son  asne  chevauche  et  le  quiert  : 
Ceulx  qui  courtoisie  lui  font 
Le  perdent,  car  nul  grc  n’en  ont; 
3i425  Il  ne  scet  que  est  courtoisie, 

Mais  il  scet  bien  qu  est  vilenie. 
Paoureux  ne  poeut  avoir  déduit, 

Ne  il  ne  poeut  dormir  de  nuit, 

Ne  il  n’ot  vent,  soiris  ne  chatz, 

3iq3o  Pense  qu’aucun  soit  en  pourchatz 

De  lui  faire  dommage  ou  honte.  d ) 

S’il  advient  qu’aucun  die  conte, 
Chante,  rie,  aucun  blasme  ou  lue, 

Se  couart  est  en  lieu  qu’il  l’oë, 

3iq35  Pensera,  quoy  qu’il  soit  du  dire, 

Que  ce  soit  dit  pour  lui  despire  ; 
Toudis  glose,  et  toudis  il  pense, 

Tout  prent  sur  lui,  et  paix  et  tenchc. 
S’a  lui  venoit  Dieu  et  fesist 
3 1440  Qu’en  son  Paradis  le  mesist, 

En  souspechon  y  entreroit, 

Ne  ja  de  son  gré  il  n’iroit. 

Sa  compagnie  n'est  pas  bonne, 
N’avoir  a  faire  a  sa  personne. 

31445  Pour  ce  n’ara  ja  couart  joycs; 

Pour  ce  te  lo  que  ne  le  soyes. 

A  couardie  ne  voeulle  tendre, 

Car  on  y  poeult  laide  fin  prendre. 

Je  n’apelle  point  couardie 
3i4?o  Avoir  peur  de  faire  folie, 

De  mesdire  ou  d'aultrui  férir, 
Daleren  lieu  ou  puist  périr, 

Monter  sur  arbre  ou  sur  planchier, 
Ou  mettre  en  péril  de  noyer, 

3i455  Ou  d’aller  en  mer  par  tourment, 


Ou  lui  efibrchier  folement 
D’espargnier  ou  de  trop  despendre, 
Haine  acquerre  ou  femme  prendre. 
Tel  couardie  doit  on  avoir, 

3  1460  Et  qui  le  prent,  il  fait  sçavoir, 

Non  point  vivre  paoureusement 
De  ce  qu’on  ne  voit,  ne  ne  sent  : 
Telle  paour,  n’en  doubtez  mie, 

Ne  vient  que  de  la  fantasie. 

31405  Dont  ilz  sont  de  sages  couart, 

Et  si  sont  de  hardis  musart. 

Prenget  glose  trestout  en  bien; 
Sage,  clos  et  fermé  te  tien .  [03  Jl 

Songe  t'a  esmeü,  sans  faille; 

3 1470  Soies  en  paix,  et  ne  t'en  chaille. 
Preng  le  temps  ainsi  qu’il  venra, 

Qui  pour  toy  quoy  ne  se  tenrra. 

Cil  est  assis  en  bon  degré 
Qui  trestous  anuis  prent  en  gré.  » 
31473  Ainsi  Pinte  le  conforta, 

Le  bien  qu’il  scet  lui  ennorta; 

«  Or  adviengne,  »  dist  il,  «  qu'aviengne, 
Mais  que  mal  eür  ne  me  tiengne!  » 
Atant  s'en  va  esbanïer. 

3tq8o  Cil  qui  toudis  fait  son  mestier, 

Ne  se  cesse  ne  jour  ne  nuit. 

C'est  Regnart  qui  fut  en  déduit 
Soubz  ung  toit  en  ung  angleçon. 
Quant  il  ouy  du  cocq  le  son, 

3i4ÎS5  Ung  peu  se  lieve  pour  sçavoir 
Se  il  porroit  le  cocq  avoir. 
Chantecler  l'a  bien  perceü, 

Le  coeur  en  ot  tout  esmeü. 

Adont  s'escria  tout  esrant  : 

31490  a  Malvais  lerres,  ne  te  demant. 

Ych,  lerres,  hors  de  ce  pourpris, 

Ou  tost  seras  iVez  et  pris!  » 

Regnart  qui  mal  eür  doubtoit, 

Fain  eut  et  bien  batu  estoit, 

3 1493  Dist  :  «  Ne  te  voeulles  esmaier! 

Car  cy  vieng  pour  toy  apaier 
Et  pour  dire  bonnes  nouvelles. 

Et,  si  teplest,  lez  toy  m’apelles, 

Car  j'ay  de  Dieu  cy  aporté 
3i5oo  Dont  tu  seras  réconforté. 

J'ay  a  le  avoir  mis  grant  paine 
Aultre  chose  cy  ne  m’amaine; 

Ne  te  voeulle  mie  ennuier, 

Mais  or  te  plaise  a  detrïer 
3i5o5  Jusques  je  t’aye  recité  ( 03  b) 


31409  en  son  —  31410  Que  ce  nest  quen  —  3 1 4 1 5  desperes  —  31423  Tous  cculx  —  3 1 437  il  manque 
—  31445  joyc  corrige  d'après  A  —  31446  soyes  corrigé  d'après  A. 


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SIXIÈME  BRANCHE 


0$ 


Paix  et  amour  et  charité. 

Car  tant  que  Crestïenté  dure, 

Je  m’en  voy  preschant  l’Escripture, 
Coin  Dieu  dit  a  l’Ascencion  : 

3 1  3 1  o  Predicate  Euvangelium  ! 

Je  suis  de  l’ordre  aulx  Repentis 
Et  me  suis  a  Dieu  revertis 
Par  remonstrance  qu'ay  eü, 

De  Dieu  parfaitement  sceU, 

3  1 3 1 5  Si  com  a  saint  Pol  revella 

Dieu  qui  au  chemin  l'apella  : 

«<  Saule,  udist  Dieu.  —  <«  Et quevousplest? 
—  Pour  quoy  as  tu  tant  de  mal  fait, 

Quant  mes  Crestïens  tu  destruis? 

3 1  3-20  Plus  mal  amy  de  toy  ne  truis.  » 

Ad  ce  mot  fut  cil  converty,- 
Et  du  tout  a  Dieu  reverty, 

Etfist  de  Dieu  amy  et  maistrc 
Cil  qui  si  malvais  soloit  estre, 

3  i  52  3  Si  tost  comme  Dieu  ot  ouy. 

Ainsi  ay  je  fait,  mon  amy, 

Car  de  Dieu  ay  la  voix  ouye  ; 

Pour  ce  ay  laissié  male  vye. 

Se  j’ay  esté  persécuteur, 

3  i  33o  Amy  suis  de  Dieu  et  docteur. 

Qui  m  a  de  sa  grâce  monstrav, 

Tant  que  jamais  de  lui  n’istray; 

Lesquelz  bien  je  te  monsteray, 

Quant  vouldras  et  loisir  aray  : 

3  1 333  Pour  quoy  tous  ceulx  qui  me  creront 
En  paix  en  Paradis  iront. 

Comment  es  si  oultrecuidiés, 

Comment  es  si  de  sens  vuidiés 
Qui  m  as  ainsi  larron  nommé? 

3  i  340  En  ce  n'as  tu  pas  Dieu  amé, 

Car  sacrilege  as  ores  dit, 
Quantdupreudhommeas  tu  mesdit  [03c) 
Et  du  vicaire  Dieu  le  Pere  ; 

Avoir  en  dois  la  bouce  amere.  » 

3i  345  Adoncquez  Regnart  s’agenouille, 

De  ses  larmes  la  terre  mouille, 

Et  forment  se  print  a  plourer. 

Vers  le  ciel  ses  mains  a  tourner; 

Dist  :  «  Dieu,  tu  pardonnas  ta  mort 
3 1  53o  A  ceulx  qui  t’ochirent  a  tort, 

Et  pour  ce  voir  qu’ilz  ne  sçavoient, 

Les  folz  Juïfz,  que  ilz  faisoient. 

Non  fait  ce  josne  tilz  sans  doubtc  ; 

Il  parle,  mais  il  ne  voit  goûte, 

3 1  3 53  Ne  scet  qu’il  dit,  ne  scet  qu’il  fait; 


Dieu  lui  pardonne  son  meffait. 

Chantecler,  j’amay  monlt  ton  pere. 
Oncquez  a  enfant  nulle  mere 
Ne  pot  tant  faire  de  bien  fait 
3 1 3 60  Com  j’ay  toudis  ton  pere  fait. 

Toudis  le  maintenoie  en  paix, 

Et  le  preudom  me  crut  adais 
Tant  qu’il  passa  toute  jeunesse 
Et  qu’a  santé  vint  en  viellesse. 

3 1 563  Et  se  tant  ne  m’ellst  creü, 

De  la  moitié  n'eust  tant  vescu. 

Par  pluseurs  temps  et  pluseurs  fois 
Et  les  faines  et  les  putoirs, 

Mes  parens  et  de  mon  mestier, 

3i37o  Le  sçavoient  monlt  bien  gaitier; 

Par  maintefTois  lui  firent  guerre, 

Ne  lui  vaulsist  ne  clef  ne  serre. 

Mais  tant  me  combaty  pour  lui 
Qu’encor  me  sens  je  de  l’anuy. 

3  i3;5  Merveilles  est  quant  jamais  l’aim, 

Car  tant  me  bâti  ung  vilain 
Et  d’un  baston  tel  me  donna 
Que  trestout  le  chief  m’estonna. 

Envis  puis  sus  deux  pietz  aller;  (63 J) 
3i  38o  Je  n’en  puis  ma  langue  avaller 
Ne  mes  dens  avaler  ne  puis; 

Envis  puis  vëoir  en  ung  puichz. 
Certes  j’ay  eu  mainte  durtc 
Pour  ton  pere  faire  bonté. 

3 1 385  Encores  j’ay  aultres  biens  fais 

Dont  je  me  suis  pluseurs  fois  tais, 
Dont  de  toy  deusse  estre  loé, 

Car  a  Pasques  et  au  Noé, 

Que  les  vilains  char  mengiersoeulent, 
3 1  3yo  Cocq  et  gelines  tuer  voeullent  ; 

Ce  soit  a  leur  santé  contraire  ! 

Lors  bien  lui  soloye  ung  tour  faire. 
Car  devant  juner  le  faisoie, 

Si  com  bien  faire  le  sçavoie, 

3 1 3y3  Et  puis  le  clistere  donner 

Pour  la  gresse  a  néant  mener, 

Siques  quant  vilains  le  prenoient 
Et  si  tresinaigre  le  trouvoient, 

Et  le  sentoient  si  legier, 

3 1600  Point  ne  le  vouloient  mengier: 

Et  quant  le  jour  passé  avoyc, 

Je  qui  les  bons  greniers  sçavoye 
De  froument,  de  soillc  et  de  poix. 
L’en  donnoie  tout  a  son  choix 
3i6o5Tant  que  avant  les  .xv.  jours 


3i3oq  Car  on  —  3 1  5 1  o  Marc ,  xvi,  i5  —  3 1 5 1 1  suis  de  supplée  d'après  A  —  31642  tu  manque . 


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RENARÎ  LE  CONTREFAIT 


9^ 

Il  estoit  charnu  comme  ung  ours. 

En  la  fin  m’envoia  quérir, 

Quant  il  se  deust  laissier  morir; 

Si  me  pria  que  je  t’amesse 
3i6io  Comme  lui  et  que  te  gardesse. 

Pour  ce  te  venoie  vcoir. 

Tu  me  poeux  assez  bien  seoir 
Au  tant  que  a  orgoeul  ne  traycs 
Et  que  les  povres  gens  tu  croyes. 

3 1 6 1  5  Maint  sont  qui  povres  gensne  croient, 
Disant  que  croire  ne  les  doient.  (04  a) 
Dont  il  advint  que  ung  marchant, 
De  villes  les  marchiés  suiant, 

Oeufz  et  frommages  achetoit 
3  1620  Et  au  marchié  les  revendoit. 

Ung  jour  au  marchié  s’avoya, 

Tout  son  avoir  y  employa. 

Ung  asne  et  deux  paniers  avoit, 

Car  ailleurs  porter  les  devoit, 

3 1625  Tous  ses  frommages  dix  a  dix 
A  il  en  ung  des  paniers  mis  ; 

Plain  fu,  en  l’autre  n’ot  néant. 

De  ce  estoit  il  non  scient, 

Car  le  plain  panier  avaloit 
3t63o  Et  li  aultres  amont  aloit. 

L’asne  si  fu  tout  desvové, 

Car  trop  mal  fu  contremoyé; 

Son  droit  chemin  ne  pooit  querre, 

A  poy  qu'il  ne  chëeoit  a  terre. 

3i633  Trop  pot  au  bon  homme  anoyer. 
Quant  vit  son  asne  tournoier. 

Alcr  ne  pooit  tost  ne  tart. 

Car  trop  lui  pesoit  d'une  part. 

Quant  plus  fiert  l'asnc,  plus  tournoyé  : 
31640  Jamais  n'alast  la  droite  voye. 

Car  d’une  part  lui  point  rechigne. 

Le  povre  asne  forment  rechigne, 
Pour  le  panier  qui  si  le  nuit, 

Car  il  scet  bien  ou  il  le  cuit, 

31643  Tant  que  cellui  qui  le  menoit 
Aperchut  bien  ou  il  tenoit: 

Peu  ot  deçà,  et  trop  delà. 

Lors  coeurt,  et  tantost  s’en  ala. 

Tant  misten  l’autre  de  cailleux 
3i63oQue  tout  plain  en  fu  li  builleux, 

*  Et  lors  fu  li  asne  chargié, 

Par  le  contrepois  dommagié 

Car  il  ne  pot  avant  aller  ( O4  b\ 

Pour  batre  ne  pour  dchaller: 

3 1  ô 3 3  «  Par  mon  coeur,  »  se  dit  le  villain, 


«  Damps  asne,  plus  je  ne  vous  aim, 
Qui  si  tresbien  aller  solliez, 

Et  orez  aller  ne  voliez; 

Et  sont  vostre  panier  apoint.  •> 

3 1660  Lors  fiert  derrière,  et  puis  le  point, 
Et  le  reprent  par  les  oreilles  : 

«  Or  puis,  »»  dist  il,  ««  vëoir  merveilles! 
Je  voy  que  de  riens  ne  sedocult, 

Et  il  pour  quoy  aller  ne  voeult  : 

3 1 663  Or  voy  je  bien  que  pers  ma  paine, 
Jamais  ne  mengera  d’avaine. 

Au  premier  marchié  le  vendray, 

Ou  ainchois  je  l’escorcheray. 

Je  croy  gésir,  cy  me  convient.  »» 
31670  Mais  il  scet  mal  ou  il  lui  tient, 

Car  trop  lui  poisc  sur  l’eschigne. 
Tout  ainsi  que  l'asne  rechigne 
Et  que  ainsi  a  lui  tenchoit, 

Ung  preudom  par  illec  passoit 
SiOjS  Qui  cnprès  lui  ung  peu  sc  tarde. 

Son  fait  et  sa  maniéré  esgarde, 

Et  dit  :  <»  Preudoms,  ne  vois  tu  mye 
Pour  quoy  ton  asne  ainsi  tournye? 

—  Nennin,  »  dist  le  vilain,  «  pour  voir. 
3i68o —  Voulez  vous  bon  conseil  avoir 
Comment  votre  asne  bien  ira? 

Sçarez  l'en  gré  qui  le  dira? 

—  Par  foy,  oV,  »  dist  le  vilain, 

«  Car  je  suis  cy  des  huy  le  main, 

3  i6S3  Et  si  est  ja  nonne  venue, 

Et  mon  asne  ne  se  remue.  •» 

Le  trespassant  lez  lui  s'acoste, 

Les  pierres  du  panier  lui  oste 
Et  les  frommages  prent  demis. 
3i6«)oSi  les  a  en  ce  panier  mis,  I O40 
Sique  bien  fu  contremoyés. 

Lors  s'est  li  asnes  avoyés, 

Et  commence  a  troter  forment. 

Dist  le  preudom  :  «  Se  Dieu  m’ament, 
3i(mi3  Don  conseil  m'avez  ore  aprins. 

Sages  estes  de  bon  advis. 

Dittcs  moy  de  vostre  ordonnance, 
Quant  n’estes  de  ma  congnoissan ce, 
Et  se  vous  estes  riches  hom.  » 

3  1 700  Dist  le  trespassant  :  «  Certes  non  ; 
Povre  homme  suis  sans  nul  confort 
Et  quaneques  je  ay  sur  moy  port. 

—  Povres  homs,  »  ce  dit  le  vilains, 

«  Par  ma  foy,  or  vous  prise  mains. 
31703  Certes  bien  me  suis  avillié, 


31614  gens  manque —  31627  ut  corrigé  J  aptes  A  —  3i63o  aultre  —  3 1 633  pot  suppléé  d'après  A  — 
3|6(,6  et  Je  —  3i;«»4  moins  corrigé  d  après  A  —  3 1703  auilc. 


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SIXIÈME  BRANCHE 


97 


Quant  a  povre  suis  conseillié. 

Povre  bon  conseil  ne  doura, 

Ne  demande  bien  ne  souldra; 

De  povre  ne  peult  bien  venir, 

31710  Pour  ce  je  ne  m’y  voeul  tenir. 

Povre,  povre  conseil  soit  sien, 

A  povre  conseil  ne  me  tien. 

Comment  sçaroit  bien  deviser, 

Quant  il  ne  se  scet  adviser? 

3i7i5  Par  mon  corpz,  point  ne  m’y  tenray  ; 
A  mon  premier  conseil  iray.  » 

Lors  par  grant  aj’r  passe  avant. 

Et  se  met  en  Testât  devant; 

Les  pierres  ou  panier  remist 
31720  Et  par  mal  aventure  dist  : 

«  Convient  il  or  povre  home  croire, 
Qui  dire  ne  scet  chose  voire?  u 
Son  asne  a  battre  recommence. 
Chantecler,  advise  te  en  ce  : 

3 1725  Ne  sieu  ja  la  trache  au  Vilain 
Qui  de  bon  conseil  a  desdain. 

Pource  que  povres  homs  lui  dist,(6'jJl 
Tu  poeulx  bien  vëoir  que  fol  fist. 
Pource  especialment  ce  retien  : 

3 1730  Povre  suis,  n’aycure  du  tien 
Ne  que  avoit  le  trespassant 
De  celui  qu’ala  conseillant  ; 

Son  gré  Pen  quist  tant  seulement. 
Aultre  chose  ne  te  demand. 

3i735  Saches  gré  des  biens  que  diray  ; 
Quant  j’aray  dist,  si  m’en  iray, 

Car  se  je  richesses  vouloye, 

Si  comme  je  avoir  souloye, 

Je  feüsse  en  plus  bel  abit 
3 1 740  Que  ores  devant  toy  n'a  dit. 

Povres  homs  suis  et  mendiant: 

Ja  nel  te  quier  celer  noiant. 
Richesses  a  plenté  aroye, 

Mais  conscience  me  guerroyé 
31745  Qui  trestoudis  me  met  en  cure 
A  preschicr  la  sainte  Escripture. 
Encor  ne  sont  trois  jours  passé 
Que  de  preschicr  fus  si  lassé 
Pour  le  peuple  qui  m’apressa 
3i75o  Que  d'un  jour  venir  ne  cessa. 

Dieu  !  tant  y  ot  larmes  plourées 
Et  grandes  orisons  orées  ! 

Beguines  a  grans  chapperons, 

De  vielles  a  bouteculons, 

3iy55  Ferans  sus  leurs  secques  fourcelles, 


Tout  ainsi  sccques  comme  selles, 

Et  ainsi  creuses  que  bouteilles, 

Monlt  y  ot  dist  de  grans  merveilles; 
Monlt  y  ot  dormy  et  roufflé 
3  1760  Et  assés  racquié  et  mouchié  ; 

Pour  le  bon  sermon  qu’ilz  oyrent, 

[-es  bons  preudhommes  s’endormirent, 
Car  qui  scet  sermon  maintenir 
Il  fait  les  preudhommes  dormir,  (65  a) 
31765  Car  cil  qui  mieulx  y  dormira. 

C’est  cil  qui  prez  de  Dieu  sera. 

Quois  et  matz  et  bien  sinple  soies, 

Les  yeux  et  le  coeur  en  terre  ayes, 

Car  qui  en  Dieu  voeult  travillier, 

31770  II  doit  dormir  sans  esveillier.  » 
Adoncques  s’est  Regnart  tells, 

Et  Chantecler  s’est  esmells  : 

«Tais  toy,  »  dist  il,  «  tresmalvais  lerrcs. 
Tout  faulx,  tout  malvais  bareterres, 
31775  Pire  que  loup,  pire  que  chien, 

Je  ne  te  creroie  de  rien  ; 

Tu  es  plain  de  male  aventure, 

De  iniquité  et  d’ordure  ; 

De  moy  ne  te  dois  approchier. 

3 1 780  Haÿr  te  doy,  non  tenir  chier  : 

Tu  ne  dois  lez  moy  tenir 
Ne  par  cy  aller  ne  venir, 

Et  trestoudis  Dieu  m’aidera 
Et  de  tes  mains  me  gardera. 

31785  Par  mainte  exemple  avons  veü 
Que  Dieu  a  les  siens  pourveü  ; 

Je  t’en  nommeray  deux  ou  trois, 
Trestous  voirs,  affin  que  m’en  crois, 
Qu’en  Dieu  se  sont  toudis  fyé, 

3  1790  Tousjours  se  sont  monteplyé, 

Car  qui  en  Dieu  a  esperance, 

Toudis  a  bonne  pourveance. 

Jadis  a  Romme  ot  deux  aveuglez, 

Povres,  non  voians  et  entullez  ; 

#  •  • 

31795  Dessoulx  le  palais  se  sëoient, 

Pour  Dieu  aulx  gens  bienfait  prioient, 
L’un  ou  pappe  monlt  se  fioit, 

Et  pourceste  cause  disoit  : 

«  Cil  n’a  d’aultre  aÿde  mestier 
3i8ooCui  nostre  pappe  voeult  aidier.  » 

L’autre  dit  :  «  Qui  en  Dieu  se  fye,  (6*5  b) 
Certainement  ne  lui  fault  mye.  » 
Toudis  telles  paroles  dirent 
De  coeur,  et  leur  creance  y  mirent. 
3i8o5Tant  longuement  dirent  le  vaulrent, 


31721  Comment  porroie  corrige  d'après  A  —  3 1738  auoir  je  corrigé  d'après  A  —  3  1739  fusse  —  3 1 785 
manque. 


Tome  II. 


7 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


98 

Grans  etpetis  oÿr  le  paurent. 

Le  pappe  sceut  et  entendi 
L’espoir  a  quoy  chascun  tendi  ; 

Chascun  jour  il  les  oit  sans  taire. 

3i8ro  Pour  ce  fist  il  deux  pastés  faire 
Tout  bellement  sans  nul  reclain, 

L'un  d‘un  josne  chapon  fu  plain, 
D’espices  garny  bel  et  gent; 

L’autre  de  grans  tournois  d’argent. 

3 1 8 1 5  Quant  ilz  furent  bien  ordonné, 
Adoncquez  leur  furent  donné. 

Cellui  qui  en  Dieu  se  fia, 

Cellui  le  chapon  envoia  ; 

Cellui  qui  le  pape  crëoit 
3i8îo  Et  qui  point  a  Dieu  ne  bëoit, 

Fu  cil  des  gros  tournois  donné  ; 
Toutainsi  les  a  ordonné. 

Et  le  pappe  fist  bien  garder 
Quel  maintieng  ilz  vaulrent  mener. 

3i825  Quant  tous  deux  tindrent  leurs  pastés; 
Chascun  entour  les  a  tastés. 

Cil  qui  les  gros  tournois  avoit, 

Pour  trop  dechell  se  tenoit 
Pour  ce  que  trop  estoit  pesans, 

3 i83o  Saveur  ne  goust  n’estoit  sentans. 

Lors  pensa  de  pierres  est  plains; 

De  ce  s’est  monlt  en  son  coeur  plains  ; 

Et  pour  ce  que  l’autre  sentoit 
Bon  oudeur  dont  tout  plain  estoit, 

3 1 835  Bonne  flaireur,  bonne  sustance, 

Pour  ce  trop  dechell  se  pense  : 

«  Compains,  »  dist  il,  a  quel  est  letien? 

—  Ne  sçav,  »  dist  il,  a  fors  de  tout  bien,  (65  c) 
Car  la  flaireur  que  il  me  donne 
31840  Est  si  tresperchant  et  si  bonne 
Que  nulle  espice  riens  n’y  fait  ; 

Je  cuid  dedens  a  qui  le  fait.  » 

Quand  ly  aultre  ces  motz  oy, 

A  grant  merveille  s’esbahy; 

31845  Son  pasté  flaire,  ancelle  et  sent, 

Pesant  le  troeuve  et  riens  ne  sent. 

Ne  sent  riens  fors  ce  qu’il  pesoit, 

Et  c’est  ce  pour  quoy  le  haioit; 

Dist  «  Compains,  par  l’ame  de  tov, 

3i85o  Changons  nos  pastés,  toy  et  moy.  » 

Tant  le  prie  qu’il  le  changa, 

Et  tantost  le  pasté  menga. 

L’autre  ouvry  le  sien  pour  l’esproeuve, 

Et  dedens  les  gros  tournois  troeuve. 

3 1 85 5  Lors  pensa,  et  si  s’est  conclus 


Que  il  n’est  pas  trop  decheüs. 

Dieu  en  a  merchïé  souvent 
Et  crut  myeulx  en  lui  que  devant. 

Le  pappe  bien  les  pot  vëoir; 

3 1860  Si  dist  que  cil  disoit  tout  voir 
Qui  disoit  :  «  Qui  en  Dieu  se  fie, 
Vraiement  il  ne  lui  fault  mie.  * 
Regnart,  je  me  fy  bien  en  Dieu, 

En  lui  ay  m’esperance  eü; 

3 1 865  Si  scay  bien  qu’il  me  sauvera 
Et  de  tes  mains  me  gardera.  » 

Je  truis  en  une  Auctorité 
Que  il  advint  en  vérité 
Qu’ung  riche  homme  deuxclerczavoit, 
31870  Mais  leurs  cuers  mye  ne  sçavoit. 
L’un  des  clercs  ot  une  maniéré 
Qui  a  refuser  mye  n’yere 
Que  en  quelque  lieu  qu’il  alast 
Ne  quel  bezoing  qui  le  chassast, 
31875  La  messe  commencier  vëoit,  (65  i) 
Et  toute  de  bon  coeur  l’ooit 
Dévotement  et  de  bon  coeur, 

Ne  il  nel  laissast  a  nul  foeur, 

Et  si  metoit  son  esjoyr 
3i88o  Trestous  les  jours  a  messe  oyr. 

Monlt  fut  humbles  et  Dieu  ama, 
Souventeffois  le  réclama; 

Sur  tous  hommes  fu  bien  creans, 

Ne  de  riens  ne  fu  despisans. 

3 1 885  Son  seigneur  le  soir  deschaussoit, 

Et  monlt  de  le  servir  pensoit. 

L’autre  fu  fel  et  despiteux 
Et  sur  tous  hommes  envieux; 

Monlt  grant  envye  au  cuer  avoit 
31890  De  ce  que  son  compains  sçavoit 
Si  bien  servir  et  si  a  gré; 

Monlt  s’en  est  plain  en  son  secré. 

11  jura  certes  qu’il  feroit 
Que  si  grant  grâce  pas  n’aroit. 

3 1895  Ung  jour  a  son  compagnon  vint, 

Et  a  tresgrant  secret  le  tint  : 

«  Mon  compains  es,»  dist  il,  «  amis, 
Mais  ne  es  tu  point  advertis 
De  ce  dont  te  voeul  adviser, 

31900  Ne  je  ne  te  voeul  despiser, 

Car  monlt  entr’amer  nous  devons; 
Ung  hostel,  ung  seigneur  servons. 
Mais  gardes  que  ne  le  revelles 
Pour  honneur,  et  pour  ce  le  celles.  » 
31905  Lors  respond  :  0  Dire  me  poëz  ; 


31828  dcchceu  —  3 1 S8 x  humble...  lama  corrigé  d'après  A  —  31889  il  auroit  corrigé  d'après  A  — 
31898  tu  manque. 


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SIXIÈME  BRANCHÉ 


99 


Se  point  de  trouble  en  moy  sçavez, 

Et  de  gré  m’en  chastieray, 

Et  grant  fiance  en  vous  aray.  » 

Lors  dist  :  «  Amis,  entens  a  moy. 

31910  Monseigneur  se  plaint  monlt  de  toy, 

Et  si  voeul  bien  que  t'en  souviengne; 
Dire  monstrer  ne  le  te  daigne.  (66  a) 
Quant  le  soir  vas  a  son  couchier, 

Il  soeuffre  de  toy  grant  dangier; 

31913  T’alaine  lui  put  tant  forment 

Que  il  en  soeufl're  grant  tourment, 

A  peu  que  le  coeur  ne  lui  part. 

Si  tourne  ton  chief  d’autre  part 
Si  tost  que  devant  lui  seras, 

31920  Et  que  tu  le  deschausseras, 

Par  quoy  t’alaine  le  deffuie 
Qui  tant  lui  griefve  et  lui  anuye. 

Com  bon  compains,  je  t’en  advise, 
Car  je  sçay  bien  qu’il  t’en  mesprise.  » 
31925  Lors  se  print  a  parler  atant 
Cil  qui  malice  n’y  atant; 

Dist  :  «  Amy,  ainsi  le  feray, 

Se  le  loéz,  je  m’en  iray. 

—  En  partir  point  ne  metz  t’entente, 
3i93o  Mais  tourne  toy,  qu’il  ne  te  sente.  » 

Au  soir,  quant  il  le  deschaussoit, 

Cil  qui  malice  n’y  penssoit 
Ja  ne  fesist  vers  lui  esgart; 

Toudis  se  metoit  d’autre  part. 

3i935  Quant  enprins  ot  celle  maniéré, 

Le  clerc  qui  si  envieux  yere, 

Ung  jour  son  seigneur  en  appelle; 

Son  malvais  secré  lui  revelle; 

Dist  :  «  Monseigneur,  j’aim  vostre  amour, 
31940  Et  monlt  desire  vostre  honnour; 

Faire  le  doy  et  de  bon  gré, 

Car  mis  m'avez  en  hault  degré. 

Pieça  m’en  suis  appercell 
Qu’envis  poeut  estre  decell 
31945  Nul  com  par  maisnie  malvaize. 

Je  n’ay  pas  coeur  que  je  m’en  taize 
De  vous  dire  pour  perchevoir 
Ceulx  qui  vous  font  grant  honte  avoir . 
Honte  et  blasme  par  eulx  avez,  (66  b) 
31950  Et  si  ne  vous  en  percevez. 

Mon  compains  qui  de  nuit  vous  sert, 
Qui  mal  son  service  dessert 
Et  l’amour  que  en  lui  avez, 

Dist  a  tous  que  monlt  vous  puez, 

3i955  Quant  il  est  devant  vostre  esgart, 


Pour  peu  que  le  coeur  ne  lui  part, 

Ne  sentir  ne  vous  poeut  nulle  heure 
Que  grant  mal  ne  lui  coeure  seure  : 
Jamais  plus  voir  dit  vous  n’orrez. 

3 1 960  Sçavez  comment  l’apercevrez  ? 
Appeliez  le  prochainement, 

Et  vëez  son  contenement, 

Si  tost  qu’il  vous  deschausscra, 

Quelz  contenances  il  fera.  » 

3 1965  Le  sires  ot  yre  en  son  coeur 
Qui  ne  le  creïst  a  nul  foeur, 

Car  monlt  avoit  le  clerchon  chier. 
Incontinent  le  fist  huchier, 

Paroles  lui  prinst  a  conter. 

31970  Cil  se  prinst  forment  a  honter; 

Son  seigneur  regarder  n’oza, 

Pour  ce  que  son  compains  dit  a, 

Mais  le  chief  tourne  d’autre  part. 

Le  sires  le  voit,  si  s’en  part. 

31975  Dès  avant  ne  l’ot  il  moins  chier, 

Et  le  soir  quant  vint  au  couchier, 

Le  sire  le  pié  lui  tendi 
Et  a  lui  parler  entendi. 

Cil  d’autre  part  tourna  son  vis; 

3 1980  Lors  fu  bien  au  seigneur  advis 
Que  cil  lui  avoit  dit  tout  voir  ; 
Aultrement  ne  le  vault  sçavoir. 

Lors  appella  le  losengicr, 

Et  dit  :  «  Amy,  je  t’ay  monlt  chier  : 
31985  Bien  fait  qui  son  seigneur  advise. 

Je  voy  bien  que  cil  me  despise,  (66  c ) 
Et,  par  Dieu,  je  m’en  vengeray. 

Va  t’ent  tost  a  ung  four  que  j’ay 
Delà  ce  bois,  ou  on  fait  voirre. 

31990  Va  y  maintenant  a  grant  oirre; 

Dy  au  fournier  que  a  moy  viengne, 
Que  nulle  ensonne  ne  l’en  tiengne.  » 
Cil  y  ala;  le  fournier  vint; 

Le  seigneur  a  secret  le  tint, 

31995  Dist  :  «  Amis,  ainsi  ouvreras  : 

Le  premier  que  chiez  toy  verras 
De  ceulx  de  ceeans,  jette  au  four; 

Ne  quier  ne  respit  ne  retour, 

Et  tantost  le  fay  sans  attendre.  » 
32000  Cil  sceut  monlt  bien  son  maistre  entendre; 
Contredire  point  ne  le  volt, 

Mais  s’en  retourna  bien  et  tost, 

Et  atendi  ceste  adventure. 

Le  sires  qui  bien  l’ot  en  cure, 

32oo5  Au  soir  le  bon  clerchon  manda, 


31922  et  anuye  corrigé  d'après  A  —  3 1945  Nul  si  com  corrigé  d'après  A  —  31960  vous  en  pceurez 
corrigé  d'après  A— 3 1964  Quel  contenance  corrigé  d'après  A. 


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too 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Estroittement  lui  commanda 
Que  au  matin  au  point  du  jour, 

Sans  prendre  respit  ne  séjour, 

Voit  au  four  des  voirres  quérir. 
32010  Cil  qui  bëoit  a  desservir 

Les  biens  que  son  sire  lui  fait 
Lui  dit  :  «  Sire,  ce  sera  fait.  >»  . 
Leclerchon  ne  l’oublia  point; 

Si  tost  qu’il  vit  du  jour  le  point, 

3201 5  Devers  le  voirrier  s'est  meü 
Et  a  obeÿr  atendu. 

Lors  ung  hermite  au  bois  avoit 
Que  ce  clerchon  monlt  bien  sçavoit; 
Tous  les  jours  faisoit  son  service. 
32020  De  Hiermite  le  clerc  s’avise, 

Et  dist  par  le  moustier  ira, 

Dieu  et  son  nom  graciera; 

Et  s’il  pouoit  la  messe  oÿr,  (66  d) 
A  Dieu  s’en  voulroit  esjoVr. 

32025  Si  com  il  pensa,  il  le  fist; 

L’hermite  trouva  qui  lui  dist  : 

«  Amys,  avec  moy  demourcz, 

Et  de  cy  ne  vous  mouverez,  » 

Si  comme  Dieu  lui  revella; 

32o3o  Mais  au  clerchon  bien  le  cela. 

Le  preudoms  ainsi  le  retint. 
Longuement  le  service  tint, 

Jusquez  par  tout  prime  sonnoit, 

Ainsi  comme  Dieu  le  menoit. 

32035  Pieça  pellst  estre  venus, 

S’il  ne  se  fust  illec  tenus, 

Car  revenu  fust  des  pieça. 

Qu’il  fust  ars  le  sires  pensa; 

Lors  a  yl  l’autre  clerc  huchié, 

32040  Dist  :  «  Amis,  or  sui  ge  vengic 
Du  musait;  plus  ne  mocquera, 

Ne  sur  moy  blasme  ne  dira. 

Va  tost  sçavoir  a  mon  fournier 
S’il  a  fait  ce  que  lui  dis  hier. 

32045 —  Sire,  »  ce  dist  il,  a  volentiers.  » 
Adonc  se  mist  par  les  sentiers. 

Monlt  s'est  de  courrre  bien  penc; 

Au  four  a  le  fournier  trouvé. 

Lors  tost  a  l’oreille  lui  dist  : 

32o5o  «  As  tu  fait  ce  que  on  t’a  dist? 

—  Oÿl  »,  dist  il,  «  monlt  tost  Taras, 
Sique  briefment  tu  le  sçaras.  » 

Adonc  le  fournier  s’esvertue; 

Le  clerc  prcnt,  et  ou  four  le  rue, 
32o55  Braire  ne  crier  ne  lui  vault, 

Car  au  fournier  peu  il  en  chault. 


Tantost  fut  ars  et  tout  defl’ais. 
L’hermite  a  l’autre  clerc  s’est  trais; 
Dist  :  n  Amis,  alez  vostre  voye 
32060  La  ou  vosire  vous  envoyé.  (67  a) 
Desores  en  est  point  et  temps. 

Alez,  que  Dieu  vous  soitgarans!  » 
Au  fournier  en  vint  tout  esrant  : 

«  Fournier,  »  dist  il,  «  je  te  demand; 
32063  Se  tu  as  fait  sans  nul  erreur 

Le  commandement  Monseigneur. 

—  Amis,  fait  est  et  bel  et  bien; 
Preng  des  voirres,  et  lui  dis  bien.  » 
Le  clerc  arrier  sa  voye  tint. 

32070  Si  tost  comme  a  Thostel  revint, 

A  son  seigneur  dit  humblement  : 

«  Sire,  fait  est  vostre  command; 

Ainsi  le  m’a  dit  le  fournier.  d 
Le  sires  le  vault  arraignier  : 

32075  «  Ou  as  tu  »,  dist  il,  «  puis  esté 
Que  tu  issis  de  cest  osté? 

—  Sire,  en  nul  lieu  fors  vers  Thermite 
Ou  il  ot  une  messe  ditte. 

—  As  tu  ton  compagnon  veü? 
32080—  Nennil,  sire,  voir,  ne  sceil.  » 
Adonc  se  vault  monlt  merveillier; 

A  Thermite  ala  conssillier, 

Et  lui  dist  toute  la  bczongne. 
L’hermite  dist  :  «  Je  vous  tesmongne 
3 208 5  Que  pour  lui  m’a  cy  Dieu  trasmis 
Et  que  il  est  bien  ses  amis.  » 
Adoncques  le  riche  homme  enquist, 
Si  fust  voir  que  le  malvais  dist. 

Le  bon  enflant  lui  respondy  : 

32090  «  Oncquez  a  telz  ditz  n’entendy, 

Mais  telz  paroles  furent  distes.  » 

Ainsi  demoura  le  clerc  quittes, 

Et  cil  en  eult  son  gueredon 
Qui  l’avoit  mis  en  cel  ordon. 

32095  Le  riche  homme  Dieu  en  loa; 

Au  clerc  toute  s’amour  donna. 

Je  pense  aussy  me  voeult  amer  <67  b) 
Dieu  et  de  tez  mains  bien  garder, 

Et  il  te  dourra  ton  loyer, 

32100  Qui  ne  me  fais  que  guerroyer, 

Et  ja  heure  ne  garderas 
Que  en  la  fournaize  seras, 

Comme  malvais  persécuteur, 

Ainsi  com  fu  le  traÿteur. 

32io5  Va  t’en  hors  de  céans,  va  t’en! 

Ton  mal  oeuvre  tresbien  j'enten. 

Va  t*en,  lerres,  faulx  et  malvais, 


32017  Lors  manque  —  32069  arriéré  —32087  Adonc  —  32091  fièrent. 

•  *  • .  • 


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SIXIÈME  BRANCHE 


101 


Je  ne  te  creroye  jamais.  » 

Adonc  s’est  Chantecler  teü, 

32  1 10  Et  dampt  Regnart  s’est  esmeii  : 

«  Chantecler,  pour  l’ame  de  tov, 

.  Ores  respons  ung  peu  a  moy. 
Salomon,  dont  est  grant  renom, 

Fait  en  son  livre  mencion 
321 1 5  Du  temps  de  parler  et  de  taire; 
Ainssi  le  deUsses  tu  faire. 

Et  Thulles  nous  revault  compter  : 

La  voix  des  chiens  devons  doubter, 
C’est  a  dire,  se  l’entens  bien, 
32i2oCeulx  qui  abayent  comme  chien: 

Car  chien  abaye  tout  a  fais, 

Ainsi  le  bon  com  le  malvais. 
Doncquez  a  cil  langue  de  chien 
Qui  abaye  a  mal  et  en  bien, 
32i25Quidist  vilenye  et  laideur, 

Aussi  du  bon,  com  du  pieur. 

Tu  dis  de  moy  que  je  suis  lerrcs; 

Tu  n’en  fus  oncques  congnisserres, 

Et  si  ne  scez  que  je  le  soye; 

32i3o  Parjures  est  sest  qui  le  voye; 

Cil  est  pieur  certainement 
Qui  afferme  ce  qu’il  ne  sent. 

Hé  Dieu  !  com  grant  paine  se  donne 
Qui  chose  non  sceüe  tesmongne.  (6*7  c) 
3 2 1 3 5  David  dit,  ce  est  le  certain  : 

«  Metz,  »  dist  il,  «  a  ta  bouce  frain 
En  tel  maniéré  que  ne  dies 
D’aultrui  mal,  durtés  ne  folyes.  » 
Cathon  aussi  le  va  disant  : 

32140  a  11  est  » ,  dist  il,  «  vertu  tresgrant 
De  reffraindre  la  langue  a  dire 
Chose  que  raison  voeult  despire.  » 

Et  le  Philozophc  nous  dist 
Que  male  langue  l'amc  ochist. 

32145  Et  Pierre  Alphons  nous  retrait 
En  ung  sien  livre  qu’il  a  fait  : 

«  Crieng,  »  dist  il,  «  la  chose  amortir 
Dont  tu  te  doies  départir, 

Car  l’homme  plus  blasmer  se  fait 
321 5o  De  trop  parler  que  lors  qu’il  tait; 

Car  quant  parolle  est  dévoilée, 
Comme  archier  trait  a  le  voilée, 

Il  ne  poeut  son  dit  rassacquier 
Ne  que  la  flesche  fait  l’archier. 

321 55  Qui  toudis  trois  fois  penseroit, 

Envis  grant  folye  diroit, 

Et  ce  tiengnes  tu  de  m’escolle.  » 


Panphile  dit  :  «  Douce  parolle 
Nourrist  et  attrait  les  amis.  » 

32160  Senecques  en  ung  livre  a  mis  : 

«  Gardes,  »  dist  il,  «  que  tu  ne  dies 
Laides  parolles  ne  folies. 

Qui  volontiers  folye  compte, 

Ennemis  quiert  et  nourist  honte.  » 

32 1 65  Salomon  dist  :  «  Cest  vérité, 

Que  homs  qui  est  acoustumé 
De  dire  reproche  ou  folye, 

11  n'ara  ja  grâce  en  sa  vye.  » 

Et  si  nous  dit  Marcialis, 

32170  Si  com  en  son  livre  le  lis  : 

«  Qui  aultrui  vices  assaulra,  [67  d ) 

•  Tostdes  siens  nouvelles  orra.  » 

Et  Socratès  dit  en  ung  lieu, 

Qui  volentiers  parloit  de  Dieu, 

32175  Qui  envis  se  poeut  de  bien  taire  : 

«  Ce  qui  est  »,  dit  il,  «  est  affaire. 

Ne  dit  pas  qu’affaire  bon  soit.  » 

Et  Senecque  si  nous  comptoit  : 

«  Se  tu  ne  te  scez  ou  poeus  taire, 

32 1S0  Comment  poeus  tu  a  nullui  plaire? 
Comment  oze  nule  faire  taire 
Cil  qui  nulle  paix  ne  scet  faire.  » 
Chantecler,  ne  te  doit  despire. 
Comment  ozez  tu  nulluy  dire 
3 2 1 85  Moy  ne  aultrui  que  il  se  tarze 

Ne  que  en  riens  sa  langue  apaize, 
Quant  tu  appaisier  ne  te  voeulx 
De  dire  mensongnez  et  doeulx? 

Le  Prophette  si  nous  ensengne 
32190  Que  homs  de  chastïer  s’abstiengne 
Du  vice  dont  il  est  tous  plains, 

Car  certes  il  est  drois  vilains 
Qui  blasme  homme  d'aucun  pechié 
Dont  il  est  pour  voir  entechié. 

32195  Tu  me  chasties  de  paix  faire, 

Et  tu  nepoeulx  ta  langue  taire! 

Mais,  par  saint  Gillez  de  Prouvence, 
Tu  accoustumes  male  enffance 
De  parler  si  villainement 
32200  A  moy  qui  riens  ne  te  demand! 

Se  ton  chaté  je  te  taulsisse 
Ou  toy  par  force  avoir  vaulsisse, 

Ou  laidit  aucun  ton  amy, 

Lors  te  deussez  plaindre  de  my. 
32205  Je  ne  te  viens  de  riens  requerre  : 
Soubz  le  ciel  suis,  et  sur  la  terre, 

Ne  tefay  force,  enprunt  ne  don. 


32i6o  Senecque  —  32164  acquiert  —  32i68na  corrigé  d'après  A  —  32170  le  manque  —  32193  suppléé 
d'après  A —  32201  te  manque. 


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102 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Pour  quoy  me  vilaines  tu  don  ?  (68  a) 
Non  pour  quant  tout  je  te  pardonne 
32210  Ne  nul  blasme  je  ne  te  donne. 

Or  fay  ainsi,  a  moy  t’apaise 
Et  viengz  a  moy  et  si  me  baise. 
Désormais  seras  mon  amy, 

Et  puis  je  m’en  iray  de  cy, 

3221 5  Car  de  toy  départir  ne  voeul, 

Ne  par  haine,  ne  par  orgoeul.  » 

Quant  Chantecler  a  escouté 
Ce  que  Regnart  lui  a  compté, 

Au  coeur  en  ot  despit  et  ire. 

32220  Par  despit  envis  pot  mot  dire  : 

«  Comment,  »  dist  il,  «  as  concheü 
Les  docteurs  qu’as  ramenteü, 

Qui  tous  biens  quirent  et  amerent, 

Tous  maulx,tousmalvais  escheverent? 
32225  Encor  ce  te  dy  que  ilz  firent  : 

En  bien  monstrant  toudis  vesquirent  ; 
D’eulx  en  appert  encor  le  voir. 
Comment  les  os  ramentevoir, 

D’eulx  parler  et  de  leur  maniéré? 

3223o  Tu  ez  samblant  a  la  lumière 
Qui  en  aultrui  esclarisant, 

Se  va  tousjours  defenissant. 

Le  malvais  fait  peu  de  sçavoir 
Quant  des  biens  raconte  le  voir. 

32235  Malvais  ne  se  poeut  pas  grever 
Que  des  fais  des  bons  raconter. 

Cecy  dit  bien  Dieu  par  David 
En  ung  ver  qu’au  Saultier  ay  lit  : 

t  Peccatori  autem,  •  dicit  Deus  •  quare  tu  euarras,  etc.  • 

Et  si  dit  Cathon  sans  erreur 
32240  Que  laide  chose  est  au  docteur 
Quant  sa  coulpe  le  redardue. 

N’as  pas  bien  la  lettre  leüe 
De  Salomon  dont  me  dis  compte  ;  (68  b) 
De  parler  de  lui  te  fais  honte, 

32245  Car  ung  malvais  me  fait  vergongne, 
Quant  il  maintient  bonne  bezongne. 

Et  je  te  parleray  de  Tulle 
Qui  ne  fut  ne  fol  ny  entulle  ; 

Il  dit  et  par  raison  le  sot  : 

3325o  *  Nulz  aguetz  ne  sont  si  repot 

Com  ceulx  qui  se  voeullent  tappir 
Soubz  couverture  de  servir. 

Regnart,  je  voeul  tresbien  qu’on  m’oye  : 
Ung  cheval  déchut  ceulx  de  Troye, 
32255  Dont  le  renom  encore  en  dure, 

Qui  pourtrais  est  en  la  figure 


D’une  leur  déesse  Minerve 

(Ne  croye  que  de  bourde  te  serve), 

Et  par  illec  ilz  se  déchurent 
32260  Que  pas  la  vérité  ne  sceurent. 

Ainsi  tu  qui  preudhoms  te  faintz. 

Fais  a  croire  que  tu  ez  saintz  ; 

En  faingnant  me  voeulx  decepvoir 
Qui  sçay  de  ta  purté  le  voir. 

32265  Ains  seront  moisne  preudhome, 

Et  en  Espaigne  sera  Romme, 

Et  en  comremout  courra  Sayne, 

Que  Regnart  preudhommedeviengne. 
Senecquez  dit  mot  véritable, 

32270  Que  nulle  riens  n’est  si  songnable 
Com  d’amer  et  porter  honneur 
Aulx  gens  selon  qu’ilz  ont  valleur. 

Qui  a  tous  honneur  porteroit 
Selon  ce  que  en  lui  seroit 
32273  Et  deshonneur  selon  son  vice, 

Ne  seroit  point  de  mais  malice, 

Car  se  honneur  portée  fust 
Selon  le  bien  que  on  eüst, 

Chascun  voulsist  un  preudhomme  estre  ;(68  c) 
32280  Maisorchass’on  preudhomme paistre, 

Et  malvais  riches  sont  prisiés, 

Et  les  preudhommes  desprisiés. 

Pour  ce  sont  amassé  avoir, 

Que  le  preudhom  n’en  puist  avoir  ; 
32285  Et  ceste  chose  bien  affiche 

Que  les  malvais  sont  les  plus  riche 
Et  avec  les  plus  honnourés, 

Et  les  bons  preudhoms  sont  hués  ; 
Aultrement  ne  voeult  on  or  faire. 

32290  Mais  Dieu  est  du  tout  au  contraire. 

Par  le  vray  Dieu  Nostre  Seigneur; 
Pluseurs  portent  Regnart  honneur! 
Sansgrant  bien  en  lui  ne  poeut  estre, 
Que  cilz  l’appellent  sire  et  maistre, 
32295  Et  pensent  estre  plain  de  sens, 

Et  si  n’y  voient  nulz  assens 
Fors  seullement  qu’on  les  blandist. 
Dont  Cathon  nous  en  dit  ung  dit; 

Il  dit  :  a  En  ton  affaire  voy 
323oo  Et  ne  croy  aultrui  plus  de  toy. 

S’on  te  juge  plain  de  sçavoir, 

Tu  poeulx  bien  sçavoir  s’on  dit  voir; 
Tu  poeulx  mieulx  congnoistre  ton  pris 
Que  nul  autre,  tant  soit  apris. 

323o5  Je  ne  tiengz  pas  sens  d’acquérir 
Avoir,  mais  que  bien  acquérir. 

Avoir  acquerre  n’est  pas  sens, 


32238  Psal.  xlix,  16  —  32253  On  lit  en  rubrique  :  Chanteclkr  —  32255  tout  pr.  —  32279  un  manque . 


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SIXIÈME  BRANCHE 


Quérir  Dieu  est  tresbon  assens. 

Bien  dois  sçavoir,  se  je  dis  voir. 

323  io  Tu  es  plain  de  malvais  sçavoir; 

Une  heure  poins,  aultre  diffames; 

Tu  taulz  avoir,  et  si  taulx  famés; 

Tu  parles  françois  et  latin; 

Tu  as  donné  tost  ung  tatin; 

3a3i5Tu  fais  chiere  papelardie 

Toute  plaine  de  regnardie  ;  (68  d ) 

Tu  déchois,  ne  te  chault  comment; 
Mal  as  retenu  le  comment 
Dont  tu  scez  tresbien  le  latin 
3i320  Du  preudhomme  saint  Augustin 

Qui  dist  :  «  Bien  dire  et  mal  ouvrer 
N’est  fort  de  lui  Dieu  dessevrer.  » 

Et  saint  Maxens  qui  tant  het  vice 
Dist  :  «  Homs,  garde  toy  de  malice, 
32325  Car  Dieu  ses  oeuvres  destruira, 
Etcellui  qui  les  ensuira 
Et  la  langue  melsmement 
Qui  dit  mensongne  a  escient.  » 
Esciamment  tu  voeulx  attraire 
3233o  Toute  chose  qui  te  voeult  plaire. 
Tous  le  dient,  et  dient  voir 
Que  tu  n’ez  que  pour  decepvoir 
Les  docteurs  que  tu  as  nommés, 

Par  lesquelz  as  tes  fais  prouvez, 

32335  Si  com  Senecque  et  Salomon, 
Socratès,  Panphille,  Cathon, 

Tulles,  Marcialis,  Grégoire, 

Orace  qui  tant  ot  memore, 

Aristote,  Platon,  son  maistre, 

32340  Lucans  qui  monlt  bien  y  doit  estre, 
Ambroise,  Terence  et  Presès, 

Ovide  le  sage  et  Xercès, 

Pierre  Alphons,  Catu,  Plinius 
Jhesus  Sirac,  Estunius, 

32345  Ysidore  avec  eulx,  Boëce, 

David  qui  tant  ot  de  proësse, 
Diogenès  et  Augustin, 

Qui  tant  ot  sens  et  bonne  fin, 
Juvenaulx  et  le  bon  Moyse, 

3x35o  Qui  a  Dieu  fist  tant  de  servise, 

De  Virgille  et  de  Cicéron 
Dont  trop  bien  la  memore  avon; 
Tous  ceulxa  tesmoingtu  as  trais. (6g  a) 
Mais  tous  tesmoingnent  a  ung  fais 
32355  Selon  l’estât  de  vérité 

Qu’en  Regnart  n’a  nulle  bonté. 

Pour  quoy  le  contraire  en  diroye? 
Ennemy  a  Raison  seroye, 

32345  Auec  eulx  Ys.  —  3^35 1  etciteron. 


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io3 

Si  ne  crôoie  les  docteurs 
3236o  Qui  tant  ont  esté  bienfaitteurs. 

Cilz  te  diffament,  et  si  proient 
A  tous  hommes  qu’ilz  ne  te  crovent, 
Et  je  suis  bien  a  leur  accord. 

Je  dy,  qui  te  croit,  il  a  tort. 

32365  Regnart,  entens  moy  bien  sans  ire, 
Qui  bien  scet  que  Regnart  voeut  dire; 
Nul  n’est  s’il  n’a  nom  ou  surnom 
Que  ne  face  honte  a  son  nom, 

Que  chascun  pour  le  nom  ne  doubte, 
32370  Fol  est  qui  le  malvais  escoute; 

Bon  fait  malvais  surnom  fuir; 

Envis  en  vient  bien  de  sieuir, 

Quant  le  proppre  nom  est  malvais. 
Doncquez  grant  différence  fais, 

3 1 375  Et  plus  avant  je  ne  voeul  lire 
Qu’il  n’en  alast  de  mal  en  pire. 

Mais  encor  di  je  sans  mentir 
Qu’envis  voit  on  mal  nom  sentir, 

Si  com  maul  feras  mal  agrappe. 
3238o  Dieu  me  gard  d’eulx  qu'il  nem’agrapel 
Par  ces  deux  tous  aultres  devise. 

Cil  n’est  pas  sage  qui  n’y  vise 
Et  je  bien  m’y  adviseray 
Que  de  riens  je  ne  te  creray, 

32385  Car  en  tant  de  mal  as  hanté 
Que  tout  le  tien  y  as  gasté. 

Rien  n’as,  mais  tu  voeux  recouvrer 
Sur  moy  par  ton  malvais  ouvrer. 
Perdu  as  le  tien  par  folye, 

32390  Pour  ce  as  tu  du  mien  envye.  (69  b) 
Thulles  en  parle  sagement  : 

«  Qui  le  sien  pert,  a  l’autrui  tent.  » 

Va  t’en;  du  mien  n’aras  tu  point  : 

Vas  trouver  aultrui  qui  te  doint.  » 
323g5  Quant  Regnart  eult  assez  oy, 

De  nulle  riens  ne  s’esjoy  : 

«  Monlt  suis  ores,  »  dist  il,  «  besté! 
Aray  huy  mais  ce  fol  maté. 

De  riens  qu’il  die  ne  m’anuye, 

32400  Paour  n’ay  fors  qu’il  ne  s’en  fuye, 

Car  de  ce  suis  je  fis  sans  doubte 
Que  prins  sera,  se  il  m’escoute. 

Se  larron  me  dit,  peu  m’en  chaut, 

Ce  ne  me  fait  ne  froit  ne  chaut, 

32405  Car  maint  sont  appelle  preudhome 

Que  par  mon  chief  on  les  surnomme. 
Selon  Dieu  fol  homme  despit 
Qui  son  proppre  nom  ne  lui  dist, 

Et  qui  le  proppre  nom  diroit, 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


104 

32410  Tel  est  qui  s’en  courouceroit, 

Et  touttesvoyes  sans  despire. 

Tous  voirs  ne  sont  pas  beaulx  a  dire  : 

On  nomme  tel  religieux 
Qui  est  fol  et  luxurieux; 

32415  Je  nel  dis  pas  pour  Moisne  Noir 
Qu’envis  seroit  ores  d’eulx  voir, 

Pour  Réguliers  ne  pour  les  Gris; 

Jamais  n’y  seroient  repris; 

Aussi  grande  honte  ont  de  Pestre 
32420  Comme  brebis  ont  d’herbe  paistre, 

Dont  ne  leur  dit  on  pas  leur  nom, 

Ains  une  bourde  et  ung  surnom, 

Bien  en  deüssent  dolleur  faire, 

Quant  on  les  claime  leur  contraire. 

32425  Les  usuriers  sont  tel  ordon; 

Quant  on  les  huche  :  chapreudom, 

Tost  y  viennent  sans  contredit;  (6g  c) 
Mais  mal  gré  sceventqui  leur  dit. 

Tout  ainsi  feroienr,  pour  voir, 

32430  Au  mien  cuidier  ly  Moisne  Noir; 

Je  ne  les  hez,  ne  ne  les  ayme, 

Mais  chascun  d’eulx  a  or  se  clayme 
Une  maniéré  despareille 
Qui  me  vient  a  monlt  grant  merveille, 
32435  Car  toutez  lettres  que  ilz  font 

Ou  qu’ilz  font  faire  ou  que  ilz  ont, 

Soit  gaaing,  amistié  ou  perte, 

Soit  en  lettre  cloze  ou  ouverte, 

En  tous  contraulx  meïsmement, 

32440 Tous  s’appellent  Frere  Climent, 

Frere  Constant,  Frere  Guimer, 

Trestous  se  font  frere  nommer; 

Et  qui  frere  les  nommeroit, 

Leur  tresmale  voeullance  arait; 

32445  Monlt  aroient  despit  ouvert; 

Diroient  :  «  Sommes  nous  couvert?  » 
N’est  si  grant  despit  a  vëoir. 

Et  comment  poeut  ice  sëoir, 

Quant  ilz  ont  honte  et  ataïnes 
32450  Dou  non  qu’il  s’appellent  meïsmes? 

Puis  que  frere  appeller  se  voeullent, 
Pour  quoy  donc  d’appcller  se  doeullent? 
Qui  tel  nom  que  je  voeul  me  claime, 
Certes  il  m'est  advis  qu’il  m’aime. 

32455  Aussi  le  moisne  Régulier: 

Chascun  voeult  ceste  réglé  aller 
Et  se  voeullent  dire  chanoenne 
A  estivaulx,  Régulier,  moisne 
Et  s'appellent  frere  Bernard, 


32460  Ceulx  qui  font  les  oeuvres  Renart, 

Et  qui  frere  les  nommera, 

Chascun  d’eulx  s’en  courroucera. 
Tous  Jacobins,  tous  Cordeliers 
Et  ceulx  du  Val  des  Escolliers,  (6g  d ) 
32465  Tous  se  dient  frere,  et  le  voeullent, 
Et  du  nommer  point  ne  s’en  doeullent  ; 
Tous  blancs  moisnes  freres  se  dient, 
Et  d’èulx  appeller  ilz  gracient; 

Et  les  Noirs  Moisnes  ne  l’adaignent 
32470  Et  qui  leur  appelle,  ilz  se  plaignent. 
Male  joye  puist  il  avoir 
Qui  cest  ordon  trait  a  sçavoir, 

Car,  a  compter  la  vérité, 

Frere  est  un  nom  d‘humilité  ; 

32475  Humbles  deüssent  estre  et  piteux 
Quant  se  dient  religieux; 

Nulle  aultre  chose  je  n’y  voy. 

Fors  tant  cel  estât  vient  de  moy; 

Ilz  voeullent  bien,  les  gracieux, 

32480  Qu'on  les  claime  religieux, 

Mais  s’ilz  fussent  bien  clervoyans, 

Hz  n’en  seroient  ja  joians, 

Ains  aroient  honte  du  nom. 

Bien  scevent  se  c’est  voir  ou  non. 
32485  Et  atant  d’eulx  je  me  tairay, 

Et  aChanteder  parleray.  » 

Quant  Regnartot  monlt  fort  tenchié, 
Lors  a  il  en  hault  commencié  : 

«  Chantecler  foy  que  doy  saint  Pere! 
32490  Tu  ressanbles  tresbien  ton  pere 
En  toy  sagement  maintenir 
Et  de  bien  souldre  et  retenir; 

Et  se  bien  croire  ne  voulloies, 
Encores  evesque  seroies, 

32495  Car  du  pappe  en  ay  le  pouoir, 

Et  je  te  voy  de  grant  sçavoir, 

Fors  en  mescroire  et  en  despire, 

Et  que  nullui  ne  crois  pour  dire; 

Se  ces  deux  tesches  tu  n’ellsses, 
325oo  Bien  tost  en  Paradis  fellsses.  (70  a) 
Or  te  plaise  oster  toutes  doubtes 
Et  ma  parole  ung  peu  escoutes. 

Qui  escoute  et  riens  n’en  retient, 

En  grant  simplesse  se  maintient; 
325o5  Et  trestout  au  commencement 
Je  t’afTerme  certainement, 

Ne  te  voeul  donner  ne  tollir, 

Ne  te  voeul  amer  ne  hayr. 

Ne  te  voeul  fuir  n’aprochier, 


^24*9  —  32424  on  manque  —  22430  De  ce  quon  les  appelle  moisnes  corrigé  d'après  A  —32466 

«en  suppléé  d'après  A  —  32474  un  manque  —  32204  nentent  corrigé  d'après  le  v.  22504  d' A. 


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SIXIÈME  BRANCHE 


105 


325io  Ne  te  voeul  prendre  ne  touchier, 

Peu  loër  et  peu  diffamer. 

Mais  se  me  voulloies  amer, 

Je  ne  le  refuseray  mye. 

Orcntensung  peu  de  ma  vyc  : 

325 1 5  Soubz  ungs  homs  suis,  aultre  seray, 
Et  s’il  me  plaist,  je  t’ameray  ; 

.  Cecy  ne  poeulx  tu  contrester. 

Or  me  laisses  du  tout  ester; 

L'estre  ne  me  poeus  tu  tollir. 

32520  Plus  ne  te  quier,  voeulles  m’oÿr 
Et  que  vers  toy  appaisié  soye. 

Puis  demeures,  g'iray  ma  voye, 

Mais  de  cy  point  ne  voeul  partir 
Tant  que  tu  me  voeulles  haVr; 

32525  Ne  ja  de  nul  ne  partiray 

Tant  comme  sa  hayne  arav, 

Car  cil  est  fol  en  trestoute  heure 
Qui  a  nul  en  hayne  demeure, 

Et  s’est  en  voye  de  périr, 

3253o  Et  de  tout  enfer  acquérir  ; 

Cecy  ne  voeulx  tu  pas  despire, 

Ne  ne  bées  au  contredire. 

Jhesus  Sirac  dit  en  oyant, 

Que  cil  parle  a  homme  dormant 
32535  Qui  raconte  a  fol  son  volloir, 

Et  Salomon  redist  pour  voir  : 

•  Gardes  qu’a  oreille  de  fo  (jo  b) 
Tu  ne  dies  ne  trop  ne  po.  » 

Pour  ce  as  tu  cest  avantage 
32540  Pour  ce  que  je  te  sens  tressage, 

Que  je  te  voeul  ma  purté  dire. 

Or  y  entens  bien  sans  despire  : 

Jones  suis,  tu  le  dois  sçavoir; 

En  jeunesse  n’a  nul  sçavoir; 

32545  Qui  jeunesse  de  sens  requiert, 

Cincq  pietz  en  une  vache  quiert. 

Se  je  fus  fol,  ce  fu  droiture, 

Se  sens  eus,  ce  fut  adventure  ; 

Et  meïsmement  mon  pere  yere 
3255o  Riches  homs  a  tresgrant  maniéré, 
Pour  quoy  je  ay  grant  avantage 
D'estre  fol  et  non  mye  sage. 

En  ma  jeunesse  euz  nom  Regnart, 
Mais  or  ay  nom  frere  Bernard, 

32555  Et  ceulx  qui  ma  jeunesse  virent, 

Mes  enffances  a  chascun  dirent; 

Le  renom  est  toudis  aie. 

Mais  ma  jeunesse  a  demouré, 

Et  pour  ce  n’ont  pas  peu  se  taire 
3256o  Ne  de  mesdire  eulx  se  retraire, 


Leurs  langues  li  mal  losengier, 

Mais  toudis  ont  volu  plaidier. 

Le  renom  toudis  se  déporté, 
Combienque l’oeuvre esttoudis  morte. 
32565  Ne  jamais  jour  ne  vivera, 

Ne  jamais  jour  ne  me  sieura. 

Saint  Pol  qui  appelle  fu  Saules, 

Et  puis  aprez  fu  nommez  Paules, 

.  Qui  fu  ung  des  plus  fors  tirans 
325-0  Qui  fu  en  cellui  temps  vivans, 

Trop  fu  grant  clerc,  païen  estoit, 
Contre  l’Eglize  disputoit, 

Et  monstroit  de  tout  son  pooir 
Que  no  loy  ne  deust  riens  valoir  (7 0  c) 
32575  Et  que  ceulx  grandement  erroient 
Qui  Crestïenté  honnouroient. 
Longtempz  ot  ceste  intencion, 

Et  maintint  persecucion 
Tant  qu’a  Dieu  le  tout  Puissant  pleust 
3i58o  Que  son  erreur  congnut  et  sceust 
Et  vit  tout  cler  appertement 
Qu'il  avoit  erré  folcment. 

Sise  mist  en  aultre  sentier 
Pour  servir  Dieu  de  coeur  entier 
32585  Puis  fut  il  apostles  clamés, 

De  Dieu,  de  sainte  Eglise  amés; 

Puis  mist  il  en  Dieu  si  ses  cures 
Qu’il  fist  les  sainttes  Escriptures, 
Epitles  et  maint  aultre  livre, 

325qo  Lesquelz  sainte  Eglise  nous  livre  ; 
Puisfu  pour  la  foy  decolé, 

Comme  martir  a  Dieu  ale. 

Ainsi  fu  de  la  Magdalaine, 

Qui  ne  fu  pas  de  pechié  saine, 

32595  Qui  puis  si  son  coeur  en  Dieu  mist 
Que  toute  sa  paix  a  lui  fist, 

Si  com  l’Eglise  l’a  compté, 

Ou  il  n'a  que  voir  et  bonté; 

Puis  ama  tant  Dieu  et  l'Eglise 
32600  Qu’avec  les  Appostles  est  mise, 

Et  Dieu  maint  bien  lui  revella. 

Tu  scez  ores  bien  tout  cela. 

Et  Marie  l’Egiptïenne, 

Qui  tant  fu  de  pechié  vilaine 
326o5  Et  a  tous  si  habandonnée, 

Qui  ja  fu  si  desordonnée, 

Car  tout  enseïent  vault  cerchier 
Maint  lieu  pour  faire  gent  pechier 
Et  pour  jetter  de  leur  ordon, 

32610  A  qui  Dieu  puis  donna  pardon. 

Celle  fu  foie  vraiement,  (70  d) 


32537-8  Prov.  xxvi,  4-3  —  3255g  et  3256o  se  manque. 


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RENÀRT  LE  CONTREFAIT 


106 

Car  se  le  vray  escript  ne  ment, 

Le  passage  oultre  mer  estoit, 

Et  elle  au  devant  se  mettoit 
3x6i5  Pour  gens  mettre  a  dampnacion 
Ou  fait  de  fornicacion. 

Pour  eulx  dampner,  perdre  ou  périr 
Et  en  la  mer  faire  morir  : 

En  tous  lieux  se  penoit,  pour  voir, 
32620  Pour  perdre  corps,  ame  et  avoir. 
D’Egipte  fu  la  damoiselle 
Qui  tant  fut  advenant  et  belle; 

Monlt  bien  fu  faitte  par  dehors 
De  quancquez  appartient  au  corpz, 
32625  Mais  le  coeur  fu  et  vains  et  nudz, 
Pour  peu  de  chose  corrumpus. 

A  douze  ans  laissa  pere  et  mere 
Pour  mener  vye  monlt  amere; 

Ala  d’Egipte  en  Alixandre 
3x63o  Pour  sa  vye  en  folz  us  despendre 
De  trestous  maulx,  de  tous  pechiez 
Estoit  le  sien  corpz  entechiez 
Souverainement  de  mirer 
Et  de  son  corps  a  tous  livrer; 

3x635  En  lui  estoit  toute  luxure, 

N’y  avoit  bourne  ne  mesure. 

Dix  sept  ans  tel  vye  mena  ; 

De  mal  en  pis  toudis  pena. 

Oncquez  de  l’autrui  ne  vault  prendre, 
32640  N'a  l’autrui  ne  vault  la  main  tendre; 
Oncquez  de  l’autrui  n’ot  que  faire, 
N'aultrui  chaté  ne  lui  pot  plaire. 

Son  coeur  tout  en  malfaire  estoit  : 
Chascun  a  pechié  attraioit; 

32645  Ne  gardoit  ne  cousin  ne  frere, 

Ne  reffusoit  ne  filz  ne  pere. 

En  tel  vye  a  long  tempz  esté 
Tant  que  ce  vint  en  ung  esté,  (7  /  a) 
Q'une  tourbe  d’Egipcïens 
3x65o  De  bons  preudhommes  creslîens 
Vouldrent  le  Sépulcre  requerre 
Et  se  partirent  de  leur  terre 
Pour  aller  en  Jherusalem 
(En  toute  saison  y  va  l’em, 

3x655  Au  moins  ceulx  de  celle  contrée). 
Marie  a  la  gent  encontrée; 

Avecques  eulx  vint  au  passage, 
Comme  celle  qui  fu  peu  sage, 

Et  toudis  fu  s’intencion 
3z66o  De  faire  fornicacion 

Et  de  mettre  aux  pèlerins  cure 
D’entrer  au  pechié  de  luxure. 

32683  Les  g. 


Et  pour  cecy  elle  y  alla, 

Ne  a  nul  point  ne  le  cela. 

3x665  Elle  y  fist  perdre  maint  voiage 
Et  maint  tresbon  pèlerinage; 

Ne  refusoit  jeune  ne  viel, 

Povre  ne  lait,  riche  ne  bel. 

Ce  qu'elle  estoit  si  belle  femme 
32670  Fist  en  cel  an  perdre  mainte  ame. 

Adonc  vindrent  les  nefz  a  port 
A  grant  joye  et  a  grant  déport. 

Celle  qui  tint  joliveté 
S'en  alla  par  my  la  cité  ; 

32675  Ne  semble  pas  estre  rencluze, 

Partout  esgarde,  partout  muse. 

La  le  congnurent  bien  li  fol, 

Ne  lui  convint  sonnette  au  col; 

A  l’eglize  s’aloit  monstrer 
3x68o  Pour  les  jouvenceaulx  encontrer. 

Le  jour  vint  de  la  Passion 
Qu’aloient  a  procession 
Gens  pour  aourer  la  Croix  sainte 
Qui  du  sanc  de  Jhesus  fu  tainte. 

3x685  La  s’apensa  en  son  corage  :  (7 /  é>) 

Cel  jour  laira  son  bordelage, 

Et  pour  cellui  sainttisme  jour 
Ne  fera  mal  ne  deshonnour. 

Venue  s’en  est  en  la  presse, 

32690  La  ou  elle  estoit  plus  espesse 
Pour  aller  la  Croix  aourer, 

Que  point  n’y  vouloit  demourer. 

Venue  en  est  jusqu'à  l’eglize, 

Mais  el  ne  pot  en  nulle  guize 
32695  Mettre  le  pié  sur  le  degré. 

Mais  tout  ainsi  comme  de  gré 
Revenist  a  la  gent  arriéré, 

Se  trouva  a  la  gent  première. 

Donc  s’en  revint  et  vint  avant, 

32700  Mais  ne  valut  ne  que  devant, 

Par  pluseurs  fois  ce  lui  advint, 

Et  quant  jusqu’à  l’eglize  vint, 

Arrier  venoit  malgré  ses  dens, 

Et  ne  pouoit  entrer  dedens. 

32705  La  dame  voit  bien  et  entend 

Que  c’est  néant  a  quoy  elle  tend; 

Com  plus  lëens  d’aller  engresse, 

Et  plus  reculoit  en  la  presse. 

Lors  dist  elle  :  «  A  quel  parage 
32710  M’a  Dieu  rendu  de  mon  eage? 

Bien  me  doy  de  dollour  confondre  ; 

Bien  doit  terre  dessoubx  moy  fondre. 
Beau  doulz  Dieu,  bien  voy  que  c'est  signe 


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SIXIÈME  BRANCHE 


107 


Que  le  mien  corps  n’est  mye  digne 
32715  De  entrer  en  si  digne  place 

Pour  le  pechié  qui  si  me  lace  !  » 

Monlt  se  complaint,  monlt  se  demente 
Et  se  claime  lasse  dollente  : 

«  Lasse,  »  dit  elle,  «  que  feray  ? 

32720  Ha  lasse  1  comment  ozeray 
Mercy  ccîer  au  Roy  de  glore, 

Qui  tant  ay  mis  mon  corpz  en  fore?  »  (7/  c) 
Lors  vit  a  l’entrée  de  l'eglize 
Ung  ymage  bel  a  devise 
32725  En  l’honneur  de  la  Dame  faitte 
Par  qui  tenebre  fu  deffaite; 

Ce  fu  la  glorieuse  Dame. 

Adonc  se  mist  la  bonne  femme 
A  nulz  jenoulx  et  a  nulz  coûtes  ; 

32730  Le  pavement  moulla  de  goûtes 
Qui  des  yeulx  lui  chiéent  aval, 

Qui  le  moullent  tout  contreval. 

En  plourant  dit  :  «  Vierge  pucele, 

Qui  de  Dieu  es  mere  et  ancele, 

32735  Qui  portas  ton  filz  et  ton  pere, 

Et  si  fus  sa  fille  et  sa  mere; 

Pourtoy  honnoure  on  toutez  femmes; 
Par  toy  sont  saulves  maintes  âmes; 

Tu  es  de  Paradis  la  porte  ; 

32740  Par  toy  brisa  d’enffer  la  porte. 
Souviengne  toy  de  ceste  lasse 
Qui  de  pechiez  tous  aultres  passe!  » 
Adonc  s’est  levée  Marie 
Et  lui  sambla  que  fust  garie. 

32745  Si  ala  la  Croix  aourer 

Que  ung  chascun  doit  honnorer. 

Devant  l’ymage  est  revenue; 

Si  compte  sa  desconvenue, 

Demande  en  quel  lieu  poeut  guerpir, 
32750  Pour  le  mieulx  son  ame  franchir  : 

•  Dame,  dame,  en  plege  vous  met, 

Et  si  vous  convent  et  promet 
Jamais  en  pechié  n’entreray. 

Entrez  y,  je  garandiray. 

32755  Desores  voeul  chastement  vivre.  » 

Une  voix  oyt  a  delivre 
Qui  lui  dit  :  «  De  cy  partiras; 

Au  monstier  Saint  Jehan  iras, 

Et  passeras  le  fieu  Jourdain,  (7/  d) 
32760  Et  en  penitance  tesmoing 

Que  avant  conffesse  soit  faitte 
Du  pechié  dont  es  si  meffaitte. 

Quant  tu  avras  l’eaue  passée, 

Une  forest  monlt  longue  et  lée 

32738  sauluees  maintes —  32793  ce  manque. 


32765  Delà  le  fleuve  trouveras. 
En  celle  forest  entreras, 


Illec  ta  penitance  aras.  » 

Lors  celle  tantost  se  seigna, 

32770  Fist  ce  que  la  voix  enseigna  ; 

Illec  ot  le  coeur  enterin. 

Lors  encontraung  pelerin; 

Trois  mailles,  ce  compte  l’histoire 
Luy  donna  pour  le  Roy  de  glore. 
32775  Trois  petis  pains  en  acheta  ; 

De  ce  vesqui,  plus  n’emporta. 

Au  fleu  Jourdain  en  vint  Marie 
Et  la  print  sa  herbregerie; 

Puis  passa  le  fleu  l’endemain, 

32780  Et  menga  la  moittié  d’un  pain. 

Au  matinet  elle  se  lieve; 

Au  monstier  va,  point  ne  lui  griefve; 
La  rechut  le  corps  Jhesucrist, 

Si  comme  je  truis  en  escript. 

32785 Tout  maintenant  au  bois  s’en  vint, 

Et  en  la  grant  forest  se  tint. 

Ses  pains  sont  faillis  et  mengiés, 

Et  pour  ce  n’a  pas  estrangiés. 

Lors  a  mengié  de  l’herbe  drue; 

32790  Ainsi  paist  comme  bestemue. 

Deable  tempter  la  le  venoit, 

Et  son  fain  lui  ramentevoit. 

La  dame  pour  ce  ne  fait  rien  ; 

Toudis  tenoit  son  coeur  en  bien. 
32795  Plus  de.xxxij.  ans  y  fu 

Que  son  corps  ne  fu  point  vestu  5(72 a) 
De  ses  cheveulx  robe  faisoit, 

Aultre  couverture  n’avoit. 

Pour  ce  fu  maigre  et  pale  ettainte, 
32800  Car  de  povreté  si  eust  mainte. 

Sa  penitance  fist  amere, 

Jusques  il  pleut  a  Dieu  le  Pere 
Que  de  cest  ciecle  defenist 
Et  en  sa  compagnie  venist. 

328o5  Jozimas  en  terre  le  mist, 

Ung  preudhoms  qui  sa  fosse  fist, 

Que  Dieu  y  tramist  sans  arrest. 

Droit  ou  millieu  de  la  forest 
Y  vint  unglyon  monlt  poissant, 
32810  Crochu  et  merveilleux  et  grant. 

De  ses  ongles  la  fosse  fist. 

Et  d’une  part  la  dame  prist  ; 

Jozimas  l’a  d’autre  part  prise; 

Ainsi  l’ont  en  la  fosse  mise. 

3281 5  Sa  fin  fu  monlt  bonne  et  eurée, 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


Car  en  Paradis  fu  portée. 

Bien  assez  t’en  porroye  dire 
Qui  ont  esté  ou  tel  ou  pire. 

Qui  puis  se  sont  si  recordé 
32820  Qu’a  Dieu  ont  esté  accordé. 

L’Ewangille  saint  Mathieu  compte 
Que  Dieu  generalment  raconte  : 

«  Je  ne  suis  pas  venu  en  terre 
Pour  justes,  mais  pour  pecheurz  querre.  » 
32825  Ne  doy  je  aussi  bon  coeur  avoir, 

(Aussi  m’a  Dieu  donné  sçavoir, 

S’il  le  me  plest  a  maintenir) 

Qu'a  ceulx  que  tu  m'os  soustenir? 

Autel  puis  faire  comme  ilz  firent 
3283o  Et  autel  dire  comme  ilz  dirent, 

Et  avoir  autelle  science 
Et  aussi  bonne  conscience. 

Et  se  il  ne  demeure  en  moy, 

Chantecler,  bien  en  ton  coeur  voy,  (72  b) 
32835  Dieu  est  tout  prest  de  recepvoir 
Tous  ceulx  qui  se  mettent  a  voir, 

Se  tu  ne  vois  en  moy  contraire, 

Que  ne  doye  a  bonne  fin  traire, 

Paix  ayme,paix  a  toy  requicr; 

32840  A  tous  doin  paix  sans  relachier 
Et  pour  moy  de  paine  jetter  ; 

Pour  Dieu,  paix  me  voeullez  donner 
Et  aprez  te  dourray  la  moye, 

Et  puis  si  m'en  iray  ma  voye, 

32845  Car  on  m'a  dit  qu’Ospitalier 
Voeuilent  devenir  Cordcllicr 
Et  ceulx  de  Clugny  Celcstin, 

Et  que  plus  ne  buvront  de  vin, 
Vestiront  heres  sans  chemise. 

% 

3285oTel  ordonnance  ont  en  eulx  mise  : 
Jamais  char  crue  ne  tenront; 

Désormais  chastement  vivront; 

Saint  François  sera  d’eulx  amc 
Qui  par  tout  est  si  diffamé, 

32855  Et  chascun  dit  que  il  fut  lerres 
Et  Dominicque  fu  bourderres; 

.  Ces  deux  sont  forment  despisiés; 

Mais  désormais  seront  prisiés. 

Seront  canonisiés  a  Romme. 

3z86o  Quant  Moisnes  Noirs seronpreudomme, 

.  Noirs  Moisnes  chastes  devenront; 
Jusqu’adonc  prisiez  ne  seront. 

Et  quant  je  devenray  preudom, 

Lors  seront  ilz  en  bon  ordon. 

32865  Par  Dieu,  cy  n'a  pas  peu  a  faire  ; 


Pour  ce  y  voy  pour  la  paix  faire.  » 
Lors  se  print  Regnart  a  plourer 
Et  vers  le  ciel  monlt  aourer. 

Samblant  fist  de  grant  amistié 
32870  A  Chantecler  en  print  pitié, 

Et  dist  :  «  Regnart,  certainement  (72  c) 
Dieu  a  bon  port  icy  t'ament. 

Bien  sçay  qu’a  lui  ne  tenra  mve 
Que  tu  ne  maines  bonne  vye 
32875  Et  tu  en  es  bien  en  la  voye. 

Se  malvais  coeur  ne  te  desvoye. 
Regnart,  or  me  dy  vérité  : 

Dès  quant  es  tu  en  cest  pensé 
Et  en  ceste  grant  repentance, 

32880  Quant  si  malvaize  fu  l’enfTance? 
Comment  t'es  a  Dieu  converti, 

Qui  par  tant  de  fois  as  menti? 

—  Bonne  demande  ores  me  fais; 

Je  le  diray,  se  tu  te  tais. 

32883  Saint  Urbain  au  tempz  qu'il  vivoit 
Ung  tresbon  enfant  clerc  avoit; 

Monlt  se  pena  de  Dieu  servir 
Et  de  tous  vices  asservir; 

En  Dieu,  ot  mis  s’entencion. 

32890  Saint  Urbain  le  mist  a  raison 

Et  dist  :  «  Amis,  je  voeul  sçavoir 
A  quoy  tu  voeulx  ton  coeur  avoir? 

—  Sire,  »  dist  il,  «  a  Diçu  servir 
Et  a  sa  grâce  desservir. 

32895  —  Et  se  tu  sa  grâce  en  avoyes, 

Dy  moy  quel  mérité  en  aroves. 

—  Sire,  de  Paradis  la  joye, 

Et  la  y  tens  ou  que  je  soyc. 

C’est  la  joye  qui  toüdis  dure; 

32900  De  nulle  aultre  joye  n’ay  cure. 

Le  voir  par  l'Escripture  en  sçay, 

Qui  ne  nous  demonstre  que  vray. 
Amis,  aultrement  le  verras 
Par  quoy  et  tu  mieulx  le  creras.  » 

32po5  Lors  si  fist  tantost  sans  cesser 
Le  preudoms  l'enffant  confesser, 

Et  puis  en  sa  chanbre  le  mist,  (72  d j 
Et  telz  ordonnances  lui  fist  : 

Ses  pietz,  ses  mains  aulx  siens  lui  joinct. 
32910  Une  petitte  heure  en  ce  point 

Tantost  comme  ot  fait  sa  prïere, 
Comme  cil  qui  de  Dieu  bien  yere, 
Adonc  cilz  enlTez  que  je  dis 
Auÿ  le  chant  de  Paradis, 

32915  Toutes  les  .ix.  légions  d’Angles 


32817  Bien  ten  p.  assez  d.  —  32823-4  Matth.,  ix,  i3;c/.  Marc ,  n,  17  et  Luc,  v,  32  —  32833  Et  manque 
—  32861  Et  noirs  —  32868  a  aourer  —  32895  en  manque. 


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SIXIÈME  BRANCHE  * 


Qui  chantoient  a  grant  loenges  : 
Sanctus,  sanctus,  sans  fin  avoir; 

Nulz  homs  ne  porroit  ce  sçavoir, 

Ne  croire  il  ne  le  porroit 
32920  Pour  dire  qu’il  ne  les  orroit. 

Quant  le  clerc  cellui  chant  oÿ, 

Tout  adens  a  terre  cheÿ, 

Cartrestout  fut  esvanuÿ 
Des  doux  chantz  que  il  ot  oÿ; 

32925  Sur  ses  pietz  ne  se  pot  tenir. 

Si  tost  comme  il  pot  revenir, 

En  ung  hermitage  se  boute. 

La  servi  Dieu  de  coeur  sans  doubte 
Jusquez  il  ot  tout  consummé. 

32g3o  Tout  est  voir  ce  que  t’ay  nommé, 
Comment  qu’il  soit  du  remanant. 

Or  entens  a  moy  sceurement  : 

Quant  je  sceus  que  cellui  fu  telz 
Que  les  doulx  chans  esperitelz 
32935  Auÿ,  prie  que  lui  pleüst 

Qu’a  lui  servir  me  recheüst. 

Je  le  servi,  et  tant  il  fist 

Que  les  doulx  chantz  oÿr  me  fist, 

Et  tout  le  mal  qu’ont  ceulx  d’enffer 
32940  Qui  dolleur  ont  tout  sans  cesser, 

Les  paines,  les  cris,  les  meschiefs, 
Que  ilz  soeuflrent  pour  leurz  pcchiés. 
Quant  tout  cecy  m’ot  fait  oÿr,  (7.?  .7) 
Oncquez  puis  ne  peus  esjoÿr, 

32945  Et  me  demanda  se  j’avoye 
Amy  qui  tenist  bonne  voye, 

Qui  en  bonne  volentc  feust 
Que  toutes  ces  paines  sceiist, 

Et  qu’a  plain  lui  fisse  sçavoir 
32950  Pour  toudis  mieulx  a  Dieu  seoir. 
Oncquez  puis  que  je  les  oÿ, 

De  pechié  nul  ne  m’esjoÿ. 

—  Or  me  dis  comment  tu  le  vois 
Et  comment  oÿr  tu  le  dois  ; 

32955  Volentiers  en  sçavrai  la  vve. 

Or,  Regnart,  ne  me  faille  mye; 

Kay  moy  celle  merveille  oÿr, 

Se  tu  voeulx  de  m’amour  joÿr  : 

Une  geline  te  douray 
32960  Et  ton  bon  amy  devenray. 

Si  tost  com  les  aray  ouÿs, 

Du  siècle  me  scray  partis; 

Tu  dis  que  tant  mon  pere  amas, 

Et  que  maint  jour  tu  le  hantas. 


I09 

32965  —  Chantecler,  bien  te  poeut  souffrir 
De  moy  tes  gelines  offrir. 

Pain  de  froument,  vin  ne  buvray, 

Jamais  nul  jour  que  je  yivray; 

Ne  vivray  fors  que  de  rachines; 

32970  Je  ne  quiers  aultres  médecines. 

Et  ne  te  chaille  ja  d’oÿr 
Et  encores  moins  du  veïr, 

Car  si  tost  com  tu  les  orras, 

Jamais  joye  avoir  ne  porras.  » 

32975  Dist  Chantecler  :  «  Or  ne  te  chaille; 

Car  je  le  voeul  de  coeur  sans  faille.  (j3  b) 
—  Chantecler», dist  Regnart, « escoute, 
J’ay  tresgrant  paour  et  grant  doubte 
Que  si  desconforté  ne  soies 
32980  Que  jamais  joye  avoir  ne  doies. 
Chantecler,  ja  pour  ce  ne  lais, 

Mais,  je  te  prie,  tost  le  fais. 

Puis  que  tu  voeulx  infer  vëoir 
Ou  nul  ne  doit  vouloir  seoir, 

32985  Volentiers  le  te  monstrerav, 

Mais  bien  sçay,  mal  gré  en  aray. 

Or  ne  te  voeul  je  dechevoir  : 

Concession  te  fault  avoir.  » 

Dist  Chantecler  :  «  Ce  ne  poeut  estre, 
32990  Pour  ce  qu’il  n’y  a  cy  nul  prestre. 

—  Certes,  0 dist  Regnart,  «  prestre  suis; 
Concession  bien  oÿr  puis. 

—  Regnart,  ne  m'y  conflésseras, 

Ne  ja  prez  de  moy  ne  seras. 

32995  —  Or  dis  donequez  ta  patrenostre; 
Pechié  fay  quant  nul  bien  te  monstré, 
C'oncquez  moins  créant  ne  vy  or, 

Et  dirois  ton  Confiteor.  » 

Chantecler  ses  oroisons  dist. 

33ooo  Regnart  qui  le  pappelart  fist 

A  faulx  semblant,  a  chiere  fainte, 

Prinst  abstinence  la  constrainte; 

Par  le  faulx  Chantecler  déchut 
Que  faulx  constraint  il  ne  perchut; 
33oo5  Par  semblance  print  a  plourer 
Et  par  fainte  print  a  orer; 

Dist  Dieu  courouchier  ne  se  voeulle, 
Aflin  que  Chantecler  se  doeulle. 
Chantecler  a  bien  cscouté; 

33oio  Pour  ce  trop  moins  s'en  est  doubte. 

Si  lui  demande  :  «  Est  il  a  point?(7Jc) 

Je  cuid  jamais  ne  verray  point  ; 

Tu  es  trop  long  en  tes  bezongnes; 


32935  prie  —  32955  scaroie  —  32963  On  lit  enrubrique  :  Ciiantkci.kr  —  33963  soufire  corrigé  d'après 
A;  on  lit  en  rubrique  :  Regnart  —  32980  au  coeur  nayes  corrigé  d'après  A  —  32981  On  lit  en  rubrique  : 
Regnart  —  32993  On  lit  en  rubrique  :  Chantecler.  . 


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I  I  O 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Trop  y  raetz  ains  qu’a  fin  les  moines.  » 
33oi5  Quant  Regnart  la  parole  entent, 

Pensa  qu’il  venrra  ou  il  tent. 
Adoncques  s’est  Regnart  levé, 

Et  a  parler  s’est  eslevé, 

Et  dit  :  «  Qui  le  voir  voeult  enquerre, 
33020  Enfler  est  assis  dessoubz  terre, 

Autant  dessoubz  terre  en  parfont 
Comme  Paradis  en  amont. 

Mais  aussi  tost  tu  le  verras 
Comme  tu  ma  prlere  orras. 

33oa5  Mais  trop  se  va  cil  decepvant 
Qui  regarde  arriéré  et  avant. 

On  ne  poeut  en  deux  lieux  vôoir, 

Ne  qu’on  poeut  en  trois  lieux  séoir. 
Tant  corn  derrier  toy  garderas, 

33o3o  Jamais  le  fait  tu  ne  verras, 

Et  si  te  porras  decepvoir 
Et  perte  de  ton  corpz  avoir, 

Si  comme  fist  la  femme  Loth 
Qui  a  bien  quoy  tenir  s’en  pot. 

33o35  Loth  fu  jadis  ung  bon  preudoms 
A  qui  Dieu  fist  de  s’amour  dons. 

En  Arrabie  ot  trois  cités 
Ou  bougres  furent  recités; 

Leurs  noms  sont  telz  que  m’orras  solre  : 
33040  Sodome,  Segor  et  Gomorre. 

En  Sodome  la  manoit  Loth 
Qui  de  tel  vye  cure  n’ot; 

Preudoms  estoit  et  de  bon  famé; 

Deux  filles  avoit  de  sa  femme. 

33045  Cilz  Loth  estoit  niepz  d’Abrahan, 

Et  Sarra,  sa  femme,  en  cel  an, 

Du  quel  Abrahan  Ysac  vint, 

Au  tierch  aage  cecy  advint.  [j3  d ) 
Icil  Loth  deux  filles  avoit; 

33o5o  Plus  belles  estre  on  ne  sçavoit  ; 

Belles  estoient  sans  pareil. 

Pour  le  pechié  qui  n’a  pareil, 

Que  Dieu  et  tout  le  poeuple  avile, 
Dont  toute  plaine  estoit  la  ville, 

33o53  Envoia  Dieu  deux  jouvenceaulx, 

Deux  anglez  gracieux  et  beaulx, 

Qui  de  Dieu  furent  enortés  ; 

Chiez  dampt  Loth  furent  ahostés. 

Ces  jouvenceaulx  varletz  sembloient, 
33o6o  Ceulx  de  la  ville  s’assembloient 

Pour  ces  deux  jouvenceaulx  avoir, 
Pour  acomplir  leur  ort  volloir. 

A  l’huis  hurterent  a  delivre  : 

«  Loth,  tous  ces  deux  varletz  nous  livre 


33o65  Pour  faire  nostre  volenté, 

Avant  que  brisons  ton  hosté  ; 

Ou  tantost  brisier  le  verras 
Ou  a  nous  les  délivreras.  » 

Adonc  Loth  plourer  commença, 
33070  Et  dist  :  «  Seigneurs,  entendez  ça. 
Pour  l'amour  de  Dieu  vous  supply. 
Deux  belles  filles  ay  lez  my; 

Toutes  deux  les  vous  abandoing. 
Menez  les  seoir,  ou  prez,  ou  loing, 
33075  Et  en  faittes  tous  vos  delitz, 

Et  vous  gardez  d’aultres  perilz 
Et  de  l’amour  desordonnée 
Que  Nature  n’a  pas  donnée, 

Mais  le  deflent  a  tous  a  faire, 

33o8o  Pour  ce  qu’elle  est  a  Dieu  contraire.  » 
Les  deux  jovenceaulx  a  Loth  vindrent; 
A  parole  tous  deux  le  tindrent. 

Et  dirent  :  «  Loth,  cy  nous  envoyé 
Cil  Dieu  qui  trestous  biens  envoyé 
33o85  Pour  confondre  ceste  cité  (74  <*) 
Parle  mal  qui  y  est  bouté 
Pour  ce  vil,  ort,  puant  pechié 
Dont  tout  ce  pays  est  tachié. 

Sodome  est,  ilz  sont  sodomites; 
33090  Pour  ce,  ceste  parolle  est  ditte; 

Pour  ce,  confondre  le  voulions; 

Le  commandement  en  avons. 

—  Or,  seigneurs,  »  ce  dit  le  preudom, 

«  Or  me  voeulliez  donner  ung  don 
33op5  Se  il  y  a  cinquante  hostelz 

Qui  de  ce  pechié  ne  soient  telz, 

Que  vous  les  voeulliez  respitèr 
De  ceste  sentence  jetter. 

—  Amis,  s’il  est,  si  com  vous  dittes, 

33 100  Pour  les  cincquante  serez  quittes, 

Et  pour  quarante,  a  dire  voir. 

—  Et  pour  trente,  le  puis  je  avoir? 

—  Encorez,  se  les  y  trouvez, 

De  par  Dieu  le  don  en  arez. 

33io5  —  Et  se  vingt  en  y  puis  trouver? 
Vous  tenrrez  vous  encor  d’ouvrer? 

—  Oyl,  ja  n’y  ara  tourment, 

Et  de  dix  encor  vraiement. 

—  Et  se  chincq  en  y  puis  quérir, 
33noTenrez  vous  le  lieu  de  périr? 

—  Ouyl  pour  trois,  voire  pour  deux, 
Sera  encor  sauvé  ly  lieux.  » 

Mais  Loth  ne  se  sceut  tant  pener 
Que  deux  en  y  peusist  trouver, 

3  3 1 1 5  Et  ly  angle  monlt  bien  le  sot, 


33014  que  ne  fais  les  miennes  corrigé  d'après  A  —  33o37  arrabe  —  33040  fegor  —  33io8  encore# 


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SIXIÈME  BRANCHE 


I  II 


Et  pour  ce,  ice  dist  il  a  Loth  : 

«  Amis,  de  cy  te  partiras, 

Et  a  nulluy  ne  le  diras, 

Et  bien  briefment  d’aler  te  paine. 
33iaoTelz  filles  et  ta  femme  emmaine; 

Et  je  te  pry  que  bien  te  gardes 
Que  derrière  toy  ne  regardes,  (74  b) 
Tes  filles,  ta  femme  ensement, 

Car  a  Dieu  ne  plaist  nullement; 
33ia5  Laisse  faire  a  Dieu  son  volloir.  » 
Atant  issirrent  du  manoir. 

Loth  qui  tant  fu  de  Dieu  amis, 

Du  lignage  Abrahan  nayfs, 

Ses  filles  et  sa  femme  emmaine. 
33i3oQuantz  ilz  furent  sur  la  montaigne. 

Si  les  alloit  chastiant  Loth  ; 

Sa  femme  tenir  ne  se  pot 

Pour  chose  que  Loth  lui  comptast 

Que  derrière  lui  ne  regardast; 

33 1 35  Trop  cuida  estre  decheüe, 

Se  d’esgarder  se  fust  tenue  ; 
Maistantost  que  a  tourner  vint, 
Toute  de  sel  elle  devint 
En  une  ymage  a  se  faitture, 

33i4o  Du  grant,  du  gros,  de  l’estature; 

Illec  fu  transmuée  en  pierre  ; 

La  le  poeut  chascun  aller  quierre. 
Loth  et  ses  filles  s’en  allerrent, 
Oncquez  pour  ce  ne  retoumerrent. 
33i45  Et  Dieu  ung  fourdre  y  envoya 
Qui  les  trois  cités  fourdroya  ; 

En  abisme  les  fist  aller. 

Et  la  mer  par  dessus  passer. 

De  pute  heure  ce  pechié  firent, 

33  i5o  Quant  en  enfler  tous  en  cheïrent  ; 
Pour  ce  t’ay  compté  ceste  vye. 

N’ayez  pas  au  coeur  tel  folye 
Comme  ot  a  tous  la  femme  Loth 
Qui  oncquez  tenir  ne  se  pot 
33 1 55  Pour  chose  qu’on  l'endoctrinast 
Que  derrier  lui  ne  regardast. 

Trop  se  va  cellui  decepvant 
Qui  regarde  arrier  et  avant  : 

Ne  poeut  achever  bonne  queste.  (74  c) 
33 160  Cellui  qui  tant  moeut  col  et  teste 
Ne  poeut  en  deux  lieux  bien  venir, 

Ne  deux  instrumens  bien  oyr  : 

Vers  la  terre  la  teste  couche, 

Et  l’oeul  par  devers  le  ciel  bouche, 


33 1 65  Car  vëoir  ne  poeulx  obscurté 
Tant  comme  tu  verras  clarté, 

Et  l’oeul  par  devers  la  terre  oeuvre. 
De  cellui  verras  toute  l’oeuvre, 

Car  se  l’oeul  dessus  tu  ouvroies, 

33170  Ja  enfler  vëoir  ne  porroies. 

Ains  verroies  le  ciel  amont; 

De  ce  ne  te  chaille  par  monlt. 

Enffer  ne  poeulx  vëoir  desclos, 

Se  l’oeul  devers  le  Ciel  ne  clos 
33175  Et  l’autre  oeuvre  tant  que  tu  poeulx. 
Se  trestout  enffer  vëoir  voeulx, 

La  femme  Loth  pas  ne  ressembles; 

De  pierre  devenroient  tes  menbres, 

Se  regardoies  d’autre  part  ; 

33i8o  Les  deables  aroient  en  toy  part.  » 
Chantecler  mist  son  chief  sur  terre, 
Com  cil  qui  voulloit  enfler  querre. 
L'Acteur  qui  cestui  livre  a  fait 
S’acorde  bien  a  cestui  fait 
33 1 85  Que  qui  mal  quiert  que  mal  luy  viengne 
Qui  enffer  voeult,  qui  le  retiengne. 

A  l’acord  est  ce  que  querras 
Que  au  derrain  le  trouveras  ; 

Autant  du  mal  comme  du  bien. 

33190  Ceste  raison  de  l’Acteur  tien. 

Et  quant  Regnart  le  vit  séant, 

Si  lui  a  dit  :  «  Vois  tu  néant? 

—  Nennil,  »  dist  il,  ■  fors  que  les  nues. 
—  O  amis,  »  dist  il,  «  tu  te  tues. 

33i95  Je  le  te  dy  a  ung  court  mot, 

Tu  devenras  la  femme  Loth,  (74  d) 
Je  ne  t’en  puis  plus  garantir. 
Chantecler,  je  ne  sçay  mentir. 

Se  ne  le  clos  appertement, 

33zoo  Tantost  morras  scellrement.  » 
Chantecler  s’en  esbahist  monlt, 

Et  pour  ce  clôt  il  l’oeul  amont. 

Quant  Regnart  voit  qu’il  nevoitgoute, 
Les  dens  en  l’eschine  lui  boute. 

33ao5  Adonc  Chantecler  tressailli. 

Dist  Regnart  :  «  Jen’ay  pas  failli. 

Mon  orison  est  bien  eurée. 

Enffer  verras  sans  demourée.  1» 

Lors  l’aert  aulx  dens  par  le  col  (75  a) 
33aio  Dont  Chantecler  se  tint  pour  fol, 

Et  dit  :  «  Enffer  querois,  or  las  I  ■ 
Chantecler  lors  se  claime  las; 

Dist  nul  ne  poeut  malvais  hanter 


33 1 34  derrier  —  33 1 3g  En  manque  —  33141  Ille —  33169  tu  manque  —  33 1 7 1  Ne  verroies  (on  cor¬ 
rige'  d'après  À  —  33196-33208  Ces  vers  sont  en  double,  une  première  fois  fol.  74  d  [le  reste  du  feuillet 
restant  blanc)  et  une  seconde  fois  fol.  75  a  —  332 1 1  queroie. 


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1 12 


ftENÀRÎ  LÈ  CONTREFAIT 


Que  il  n'en  viengne  au  gramenter. 

332  1 5  Regnart  n’ot  mais  le  coeur  plain  d’ire, 
Quelque  parole  que  sceust  dire  ; 

Le  Cocq  emporte  lyemeni; 

Or  ne  s’en  va  mais  complaignant. 

Par  les  grans  saultz  du  jardin  ist; 
33220  Plus  tost  que  pot  au  plain  se  mist; 

Mais  les  gelines  monlt  s’effroient }(75b) 
Quant  Regnart  et  Chantecler  voient  ; 
Trestoutes  se  prindrent  a  braire. 

Lors  ne  se  pot  Chantecler  taire  : 
33225  «  Regnart,  qui  tant  as  le  coeur  gay, 
Encor  leur  fay  ung  bel  abay 
Et  aulx  gens  qui  aprez  toy  viennent, 
Car  leur  semble  ja  qu'ilz  te  tiennent  ; 
Gelines  les  ont  esmeüs; 

3823o  Hz  sont  sotz  et  despourveüs  : 

Or  leur  dis  que  tu  revenras 
Si  tost  que  tu  mengié  m’aras.  » 
Regnart  fu  plain  de  si  grant  joyc 
Qu’il  n’est  nule  goûte  qu’il  voye. 
33235  Pour  ce  de  joye  sansdelaver 
Commença  fort  a  abbayer, 

Et  dist  :  «  Par  cy  je  revenrav  ; 

Toutes  ces  gelines  aray.  » 

L’Acteur  si  le  nous  a  descript, 

33240  Et  il  est  bien  voir  qu’il  le  dit, 

Trop  joyc  fait  l’homs  foloyer 
Ne  se  scet  garder  n’avoyer; 

En  grant’joye  a  moins  sceureté 
Que  il  n’a  en  grant  povreté. 

33245  Par  trop  grant  joyc  homs  se  méfiait, 
Qu'il  ne  scet  qu’il  dit  ne  qu'il  fait. 
Homs  trop  joieulx  si  ne  voit  goûte, 
Ne  scet  qu’il  ayme  ne  qu’il  doubte, 

Ne  scet  s'on  lui  dit  mal  ou  bien. 
3325o  A  dampt  Regnart  y  parut  bien, 

Car  sa  joye  fu  de  sa  proye 
Que  il  ne  sent  ne  val  ne  voye. 

Pour  ces  les  vilains  abbaya 
Et  par  trop  grant  joye  leur  crya  : 
33255  «  Vilain,  vilain,  ça  je  venray; 

Toutes  vos  gelines  aray.  » 

Quant  le  Coq  sent  que  la  bouce  oeuvre 
Les  aelles  bat,  si  se  dechoivrc.  (y5  c) 
Or  n’est  il  mais  en  maulx  lÿcns, 

3326o  Et  dit  :  «  Bon  est  praticiens 
Que  par  penser  et  par  diter 
Se  poeut  de  males  mains  jetter. 

Entier  ay  quis,  enfler  ay  eu 
Et  puis  enfler  ay  deceü.  » 

33ai4  Quil. 


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33z65  Et  tantost  et  sans  delayer, 

Les  chiens  prindrent  a  abbayer; 
Aprez  Regnart  le  cours  en  vont 
Qui  au  coeur  avoit  meschief  monlt. 
Quant  il  oÿt  les  chiens  venir, 

33270  A  bien  fuÿr  se  vault  tenir; 

Mais  onequez  si  bien  n’y  fuÿ 
Que  chiens  ne  l’ayent  consieuV, 

Si  lui  despecherent  la  plice; 

Ne  lui  vault  parole  qu’il  dice, 

33275  Plaindre  ne  braire  ne  crier. 

Si  le  mainent  sans  dctrïer 
Qu’en  pluseurs  lieux  le  sang  lui  sault. 
Regnart  eschappa  par  ung  sault, 
Pour  ce  que  point  de  sieute  n’eurent, 
3328o  Mais  trop  bien  lapider  le  sceurent. 

Si  retournent  a  leur  repaire, 

Et  Regnart  remaint  pour  doeul  faire 
Qui  a  lamenter  fort  commence, 
Pleure,  regrette  et  a  lui  tence.  {y5  d) 
33285  Dist  bien  :  «  Voy  qu’encor  ne  suis  mye, 
Trop  bien  asseuré  de  ma  vye; 

De  malheur  ne  suis  pas  hors, 

Qui  tant  me  tempeste  le  corps, 

Or,  terre,  pour  quoy  me  soustiens, 
33200  Qui  tant  en  moy  mal  eür  tiens  ? 

Qui  est  cil  qui' malheür  voit 
Qui  de  fuÿr  ne  se  pourvoit  ? 

Trop  dure  plus  d’une  traizaine 
Malheür  qui  durement  maine.  • 
33295  Hellas!  fortune  et  malheür 

Qui  maint  en  voy  mal  asseür, 

Pour  quoy  ne  te  soeuflres  atant 
Des  dolleurs  dont  j’ay  eü  tant? 

Au  moins  se  vëoir  te  peüsse, 

333oo  A  toy  trop  bien  parler  sceüsse; 

Je  te  demandesse  pour  quoy 
Tu  demeures  si  prez  de  moy  ? 

Se  cause  et  bon  respons  eüsse, 
Certainement  je  me  teüsse, 

333o5  Et  se  raison  ne  me  monstrasses, 

Je  te  bâtisse,  ou  tu  m’oustrasses. 

Trop  mieulx  en  revengant  aymasse 
Morir  que  chétif  me  claimasse. 

O  povreté  la  desloyaulx, 

333  10  Corn  me  dépars  de  telz  joyaulx! 
Povretc  qui  n’a  nulle  grâce, 

Com  me  scez  bien  sieuir  par  trace  ! 
Povreté  meschante  et  despite, 

Qui  trestous  honneurs  claime  quitte, 
333 1  5  Qui  fais  toute  joye  faillir, 


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SIXIÈME  BRANCHE 


Bien  te  doit  Nature  assaillir, 

Car  tu  lui  toltz  maint  heaulx  delitz; 
Maintz  beaulx  litz  sont  par  toy  polis; 
Maintz  beaulx  corps  et  mainte  jou vente 
33320  Lais  maintteffois  jetter  en  vente. 

Qui  bien  eulrentloyd’eulx  garder  !(~6j) 
Povreté,  on  te  deust  larder 
Et  trestous  les  menbres  ardoir, 

Quant  preudommes  fais  peu  valloir! 
3332?  Povreté  est  obnuble  et  foie, 

Sur  qui  toute  noblesse  foule; 

Certes  et  bien  y  doit  fouler, 

Voire  trestoute  deffouler. 

Povreté  vilz,  ou  nul  ne  croit, 

3333o  Qui  point  ne  s’aquitte  et  acroit, 

Com  plus  acroit  et  plus  est  vilz, 
Maudite  l’heure  que  te  vis! 

O  povreté  malheürée, 

C’or  fusses  tu  si  enmurée 
3333?  Que  nul  ne  te  sceüst  jamais  ! 

Or  regarde  bien  que  tu  fais  : 

Tu  tolz  a  moy  santé  et  grâce, 

Et  a  ceulx  que  tu  sieus  par  trace; 

Tu  fais  homme  desesperer; 

333qo  Tu  fais  a  homme  chiens  harer; 

Tu  fais  preudhomme  esbahir 
Et  hors  de  son  pays  fuyr  ; 

Tu  fais  preudhommes  tous  bourdeurs 
Et  la  foy  mentir  aulx  tricheurs  : 
333q5  Tu  fais  les  faulx  tesmoingz  porter 
Et  preudommes  desconforter  ! 

Qui  te  fait  tant  moy  poursieuir  ? 
Certes  on  te  doit  bien  hayr 
Plus  que  viellesse  et  maladie; 

3335o  Ja  n’est  preudoms  qui  m’en  desdie. 
Vieulx  poeut  avoir  joye  et  honneur; 
En  toy  n’a  fors  honte  et  dolleur. 
Malade  poeut  santé  avoir 
Et  pour  ce  ne  pert  son  sçavoir; 

33355  Mais  tu  fais  ton  sçavoir  périr, 

Vivre  a  honte,  vil  mort  quérir; 

Tout  desespoir  te  va  sieuant, 

Et  toute  sceurcté  fuiant;  (76  b) 

Toute  paresse  et  tout  pechié 
333ôo  Est  tout  dedens  ton  corps  techié; 
Larechin,  mensongne,  mesdire. 
Toute  obscurté  vers  toi  se  tire  ; 
Trestous  les  sept  pechiez  mortelz 
Sont  herbregiez  en  tes  hostelz; 

33363  Meismes  trestons  ces  mescreans 


1 13 

Si  vont  monlt  prez  de  toy  sieuans. 
Mieulx  va ul droit  en  toute  saison 
D’estre  mors  d’un  escorpion 
Que  toy  sentir  en  nulz  endrois  ; 

333-0  On  ne  poeut  morir  qu’une  fois 

Mais  en  tout  temps  et  en  toute  heure 
Cil  moeurt  qui  en  tes  las  demeure, 
Car  plain  est  de  temptacion, 

De  toute  dissolucion; 

333j5  Faulx  Semblant  est  avecques  toy  ; 

En  toy  n’a  loyaulté  ne  foy  ; 

Tu  est  plaine  de  trayson, 

De  laideur  et  de  marrison, 

Plaine  de  toutes  obscurtés; 

3338o  De  tous  maulx  vens  tues  hurtés; 

Et,  pour  ce,  ja  ne  t'ameray, 

Ne  en  toy  fiance  n’aray.  » 

Sy  com  Regnart  segramentoit 
De  povreté  qui  le  batoit, 

33385  Une  vielle  choisi  plourant, 

MaintefTois  lui  la  mort  orant, 

Povre  de  tous  draps  de  fumée 
Monlt  avoit  la  coulleur  muée; 

Le  chief  pelu  et  hirechiet 
33390  N’estoient  pas  souvent  trechiet; 

En  grant  desconflort  se  mettoit 
Pour  ce  qui  si  chetive  estoit, 

Si  diffamée  et  si  haye. 

Lez  ung  buisson  fu  appoVe. 

333g5  lllec  s’alla  seulle  seoir  (76  c) 

Qu’elle  n’osoit  nullui  vëoir. 

Des  bestes  mues  honte  avoit, 

Pour  ce  que  sur  son  corps  n'estoit 
Dont  elle  couvrir  se  peüst 
33qoo  Ou  sa  honte  celler  seüst. 

Pour  ce  allée  cachier  s’estoit, 

Car  nul  confort  a  lui  n’avoit. 

Si  tost  que  Regnart  l'a  veü, 

Si  en  a  grant  paour  eU, 

334o5  Et  s’en  est  paoureux  tenus, 

Touttcffois  vers  lui  est  venus. 

Et  dist  :  «Qui  ez  tu,  laide  chose? 

Tu  ez  laide,  vëoir  ne  t’ose.  » 

Dist  celle  :  «  Povreté  ay  nom, 

33-4 10  Hays  et  de  tresgrant  renom, 

Partout  est  mon  nom  bien  sceü, 
Combien  que  petit  soit  creü, 

Et  qu’envis  sieux  nul  ne  me  voye. 
Et  chose  que  ie  dye  croye, 

334i5  Pluseurs  sont  qui  de  coeur  amer 


33329  Poure  vilz  corrigé  d'après  \  —  33335  quérir  corrigé  d'après  A  —  33401  ainsi  allce  sen  corrigé 
d'après  A  —  33410  très  manque  —  33q  1 3  ne  manque . 

Tome  II.  8 


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M4 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Me  maintiennent  sans  moy  amer; 

J’ai  plus  grant  nom  que  n’a  le  roy, 

Et  maine  trop  mieulx  mon  arroy, 

Tant  plus  sieus  l’homme,  plus  me  doubte,(76'  d) 
33420  Et  quant  plus  l’aim,  il  me  débouté, 
Etcom  plus  suis  a  Dieu  amye, 

C’est  cil  qui  du  tout  het  ma  vye; 

Quant  plus  le  sers,  plus  me  laidoye  ; 

Trop  mal  mon  service  y  employé, 

33425  Car  tant  n’en  puis  nulz  bien  servir 
Qu’ilz  ne  me  voeullent  asservir. 

Chascun  dit  :  «  Povreté  haye, 

Maudite  soit  ores  ta  vye  !  » 

Mil  fois  le  jour  suis  diffamée, 

3343o  Car  de  nullui  ne  suis  amée. 

Se  oncquez  congnue  ne  m’eussiez 
Ne  se  mes  œuvres  ne  sceussiez, 

Je  te  deüsse  bien  souffire; 

Quoy  quant  de  moy  voulsises  dire, 

33435  De  moy  blasmer  te  deusses  taire 
Et  aultres  contenances  faire, 

Par  ton  art  en  prens  en  l’an  mille  ; 

Si  m’en  dois  moins  tenir  pour  vile, 

Par  ton  art  en  sont  maints  hurté 
33440  Et  maints  venus  a  povreté. 

Doncquez  as  tu  grant  tort  ell 
Qui  m’as  dit  ce  que  n’as  sceü, 

Mais  ceulx  qui  ou  voir  n’estudient. 

Monlt  de  vilains  motz  de  moy  dient 
33445  Et  de  moy  blasmer  ne  retardent  ; 

Mais  se  tresbien  Raison  esgardent, 

Certes  envis  me  blasmeront, 

Mais  en  eulx  pascïence  aront; 

Ne  blasme  nul  ne  m’en  affiert, 

3345o  Car  nul  ne  prens,  s’il  ne  me  quiert, 

Et  la  raison  je  t’en  diray, 

Et  tout  par  my  le  voir  iray. 

S’ung  riche  homme  pert  son  avoir, 

Anviz  est  fors  par  non  sçavoir; 

33435  Se  il  plaige  ou  donne  ou  concroye. 

Ou  en  ung  fort  loyen  se  loye,  (77  a) 

S’il  pensoit  a  moy  bien  adroit 
Et  doubtast.il  se  refraindroit; 

Et  pour  ce  que  penser  n’y  daigne, 

33460  Raison  voeult  bien  que  a  moy  viengne. 

Qui  moy  doubter  point  ne  vouldra, 

Tost  de  moy  nouvelles  orra. 

Comme  fol  chiet  en  mes  cordiaulx; 

S'ilz  pensoit  dont  lui  vient  cilz  diaulx 
33465  Et  veïst  bien  le  chemin  droit, 


Il  diroit  bien  :  «  C’est  a  bon  droit.  « 
Par  pluseurs  fois  m’acointance  ont, 

A  moy  par  pluseurs  voyes  sont 
Pour  ce  qu’ilz  ne  voeullent  gaignier 
33470  Ne  qu’ilz  ne  leur  chault  d’espargnier 
BieO'Sçavoient  toudis  despendre, 
Mais  a  gaignier  ne  voeullent  tendre; 
Et  s’aucuneffbis  y  entendent 
Plus  que  ilz  ne  gaignent  despendent, 
33475  Car,  pourvoir,  se  ilz  me  doutaissent, 
Ung  peu  de  leurs  biens  ilz  gardaissent 
Etenespargne  le  mesissent, 

Et  la  droitte  voye  quesissent, 

Ne  lessceusse  par  ou  tenir, 

33480  Mais  pour  ce  voeul  a  eulx  venir, 

Que  de  moy  point  ne  leur  souvient, 
Et  pour  ce  maint  a  moy  en  vient, 

Car  qui  Raison  croit  et  moy  doubte, 
Je  n’ay  puissance  sur  lui  goutte. 
33483  Cil  qui  n’y  pensse,  ne  prent  garde; 

En  ma  main  vientcombienqu’il  tarde. 
A  brief,  de  mil  nul  n'est  des  miens, 

Se  bien  cler  voit  ou  est  scïens, 

Mais  chascun,  quant  il  fait  folie 
33490  Ou  en  tresmal  lien  se  lie, 

Ou  a  trop  croire  s’abandonne, 

Qui  le  sien  treffollement  donne, 

Ou  foie  compagnie  le  tient,  (77  b) 
Par  quoy  Raison  voeult  qu’a  mey  vient. 
33495  Tout  maintenant  suis  mal  amée 
Et  vilz  orde  putain  clamée. 

Ce  fait  il,  ce  ne  fai  ge  mye, 

Se  bien  veyst  cler  en  sa  vye. 
TouttefTois  lui  fai  ge  avantage 
335oo  Et  ceste  vertu  toudis  ai  ge 

Qu’a  lui  fay  ses  amis  congnoistre, 
Soient  séculiers  ou  de  cloistre, 

Qui  devant  si  de  coeur  crëôit 
Quant  beau  parler  ilz  les  ooit 
335o5  Et  promettre  vyes  et  corps  ; 

Mais  tantost  qu’a  moy  sont  amors, 
Tous  ces  amis  s'en  vont  fuiant 
Siqu’entour  lui  ne  voit  néant. 

Adonc  congnoist  sans  sermonner 
335 10  Qu’est  de  promettre  sans  donner, 

Et  s’il  poeut  ja  tant  revertir 
Que  de  moy  se  puisse  partir, 

Jamais  telz  amis  n’amera 
Ne  mais  en  mes  las  ne  sera  ; 

335 1 5  Toudis  lui  souvenrra  demy. 


3343i  me  ne.  —  33454  Anaise  corrige  d'après  A  —  33453  Sil  —  33468  Et  a  moy  par  pluseurs  fois 
voyes  sont  —  335o3  promettroient. 


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SIXIÈME  BRANCHE 


Et  pour  ce,  Regnart,  entens  cy  : 

Se  pensoies  bien  a  ta  vye, 

De  blasmer  n'aroyes  envye, 

Car  oncques  bien  jour  ne  fesis 
33520  Ne  vérité  tu  ne  desis. 

En  tous  pechiez  est  tes  maintiens. 

Ne  te  fa  y  tort,  sc  je  te  tiens; 

Car  pluseurs  en  a  exilliés. 

Et  maint  sont  par  toy  avilliés. 

33525  Encor  te  fay  miséricorde 

Quant  tu  n’ez  lÿés  a  la  corde, 

Et  pluseurs  qui  se  vont  faignant 
Et  par  leur  volenté  plaignant; 

Et  s’a  moy  penssé  bien  eüsses,  (77  c) 
3353o  Saches  qu’en  mes  mains  point  ne  fusses. 
Regnart,  foy  que  doy  saint  Millet, 
Chascun  se  fait  tel  comme  il  est, 

Mais  ceulx  qui  sont  trop  amoureux, 
Trop  jones  ou  trop  luxurieux, 

33535  Et  douroient  tout  leur  avoir 
Pour  une  vielle  garce  avoir. 

Et  pensent  que  ce  soit  Helaine, 

Et  s’ilz  voulloient  mettre  paine, 

Deux  pour  ung  denier  en  aroient, 
33540  Et  tout  aussi  belles  seroient 
Et  autelles  qui  bien  y  pense 
Par  teste,  par  cul  et  par  panse; 

De  différence  n’y  a  point, 

Mais  ne  voient  pas  bien  le  point, 

33345  Ne  de  moy  ilz  ne  leur  souvient 
Jusques  atant  qu’il  le  convient; 

Lors  scevent  ilz  qu’est  et  comment. 

Il  advint,  n’a  mye  granment, 

Et  du  compte  point  ne  me  doeul, 
3355o  L’evesque  Jehan  de  Nantoeul 
Qui  en  l’an  mil  .111e.  morut, 

Preudhoms  et  saint  tel  apparut  : 

Ung  curé  a  l'Espine  avoit, 

Qui  dessoubz  cel  evesque  estoit; 

33355  Une  garce  chiez  lui  maintint, 

Comme  fol  et  long  tempz  le  tint. 

Les  parroissïens  s’en  doeullirent. 

Et  pour  bien  remonstrer  lui  firent, 
Dirent  bel  estât  n’estoit  mie 
3356o  A  curé  de  mener  tel  vye. 

Cil  respondy  :  «  Taisiez,  vilain; 

Fuiez  de  cy,  point  ne  vous  aim.  » 

Les  vilains  ont  despit  eü, 

Au  prellatz  sont  courant  venu, 

33565  Si  lui  ont  l’oeuvre  denunchie. 

Le  prellat  ne  loublÿa  mye. 


7 15 

Le  curé  manda  sans  débat  (77  d) 
Et  lui  commanda  qu’il  l’otast, 

Ou,  pourvoir,  il  le  pugniroit, 

33570  Ainsi  comme  Raison  douroit. 

Riens  n’en  fist;  si  fut  remandé 
Devant  l’evesque  le  curé. 

La  lui  fust  enjoinct  sans  séjour 
Que  il  l’otast  dedens  ung  jour; 

33375  Le  jour  passé,  il  en  fera 

Tout  ce  que  de  raison  sera. 

Cil  jour  passa,  cil  riens  n’en  fist, 

Et  les  villains  sans  nul  respit 
A  l’evesque  sont  revenu, 

3358o  Et  lui  ont  dit  et  maintenu  : 

«  Sire,  vostre  curé  ne  prise 
Vostre  defTens  une  cerise; 

Vostre  commant  ne  voeut  tenir.  » 
Lors  l’evesque  le  fist  venir, 

33583  Et  si  lui  a  dit  :  «  Damp  curé, 

Je  t’avoie  tant  commandé 
Que  celle  femme  hors  jetaisses 
Et  que  tu  plus  n’y  habitaisses. 

Je  te  mets  a  choix  de  deux  voies 
333no  Et  laquelle  que  tu  voeulx  ayes; 

Prens  laquelle  qu’aras  en  cure; 

Laisse  la  femme  ou  la  cure; 

Tiengz  toy  au  quel  que  tu  volras, 
Lequel  que  mieulx  te  plaist  aras.  » 
33595  Cil  dit  cui  la  foie  amour  dure  : 

«  Je  prengz  la  femme  et  laiz  la  cure.  » 
Et  l’evcsque  a  ung  chapelain 
Dist  :  «  Amis,  la  cure  vous  doing; 
Desor  en  saisine  en  soyez.  » 

336oo  Lors  s’est  le  curé  avoyez; 

Arricr  s’en  tourne  tout  briefment. 

A  s’amye  dist  lVement 
Et  lui  dist  :  «  J’ay  fait  comme  amis. 
L’evesque  m’a  a  deux  choix  mis  (78  a) 
336o5  Que  je  te  laissaisse  ou  la  cure. 

Je  qui  ay  en  toy  mis  ma  cure, 

A  la  cure  ay  je  renunchié; 

Tout,  pour  l’amour  de  t’amistié 
Et  pour  l’amour  de  toy,  l’ay  fait. 
33Gio  —  Damp  povre  prestre,  et  je  vous  lait, 
Puis  que  vous  n'avez  plus  de  cure, 

Et  dès  cy  je  n’ay  de  vous  cure, 

Car  vous  ne  m’avez  plus  mestier.  » 
Lors  ala  ung  aultre  acointtier  : 

336 1 5  Pour  ung  perdu  deux  recouvré. 

Ainsi  a  le  curé  ouvré. 

Lors  devint  curé  mendians, 


335 18  De  moy  bl.  —  33542  test  —  33607  ie  manque. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


Et  cheÿ  tout  en  mes  lÿens; 

Monlt  de  vilenies  me  dist. 

33620  Or  me  dis,  Regnart,  se  bien  fist; 

S’il  me  diffama  ot  il  droit? 

Regnart,  or  en  juge  le  droit. 

Pour  ce  le  dis,  atant  me  tais, 

Tu  me  dis  bien  laissier  en  pais.  » 
33625  Lors  Regnart  fu  monlt  courouchié; 
Contre  lui  s'est  forment  drechië 
Et  dit  :  «  Orde  vielle  malvaise, 

Qui  que  vous  tenez  n’est  pas  aise 
Et  doit  bien  ung  chascun  sçavoir. 
3363o  Mieulx  lui  vauldroit  la  mort  avoir. 

La  mort  ne  dure  que  une  heure 
Mais  vostre  santé  monlt  demeure; 
Toudis  se  moeurtqui  vous  tenez. 

De  telz  services  vous  penez, 

33635  Ne  jamais  bon  repos  n'ara 

Tant  comne  en  vos  lyens  sera. 

N'avez  ne  bon  fait  ne  bon  dit.  » 

Adont  lui  a  Povreté  dit  : 
a  Regnart,  tant  plus  t'aj'reras, 

33640  Et  moins  de  sens  en  toy  aras; 

Et  quant  moins  devenras  scïens,  (7#  b) 
Plus  tart  istras  de  mes  lïens. 

Ja  pour  toy  irer  ne  débattre 
Ne  porras  ma  maison  abattre 
33645  Et  quant  tu  plus  te  debastras, 

Plus  en  mes  liens  te  mettras. 

Prens  pacience  et  croy  Raison  : 
Parce  poeulz  je  issir  de  maison, 

Et  pour  ce  que  si  me  diffames, 

3365o  Dis,  je  fay  perdre  corps  et  âmes 

Et  que  je  suis  de  tous  maulx  cause, 

Je  te  monstreray,  je  suis  saulve. 

II  fu  jadis  grant  traVson 
A  Romme  et  grant  conjurison, 

33653  Lors  que  Jules  Cezar  regnoit 

Qui  empereur  de  Romme  estoit, 

Au  temps  que  Kathiline  fuist. 

Or  escoute  bien  que  il  fist  : 

Monlt  ot  et  parens  et  amis, 

3366o  Par  malice  il  avoit  submis 

A  lui  des  plus  grans  de  la  terre 
Que  il  tensa  monlt  a  acquerre. 

Contre  Romme  fist  traison 
Par  folour  et  par  mesproison. 

33665  Pour  son  malice  soustenir 
En  fist  a  lui  pluseurs  venir 
Riches,  poissans  et  honnorables, 


Grans  et  de  grans  terres  tenables, 

Et  a  eulx  promist  des  honneurs, 
336jo  Et  de  eulx  faire  grans  seigneurs. 

Le  Sénat  et  les  Sénateurs 
Qui  de  la  ville  erent  seigneurz 
Tous  iceulx  consentans  le  prindrent 
Qui  cellui  capitaine  tindreTit; 

33675  Et  Kathiline  s'en  fui, 

Si  tost  que  parler  en  oÿ; 

Et  tous  ceulx  qui  ce  faire  durent, 
Trestousemprisonnés  ilz  furrent,  (7 8  c ) 
En  diverses  prisons  menez, 

3368o  Par  moy  durement  tormentez. 

Ne  nulle  riens  ne  leur  laissèrent, 

Tout  ou  plus  bas  les  abbaisserent. 
Bien  en  as  sceu  le  remanant 
Cha  en  arriéré  en  ce  rommant. 

33685  La  furent  par  moy  gouvernez, 

Et  de  mes  paremens  ornez, 

Et  de  mes  viandes  peüt, 

Et  se  ilz  se  fussent  tellt 
De  traison  bastir  adonequez, 

33690  Congneü  je  ne  les  eusse  onequez, 

Ne  ilz  ne  m’eussent  congneü. 

Y  ay  je  donequez  coulpe  eü? 

Ne  point  blasmer  ilz  ne  me  durent 
Fors  que  eulx,  qui  trop  sages  furent. 
33695  Hz  me  quirent,  ilz  me  trouvèrent, 

Et  avecquez  eulx  me  menèrent, 

Et  compagnie  tant  leur  tins 
Que  mort  les  print  et  pute  fins. 

Ne  a  cel  consentement  traire, 

33700  Je  ne  leur  fis  mie  ce  faire, 

Et  si  ne  porent  avoir  paix 
De  moy  vitupérer  adais. 

Tarquinius  qui  ce  voloit, 

Qui  de  grant  aise  se  doloit, 

33yo5  Qui  de  Romme  estoit  roy  et  sire 
Avant  que  ce  fut  dit  empire, 

Il  en  enprinst  orgoeul  en  cure 
Pour  ce  il  se  mist  a  luxure, 

Et  les  dames  amer  volloit 
33710  Combien  que  mainte  s'en  doloit. 
N’estoit  dame  que  il  vevst, 

Combien  que  au  coeur  lui  seïst, 

Que  tantost  ne  voulsist  avoir; 

N’y  vit  folve  ne  sçavoir, 

33yi  5  Pcchic,  haync  ne  diffame.  (7#  d) 
Lucresse,  une  bonne  dame, 

Qui  des  meilleurs  de  Romme  estoit, 

—  33684  Voy. plus  haut ,  v .  20881- 


33655  mnrrison  corrige  d'après  A  —  336ûo  il  ot  —  33673  le  manque 
21442  —  33joo  Ne  je  —  33708  Et  pour  —  33714  vcoit. 


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SIXIÈME  BRANCHE 


Et  en  trestous  biens  se  mettoit, 

De  tout  le  poeuple  fut  amée 
33720  Par  son  bon  fait  et  renommée, 

Cil  roy  le  vault  par  force  avoir 
Et  par  force  en  fist  son  volloir  ; 

Et  pour  ce,  fu  puis  esbahy, 

Car  du  poeuple  fut  envaÿ, 

33723  Pour  ce  prins  et  enprisonné, 

Et  son  filz  avec  lui  mené  ; 

Et  furent  chacés  en  exil 
Sans  rien  porter,  et  povre  et  vil, 

Et  devant  le  peuple  et  les  gens 
33y3o  Fut  il  liez  en  mes  liens, 

Et  la  par  moy  si  constrains  furent 
Qu’a  honte  et  a  dolleur  morurent. 
N’oncques  Rommains  pour  ce  méfiait 
N’orent  puis  a  Romme  roy  fait, 

33735  Et  firent  empereur  dès  lors. 

Or  dy,  Regnart,  fu  mien  ly  tors? 

Qui  doit  on  blasmer,  moy  ou  luy? 

Ne  fis  je  pas  ce  que  je  duy  ? 

Quant  si  vilment  il  se  prouva, 

33740  II  me  quist,  et  il  me  trouva. 

Je  ne  doy  de  ce  blasme  avoir, 

Car  je  ne  fay  que  mon  devoir. 

A  cecy  ne  fault  point  de  preuve  : 
Quicuncques  me  quiert,  il  me  treuve; 
33743  Par  pluseurs  sentiers  a  moy  viennent, 
Par  pluseurs  voyes  a  moy  se  tiennent, 
Par  lenteté,  par  ribaudie, 

Par  trop  dellicïeuze  vie, 

Par  trop  despendre  et  trop  donner, 
3375o  Par  folle  vye  demener, 

Par  acquerre  indeüement 

Et  l’autrui  prendre  maisement,  (79  c) 

Par  trop  parler  et  par  trop  faire, 

Par  male  compagnie  atraire, 

33755  Et  par  raison  trop  desprisier, 

Et  par  folie  trop  prisier, 

Voire  par  estre  trop  hautains  ; 

En  chiéent  moins  entre  mes  mains 
Par  peu  Dieu  amer  et  servir  ; 

33760  Par  ce  se  poeut  homs  asservir. 

Homs  vient  a  moy  partelz  sentiers 
Et  je  les  rechoy  volentiers; 

Et  si  me  voeullent  bien  doubter, 

De  moy  se  poeuent  bien  oster. 

33765 Oncquez  homs  ne  prins  ne  sieui 
Qui  de  son  pooir  me  fui. 

Par  Dieu,  trestous  les  retenray 


117 

Et  en  mes  lacs  tous  les  prendray 
Se  ilzfont  tant  que  a  moy  viennent 
33770  Or  soient  sages  et  s’en  tiennent. 

Et  se  des  anciens  te  diaulx, 

Je  te  nommeray  des  nouveaulx 
Qui  sont  devant  toy  ou  d'cncoste. 

Or  pense  a  Jehan  de  la  Coste, 

33775  Bourgeois  de  Troye,  clerc  de  Limons, 
Et  de  lui  parloit  tout  ly  mons; 

En  tous  lieux  de  lui  on  parloit  ; 
Monlt  grant  renom  de  lui  estoit  ; 

On  parloit  plus  de  son  arroy 
33780  Par  tout  le  pays  que  d’un  roy, 

Et  des  despens  que  il  menoit, 

Et  de  Thostel  que  il  tenoit  ; 

Pour  néant  fussent  florins  perre. 

En  la  parfin  devint  changcrre 
33785  Et  se  fist  crier  et  sçavoir 
A  cent  mille  livres  d’avoir, 

Et  de  l’autrui  trestout  venoit, 
Trestout  ce  que  il  demenoit; 

Puis  fu  a  Troye  enprisonné,  (79  d) 
33790  A  Prouvins,  a  Laigny  mené 
Et  tant  y  demoura  son  corps 
Comme  povre  fu  jetté  hors 
Pour  ce  qu’il  n’ot  de  quoy  payer. 
Lors  se  deubt  il  bien  esmayer, 

337o5  Et  de  mes  vestements  vestus 
Fut  il,  et  de  mes  lacs  batus, 

Et  fu  pell  de  ma  viande. 

Qui  ne  le  scet,  si  le  demande. 

Mais  ce  fu  grant  abusion, 

338ooQui  bien  en  vit  la  vision. 

En  l’an  mil  et  .iijc.  et  dix 
Advint  a  Troyez  ce  que  dis 
De  cellui  qui  se  prouva, 

Qui  me  quist,  et  il  me  trouva. 
338o3Sur  moy  en  courut  renommée, 

Plus  de  mil  fois  en  fut  blâmée 
Entre  moy  eür  et  Fortune, 

Qui  envis  homme  abat  et  hume, 

Se  il  ne  se  fait  chancelier; 

338io  Mais  lors  qui  ne  se  poeut  celler  • 

Et  convient  que  le  voir  descloe, 

Lors  le  met  Fortune  en  la  boe, 
Adonc  le  prens  par  le  costé 
Et  si  le  maine  en  mon  hosté. 

338 1 5  Mais  jusques  Fortune  l’abate, 

Je  ne  metz  point  sur  lui  la  pâte, 

Ne  Fortune  point  ne  guerroyé; 


33696-33728  Sur  Tarquin  et  Lucrèce ,  voy.  plus  haut ,  v.  20339-20348  —  3375o  Le  fol .  79  a-b  est 
resté  blanc  —  338oi  et  manque. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


I  18 

Nul  preudomme  qui  Raison  croye 
338i9  Qui  Raison  croit  et  Raison  garde 

Et  se  aucun  me  vouloit  dire, 

Pour  mon  dit  blasmer  et  despire, 

Que  j'ay  dit  :  Povreté  n’ara, 

Tant  que  Raison  en  lui  sera, 

33825  Ne  Fortune  n’y  a  pouoir 

Tant  que  il  voeult  Raison  avoir.  » 
Doncques  preudoms  pour  vérité  (#0  a) 
N’ara  deffault  ne  povreté; 

Mais  preudommes  tous  ne  sont  mie 
3383oTous  ceulx  qui  ont  deffault  de  vye 
Car  pluseurs  sont  qui  ont  deffault 
Que  Raison  en  eulx  du  tout  fault. 
Cecy  arguer  me  porroient 
Mais  au  soustenir  tort  aroient 
33835  Car  qui  de  Raison  a  science, 

Il  a  en  tous  lieux  paclence, 

Et  souffisance  en  lui  ara 
Tant  que  Raison  en  lui  sera. 

Pour  ce  en  deffault  ne  poeut  estre 
33840  Cil  qui  de  Raison  fait  son  maistre, 
Car  pluseurs  sont  riche  et  aver 
Qui  ne  voeullent  Raison  amer; 

En  ceulx  n’est  nulle  souffisance 


Se  ilz  n’ont  nulle  pascïence. 

33845  Ceulx  sont  povre  certainement 

Car  deffault  maint  en  eulx  souvent. 
Et  maint  sont  qui  ont  peu  d’avoir 
Qui  n’en  vouldroient  plus  avoir 
Pour  ce  que  ilz  ont  pacïence. 

3385o  Pour  ce  dois  croire  sans  doutance 
Que  pacïence  seullement 
Fait  l'homme  vivre  richement 
Car  je  ne  puis  cellui  grever 
Qui  pacïence  voeult  hanter. 

33855  Car  souffisance  et  pacïence 

Sont  toutes  hors  de  ma  puissance, 

Ne  je  ne  Fortune  n’avons 
Pooir  que  en  riens  le  grevons.  » 

Dist  Regnart  :  <c  Assez  vous  en  croy, 
3386o  Mais  d’une  chose  monlt  vous  proy, 
Que  vous  le  conseil  me  donnez 
Comment  de  vous  soie  eslongiez. 
Vostre  compagnie  n'aim  point. 

—  Or  yentens  de  point  en  point  :  (Soft) 
33865  Sieu  Raison,  aies  pascïence 

Et  en  tout  temps  en  Dieu  fiance, 
Conffesse  toy  par  repentir  ; 

Adonc  ne  te  porray  tenir.  » 


2  3820  II  manque  un  vers  que  ne  peut  suppléer  A  —  32862  Soies. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


Regnart  nul  mot  ne  respondy, 

33870  Mais  de  lui  eslongier  tendy, 

Et  s’en  va  son  chemin  acoeult. 

De  mal  ellr  souvent  se  doeult, 

Et  dit  :  «  Povreté  me  dit  voir. 

Je  n’ay  mal  fors  par  non  sçavoir; 

33875  A  conffession  me  metray 

Pour  sçavoir  se  mal  eur  perdray.  » 

En  ung  pré  s’en  est  desvalé; 

Illec  s’est  forment  demalé. 

Sur  ung  mulon  s’en  est  monté; 
3388oIUec  a  ses  pechiez  compté. 

Sur  Herbe  si  s’est  sonmeillié; 

Au  matinet  s’est  esveillié. 

L’escoufle  prestre  Hubert  voit 
Qui  va  voilant  et  se  pourvoit; 

33885  Clerc  fu  et  bon  logicien, 

Avec  ce,  bon  praticien  ; 

Son  tour  et  sa  roe  a  emprise, 

Sur  le  mulon  a  fait  s'assise. 

Regnart  qui  ot  mainte  destresse 
33890 Contre  lui  maintenant  se  dresse 

Et  lui  dist  :  «  Corn  bien  enseignés, 
Monseigneur  Hubert,  bien  vegniés! 
Monlt  grant  mestier  de  vous  avoye, 

Car  conffesser  je  me  vouloye 
338q5  De  tous  mes  pechiez  bonnement. 

Atendu  vous  ay  longuement; 

Pecheres  ay  esté  long  temps  : 

Des  maulx  qu’ay  fais  je  m’en  repens.  (Soc) 
—  Regnart,  »  ce  dit  prestre  Hubers, 
33900  a  Par  le  temple  ou  Dieu  fut  offers, 

Clerc  et  prévoire  sont  tout  fol. 

Ja  Dieu  ne  plaise  que  je  vol 
De  cest  mulon  a  terre  sesche. 

Trop  peu  est  d’hommes  quine  pesche.  » 


33go5  Regnart  ot  grant  devocion 
Et  fust  en  grande  afliction. 

Prestre  Hubert  l’a  bien  veli, 

Et  pour  ce  a  grant  fain  eü 
Que  de  Dieu  aucune  riens  die 
33910  Par  quoy  puist  amender  sa  vye 
Et  de  bonne  heure  nez  seroit, 

Enfin  Paradis  en  avroit 
Se  Regnart  pooit  convertir 
Et  de  tous  maulx  faire  partir, 

33f)  1 5  Bonne  journée  aroit  huy  faite  ; 

A  tant  de  dire  bien  s’afFaitte  : 

«  Entens  a  moy,  »  dist-il, «  Regnart; 
Retiens  mon  dit,  et  lais  ton  art, 

Et  bien  le  voeulx  mettre  a  oeuvre; 
33q2oTu  as  huy  trouvé  bonne  troeuve.  » 
Adoncquez  son  sermon  commence. 
Regnart  l’escoute,  et  aultre  pense  : 

«  Quant  Dieu  fist  ce  monde  premier,  ( 80  d) 
11  ne  lui  estoit  nul  mestier, 

33925  Qu’autant  ot  devant  comme  aprez  ; 
Dieu  fu  devant  et  est  adez. 

11  ne  s’en  amenda  de  rien 
Qu’oncquez  ne  lui  failli  nul  bien. 
Pourvoir,  tout  tient  en  une  main  ; 
3393o  II  n’a  nulle  fois  soif  ne  fain, 

Temps,  ans,  ne  mois, ne  jouz,  neheure. 
Trestoudis  en  ung  point  demeure  ; 

A  lui  ne  tost  ne  tart  n’affiert. 

Tout  ce  qui  onequez  fu  ou  ert, 

33935  II  est  devant  ses  yeulx  adez  ; 

Aussi  de  long  comme  de  prez, 

Tout  ainsi  le  monde  vëoit 
Ains  qu’il  fust  fait  corne  orendroit. 

Se  nul  monde  n’eüst  fait  onequez, 

33940  Autretant  eüst  il  adoncquez 


^869  H*  en  i  ndique  :  Aui.tr  e  histoire  de  Regnart  —  33871  son  manque  —  33911  heure 
manque. 


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I  20 


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•  ‘  Vff  /;/; 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


Commeil  voult,et  non  plus,  ne  mieulx. 

Aultrement  ne  fust  il  pas  Dieux 

Se  tout  ne  veïst  et  scelist 

Quancquez  jamais  estre  peüst, 

33945  Car  ainsi  qu’il  fust  deflaillans 

De  nulle  riens,  le  Tout  Poissans, 

Et  aussi  fut  il  homs  mortelz  ; 

Mais  sa  nature  n’est  pas  telz 

Car  il  est  Dieu  entièrement, 

3395o  Sans  fin  et  sans  commencement  ; 

Tous  les  biens  sont  siens  pardroiture, 

A  lui  s’en  revont  par  nature, 

Car  de  lui  moeuvent  tout  et  viennent, 

Et  a  lui  leur  droit  chemin  tiennent. 

33955  II  n’a  onequez  de  nul  mal  cure, 

Car  sa  bonté  est  nette  et  pure, 

Et  trestous  maulx  lui  sont  contraire. 

Pour  ce  les  convient  en  sus  traire; 

Mal  convient  descendre  en  parfont 

33960  Et  le  bien  demourer  amont.  (A*/  a) 

Devant  Dieu  qui  est  cler  et  pur, 

Le  mal  qui  est  lait  et  obscur 

Et  tenebreux  sur  toute  rien, 

Descent  aval  et  laist  le  bien, 

33965  Ainsi  le  convient  par  nature, 

Ainsi  comme  on  voit  de  l'ordure 

Du  vin  lye  qu’est  ou  tonnel 

Que  le  lait  se  départ  du  bel, 

Si  qu’en  hault  demeure  li  bons 

33970  Et  la  lye  demeure  au  fons; 

Et  quant  le  bien  plus  s’esclarcist. 

Le  mal  et  tant  plus  s’obscursist. 

Cil  mal  est  en  enfer  toudis. 

Tant  que  Dieu  est  en  Paradis, 

3397?  Tous  bons  et  tous  biens  enlumine 

Sans  définir  et  sans  termine. 

Dieu  si  poeut  tout  faire  et  defTairc 

Sans  rien  muer  de  son  affaire 

Car  il  poeut  tout  quanques  il  voeult; 

33980  Nulle  riens  en  lui  ne  se  moeult. 

Estables  est  et  sans  mouvement. 

De  lui  sont  tous  biens  vraiement. 

De  ça  aval  ou  la  amont 

Et  ceulx  qui  en  Paradis  sont 

33985  Dont  le  meure  qui  la  demeure 

Si  a  plus  de  bien  en  une  heure, 

Joye,  honneur,  déduit  et  soûlas, 

Dont  il  ne  sera  jamais  las. 

Que  nullui  penser  ne  porroit 

33ooo  En  dix  mil  ans  se  tant  vivoit 
•  • 


Le  plus  subtil  qui  onequez  fust 
Et  pensast  le  mieulx  qu’il  peüst. 

De  celle  glore  est  Dieu  tout  sire, 
Comme  Dieu  qui  le  voulroit  dire, 
33995  Car  tout  fait  quancquez  fust  et  ert 

Et  tout  quaneques  a  lui  affiert.  (81  b ) 
Onequez  nul  bien  ne  lui  failli, 

Toudis  les  a  tout  devant  lui. 

Oncques  bien  fu,  ne  ja  n’yert  fais 
34000  Qui  ne  soit  devant  lui  pourtrais, 
Avant  que  le  monde  feïst. 

Or  entens  comment  il  le  fist. 

Je  suis  prestre,  si  doy  sçavoir 
De  ceste  matere  le  voir. 

34005  Dieu  fist  le  inonde  a  son  volloir 
Pour  ce  que  il  peüst  avoir 
Aucune  rien  qui  telle  fuist 
Que  ses  biens  desservir  peuïst, 

*  Se  il  ne  perissoit  en  Tu. 

34010  Et  pour  ce  le  monde  establi, 

Non  pour  ce  que  mieulx  lui  en  fust, 
Ne  que  nul  mestier  en  eüst, 

Mais  il  le  fist  par  charité 
Et  par  grant  débonnaireté 
34015  Qu’il  voult  le  sires  qu’autre  riens 
Partist  a  lui  et  a_ses  biens, 

"Et  que  toute  aultre  créature,. 
Chascune  selon  sa  nature, 

De  sa  poissance  se  sentist 
34020  Selon  ce  qu’il  appartenist, 

Pour  ce  voulans  nous  establir 
Que  tel  chose  en  peüst  issir, 

Qui  peüst  entendre  et  sçavoir 

La  noblesse  de  son  pooir, 

•*  •  * 

34025  De  la  pacïence  et  du  bien 

Qu’il  fist  pour  homme  crcstïen 
Et  que  se  il  le  voeult  servir 
Que  a  droit  peüst  desservir 
Les  biens  qu’il  avoit  fait  pour  lui. 
3qo3o  Si  devons  donc  amer  cellui 

Qui  nous  fist  en  bon  gré  sçavoir 
Quant  il  nous  donna  tel  pooir 
Et  se  nous  amer  le  voulions  (81  ci 
De  ses  biens  seigneurz  nous  serons 
3qo35  Et  se  perdiesmes  tous  ses  biens 
Ja  pour  ce  ne  l’en  seroit  riens. 

Dieu  forma  homme  a  sa  semblance 
Pour  ce  qu’il  eüst  ramembrance 
De  lui  et  que  ses  biens  eüst 
34040  Et  que  desservir  les  peüst 


33992  que  il  —  34006  qu’il. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


I  2  I 


Par  droit  comme  son  héritage. 
Pour  ce  qu’il  est  fait  a  s’ymage, 

Et  pour  ce  que  mieulx  nous  amast, 
Quant  il  sa  forme  regardast, 

34045  Dessus  toute  aultre  créature, 

Doit  Dieu  mieulx  amer  sa  faiture. 

Et  lui  donna  naturelment 
Le  plus  gentil  entendement 
De  lui  servir  et  honnorer 
34o5o  Que  toute  riens  qu’il  volt  créer, 

Pour  ce  qu’il  peüst  a  ses  biens 
Partir  plus  que  nul  autre  riens. 

Ne  fait  a  Dieu  point  de  bonté 
Ne  bien  fait  pour  avoir  son  gré, 
3405?  Car  son  bien  fait  plus  que  l’autrui, 
Car  tout  le  bien  en  vient  a  lui. 

Pour  ce,  fait  il  bon  Dieu  amer 
Et  monlt  se  doit  chétif  clamer 
Qui  par  sa  folie  dessert, 

340*10  Qui  ceste  haulte  joye  pert. 

Qui  qui  bien  fait  tant  a  honneur 
Que  les  angles  sont  leur  seigneur, 
Devant  le  grant  Roy  couronné, 

Lors  se  poeut  tenir  bien  curé, 

340(0  Bien  tost  poeut  homsgagnierou perdre 
Ou  quel  qu’il  voeult  se  poeut  aerdre. 
Dieu  donna  a  homme  pooir 
Que  il  fesist  a  son  voloir 
Bien  ou  mal,  lequel  qu’il  lui  plaist, 
34070  Car  s’il  eUst  homme  tel  fait  ( Si  d\ 
Que  de  son  pooir  ne  peüst 
Faire  mal  quant  il  lui  pleüst, 

Et  aussi  ou  voulsist  ou  non, 

Fesist  bien  ou  mal  sans  raison  ; 

34075  Car  ce  ne  fut  mie  par  lui 

Que  bien  fesist,  mais  pour  aultrui 
Qui  l’en  cüst  entalenté 
A  force  et  donné  voulenté  ; 

Et  cil  par  qui  il  le  fesist 
34080  Se  gueredon  en  desservist 
Non  pas  il,  car  petit  dessert 
Qui  par  force  l’autrui  ne  sert. 

Se  Dieu  a  les  anglez  telz  faitz 
Qu’ilz  ne  puissent  faire  mal  fais 
34085  Ne  pechié  nul,  ja  cy  hault  don 
Nedesservira  que  ly  hom, 

Mais  qui  vouldroit  bien  desservir, 

Il  doit  tresvolentiers  servir 
De  droit  désir  et  par  amour 
34090  Pour  acquerre  si  hault  honnour. 

34i3o  a  manque . 


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Si  vault  Dieu  que  homme  tel  fust 
Que  par  droit  desservir  peüst 
Autant  de  bien  en  son  endroit 
Com  il  meïsmes  de  son  droit, 

34095  Et  pour  ce  n’apetice  mie 

Ne  ses  biens  ne  sa  noble  vye. 

Et  lui  donna  nature  et  sens 
De  vëoir,  sentir  en  tous  sens, 

Et  pour  ung  bien  cent  en  avra, 

34100  Ainsi  du  mal  avoir  devra  : 

Pour  despisans  sera  compté 
Qui  ne  fera  nulle  bonté, 

Non  pas  bien  faire  par  doubtance, 
Car  je  sçay  par  ceste  sentence  : 

34105  Qui  pour  paour  d’enfer  attraire 
Se  garde  de  tous  pechiez  faire, 

Et  le  pechié  de  coeur  fesist  {82  a) 
S’il  scëut  que  Dieu  nel  veïst, 

Et  pour  pechié  voit  en  enfers, 

341 10  Je  le  tiens  trop  au  deable  serfz. 

Povre  est  qui  n’atient  de  pechier 
En  l’honneur  du  vray  justicier, 

Car  se  tout  le  mond  se  dampnoit 
Ja  pour  ce  Dieu  riens  n’y  perdroit 
3411  5  Ne  biens  qu'il  ait  en  poesté 
Se  tous  les  biens  qui  ont  esté 
Au  monde  et  qui  mis  y  seront 
Ne  eussent  nul  mal  au  mond 
Et  qu’ilz  perdus  fussent  trestuit 
34120  Pour  ce  Dieu  n’aroit  moins  déduit 
Ne  riens  du  sien  n’en  vaulroitpis 
Ne  bien  qui  soit  en  Paradis. 

Mais  les  sains  furent  preu  et  sage, 
Bien  sceurent  prendre  bon  usage 
34123  Et  apperchurent  monlt  tresbicn 
Que  cil  monde  ne  valoitrien. 

Si  poeut  on  vëoir  propprement 
Que  se  Dieu  meïsme  ne  ment, 

Et  vérité  fausseté  n’est, 

341 3o  Que  tous  a  cui  le  monde  plaist 

Et  qui  le  los  du  monde  acoeullent, 

Ne  poeut  estre  qu’ilz  ne  se  doeullent. 
Et  pour  ce  que  chascun  sceüst 
Et  la  science  en  lui  eüst 
34i35  Comment  il  se  doit  gouverner 
Et  quel  part  pouroit  retourner 
Pour  sçavoir  pourquoy  et  comment, 
Qui  fut  arrier,  qui  fut  avant, 

Pour  discuter,  pour  desclairier, 

34140  Pour  toudis  avoir  repairier, 


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122 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Pour  bien  vivre  et  pour  bien  finir, 
Pour  toudis  bon  sentier  tenir, 

Vault  Dieu  entre  sesgeneraulx 
Métré  sept  ars  especïaulx.  (82  b) 
34145  Piuseurs  ars  sont  ou  mond  cha  jus, 
Mais  ces  sept  si  sont  pardessus. 
Ceulx  qui  la  vérité  suiront, 

Par  ces  sept  ars  ilz  le  sçaront. 

Par  Dieu,  tu  le  scez  bien,  Regnart, 

341 5o  S’i  voulsisses  mettre  ton  art. 

Les  grans  clers  les  ont  bien  apris, 
Mais  ilz  sont  si  de  ton  art  pris 
Que  les  sept  ars  tout  sont  laissiés 
Et  au  tien  se  sont  abbaissiés. 

34i55  Avarice  ont  pris  et  luxure, 

Mais  de  ce  n’ont  les  sept  ars  cure. 
Jeremies  establi  grammaire 
Pour  nourrir,  ourdir  et  attraire, 

Et  puis  logique  pour  prouver 
34160  Le  voir,  et  le  faulx  demonstrer; 
Aprez  retoricque  trouvèrent 
Pour  droiture  que  monlt  amerent. 

Et  puis  arimestique  aprez 
Pour  estre  ez  chosez  plus  discrcz  ; 
34165  Puis  trouvèrent  géométrie 

Pour  mesurer  toute  maistrie, 

Et  puis  musicque,  la  science 
Qui  met  ez  choses  concordance  ; 
Derrière  n’oublia  Dieu  mie 
34170  La  tresnoble  astronomie; 

Pour  ceste  furent  esmeü 
Les  bons  preud’ommes  esleü. 

Oyez  des  sept  ars  la  maniéré 


34175  Combien  que  tu  bien  le  sçaroies, 

Se  ta  cure  bien  y  mettoies, 

La  premeraine  des  sept  ars 
Dont  il  n’est  point  sceü  le  quars, 

Au  temps  d’ore  si  est  Grammaire 
34180  Sans  qui  aultre  art  ne  vault  gaires, 
Qui  de  clergie  voeult  aprendre; 

Car  peu  se  poeut  sans  lui  entendre. (82c) 
Grammaire  si  est  fondement 
De  clergie  et  commencement  ; 

34185  Ce  est  la  porte  de  science 

Par  quoy  homs  vient  a  sapience; 
C'est  la  science,  c’est  l’escole 
Qui  aprent  a  former  parole, 

Soit  en  latin,  soit  en  rommant 


34190  Et  en  tous  langages  parlant. 

Qui  bien  sçaroit  toute  grammaire, 

•  Toute  parole  sçaroit  faire  ; 

Par  parole  fist  Dieu  le  monde 
Par  sa  parole  monlt  tresmonde. 

34195  Le  second  art  si  est  Logique 
Qu’on  apelle  dialeticque  ; 

C’est  cil  qui  preuve  voir  et  faux, 

Par  quoy  on  congnoist  bien  et  maux, 
Qui  bien  sçaroit  logicque  toute, 

34200  Bien  et  mal  prouveroit  sans  doubte. 
Par  bien  fu  créé  Paradis 
Et  par  mal  enfer  establis. 

La  tierce  Retoricque  a  nom, 

Qui  est  droiture  de  raison 
34205  Et  ordonnance  de  parole, 

Qu’el  ne  soit  tenue  pour  folle. 

De  ceste  sont  les  drois  atrais, 

Par  quoy  les  jugemens  sont  fais 
Et  forjuré  les  choses  males; 

34210  De  ceste  sont  les  Decretales 
Attraites  et  decrez  et  loix; 

Ceste  congnoit  et  tort  et  drois  ; 

Par  tort  faire  est  honneur  perdu, 

Et  droiture  nourrit  vertu. 

34215  La  quarte  est  Arismetique 

Qui  vient  aprez  la  Retoricque, 

Et  en  my  les  sept  ars  est  mise, 

Car  sans  lui  ne  poeut  estre  aprise 
Nulz  des  sept  ars  parfaitement  (82  d) 
34220  Ne  bien  scelit  entièrement, 

Devant  que  on  sache  ccst  art, 

Dont  les  aultres  y  prendent  part 
Ne  poeuent  estre  sans  my  ; 

Pour  ce  fut  elle  mise  en  my. 

34225  Les  sept  ars  tous  de  celle  tiennent 
Et  de  lui  les  aultres  tous  viennent. 

De  ces  aultres  ars  me  tairay; 
D’Astronomie  compteray. 

Enseigne  ceste  par  enquerre 
34230  Des  choses  du  ciel  et  de  terre 
Qui  par  nature  y  sont  faites, 

Ne  ja  si  loing  ne  seront  traittes. 

Qui  Astronomie  sçaroit  bien, 

Raison  sçaroit  sur  toute  rien, 

34235  Car  ceste  fu  premier  assise  : 

Science  est  de  tout  acquise 
Ou  decret  de  divinité, 

Par  quoy  toute  Crestïenté 


34198  max  —  34206  Quelle  —  34212  Cest  —  34215  Le 
manque  —  34229  Ceste  enseigne. 


quart  —  34218  est  aprise  —  34220  bien 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


123 


Est  convertie  a  droite  foy 
34240  Pour  Dieu  servir,  et  mettre  arroy 
Et  ciel  et  terre  et  estoille. 
Astronomie  est  une  voile 
Pour  tout  le  monde  gouverner, 

Que  riens  ne  poeut  sans  lui  durer. 
34245  C'est  Dieu  ly  astronomïens, 

Qui  a  en  lui  tous  bons  lyens; 

Ce  est  la  science  qui  soit 
Par  quoy  on  congnoit  plus  a  droit 
Comment  le  monde  est  compassés, 
34250  Et  d’aultres  biens  pluseurs  assés; 

Par  lui  seule  furent  trouvées 
Les  aultres  six  avant  nommées. 

Et  sans  elles  nul  ne  porroit 
Sçavoir  Astronomie  a  droit. 

34255  Les  six  ars  en  sont  instrumens 

Et  iceste  en  est  fondemens.  (83  n) 
Maint  hault  prince  ont  aprins  clergie 
Pour  apprendre  l’Astronomie  ; 

Ce  est  des  ars  le  principal, 

34260  Le  plus  noble  et  plus  liberal, 

Ne  nulz  homs  serfs  ne  doit  entendre 
Ne  nulz  ne  doit  laissier  apprendre. 
On  n’y  poeut  riens  muer  ne  mettre, 
Tant  s’en  scellt  on  entremettre, 

34265  Et  se  aucun  riens  y  muoit, 

Toute  la  deffigureroit. 

Nulz  Juïfz,  paiens,  Crestïens 
N’y  porroit  amender  de  riens. 

Qui  les  sept  ars  toute  sçaroit, 

34270  En  toutes  loix  creüs  seroit, 

Car  nul  nel  porroit  contrester 
De  chose  qu’il  voulsist  monstrer. 

Cil  est  fol  qui  cuide  sçavoir 
A  droit  nulle  chose  de  voir, 

34275  Qui  de  grant  clergie  ne  tiengne 
Pour  nulle  chose  qu’il  adviengne, 

Se  n’est  miracle  especïal 
De  par  Dieu  le  celestial. 

Se  il  n’est  des  sept  ars  ainchois, 
34280  Tous  ses  ditz  ne  vallent  ungpois. 

• 

Ad  ce  qu’il  peüst  riens  monstrer, 

Ne  faulx  ne  voir  a  droit  prouver  ; 

Ne  ja  nul  n’yere  si  paiens, 

Ne  clerc,  Juïfs  ne  Chestïens 
34285  Qui  peust  ung  tel  clerc  contredire 
De  chose  que  il  voulsist  dire; 

Toudis  et  en  toutes  saisons 


Tousjours  sont  voires  ses  raisons. 
Devant  Jhesucrist  fu  Virgille 
34290  Qui  ne  tint  pas  cel  art  a  guille, 

Ains  en  usa  toute  sa  vye, 

Tant  qu’il  fist  par  Astronomie 
Maintegrande  merveilleescripte  (83b) 
Que  on  t’a  par  cy  devant  ditte; 

34295  Cha  arriéré  les  as  lelles 
Et  cy  arriéré  sont  velies. 

Quant  il  morut,  se  fist  porter 
Hors  de  Rommc  pour  enterrer, 

En  ung  chatel  devers  Sezille, 

34300  Près  de  la  mer,  en  une  ville; 

Encor  y  sont  les  os  de  lui 

Qui  sont  mieulx  gardez  que  d’aultrui. 

Soubtil  fu  Virgille  et  sage 

De  loix  et  des  ars  et  d'uzage. 

343o3  11  fu  de  petitte  estature; 

Bochu  fu  ung  pou  par  nature 
Et  alloit  la  teste  baissant, 

Ung  peu  vers  terre  regardant. 

Pour  ce  t’ay  je  cecy  retrait 
34310  Que  voies  com  Dieu  a  tout  fait 

Pour  nous  le  monde  entièrement, 

Les  planettcs  et  ellement, 

Et  les  figures  et  les  signes. 

Si  devons  estre  sage  et  dignes 
343i5  Que  nous  le  puissons  si  servir 
Que  s’amour  puissons  desservir. 

Pour  ce,  Regnart,  sage  sera 
Qui  bien  tel  Seigneur  amera, 

Qui  tous  ces  biens  a  pour  nous  trais 
34320  Et  les  sept  ars  et  monde  fais. 

Si  com  je  t'ay  cy  devant  dit, 

Cellui  qui  ce  rommant  escript 
Et  qui  le  fist  sans  faire  faire 
Et  sans  en  prendre  aultre  exemplaire, 
34323  Tant  y  pensa  et  jour  et  nuit 
En  l’an  mil  .iijc.  vint  et  uit, 

En  avalant,  y  mist  sa  cure 
Et  continua  l’escripture. 

Plus  de.  xiij.  ans  y  mist  au  faire 
3433o  Ainçois  qu'il  le  peUst  parfaire.  (tfJc) 
Bienpoez  véoir  la  manière, 

Se  vous  entendez  la  matière 
Des  choses  qui  y  sont  nommées, 
Quant  elles  furent  achevées. 

34335  Ne  oneques  nul  cel  an  devant 
N’ot  nul  veü  pareil  rommant. 


34242  ung  v.  —  34256  Et  ceste  —  34260  et  le  plus  —  34266  Voy.  plus  haut,  t.  I,  p.  227-228,  §  3  et  v. 
29353-29644  —  34324  en  manque. 


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124 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Rommant  est,  en  rommant  est  fait 
Combien  que  du  latin  soit  trait. 

Trois  en  fist  cil,  cy  est  ly  tiers 
34340  Combien  qu’il  ne  luifu  mestiers. 

Ne  nessecité  n’en  avoit. 

Au  faire  grant  plaisir  prenoit 
Et  déduit  au  bien  reciter, 

Et  soûlas  le  faisoit  ditter. 

34345  Sa  melencolie  oublia 
Tant  com  en  ce  estudia. 

Clerc  nefu,  mais  il  l*ot  esté, 

Cil  qui  a  tout  ce  recité 
En  son  privé,  en  son  recept. 

3435o  L’an  mil  .iijc.  et  vint  et  set. 

De  parcellui  te  vocul  prier 
Que  point  ne  voeulles  detrïer. 

Point  demourer  ne  point  cesser 
De  toy  monlt  tresbien  conffesser. 
34355  Encor  suis  a  l’acord  qu’on  dve 
De  la  tresbonne  Astronomie 
Et  de  ses  six  bons  compagnons, 

Tant  que  paiés  nous  en  tenons, 

Car  qui  bien  penser  y  voulroit 
3436o  Jamais  en  Enfer  ne  venroit 

Qu’autant  vallent  au  derrenier 
Florins  d’or  comme  vieux  panier. 

Or  dydonc,  Regnart,  et  descoeuvre 
Ton  pechié  et  ta  maulvaise  oeuvre.  » 
34365  Lors  s'est  Regnart  agenoulliés, 

De  ses  pechics  s'est  despouillés, 

Et  commence  de  point  en  point  (#.?  d) 
Si  com  conscience  le  point  : 

«  Premier,  orgueilleux  av  esté  ; 

34370  En  tout  temps,  yver  et  esté  ; 

Sur  tous  pensoye  a  mieulx  valloir. 
Sens  et  beaulté  et  grand  sçavoir 
Et  aussi  trestout  despisoie; 

Honte  et  blasme  sur  tous  disoye; 
34375  Riens  au  coeur  ne  me  souffisoit, 

Mon  coeur  toute  riens  despisoit; 
Blamoye  d’aultrui  oeuvres  et  voycs. 
Looye,  auctorisoye  les  moyes. 

J’en  ay  au  cœur  grant  repentance, 
34380  Si  en  requiers  la  penitance. 

—  Amis,  qui  d’Orgoeul  voeultenquerre 
Dès  le  ciel  jusques  en  la  terre, 

Par  Orgueul  fu  brisié  jadis 
La  compagnie  de  Paradis 
34383  Et  de  fiai  te  par  Lucifer 

Qui  est  d'Orgoeul  plus  noir  que  fer. 

34421  veancc. 


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Par  Orgoeul  en  enfer  cheïrrent 
Anglez  et  ceulx  qui  les  sievirent. 
Aussi  brise,  ne  doubtez  mie, 

34390  Orgoeulleux  bonne  compagnie, 

Ne  de  ce  bien  ne  se  pourvoit, 

Car  orgueilleux  point  ne  se  voit. 
Orgoeul  est  une  maladie 
Male  et  pesant,  quoy  que  nul  dye, 
34395  Car  cil  qui  l'a,  il  est  avugles, 

Ne  ne  scet  ne  que  fait  ung  bugles, 

Et  si  ne  scet  que  il  lui  fault; 
Briefment  en  lui  sont  tout  deffault. 
Nul  chétif  ne  le  poeut  garir, 

34400  Pour  ce  que  bien  n’en  poeut  venir. 
C’est  l’aisné  filz  au  deable  voir, 

Que  trestons  Infer  voeult  avoir. 
Orgoeul  guerroyé  Dieu  et  ses  biens 
Pour  ce  qu’il  neluisouffistrien,  {84  a) 
34405  C’est  le  lyon  qui  tout  deveure, 

Qui  ne  repose  nisune  heure. 

Orgoeul  destruit  trestoutes  grâces 
Et  efface  les  bonnes  traces  ; 

Orgoeul  trestout  bien  chasse  hors, 
34410  Quancques  sont  en  coeur  et  en  corpz  ; 
Orgoeul  si  envoyé  en  enfer 
Tout  ce  que  deult  a  Dieu  aller  : 
Primes  desloiaulté  en  naist. 
Qu’Orgoeul  par  son  malice  paist. 
34415  Avecques  ce  Despit  en  vient 

Qui  toudis  lez  Orgoeul  se  tient; 
Oultrecuidance  et  Presumpcion 
Font  avec  lui  leur  mencion  ; 

Aprez  Ambicion  le  suit 
34420  Qui  souvent  cœur  et  corpz  lui  cuit, 
C'est  a  dire  foie  beance, 

Ce  qu'il  a  ne  lui  a  seance, 

Et  aprez  il  suit  Vaine  Glore 
Qui  lui  oste  toute  memore, 

34425  Ypocrisie  toudis  le  tient, 

En  trestousles  lieux  ou  il  vient; 

De  Male  Paour  hors  n'est  ja, 

Nuit  ne  jour  point  ne  cessera. 

Aprez  est  plain  de  Vilenie 
34430  Qui  le  tient  vers  Forsennerie 
Et  Renoirie,  certains  soies, 

Pour  ce  qu’il  est  tout  desvoiés. 

Aprez  y  est  Ingratitude 
Qui  tient  bien  son  lieu  en  estude. 
34433  Ce  est  de  Dieu  pure  oubliance, 

De  ses  dons  et  de  sa  science  : 


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SEPTIÈME  BRANCHE  I2D 


Dieu  mile  fois  est  graciés 
De  TOrgueilleux  dont  cy  oyez; 

Ja  des  biens  nel  graciera, 

34440  Mais  toudis  le  guerroiera; 

Toudis  rend  a  Dieu  mal  pour  bien  ( 84 b) 
Et  le  guerroyé  adezdu  sien. 

Avec  est  desobeïssans, 

Orgoeulleux  n’est  ja  congnoissans  : 
34445  Tout  est  plain  de  sorcelleries 
Et  de  grandes  forseneries  ; 

Orgoeul  est  de  bougrie  plains; 

Ung  jour  croit  plus,  et  l’autre  moins. 
Orgoeul  ne  se  voeult  adviser 
34450  De  ses  pechiés  pour  despisier  ; 
Orgoeul  de  pechié  qu’il  ait  fait, 

Ne  pense  point  avoir  mal  mefTait; 
Orgoeul  est  de  bien  prendre  lerres; 
Avecques  ce  il  est  vanterres  : 

34455  «  Je  suis,  je  sçay,  j’ay  fait,  j’ai  dit.  » 
Tous  aultres  ont  meffait,  mesdit  ; 

Bon  pain  et  bon  vin  lui  anuye, 

Beau  temps,  nesge,  gellée  ou  pluye 
Et  mont  et  val  et  terre  plaine 
34460  Et  la  mer  salée  et  saine. 

Il  va  toute  char  despisant 
Et  tout  poisson  lui  est  cuisant. 

Il  chevauceet  ores  charroye  : 

Il  ne  poeult  trouver  bonne  vovc 
34465  Ou  la  praierie  ou  le  bois; 

Il  ne  poeut  estre  en  nul  bon  mois. 
Robe  a  son  gré  ne  poeut  avoir; 

Or  voeult  du  blanc,  or  voeult  du  noir; 
Or  voeult  houche,  or  voeult  mantel. 
34470  Uc  ne  lui  est  ne  bon  ne  bel  ; 

Une  heure  voeult  chausses  visaines 
Et  aultrefois  les  voeult  bigaines; 

Or  voeultsoulliersa  becq  de  gay, 
Aultres  a  las,  aultres  en  sçay. 

3-44/5 Tous  maistres  ne  scevent  novent 

• 

Et  sont  tous  fol z  et  inscïent  ; 

Nul  prestre  ne  lui  poeult  souffire 
Qu’a  gré  lui  puisse  messe  dire  :  [84  c) 
Cilz  est  trop  long,cilz  est  hatifz, 

34480  Cil  chante  mal  et  cellui  pis. 

Tant  a  le  coeur  plain  de  despit 
Qu’il  ne  scet  qu’il  fait  ne  qu’il  dit. 

Or  se  voeult  servir,  or  ne  daigne  ; 

Or  ne  scet  quel  chemin  il  tiengne. 
34485  Orgoeul  n’a  feste  ne  dimence 
De  folie  mener  n’abstinence  ; 

34441  moins  —  34465  prairie. 


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Orgoeul  tant  comme  en  l’homme  dure, 
Toute  sa  fourme  deffigure, 

Car  regarder  a  droit  ne  daigne  ; 

34490  Ses  yeulx,sa  face  tourne  et  maine 
Trop  humble,  trop  foie,  trop  fière. 

D’aler  fait  diverse  maniéré. 

Il  voeult  contrefaire  nature; 

De  ce  que  Dieu  a  fait  n'a  cure, 

34495  II  lui  semble  mieulx  le  fera. 

Ja  jour  a  repos  ne  sera. 

Tous  compagnons  voeult  maistrïer, 
Tous  diffamer  et  lui  prisier. 

Orgoeul  ne  crient  pere  ne  mere; 

34500  Tout  proprement  je  le  compere 
Au  deable  qui  nous  va  chassant. 

Pour  ce,  amis,  je  te  command, 

Cure  n’ayes  desonarroy. 

Pour  Dieu,  amis,  advise  toy 
3q5o5  D’Orgoeul  qui  est  plain  d’arrogance 
Que  nous  appelions  sourcuidance, 

De  faulx  despens  faire  et  de  vivre 
Ja  ne  voult  jour  Raison  ensuire. 
Arrogance,  c’est  foie  emprise 
345to  Qui  nulle  fois  raison  ne  prise. 

Orgoeul  en  tout  temps  prise  s’oeuvre 
Et  voeult  qu'il  soit  creü  sans  preuve. 
Pluseurs  fois  ment  et  peu  dit  voir  ; 
Nulle  fois  ne  fait  son  volloir. 

345 1 5  Orgoeul  des  biens  se  gabe  adès,  ( 84  d) 

De  ceulx  qui  aiment  bien  et  pès, 

Etcuide  bien  le  plus  sçavoir 
Et  sur  tous  aultres  mieulx  valoir, 

Et  voeult  que  soit  auctorisié 
3q520  Et  en  fais  et  en  dis  prisié. 

Encores,  se  bien  cler  véons. 

Tout  est  plains  de  rebellions. 

C’est  qu'il  het  ceulx  qui  bien  lui  voeullent 
Et  qui  16  bien  monstrer  lui  seullent. 
3q525  S’Orgoeul  sçavoit  bien  tous  les  trais 
Que  c’est  cil  mond,  pour  quoy  tu  fais, 
Quelz  noblesses  il  a  amont, 

En  quel  noblesse  les  bons  sont, 

Les  Orgueilleux  Orgoeul  lairoient, 
3453o  Et  grant  humilité  prendroient. 

Si  t'en  diray  une  partie 
Si  com  on  dit  Astronomie. 

Or  Pentenspour  Orgoeul  guerpir 
Et  pour  faire  a  Dieu  plaizir. 

34533  S'orras  comment  Dieu  fist  le  monde, 
Comme  une  pomme  toute  ronde. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


I2Ô 


Le  ciel  rëor.t  de  toutes  pars 
Qui  sur  tout  le  monde  est  espars, 
Entièrement  sans  point  de  faille, 

34540  Trestout  ainsi  comme  l’escaille 

De  l’oeuf  qu’entour  l’aubun  se  tourne, 
Tout  ainsi  le  ciel  avironne 
Ung  air  qui  est  sur  cestui  air, 

Qui  en  latin  a  nom  ether, 

34545  C’est  a  dire  pur  est  et  nets, 

Car  de  pure  purté  fu  fais  ; 

Cil  air  s'esjouyst  nuit  et  jour 
Du  perpétuel  resplendour 
Et  est  si  cler  et  si  luisans 
3455o  Se  ungz  homs  y  estoit  manans 
11  verroit  la  et  ung  et  aultre, 

Quancques  a  d’un  ciel  jusqu’à  l’autre(S5a) 
Aussi  legierement  et  plus 
Comme  on  pooit  vëoir  cha  jus 
34555  Devant  ses  yeulx  ung  seul  piet  loingz, 

Au  moins  si  en  avoit  bezoing; 

De  cellui  air  tous  les  corps  prendent;  • 
Les  angles  les  aelles  enpennent 
Quant  ça  jus  ilz  viennent  tramis 
34?6o  A  aucun  qui  est  Dieu  amis, 

Quant  il  leur  voeult  riens  révéler; 

Par  cellui  air  ilz  sont  si  cler 
Que  les  yeulx  de  l’homme  pccheur 
Ne  poeuent  soufrir  sa  splendeur 
3q565  Ne  regarder  en  tel  clarté 

Com  ceulx  qui  sont  plains  d’oscurté. 

Si  en  est  souvent  advenu, 

Quant  l'angle  si  estoit  venu 
A  aucun  homme  en  aucun  lieu 
34570  Pour  nonchier  la  volenté  Dieu, 

Qu’ainsi  comme  endormy  chëoit 

Quant  la  parole  Dieu  ooit 

Par  l’angle  ainsi  corne  en  songant, 

Et  estoit  tout  mus  jusqu’à  tant 
34575  Que  ly  angle  s’en  repairoit  ; 

Lors  le  preudoms  se  resveilloit, 

Et  si  se  ramenbroit  du  dit, 

Que  ly  angle  lui  avoit  dit. 

Ainsi  dis  je  certainement 
34580  Qu’on  ne  porroit  corporelment 
Soustenir  en  nulle  maniéré 
De  celle  clarté  la  lumière. 

Qui  est  prez  du  saint  cel  lassus 
Dont  nous  sommes  cy  mis  en  jus, 

3q585  Nulle  riens  ne  durroit  pesant; 


Ne  nul  oiseau,  tant  fust  voilant, 

Ne  se  porroit  la  soustenir, 

Qu’aval  ne  lui  convint  venir, 

Ne  plus  n’y  porroit  avoir  vivre  (85  b) 
34590  Ne  que  ung  poisson  porroit  vivre 
En  ung  feu  ardant  maintenir 
Qu’il  ne  le  convenist  morir. 

Bien  les  endureront  les  âmes 
Qui  aront  vescu  sans  diffames, 

34595  Sans  Orgoeul  et  sans  Vanité, 

En  amour  et  en  charité  ; 

Les  bonnes  âmes  y  durront 
Qui  de  coeur  servi  Dieu  aront 
Et  y  durront  en  délitant 
34600  Et  vivront  eulx  esjoVssant. 

Et  comment  donc  porroies  tu, 

Qui  d’Orgoeul  ez  si  revestu 
Et  tant  poeusde  pechié  peser, 

De  cellui  tresbon  air  user? 

34605  Ly  usurier  et  courretier 

Qui  tant  avez  or  l’autrui  chier, 

Chaitifs  advocatz  que  feront? 

Ja  de  cel  air  ne  gousteront, 

Car  pour  vray  qui  n’en  goustera 
34610  Ja  en  Paradis  ne  sera 

Car  cellui  air  dont  dit  avon, 

Qui  air  esprituel  a  nom, 

Dontanglez  prendent  leur  atour, 
Avironne  trestout  entour 
3q6i5  Les  quatre  ellemens  que  Dieu  fist, 
Qui  ung,  par  dedens  l’autre  mist, 

Le  feu  et  l’air,  l’eaue  et  la  terre, 

Dont  l’un  dedens  l'autre  s’enserre 
Et  l’un  et  l’autre  ainsi  soustient, 

34620  Que  la  terre  ou  millieu  se  tient. 

Le  feu  qui  est  premièrement, 

11  clôt  cel  air  entièrement, 

Et  cil  air  enclôt  l'eaue  aprez 
Car  de  la  terre  se  tient  prez, 

34625  Trestout  ainsi  comme  dans  l’oeuf 

Que  l’aubun  enclôt  le  moieuf  (85  c) 
Etempuy  le  moieuf  s'abaisse, 

Une  goûte  ainsi  que  de  grece, 

Qui  ainsi  com  point  ne  se  tient, 
34630  Et  le  tour  de  l’oeuf  qui  le  tient, 

Qui  n'y  tousche  de  nulle  part; 
Ainsiques  par  ung  tel  esgart 
La  terre  en  my  le  ciel  assise 
Est  si  egalment  soubz  eulx  mise 


34641  que  tour  —  34546  pureté  —  34564  poeut  s.  sa  rcsplcndeur  —  34606  Ly  manque —  34617  feu 
aireauc  et  —  34626  en  locuf. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


I27 


34635  Que  aussi  est  longue  com  bas, 

Ainsi  com  le  point  d’un  compas 
Qui  tout  en  my  le  cercle  est  mis, 
C’est  a  dire  plus  bas  assis  ; 

Car  toute  fourme  de  compas 
34640  Est  le  point  en  my  le  plus  bas. 

Ainsi  sont  les  quatre  ellement, 

Et  l’ung  et  l’autre  entièrement; 

Et  la  terre  y  est  tout  en  my 
Qu’autant  a  de  ciel  dessoubz  ly 
34645  Comme  il  en  y  a  par  dessus, 

Qui  bien  en  voeult  enquerre  Tus, 
Autant  d'un  costé  tout  a  point, 

Se  tu  scés  bien  véoir  le  point; 

Et  seroit  il  bon  de  enquerre 
34650  Quel  lieu  il  a  dedens  la  terre 
Cartrestout  est  bon  a  sçavoir; 

Et  pour  se  poeut  on  joye  avoir, 

Et  lui  de  tous  pechiés  retrairc 
Pour  faire  qu’a  Dieu  doye  plaire. 
34655  Et  se  tresbien  ad  ce  pensoies, 

Jamais  d’Orgoeul  cures  n’aroies. 
Tout  ce  poeut  bonne  amour  vëoir, 
Par  tout  poeut  aller  et  sëoir, 

•  Et  cil  qui  bien  de  Dieu  sera, 

34660  Par  tous  lieux  ou  voulra  ira. 

Je  te  dis  qu’en  terre  est  enfers, 

La  ou  seront  les  chétifs  serfs; 

Cil  enfer  ne  porroit  plus  estre  (85  d ) 
En  lieu  ou  il  eust  point  noble  estre, 
34665  Le  ciel  si  est  et  beaulx  et  purs, 

Et  cil  est  pesant  et  obscurs; 

Plus  est  pesant  que  nulle  rien, 

Par  quoy  on  poeut  entendre  bien 
Que  ou  plus  bas  a  fait  son  estre, 
34670 Car  en  hault  ne  porroit  pas  estre. 

Je  ne  dy  pas  qu’enfer  ne  soit 
Ailleurs  en  quelque  lieu  ce  soit, 

Car  des  secretz  Dieu  je  me  tais; 
Riens  n’en  sçay,  pour  ce  paix  en  fais, 
34675  Car  aprez  la  mort  partout  a 
Paine  et  mal  qui  desservi  l’a. 

Dieu  a  en  lui  pluseurs  prisons, 
Pluseurs  diverses  mansions  ; 

Il  les  envoie  ou  il  lui  plaist, 

34680  Car  toute  poissance  en  lui  est  ; 

Se  il  estoit  sur  le  ciel  mis, 

Si  aroit  il  et  mal  et  pis. 

La  ou  Dieu  plaist  chascun  envoyé 


Pour  avoir  bien  ou  mal  ou  joye, 
34685  Si  com  aucun,  quant  morir  doit, 

Se  en  beau  lieu  on  le  menoit 
Ou  il  eüst  joye  et  soûlas, 

Tant  plus  seroit  tristres  et  mats, 
Quant  il  verroit  que  solacier 
34690  Ne  lui  porroit  néant  aidier. 

Or  oy  bien,  et  si  ne  te  griet 
D'enfler,  qui  tout  ou  millieu  siet 
De  la  terre,  et  de  la  nature 
Qu'il  ait  et  quel  paine  il  endure, 
34695  Car  ceulx  qui  sont  en  enfler  mis, 

Ilz  ne  sont  point  a  Dieu  amis. 

Bien  as  oy  trestout  comment 
Se  tiennent  les  quatre  ellement, 

Ly  ung  en  l’autre  par  nature, 

34700  Si  qu'en  my  est  la  terre  dure  (86  a) 
Qu’en  my  le  firmament  se  serre. 

Tout  ainsi  a  dedens  la  terre 
Ung  lieu  ou  abisme  a  a  nom 
Ou  terre  de  perdicion, 

34705  Et  tant  te  dis  que  cellui  lieu 

Est  plain  et  de  souffre  et  de  feu, 
Hideux  et  puant,  plain  d’ordure 
Et  de  toute  male  adventure, 

Large  dessoubz,  estroit  desseure. 

347 10  Tous  ceulx  qui  entrés  sont  en  l’eure 
Tout  partout  sont,  et  tout  confont 
Le  souffre  qu'adès  art  et  font 
Et  toudis  brûle  et  toudis  art; 

Tout  ce  qui  a  dedens  se  part  ; 

34713  Car  cil  lieu  est  de  tel  nature 

Que  plus  art,  plus  longuement  dure; 
Cil  lieu  a  tous  maulx  a  sa  part. 

La  tent  la  mort  son  estandart 
Et  de  par  tout  le  monde  envoyé 
34720  Qui  qui  en  ait  ou  doeul  ou  joye  ; 

C’est  la  tirelire  aulx  pechiés, 

La  met  on  tous  les  maulx  cachiez; 
Ce  est  la  garde  robe  au  deable. 

Feu,  fourdre  toudis  pardurable 
34723  La  viennent  trestous  a  mais  port  ; 

Cil  lieu  a  nom  terre  de  mort 
Car  les  âmes  certainement 
Y  moeurent  pardurablement; 

Toudis  y  moeurent  en  vivant, 

34730  Et  toudis  vivent  en  morant. 

Mort  est  leur  vye,  et  leur  viande; 
Mort  les  tient  et  si  les  demande; 


34642  Et  manque  —  34643  y  manque  —  34644  lui  —  34679  il  manque  —  34693  et  la  —  34706  pl.  de 
s.  —  34713  Et  manque  —  34719  de  manque. 


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128 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Mort  est  leur  lieu;  mort  est  leur  place; 
Mort  est  leur  corpz  ;  mort  est  leur  face  ; 
34735  En  morant,  ne  finissent  mye; 

Toudis  comperent  leur  folye, 

Car  ame  ne  poeut  ja  morir  ( 86  b) 

Ne  a  fin  ne  poeuent  venir. 

Car  trestous  sont  ceulx  oublié 
34740  Qui  en  cellui  bien  sont  lié  ; 

Vraicment  oubliés  sont  cil 
Qui  layens  sont  mis  en  exil  ; 

Oblivion  a  nom  ly  lieux 
Qui  tant  est  mal  et  doloureux; 

34745  Car,  se  l’Escripture  ne  ment, 

Aprez  le  jour  du  Jugement 
Tous  seront  oubliés  acertes  ; 

Ja  les  portes  révèrent  ouvertes; 

La  seront  tant  que  Dieu  est  Dieux; 
34750  Leur  estât  sera  toudis  tieulx, 

Ce  est  la  cave  tenebreuse, 

Plaine  d’ordure,  monlt  hideuse. 

Si  te  poeut  bien  atant  souflire 
Tant  qu'a  ceste  matere  dire. 

34755  Dy  aprez,  Regnart,  dy  aprez, 

Tant  que  tu  soies  bien  confiez 
De  cest  ort  pechié;  toudis  pense, 

Fui  Orgoeul  et  aime  innocence. 

—  Sire,  »  dist  Regnart,  «  volentiers. 
34760  J’ai  esté  tous  mes  ans  entiers 

Haineulx  et  trestout  plain  d'Envic. 

Cil  pechié  m’a  tenu  ma  vye  ; 

Pour  ce  a  confiession  suis  cy, 

De  ce  pechié  erve  mercy. 

34765  —  Amis,  certes  s’as  eü  tort 
Car  par  Envie  es  a  la  mort 
Et  par  Envie  au  deable  vint 
La  mort  dont  enfer  lui  provint. 

Brief  qui  bien  Envie  conpere, 

34770  Envie  du  deable  fait  son  pere, 

Envie  ne  poeut  nul  bien  vëoir, 

Bien  d’aultrui  ne  lui  poeut  seoir,  (S6c) 
D’Envie  est  la  sanblance  faitte 
A  eaux  soiris  et  a  chuette, 

34775  Car  clarté  ne  leur  poeut  seoir, 

Ne  soleil  ne  poeuent  vëoir. 

Trestous  malvais  jugemens  prent, 
Aussi  de  la  boucc  les  rend. 

Se  mal  sur  qui  que  soit  habunde, 
34780  C'est  la  joye  qu'il  a  au  monde. 

Se  aucun  chiet  en  maladie, 


Ou  en  pire  estât  de  sa  vye, 

N'est  nulle  riens  qui  tant  lui  plaize 
Ne  de  quoy  il  soit  aussi  aize. 

34785  Quant  aucun  monte  en  bonheür, 

Ou  de  sa  vie  est  asseür, 

N’est  riens  qui  tant  lui  puist  desplaire 
Et  tant  qu’il  ne  s'en  porra  taire; 

Sur  lui  dira  une  controeuve 
3479c  Que  sans  cause  telz  biens  ne  troeuve. 
David  ou  Psaultier  nous  en  touche. 

Et  dit  :  «  De  l’Envieux  la  bouche, 

Est  pleine  de  maleïchon, 

D'amer  et  de  pugnicion.  » 

34795  Envie  toudis  voeult  déduire 

Et  tous  biens  et  honneur  destruire. 
Au  bazilique  est  comparés; 

Enqucrez  le,  et  pour  voir  sçarès 
Que  verdure  souffrir  ne  poeut; 

34800  Avecques  tout  ce  il  ne  voeult 

Herbe,  arbre,  buisson  ne  déduit  ; 

En  tous  vilz  lieux  est  son  délit. 

Cil  pechié  vient  de  tel  sçavoir, 
Qu'Envie  poeut  repentance  avoir 
34803  Ne  envers  Dieu  nulle  mérité. 
Contraire  au  Saint  Esperite 
Qui  est  de  trestous  biens  fontaine 
Et  voeul  que  chascun  de  moy  tiengne. 
Il  est  escript  en  l’Ewangille  {#<>  d) 
34810  Ou  il  n'a  ne  barat  ne  guille: 

Qui  contre  Saint  Esperit  pesche, 
Destourmens  d'enfer  il  s’empesche. 
Les  malvais  Juifs  guerrioient 
Dieu  pour  le  bien  qu’en  lui  vëoient  ; 
34813  Aussi  li  Envieux  guerroyé 

Tout  homme  qui  va  bonne  voye  ; 
Deable  guerroie  seullement 
Tout  homme  qui  vit  bonnement. 
S’Envicux  ot  d'aucun  bien  dire 
34X20  Tout  se  confont  de  doeul  et  d’ire 
Ne  poeut  ne  boire  ne  mengier. 

Envie  poeut  nul  bien  compagnier 
N'esbatement  ne  poeut  vëoir, 

Ne  beaulx  jeux  ne  lui  poeut  sëoir 
34825  Pour  ce  qu’il  proffitc  a  pluseurs. 

Lvcux  obscurs  quiert  et  obscureux, 
Quant  ilz  voit  aucuns  beaulx  delitz, 
Belles  terres  ou  beaulx  courtilz, 
Tantost  dist  que  cil  l'a  gaignié 
3qS3o  Par  traïson  et  espargnié, 


34764  cryc  a  Dieu  mcrcy  —  34763  On  Ht  en  rubrique  :  Le  prestre  Hunbert  —  34775  Car  la  — 
34782  de  vye  — 34791  Ps.  x,  7  —  34804  et  34822  Envis. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


Emblé,  ou  trouvé,  ou  tollu, 

Ou  par  quelque  malfait  venu. 

Parce  malade  demourra, 

A  peu  que  la  mort  ne  prendra; 

34835  Quant  plus  sera  en  maladie, 

Tant  plus  l’engressera  Envie; 

De  nul  bien  ne  sera  joyant 
Et  trestout  mal  va  désirant, 

Et  dira  toudis  :  a  Je  ay droit! 

34840  Dont  vient  ce  bien  cy  orendroit; 
Naguerez  n’avoit  pain  ne  blé  ; 

Par  les  saints  Dieu,  il  a  enblé! 

N’en  sçaroie  dire  que  voir.  # 

Oroy,  Regnart,  comme  a  coeur  noir! 
34845  II  n’a  en  Dieu  point  de  creance, 

Car  se  en  Dieu  eüst  fiance,  (87  a) 
Il  desist  :  «  Dieu  poeut  en  une  heure 
Mettre  homme  du  bien  au  desseure  ; 
En  une  heure  riche  le  fait 
34850  Et  en  une  heure  le  deffait; 

De  lui  a  icelle  poissance.  » 

Envieux  en  lui  n’a  creance, 

Car  ungz  homs  ne  se  monte  mie 
Sans  lui  en  nulle  honneste  vye. 

34855  Dieu  monte  bien  et  mal  abaisse; 
Doncquez  male  langue  se  taise, 

Car  qui  du  bien  est  Envieux, 
Encontre  Dieu  est  curieux. 

O  Regnart,  s’Envieux  sçavoient 
34860  Et  du  congnoistre  sens  avoient 

Quel  amour  en  Dieu  poeut  trouver, 
Comment  Dieu  poeut  gueredonner 
Qui  entent  a  lui  bien  servir 
Et  a  sa  grâce  desservir, 

348G5  Car  se  ung  Envieux  avoit 

Quancquez  sur  terre  sent  et  voit, 
Certes  ne  lui  souffiroit  mie 
Qu’il  n'eüst  dessus  Dieu  Envye. 

Donc  est  cil  fol  qui  Envie  a 
34870  D’aucuns  biens  que  Dieu  me  doura. 
Fol  est  qui  Envie  va  sieuant, 

Car  ses  fais  sont  tout  corrompant, 

Et  se  tu  es  bien  congnoissans, 

Tu  diras  :  «  Dieu  est  tous  poissans!  » 
34873  De  lui  amer  ne  faulras  mie, 

Et  lairas  le  pechié  d’Envie 
Qui  forment  fait  a  desprisier. 

Et  pour  ce  t’en  voeul  deviser 
Que  voies  et  congnoisses  bien 
34880  Que  Dieu  est  trestout  plain  de  bien, 


I  29 

Et  que  bien  doit  avoir  ennuy 
Qui  met  le  sien  coeur  fors  que  lui. 
Encor  diray  d’astronomie,  (87  b) 
Par  quoy  tu  n'aras  plus  d’Envve. 

34885  Le  pur  air  est  dessoubz  le  feu 
Qui  jusquez  au  ciel  prent  son  lieu. 

En  cel  air  n’a  point  d'obscurté, 

Car  fait  est  de  pure  purté 
Qui  est  si  fin,  au  vray  parler, 

34890  Que  riens  ne  s’i  poeut  comparer, 

En  cel  air  sept  planettes  sont 
Qu’entour  la  terre  leur  cours  ont, 

Qui  monlt  sont  et  cleres  et  nettes, 
Qu’on  appelle  les  sept  planettes, 

34895  Dont  l’une  sur  l’autre  est  assise 
Et  ordonnée  en  telle  guise 
Qu’il  aplusloingz  entre  chascune 
Que  de  terre  jusqu’à  la  lune, 

Ou  il  a  pour  voir  .xij.  tants 
34900  Que  toute  la  terre  n’est  grans; 

Et  coeurt  chascune  par  miracle 
Ou  firmament  et  fait  son  cercle, 

L’une  grant,  et  l’autre  petit, 

Selon  ce  qu’elle  plus  bas  sist; 

34905  Car  tant  com  plus  bas  fait  son  tours, 
De  tant  est  le  cercle  plus  cours; 

Et  plus  tost  a  son  cours  parfait 
Que  celle  qui  plus  loing  se  trait. 

Et  entendre  poeus  par  ce  point 
34910  Qui  en  ung  mur  feroit  unt  point 
Et  puis  ung  cercle  tout  autour, 

D’un  compas  ou  d’un  aultre  tour, 
L’ung  plus  large,  l’autre  adès, 

Cil  qui  du  point  seroit  plus  près 
34915  Seroit  des  aultres  le  plus  cours 
Et  plus  petit  seroit  son  cours, 

Car  plus  tost  ung  tour  fait  aroit 
Qu’entour  le  plus  petit  n’yroit 
Q’ung  aultre  entour  le  plus  grant, 
34920  Mais  qu’ilz  allaissent  egalement.  (87  c ) 
Et  des  sept  que  tu  as  ouy 
Poeus  entendre  ce  que  je  dy 
Que  l’une  sur  l’autre  sc  baisse. 

Des  sept  la  Lune  est  la  plus  basse, 
34925  Et  l'une  moins  grande  des  sept. 

Mais  pour  ce  qu’elle  plusprez  est 
De  la  terre,  est  elle  plus  grans 
Plus  q’une  des  aultres  parans; 

Et  pour  rapprochement  qu’elle  a 
34930  A  la  terre  dont  si  prez  va, 


34926  que  elle. 
Tome  II. 


9 


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i3o 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Pour  la  terre  qui  est  obscure, 

N’a  elle  point  de  clarté  pure 
Qui  de  lui  viengne  propptement, 

Mais  la  clarté  qu’elle  nous  rent 
34935  Prent  elle  du  soleil  pour  voir 
Trestout  ainsi  que  le  mirouer, 

Quant  le  ray  du  soleil  s’i  fiert 
Et  puis  a  la  paroit  reffiert 
Celle  flambeur  en  tel  maniéré 
34940  Dont  a  la  lune  sa  lumière  ; 

La  paroit  clere  vous  appert, 

Quant  le  ray  du  miroer  s’i  fiert; 

En  la  paroit  clarté  redondc 
Pour  cellui  miroer  qui  lui  donne 
34945  Combien  qu’en  lui  il  n’en  ait  point; 
Prenés  la  Lune  en  autel  point, 

Que  point  n’ait  de  clarté  sans  faille 
Que  ce  que  le  Soleil  lui  baille. 

En  la  Lune  a  ung  corps  polly 
34950  Si  comme  ung  pommeau  bien  bruny 
Qui  reflamboye  et  clarté  rent 
Quant  le  ray  du  Soleil  le  prent; 

Des  nuësches  que  on  y  voit 
Dirent  aucuns  que  ce  estoit 
34955  La  terre  qui  appert  dedens, 

Et  l’autre  dist  ung  buisson  blans, 
Ainsi  comme  en  ung  mirour  (87 d) 
Qui  rechoit  chascune  coullour 
Quant  elle  est  devers  lui  tournée. 
34960  Aultres  orent  aultre  pensée 
Et  dirent  ce  fu  advenu 
Dès  que  Adam  fu  deceü, 

Que  la  Lune  fu  entachie 
Et  sa  clarté  amenuisie. 

34965  Et  des  sept  estoilles  qui  sont 

Ou  firmament  qui  leur  cours  ont, 
Dont  je  t’ay  cy  parlé  devant, 

N’en  congnoist  on  tant  seulement 
De  tous  ces  sept  que  deux  de  aulx 
34970  Ce  est  la  Lune  et  le  Solaux, 

Mais  les  aultres  ne  congnoist  mie 
Cil  qui  ne  scet  astronomie, 

Et  non  pour  quant  j’en  nommeray, 
Puis  que  tant  cy  parlé  en  ay. 

34975  D’icelles  sont  deux  sur  la  Lune 

L’une  est  sur  l’autre  dont  chascune 
A  en  terre  proppres  vertus, 

Ce  est  Mercure  et  puis  Venus. 

Dessus  ces  deux  est  le  Solaux 
34980  Qui  tant  est  pur,  et  cler,  et  chaultz, 


Qui  clarté  rent  par  tout  le  mond, 

Et  est  si  hault  assis  amont 
Que  son  cercle  est  .xij.  tants 
Que  cil  de  la  Lune  plus  grans, 

34985  Qui  son  cours  en  .xxx.  jours  fait, 

Et  le  Soleil  qui  plus  loings  rayt 
De  la  terre  met  a  son  cours 
Trois  cens  et  soixante  six  jours, 

.Xij.  tants  plus  et  ung  jour  oultre, 
34990  Si  com  le  kallendrier  nous  monstre, 
Et  ytant  avec  ce  encores 
Le  quart  d’ung  jour, ce  sont  six  heures. 
Mais  pour  ce  que  diversement 
Est  sur  ly  an  commencement,  (88  a) 
34995  Fut  cil  quart  du  jour  atourné 
Ad  ce  que  quatre  ans  est  surné 
Ung  jour  oultre  qui  nommé  est 
Bixeste,  qui  en  quatre  ans  est 
Une  fois  dont  on  met  par  us 
35ooo  De  quatre  ans  en  quatre  ung  jour  plus, 
Car  lors  est  a  son  proppre  point 
Le  Soleil  revenu  a  point; 

C’est  au  my  mars  que  l’erbe  agence 
Que  le  nouveau  temps  recommence. 
35oo5  De  cellui  temps  premièrement 
C’est  le  monde  commencement, 

Et  pour  ce  revient  par  nature 
Trestoute  chose  a  sa  nature. 

Sur  le  Soleil  sont  trois  estelles 
35oioCleres,  luisans  comme  chandelles, 
L’une  dessoulz,  l’autre  dessus. 

Mars,  Jupiter  et  Saturnus 
Qui  est  tant  plus  haulte  des  sept; 

En  .xxx.  ans  a  son  cercle  fait. 

35oi5  Iceulx  trois  leurs  vertus  retiennent 
En  choses  qui  ça  jus  adviennent, 

Car  ces  sept  estoilles  sont  telz 
Que  elles  ont  plus  de  poestés 
En  choses  qui  de  terre  naissent 
35020  Et  leurs  vertus  plus  s’i  abbaissent 
Que  nulle  aultre  du  firmament 
Et  plus  oeuvrent  appertement. 

Nulle  riens  sur  terre  ne  tient 
Qu'amont  ne  soit  qui  le  maintient 
35oa5  Ne  si  petitte  herbe  n’est  née 
Par  aucun  ne  soit  gouvernée 
Et  qu’elle  n’ait  qui  le  maintient 
Qui  ça  aval  le  croit  et  tient, 

Si  comme  li  ancien  sage 
35o3o  Ce  encercherrent  par  usage 


34969  d’aulx  —  34978  Ccst  —  35oog  estoilles  —  35oia  Mais  —  35o  14  a  manque. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


Les  vertus  de  celles  estelles  (SS  b) 
Qui  tant  sont  et  cleres  et  belles, 

Car  tant  de  biens  y  aprendras 
Pechié  d’Envie  oublieras. 

35o35  Or  entens  bien  a  la  science 
Par  quoy  on  vient  a  sapience 
Et  des  biens  congnoistre  et  enquerre 
Qui  poeuent  advenir  en  terre 
Par  oeuvre  de  droitte  nature, 

3 5040  Qui  parle  monde  s’i  figure. 

Le  ciel  et  les  estoilles  sont 
Instrument  de  nature  amont, 

Par  quoy  elle  oeuvre  tout  adez, 

Si  corn  Dieu  plaist,  et  loingz,  et  prez. 
35045  De  tout  ce  a  la  congnoissance 

Qui  scet  congnoistre  la  poissance 
Des  estoilles  qui  au  ciel  sont, 

Qui  en  terre  les  vertus  ont 
Que  Dieu  ottroye  a  chascune, 

35o5o  Et  au  Soleil,  et  a  la  Lune, 

Toutes  diversités  qui  sont, 

Et  gens  qui  diversités  ont, 

Soit  de  courage  ou  de  faiture, 

Et  de  quancquez  vient  par  nature 
3  5o55  En  herbes,  en  arbres,  en  bestes, 

Avec  par  les  vertus  celestes 
Que  Dieu  aulx  estoilles  donna, 

Quant  premier  le  monde  ordonna. 

Par  la  vertu  que  ou  ciel  gist 
33o6o  Vist  toutes  riens  que  soubz  ciel  fist. 

S'a  Dieu  venoit  ore  a  plaizir 
Que  le  ciel  fesist  quoy  tenir, 

Qu’adès  ne  tournast  a  la  ronde, 

Il  n’a  nulle  riens  en  ce  monde 
35o65  Mouvant  qui  mouvoir  se  peüst 
Ne  qui  nul  sens  en  lui  eUst 
Néant  plus  q’ung  mort  qui  riens  n’entent, 
En  qui  n’a  sens  ne  mouvement,  (#5  c) 
Com  cil  qui  de  vye  n’a  point. 

35oyo  Et  trestout  en  aultre  tel  point 
Chascune  des  choses  seroit 
Se  le  ciel  a  tourner  laissoit; 

Sans  mouvoir  trestoutes  seroient, 

Jamais  d’illec  ne  se  mouvroient  ; 

35075  Se  mouvement  ou  ciel  n’eüst, 

Il  n’est  riens  qui  vivre  peüst. 

Ainsi  vault  Dieu  faire  le  monde 
En  qui  toute  droiture  habonde, 

Mais  rien  ne  fist  qui  n’ait  pooir 
3  5o8o  Trestout  autel  qu’il  doit  avoir, 

35o3i  estoilles  —  35o3a  belles  et  cleres. 


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Car  sans  raison  eüst  ce  fait, 

S’il  ne  servisist  d’aucun  fait. 

Estoilles  fist  et  ordonna, 

A  chascune  vertu  donna. 

35o85  Qui  tout  ainsi  ne  le  voeut  croire 
En  lui  n’a  raison  ne  memore, 

Car  nous  vëons  appertement 
Que  la  Lune  lumière  prent 
Et  quant  la  vëons  toute  plaine, 

35090  Lors  n’a  ly  homs  ne  nerf  ne  vaine 
Qui  plus  ne  soit  plaine  d’humours 
Que  quant  la  Lune  est  en  decours. 
Ainsi  advient  de  toutes  bestes  : 

Plus  ont  plaines  moules  es  testes; 

33095  Meismes  la  mersallée  s’enffle 

Et  toute  ou  decours  se  desenffle 
Tant  que  ce  vient  ung  mois  aprez  ; 

Dont  ceulx  qui  de  la  mer  sont  prez, 
Quant  la  Lune  doit  estre  plaine, 

3  5 100  Chascuird’eulx  sa  maisnie  enmaine, 

Et  s’eslongent  de  leur  manoir, 

Et  vont  en  plus  hault  lieu  manoir, 

Tant  que  la  mer  s’en  va  arriéré; 
Chascun  mois  fait  en  tel  maniéré. 

33  io5  Et  tout  ce  advient  par  la  Lune  (88  d) 
Qui  des  sept  planettes  est  l’une. 

Si  voit  on  du  Soleil  aussi 
Que  quant  il  approche  de  cy 
Et  il  se  commence  a  monter, 

35 1 10  II  fait  la  terre  fruit  porter; 

Et  quant  commence  a  abaissier, 

Il  fait  bon  temps  apetinchier, 

Et  fait  foeulles  ou  flos  saillir 
Jusques  il  prent  a  revenir. 

3 5 1 1 5  Les  aultres  ont,  selon  droiture, 

Vertu,  pooir  selon  nature  ; 

Pour  ce,  sont  divers  pluseurs  temps, 
Comme  l’en  voit  par  aucuns  ans, 

L’un  en  péril,  l’autre  asseür, 

35 120  L’un  des  fruis  sont  plus  tost  meür; 

L’un  esté  est  moïste  et  doulx, 

Et  l'autre  estsecq  et  ventoux; 

Une  anée,  fruit  ne  se  gardent, 

L’autre  tant  comme  on  voeult  se  tardent 
35 125  Ung  y  ver  est  froit  et  pluieux, 

Ly  aultre  est  moins  anuieux, 

Mortoires  de  bestes  communes 
Et  grant  naissance  de  aucunes  ; 

Ung  an  est  qu’amender  ne  poeuent 
35 i3o Toutes  gens,  par  cel  an  se  doeullent; 


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i32 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Tel  an  est,  nul  ne  poeut  morir, 

Et  tel  que  nul  ne  poeut  garir  ; 

Ung  an  est  d’apostume  plain, 

De  rongnes  et  d’aultres  mehaing; 

35  1 3 5  L'un  en  santé,  l’autre  en  péril  ; 

Ly  ung  est  chier,  et  l'autre  vil  ; 

L’un  est  plain  de  guerres  d’amis, 
L’autre  de  paix  et  de  déduis; 

L’un  an  est  que  qui  semeroit 
35140  Froument  sur  pré  il  revenroit, 

Et  l’autre  en  la  meilleur  terre 
Semés  lui,  ne  li  sçarez  coeurre;  \8y  a) 
Ainsi  des  prez,  des  bois,  des  champs, 
Trestout  est  bon  et  mal  par  temps. 
35i45  Toutes  ces  diversités  font 

Les  estoilles  qui  ou  ciel  sont; 

Ce  est  la  voulenté  de  Dieu 
Qui  chascun  a  mis  en  son  lieu, 

En  son  cours  tout  naturelment 
35 1 5o  Et  chascunc  diversement, 

Car  s'aucune  riens  eust  son  us, 

Au  ciel  fors  le  Soleil  sans  plus, 

Corn  cil  qui  va  egallement 
Chascun  an  par  le  firmament, 

35  1  55  Qui  en  ung  an  oultre  tant  monte 

Com  en  ung  aultre  par  cest  compte 
En  tous  yvers  autant  descend 
Comme  es  aultres  tout  egalment, 

Tant  que  revient  tout  droit  au  point 
35 160  En  l’autre  yver,  a  son  droit  point 
Ou  devant  fu,  ce  scevent  bien 
Ceulx  qui  sont  astronomïen. 

Qui  va  entour  le  ciel  au  tour, 

Et  la  ou  il  est  huy  cel  jour, 

3 5 1 6 5  Resera  il  d’huy  en  ung  an; 

La  mesure  vraye  en  scet  l'an. 

S’aultres  estoilles  n’y  avoit, 

Sonpooir  aultrement  iroit; 

Tous  les  ans  seroient  semblant. 

35 170 Chascun  autel  qu’il  fut  devant, 

Et  les  mois  se  ressembleroient 
Trestout  ainsi  que  ilz  verroient, 
Janvier  tel  que  l'autre  janvier, 

Frevrer  tel  que  l'autre  frevier, 

35 173  Et  des  aultres  dix  mois  ainsi 
Trestous  se  gouvernent  aussi 
En  ung  mois  comme  il  fait  adès,  (#9  b) 
Autel  l'un  comme  l’autre  après  ; 

Et  le  jour  se  rassembleroit, 
35i8oCeluy  d  huy  en  ung  an  tout  droit, 


De  chault,  de  bel,  de  froit,  de  pluie, 
L’autre  aprez,  selon  leur  venue, 
Ainsi  comme  les  jours  verroient 
Telz  com  or  en  ung  an  feroient, 

35 1 S5  Tout  ainsi  il  le  convenroit. 

Doncques  par  nature  il  seroit 
Tout  ly  yver  et  ly  esté, 

Qui  par  cy  devant  ont  esté, 

Ne  qui  jamais  estre  porroient, 

35190  Nulle  diversité  n’aroient; 

Tous  seroient  toudis  pareil, 

Comme  cilz  qui  par  le  Soleil 
Seroient  toudis  gouverné, 

Qui  ne  varie  yver  n’esté  ; 

35 195  Tel  chaleur  rend  huy  com  anten, 

Et  autant  yert  huy  en  ung  an. 

Ainsi  seroient  par  ingai 
Toudis  les  temps  d’icy  aval; 
Variacion  n’y  aroit, 

35200  Ainsi  est,  et  ainsi  seroit; 

Mais  le  Soleil  est  comme  ung  voiles 
De  toutes  les  aultres  estoiles 
Qui  sur  toutes  est  la  plus  fine  ; 
Toutes  les  aultres  enlumine 
33205  Par  la  grant  clarté  qu’en  lui  est. 

Tout  bien  de  terre  par  lui  naist, 

Et  plus  a  de  pooir  sur  terre 
Des  choses  que  on  poeult  enquerre 
Selon  raison,  nature  et  droit, 

35210  Que  nulle  aultre  chose  qui  soit. 

Selon  qu’elles  sont  prez  ou  loing, 

Si  ont  aucunesfois  besoing, 

Aussi  comme  l’on  fait  d’un  roy 
Qui  plus  est  sires  endroit  soy  (S9  c| 
332  1  5  Par  sa  haultesse  et  plus  poissans 
Que  nulz  de  ses  obeïssans, 

Et  si  lui  ont  souvent  mestiers, 

Et  si  le  doivent  tous  aidier  ; 

Car  quant  plus  prez  est  de  ses  gens, 
3522oTant  est  plus  fort  et  plus  potens, 

Et  tant  plus  de  ses  gens  eslonge, 

Tant  fait  il  moins  de  sa  besongne. 

Le  Soleil  est  le  plus  poissans 
De  toutes  estoilles  luisans  ; 

35225  Les  aultres  monlt  grant  pooir  ont 
Selon  ce  que  estables  sont, 

L’une  en  santé,  l’autre  au  contraire, 
L’autre  pour  nativité  faire, 

Pour  bestes,  pour  oiseaulx,  pour  bois, 
3523oPour  joyc,  pour  mal,  pour  degois  ; 


35i4!  Et  manque  —  352  1 3  comme  on  —  352  2  1  tant  manque 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


1 33 


N’est  si  petitte  verminette, 

Arbre,  papillon,  ne  mouchette, 
Oiseau,  vers  qu’est  de  pourreture, 
Tant  comme  vye  ou  corps  lui  dure, 
35235  Si  petitte  herbe  n’est  en  terre 

N’en  eaue,  tant  le  sceut  on  querre. 
Poisson  en  doulce  eaue  ou  en  mer, 
Doulz  ou  salle,  aigre  ou  amer, 
Toutes  choses  qui  poeuent  estre, 
35240  Qui  ont  ne  peu  ne  grant  de  estre, 
Toutes  ont  pour  eulx  les  estelles 
Et  quant  il  en  est  temps  contre  elles. 
Toutes  ont  maistre  et  gouverneur 
Et  naturel  administreur, 

35245  Par  quoy  vivent  et  se  maintiennent, 
Par  qui  perdent,  parqui  emprengnent. 
Aultrement  trop  habonderoient, 

Trop  perdroient  ou  trop  seroient, 
Trop  habonderoient  d’honnour, 

3  52  5o  Ou  trop  aroient  de  doulour. 

Je  voy  année  de  chenilles,  (8g  d) 
Qui  sont  choses  qui  sont  monlt  villes, 
D’escarbottes,  mouches,  soiris, 

Qui  portent  aux  genz  mointz  perilz, 
35255  En  ung  an  en  est  largement, 

Et  en  l’autre  n’en  est  noient. 

Par  Nature  ainsi  se  demainent 
Par  qui  suivent,  par  qui  remaignent. 
Ainsi  com  toute  riens  qui  viennent 
35260  Ont  estoilles  qui  les  gouvernent, 

De  qui  leur  noureture  prennent 
Et  s’alievent  et  entretiennent; 
Chascune  se  mesle  du  sien. 

Dieu  a  fait  toute  chose  bien  ; 

35265  Car  chascune  a  sa  majesté, 

Sur  quelque  chose  a  poesté. 

Car  si  petitte  estoille  n’est 
Qui  aucune  poissance  n’aist  ; 

A  quelque  chose  est  ordonnée 
35270  Toute  chose  qui  est  formée. 

Siques,  Regnart,  si  tu  vouloies 
Bien  penser  ad  ce,  tu  lairoies 
Tout  le  pechié  d'Envie  ester, 

Car  tu  n’y  poeulx  riens  conquesier. 
35275  En  ce  qu’ay  dit  acquesteras 
Assez,  quant  penser  y  volras; 

C’est  es  oeuvres  Dieu  adviser, 

Dieu  amer  et  mal  desprisier. 


Qui  en  vil  chose  estudie, 

35>8oSi  com  est  ort  pechié  d’Envie, 

Trop  se  mesle  de  chétifs  fais. 

Dy  aprez,  et  plus  ne  le  fais. 

—  Sire,  du  laissier  suis  tempté, 

Mais  j'ay  trestout  mon  temps  hanté; 
35285  Ce  voeul  je  tant  pour  voir  te  dire 
Du  pechié  que  on  appelle  Ire. 

Dès  lors  que  premier  l’encergay,  (go  a) 
Du  maintenir  ne  metargay, 

Le  pechié  d’ire  ay  maintenu, 

35290  De  la  jusques  cy  suis  venu. 

—  Certes,  amy,  bien  dire  t’ose, 

Qu’Ire  est  une  monlt  male  chose,’ 

Si  grant  que  quant  home  Ire  porte, 
Tout  coeur  et  corps  lui  desconforte  ; 
352o5  Dieu  et  tous  ses  sains  en  maugrie, 

Et  pluseurs  fois  il  le  renye, 

Et  despite  tous  les  biens  fais 
Que  Dieu  lui  a  en  son  temps  fais. 

Yre  lui  met  hors  toute  paix 
353ooDe  tous  esbas,  de  tous  bons  fais, 

De  tous  repos,  et  nuit  et  jour; 

Ja  nulle  heure  n’est  a  séjour, 

Tout  bon  vivre  et  tout  bon  mengier; 
Qui  Ire  a,  n’est  point  sans  dangier; 
353o5  Souvent  tel  malaise  en  recoeuvre 
Que  en  la  fin  tout  mort  se  troeuve. 
Quant  Yreux  de  son  chaté  pert, 

Lors  ung  grant  malaize  l’aert; 

Ou  pert  aucun  de  ses  amis, 
353ioTantost  en  est  en  Ire  mis, 

Pluseurs  fois  trop  s’en  desconforte, 
Com  cil  qui  le  pieur  enporte, 

Et  se  met  en  inpacïence. 

Mal  fait  acquérir  tel  science; 

353 1 5  De  la  vient  rancune  et  haine 
Qui  tient  par  le  doit  ataïne  ; 

Meslée  a  ataïne  tient, 

Et  de  la  homicide  vient; 

Aprez  vient  la  guerre  mortelle. 

35320  L’office  d’ire  si  est  telle. 

De  ce  pechié  Accide  vient 
Qui  au  coeur  de  l’homme  se  tient. 
Accides  est  anuy  de  vivre  (go  b) 
Qui  fait  Desesperance  suivre, 

35325  C’est  ung  des  plus  malvais  pechiez 
Dont  ly  homs  puist  estre  entechiez  ; 


35249  habonderoit  —  35257  Nature  ainsi  les  —  33205  Car  manque  —  35283  On  lit  en  rubrique  : 
Rfgnart —  35285  te  manque  —  35286  qu’on  —  352<ji  On  lit  en  rubrique  :  Prestrk  Hunbert  —  352Q2 
Que  ire  est  monlt  —  353 16  a  at.  —  353 17  A  at.  m.  vient  —  35323  Accide. 


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1 34 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Accide  de  tel  nature  est 
Que  ame  et  corpz  a  tourment  mest. 
N'encores  ne  me  tairay  mie 
3533o  Que  dire  ne  voeulle  sa  vie, 

Car  pour  vérité  je  vœul  dire 
Qu’Accide  vient  du  pechié  d'ire. 

De  ses  branches  je  voeul  compter. 

Se  tu  me  voeulx  bien  escouter. 

35335  De  Accide  Paresce  vient 

Qui  de  tous  biens  faire  le  tient 
Et  de  Paresse  on  devient  lens  ; 

On  n’est  a  nullui  bien  voeullans. 

Et  de  Lenteté  vient  Tenresche 
35340  Qui  coeur  et  corps  a  homme  blesce. 
Tenreté  dist  :  «  Or  te  repose; 

Ne  metz  en  oeuvre  nulle  chose  ; 

Ta  complexion  nel  voeult  mie; 

Tu  n’ez  pas  nourry  de  tel  vye; 

35345  Tu  n’as  mestier  de  penitance  ; 

Aprins  tu  ne  Tas  pas  d’enffance.  » 
Adonc  chiet  en  oiseuseté 
Et  aprez  chiet  en  grant  vieulté. 

Lors  viennent  désirs,  vilenies, 

3535o  Gloutonnies  et  ribaudies, 

Et  de  pluseurs  pareux  soûlas, 

Dont  il  se  met  d’enfer  ez  lacz. 

Cil  penser  fait  la  noncion 
De  toute  dissolucion  ; 

35355  De  ce  viennent  temptacions 
Et  les  foies  polucions  ; 

Par  ce  chiet  on,  et  n'en  doubtez, 

En  grans  pussilanimitez 
Qui  ont  paour  de  bien  ouvrer, 
3536oNe  n’osent  nul  bien  recouvrer;  (go  c) 
N’osent  riens  faire  qui  leur  vaille, 
Paour  ont  que  Dieu  ne  leur  faille; 

Si  comme  sont  ly  songeour 
Qui  de  leur  songe  ont  grant  paour, 
35365  Et  cil  qui  le  bon  sentier  mue, 

Quant  voit  la  limace  cornue. 

Le  deable  qui  en  ses  liens 
Tient  trestous  les  accidïens, 

Leur  dit  :  «  Josneses,  si  vivras, 

35370  Et  assez  avoir  concquerras, 

Monlt  grant  temps  reposer  te  poeulx; 
Assez  gaigneras,  se  tu  voeulx.  #> 

Pour  ce  deviennent  indigens, 

Et  avecques  ce  negligens, 

35375  Et  parvit  monlt  deslealment. 

Et  après  tout  cel  errement 


Chiet  il  entrestoute  oubliance 
Et  puis  après  en  négligence; 

Par  ces  deux  cy  sont  si  troubli 
3538o  Qu'ilz  mettent  trestout  en  oubli. 
Aprez  tout  ce  Lâcheté  vient 
Qui  toute  a  Accide  se  tient; 

Après  vient  Innobedience, 

Quant  on  oublie  penitance, 

35385  Faire  ne  souffrir  ne  lui  voeult 

Carde  lonc  temps  le  coeur  lui  doeult 
Et  s’excuse  faire  nel  poeult; 

Aussi  son  coeur  mettre  n’y  voeult; 
Car  quant  l’homme  est  inpasient, 
35390  Tantost  est  innobedïent. 

Aprez  ce,  trestout  lui  ennuye; 

Lors  convient  il  que  on  le  fuie. 

Lors  l’Ennemy  qui  a  lui  tenche, 

Si  le  maine  a  Desesperance; 

333g5  D’illec  se  met  en  son  servage. 

Orvoy  se  telle  gent  sont  sage, 

Car,  toute  la  vérité  dire,  (go  d) 

Trop  male  chose  est  d'estre  en  Ire; 
C’est  ungdes  sept  pechiés  mortelz. 
35400  Pour  Dieu,  or  ne  soiez  plus  telz! 
Preng  Espérance  et  Repentance; 

Lors  seras  hors  de  male  enfTance; 

Se  ces  deux  tu  voeulx  enchargier, 
Tues  horsdetout  mal  dangier. 

354o5  —  Sire,  or  vous  plaise  moy  oyr. 

Bien  me  doy  en  Dieu  esjoyr, 

Et  par  raison  y  suis  tenu, 

Quant  je  suis  jusquez  la  venu 
Que  de  mon  conseil  vieng  achief, 
35410  Dont  j’ay  eu  monlt  de  grans  meschief. 
A  meschief  bien  estre  devoie, 

Car  qui  bien  voit  la  droite  voye, 
Monlt  est  ly  homs  mats  et  confus, 
Quant  conscience  lui  coeurt  sus, 

354i5  Et  il  n’a  de  quoy  amender. 

Or  vous  voeul  pour  Dieu  demander, 
Quant  vous  me  chargiés  Repentance 
Avec  ce  aussi  Espérance, 

Des  deux  me  voeulliez  enorter, 

35420  Car  je  suis  fesble  du  porter, 

Et  si  n’ay  pas  telz  fais  apris. 

Se  me  chargissiez  ung  pourpris, 
Quatre  châteaux  et  quatre  villes, 

Par  faulx  semblant,  barat  ou  guille, 
35425  Trestous  les  chappons  je  presisse 
Et  par  devers  moy  les  mesisse  ; 


3538a  se  manque  —  354o5  On  lit  en  rubrique  :  Rf.gnart  —  354i8  Et  avec. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


135 


Cocq  ne  geline  n’y  laissase  ; 

Aulx  bons  compagnons  les  donnasse. 

Je  les  presisse  voulentiers, 

3?43oCar  je  sçay  bien  tous  les  sentiers; 

Ce  fu  commandement  de  pris, 

Car  cela  ay  je  bien  apris. 

Mais  oncq  ne  me  sceus  repentir,  (g  /  a) 
N’a  bonne  Espérance  venir; 

35435  Au  porter  seroient  grevaines 
Et  trop  y  aroies  de  paines, 

Car  fais  qu’on  n’a  oncques  porté, 

Au  porter  fait  trop  de  durté; 

Nouvelle  apredure  monlt  griefve. 

35440  Pour  Dieu,  cor  le  me  faites  briefve; 
Baillés  moy  seulle  Repentance, 

Ou  atant  moins  seulle  Espérance, 

Car  les  deux  porter  ne  porroie; 

En  cherge  l’une  porteroie. 

35445  Si  me  dis  laquelle  prendray, 

Et  a  laquelle  me  tenray; 

Le  meilleur  prendray  a  mon  sens; 

Trop  seroie  chargié  des  dens. 

N’encores  n’ai  je  point  apris 
3545o  A  porter  trousseaulx  de  telz  pris, 

Mais  l’un  je  portcray  monlt  bien. 

—  Regnart,  «  dist  le  prestre,  «  entens  bien  : 
L’un  bien  l’autre  n’cmpire  point, 

Mais  ung  mal  l’autre  granment  point. 
35455  Qui  Espérance  et  Pacïence 

Prent  a  son  coeur  sans  différence 
Ja  d’enffer  n’yert  son  corps  parés; 

Mais  puis  que  seront  séparés 
Et  que  dessevrer  les  convient, 

35460  Des  deux  l'un  le  meilleur  convient; 

De  ces  deux  biens  est  le  meilleur  : 
Repentance  est  de  bon  eür, 

Mais  Espérance  vault  trop  mieulx, 

Car  se  tu  es  bien  ententieux 

• 

35+65  Nulz  homs  n’est  en  Dieu  repentans 
Qui  ne  soit  en  Dieu  esperans. 

Espérance  est  ferme  creance, 

Avecques  ce  en  Dieu  fiance; 

Qui  fiance  y  a,  est  sachans 
35470  Que  Dieu  est  pur  et  tout  poissans,  (9/  b) 
Vray  et  juste,  et  si  n’a  cure 
De  iniquité  ne  d’ordure; 

Donc  qui  ordure  sessera 
Et  lui  meïsmes  doubtera, 

35475  II  se  jettra  de  sa  folie 
Et  repentira  de  sa  vye. 


Lors  par  cellui  aras  les  deux 
Et  se  le  Repentir  est  seulx 
Qu’avecques  lui  n’ait  Espérance 
35480  Tost  cherra  en  Desesperance, 

Car  se  la  Repentance  est  seulle, 
Desconffort  le  prent  par  la  gueulle, 
Pour  ce  que  trop  il  se  repent, 

Dont  une  fois  se  noyé  ou  pent. 

35485  Judas,  quant  ilôt  Dieu  tray, 
Repentance  monlt  l'envay; 

Quant  il  vit  la  desconvenue, 

N’ot  qui  lui  fesist  nulle  ayeue, 

Car  Espérance  point  ne  print, 

35490  Pour  ce,  a  lui  pendre  se  tint; 

Ne  sceut  en  lui  aultre  finance, 

Et  se  il  eust  eu  Espérance 
En  la  grant  débonnaireté 
Cellui  qui  maint  en  Trinité 
35495  Et  mercy  cryé  de  sa  vye, 

Desesperé  ne  se  fust  mye. 

Repentance  eult  sans  Espérance  : 
Pour  ce  fistil  pute  finance 
Et  se  pensa  en  repentant 
355ooQue  de  pechiez  a  voit  fait  tant 
Que  nul  nel  porroit  pardonner. 

Lors  s’alla  au  deable  donner 
Et  se  pendi  par  desespoir. 

Et  pour  ce  Espérance  avoir 
355o5  Vault  mieulx  que  ne  fait  Repentance. 
Mais  touteffois  qui  bien  y  pense, 
L’une  l’autre  n’empire  mie;  (9/  c) 
Qui  a  les  deux  a  bonne  vie. 

Or  les  nous  doint  cil  qui  tout  poeut; 
355io  Se  bien  le  volons,  il  le  voeult. 

Or  t’en  ay  desclos  ma  sentence; 
Quant  en  ton  secret  es,  y  pense 
Et  n’oublie  l’Astronomie, 

Car  tu  le  trouveras  amie. 

355 1 5  Monlt  y  dois  ta  pensée  mettre 
Et  estudier  en  la  lettre, 

Car  cil  qui  en  bien  s’estudie 
Dieu  honneure  toute  sa  vye; 

Car  cil  doit  grant  honte  avoir 
35520  Et  peu  doit  prisier  son  sçavoir, 

Qui  laisse  livres  a  cerchier 
Pour  estudier  a  pechier; 

Sa  trop  grant  voulenté  entent 
Qui  le  bien  laisse  et  le  mal  prent. 
35525  Et  cil  qui  cest  rommant  ditta 
Contre  pechié  monlt  estriva 


353i9  bien  grant. 


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1 36 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Et  contre  toute  oiseuseté 
Laquelle  tint  en  grant  vieulté. 

S’avoit  il  plus  de  cincquante  ans 
3553o  Adonc  que  fut  fait  cest  rommans; 

Et  trestoudis  queroit  histoires 
Et  les  anciennes  mémoires 
Pour  lui  de  tous  pechiés  oster. 

Et  pour  ce  en  voulra  cy  compter 
35535  Du  latin  qu’il  mist  en  ronmant; 

Pour  ce  orras  pour  quoy  et  comment 
Le  monde  a  esté  mesuré, 

Et  combien  la  terre  a  de  lav, 

Combien  d’espès  elle  a  par  my. 

33540  Or  entens  donc  ung  peu,  amy  ; 

Mieulx  te  vaulras  ce  oÿr  dire 
Que  demourer  ou  pechic  d’ire, 

Cellui  qui  voulra  la  grandour 
Du  monde  mesurer  entour.  (9/  d) 
35545  Les  aneyens  le  mesurèrent. 

Par  quoy  la  haultesse  trouvèrent 
Et  de  la  grandeur  des  estelles 
Du  ciel  amont  qui  tant  sont  belles; 
Nul  ne  sçaroit  ailleurs  trouver 
3555o  Plus  grant  mesure  a  mesurer. 
D'Astronomie  doibt  sçavoir, 

Qui  voeult  ceste  science  avoir; 

Puis  vaulrent  du  soleil  enquerre, 
Combien  il  est  loing  de  la  terre 
35555  Et  combien  son  cours  a  de  grant  ; 

Si  le  trouveront  plus  tenant 
Que  toute  terre  n’est  d’assez, 

Quant  orrez  bien  tout  compassez. 

Des  estoilles  prindrent  aprez, 

3556o Combien  l’une  de  l’autre  est  prez, 
Toute  la  grandeur  de  chascune; 

Mais  ilz  n’en  trouvèrent  nisune 
Que  son  tour  n’ait  plus  de  grandour 
Que  n’a  la  terre  tout  autour, 

35565  Fors  que  trois  planettes  sans  plus  : 
Ces  trois  sont  Mercure  et  Venus, 

Et  la  tierce  si  est  la  Lune. 

Cestes  sont  les  trois  dont  chascune 
Est  plus  petitte  que  la  terre, 

35570  Dont  chascun,  pour  la  voie  enequerre, 
Se  tresbien  le  voeulx  escout.?r, 
Tantost  je  te  volray  compter 
Combien  de  grandeur  chascune  a. 

Si  com  Tholomé  le  nomma 
35575  Qui  fu  bons  astronomïens 
Entre  les  sages  anciens. 


Qui  leur  largeur  et  leur  lëesche, 

Et  leur  grandeur  et  leur  haultesse... 
Les  philozophes  si  prouvèrent, 

3558o  Qui  la  terre  bien  mesurèrent. 

Quant  la  terre  mesuré  orent  (92  a) 
Par  l’Astronomie  qu’ilz  sorent, 

Si  comme  fessissent  ung  tour 
D’une  chainture  tout  autour, 

35585  Puis  estendirent  la  chainture 

Tout  droit  a  son  bout  par  droiture, 
Puis  trouvèrent  la  grandeur  grant, 
Cent  mille  milliers  et  ung  cent 
Et  encor  .xxviij.  mille  plus. 

355oo  Tant  trouvèrent,  selon  leur  us, 

Par  poins  jetterent  leur  compas 
Dont  le  point  tient  cent  mille  pas; 

Le  pas  cent  mille  pietz  contient, 

Qui  a  droite  mesure  tient  ; 

33595  Le  piet  cent  mille  pensez  long, 

Ainsi  par  l'art  mesuré  l’ont, 

Ainsi  le  voeullent  maintenir, 

Et  en  ce  prindrent  ilz  plaisir. 

Or  poeulx  bien  vëoir  a  cest  tour 
3 56oo  Combien  la  Lune  a  de  grandour; 

Et  puis  trouvèrent  ilz  aprez 
Combien  elle  a  par  my  d’espez, 
Combien  de  longueur  apparens, 

Cent  mille  milliers  et  cincq  cens. 
336o5  Par  ceste  demiere  figure 

Qui  est  droitte  selon  nature, 
Mesurèrent  ilz  droitement 
Le  hault  de  tout  le  firmament 
Et  le  grandeur  de  toutes  choses 
356io  Qui  sont  environ  la  encloses. 

Le  bourne  commune  passèrent 
Dont  les  estoilles  mesurèrent; 

Puis  vaulrent  aussi  mesurer 
La  terre  et  la  grandeur  trouver; 

3 56 1 5  Si  trouvèrent  que  tous  ly  tours 
De  la  terre,  et  ens,  et  hours, 

Qui  fut  lors  mesurer  commune, 
Plusgrant  que  le  cours  delà  Lune(p2fr) 
Trente  deux  tantz  et  ung  peu  plus, 
33620  Est  de  terre  si  long  en  sus, 

Quatorze  tantz  et  ung  demy 
Que  la  terre  a  d’espès  par  my, 

Et  les  cincq  douzime  d’infant 
De  haultesse  est  la  (.une  grant, 

35625  Cui  Soleil  fait  demonstroison 

Tout  trouverrent  fait  par  raison  ; 


35347  estoilles  —  3530.)  que  l’une  —  33366  sont  manque. 


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SEPTIEME  BRANCHE 


13  7 


Le  Soleil  est  plus  grant  assis 
Par  cent  fois  et  soixante  six 
Que  toute  la  terre  ne  soit, 

3563oQui  ne  le  scet  petit  y  voit; 

Bien  y  sçaroit  ceste  maistrie, 

Qui  bien  sçaroit  geometrie, 

Car  par  cel  art  poeut  on  sçavoir 
De  tout  ce  que  je  dy  le  voir, 

35635  Dont  puis  se  sont  penés  pluseurs 
Qui  se  doubtoient  de  l’erreur, 

Se  voir  estoit  ceste  acoison. 

Tant  qu’ilz  trouvèrent  par  raison 
Qu’ilz  avoient  dit  vérité 
35640  Et  de  hault  et  de  quantité, 

Et  sceurent  tout  certainement, 

Ainsi  que  leur  mesure  prent, 

Plus  grant  le  Soleil  est  de  fois 
Par  cent  et  soixante  six  fois. 

35645  Monlt  grant  piece  y  estudïerent, 

Et  leur  art  bien  y  adressèrent 
Ains  qu’ilz  l’ossasent  soustenir, 

Ceste  enprise  ne  maintenir. 

Les  estoilles  du  firmament 
3565o  De  cecy  passeray  briefment. 

Trestoutes  sont  d’une  haultesse, 

Mais  ne  sont  pas  d’une  largesse. 

Trop  convenroit  longuement  lire 
Qui  tout  le  voir  en  volroit  dire. 

35655  Pour  ce  du  dire  nous  tairons,  (92  c) 
Mais  touttefTois  tant  en  dirons 
Qu’il  n’y  a  nulle  si  petitte 
Qui  a  cause  n’y  soit  eslitte, 

N’y  a  nulle,  je  le  vous  dy, 

3566o  Qui  n’ait  quelque  chose  soulz  li  ; 

Arbres,  poissons,  bestes  ou  gent, 

Pluies,  secherresses  souvent, 

Boches,  apostumes,  vermines, 

Plentés  et  faultes  par  termines, 

35665  N’est  nulle  riens  ça  jus  formée 
Qui  par  eulx  ne  soit  gouvernée, 

Mais  n’y  a  nulle  si  poissant 
Com  le  Soleil  ne  si  luisant, 

Qui  toutes  choses  enlumine 
356;o  Par  sa  clarté  qui  tant  est  fine 
De  terre  jusqu’au  ciel  amont 
Ou  toutes  les  estoilles  sont 
A  dix  mille  fois  autretant 
Et  soixante  cincq  fois  autant 
35675  Comme  la  terre  a  d’espès; 

Qui  bien  voeult  compter,  troeuvc  aprez; 


Mais  qui  bien  son  engin  informe, 

Quantz  peusses  il  a  de  main  d’home, 
Quantz  pietz,  quantz  pas,  quantes  lieuées, 
3568oQuantez  milles,  quantes  journées, 
Jusquesau  ciel  amont  ara, 

Se  bien  scet  l’art,  tout  trouvera. 

Ou  se  ungs  homs  pooit  aller 
Trestout  amont  sans  arrester 
35685  Et  peüst  faire  sans  séjour 

.Xi j.  lieues  pour  chascun  jour, 

Ainçois  seroit  passé  le  temps 
De  sept  mille  fois  cincquante  ans, 

Dix  et  sept  ans  demy  avec 
35690  Qu’il  peut  aller  jusques  illec. 

S’Adam  y  fu  premier  allés 

Et  sans  cesser  se  fut  penés,  (92  d) 

Dès  lors  que  il  premier  fut  fait, 

N’eust  encores  ce  chemin  fait  ; 

35695  Et,  si  ne  le  semble  il  mie, 

Nulz  de  ceste  mortelle  vie, 

Et  cilz  tost  l’enchainte  verroit, 

Qui  l’astronomie  sçaroit, 

Car  des  sept  ars,  au  vray  compter, 

35700  C’est  cellui  qui  voit  le  plus  cler. 
Avecques  ce  tu  dois  sçavoir 
(Ne  point  n’est  mensongne,  ains  est  voir), 
Quant  une  bonne  ame  se  part 
Et  de  ce  ciecle  du  corps  part, 

35705  Qui  a  bonne  vie  menée 
Et  sa  vie  bien  ordonnée, 

Au  ciel  monte  en  moins  d’une  heure  • 
Entre  voiez  point  ne  demeure. 

Doncques  se  fait  bon  si  pener 
35710  Pour  si  tost  cest  chemin  aller; 

En  autant  d’heure  amont  se  troeuve 
Comme  l’oeul  d’homme  clôt  et  oeuvre  ; 

De  bonne  heure  en  terre  est  venus 
Par  qui  cest  chemin  est  tenus. 

35715  Or  s'en  gardent  les  usuriers, 

Les  advocas,  les  courretiersl 
Que  la  ne  sachent  cheminer, 

Mais  les  conviengne  aval  aller! 

Regnart,  cy  te  dois  avoier 
33720  Non  mie  en  Ire  appoier; 

Dont  laisse  Ire  sans  plus  le  prendre 
Et  voeulles  a  cel  art  entendre, 

Et  querre  la  miséricorde 
De  cellui  qui  tous  biens  accorde. 

35725  S'il  te  plaist,  tu  le  poeulx  avoir, 

Ne  poeulx  faire  plus  grant  sçavoir 


3366o  lui  —  35689  et  manque  —  35721  Dont  manque. 


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1 38 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Que  miséricorde  quérir, 

Ou  t’es  en  voye  de  périr, 

Car  qui  n’ara  miséricorde  ( g3  a) 
3573o  De  cellui  qui  tous  biens  accorde. 

S’il  te  plaist,  tu  le  poeulx  avoir, 

Ne  poeulx  faire  plus  grant  savoir. 
Pour  ce  te  lo  que  tu  le  quieres, 

Par  quoy  la  r,lore  Dieu  acquières. 
35735  —  Vous  m’avés  dit,  je  m’y  acorde, 
Que  de  Dieu  la  miséricorde 
Seroit  il  monlt  bon  acquérir. 

Pour  ce  vous  voeul  je  requérir 
Que  vous  m’en  voeulliez  dire  voir, 
35740  Quelles  gens  le  doivent  avoir, 

Quelz  gens  sont  qui  avoir  le  doivent, 
Quelles  gens  sont  qui  le  rechoivent, 
Quelz  sont  qui  a  tel  honneur  saillent 
Et  quelz  gens  sont  ceulx  qui  y  faillent. 
35745  Or  m’en  voeulles  moy  adviser 

Car  on  doit  monlt  ce  sens  prisier. 

—  Ainsi  puis  que  dire  le  fault, 

Nul  ne  le  pert  que  par  deffault  : 

Se  chascun  vôoit  bien  adroit, 

3575o  Jamais  nulz  homs  ne  le  perdroit. 

Or  te  diray  qui  iceulx  sont 
Qui  de  Dieu  miséricorde  ont  : 

Ceulx  qui  leurs pechiez  déguerpissent, 
Qui  de  toutes  malvaistiez  issent, 
35753  Et  de  leur  dissolucion 
Ils  ont  abhominacion, 

Voient  leur  vye  dissolue 
Qu’ilz  ont  longuement  maintenue, 
Les  vilz  pechiez  et  obscurté 
35760  Ou  ilz  ont  longuement  esté, 

Et  guerroient  leur  Créateur 
Dont  ilz  sont  au  deable  debteur. 

Lors  cryent  mercy  et  repentent, 

Et  de  leurs  pechiés  se  gramentent, 
35765  Et  en  ont  grant  compassion;  (g3  b) 
Adonc  vont  a  conflession, 

Et  se  mettent  a  Dieu  servir 
De  coeur  pour  le  deable  asservir; 

De  leur  vie  et  de  leurs  enffances 
35770  Font  ilz  les  dures  penitances, 

Et  en  tous  bons  proppos  se  tiennent 
Et  a  miséricorde  viennent, 

Quant  ilz  ont  laissié  le  mal  œuvre. 
Et  Dieu  en  bon  proppos  le  troeuve 
35773  Et  en  bonne  devocion, 


Sans  point  de  variacion, 

Sans  espoir  de  plus  retourner; 

Iceulx  voeult  il  a  lui  tourner; 

Iceulx  miséricorde  obtiennent 
35780  Qui  mal  laissent  et  a  bien  viennent, 

Et  se  de  ce  ne  me  voeulx  croire 
Que  la  parole  ne  soit  voire, 

Le  premier  Benedic  liras 
Que  tu  ou  Psaultier  trouveras, 

35785  Dont  ilz  sont  deux,  pour  voir  le  dy, 
Ou  nocturne  du  samedy. 

Lis  ces  psalmes  et  les  pourvoy; 

Se  tu  le  troeuves,  si  le  croy. 

Se  sçavoir  voeulx  la  vérité 
35790  De  ceulx  qui  sont  de  malheur  né, 

Et  qui  si  mal  leur  voye  taillent 
Qu’a  la  miséricorde  faillent, 

Sont  ceulx  qui  continuelment 
Continuent  leur  errement, 

35795  Continuent  mal  sans  laissier 
Et  ne  se  daignent  abaissier, 

Mais  continuent  le  malice 
Et  si  demeurent  en  leur  vice 
Huy  et  demain,  et  aprez  mieulx, 
338oo  Toudis  avant  tant  qu’ilz  sont  vieulx, 
Que  ja  point  ne  s’amenderont  (g3  c) 
Et  en  leur  proppos  se  tenrront. 
Toudis  voeullent  mener  tel  oeuvre; 
Quant  la  mort  en  tel  point  les  troeuve, 
358o5  Miséricorde  n’y  a  point; 

Car  je  te  di  qu’en  autel  point 
Que  la  mort  si  les  trouvera, 

En  tel  estât  les  jugera. 

Toudis  vouldroient  pechier  et  vivre; 
358ioToudis  as  volu  pechié  suivre; 

Toudis  vivre  voeulx  en  pechier; 

Tu  n'avois  nulle  riens  tant  chier, 

Ne  jamais  morir  ne  quesisses, 

Ne  aultre  vie  ne  presisses  ; 

3  58 1 5  Toudis  estoies  entechiés 

A  vivre  en  mal  et  en  pechiés; 

Pechiés  as  et  pechiés  vaulsis, 

Ne  oneques  jour  tu  n’en  issis. 

Ce  que  as  volu.  tu  Taras, 

33820  Car  tousjours  en  pechié  vivras. 

En  pechié  tu  voeulx  demeurer, 

Mais  toudis  vivras  en  infer; 

Avec  pechié  seras  assis, 

Car  oneques  laissier  ne  le  vausis. 


35735  On  lit  en  rubrique  :  Regnart  —  35747  Ains  —  35769  De  leurs  vies  —  35779  sa  m*s-  —  35784 
Psal.  ciî,  1-22  —  33790  malheure  —  358io  a  volu  —  3 58 1 1  voeulx  vivre  —  358 1 2  avoies. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


i3g 


35825  Perdus  sont  sans  point  demander; 
Toudis  pechent  sans  amender. 
Regnard,  encor  ne  ine  puis  taire; 

Or  entens  que  c'est  de  bien  faire; 

Bon  fait  bien  fait  continuer 
3583o  Sans  varier  et  sans  muer. 

Je  te  proeuve  par  le  nageur 
Qu’en  ce  cas  semble  le  pecheur. 

Le  nageour  sa  nef  demaine 
Trestout  encontremont  de  Saine; 
35835  Toudis  nage  il  encontremont, 

En  labourant  il  va  amont; 

Tant  va  amont  comme  il  labeure, 

Et  trestoudis  monte  au  desseure; 

Et  quant  advient  que  il  s'oublie,  (9 3  d) 
35840  Qu’a  nagier  ne  labeure  mie 
Et  que  il  y  laisse  entrevale, 

La  nef  arriéré  se  ravale 
Et  arrier  contreval  revient. 

Ainsiques  du  pecheur  advient  : 

35845  Quant  il  a  bonne  oeuvre  labeure, 
June,  veille,  gemist  ou  pleure, 

Tant  comme  en  bon  fait  estudie, 
Envers  Dieu  monte  sa  navie 
Et  Dieu  va  amont  approchant 
3585oTant  comme  il  va  ainsi  nagant. 

Et  quant  de  bien  ouvrer  sc  tient, 

Sa  nef  encontreval  revient, 

Et  se  defTont  tous  les  biens  fais 
Que  il  a  ou  temps  passé  fais. 

35855  Doncques  qui  voeult  ou  ciel  passer, 

Il  doit  bien  faire  sans  cesser; 

Qui  toudis  bien  fait,  il  guerist 
Et  qui  l'entrelaisse  il  perist. 

Dieu  est  en  Paradis  amont, 

3586oCe  scevent  bien  tous  ceulx  du  mond. 
Pour  ce  ne  poeut  on  pour  avoir 
Monter  amont  sans  paine  avoir, 

Et  pour  ce  oste  Ire  de  toy 
Qui  est  toute  contraire  a  foy. 

35805  Or  dy  aprez  bien  ëurés 

Tant  que  soies  bien  asseurés. 

—  Sire,  »  dit  Regnart,  «  j’en  ay  fain. 
Mais  d'aultres  pechiés  ay  tout  plain, 
Especïalment  des  morteulx  ; 

35870  Ma  vie,  mon  temps  a  esté  telz. 
D’Avarice  je  me  confTez, 

Dont  toudis  ay  porté  le  fez, 

Car  tout  ardant  en  ay  esté  ; 


Dieu  ne  homme  n’en  ay  doubté. 

35873  —  Ha!  com  cy  a  male  rachine  (94  à) 
Qui  en  tous  maulx  sa  vye  fine, 

Car  d'Avarice  naist  Convoitise 
Qui  d'aler  en  enfer  atise. 

Avarice  est  une  escoliere 
3388o  Qu’a  tous  tient  escolle  plainiere; 

La  y  vont  viel,  josne,  clerc,  lay; 

A  maint  parler  oV  en  ay, 

Avarice  a  qui  maint  bée 
Est  une  amour  desordonnée, 

33885  Nourry  desordonnéement. 

C’est  en  acquestant  laidement 
Et  malvaisement  retenir, 

En  escarssement  maintenir. 

De  cecy  maintes  frances  naissent 
35S90  Qui  l’ame  et  le  corps  trop  mal  blecent, 
Qui  sont  trestous  pechiés  mortelz, 

Je  te  les  affermeray  telz. 

Or  entens  comment  sediffine 
Larechin,  usure  et  rapine, 

35895  Malinité  et  simonie, 

Sacrilege,  faulx  marchandie, 

Malvais  jeux  et  malvais  mestier, 

Dont  on  prent  maint  malvais  sentier, 
Faulx  jurer  et  faulx  parjurer, 

35900  Et  Dieu  despire  etdevourer, 

Faulx  semblant,  faulse  contenance, 

Et  Taulx  ris,  et  faulse  acointance, 
Tollir,  rcceller,  espargnier, 

Mal  consentir  et  faulx  jugier. 

35905  Avaricïeux  propprement 
Envis  fera  bon  jugement; 

Envis  fera  ce  qu'il  devra 
Qui  au  coeur  avarice  ara 
Ou  qui  volentiers  rechoit  don. 

35910  Dont  il  advint  que  ung  preudom 
Par  devant  le  bailli  plaidoit 
Et  grandement  lui  ennuioit  (94  b) 
Ce  qu’il  ne  pooit  droit  avoir. 

Lors  s’avisa  d’un  sien  sçavoir, 

35qi5  Et  bien  lui  fu  dit  enoyant  : 

«  Donne,  ou  tu  ne  fais  néant. 

Si  tost  que  tu  donné  aras, 

Nouvelles  de  ton  fait  orras.  » 

Le  preudoms  qui  oncq  ne  plaida, 
35q20  Sa  vache  au  baillif  donc  donna. 

Cil  l’en  mercia  bel  et  bien 
Et  dit  qu’il  l’en  souvenra  bien. 


35835  il  manque  —  35875  On  lit  en  rubrique  :  Prestre  Hunbert  —  35876  us  sa  —  35892  le  tes 
35894  us.,  lar.  —  35896  marchandise  corrigé  d'après  A  —  33902  Et  manque  —  33920  donc  manque. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


Quant  celle  vache  fu  donnée, 

Tantost  ala  a  la  journée, 

35925  Si  com  gens  ne  se  poeuent  taire, 

Que  tost  le  sceut  son  adversaire, 

Qui  dist  :  «  Je  suis  ad  ce  mené, 

Se  mon  adversaire  a  donné 
Au  bailli  pour  moy  mal  mener, 

35ÿ3o  Aussi  bien  lui  puis  je  donner 

Ung  boeuf  comme  une  vache  a  fait. 
Par  le  jourd’huy  il  sera  fait.  » 

Dont  tantost  ne  se  desvoia; 

Ung  boeuf  au  baillif  envoia. 

35935  Cil  le  rechut,  grant  mercis  dist. 

La  première  journée  qu’il  fist, 

Cil  a  la  vache  tout  crestés 
S’est  devant  lui  tost  présentés. 

Le  bailli  semblant  peu  en  fist  ; 

35940  Chascun  entour  le  bailli  sist. 

Ses  deux  hommes  semblant  ne  fait, 
Mais  leur  a  prolongié  leur  fait 
Pour  une  paix  trenchic  faire. 

Lors  ne  se  pot  le  bons  homs  taire  ; 
35945  Entre  ses  dens  dit  coiement  : 

«  O  vache,  tu  ne  me  fais  nyent!  « 

Le  bailli  l’a  bien  entendu 
Qui  lui  a  response  rendu, 

Car  n’avoit  pas  bouce  loyie  (94  c) 
3595o  Et  l’autre  n’y  entendoit  mie  : 

«  Amis,  ta  vache  parler  n’oze; 

Le  boeuf  lui  a  la  bouce  cloze.  » 

Une  paix  trenchie  fist  d'eulx; 

Ainsi  se  départi  ly  jeux. 

35955  Pour  ce,  te  dy  des  prenans  juges 
Qu’ilz  deussent  estre  les  refuges 
A  tous  pour  droiture  semer, 

On  n’ara  riens  d’eux  sans  donner. 

Or  délaissent  Dieu  a  servir 
55960  Pour  querre  avoir  et  desservir, 

Et  si  délaissent  charité, 

Et  fuient  toute  vérité,! 

Et  sont  solitaires  etcoys, 

Adès  pellssent  toutteffois. 

35965  Avarice  n’a  nul  depport; 

Pluseurs  fois  chiet  en  desconfort. 

Ne  ja  homme  n’ara  bonne  heure 
Qui  jouste  Avarice  demeure. 

Car  tant  est  serf  a  son  avoir 
35970  Qu’envis  en  poeut  on  joye  avoir. 

D’usure  y  a  pluseurs  maniérés 
Qui  sont  malvaizes  et  moins  chieres  ; 


De  denier  sur  terre  ou  sur  gage, 

Ou  de  chaté  prendre  a  oultrage 
35975  Plus  que  il  ne  vault  a  présent; 

Ainsi  vont  decepvant  la  gent. 

Aultre  maniéré  y  a  d'usure  : 

Je  suppose  ungs  homs  n’en  a  cure, 
Mais  son  pere  si  l  a  esté 
35o8o  De  qui  il  maintient  le  chaté  : 

C’est  usure  male  et  couverte, 

Combien  que  ne  soit  pas  ouverte. 

Si  com  ceulx  qui  ont  coulombiere 
Qu’ilz  aiment  monlt  et  tiennent  chiere, 
35985  Puis  qu’on  ne  les  va  reprendant  : 

«  Tu  te  dampnes  a  tout  voiant;  (94  d ) 
Et  tous  ceulx  qui  coulombiere  ont, 
S’escript  ne  ment,  en  enfTer  vont.  » 
Adonc  respond  le  mal  senez  : 

3 5990  «  Ne  m’en  chault.  Or  vous  en  prenez 
A  ceulx  qui  devant  moy  le  firent 
Et  qui  en  ce  lieu  cy  le  mirent. 

S’ilz  en  ont  mal,  je  ne  puis  mais; 

Ne  porteray  mie  le  fais, 

35995  Pour  ce  que  faite  ne  l’ay  mie; 

Je  m’en  descerge  et  les  en  lye. 

Le  pechié  ait  qui  l’oeuvre  fait; 

Endroit  de  moy  ne  l’ay  point  fait.  » 
Or  Dieul  comme  il  est  deccll 
36ooo  Et  du  croire  despourvcü! 

Se  perdu  en  est  le  faiseur, 

Tout  aultre  tel  le  mainteneur, 

Et  tous  ceulx  qui  le  maintenront, 
Trestousen  ung  hanap  vivront; 
36oo5Tous  en  avront  dampnacion, 

S'ilz  n’en  font  satifacion, 
Resconpensacion  avecq, 

A  tous  les  habitans  d’illecq; 

Car  bien  le  scevent  tous  les  sages 
36oio  Qu’il  se  nourrist  d’aultrui  dommages, 
Dont  aucun  agrevé  en  est  ; 

En  l’indignacion  Dieu  est, 

Si  com  qui  approprie  usures, 

Qui  ja  sont  aulx  villes  gastures; 

3rtoi5  Et  aultre  telz  cas  en  samblance, 

Qui  les  maintient  en  leur  grevance, 

Il  poeut  trop  envis  a  Dieu  plaire  : 
Mieulx  lui  vaulroit  aultre  riens  faire. 
Aultre  usure  a  en  ceste  vie, 

36020  Qui  de  leurs  mains  ne  prestent  mie, 
Mais  ilz  font  par  aultrui  prester 
Et  faignent  pechié  contrester, 


35934  desmoia  —  33953  deulx  dcus  —  33974  Ou  manque  —  33994  Je  ne. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


141 


Et  toudis  coeurent  leur  denier.  (q5  a) 
Iceulx  sont  ly  maistre  usurier 
36o25  Et  cilz  sont  diciples  et  maistre, 

Combien  qu’ilz  faignent  de  non  estre. 
Aultre  usure  y  ra  monlt  vilaine  : 
Quant  voient  leur  amy  en  paine. 

En  aucune  chose  troublé, 

36o3o  Lors  leur  prestent  argent  ou  blé, 

Et  font  marchié  a  lui  d’ouvrer 
Pour  trestout  leur  prest  recouvrer; 
Faignent  courtoisie  lui  facent, 

Mais  il  l’eschillent  et  effacent, 

36o35  Combien  qu’ilz  dient  de  cœur  gay  : 

«  A  son  grant  bezoing  lui  aiday  ; 

Il  s'acquitte  par  son  ouvrer. 

Je  l’ay  aidié  a  recouvrer 
Et  a  establir  son  arroy.  u 
36040 Cilz  sont  des  usuriers  le  roy, 

Encor  en  Avarice  pechent, 

Dont  ceulx  qui  ont  le  gaaing  se  tachent  ; 
Si  comme  folz  et  folez  font, 

Qui  pour  gaaignier  au  bordel  vont, 
36045  Jouent  aulx  dez,  cartes  ou  tables, 

Qui  a  Dieu  ne  sont  delictables, 

Cil  menestrel,  cil  jonglëour, 

Cil  herault,  cil  trachedéour 
Qui  sont  tous  armier  et  ouvé, 

36o5o  Des  quelz  tout  le  fait  est  prouvé, 

Car  cilz  mettent  en  male  voye 
Trestous  ceulx  qui  vont  par  la  voye. 
Tantost  qu’on  ot  ung  menestrel, 
Chascun  met  ung  pié  en  l’estriel 
36o55  Et  sault,  quant  le  Haiol  escoute, 

Et  tost  en  la  feste  se  boute, 

Et  trestout  son  voloir  y  rue; 

Ou  il  se  met  en  my  la  rue 
Pour  lui  regarder,  pour  seoir, 

36oüo  Et  lui  est  monlt  bel  a  vëoir  ;  (g5  b) 

Et  quant  plus  voit  le  menestrier 
Que  gens  avalent  leur  saulier, 

Yssent  des  hostelz  quatre  et  quatre, 
Tant  plus  pense  du  tabour  batre 
36o65  Et  de  son  flaiol  plus  corner 
Pour  la  gent  en  enffer  mener. 

L’abbé  d'enfler  son  couvent  maine, 
La  feste  au  devant  leur  remainc, 

Et  tendra  a  chascun  la  main, 

36070  Pour  tous  les  mettre  en  son  pelain, 
Et  qui  preudhoms  estre  volroit, 

Tout  certainement  il  verroit 


Le  deable  qui  pardessus  voile. 

Qui  tous  les  prent  a  le  karolle 
36oy5  Et  tous  les  fait  pour  vérité 
Deliter  en  tel  vanité, 

Et  les  veans  et  les  dansans, 

Tous  et  toutes  les  consentans. 

Et  s'aucun  en  ce  point  moroit, 

36o8o  En  Tort  vil  fons  d’enfler  iroit. 

C'est  avec  le  plus  grant  envie 
Que  le  deable  ait  en  ceste  vie 
Que  de  faire  la  gent  danser 
Et  puis  l'un  a  l’autre  touchier; 

36<>85  Car  quant  on  a  dansé  assez, 

Ainçois  seront  huit  jours  passés, 

Et  voire  espoir  double  sepmaine, 

Que  du  danser  ne  lui  souviengne  ; 

En  son  cœur  se  délitera 
36090  Qu’en  dansant  aucun  lui  ara 
Quelque  parole  foie  ditte, 

Dont  il  ne  sera  pas  tost  quitte, 

Non  pas  espoir  toute  sa  vie. 

Pour  ce  est  fol  qui  si  estudie, 

36095  Au  moins  ou  fait  de  menestrier, 

Car  c’est  ung  tresmalvais  mestier, 

Qu’ilz  mettent  cœurs  de  bien  en  mal, (p5c) 
Et  font  aller  du  mont  aval. 

A  briefz  motz,  tout  gaaing  est  vice, 
36ioo  Quel  qu’il  soit,  qui  vient  d’Avarice, 

Ou  on  voit  l’autrui  delitter, 

Fait  a  blasmer  et  a  doubter 
Marchandise  certainement, 

Puis  que  l’autrui  desire  et  ment 
36io5  Et  gaaing  d’usure  finera 
Et  a  perdicion  ira; 

Et  qui  si  voulroit  adviser 
Et  ung  petiot  atiser, 

Verroit  les  hoirs  des  marechans 
36i  10  Comment  ilz  sont  en  ces  cheans, 

Et  comment  ilz  ont  maintenu 
L’estât  que  leur  pere  ont  tenu  ; 

Et  pour  ce  cil  qui  fist  ce  livre 
Et  qui  a  tous  oÿr  le  livre, 

36 1 1 5  Merechans  fu  et  espiciers 

Le  temps  de  dix  ans  tous  entiers; 

Pour  ce  que  n'en  avoit  mestier, 

Laissa  il  du  tout  son  mestier; 

Pour  ce  dy  je  que  toute  gent 
36i2o  Qui  désirent  l'autrui  argent, 

Et  l'ont  par  jurer,  pour  promettre, 

Et  le  font  en  leur  bourse  mettre, 


36043  au  dez,  au  cartes,  aulx  t.  —  36070  les  manque  —  36o8i  avccqucs  —  36087  Et  manque. 


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142 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Cilz  vivent  trestous  d’Avarice 
Qui  est  ung  ortf  vilz,  puant  vice, 

36 12  5  Especïalment  menestrier 

Qui  par  ont  trop  malvais  mestier. 
Tantost  qu’il  son  mestier  commence, 
En  l’heure  le  diable  a  Dieu  tence 
Et  lui  oste  s’intencion, 

36i3o  Coeur,  et  ame,  et  devocion, 

Car  menestrel  nul  jour  ne  pense 
A  Dieu  n’a  faire  penitance, 

A  juner,  veillier,  n’aourer, 

A  Dieu  servir,  n’a  labourer;  ( y5  d) 

36 1 33  Plus  ameroit  quatre  garchons 

De  nuit  chanter  quatre  chanssons 
Avec  la  trompe  et  la  guisterne 
Et  puis  conduire  en  la  taverne, 

Dont  deable  jamais  n’istera. 

36140  Ne  preudhoms  volentiers  n’yra 
Qui  ne  sçaroit  matines  lire 
Ou  bien  bonne  auctorité  dire; 
Taverne  est  habitacion 
De  mortelle  confusion, 

36143  Dont  ma  conclusion  est  telz 

Que  cil  fait  grant  pechié  mortelz, 

Et  pechié  nourrit  et  ordonne, 

Qui  a  menestrel  oncquez  donne, 

Car  il  nourrit  et  met  a  voie 
36i5oCellui  qui  toudis  Dieu  guerroyé, 

Car  a  chascun  est  tout  notoire 
Qu’il  nourist  toute  vaine  gloire; 

Tous  pechiés  sont  par  lui  sceüs, 

Et  commenciés,  et  esmeüs; 

36 1  55  Hz  n’ont  escolle  que  d’apprendre 

L’art  qui  fait  toute  gent  mesprendre, 
Et  cointier,  et  acheminer, 

Luxure  et  vanité  penser 
Et  a  eslongier  Paradis  : 

36i6o  A  ceste  science  sont  mis. 

Pour  ce  te  dis  :  qui  les  nourrist 
Sa  bonne  intencion  perist; 

Menestrel  fait  dedens  enfTer 
Plus  d'ames  de  gens  avaller 
36 1 65  Que  ne  feroient  en  Paradis 

Cordellier  quatre  vings  et  dix. 

Tel  gaaing  vault  pis  que  d’usure  ; 

Dieu  les  het,  et  je  n’en  ay  cure. 

Briefs  motz,  toute  acquisision 
36170  Ou  il  n’a  bonne  intencion, 

Qu’on  a  par  mentir,  par  jurer,  (y  6  a) 
Fait  l’ame  en  enfTer  enmurer. 


Ne  me  die  nulz  marchandie  : 

Peu  en  y  a  ou  n’ait  boisdie; 

36175  Tout  gaaing,  je  n’en  quiers  mentir, 

Est  en  dcsirer  et  mentir. 

Pour  ce  est  peu  marchans,  tant  y  peinent, 
Que  leurs  enfTans  leur  estât  mainent  ; 
Qui  toutes  le  branches  diroit, 

36 180  Qu'a  Avarice  appartiendroit 
Aller  porroit  jusqu’oultremer. 

Pour  ce  est  fol  qui  le  voeult  amer  ; 

Trop  est  fol  qui  la  se  pourvoit, 

Car  se  trestout  le  monde  avoit 
36 1 83  Or,  argent,  terre,  tout  acquis, 

En  la  fin  n’en  vaulroit  que  pis; 

Qui  plus  aroit  avoir  gaaigniet, 

Tant  plus  s’en  iroit  mehaigniet. 

Si  ne  poeut  estre  qu’Avarice 
36190  Ne  soit  pechié  et  mortel  vice. 

Avoir  quiert;  se  trestous  l’avoient, 

A  trop  plus  grant  meschief  seroient. 

C’est  toute  l’estude  au  musart, 

Et  qui  la  estudie  s’art, 

36195  Orgoeul,  Avarice  et  Envie, 

Nulz  homs  ne  le  maintiengne  mie, 

Le  corps  faitcerchier  et  ternir 
Eta  trespute  fin  venir; 

L’ame  en  la  fin  en  enfler  maine. 

36200  Mais  se  voulloies  mettre  paine 
En  l’Astronomie  t’apprendre, 

De  bon  coeur  y  voulsis  entendre; 

La  verroics  tu  grant  merveilles 
Et  tout  le  nombre  des  esteilles 
3Ô2o3  Quantes  ou  ciel  en  poeulx  vëoir 
(Ce  te  devroit  monlt  bien  seoir), 

En  la  grandeur  du  firmament, 

Se  le  certain  escript  ne  ment.  {y6  b) 
Belle  chose  est  de  lui  apprendre 
36210  Que  n’est  a  mortel  pechié  tendre, 

Et  par  Dieu  !  je  t’en  compterav. 

Pour  voir,  ce  pechié  t’osteray. 

Des  estoilles  diray  le  nombre, 

Si  com  Tholomé  le  me  compte, 

3621 5  En  l’Amagieste,  que  il  fist, 

Ou  toutes  les  nomma  et  dist. 

Il  en  y  a  mil  toutes  nettes, 

Et  vingt  et  deux,  sans  les  planettes  ; 
Compter  les  poons  sans  péril, 

36220  En  trestout  .xxix.  et  mil. 

Bien  plus  y  en  poeut  il  avoir, 

Mais  n’en  poeut  plus  nulz  homs  vëoir 


36142  bien  manque  —  36143  et  h.  —  36i32  glorc  —  36173  marchandise  —  36176  En  d.  et  en  m.  — 
36i8i  jusquez  —  36184  se  tout  —  36ig3  tout  —  36201  astr.  app.  —  36204  estoilles. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


143 


Qu’on  puisse  choisir  clerement 

Ne  recongnoistre  appertement. 

36225  Sy  y  gard,  qui  garder  y  voeult, 

Homme  mortel  plus  voir  n’en  poeult, 

Mais  homs  ne  les  porroit  compter, 

Tant  sceüst  en  haultlieu  monter, 

Fors  par  ung  instrument  gentilz 

3b23oQue  Tholomé  trouva  jadis, 

Par  quoy  on  les  congnoist  et  compte, 

Comment  chascune  sciet  par  compte, 

Combien  il  a  de  l’une  a  l’autre, 

Et  combien  l’une  est  loing  de  l’autre. 

36235  Des  ymages  fait  congnoissance, 

Quelles  formes  ont  par  semblance 

Les  estoilles  icv  nommées 

• 

Qui  la  sont  ou  ciel  figurées, 
Compassées  sont  par  ymages, 

36240  Qui  toutes  ont  divers  hostages, 
Chascune  son  nom  et  sa  forme 
Par  quoy  en  les  congnoist  et  nomme, 
Dont  on  congnoist  principalment 
Quarante  sept  ou  firmament. 

36245  De  celles  y  a  douze  dignes  (96*  c) 
Qu’on  appelle  les  .xij.  signes, 

Et  font  ung  cerne  tout  entour 
Ou  les  planettes  font  leur  tour. 

Monlt  sommes  d’elles  eslongiés, 
3625oCar  ceulx  qui  seront  empeschiés, 
Jamais  nul  jour  ne  venront  la; 

L’ame  qui  bien  desservi  l’a 
Y  est  allée  en  moins  d'une  heure, 

Et  sans  faire  arrest  ne  demeure 
36255  Au  plus  hault  Paradis  amont 

Que  nulz  homs  qui  soit  en  ce  mond 
Ne  porroit  penser  la  haultesse 
Ou  elle  va,  ne  la  lëesse  ; 

La  ne  porroit  nulz  homs  penser 
36260  Ne  nul  ne  porroit  regarder 

La  tresgrandeur  qui  est  lassus 
Envers  l’espasse  de  ça  jus 
Cent  mille  fois  cent  mille  tants  ; 

Nul  jour  ne  le  seroit  errans 
36265  Car  plus  grant  est  le  firmament 
Que  la  terre  communément 
De  largeur  et  de  quantité 
D’une  pomme  a  une  cité. 

Se  la  terre  plus  grant  estoit, 

36270  Cent  mille  fois  qu’elle  ne  soit, 

De  gens  cent  mille  tantz  eUst 
Qu’il  n’y  a,  et  nul  ne  morust; 


Et  chascun  peüst  tant  ouvrer 
De  chascun  jour  mil  engendrer, 

36275  Tant  fussent  grans,  gros  et  oyans, 

Et  de  faitture  de  geans, 

Et  chascun  tenist  son  hosté 

Plus  grant  qu’onequez  roy  couronné, 

Et  eust  bonnes  cités,  mollins, 

36280  Bois,  prairies,  vignes,  jardins 
Et  de  mur  ses  maisons  murées, 

Chascun  lieu  durast  mille  lées  (96  d) 

Et  chascun  pour  lui  bien  servir, 

Et  bien  le  peüst  desservir, 

36285  EUst  cent  mille  de  maisnie, 

Et  chascun  de  la  compagnie 
Eust  mille  lieues  de  manoir, 

Si  porroit  bien  la  hault  manoir, 
Trestout  ou  firmament,  je  cuid  ; 

36290  Et  si  avoit  encor  de  wit 

Tel  mille  tantz  qu’en  ay  nommé, 

Tant  est  le  lieu  bien  ordonné, 

Mille  tant  remanant  aroient, 

Qu’ilz  porroient  prendre,  s’ilz  volloient. 
36295  Donc  doit  bien  chascun  Dieu  amer 
Et  de  lui  servir  monlt  pener, 

Qui  tel  joyel  nous  habandonne 
Et  adès  sans  fin  le  nous  donne. 

Quant  cy  dessoulz  est  bel  et  cler, 

363oo  Cy  dessus  fait  bien  a  loer, 

Qui  est,  comme  je  t’ay  dit  grans. 
Regnart,  lequel  que  tu  voeulx  prens, 

Ou  ce  dessus  le  ciel  ou  terre, 

Tupoeulx  trop  bienle  meilleurquerre, 
363o5  Car  ce  je  ne  puis  mie  entendre 

Que  on  puist  Paradis  comprendre 
Quantes  lieues  a  hault  et  long. 

Se  toutes  les  foeulles  qui  sont 
En  esté  sur  toute  la  terre, 

363 10  Qui  le  voir  en  voulroit  enquerre, 

Prinst  toutes  foeulles  a  son  choix 
En  prez,  et  en  eaue,  et  en  bois, 

Pour  lieu  une  seulle  y  mëist 
Et  tresbien  cler  il  y  vëyst, 

363 1 5  Selon  ce  qu’on  y  trouveroit 
Trestout  cecy  ne  souffiroit. 

De  cellui  lieu  seigneur  seroit, 

Qui  de  bon  coeur  Dieu  serviroit. 

Et  d’enffer  te  puis  je  bien  dire  (97  a) 
36320  Qu’il  n’y  a  que  doeul  et  martire, 
Obscurté,  punaisie,  ordure, 

Desconffort  et  sans  fin  ardure; 


36239  Qu*  comp.  —  36245  celles  en  —  362?4  Et  manque  —  36267  large  —  36280  praierics  —  363o5 
ce  manque  —  36307  a  de  —  363 12  prez  en  —  363 1 3  mist. 


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144 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Et  ne  poeut  en  nul  temps  plain  estre, 
Se  tout  estoit  né  et  a  naistre, 

36325  Pour  ce  que  volentiers  reclaime 
La  chose  que  je  de  coeur  aime 
Pour  ce  encor  je  maintenray 
Le  lieu  que,  se  Dieu  plaist,  tenray. 
Dessus  le  ciel  que  nous  veons, 
3633o  Si  corn  aultreffois  dit  avons 
De  la  grandeur  du  firmament 
Qui  adès  est  en  ung  moment 
Ou  les  estoilles  mises  sont, 

Dessus  le  ciel  ou  elles  sont, 

36335  A  ung  ciel  qui  point  ne  se  mue, 

Ne  nulle  fois  ne  se  remue  ; 

Estoilles  n’y  ont  mouvement. 

La  est  adès  en  ung  moment, 

La  se  tient  sans  point  deffenir, 

36340  La  ne  se  poeult  pechié  tenir, 

En  cest  ciel  ne  se  congnoist  nulz, 

Se  d'Astronomie  ne  scet  l’us, 

Mais  qui  d’Astronomie  sçaroit 
La  science  tost  en  aroit. 

36345  Cest  ciel  est  de  tel  atrempance 
Qu’il  ne  poeut  avoir  violence. 

Ce  ciel  enclôt  le  firmament. 

Je  t’en  diray  appertement 
Qu’on  n’y  poeut  trouver  acoison 
3635o  Fors  par  ceste  demonstroison, 

Si  com  de  ce  qu’on  peut  vôoir 
Ou  sens  d’homme  ne  poeut  séoir; 
Mais  touttesvoies  t’en  dirons 
Ce  qu’en  nos  livres  en  lirons, 

36355  Que  les  philozophes  trouvèrent. 

Avecques  ce  ilz  s’appenserent  :  (97  b) 
Dessus  cest  ciel  ung  aultre  y  a, 

La  ou  trestoute  noblesse  a  ; 

Icil  est  de  tresgrant  renom, 

3636o  Cellui  ciel  cristalin  a  nom  : 

Plus  est  et  net,  et  cler,  et  fin. 

Il  a  en  nom  ciel  cristalin. 

Dessus  cellui  ciel  tout  entour, 

A  ung  ciel  de  pourpre  coullour, 

36365  Si  com  les  sages  voeullent  dire, 

Qu’ilz  appellent  le  ciel  empire; 

Cil  est  plain  de  toutes  beaultés 
Plus  que  ciel  cy  dessus  nommés, 

Et  si  est  si  cler  et  si  beaulx 
363yo  Sept  tantz  plus  que  n’est  le  Sollaux; 
De  cellui  ciel  cheïrent  jus 
Les  angles  orgueilleux  confus 

36332  est  manque  —  3638 1  lcndement. 


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Qui  ores  sont  de  tous  biens  wit; 

La  demeurent  les  angles  tuit. 

36375  Et  se  Paradis  tu  voeulx  prendre, 

Au  dessus  tu  le  poeulx  comprendre, 
Sans  pechié  dire  le  poéz 
Le  lieu  qui  est  treseürez. 

C’est  le  lieu  de  la  Trinité 
3638oOu  Dieu  sciet  en  sa  Majesté. 

Mais  la  fault  l'entendement  d’homme 
Que  nul  ne  poeut  penser  la  somme  ; 
Et  si  est  si  partout  conmun 
Qu’oÿr  et  voir  le  poeut  chascun, 
36385  Qui  envers  lui  desservi  l’a. 

Et  il  voit  tout  et  ça  et  la  ; 

Partout  voit,  et  siet,  et  esgardc, 

Com  cil  qui  a  tout  en  sa  garde. 

Ung  exemple  prendre  y  porrés, 

36390  Quant  vous  d’aultrui  parler  orrés; 
D’un  seul  oyentla  parolle  toute 
Chascun  qui  celle  part  escoute; 

Bien  l’entendent  petis  et  grans,  (97  c) 
Tous  ensemble  et  en  ung  seul  temps  ; 
36395  Chascun  toute  la  parole  ot 
Ainsi  poons  a  ung  seul  mot 
Chascuns  en  seul  lieu  chascun  est 
Voir  la  clarté  qui  ou  lieu  est 
Qui  enlumine  l’un  et  l’autre; 

36400  Ainsi  en  ung  lieu  corne  en  l’autre; 
Mettez  aucune  chose  autour, 

Aussi  tost  est  la  resplendour 
A  celle  qui  sera  delà, 

Comme  a  celle  qui  est  deçà. 

36qo5  Paradis  si  s’entent  partout, 

Comme  cil  qui  est  roy  partout. 

En  Paradis  sont  tous  ly  angles 
Et  tous  les  sains  et  ly  arcangles, 

Qui  devant  Dieu  chantent  trestuit 
36410  Chant  de  loenge  et  de  déduit. 

Nulz  ice  ne  porroit  entendre, 

Coeur  mortel  ne  porroit  comprendre 
Qu’est  Paradis  ne  qu’est  la  joye 
A  cellui  qui  a  Dieu  s’avoye. 

36^i5  Le  mendre  clerc  qui  oneque  fut, 

Qui  mille  coeurs  en  son  coeur  eust 
Et  parlast  mil  ans  sans  cesser, 
Chascun  des  coeurs  a  bien  penser 
Ne  porroit  pas  penser  la  joye 
36420  A  cellui  qui  a  Dieu  s’avoye. 

Non  pas  encor  les  coeurs  qui  sont 
Esté  es  corps,  sont  et  seront, 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


Ne  porroient  croire  ne  penser 
La  joye  qui  sont  sans  cesser 
36425  Et  aultretant  meschief  aront 

Tous  ceulx  qui  en  enfler  seront 
Sans  jamais  en  nul  temps  penser. 
Regnard,  ad  ce  dois  tu  penser 
Et  trestous  ceulx  de  ton  mestier; 
36430  Bien  devez  vostre  art  eslongier  (97  d) 
Sans  recouvrer  et  sans  reprendre 
Pour  icelle  grant  joye  attendre 
Et  pour  icel  grant  doeul  fuir  ; 

Car  homs  qui  te  voeulle  sieuir, 

36435  Qui  ton  art  et  ta  voye  tiengne, 

Ne  poeut  qu’a  mal  hostel  ne  viengne, 
Car  tu  metz  tout  adès  ta  cure 
En  Avarice  et  en  Luxure. 

Pour  Dieu,  amy,  et  plus  n’y  pense, 
36440  Aies  en  Dieu  ferme  esperance, 

Se  de  ces  deux  tu  es  tachiés; 

Ce  sont  ores  les  deux  pechiés 
Que  on  doit  bien  appeller  vice, 
Comme  est  dit  en  l’Apocaliphe, 

36445  Car  le  deable  les  vomira, 

Quant  par  l’air  voilant  s’en  ira. 

Terre  en  est  toute  enpugnaisie; 

Garde  que  ne  les  aies  mie. 

Si  te  lo  que  tu  te  pourvoies 
36450  Avant  que  tu  ces  raeschiefz  voies 
Car  lors  pas  ne  retourneras, 

Et  com  dollent  te  partiras, 

Et  tout  le  monde  sans  doubter 
Ne  le  te  porroit  amender. 

36455  Avec  les  despisans  seras, 

La  grâce  de  Dieu  veue  aras, 

Et  si  l'as  si  tresdespisié 
Que  prendre  tu  ne  l’as  daignié, 

Lors  les  prendroies  volentiers, 

36460  Mais  muchié  t’en  est  ly  sentiers  ; 

Et  lors  venront  a  point  ly  dit 
Que  David  le  propphete  dit  : 

Videbunt  justi  et  timebunt ,  et  super  eum  ride - 
bunty  et  dicent  :  «  Ecce  homo  qui  nonposuit 
Deum  [g 8  a]  adjutorem  suum .  » 

Or  dy  après,  bien  ëurés 
Seras  tu  jamais  asseurés, 

36465  Se  tu  mais  nulz  pechiés  ne  scés?  « 

Et  dist  Regnart  :  «  Oy  assez. 


145 

Je  ne  suis  que  au  commencier, 

Et  Dieu  vous  gard  de  couroucier. 

Sire,  ou  grant  pechié  de  Luxure 
36470  La  ay  je  toudis  mis  ma  cure. 

Oncques  encor  je  ne  finay, 

Ne  aultre  terre  ne  semay; 

Oncques  ne  tins  aultre  charue; 

Grand  mestier  ay  que  Dieu  m’ayeue  : 
36475  Pucelles,  vesves,  mariées, 

Je  n’en  ay  milles  oubliées, 

Vielle,  povre,  jone  ne  riche. 
Certainement  je  vous  affiche, 

N’a  tant  de  tieulles  en  deux  toits 
36480  Comme  g’y  ay  esté  de  fois. 

En  tout  temps  y  ay  contendu, 

Bonjour  n’ay  prisié  ung  festu  ; 

Je  n’en  cessay  ne  jour  ny  heure, 

Ne  me  tardoit  que  la  demeure. 

36485  Or  ne  puis  mais  hanter  la  voye  ; 

Se  je  y  voy  la  honte  est  moye, 

N’en  puis  mais  que  la  contenance. 
J’en  ay  au  coeur  monlt  grant  pesance. 
L’oeuvre  en  ay  je  toute  perdue, 

36490  Mais  la  volenté  ne  se  mue. 

Encor  iroye  les  sentiers 

Plus  que  oncques  mais  volentiers, 

Mais  dame  Viellesse  me  tient; 

J’en  pleure  quant  il  m’en  souvient. 
36495  Mercy  requiers,  je  n’en  puis  mais; 
Conseil  quiers  de  porter  ce  fais. 

—  Haï  Luxure  et  faulse  Avarice, 

Je  doubt  le  siecle  n’en  périsse,  (pS  b) 
Trop  sont  ces  deux  pechiés  regnans; 
365oo  Chascun  en  voeult  estre  tenans. 
Luxure  est  une  meurs  menée 
D’oubtrage  et  si  desordonnée, 

En  qui  pluseurs  brances  se  tiennent. 
Qui  point  vers  Paradis  ne  viennent. 
365o5  Luxure  vient  par  mainte  part  : 
Premièrement  par  fol  esgart; 

Après,  folles  pensées  viennent 
Qui  folz  atouchemens  contiennent; 
Puis  fol  touchier,  et  puis  foie  oeuvre. 
365 10  Luxure  peu  a  peu  se  oeuvre, 

Dont  a  grant  repentir  seront 
Tout  ceulx  qui  cest  oeuvre  feront. 

Cil  est  assez  fol  qui  se  prent 
A  oeuvre  dont  on  se  repent. 


36435  Et  qui  —  36445  les  deables  —  36448  ne  manque  —  36462  Psal.  li,  8-9  —  36405  ne  manque 
—  36469  grant  manque  —  36491  je  les  —  36497  On  lit  en  rubrique  :  Prestrb  Hünbbrt  —  36502  Si 
manque  —  365og  et  manque . 

Tome  II.  «0 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


146 

365 1 5  Or  y  a  Luxure  de  coeur 

Qui  est  dedens  sans  venir  foeur; 

.  C’est  foie  imaginacion 
P^r  foie  delectacion, 

Et  tant  y  poeut  en  ce  touchier, 

36520  Mortel  pechié  poeut  approchier, 

Car  de  ce  vient  consentement 
Et  puis  le  fol  desirement. 

Illecques  les  musars  se  musent 
Et  en  tel  enffer  leur  temps  usent, 
36525  Car  la  femme  de  bel  atour 
Si  comme  l’arbalestre  a  tour 
Pour  au  musart  le  coeur  perchier, 
Pour  lui  en  enffer  abbaissier. 

A  la  femme,  au  deable  s’adonne, 
3653o  Sans  tenir  mesure  ne  bourne, 

Ne  mieulx  ne  poeut  son  ame  perdre 
Qu’en  foie  amour  son  ame  aerdre; 

•  Car  tous  ceulx  qu’elle  pechier  fait 
Par  dits,  par  maniéré,  par  fait, 

36535  Certainement  la  charge  ara  {g8  c) 
De  tous  ceulx  que  pechier  fera; 
Siques  trop  vieulment  se  déchoit 
Telle  femme,  quant  s'apperchoit 
Que  branche  de  Luxure  touche 
36540  Ou  par  les  yeulx,  ou  par  la  boucc, 

De  ses  mains,  ou  par  aucun  membre; 
Quant  de  Luxure  lui  ramenbre, 
Tantost  qu’elle  le  voit  ou  pense, 

Fuie  ou  prengne  aultre  contenance. 
36545  Ou  par  trop  boire  ou  trop  mengier, 
Ou  en  lit  trop  aise  couchier, 

Par  trop  arriement  dehors 
.  Ou  par  trop  desvoier  son  corps 
En  sa  femme  meismement, 

3655o  Poeult  on  bien  pechier  mortelment, 
Ou  par  trop  faire  de  folie. 

Aussi  bien  puis  je  oster  ma  vye 
De  m’espée  que  de  l’autrui; 

Se  je  point  en  ce  expert  sui 
36555  Meismement  cil  qui  est  pris 

De  cest  pechié  qui  n’a  nul  pris, 

Qui  ne  poeult  avoir  pacïence 
Ne  envers  Dieu  nulle  science, 
Estableté  ne  poeut  avoir, 

3656o  N’envers  Dieu  faire  son  devoir; 

En  lui  n’a  nul  reposement, 

Ne  poeut  estre  en  lieu  longuement, 
Envis  poeut  une  messe  oÿr, 

Ne  sa  bonne  orison  finir; 


36565  Envis  poeut  avoir  nul  délit 
Ne  de  nuit  reposer  en  lit; 

Ja  n’y  sera  asserisiés, 

Toutes  heures  est  attisiés 
Du  mal  sanc  qui  au  coeur  lui  vient 
365yo  Et  du  fol  délit  qui  le  tient, 

Dont  souventefTois  est  hurté; 

Si  en  rechoit  mainte  durté,  (g8  d) 
Et  honte,  se  il  les  vëoit, 

Et  despit  se  il  les  ooit. 

36575  En  péril  va  et  riens  ne  doubte, 

Il  a  yeulx  et  si  ne  voit  goûte, 

Oreilles  et  ne  scet  oyr, 

Du  sens  qu’il  a  ne  scet  joyr; 

Il  semble  le  cocq  entrappé 
3638o  Qui  es  estouppes  s’est  bouté  : 

Une  heure  va,  et  aultre  chiet, 

Ung  piet  ployé,  l’autre  drechiet  ; 

Or  va  devant,  or  va  de  coste, 

Une  robe  vest,  et  l’autre  oste, 

36585  Une  aultre  qui  trop  mieulx  lui  siet; 
Ores  se  lieve,  ores  drechiet. 

Or  pense  en  quel  lieu  il  ira 
Ne  quel  contenance  fera; 

Ne  scet  comment  il  se  maintiengne, 
36590  Que  maise  pensée  le  tiengne. 

Et  puis  quant  ne  le  troeuve  mie, 

Lors  diffame  et  mauldit  sa  vie. 

Une  heure  va,  et  l’autre  vient, 

Ne  scet  comment  il  se  contient; 

36595  Cil  qui  ravoie  forvoiés 
Et  qui  desloye  les  loyés, 

Qui  est  plain  de  toute  amistié, 
Voeulle  avoir  de  telz  gens  pitié! 

En  chartre  sont  et  en  meschief; 

366oo  Dieu  leur  en  doint  venir  a  chief! 

Bien  gaste  son  tempz  et  sa  vie 
Cil  qui  en  telle  amour  se  lye; 

Le  temps  que  Dieu  lui  a  presté, 

Pour  lui  servir  bien  a  gasté; 

366o5  Car  se  en  tel  amour  moroit, 

S’ame  en  adventure  seroit. 

Pour  Dieu,  amis,  ne  metz  t’entente 
En  celle  lasse  et  dolente. 

La  vie  en  est  desmesurée,  (gg  a) 
366io  Et  la  joye  a  courte  durée 

Et  s’il  en  vient  du  tout  a  chief, 

Si  le  tourne  il  a  tout  meschief; 

Et  se  bien  en  secret  pensoies, 

Bien  verroies  que  foliroies  : 


36564  $a  manque  —  36590  Mais  que  —  365q5  les  forvoiés  —  36614  que  tu. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


47' 


366i5  Mais  tu  tresbien  n’y  penseras 
Jusquez  que  tout  hors  en  seras, 

Et  lors  blâmeras  ta  folie 
D'avoir  ainsi  usé  ta  vie 
Et  de  la  grant  desconvenue 
36620  Par  quoy  as  jeunesse  perdue. 

Le  temps  que  tu  perdu  aras 
Ne  jamais  ne  recouveras. 

Par  Luxure,  n'en  doubtez  ja, 

Quant  Adam  la  pomme  menga 
36625  Plus  obey  a  folle  amour 

Que  ne  fist  a  son  Creatour; 

N’ama  pas  Dieu  tant  que  sa  femme 
Dont  maint  sont  cheli  en  diffame. 

Par  Luxure  fut  Troye  destruitte 
3663o  Et  les  deux  pars  du  monde  bruitte. 

Par  Luxure  fut  mis  a  mort 

Saint  Jehan  Baptiste  a  monlt  grant  tort. 

Se  les  branches  compter  voulloye, 

Trop  longuement  y  metteroye, 

36635  Mais  se  tresbien  tu  y  pensoies, 

Peu  de  meschiefz  sont  que  tu  n’oyes, 

Qui  au  monde  sont  maintenu, 

Qui  par  la  ne  soient  venu. 

Cilz  qui  la  droitte  voye  tiennent, 

36640  Congnoissent  que  tous  maulx  en  viennent 
Ne  nul  mal  ne  sont  soustenu 
Que  parla  ne  soient  venu. 

Dy  aprez  que  Dieu  te  doint  paix 
Jusques  tu  soies  bien  confTés. 

36645  —  Sire,  je  ay  pechié  de  bouce,  (99  b) 
Une  chose  qui  monlt  me  touce; 
Gloutrenie  ay  adès  sceüe 
Et  de  jour  et  de  nuit  elle. 

J’ay  mieulx  aymé  ung  bon  morceau 
3665o  Q’une  eglise  ne  q’un  chasteau. 

Je  ay  maint  morceau  entonnés 
Que  on  ne  m’a  mie  donnés; 

Sans  fain  et  sans  soif,  a  toute  heure 
Gloutrenie  m’a  couru  seure. 

36655  —  Amis,  tu  es  mal  advisé  ; 

Ce  pechié  est  mal  despisié; 

Homs  s’en  poeut  en  soudain  morir, 

Et  ame  et  corps  et  tout  périr; 

De  tous  pechiés  c’est  le  plus  ors. 

3666o  Ung  glout  vault  trop  pis  vif  que  mors, 
Glout  vault  assez  que  beste  pis, 

Sur  toutes  char  gloutz  a  le  vilz, 


S’en  lui  ne  met  entendement. 

Or  entens  a  moy  sainement, 

36665  Gloutrenie  est  en  deux  maniérés 

Qui  ne  sont  ne  bonnes  ne  chieres  : 

En  goust,  en  parler  folement; 

En  ces  deux  pechent  mortelment. 
L’Escript  dit,  tu  le  dois  sçavoir  : 

36670  «  Dieu  donna  au  deable  pooir 

D’entrer  es  corps  de  maintz  pourceaulx . 
Quant  il  fu  entré  ens  iciaulx, 

Droit  a  la  mer  les  conduisirent  ; 
lllecques  tous  noier  les  firrent.  « 
366y5  Gloux  la  vye  de  pourceau  maine. 

Pour  ce  le  deable  le  demaine, 

El  le  fait  tant  boire  et  mengier 
Que  chiez  lui  le  fait  herbregier 
Et  le  fait  en  enfer  noyer; 

3668oTous  gloutz  y  vont  sans  forvoyer, 

Et  qui  bienseroit  clerveans,  (99  c) 
Tous  gloux  sont  adès  touspuans. 

Trop  est  laide  la  contenance  ; 

Ilz  n’ont  en  eulx  sens  n’ordonnance; 
36685  D’abominacion  sont  plain, 

De  grant  oultrage  pesme  et  vain. 
Quant  ung  champion  se  combat, 

Ly  ung  son  compagnon  abat  ; 

Par  le  gorge  le  poeut  happer 
36690  Siqu’il  ne  se  poeut  relever. 

Quant  le  loup  a  le  beste  vient, 
Tantost  par  la  gorge  le  tient 
Le  deable  joue  de  tel  fait, 

Car  tant  boire  et  mengier  le  fait 
36695  Qu'il  ne  scet  mais  de  son  sens  goûte. 
Lors  le  deable  vient  et  le  boute, 

Par  la  gorge  le  va  saisir 
Siques  l’ame  fait  hors  saillir. 

Le  glout  fait  son  Dieu  de  sa  pance, 
36700  Ne  aultre  conseil  il  ne  pense, 

Cil  qui  mengué  sans  esgart 
Et  prent  gloutrenie  a  se  part. 

Cil  est  droit  glout  qui  mengier  quiert 
Touttefois  que  fain  le  requiert. 

36705  Mengier  en  temps  et  en  saison, 

Ice  est  mengier  par  raison. 

Cilz  est  gloutz  qui  juner  ne  voeult 
Et  va  disant  que  il  ne  poeut. 

Et  aucuns  y  a  que  je  voy 
36710  Qui  n’ont  deffault  ne  fain  ne  soif, 


3663a  monlt  grant  manque  —  36634  mettroie  —  36643  On  lit  en  rubrique  :  Regnart  —  36653  et  man 
que  —  36655  On  lit  en  rubrique  :  Prbstre  Hunbert  —  36670-36674  Luc  vin,  27-33 —  36705  est  temps 
—  36707  qui  mengier  corrigé  d'après  A. 


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RENÀRT  LE  CONTREFAIT 


I48 

Ne  il  n’est  pas  ne  temps  ne  heure 
Fors  gloutrenie  leur  coeurt  seure. 
Confitures,  gingenbre  quierent. 

Par  quoy  aucun  volloir  aquierent. 
36715  Iceulx  sont  de  gloutons  ly  maistre, 

De  male  heure  virent  leur  naistre. 

A  Dieu,  au  monde  doit  puïr 
Qui  telle  vye  voeult  quérir.  (99  d) 
Cellui  est  glout  qui  plus  despent 
36720  Qu’en  sa  bourse  d’avoir  n’apent. 

La  bourse  crye  :  «  Emplis  moy!  » 

Et  ensement  le  ventre  :  «  Acroy.  » 
Mès  chausses  doit  avoir  greigneurs 
Qui  est  cerf  a  ces  deux  seigneurs. 
36725  Qui  vit  délicieusement, 

Selon  Dieu  il  vit  trop  vilment. 
Gloutrenie  est  de  delitter, 

Gloutrenie  est  de  rejetter. 

Taverne  si  est  fosse  au  deable 
36730  Que  nulz  preudoms  n’a  agréable; 
Tous  y  repairent  folz  et  folles; 

De  tous  gloutz  on  y  tient  escolle 
En  bourdes  et  en  reciter 
Et  en  maintz  pechiés  delitter; 

36735  Ne  sermon  ne  scevent  ne  heure 
Ne  orent  point  dire  a  nulle  heure  ; 
Glout  ne  poeut  messe  entière  oyr, 
Bonne  compagnie  sieuir 
Qu’il  ne  pense  qu’il  mengera, 

36740  En  quel  vin  se  délitera 

De  Vianne  ou  de  Soissonnois; 

Trop  sont  fesbles  ces  vins  françois. 
N’a  point  de  marée  venue? 

Harens  frès  ou  fresche  molue, 

36745  Ou  saumon,  ou  quelque  fillarde? 
Quant  venra  ce  que  il  me  tarde? 

Ou  ung  morseau  de  venoison, 

D'une  pertris  en  la  saison. 

Et  puis  convenroit  le  bon  lit 
36750  Pour  dormir  aprez  ce  délit. 

Et  aprez  le  bon  franc  sorel, 

Et  la  pomme  de  caillouel. 

C’est  quancques  glout  scet  soudaidier, 
Et  en  quoy  se  poeut  delittier. 

36y55  Aussi  est  le  glout  du  volloir,  (100  a) 
Quant  du  faire  il  n’a  nul  pooir 
Comme  est  cil  qui  le  fait  sans  faille. 
Or  voy  comment  je  le  te  baille. 

Riens  ne  maine  l’homme  a  tourment 
Î6760  Que  la  volenté  seulement, 

36728  de  manque  —  36743  na  il 
quelque  bonnes. 


Mais  de  fait  ou  de  volentés 
Sont  presques  tous  ad  ce  temptés. 

Par  cest  pechié,  tous  aultres  viennent. 
Presques  tout  ce  pechié  maintiennent 
36765  En  une  chambre  propprement 
Ou  il  n’a  que  toy  seullement 
Ou  es  alez  aulx  champtz  tous  seulx. 
Penses  tu,  et  es  deliteux 
De  mener  gloutonneuse  vie 
36770  En  deliter  et  er^énvye,/ 

Femmes,  viandes  en  toutes  voies, 
Ainsi  com  se  tu  les  avoies. 

Gloutrenie  est  de  delitter. 

Amis,  or  le  voeulles  quitter. 

36775  Avec  ce  gloux  est  dissollus 
Partout  l’ou  il  est  congneüs, 

Mal  gracieux,  abhominable, 

Et  a  peu  de  gens  agréable. 

Meismes  le  mot  est  lait  a  dire. 

36780  Glout  par  tous  lieux  fait  a  despire. 
Dieu  et  Sainte  Eglise  le  het; 

Nul  bien  dire  en  nul  tempz  ne  scet. 
Pour  ce  te  jur,  et  ne  mens  mie, 

Que  le  pechié  de  gloutrenie 

36785  Par  dessus  aultres  est  mortelz. 

Et  son  office  est  ores  telz  : 

Tant  est  désirant  de  sa  bouce 
Que  nul  bien  en  Dieu  il  ne  touche, 
Ne  nulz  homs  ne  le  poeut  amer; 

36790  Ne  pense  qu’en  ventre  bouter. 

Pour  Dieu  et  pour  son  nom,croy  moy: 
Oste  ce  pechié  hors  de  toy  :  ( 100  b) 

Trop  est  vil  et  a  diffamer; 

Pour  Dieu,  ne  le  voeulles  amer. 
36795  Or  soies  de  ce  advisés 

Que  j’ay  veu  des  pechiés  assés. 
Toutteffois  es  maulx  qu'ilz  avoient, 
Aucuns  biens  avecques  faisoient, 
Faisoient  ou  les  avoient  faitz 
368oo  Qu’ilz  mettent  remedde  a  leurs  fais, 
Ou  avoient  fait  ordonnances, 

Ou  tresbonnes  acoustumances, 

Ou  bonnes  oeuvres  fait  avoient 
Qui  leurs  pechiés  leurs  alegoient. 
368o5  Qui  bonnes  oeuvres  acoustume, 

Son  cierge  en  Paradis  alurae, 

Car  Dieu  est  si  tresdebonnaire 
Qu’on  ne  scet  si  peu  de  bien  faire, 
Puis  qu’on  le  fait  en  charité, 

368io  Pour  amour  et  pour  vérité, 

36786  Et  manque  —  368oo  metient  —  36802  ou 


—  36754  delitter  — 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


149 


Qui  ne  le  rende,  certain  soies; 

Siques  s'aucun  bien  fait  avoies 
Pour  le  poeuple,  soit  ordonnances, 
Quelques  bonnes  acoustumances, 

368 1 5  Aucun  païs  donné  passages, 

Treüs  et  rentes,  ou  usages. 

Tu  seroies  bien  deschargiés 
En  fais  dont  tu  es  si  chargiés. 

Or  me  dy  s’aucuns  en  as  fais 
36820  Qui  amenassent  telz  méfiais. 

Moins  de  paine  je  t’en  douray 
Selon  ce  que  je  les  orray. 

—  Oïl,  sire,  n’en  doubtez  mie, 

J’ay  fais  de  grans  biens  en  ma  vie. 
36825 —  Or  me  voeulles  briefment  nommer 
Œuvre  qui  face  a  renommer. 

—  Sire,  j’ay  tout  plain  de  biens  fais 
Qui  ne  seront  jamais  deffais. 

J’ay  constitucions  données  (iooc) 
3683o  Par  moy  faites  et  ordonnées. 

Trestout  a  l’encommencement 
Poeuple  vivoit  dévotement 
Des  biens  que  la  terre  portoit  ; 

L’un  a  l’autre  les  departoit 
36835  Begninement  selon  leur  vye. 

Ly  u  ng.  n'a  voit  sur  l’autre^envye;  \ 
Puis  avoient  en  eulx  verté 
Et  l’ung  vers  l’autre  charité  ; 

Ne  faisoient  greniers  ne  trésor 
36840  Ne  sçavoient  qu’èst  argent  ny  or, 
^Julz_edifices  ne  faisoient^. 

Par  nature  tous  s’entr’amoient; 

Les  fruitz  des  arbres  de  la  terre 
Ilz  alloient  tous  les  jours  querre; 
36845  Es  fleuves  prenoient  les  poissons, 

De  ravisseaulx  faisoient  maisons  ; 
D’herbe  vert,  de  bois,  de  gaudines 
Faisoient  loges  et  courtines  ; 

La  acolloient  leurs  amies 
3685o  Et  menoient  jolies  vies. 

Envie  ne  pechié  mortel 
N’estoient  point  en  leur  hostel. 

Tous  se  tenoient  apayé, 

Nullement  n’yerent  esmayé. 

36855  Nul  n’avoit  sur  l’autre  maistrise; 
Trestous  vivoient  en  francise; 

11  n’estoit  baillif  ne  prevost. 

Chascun  avoit  le  cœur  dévot. 

L’un  a  l’autre  portoit  son  bien; 
3686o  Quant  l’un  avoit,  il  disoit  :  «  Tien  !  » 


Jamais  prier  ne  s’en  feïst; 

Tout  le  premier  que  il  veïst, 

Il  offroit  de  sa  soustenance. 

Il  n’y  avoit  nulle  excusance. 

36865  Au  temps  que  Joseph  tint  Egipte, 

La  parole  a  tous  en  ay  lite,  ( 100  d) 

Ses  douze  freres  y  allèrent, 

Leur  pere  Jacob  y  menèrent, 

Qui  Joseph  a  de  coeur  veü  ; 

36870  Icy  devant  l’avez  leü. 

Joseph  ses  douze  freres  tint; 

Avec  son  pere  les  maintint. 

Dont  fu  Jacob  leur  pere  mors. 

Au  val  d’Ebrun  fu  mis  son  corps  ; 
36875  Rachel  sa  femme  le  ploura. 

Qui  monlt  petit  aprez  dura; 

Après  si  tost  issi  de  vie, 

Ou  val  d’Ebrun  ensevelie. 

Le  bon  Joseph  que  Dieu  maintint 
3688o  Tous  ses  douze  freres  retint, 

Et  tous  douze  les  arroya. 

A  tous  douze  femme  donna, 

Dont  yssirent  pluseurs  enflans. 
Ainçois  que  il  fust  six  cens  ans, 

36885  Fut  il  d'eux  si  grant  mencion 
Et  si  grant  generacion, 

Car  ilz  furent,  au  mien  cuidier, 

Bien  plus  de  quarante  millier  ; 
Poeuple  d’Israël  le  dit  on. 

36890  Ce  fut  jusqu’au  temps  Pharaon  ; 
D’eulx  issi  le  sage  Moyse 
Qui  se  maintint  au  Dieu  service  ; 

Ce  fu  le  poeuple  qu’il  requist 
A  Pharaon,  et  tant  lui  dist 
36895  Qu’il  lui  rendit  sans  contredit, 

Ainsi  com  devant  vous  ay  dit  ; 

Cy  devant  le  vous  ay  leü, 

Se  vous  l’avès  bien  pourveU, 
Comment  Moyse  s’en  pena, 

36900  Conment  ou  dezert  les  mena 
Et  quel  sentier  ce  poeuple  tint 
Qui  de  Jacob  et  ses  filz  vint. 
C'estoient  ceulx  certainement  (101  a) 
Qui  vivoient  si  bonnement, 

36go5  Qui  estoient  si  tresbien  mell, 

Dont  je  vous  ay  devant  leü. 

Quant  je  vis  ceste  simple  gent, 

Qui  tenoient  estât  bien  gent, 

De  leur  paix  couroucié  estoie 
36910  Et  lors  les  mis  je  tous  en  voie 


368i3  ou  ord.  —  36837  vérité  —  36866  Voy.  plus  haut,  v.  3937-4118  —  36884cens  manque. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


i5o 

Qu’ilz  pellssent  laissier  arroy, 

Affin  qu’entre  eulx  feüssent  roy. 

Tant  les  tané  que  ilz  me  crurent  : 
Entre  eulx  ung  grant  vilain  eslurent 
36<>i5  Du  lignage  de  Pharaon; 

Oncques  plus  malvais  ne  vit  on, 

Et  le  grant  Golias  aussi 
De  cellui  mal  lignage  issi. 

Lors  establi  je  gentillesse 
36920  Qui  humilité  griefve  et  blesse. 

Lots  fit  charité  hors  chasser 
Et  toute  la  terre  trachier; 

Et  la  prins  fer,  or  et  argent. 

La  fis  départir  toute  gent 
36925  Terres  et  prez,  bois  et  rivières; 

Cil  ot  le  plus  qui  plus  fort  yeres. 

La  fis  je  le  poeuple  combatre, 

Le  plus  fort  le  plus  fesble  batre. 

Lors  fis  je  taillier  pourveances, 

36930  Leurs  garnisons  et  leurz  chevances. 
Lors  fis  je  les  chateaulx  drechier, 
Charité  toute  despisier. 

.  Quant  aucuns  biens  tollu  avoient, 

.  En  iceulx  chateaulx  les  portoient, 
36935  Et  quant  les  sieuoient  aprez, 

Si  jettoient  cailleux  et  grez 
Que  jusqu’à  la  mort  les  menoit, 

Et  lors  partir  les  convenoit. 

Et  quant  iceulx  si  s’en  partoient, 
36940  Qui  le  coeur  si  perdu  avoient,  (101  b)y 
Lors  alloient  a  l’autrui  tendre, 
Prenoient  ou  pouoient  prendre. 

Pour  ce  fi  je  faire  chateaulx, 

Et  les  fossés,  et  les  creneaulx; 

36945  Et  cilz  trestous  premier  les  firrent 
Qui  les  plus  volentiers  tollirent. 
Ceulx  qui  tollirent  et  happèrent, 
Iceulx  les  chateaulx  commencèrent, 
Et  nulle  autre  oeuvre  ne  faisoient 
36950  Fors  que  tollir  la  ou  pooient. 

Ne  firent  nulle  oeuvre  de  main 
Fors  que  tollir  et  soir  et  main. 

Cilz  furent  doubté  et  prisié 
Qui  deussent  estre  desprisié. 

36955  Pour  ce  leur  vint  oultrecuidance 
Qui  toit  amour  et  pascïence; 
Tolirent  a  le  menu  gent 
Ablais  et  bestes  et  argent. 

De  povres  fis  avoir  desdain, 

36960  Et  leur  fis  croire  pour  certain 


Que  li  estât  de  povre  gent 
Nul  temps  n’estoit  ne  bel  ne  gent. 
Povre  gent  n'est  chose  que  vaille. 

Le  forment  sont,  et  cilz  la  paille; 
36q65  Et  bien  entendre  je  leur  fis, 

Et  ilz  crurent  ce  que  je  dis. 

Tant  com  prez  d’eulx  vous  demourez 
Sachiez  que  leur  pillier  serez. 

Et  si  venrront  vos  privetés, 

36970  Et  en  serés  moins  d’eulx  doubtés, 

Et  moins  vous  prêteront  honneur 
Et  plus  près  d’eulx  tenront  le  leur; 
Car  cil  n’est  bon  a  nul  termine, 

Cui  vous  monstrez  vostre  convine. 
36975  Hz  sembloient  estre  tout  ung, 

La  bonne  gent  et  le  commun  ; 

Et  ne  sçavoient  riens  cachier,  (101  c) 
Tout  avoient  sans  riens  muchier, 

Ne  deffault  en  nul  il  n’avoit, 

36980  Commun  ce  que  chascun  avoit. 

Encor  ne  m’en  tins  pas  a  tant  : 
Pour  ce  que  plus  fussent  doubtant 
Je  fis  le  fort  toillir  au  foible 
Argent,  et  héritage,  et  meuble.' 

36985  Dès  lors  fis  je  les  chevaliers 

Par  Ninus  qui  les  fist  premiers. 

Cil  de  mal  faire  se  hasta; 

Cil  Babilone  deserta, 

Ochist  femmes,  hommes,  enffans, 
36990  Cil  qui  tant  fut  mal  consentans, 
Oncques  homs  n’avoit  sur  cheval 
Monté,  ny  amont,  ny  aval. 

Cilz  fis  je  monter  les  premiers: 

Ceulx  appelay  je  chevaliers  ; 

36995  Chevaliers  on  ne  les  disoit, 

Chevaucheurs  on  les  appelloit. 

Quant  il  tendoit  a  aucun  mal, 
Tantost  mandoit  ceulx  a  cheval; 

Cil  les  fit  mettre  es  avangardes, 
3yooo  Et  les  faisoit  des  chemins  gardes; 

Ne  point  de  mains  ne  labouroient; 
Des  biens  d’aultrui  ilz  se  vivoient. 
Mais  quant  je  chevaliers  les  fis, 
Communément  a  tous  leur  dis  : 

3 yoo5  «  Ostés  pitié  et  pacïence, 

Humilité  et  conscience; 

L’autrui  amés  orgoeul  sans  paix, 
Haultain  vous  tenez  tous  adais.  » 

Je  ces  commandemens  leur  dis, 
37010  Quant  premier  chevaliers  les  fis, 


36915  du  roy  Ph.  —  36942  Et  pr.  —  36949  Et  manque  —  36977  riens  manque —  36986  Voy.  plus 
haut  83 19  ss.  et  19683  ss. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


Ne  il z  ne  l’ont  pas  oublié, 

Mais  l’ont  très  bien  multiplié, 

Je  leur  dis  que  ce  estoit  ordre, 

Mais.les  puches  me  puissent  mordre,  (/  o  i  d) 
37015  Se  ne  fut  en  enfler  trouvé! 

N’oncques  de  Dieu  ne  fut  prouvé, 

Et  si  n’est  cil  qui  m’en  desdie, 
Qu’oncques  de  Dieu  fut  establie! 

.Dieu  ne  ses  sains  ne  le  penserrent; 
37020  Deux  ordres  sans  plus  ordonnèrent, 

Et  les  feïst  tout  propprement, 

Sans  aultrui  admonnestement; 

Ce  fu  prestrise  et  mariage; 

Ainsi  le  tesmongnent  ly  sage. 

37025  Mais  qui  la  moye  gent  querra. 
Richesse  tierce  y  trouvera. 

Tant  mon  art  multiplieront, 

Q’ung  jour  venrra  que  ilz  cherront. 
Mon  art  en  orgoeul  périra; 

3yo3o  Bien  sçay  que  Dieu  le  destruira  ; 

Adès  le  m’a  Raison  convent 
Et  le  me  ramentoit  souvent 
Si  comme  elle  fist  les  Templiers, 

Que  je  fis  et  maintins  si  fiers. 

37035  Or  advisez  se  j’ay  fait  bien; 

Et  Dieu  et  vous  m’en  amés  bien. 

Aprez  fis  je  ung  art  qui  dure  : 

C’est  primes  prester  a  usure, 

Car  avant  point  presté  n’avoient, 
37040  Et  de  leur  labeur  se  vivoient; 

De  ce  que  la  terre  donnoit 
Chascun  lïement  se  tenoit. 

Quantz  ilz  orrcnt  possessions, 

Si  gardèrent  leurs  garnisons 
37045  Et  les  volrent  bien  retenir 
Que  nullui  ne  les  pot  tollir; 

Et  de  ce  sus  eulx  se  vivoient. 

Et  mainteflois  aucuns  estoient 
Cui  on  avoit  tolly  le  leur, 

37050  Qui  vivoient  a  grant  dolleur; 

L’autrui demander  ne  volloient,  (102  a) 
Ne  point  aprins  ilz  ne  l’avoient; 

Quant  a  aucun  vivre  falloir. 

Tout  maintenant  son  huis  clouoit 
37055  Et  fermoient  sans  plus  ouvrir, 

Se  laissoient  dedens  raorir. 

Tant  qu’il  advint  a  cellui  temps 
Deux  Juifs  orent  deux  enffans. 

Les  deux  enffans  si  s’entr’amoient 


T  5  I 

37060  Que  l’un  sans  l'autre  fie  voulloient 
Ne  l’un  sans  l’autre  volloit  estre. 

Mais  trop  mal  fu  party  leur  estre 
Si  com  l’Escripture  l’afiche, 

Que  l’un  fu  povre  et  l’autre  riche; 
37065  L’un  ot  des  garnisons  plenté, 

Et  l’aultre  eult  assés  povreté. 

Ung  jour  s’allerent  compagnies 
Les  deux  enffans,  et  eulx  bagnier, 

Si  comme  ilz  se  en  revenoient, 

37070  Ces  deux  enffans  qui  si  s’aimoient 
Que  plus  ne  porrent  demourer, 

Le  povre  se  print  a  plourer 
De  grant  meschief,  de  coeur  parfont, 
A  peu  que  le  coeur  ne  lui  font, 

37075  Et  quant  son  compains  l’a  vôu, 

Doeul  et  pitié  en  a  ëu  :  • 

«  Hellas  !  »  dist  il,  «  compains,  qu’avez? 
Dittes  moy  qu’avés  a  plourez?  » 

Dist  le  povre  :  «  Je  n’en  puis  mais. 
37080  Compains,  ne  vous  verray  jamais, 

Et  n’aray  joye  ne  déduit. 

Nous  finerons  en  ceste  nuit  : 

Failly  nous  est  tout  nostre  vivre, 
Dorénavant  ne  poons  vivre. 

37085  Compains,  a  Dieu  je  te  command, 

Car  ne  poeult  il  estre  aultrement.  » 

Si  tost  que  son  compains  l’oy, 

Tout  adès  a  terre  chëy.  (/02  b) 
Le  povre  enfant  si  se  départ 
37090  Et  tost  s’en  alla  aultre  part. 

Ly  aultre  si  grant  doeul  menoit, 

A  peine  qu'il  ne  s’ochioit. 

Son  pere  et  sa  mere  l’oyrent, 

A  haulte  voix  tous  deux  lui  dirent  : 
37095  «  Pour  Dieu,  beaulx  filz,  et  que  avez? 
Dittes  nous  pour  quoy  vous  plourez. 
—  Beau  pere,  qui  mais  m’amera? 
Mon  compains  anuit  finera, 

Car  de  fain  le  convient  périr. 

37100  Avec  lui  me  lairay  morir. 

«  Beau  filz,  quel  conseil  en  prenray? 
Or  le  me  dy,  je  le  feray. 

—  Beau  pere,  vous  lui  presterez, 

Et  loialment  vous  le  rarez, 

37105  Mais  qu’il  soit  de  cest  pas  sailly, 

Et  que  ses  messons  ait  coeully, 

Et  j’en  seray  pour  lui  teneur, 

Et  de  ses  biens  meismes  rendeur, 


37o56  Et  se  —  37060  Que  manque  —  37069  sen  —  37081  Jamais  naray  —  37086  il  manque  —  37091 
doeul  manque . 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


l52 

Qu’assez  tost  sera  la  saison, 

37110  Et  assez  en  a  en  maison. 

Sans  vous  grever  le  poëz  faire, 

Et  de  la  mort  le  poëz  traire; 

Et  si  ferez  grant  charité. 

Mon  beaulx  doux  pere,  ayez  pité, 
37115  Que  il  en  vie  puisse  ester  ». 

De  la  vint  le  premier  prester; 

Et  tant  prester  multiplia 
Qui  a  usure  s’avoya  : 

Blés  et  vins,  a  terme  et  a  temps, 
37120  Tant  a  creance,  et  tant  contens. 
D’usure  fis  je  les  sentiers, 

Et  avec  ce  les  courretiers, 

Et  les  fis  mentir  et  jurer, 

Et  tous  ensemble  parjurer, 

37125  Et  leur  dit  qu’en  leur  courretage  (  /  02  c) 
S’ilz  voeullent  estre  preu  et  sage, 
Souvent  gaignieret  enbourser 
Et  avoir  assez  entourser, 

Mettent  derrier  l’huis  charité 
37i3o  Et  taisent  toute  vérité; 

Et  se  autrement  ilz  faisoient, 

Envis  marchié  assouviroient. 

Ilz  ont  bien  mon  command  tenu, 
Maintiennent  et  ont  maintenu. 

37135  Par  ce  seront  en  haut  degré 

Et  je  leur  en  sçay  tresbon  gré. 

Or  ay  je  fait  aultre  bezongne 
Que  maintes  gens  de  bien  eslongne, 
Malgré  raison  et  son  pooir, 

37140  Qui  en  poeut  monlt  grant  doeul  avoir. 
J’en  eulx  vers  lui  pluseurs  batailles, 
Lors  que  je  establis  les  tailles 
Que  les  gentilz  homs  ores  lievent, 
Dont  monlt  forment  nature  griefvent, 
37145  Et  dont  maint  preudomme  s’esmaie, 
Selon  ce  que  il  plus  en  paie. 

Gentilz  hommes,  quoy  que  l’en  die, 
Vivent  aujourdhuy  de  tel  vie  : 

Se  povres  gens  ont  leur  sustance, 
37150  Tost  ilz  leur  ostent  leur  chevance; 
Prendent  ce  qu’ilz  ne  gaignent  mie. 
De  tel  gaignier  prendent  leur  vie, 
Dont  les  povres  sont  mehaignié; 

Et  si  ne  l’ont  mie  gaignié, 

37i55  Et  le  font  pourchaté  tenir, 

Par  le  longuement  maintenir. 

Mais  qui  d’aultrui  prent  la  sustance 


Et  qui  lui  oste  a  sa  grevance, 

Il  met  s’ame  a  grand  dampnement, 
37160  Se  cil  qui  fit  Adam  ne  ment. 

Combien  que  je  aye  ce  fait, 

Je  congnois  bien  que  ce  est  tort  fait  :  (102  d ) 
Bien  doit  l’Eglise  disme  avoir, 

Ce  est  propprement  son  devoir. 

37165  Les  dismes  sont  a  eulx  sans  faille  ; 

Cil  se  méfiait  qui  ne  leur  baille, 
Gentilz  homs  avoir  ne  le  doivent. 
Contre  Dieu  les  disme  rechoivent; 

Ce  est  chose  esperitïelle, 

37170  Gentilz  ne  doivent  tenir  celle, 

Et  Dieu  a  sa  face  recreupt 
Gentil  qui  la  disme  recoeult. 

L’Eglise  tous  dismez  avoir  . 

Doit,  si  comme  on  poeult  sçavoir 
37175  Par  Adam  qui  bestes  gardoit 
Qui  le  .xiij®.  ou  feu  ardoit. 

•  Abraham,  Ysaac  dimes  paioient, 

Le  .xiij*.  et  s’i  accordoient. 

N’estient  encor  nullez  églises  ; 

37180  Pour  ce  estoient  au  feu  mises. 

Ad  ce  congnoist  on  clerement 
Que  le  .xiij*.  a  nul  n’avient. 

L’Eglise  si  en  fu  fondée  ; 

Celle  disme  lui  fu  donnée 
37185  De  ce  qu’aloit  a  dampnement, 

.  Ce  fut  son  premier  fondement, 

Non  mie  sur  aultrui  sustance, 

Dieu  ne  voeult  mie  estre  servis 
37190  Des  biens  dont  aultre  est  asservis; 
Dieu  n’a  cure  de  l’aultrui  bien  ; 

Ce  qu’il  a  lui  souffit  tresbien. 

Une  aultre  ordonnance  ay  je  mise, 
Qui  vaultpis  que  la  taille  mise; 

37195  A  le  faire  ay  je  mis  grant  cure. 

Et  est  tout  ce  contre  droiture; 
J’establi  le  formatage, 

Et  se  nulz  sont  preudoms  ou  sage 
Pour  voir,  ilz  ne  le  lèveront 
37200  N’en  nul  tempz  nel  recepveront, 

Car  je  le  fis  de  ma  science,  (io3  a) 
Ou  ja  preudoms  m’ara  beance  ; 

Je  le  fis  a  m’intencion 
Pour  tollir  generacion, 

37205  Ce  pour  quoy  le  monde  est  créez  ; 
Pour  bien  ne  le  feïs,  créez. 


37114  Mon  manque  ;  pitié  —  371 15  puisse  en  vie  —  37120  cr.,  tant  a  c.  —  37137  je  manque  —  37157 
qui  manque  —  37159  grant  manque  —  37193  je  manque  —  37195  Au  f. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


153 


Quant  Moyse  ala  ou  dezert, 

Mena  o  lui  le  poeuple  serfs, 

Quant  des  mains  Pharaon  osta 
37210  Et  à  obéir  les  docta. 

Riens  de  obëyr  ne  sçavoient; 

Comme  bestes  partout  alloient, 

N’avoient  rigle  n’ordonnement 
Ne  tenoient  nul  commandement. 

37215  La  fu  premier  ordre  donnée 
Et  toute  ordonnance  donnée  ; 

Baillie  leur  fu  ordonnance, 

Obéissance  et  abstinence  ; 

Firent  a  Dieu  tous  noncion, 

37220  Sique  il  est  d’ajunccion. 

Dieu  a  eulx  une  voix  tramist, 

Qui  a  eulx  tous  ensenble  dist  : 

■  Choisi  et  prenspar  bonne  amour 
Celle  qui  semblera  meillour.  ■ 

37225  Cy  ot  monlt  bon  commandement, 

Sire  prestre,  certainement. 

Il  ne  dit  pas  :  «  Prens  la  plus  riche, 

La  plus  large  ne  la  plus  chiche. 

Ne  celle  du  plus  grant  parage, 

37230  La  plus  foie  ne  la  plus  sage  »  ; 

Mais  :  •  Celle  ou  le  tien  coeur  bée, 

S’elle  le  voeult,  te  soit  donnée  ; 

Et  ayes  vers  lui  bonne  amour; 

C’est  la  sentence  au  grant  Seignour; 
37235  Ung  homme  une  femme  amera, 

L’ung  l’autre  monlt  désirera, 

Et  de  bon  cœur  s'entr’ameroient, 

Se  ensemble  adjoustés  estoient.  »  (/o.?  b) 
Ne  sont  pas  d’une  merderie 
37240  Que  on  appelle  seignourie. 

Cellui  a  celle  n’oze  tendre, 

Ne  celle  cellui  n’oze  prendre. 

S’ilz  s’entreprendent  riens  ne  sont 
De  plus  espoir  que  ilz  n’aront  ; 

37245  Cellui  au  coeur  mal  en  ara. 

Jamais,  espoir,  femme  n’ara, 

Espoir,  jamais  elle  mary, 

Et  chascun  ira  au  hary. 

Tous  les  ans  pourcestui  usage 
37250  En  demeurent  cent  mariage. 

Cecy  fu  fait  de  ma  science 
Contre  Raison  et  Conscience  ; 

Raison  forment  s’en  courouça, 

Et  pluseurs  fois  m’en  maneça; 

37255  Disoit  qu’oncques  preudoms  ne  sage 
Destourba  ja  bon  mariage, 

«  Les  commans  de  Dieu  ne  les  fais, 

Ce  pour  quoy  le  siecle  fu  fais.  »  . 

Et  je  luis  dis  :  «  Dame  Raison, 


37260  Boutés  vous  en  vostre  maison. 
La  vous  tenez  et  vous  muchiez 


Car  malgré  vous  cecy  courra. 

Or  en  voit  comme  aller  porra, 

37265  Car  il  sera,  soit  droit,  ou  tort. 

Je  suis  plus  poissant  et  plus  fort, 

Ets’ay  plus  que  vous  des  amis 
Qui  bien  m’aideront  trestoudis. 

J’ai  mes  gentilz  hommes  a  moy 
37270  Qui  m’aideront  sans  nul  arroy, 

Les  collieges,  les  abbayes, 

Et  avec  ce  les  chanonnies 
Qui  tous  seront  a  mes  accords, 

Et  metteront  pour  moy  leurs  corps. 
37275  J  a  vostre  conseil  ne  sieurront, 

Pour  leurs  âmes  riens  n'en  feront  ;(io3c 
Leur  sang  et  leur  challeur  menguent, 

Et  boivent  tout  quanques  ilz  suent.' 

Ce  est  le  chaté  gentillesse 
37280  Qu’on  appelle  aujourdhuy  noblesse. 
Iceulx  vivent,  soit  bel  ou  gent, 

De  la  despoulle  a  povrc  gent. 

Pour  noblesse  auctorisier 
Et  pour  eulx  au  monde  prisier, 

37283  Et  pour  eulx  faire  plus  monter. 

Pour  les  povres  plus  débouter, 

Je  fis  que  leurs  homme  devindrent 
Et  les  formariages  tindrent. 

De  ce  fis  Raison  asservir 
37290  Pour  les  gentilz  hommes  servir. 

Tant  .que  l’ont  maintenu  et  hanté 
Que  il  chiet  en  prospérité, 

Et  de  droit  le  voeullent  avoir; 

Mais  ilz  en  venront  a  Doulloir 
37295  Qui  est  ung  mal  gars  sans  pitté. 

Raison  leur  a  pieça  ditté, 

Mais  ne  leur  est  de  l’advenir  ; 

Du  présent  se  voeullent  tenir. 

Ha!  com  présent  est  male  beste! 

37300  Pluseurs  en  ce  siecle  en  font  feste; 

N’y  regardent  ne  bas  ne  hault, 

Ne  du  futur  il  ne  leur  chault 
Qui  mieulx  apartient  a  doubter, 

Que  présent  ne  fait  a  amer. 

373o5  Le  présent  voit  on  deffenir, 

Mais  le  futur  est  a  venir. 

Des  mainsmortes  fis  ensement, 

Dont  par  ce  sont  mille  truhant, 

Et  larrons  pluseurs  aussi  sont; 

37310  Quant  ilz  tous  leurs  biens  perdus  ont, 
Des  eglizes  et  des  gentilz, 

Lors  demeurent  povres  et  vilz, 


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1 54 


RENART  LE  CONTREFAIT 


S’enfuient,  et  vivre  convient;  (io3  d) 
Et  lors  Desesperance  vient. 

373i5  Pluseurs  en  sont  desconforté 

Et  pluseurs  s’en  sont  mal  porté. 

Estre  larron  et  ass^illeur, 

Faulx  parjure  et  faulx  plaideur, 

Pour  ce  en  sont  perdu  ung  millier 
37320  Que  seigneurs  ont  fait  essillier, 

Qui  pour  eulx  ont  prins  et  tenu 
Ce  qu’ilz  deussent  avoir  eü 
Par  droit  naturel  loialment, 

Selon  l'Ancien  Testament. 

37325  Or  l’ont  cilz  par  Force  qui  vaint, 

Dont  Nature  et  Raison  se  plaint. 

Tant  l’ont  longuement  maintenu, 
Qu’en  saisine  si  l’ont  tenu, 

Malgré  Raison  et  son  pourchatz 
3733o  Qui  n’y  a  pooir  ne  q’ung  chatz. 

Eglize  et  gentilz  me  soustiennent 
Et  trestous  mes  fais  entretiennent; 
Dient  qu’ilz  ne  poeuent  avoir 
Chevance  ne  aucun  avoir 
37335  Que  iceulx  ayent  qui  leur  soit. 

Quant  ung  preudoms  la  mort  reçoit, 
Qui  a  tout  son  temps  traveillié, 

Juné,  espargnié  et  vieillié, 

De  ses  biens  ara  retenu, 

37^40  De  quoy  doit  estre  soustenu 
Et  son  corps  tenir  en  santé* 

Pour  eschever  mendicité,  • 

Dieu  fera  de  lui  son  volloir. 

Et  pour  quoy  n’ont  ses  biens  si  hoir? 
37345  Sa  char,  son  sanc  vient  en  présent  ; 
S’on  leur  tault,  on  fait  malement. 

Qui  ma  char  et  mon  sang  taulra 
Ce  que  mon  corps  acquis  ara, 

Pour  quoy  ara  le  mien  chastel 
3735o  Qui  ne  medouroitungmorsel?(/o^j) 
Bien  honneur  faire  ne  me  pense  ; 
Pour  quoy  ara  il  ma  sustance? 

Ne  jamais  bien  ne  lui  fera; 

Pour  quoy  donc  ses  biens  ostera? 
37335  Cil  qui  riens  n’est,  les  voeult  avoir 
Et  hérité  est,  sans  estre  hoir. 

L’autrui  sanc  comment  avoir  voeult 
Et  de  quel  coeur  prendre  le  poeult? 
Comment  le  poeut  riens  soustenir, 
37360  Quant  aultrui  sanc  voeult  retenir? 


Comment  ose  il  l’autrui  sanc  prendre  ? 
Comment  y  ose  il  la  main  tendre? 
Tous  les  maux  qu’il  a  eu  acquis, 

Ou  temps  qu’il  a  ses  biens  acquis, 
37365  Tu  emportes  ;  avec  ce  es  lerres. 

Quant  de  l’autrui  bien  es  tollerres, 
Lerres  es,  et  tous  les  pechiés 
As  dont  il  estoit  entechiés. 

Laisse  au  filz  le  sanc  de  son  pere  : 
37370  Qui  ne  le  fait  il,  le  compere, 

Si  comme  les  ancyens  firent 

Qui  point  d’empeschement  n’y  mirent. 

Lys  de  Jacob  et  d’Esaü, 

Se  leur  patrimoine  ont  eü; 

37375  Des  anciennes  nacions, 

S’estranges  ont  successions, 

Je  ne  t’en  fais  difficulté. 

Tout  ancien  qui  ont  esté 
Qui  congnoissent  soient  scell, 

37380  Doivent  avoir  leurs  biens  eü 

Fors  puis  ung  peu  de  temps  en  ça, 
Que  mon  art  premier  le  pensa, 

Qui  leur  a  affermé  de  voir. 

Ne  poeuent  meilleur  chaté  avoir, 
37385  Et  de  ce  m’ont  si  bien  creü 

Que  bien  sont  au  prendre  esmeü. 

—  Regnart,  deux  choses  me  maintiens 
Contraires,  et  si  les  soustiens. 

Toutes  ces  oeuvres  ton  art  fist, 

37390  Et  Raison  si  les  contredist. 

Dy  moy  qui  premier  les  trouvèrent 
Et  qui  les  premiers  en  ouvrèrent, 

Et  parquelz  mots  dame  Raison 
Dist  qu’il  n’estoit  ne  bel  ne  bon. 
37395  —  Sire,  du  temps  que  Charlemaine 
Estoit  roy,  qui  tant  ot  de  paine, 

Ung  jour  saint  Jacquez  vint  a  lui. 

En  dormant  de  lui  se  plaindi, 

En  dormant  dit  :  «  Roy  terriens, 
37400  Honnouré  sur  les  anciens, 

Qui  tant  de  terres  as  conquises 
Et  a  la  Crestïenté  mises, 

Mais  or  une  oubliée  en  as 
Ou  tu  encores  esté  n’as. 

37405  Ce  est  la  terre  de  Galice, 

La  ou  il  a  tant  de  malice. 

En  celle  terre  gist  mon  corpz, 

Qui  a  grant  martire  fu  mors; 


3731 3  Lors  s'enfuient  —  37322  que  ilz  —  37369  s.  du  pere  —  37376  ont  leurs  —  37385  monlt  — 
37387  On  lit  en  rubrique  :  Prestrb  Hunbert  —  37395  On  lit  en  rubrique  :  Rbgnart;  —  Sur  rapparition 
de  saint  Jacques  à  Charlemagne ,  cf.  la  rédaction  A,  t.  I,  p.  352.  2e  col.  —  37403  or  manque. 


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SIXIÈME  BRANCHE 


1 55 


La  ne  est  veü  ne  sceü, 

37410  Ne  se  oncquez  n'y  fut  eü. 

Le  roy  Angoulant  le  maintient 
Qui  Crestïenté  ville  tient; 

Des  païens  toute  est  poeuplée 
Qui  maintiennent  celle  contrée. 

37415  Fay  tant  que  mon  corpz  soit  requis 
Et  le  sauvement  des  bons  quis. 

Or  va  acquitter  le  passage 
Et  si  fay  le  pclerinage  ; 

Pluseurs  sauver  la  se  porront, 

37420  Dieu  et  les  bons  gré  t  en  sçaront. 

De  ce  plus  ne  te  parleray  ; 

Au  Dieu  plaizir,  je  t’aideray.  »  ( 104  c) 
Charlemaine  s’est  esveillié; 

De  ce  s’est  forment  merveillié. 

37425  A  la  parole  monlt  pensa. 

Ses  princes  devant  lui  manda; 

La  parole  leur  a  comptée 
Que  l’apostle  lui  a  dittée. 

Lors  Chartres  et  briefz  fist  escripre; 
37430  Manda  gens  en  France,  en  l’Empire, 
Que  trestous  venissent  briefment 
Pouroyr  son  commandement, 

Et  a  tous  leur  a  maintenu. 

Monlt  tresgrant  poeuple  y  est  venu, 
37435  Que  en  Espaigne  voeult  mouvoir 
Sans  temps  ne  sans  respit  avoir  : 

«  Or  verrons  qui  de  coeur  venrra, 

Qui  pour  Dieu  le  chemin  prenra 
Et  qui  se  vouldra  délivrer 
37440  De  ce  saint  passage  acquitter. 

Cilz  qui  volentiers  y  venra 
Son  saulvement  y  acquerra. 

Qui  donc  Dieu  ayme  a  lui  se  tiengne  ; 
Et  qui  m’aimeaprez  moy  s'en  viengne.» 
37445  Maintz  en  y  ot  de  courouchiez 
Assez  plus  qui  n’y  ot  de  liez 
Qui  mieulx  aymassent  demourer 
Que  en  Espaigne  cheminer. 

Tout  ainsi  que  l’ost  cheminoit 
37450  Et  es  vallées  se  tenoit, 

Et  tout  l’ost  se  fust  adonc  mis 
Ou  Prouvins  si  est  ore  assis. 

Il  n'y  avoitchateau  ne  ville. 

Mais  ot  valée,  ort  lieu  et  vile, 

37455  Montaignes  et  vaux,  oscurs  lieux 
Sans  habitacion  et  seulx  ; 

Mal  lieu  y  avoit  et  despers; 


Monlt  bien  sembloit  lieu  de  desers. 
Plain  fu de  fumée  et  d’oultrages;  (io4d) 
37460  Monlt  y  avoit  bestes  sauvages, 
Envenimeuzes  et  cuisans, 

Et  dragons  et  oiseaulx  nuisans. 
Apremont  nommer  le  solloient 
Qui  anciennement  vivoient, 

37465  Lieu  plain  de  toute  obscurité 
Et  de  toute  maleureté. 

Apremont  alors  dit  estoit  ; 

Habitacion  n’y  avoit. 

La  furent  pluseurs  establi 
37470  Et  se  tenoient  coaty, 

Etcuidoient  estre  en  esture. 

Les  pluseurs  n’orent  d’aller  cure, 

Mais  en  ce  lieu  monlt  s’esbahirent. 
Quant  le  roy  et  sa  gent  ce  virent, 
37475  Lors  fist  le  roy  communément 
Crier  partout  generalment  : 

«  Quicuncquez  demourer  volra. 

Sa  demeure  faire  y  porra 
Par  si  que  seront  serfs  clamés 
37480  Et  en  servitude  clamés. 

Doresenavant  treu  paieront 
De  tous  les  biens  que  ilz  aront 
Et  de  meubles  et  d’heritages 
Paieront  tailles  et  treuages. 

37485  Trestous  qui  ceulx  cy  demouront, 

De  tous  leurs  biens  treu  paieront 
Trestous  les  ans  sans  delayer.  ® 

Ung  aultre  cry  refist  crier, 

Que  trestous  ceulx  de  male  vye 
37490  Et  qui  vivent  de  houllerye, 

De  jeux  de  dez,  de  jeux  de  tables 

Que  point  aprez  l’ost  ils  n’alaissent, 
Mais  tous  arriéré  demouraissent, 
37495  Car  les  vivres  vont  degastant 
Et  si  ne  vont  riens  proffitant; 

Et  il  est  pechié  du  mener  (jo5  a) 
Et  encores  plus  d’eulx  donner 
Et  leur  pechié  poeult  aultrui  nuire. 
37500  Pour  ce  est  bon  eulx  du  tout  fuire. 
Adonc  se  trairent  d’une  part 
Plus  de  seize  mille  couart, 

Et  dient  que  avant  n’yront, 

Mais  arrier  s'en  retourneront, 

375o5  Car  il  n’ot  en  eulx  qu’esraaier. 

Mieulx  ayment  leur  taille  paier, 

37444  Et...  s’en  manquent  —  37454  ot 
37465  obscurtc  —  37470  Pluseurs  se  — 


37412  Qui  la  —  37413  est  toute  —  37443  donc  manque  — 
manque —  37455  Mont,  vallees  obsc.  —  37464  Ceulx  qui  — 
37477  demoura. 


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1 56 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Car  au  corps  gaigneront  l’avoir. 

*  Pour  ce  voeullent  le  remanoir, 

Non  mie  morir  en  langour. 

37510  Et  Charlemaine  sans  demour 
Les  condempna  sans  delayer 
A  chascun  an  taille  paier. 

Et  sur  ice  s’en  retournerrent. 

Putains  et  houlliers  demourerent, 

375i5  Ribauds  et  les  joueurs  de  dés. 

Illec  furent  logiés  es  prés, 

Et  dirent  illec  se  tenront; 

Illec  Charlemaine  attendront. 

La  le  chateau  de  Prouvins  firent, 

37520  Les  premières  pierres  y  mirent, 

Et  adès  demourerent  la. 

Et  le  roy  Charles  s’en  ala  ; 

Mais  grans  ans  en  Espaigne  sist. 

Je  ne  vous  diray  pas  qu’il  fist, 

37525  Car  cy  devant  vell  l’avez 

Et  ses  oeuvres  bien  le  sçavez, 

Et  des  grans  conquestes  qu’il  fist 
Tant  comme  en  Espaigne  sist, 

Cy  devant  vous  sont  devisé, 

3753o  Se  vous  y  avez  bien  visé. 

Mais  a  chief  de  sa  queste  vint, 

Et  par  illecques  s’en  revint; 

La  ou  n’avoit  qu’une  vallée, 

Une  ville  y  a  trouvée.  (io5  b) 

3y535  Lors  demanda  :  «  Comment  poeut  estre  ? 
Quand  nous  passâmes  par  cest  estre, 

N’y  avoit  ne  piller  ne  bourne: 

Or  y  a  grosse  ville  et  bonne.  » 

Lors  sa  maisnie  lui  a  dit  : 

37540  «  Sire,  souviengiés  vous  du  dit 
Que  toutes  gens  de  maise  vie  • 

Ne  sieuissent  vo  compagnie? 

Dix  mille  en  furent  detrié, 

Qui  ce  lieu  ont  ediflïé.  » 

37545  Dist  le  roy  :  «  Cilz  ont  bien  ouvré, 

Et  par  Dieu  bien  s’i  sont  prouvé. 

Et  pour  cest  mot,  Prouvins  ot  nom, 
Prouvins  ester  de  grant  renom, 

Quant  histoires  cerchier  voulrez, 

3755o  Trestout  cecy  y  trouverez. 

De  la  vindrent  tailles  premiers 
Et  au  roy  et  aulx  chevaliers, 

Et  aulx  eglizes  et  aulx  aultres, 

Tant  sont  allez  lances  sur  faultres, 

37555  Et  par  mon  art  et  par  ma  vie, 

Qu’ilz  ont  tout  mis  a  une  vie. 


A  trestous  les  font  paier  taille, 

Bon  et  malvais,  vaille  que  vaille  ; 

Car  par  moy  en  saisine  en  sont. 

37560  Or  garde  bien  comment  ilz  font, 
Comment  joyssent  par  usage 
De  mainmorte  et  formatage. 

De  Bourgongne  premier  il  vint; 
Bourgongne  primes  le  maintint, 

37565  Et  par  Bourgongne  le  scet  on. 

Ung  chevalier  qu'ot  nom  Othon 
Bien  trente  feus  soubz  lui  tenoit 
Ne  nulle  aultre  choze  n’avoit; 

Leduc  servoitpour  ses  despens. 
37570  Si  advint  dès  icellui  temps,  (10S  c) 
Les  hommes  qui  tous  sont  mortelz, 
Que  en  l’un  des  iceulx  hostelz 
Que  la  femme  a  mort  dévia, 

Et  le  mary  se  maria 
37575  A  une  aultre  femme  voisine 
Qui  n’estoit  pas  de  celle  orine, 

Ains  soubz  l’evesque  demouroit, 

Et  l’homme  homs  Othon  estoit. 
L’homme  quant  soubz  l’evesque  vint, 
37580  L’evesque  tout  pour  sien  le  tint, 

Et  si  le  mist  en  ses  escrips. 

Et  pour  ce  monta  li  escris. 

Othon  quancquez  cilz  ot  sus  lui 
A  tout  aproprié  a  lui  ; 

37585  Et  dist  cil  :  «  Mon  homme  sçavoit 
Que  marier  ne  se  pouoit 
N’en  aultre  seignourie  manoir  : 

Pour  ce  perdera  son  avoir.  » 

Pour  ce  disoit  avoir  acquis 
37590  Quancques  il  avoit  sur  lui  mis. 

Lors  maintint  Raison  le  contraire 
Et  dit  que  bien  le  pooit  faire, 

Que  homs  use  d’auctorité 
Avec  de  libéralité; 

37595  Liberaulx  est,  liberaulx  vit, 

Et  liberaulment  se  chevist 
En  tel  cas  pour  son  volloir  faire  ; 

Nul  n’en  doit  aller  au  contraire. 

A  maistrïer  a  nullui  n’est, 

3"6oo  En  tel  cas  de  lui  sires  est. 

De  lui  destourner  n’a  pooir, 

Se  la  force  n’en  voeult  avoir, 

Et  force  n’est  mie  raison 
S’il  n’y  a  male  mesproison, 

37605  Mais  cil  qui  force  l’en  fera, 

Contre  Dieu  monlt  se  meffera, 

—  37559  Car  manque  —  37563  pre- 


37529  Voy.  la  rédaction  A,  t.  I,  p.  352-355  —  37540  Souviengie 
mierement  vint  —  37573  Que  manque  —  37595  et  lib. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


l57 


Ostera  libéralité,  ( io5d ) 

Seignourie  ou  bien  charité; 

Ne  nul  ne  poeut  sans  lui  mcfTaire, 
37610  Mariage  en  amour  deffaire. 

«  De  son  corps  sire  vous  clamez 
Nourry  n'alevé  ne  l’avez. 

Pour  quoy  le  voulez  maistrïer  ? 

A  quel  cause  vous  doit  prisier  ? 

37615  N’est  il  aussi  homs  corn  vous  estes, 
De  corps,  de  bras,  de  coeur,  de  testes? 
Comme  vous  est  il  d'Adam  nez  ? 
Quelle  chose  lui  demandez  ? 

Se  tous  deux  estiez  en  ung  plain, 
37620  Ne  lui  porriez  oster  son  pain, 

Car  il  est  com  vous  couronnez. 

Pour  quoy  nul  trouble  lui  donnez  ? 
N’a  il  de  Dieu  l’auctorité 
D’user  de  franche  voulenté, 

37625  Et  vous  aussi  com  lui  de  franche  ? 
Quel  droit  avez  vous  donc  en  ce? 
Pour  quel  cause  vous  doit  prisier? 
Pour  quoy  le  vouliez  desprisier  ? 

Se  vous  mariez,  se  voulez, 

37630  Ainsi  en  riens  subgiet  serez, 

Ne  lui  en  vous  ne  vous  on  sien, 

En  lui  n’avez  aucune  rien. 

Ne  fustes  vous  pas  nez  d’un  pere  ? 

Ne  fu  pas  Eve  vostre  mere  ? 

37635  Quel  droit  pardessus  lui  avez  ? 

Si  m’ayde  Dieu,  vous  ne  sçavez, 

Fors  seulement  vo  force  acquise, 

Ou  avez  vostre  entente  mise. 

Se  force  acquize  vous  n’aviez, 

37640  Contre  lui  riens  vous  ne  sçariez, 

Et  se  force  acquise  il  eüst, 

Par  dessus  vous  trestout  peüst, 

Car  vous  n’estes  tant  seullement 
Fors  par  le  force  d’aultrui  gent  ;  (  ;  0  6  a) 
37645  Et  touteffois  que  cilz  vorront, 

La  leur  force  vous  osteront. 

Si  demourriez  tout  seulx  corne  eulx, 
Et  se  il  avoit  sens  en  eulx, 

Iceste  force  ilz  acquerroient 
3765o  Et  feroient  tant  qu'ilz  l’aroient  ; 

Non  aroient  mais  celle  ayde 
Qui  encontre  eulx  si  vous  ayde. 
Doncques  estes  vous  par  ingai, 

Pour  ce  ne  lui  faites  nul  mal, 

37655  Ne  le  reprenez  ne  lui  vous  ; 

Ainsi  a  droit  chevirés  vous.  » 


Lors  fu  Raison  vielle  clamée 
Que  mal  s’estoit  si  main  levée 
Que  ja  crelle  n’en  sera. 

37660  Le  paysant  l’amendera  ; 

Mal  a  fait  contre  mon  volloir 
Il  en  venra  a  grant  dolloir  ; 

Se  l’evesque  n’y  fust  aidans 
Je  lui  feisse  traire  les  dans. 

3y665  Lors  les  gentilz  plains  de  mon  art 
Se  traïrent  tous  d’une  part, 

Dirent  :  «  Deceüs  trop  seriesmes 
Se  nos  hommes  ainsi  perdiesmes, 

Que  par  force  acquis  avons  ; 

37670  Ne  revengier  ne  nous  sçavons 
Encontre  Raison  et  sa  gent 
Qui  est  contre  nous  monlt  souvent. 
Comment  qu’il  soit  par  force  allons, 

Ne  ja  Raison  nous  n’en  ferons  : 

37675  Ung  chascun  se  marïeroit. 

Ains  chascun  nous  deffieroit, 

Lors  deveriesmes  mendïans, 

Et  vilains,  gras,  liez  et  joians. 

Or  châtions  bien  ce  vilain 
37680  Que  chascun  voise  en  son  pelain, 

Et  que  trestous  exemple  y  prengnent  (106  b) 
Siqu’à  obéissance  viennent  ; 

Car  se  nous  point  Raison,  créons, 
Tous  déshérités  nous  serons, 

37685  Et  le  derrain  si  clorra  l’huis.  » 

Lors  dit  chascun  :  «  A  l’acord  suis  !  » 
Par  mon  conseil  fu  Raison  mate, 
Encor  suis  d’acord  qu’on  le  bâte. 

De  la  vint  le  formariage, 

37690  Et  des  mainmortes  ly  usage. 

Aprez  je  basty  alliances 
Et  les  malvaizes  deffiances. 

Lors  fis  je  faire  les  haubers 
Et  les  chevaulx  de  fer  couvers; 

37695  Je  fis  villains  en  l’ost  aller 

Pour  eulx  les  premiers  appeller. 

Or  ay  je  fait  aultres  devises. 

Justice  fay  tenir  Eglizes, 

Prendre,  traîner  et  banir, 

37700  Mairies,  prevostés  tenir. 

Que  Raison  ne  vouloit  entendre 
Que  Eglize  fist  homme  pendre. 

Qui  consent  homme  a  mort  aller 
Pour  voir,  il  est  irrégulier; 

37705  Combien  que  voir  ilz  aulx  folz  dient 
Que  la  gent  ne  pendent  n’ochient  : 


37608  bien  manque  —  37641  il  manque  —  37649  Ceste  —  37676  Ainsi  —  37705  voir  manque, 


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i58 


RENART  LE  CONTREFAIT 


«  Ce  sont  nos  prevotz  et  no  maire  ; 

Ce  ne  faisons  nous  mie  faire.  » 

S’ilz  font  aulx  gens  ou  tort  ou  droit, 
37710  Bien  en  conviengne  la  endroit. 

De  quelz  parolles  usent  ilz? 

De  qui  auctorité  font  cilz  ? 

Qui  les  y  met?  Qui  les  sçustient? 

Et  qui  en  leurs  fais  les  maintient  ? 

37713  A  qui  est  l’acquêt  que  ilz  gaignent,  . 
Quant  aucun  pendent  ou  mehaignent? 

Et  si  sont  payés,  bien  le  dis, 

Du  proppre  argent  du  Crucefix.  (iotic) 
Ores  poeult  on  vëoir  ce  fait, 

37720  Je  m’en  tais  pour  ce  que  l’ay  fait.  . 
Encor  ay  je  fait  meilleur  cure  : 

J’establi  prester  a  usure 

Sur  lettre,  sur  gage,  aultrement, 

Par  le  pays  communément. 

37725  Tant  ay  fait  courre  ce  mestier 

Que  chascun  s’en  scet  bien  aidier; 

Et  si  fis  morir  a  hachie 
Ung  vilain  plain  de  male  vie 
Que  on  appeloit  Bonne  Foy, 

37730  Qu’il  n’y  avoit  nullui  que  moy. 

Pitié,  sa  femme,  morir  fis, 

Et  Charité  en  prison  mis, 

En  prison  jurée,  sachiés, 

Ne  jamais  n’en  sera  saquiés. 

37735  Et,  pour  voir,  cellui  Charité 
Ay  je  trestout  déshérité  ; 

Povres  est  et  despourveüs, 

En  peu  de  lieux  est  mais  veüs  ; 

On  ne  le  voit  mais,  se  peu  non; 

37740  N’est  plus  memore  de  son  nom; 

Or  est  en  fuitte  et  si  sera, 

Envis  jamais  il  régnera, 

Se  n’est  aucuns  des  aprentis 
Qui  sont  ung  peu  de  ses  amis. 

37745  Mais  ne  m’en  chault,  il  n’en  est  guere 
Ne  je  n’ay  cure  qu’on  les  quiere. 

Mais  Humblesse  ne  hay  je  mie, 

C’est  ce  qui  me  donne  ma  vie  : 

Faulx  Semblant,  Constrainte,  Abstinence, 
37750  C’est  ce  qui  me  donne  chevance. 

Ung  jeu  fis  qui  bien  s’est  prouvés  : 
Devant  Troye  la  Grant  fut  trouvés, 

Jeux  de  dez  et  de  merelliers; 

Pluseurs  en  sont  bons  escolliers; 

37755  Mais  qui  mieulx  en  scet  la  science,  (/ 06  d) 
C’est  cellui  qui  a  peu  chevance. 


Advocatz  refis  je  venir 
Pour  les  querelles  contenir. 

Ce  sont  les  miens  meilleurs  amy, 
37760  Ce  sont  ceulx  qui  tiennent  de  my. 
Pour  ung  cent  ont  déshérité 
Que  Raison  n’a  point  racheté. 
Magicque  fut  ore  perdue 
Se  par  eulx  ne  fut  soustenue, 

37765  N’ilz  ne  se  voeullent  advertir 
Pour  nullui  qu’ilz  voient  morir. 

Tant  leur  fu  monstré  a  ung  fais, 
Qu’ilz  scevent  plus  que  je  ne  fais. 

En  court  et  en  long  ilz  sont  maistre, 
37770  Sans  eulx  ne  puis  je  ne  doy  je  estre. 
Je  establi  les  curratiers 
Qui  maintiennent  pluseuz  sentiers. 
Cilz  disnent  souvent  a  ma  table, 

Pour  ce  qu’ilz  sont  tous  plains  de  fable. 
37775  Ils  sont  cousins  aulx  menestreux; 
Ensemble  s’en  vont  deuxa  deux. 
Curratiers  scevent  maintz  barats; 
Maintz  bons  preudommes  ont  fait  las; 
Ne  leur  en  chault  mie  gramment, 
37780  Qui  voit  ou  arriéré  ou  avant. 

J’ay  une  aultre  gent  establie, 

Qui  sont  de  la  jolye  vye, 

Qui  aulx  menestreux  resont  frere, 

Et  furent  engenrez  d’un  pere 
37785  Et  d’une  meïsme  nature; 

Florum  est  le  dieu  de  luxure, 

Pour  ce  les  a  il  tous  en  cure, 


Charmiers  sont  iceulx  appelés 
37790  Que  je  ay  d'entrer  ramenés, 

Dont  Florum  le  deable  jolis 
Par  lui  seront  ensevelis, 

Et  Florum  est  le  dieu  d’Amours(/07  j) 
Qui  en  enfer  se  vest  de  flours. 

37793  Aprez  j’ay  asservi  denrrées 
Qui  sont  par  les  foires  trouvées 
Que  on  appelloit  francement; 
Chascun  vendoit  a  son  tallent. 
J’establi  aulx  terres  terrages, 

37S00  Les  coustumes  et  les  servages, 

Pour  ce  que  ceulx  qui  les  tenront 
Tout  malgré  Raison  les  prendront, 

Et  ceulx  qui  les  ont  tellement 
Ne  poeuent  tenir  longuement, 

37805  Pour  ce  que  c'est  de  mon  chaté 
Selon  la  droitte  auctorité. 


37733  ce  sachiés  —  37767  leur  a  on  —  37770  je...  je...  manquent  —  37806  la  manque. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


,15g 


Quicuncques  mon  chaté  prendra, 
Longuement  tenir  ne  porra  ; 

Et  maint  diroient  que  si  fait, 

37810  Si  corn  Eglize  tout  a  fait, 

Qui  mainmortes  et  mariages 
Mettent  trestous  en  leurs  usages, 

Puis  dïent  :  «  Vous  vëés  clerement 
Que  nous  les  tenons  longuement. 
37815  S’a  nous  ne  défissent  advenir, 

Longues  ne  les  peussions  tenir; 

Se  de  bon  chaté  ce  ne  feust, 

Tant  a  nous  esté  il  n’eüst. 

Doncques  voit  on  par  vérité 
37820  Que  tel  gaaing  est  de  bon  chaté, 

Car  se  tel  gaing  Dieu  n’envoiast, 

Tel  gaignement  ne  nous  durast. 

Or  nous  dure,  donc  a  Dieu  plaist, 

Et  pour  ce  perdre  il  ne  nous  plaist.  » 
37825  Non,  non,  telle  response  est  bonne; 
Tu  vas  hors  voye,  et  lais  la  bourne. 
Or  entens  bien  la  vérité, 

Qui  par  tel  superfluité 
Emprens  et  as  devers  toy  mise, 
37830  Et  tu  dis  quec’estpour  l’Eglise.  (107  b) 
Premier,  de  l'autrui  Dieu  n’a  cure: 
Voeult  gaing  de  conscience  pure. 

Se  tu  lui  oste  d’une  part, 

Tant  est  moins  servi  d’aultrc  part. 
37835  Se  les  aultrui  biens  tu  retiens, 

Trestous  ceulx  de  qui  tu  les  tiens 
S’en  tiennent  vers  Dieu  moins  tenu, 
Et  plus  a  tart  a  Dieu  venu. 

Dieu  en  délaissent  a  prier, 

37840  A  loer  et  a  gracier, 

Pour  voir  si  tenus  n’y  sont  mye, 

Et  se  ilz  tenlssent  leur  vye, 

Les  moeubles  et  leurs  héritages 
Que  tu  leur  ostes  que  non  sages. 
37845  Ainsi  en  perdant  Dieu  oublient, 

En  plusieurs  vanités  se  lient. 

Et  tu  chantes  de  leur  sustance! 

Amis,  je  te  pry,  bien  y  pense  : 

Se  Dieu  ton  chant  ayme  et  prise, 
37850  Quant  le  bon  homme  ainsi  desprise 
Et  de  ce  lui  voeulx  chant  chanter, 
Dont  il  est  au  desconforter, 

Il  en  pleure,  et  tu  en  chantes; 

Ja  de  tel  chant  tu  ne  te  vantes. 

37855  Encor  du  chaté  pas  n’es  mie  ; 

Tu  n’y  as  que  ta  povre  vie; 


Nulz  de  tes  hoirs  point  ne  l’ara. 

Mais  le  pechié  tien  en  sera 
Qui  y  aras  la  paine  mise, 

37860  Car  tu  n’ez  pas  hors  de  l’Eglize. 

Ce  gaaing  peu  te  durera, 

Mais  a  l’ame  multipliera. 

Et  leproflit  qu’en  devra  naistre 
Sera  a  ceulx  qui  devra  estre, 

3y865  Non  pas  a  toy  qu’as  retenu, 

Mais  a  ceulx  dont  il  est  venu, 

Caradez  l’Eglize  sera  (l07  c) 

Qui  adez  gueredom  souldra 
Des  biens  qu’elle  ara  recheüs 
37870  A  ceulx  qui  y  seront  eüs, 

Et  a  ceulx  dont  yssus  seront. 

Iceulx  les  biens  en  rechevront, 

Non  point  tu  qui  prins  les  aras, 

Qui  espoir  en  paine  en  seras, 

37875  Car  l’Eglize  riens  n’en  retient 

Des  biens  que  elle  d’aultrui  tient, 

Mais  lesrent  tost  sans  respiter, 

Car  d  aultrui  bien  el  n’a  m’estier; 

Ne  se  vante  nulz  d’asservir 
37880  Aultrui  pour  l’Eglise  servir, 

Car  les  biens  point  ne  demourront 
A  lui,  mais  a  ceulx  cui  seront; 

Et  cil  en  sera  dechells 
Qui  prins  les  a  et  recheüs, 

3y885  Car  Dieu  est  juste,  tout  pour  voir, 

Qui  rent  a  chascun  son  devoir. 

Pour  ce  ne  demeurent  n’affierent 
Nulz  biens  a  ceulx  qui  les  acquièrent. 
Mais  en  demeurent  dechell 
37890  Car  sont  a  ceulx  cui  sont  ell 
Mon  chaté  est  de  tel  nature  : 

Assez  tost  fait  et  petit  dure. 

Folz  est  qui  mon  chaté  acquiert, 

Ne  en  mes  richesses  se  fiert  ; 

37895  En  la  fin  se  repentira 

Qui  sur  mes  richesses  ira. 

Je  n’ay  a  nullui  contenchon 
De  tous  mes  fais,  fors  a  Raison. 

En  tous  temps  elle  me  coeurt  seure; 
37900  Pour  ce,  ne  l’ameray  nulle  heure. 
Pour  moy  fu  cecy  tout  trouvé. 

Or  veez  se  j’ai  bien  ouvré. 

Trestout  vint  primes  de  Bourgongne, 
Et  puis  si  failli  en  Chanpaigne  (/07  d ) 
37905  Tant  le  hantent  et  ont  hanté 

Qu’ilz  se  tiennent  pour  droit  chaté; 


37828  Tu  qui  —  37861  dura — 37872  rccheveront — 37881  demouront. 


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i6o 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Partout  le  font  multiplier 
Ne  l’ont  mais  tallent  d’oublïer; 

Raison  s’en  est  monlt  debatue, 

37910  Mais  jamais  n’en  sera  creüe, 

Encor  aultre  chose  establi 
Que  on  ne  met  pas  en  oubli, 

Que  j’ay  pour  mes  gentilz  trouvée, 

Que  vilains  leur  doivent  corvée 
37915  Par  toutes  les  quatre  saisons, 

Malgré  en  ait  eü  Raisons 
Qui  disoit  c'estoit  grant  dolour 
Laissier  sa  chose  pour  la  lour. 

Tu  laisses  ta  bonne  saison 
37920  Contre  droit  et  contre  raison, 

Tu  vas  estudier  pour  ayer, 

Tu  pers  le  tien  pour  lui  aidier. 

Gré  ne  t’en  scet,  mais  t’en  viltoye. 

Lors  dit  Raison  qu'alat  sa  voye, 

37925  Que  pour  lui  on  n’en  feroit  plus. 

Celle  s’en  tait  qui  ne  pot  plus. 

J’ay  fait  serves  condicions 
Que  toutes  les  religions 
Et  les  gentilz  avec  les  tiennent. 

37930  Que  tout  quanqu’ilz  ont  a  eulx  viennent. 
Trestout  quancquez  ilz  ont  acquis, 
Iceulx  mors,  ilz  sont  trestout  pris; 

N’y  a  frere,  soeur  ne  parent, 

Qui  en  est  vaillant  ung  harenc. 

37935  Ceste  chose  est  assez  prouvée 
Que  c’est  chose  mal  controuvée. 

La  ou  oncquez  riens  mis  n’aray, 

Sans  moi  laissier  je  le  tenray, 

Dont  Raison  dit  en  audience  : 

37940  «  Qui  poeut  donner  ceste  semence. 

Que  ce  qui  riens  ne  m'a  cousté  (108  a) 
Qui  ne  vient  pas  de  mon  costé 
N’oncquez  mais  veü  ne  l’aray, 

A  quel  cause  le  prenderay? 

37945  II  ne  doit  ne  m’appartient, 

De  moy  ne  des  miens  riens  ne  tient 
N’a  moy  ne  meffit  tost  ne  tart. 

Pour  quoy  en  sont  si  hoir  bastart  ? 
Comment  poeut  il  a  moy  venir? 

37950  Comment  le  puis  je  retenir? 

Par  Cellui  qui  tous  bien  créa! 

C'est  force,  aultre  cause  n’y  a. 

Et  cil  qui  tel  chaté  maintient, 

A  grant  meschief  leur  ame  vient, 

37955  Et  volentiers  l’amenderoient 
S’arriere  revenir  pooient, 


La  ou  nulle  riens  je  n’ay  mis. 

Et  je  voy  plourer  les  amis 
Et  le  sanc  qui  leur  sanc  requiert; 
37960  Nature  Nature  requiert  : 

Comment  doy  je  donc  a  Nature 
Oster  sa  propre  nourreture? 

De  son  sanc  suis,  et  il  du  mien  : 

Pour  quoy  son  sanc  ne  sera  mien 
37965  Qui  oster  doncques  le  me  poeult, 

Et  qui  a  le  me  oster  s’esmoeut? 
Comment  doncquez  demander  l’ose 
Qui  y  a  moins  que  nulle  chose?  » 

Lors  lui  dis  je  :  «  Dame  Raison, 
37970  Vostre  dit  n’est  pas  en  saison. 

Du  parler  vous  tenez  en  paix. 

Ainsi  sera,  n’en  parlés  mais.  » 

Si  fis  je  une  aultre  marchandise 
Qui  jadis  fu  a  moy  commise. 

37975  Le  quens  de  Champaigne  ot  deffault; 
Pour  ce  me  dit  :  «  Argent  me  fault. 
Quatre  vingz  mille  livres  quier 
Dont  j’avoye  tresbon  mestier  ».  (108  b) 
Le  roy  Loys  que  on  dit  saint, 

37980  Et  lequel  ne  crëoit  pas  maint, 

Lui  presta  icellui  argent, 

Mais  gage  en  bailla  bel  et  gent 
Dont  monlt  Champaigne  en  avilla. 
Trente  trois  fiefs  lui  en  bailla 
37985  En  gage  pour  l'argent  ravoir 
Dont  il  ne  fist  mie  sçavoir. 

Et  certain  jour  ravoir  les  poeult. 

Le  conte  fist  bien  ce  qu’il  doeut, 

Car  ung  mois  aprez  s’avoia, 

37990  Et  ses  deniers  lui  renvoia; 

Mais  ne  trouva  qui  les  preïst. 

Pour  ce  convint  qu'il  les  meïst 
En  gage  a  Paris  en  repost, 

Car  le  Roy  prendre  ne  les  volt. 

37995  Encores  les  deniers  la  sont, 

Mais  les  fiefs  pas  rendus  ne  sont. 

Et  quant  la  mort  cellui  roy  tint 
Phelippe  Hardy  a  lui  vint, 

Dist  :  «  Beau  pere,  le  quens  vous  proye 
38ooo  Que  vous  recepvez  sa  monnoye. 

Et  que  vous  ses  fiefs  lui  rendez. 

—  Beaul  filz,  »  dist-il,  «  a  quoy  tendez  ? 
—  Je  vous  fay  cecy  a  sçavoir 
Se  il  poeut  ja  ses  fiefz  ravoir, 

38oo5  Et  il  vous  voeult  esmouvoir  guerre. 

Il  vous  menra  a  perdre  terre 


37915  les  manque —  37963  doncques  manque  —  37980  Et  manque . 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


Et  encontre  lui  ne  durrez. 

Or  en  faittes  ce  que  volrez.  » 

Phelippes  en  tel  point  se  tint 
38oio  Que  les  fiefz  et  l’argent  retint. 

Je  ne  les  laissié  oncquez  rendre. 

Or  poeut  le  quens  assez  atendre. 
Tantay  fait  le  fait  delayer 
Que  tout  est  mis  a  oublier. 

38oi5  Iceulxsont  mors  qui  l’ont  sceü;(/o8i) 
Cuiil  n’en  chault  se  sont  tell. 

Chascun  s’en  tait  et  je  m’en  tais  ; 

Je  m’en  dois  bien  tenir  en  paix . 

Le  premier  qui  oncquez  tendi 
38020  Ad  ce  que  prevostés  vendi, 

Oncques  vendu  n’orent  esté, 

Quant  je  par  mon  art  l'ennorté  : 
Vendis  prevostés  et  mairies 
Qui  ne  sont  point  encor  taries. 

38o23  Encor  les  vent  on  en  présent. 

Mais  ce  fay  je  certainement, 

Si  lui  fis  je  pour  acquérir, 

Primes  disiesmes  requérir. 

Le  premier  diziesme  rechupt; 

3So3o  Ne  sçay  se  le  Pappe  déchut 
Ne  se  le  roi  fut  dechells 
Oncques  roy  ne  les  ot  eüs. 

Et  si  lui  fis  trestout  de  voir 
Primes  les  regalles  avoir; 

38o35  Le  regalle  print,  n’eust  esté, 

C’est  espcritualité. 

Raison  disoit,  selon  la  lettre, 

Que  nul  lay  ne  doit  la  main  mettre 
Tout  ce  qu’a  Eglize  appartient 
38040  Et  tout  ce  que  d’Eglize  vient. 

Raison  s’en  debaty  assez, 

Maistost  fu  son  débat  cassez. 

Aussi  prinst  il  premièrement 
Malgré  Raison  et  son  convcnt 
38043  Que  Raisonne  poeut  retarder 
Deniers  d’abbaVe  a  garder 
Qui  toutes  sont  dessoubz  sa  main 
Couchans  et  levans,  soir  et  main. 
C’est  ly  argent  du  Crucefix, 

38o5o  Et  si  n’y  met  ung  parisis, 

Il  ne  met  néant  au  garder; 

Nul  n’y  oseroit  contrester,  (10S  d) 
Et  pour  ce,  pas  moins  ne  lui  chiet 
Grand  amende  quant  elle  eschiet. 
38o55  Tout  cecy  ay  fait  ou  fait  faire. 

Par  Dieu,  je  ne  m'en  doy  pas  taire. 


Je  le  doy  bien  ramentevoir, 

Car  il  a  valu  maint  avoir 
Et  au  temps  advenir  vaulra, 

38o6oCar  mais  des  mois  il  ne  faulra. 

Bon  procureur  fusse  je  eüs, 

Se  le  roy  m’eust  bien  pourveüs, 

Je  lui  amenasse  bon  pain, 
Souventeffois  et  soir  et  main. 

3 806 5  Mais  Nicolas  Cholès  ne  daigne, 

Son  grand  procureur  en  Champaigne, 
Qui  m’en  a  du  tout  débouté; 

Mais  volentiers  l’eüsse  esté. 

Il  a  juré  qu’il  le  sera, 

38070  Et  que  ja  jour  bien  n’y  fera; 

Et  il  fera  a  son  pooir 

Qu’il  acquerra  tresgrant  avoir. 

N’aultre  de  lui  n’en  sera  mie, 

Tant  que  Dieu  doint  a  Phlipe  vie, 
38075  Se  Raison  ne  lui  nuit  avant, 

Qui  monlt  parle  de  lui  souvent. 

Or  attendray  ce  que  doit  estre 
Tant  que  Cholès  truisse  son  maistre; 
Plus  que  tant  ay  or  attendu, 

3So8o  Et  toudis  av  mon  arc  tendu 

0 

Pour  traire  la  ou  je  porray, 

Jusques  m’entencion  aray. 

Or  ay  une  aultre  chose  fait 
Que  jamais  ne  sera  défiait 
38o85Au  contraire  de  povre  gent, 

Qui  vault  chascun  an  maint  argent. 
Gentilz  hommes  et  abbayes 
Ne  s’en  tiennent  point  esbahies  : 

Maint  denier  chascun  an  il  vault  (/ 09  a ) 
38090  Et  tout  paier  au  povre  fault  ; 

Abbayes  ne  chevalier 
Ne  paieront  point  ung  denier. 

Je  fis  sur  les  possessions, 

Terres,  vignes,  prez  et  maisons, 

3809?  Les  saisines  perpetuelz 
Et  y  mis  servitudes  telz 
Que  toutes  fois  que  on  les  vent 
Soit  ou  long  terme,  ou  souvent, 

Je  fay  la  au  seigneur  paier 
38ioo  De  chascun  vingt  sols  sans  targier, 
S’il  ne  le  scet  tresbien  debatre, 

Pour  les  ventes,  trois  solz  ou  quatre, 
Ce  est  le  sixiesme  denier. 

Pour  ce  ne  demeure  a  paier 
38io5  Celle  saisine  tous  les  ans. 

Or  vëez  donc  comme  est  dollans 


38009  Philippe —  38o3i  sc  il  fut  — 38oGi  je  manque —  38o66  Champagne  —  38074  Philipc. 
Tome  II.  1 1 


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tÔ2 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Et  combien  se  doit  esmaier 
Gui  il  convient  cecy  paier, 

Car  cellui  qui  riens  n’y  a  mis 
3 8 1  io  Ne  oncquez  ne  fut  ses  amis, 

Ne  honneur,  ne  bien  ne  lui  dist, 

Ne  oncques  proffit  ne  lui  fist 
Ne  néant  ne  le  deporteroit 
Ne  pour  lui  riens  il  ne  feroit. 

38 1 1 5  Et  si  a  le  quint  de  son  bien, 

Raison  dit  que  il  n’est  pas  sien, 

Car  elle  dit  :  «  Nul  ne  doit  prendre 
N’a  nulle  chose  la  main  tendre 
S’il  ne  l’a  par  loial  labour, 

38i20  Par  chanté  et  par  amour. 

—  A  quel  cause  doneques  ara 
Le  mien  qui  gré  ne  m’en  sçara 
Et  qui  ne  l’a  point  desservi?  » 

Raison  n’accorde  point  cecy 
38 1^5  Mais  mal  gré  lui  il  est  passé 

Et  trestout  son  voloir  cassé;  [iog  b) 
Or  en  ait  elle  le  mal  gré. 

Encor  ay  fait  aultre  decré  : 

Corn  preudoms  et  leaulx  et  sages, 
38i3oJc  ay  acoustumé  terages 
De  dix  garbes  l’une  paier. 

Or  se  poeuent  bien  esmaier, 

Et  si  n’en  facent  ja  dangier  ; 

Ne  poeuent  sans  le  teragicr 
3 8 1 3  3  Dessus  le  champ  le  blé  oster 
Qu’on  ne  leur  feïst  rapoter  ! 

Or  vëez  comment  se  mainiiennent 
Povrcs  gens  qui  telz  terres  tiennent  ! 
Ont  ilz  assez  de  povretés, 

38iqo  De  grans  paines  et  de  durtës  ! 

Encor  s’aultre  mal  ilz  n’eusissent, 
Souffisanment  ilz  se  chevissent; 

Mais  je  qui  ne  les  voeulx  amer 
Et  qui  les  voeulx  tous  débouter, 

38145  Et  qui  leur  ay  fait  maintes  guerres, 

Je  ay  fait  mettre  sur  leurs  terres.. 

Sur  les  prez  et  sur  leurs  maisons, 

Sur  leurs  mes  et  sur  leurs  cloisons, 

Je  qui  en  nul  tempz  ne  les  aim, 

38 1 5o  Car  gelines  et  blé  et  pain 

Chascun  an  paie  par  coustume, 

Siqucs  quant  ly  ung  moeurt  ou  tume, 
Ou  que  sans  hoir  se  doit  morir, 
liperttout,  dont  poeut  ce  venir 
38 1  3 3  Que  ja  ses  hoirs  riens  n’en  aront, 

Et  trestous  privés  en  seront, 

Et  toutes  ces  choses  aront 

38206  or  —  382o8  quelle. 

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Ceulx  qui  ja  gré  ne  l’en  sçaront. 

Mais  d’une  chose  esbahis  suis 
38t6o  Que  tant  grever  je  ne  les  puis 
Que  ilz  ne  les  voeullent  amer, 

S’ilz  leur  faisoient  le  coeur  crever 
Et  chascun  jour  les  traïnaissent,  (iogc) 
Que  les  vilains  ne  les  aimaissent. 

38i65  Les  criemment  et  leur  portent  honneur, 
Et  les  appellent  :  «<  Monseigneur  !  » 

Du  leur  n’endurent  pas  a  traire, 

Ne  ne  s’endurent  a  bien  faire, 

Ainçois  vivent  monlt  povrement, 

38170  Vestent,  chaussent  monlt  povrement; 
Du  tout  se  voeullent  abaissier 
Pour  leurs  seigneurz  lcurz  biens  laissier, 
Et  cilz  ne  douroient  pas  d'aulx, 

Ne  de  leurs  corps  deux  paniers  d’aulx, 
38175  Mais  les  vitupèrent  et  fuient, 

Et  les  meschans  villains  les  suient, 
Honneurent  et  font  honnourer 
Ceulx  qui  les  voeullent  ahonter. 

Doit  on  bien  haïr  telz  vilains 
38i8o  (Par  le  vray  Dieu,  point  ne  les  aims), 
Qui  eulx  et  leurs  hoirs  déshéritent 
Pour  ceulx  qui  tousjourz  les  débitent, 
Qui  ne  leur  poeullcnt  trop  mal  voir? 
Sire  prestre,  ne  dy  je  voir, 

38i85  Quant  se  voeullent  deshonnourer, 

Pour  iceulx  seigneurs  honnorer 
Et  croy  se  les  dens  leur  traioient 
Que  les  vilains  les  aimeroient  r 
Car  point  de  congnoissance  ilz  n'ont, 
38igo  De  voir,  qu’ilz  sont  homs  corne  ilz  sont. 
Pour  riens  que  sachent  despiser, 

Ilz  ne  se  voeullent  adviser 
Pour  parole  ne  pour  despit 
Ne  pour  chose  que  on  leur  dit 
38 1  o3  Que  la  dame  de  Doche  ait  fait, 

Qui  fit  oster  trestout  de  fait 
Une  femme  de  terre  hors 
(Six  jours  y  ot  esté  son  corps), 

Pour  ce  qu’aucun  lui  fu  comptans 
38200  Que  la  femme  avoit  en  son  temps  (  /  09  d) 
Quinze  aunes  de  toille  filléc 
Dont  elle  estoit  envelopée 
Et  en  quoy  fut  ensevelie. 

La  dame  dit  :  «  Ne  me  plait  mie 
?82o5Que  tel  vilaine  ait  dedens  terre 
Ma  toille;  ore  le  m’alés  querre; 
Quancques  elle  avoit  estoit  mien, 

Nul  bien  que  elle  eüst  n’estoit  sien.  » 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


l63 


Lors  fist  la  fesse  desserrer 
38210  Et  celle  femme  desterrer; 

D'entour  elle  la  toille  osta, 

Le  corps  arrier  ens  rehouta, 

Comme  ellst  une  beste  fait. 

En  l'an  mil  .iijc.  ce  fut  fait, 

38a  1 5  Que  la  dame  ce  fait  emprist. 

De  celle  toille  couvrir  fist 

Ses  trois  chevaulx  pour  la  chalour. 

Orvëez  se  ce  fust  vallour  : 

Oncques  vilains  n'y  regarderont, 

38220  Mais  plus  l’amerent  et  doubterent. 

Sire  prestre,  ne  quiers  celler  : 

Telz  gens  font  petit  a  amer. 

—  Par  foy,  Regnart,  monlt  me  merveil  ; 
De  toy  ne  vis  oncques  pareil. 

38225  Tu  as  si  gentillesse  amée, 

Maintes  leurs  maisons  as  fermée 
Et  de  la  sustance  d'aultrui, 

Que  s’oneques  les  fais  Dieu  congnui 
Tu  en  seras  d’enffer  es  joings, 

38a3o  Et  ilz  n'en  reseront  pas  loingz. 

Tu  leur  as  donné  les  richesses, 

Et  les  aizes,  et  les  noblesses, 

Et  les  plentés,  et  les  ayeues, 

Que  tu  as  aulx  aultres  tollues. 

38235  Or  sont  en  aize  et  en  honneur, 

Et  cilz  en  sont  a  deshonneur  (  /  /  o  tf) 
Et  en  tiennent  les  grans  franchises 
Que  tu  as  sur  povres  gens  prises. 

—  Sire  prestre,  ore  me  créez, 

38240  Car,  se  bien  vous  cler  y  vëez, 

Ilz  sont  plus  serf  que  toute  gent 
Combien  qu’il  mainent  estât  gent, 

A  douleur  et  a  meschief  vivent 
Pour  ce  que  tous  meschiefz  les  sivent, 
38245  Et  ilz  les  doivent  bien  sieuir, 

Avecquez  ce  tout  bien  fuir. 

11  en  y  a  monlt  peu  d’aisiez  ; 

Les  bons  diray,  se  vous  taisiez, 
Comment  ilz  sont  tous  serfz  vilain 
3825o  En  leur  pays,  et  prez  et  loing, 

Puis  que  gentilz  se  voeullcnt  dire 
Et  j’en  voeul  la  cause  descripre. 

Tout  a  premièrement  venir, 

Aulx  gentilz  fis  les  fiefz  tenir. 

38255  Et  fief  si  est  de  tel  nature, 

Paisible  preudoms  n’en  a  cure. 

L’un  et  l’autre  tiennent  de  fié 
Et  si  en  sont  joyant  et  lyé, 

38223  On  lit  en  rubrique  :  Prestre  Hunbbrt  — 
38284  °r  manque . 


Et  se  ilz  tresbien  cler  vëoient, 

382G0  De  tenir  ja  lié  n’en  seroient, 

Car  nul  a  fief  tenir  n’aprent, 

Se  de  souverain  ne  le  prent. 

Le  petit  reprent  du  greigneur, 

Et  le  greigneur  prent  du  seigneur. 
38265  Ainsi  tiennent  chascun  a  gré, 

Montant  de  degré  en  degré; 

Tout  et  chascun  subgiet  se  rent, 

Et  cellui  de  qui  le  fief  prent. 

Et  pour  ceste  subgiection 
38270  Se  dient  de  noble  nacion  : 

«  En  fief  tenons,  tous  nobles  sommes; 
Et  ne  sommes  pareilz  aulx  hommes.  » 
Iceulx  nobles  firent  requeste  (1 10  b) 
«Et  leur  sembla  monlt  estre  honneste) 
38275  Au  roy  Hutin,  de  France  né, 

Filz  Phelipe  le  Bel  aisné, 

Que  ilz  peüssent  l'un  sur  l’autre 
Guerrier  a  lance  sur  faultre 
Si  tost  que  s'entremefferoient. 
3Si8oCccy  requirent,  et  ilz  l'oyent  ; 

Plus  mal  pour  eulx  quérir  ne  porent, 
Ja  soit  ce  que  ainsi  le  volrent. 

Puis  aultre  chose  ont  ilz  requise  : 

«  Sire,  une  ordonnance  or  est  mise 
38285  En  Champagne  especïalment, 

Qui  y  est,  il  a  longuement; 

Quant  nous  une  amende  faisons, 
Soixante  livres  y  paions, 

Et  les  bourgois  soixante  solz; 

38290  Et  par  my  ce,  ilz  sont  absoulz. 

Si  nous  faites  ceste  bonté  : 

S’aucun  bourgois  nous  fait  durté, 
Pour  soixante  livres  soions 
Quittes,  se  cellui  ochïons.  »> 

3829?  Lors  le  roy  Hutin  leur  a  dit 
Que  il  leur  accordoit  ce  dit, 

Que  par  my  les  soixante  livres 
D’eulx  ochire  seront  delivres; 

«  Et  ilz  aussi  quittes  seront 
383oo  TouttefTois  qu’ilz  vous  ochiront 
Pour  soixante  solz  seulement. 

Seront  com  vous  pareillement. 

Se  voulez  ottroyer  ce  point, 

Je  l’ottroye  de  point  en  point.  » 
383o5  Ad  ce  ne  s'acorderrent  pas. 

Or  venray  a  mon  premier  pas  : 

De  ce  vous  poeult  bien  souvenir 
Quel  chemin  ilz  vaulrent  tenir. 

38239  or  —  38272  Et  manque  —  38278  sur  aultre  — 


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164 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Les  guerres  entr’eulx  se  donnèrent. 
383 10  Accordé  fu,  ilz  l’acorderent;  (110  c) 
Or  est  ore  ainsi  en  présent. 

Plus  tost  ne  tourne  cocq  a  vent 
Que  l'un  a  l'autre  se  courouce 
Et  se  trouble  et  se  degrouche, 

383 1 5  Et  plus  tost  se  sont  couroucié 
Qu'on  n’aroit  ung  cheval  lié, 

Et  lors  mandent  ilz  leurs  fiefvez 
Dont  cy  devant  oÿ  avez, 

Et  trestous  iceulx  qui  d’eulx  tiennent 
38320  Que  tantost  tous  a  eulx  s’en  viennent, 
Garnis  d’armes  et  de  chevaulx, 

Ou  tout  est  perdu,  mons  et  vaulx. 

Or  convient  celle  vie  prendre, 

Vielz  haubert  l’un  a  l'autre  joindre; 
38325  C’est  forcé,  a  cellui  ilz  viennent 

Ou  ilz  perdent  quancquezilztiennent  ; 
Tantost  que  l’un  en  deffaulra, 
Quanqu’il  tient  de  lui  ou  prendra, 

Qui  lors  verroit  chevaulx  acroire, 
3833o  Lyer  leur  chétif  corps  en  foire, 
Acheter  de  l’un  denier  trois 
Vielles  selles  et  vielz  harnois; 

Tout  a  creance  achèteront 
Et  d’un  denier  trois  en  douront, 

38335  Et  feront  illec  les  grans  sommes 
Et  obligeront  corpz  et  hommes. 
Cellui  en  guerre  s’en  ira; 

Ne  sçay  qui  plus  grant  peur  ara, 

Ou  le  cachant  ou  le  sieuant. 

38340  Aucun  y  ara  cler  voyant 

Qui  sur  lui  le  destour  prenra, 

Ou  paix  ou  trêves  lui  doura; 

Lors  revenderont  leur  harnois. 

Ou  aulx  marchans,  ou  aulx  bourgois; 
38345  Ce  que  dix  livres  coustera, 

Soixante  solz  envis  ara  ; 

Et  cilz  soixante  solz  aront  (i/o  d) 
Qui  ja  proffit  ne  leur  feront; 

Et  cilz  lèveront  mandement 
3835o  Qui  sera  de  grant  coustement. 
Trcstout  sera  saisi  et  pris 
Et  tout  quanqu’il  a  mis  a  pris; 

Son  denier  a  benque  n’y  vault. 

Or  revient  ung  aultre  deffault  : 

38355  En  celly  deffault  qu’il  ara 
Aultre  vient  qui  le  sommera 
De  qui  il  poeult  de  fief  tenir 
Que  il  le  viengne  soustenir. 

Or  reconvient  quérir  a  fais 

3838o  vilment  -  38386  ccl. 


3836o  Vielz  haubregons  et  vielz  harnais, 
Vielz  bachinetz  tous  enfumés 
Et  vielz  chevaulx  tous  esclopés, 

Et  s’il  n’y  va,  il  soit  certain 
Ce  qu’il  a  yert  hors  de  sa  main  ; 

38365  Bourgois,  marchant  le  garderont 
Qui  tout  cel  convive  verront. 

Plus  le  verront  a  grand  mesaise, 

Et  plus  seront  a  leur  coeur  aize. 

Or  reconvient  chevance  faire 
383jo  Et  aultres  chevances  attraire  ; 

Monlt  lui  convient  de  fois  mentir, 
Car  ne  poeult  pas  convent  tenir, 

Et  quant  ce  convient  a  paier, 

Il  n’est  mie  a  esmaier. 

38375Aler  ne  poeut  la  droite  voyc, 

Mais  par  trichy  et  par  forvoye, 

Fuite  et  liberacion, 

Et  tout  a  sa  confusion. 

Or  lui  convient  maistre  servir 
3838o  Et  lui  vilement  asservir. 

Et  se  ce  dollent  fief  voeult  vendre, 

Et  qu’aucun  fol  y  voeulle  entendre, 
Le  denier  maille  vendera  ;  . 

Puis  que  c’est  fief,  plus  n’en  ara.(  /  /  /-! 
38385  Encor  convient  sur  ce  paier 
Sur  cele  moittié  quint  denier  ; 

Le  quint  denier  paier  convient. 

Or  vëez  comment  il  advient 
Et  comment  le  fiefvé  se  troeuve  : 
38390  Quant  il  a  vendu,  riens  ne  troeuve; 

Il  estoit  avant  dolloureux, 

Or  est  aprez  doeul  maleureux. 
Marchant  ne  oze  devenir, 

N’il  ne  s’i  sçaroit  contenir  ; 

38395  Jamais  bourgois  ne  serviroit 

Ne  nul  marchant  ne  le  prenroit, 

Pour  ce  qu’ilzsont  de  grant  vantance 
Et  de  trop  haulte  contenance. 
Marchans  humilité  maintiennent, 
38400  Et  cilz  haulx,  gros  et  fiers, se  tiennent. 
Mieulx  vouldroit  estre  mendiant 
Qu’il  voulsist  servir  ung  marchant  ; 
Ilz  voeullent  batre  et  manecier, 

Leur  volloir  avoir  ou  tenchier. 

38405  Trestoutes  gens  de  paix  les  fuient, 

Et  a  leur  pooir  les  eschuient. 

Pour  mal  sont  tost  entretrouvé, 

Et  tost  a  ung  conseil  trouvé, 

Et  du  tout  en  tout  leur  beance 
38410  D’acheter  trcstout  a  creance. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


Et  quant  ung  an  il z  ont  crell, 

S’en  sont  ly  créant  deceü, 

Car  se  ilz  se  voeullent  payer, 

Cilz  ouvreront  de  manecier 
38415  Et  voulront  la  gcnt  diffamer; 

Pour  ce  les  het  on  sans  amer. 

N'ont  que  le  reflus  d’autre  gent; 

On  scet  bien  qu’ilz  n'ont  point  d’argent. 
Encores  sont  ilz  plus  cassez, 

38420  Par  quoy  ilz  sont  plus  serfz  assez. 

En  dangier  sont  ceulx  qui  plus  ont  ( /  /  /  b) 
Et  qui  plus  d’avoir  acquerront. 

Et  la  cause  vous  en  orrez, 

Par  quoy  trop  mieulx  vous  le  crerez. 
38425  S'ung  hault  renté  a  grant  avoir, 

Et  il  a  de  sa  femme  ung  hoir, 

Qu’aprez  lui  le  doit  retenir, 

Vous  le  veez  souvent  advenir, 

Quant  le  pere  trespassera, 

3843o  Tout  au  petit  hoir  laissera 

De  cincq  ans  et  de  deux  mois  nez, 

Poeult  estre  encore  n'est  pas  nez. 

Et  quant  cellui  trespassera, 

L’enffez  ou  ventre  encor  sera, 

38435  Etmonlt  de  fois  veü  l’avez. 

Que  fera  le  sires  fiefvez? 

Cil  de  qui  cellui  fief  tenra 
Trestout  icellui  fief  prenra, 

Lèvera  rentes  et  forés, 

38440  Arbres,  estangs,  vignes,  marès, 

Lèvera  rentes  et  coustumes, 

N’y  laissera  vaillant  deux  plumes  ; 

De  toutes  issues  des  biens 
Le  petit  enflant  n*ara  riens, 

38445  Et  cil  tous  les  moeubles  prenra, 

Jusques  hoir  marie  s'apperra, 

Et  passé  l’eage  de  quinze  ans, 

Qu’il  puist  estre  du  fief  tenans. 

Quant  Page  de  quinze  ans  aront, 

38450  Povres  et  nudz  se  trouveront  ; 

Leurz  hostelz  seront  descouvers, 

Bois  coeulli  et  estangs  ouvers; 
Demourer  a  paine  y  porra, 

Tout  gasté  et  tout  vuit  trouvera, 

38455  De  tous  biens  se  trouvera  vuit. 

Trestout  ainsi  ilz  le  font  tuit, 

Jusques  maries  y  soit  veans. 

Quant  passe  l’eage  de  quinze  ans,  (  /  /  /  c) 
Ses  hostelz  convient  rabillier, 

38460  Recouvrir  et  raparellier, 


Car  le  varletz  les  troeuve  netz 
Et  ainsi  comme  des  cornetz. 

Il  n'y  fault  mais  que  enprunter 
Etesgrans  usures  bouter. 

38465  Aller  servir  pour  espargnier 

Qu’il  ait  de  meubles  ung  denier. 

Ainsi  ne  sont  pas  ordonné 
Bourgois,  marchans  n’ainsi  mené. 

S’il  advient  que  enflans  ilz  aient, 
38470  Soient  nez  ou  a  nettre  soient, 

A  eulx  seront  donnés  tuteur 
Pour  certain  amy  bienfaitteur, 

Qui  devant  juges  jureront 
Que  bien  loialment  garderont 
38475  Les  biens  et  les  utillités, 

Toutes  issues  et  chatés 
Que  cilz  enflant  ont'  et  aront, 

Et  gaaing  et  proffit  en  feront, 
Multipliront  en  tous  endrois. 

38480  Tant  qu’il  sera  et  tempz  et  drois 
Que  rendre  compte  en  deveront, 
Quant  cilz  en  eage  seront 
Et  qu'ilz  seront  en  ordon  mis, 

A  eulx  ou  bien  a  leurs  amis, 

3S485  Ou  a  ceulx  qui  seront  vray  hoir, 

Qui  le  compte  devront  avoir. 

Si  est  bien  trestout  le  contraire 
De  ce  que  gentilz  scevent  faire. 

Or  y  a  ung  aultre  servage 
38490  Du  quel  n'a  cure  homme  sage  : 

S’ung  bourgois  voeult  amoisonner 
Ses  biens  ou  les  alïenner, 

Terres,  vingnes,  ou  prez,  ou  bois, 
Selon  ce  qu’il  lui  vient  a  chois, 

38495  Laissier  le  poeut  a  .xix.  ans,  [1 1 1  d) 
Voire  certes  a.  xxvij.  ans, 

Selon  le  chaté  et  le  pris  : 

Il  n’en  sera  de  nul  repris. 

S’ung  gentil  se  voeult  ordonner, 
385oo  Voeulle  son  fief  vendre  ou  donner, 
Ad  ce  est  il  mat  et  confus  ; 

A  trois  ans  le  poeut,  et  non  plus. 

A  trois  le  laira,  se  il  voeult  ; 

Se  plus  le  lait,  prendre  le  poeult 
385o5  Cellui  de  qui  le  fief  tenra, 

Etcom  son  acquest  le  prenra, 

Par  Dieu,  je  n’y  voy  cy  nul  point 
Ou  ait  de  gentillesse  point. 

Se  ung  bourgois  fait  une  amende, 

385 10  Soixante  solz  on  l'en  demande, 


38434  Encor  lenfTez  ou  v.  sera  —  38443  toutes  les  —  38461  le  tr.  —  38462  comme  ung  c.  —  38466 
ait  manque  —  38474  bien  et  1.  —  38484  bien  manque. 


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1 66 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Et  partout  il  en  est  delivres; 

Ung  gentil  paie  soixante  livres. 

Or  vëez  vous  bien  sans  targier 
Se  ilz  vivent  bien  a  dangier, 

385 1 5  Et  quant  deux  gentilz  se  desdient 
Et  vient  ad  ce  qu’ilz  se  deflient, 

Tout  tantost  leurs  fiefvés  ilz  mandent 
Et  sur  tout  perdre  leur  commandent 
Qu’ilz  viennent  par  mons  et  par  vaulx, 

38520  Garnis  d’armes  et  de  chevaulx; 

Pour  dessambler  ces  deux  soiris 
Se  mettront  icilz  en  perilz. 
r  Mais Jes-fr-ancs  bourgois  seulement 

Ilz  se]  vfyèririrès  noblement».  \ 

38523  De  tous  estatz  c’est  le  greigneur, 

Qui  vivent  a  plus  grant  honneur. 

Ilz  poeuent  leurs  corpz  déporter, 

Tous  vestemens  de  roy  porter 
Et  vestemens  de  grans  prelatz 
3853oPour  son  plaisir,  pour  son  solas, 

Et  vert,  et  vair,  et  gris,  et  pers, 

Tous  vestemens  clos  et  ouvers,  (112  a) 
Faulcons,  ostours  et  espreviers,. 

Beaulx  palefrois  et  beaulx  destriers } 

38535  Robe  royée  vestir  poeult 
Et  chicquetée  se  il  voeult. 

Voeulle  estre  marchant  ou  bourgois, 

Ce  poeult  il  le  faire  a  son  chois, 

S’il  lui  plait,  ou  clerc,  ou  gaigneur, 

38540  S’il  voeult,  en  terre  laboureur  ; 

Au  quel  qui  lui  plait  poeut  entendre, 

Ja  n’est  qui  le  doye  reprendre. 

Quant  escuiers  en  l’ost  iront, 

Et  les  bourgois  se  dormiront; 

3S545  Cilz  se  font  en  l’ost  detrenchïer 
Et  les  bourgois  s’en  vont  nagier; 

Quant  s’en  vont  honnir  et  destruire, 

Et  les  bourgois s!cji  vont  déduire.—  j  n')\f 
Par  tous  lieux  ilz  sont  bien  venu, 

3855o  Et  honnouré  et  chier  tenu. 

Et  qu’en  feroye  je  long  compte? 

Bourgois  du  roy  est  per'et  comte.; 

De  tous  estatz  portent  l’honneur. 

■;  1  '/.Riches  bourgois  sont  bien  seigneur, 

38555  Bourgois  sont  la  moienne  vie 

De  quoy  bonnes  gens  ont  cnvye. 

En  Champaigne  ilz  y  ont  failli, 

Trop  y  sont  souvent  assailli 
De  tailles,  de  subvencions 
3856o  Et  de  telles  occasions; 


f  1 


Et  si  a  trop  de  gentillesse 
Qui  peu  aÿde  et  assez  blesse. 

Ce  n’est  mie  Bruge  ne  Gand, 

Douav,  Saint  Orner,  ne  Le  Dand  ; 
38565  Trestousy  sont  francs  les  marchans; 

Il  n’en  y  a  nulz  mal  seans, 

Fors  ceulx  qui  en  mon  art  trop  croient 
Et  qu’a  toutes  heures  guerroient. 

Se  ilz  voulsissent  paix  avoir,  (112  b) 
385yo  Trop  fussent  habundans  d’avoir; 

Tel  volenté  a  or  leur  fais 

Que  seigneur  ne  voeullent  ne  paix, 

Ne  nul  homme  qui  les  maistrie, 

Ne  qui  de  leur  fait  les  despie. 

38575  Assez  le  fait  oy  avez, 

Par  le  foy  que  vous  me  devez  ! 

N’ay  je  pas  bien  mon  temps  usé 
Et  en  bonnes  oeuvres  musé? 

N’ay  je  pas  bien  usé  mon  temps 
3858o  Et  bien  multiplie  mon  sens  ? 

Jamais  vous  ne  le  creüssiés, 

Se  vous  dire  ne  l’euissiés. 

En  doy  je  bien  pardon  avoir, 

Quant  je  vous  ay  compté  le  voir  ? 
38583  —  Regnart,  monlt  maulx  as  maintenus, 
Et  monlt  maulx  sont  par  toy  venus 
Qui  ne  poeut  estre  restoré, 

Ne  jamais  n’yere  demouré, 

Sy  corn  tailles,  formatages, 

38590  Mainmortes  et  itelz  usages 

Qui  sont  prinses  indeuement  ; 

Ne  jamais  n’yra  aultrement. 

Adez  la  chose  pis  ira, 

Et  tout  adez  enpircra, 

38595  Et  se  ton  art  n’y  fust  eUs, 

Jamais  nul  n’y  fut  esmeüs  ; 

Se  ton  art  ne  l’eUst  batv. 

• 

Jamais  nul  n’y  fust  aaty. 

—  A  sire,  qu’est  ce  que  vous  dittes? 
386oo  De  ce  faire  doy  estre  quittes, 

Car  il  estoit  a  advenir 

Ce  que  mon  art  voult  soustenir 

Et  convenoit  qu’il  advenist; 

N ullc  riens  nel  contretenist  [112  c) 
386o5  Ce  qu’est  advenu  convenoit; 

Ja  nul  tenir  ne  l’en  porroit. 

Il  convenoit  qu’il  advenist, 

Nulle  riens  nel  contretenist. 

De  ce  ne  me  repens  je  mie, 

386io  Sire,  je  le  vous  certifie.  » 


38535  roye  —  38538  le  manque  —  3 85 79  bien  manque  —  38583  On  lit  en  rubrique  :  Prestre  Hlnbbrt 
—  38387  poeuent  —  385g5  eust  —  385QQ  On  lit  en  rubrique  ;  Regsart. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


167 


Le  prestre  se  tint  mal  paiés, 

Dist  :  «  Regnart,  es  tu  desvoics  ?  » 

Lors  lui  prie  plus  ne  maintiengne 
Que  mal  par  convenir  adviengne, 

3S6 1 3  Et  qu’il  conviengne  que  mal  soit. 
«Telle  creance  te  déchoit; 

Garde  necroymais  qu'il  conviengne. 
Quel  mal  ne  quel  meschief  qu’il  viengne 
Combien  que  dies  d’advenir, 

38620  De  dire  plus  de  convenir.  » 

Dist  Regnart  :  «  Je  ne  le  croy  mie.  » 

Et  dist  le  prestre  :  «  C’est  folie, 
Pluseurs  ont  esté  mis  a  mort 
Par  leur  oultrage  et  par  leur  tort, 
38625  Et  pluseurs  ont  eu  leur  contraire 
Par  folie  faite  ou  fait  faire; 

Et  tresbien  s’en  fussent  gardé, 

S’ilz  feussent  tresbien  advisé. 

Siques  leurs  folies  appercnt, 

3863o  Et  avecques  ce  le  comperent 
En  mort  ou  en  grant  penitance, 

Selon  la  grant  oultrccuidance  ; 

Et  ad  ce  mal  ne  fust  venu, 

Se  de  ce  fait  se  fust  tenu. 

38635  Oultre  voloir  m'est  attrcmpance, 

Et  contre  folie  abstinence  : 

Lors  demourast  qu’est  advenu, 
N’apparut  ce  qu’est  aparu. 

Donc  n'est  ce  pas  par  convenir, 
38640  Mais  par  folie  maintenir. 

Se  tout  ce  qui  est  convenoit,  (  / 1  2  d) 
Sans  apprendre  chascun  sçaroit, 

Pour  néant  a  l’escolle  iroient, 

Et  par  convenir  ilz  sçaroient. 

38645  Pour  quoy  l’escolle  hanteroient 

Quant  par  convenir  clercs  seroient  i 
Ainsi  de  tout  aultre  mestier 


*  Le  advenu  est  advenu, 

3863o  Quelque  chemin  qu’il  ait  tenu 
Ne  quel  chemin  qu’il  doit  tenir, 

Estoit  trestout  a  advenir, 

Se  bien  clerement  y  véoies. 

Or  voy  les  tresbelles  monnoies 
38655  Courant  en  l’an  quarante  deux  ; 

Tu  ne  les  véoies  pas  seulx  : 

D'ung  bon  gros  tournois  pour  cincq  solz, 
La  florette  soixante  solz, 

Ung  bon  petit  tournois  pour  quatre  ; 
386bo  Maint  s’en  porrent  assez  debatre, 


Treize  livres  ung  marc  d’argent  ; 

Cecy  scevent  assez  de  gent. 

Or  en  voy  tresbien  la  maniéré  ; 

11  advint  se  advenir  yere  : 

38665  Advenu  advenir  estoit, 

Quant  en  volloir  d’home  il  estoit. 

De  tous  maulx  venus  et  venir 
Ne  soustenez  pas  convenir, 

Cil  qui  trop  grant  erreur  soustient, 
38670  Qui  dist  de  tous  maulx  qu’il  advient 
Qui  les  convenoit  advenir  ; 

Ce  est  erreur  du  soustenir, 

Se  jugié  estoit  a  mal  faire, 

Par  force  le  convenoit  faire, 

386y5  A  tort  donequez  dampnés  seroies, 

Et  quelle  coulpe  y  aroies, 

Se  ne  pooye  faire  pis, 

A  quel  cause  aroye  Paradis. 

Qui  me  croira  ce  point  tenra,  (1 13  a) 
3868o  Qui  mal  querra,  mal  lui  venra; 

Et  qui  loialment  se  maintient, 

Bonne  fin  et  bon  chemin  tient. 

Maistre  Guillame  dit  Brûlés 
Chanoennes  estoit  bien  rentés 
38685  De  Troyes;  de  Marage  vint. 

En  l’an  mil  -iijc-  -xvj.  advint 
Qu’en  lui  avoit  une  maniéré 
Que  sage  homme  n’ot  mie  chiere, 
38689  Passoit  ung  pont  et  puis  fel  yere  ; 

Quant  a  aucun  tenchié  avoit 
Tl  passoit  oultre,  et  puis  feroit. 

Clerc  estoit  assez  et  sciens, 

Et  assez  fu  phisicïens  ; 

386q5  La  chiere  avoit  et  noire  et  pale. 
Trestout  droit  au  pont  de  la  Sale, 

Ou  Saine  par  dessoubz  couroit, 

Icil  chanoenne  demouroit  ; 

Il  avoit  clerc  et  chamberiere. 

38700  Ung  soir  couroucié  a  eulx  yere, 

Et  les  baty  sans  demourée. 

Son  yre  fu  tantost  passée, 

Car  quant  aucun  batu  avoit, 

Tantost  oublié  il  l’avoit. 

38705  Mais  ceulx  ne  l’oublîerent  mie, 

Ains  eulrent  au  coeur  sa  folie. 

Ce  soir  en  sa  chambre  lisoit, 

Tout  seul  en  sa  couche  gisoit  ; 

Les  huis  furent  tresbien  fermé. 

38710  Ces  deux  dont  je  vous  ay  compté 

38655  Qui  couroiant  lan  —  38656  pas  tout  s. 


386a6  Par  leur  f.  —  38640  sa  f.  —  38643  Et  pour  — 
—  38658  Une  fl. 


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1 68 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Une  grosse  coingnie  prindrent; 

La  ou  il  gisoit  tous  deux  vindrent  ; 

Tout  droit  endroit  le  premier  somme 
Grant  coup  lui  donnèrent  du  somme, 
38/15  Recouvrèrent  et  tant  ferirent 

Que  le  cerveaul  lui  respandirent. 

Ce  fait,  trestous  deux  s'en  allerent,(  ;  /  3b) 
Qu’a  justice  ne  le  comptèrent. 

Au  matin  les  huis  on  brisa, 

38720  Et  la  le  mourdry  on  trouva. 

Cil  qui  eust  le  sien  bénéfice 
Fu  joyeux  d’icellui  malice, 

Et  doeul  en  eulrent  ses  amis. 

Mais  toutteffois  il  ot  le  pis, 

38725  Peu  mal  que  aucun  bien  n’en  viengne. 
Pour  ce  lo  que  chascun  sc  tiengne 
De  manecier  et  de  férir, 

Car  maintz  maulx  en  poeuent  venir. 
Diroient  maint  oultrecuidié 
38730  Que  tout  cecy  y  fut  jugié, 

Et  qu’il  convenoit  advenir 
Et  a  lui  telle  fin  venir. 

Non,  non,  ne  le  convenoit  mie  : 

Ce  lui  advint  par  sa  folie, 

38735  Combien  que  cilz  trop  mal  ouvrèrent 
Qui  pour  cellui  fait  le  tuerent. 

Se  avant  ne  les  eust  féru, 

Mort  par  eulx  n'eüst  receü. 

Qui  frappe,  monlt  souvent  s’en  doeult, 
3S74oQui  fiert  aultrui,  tuer  se  voeult  ; 

Se  tu  me  donnes,  je  prendray; 

Se  tu  me  fiers,  je  te  ferray. 

Mal  fist,  et  mal  l’en  deust  venir, 

Ce  ne  fu  pas  par  convenir. 

38745  Pour  ce  a  dire  ne  m’acord. 

Par  convenir  n’est  que  la  mort, 

Mais  par  convenir  mortvenra. 

Ja  homs  naturel  n’y  faulra. 

Tous  a  la  mort  convient  venir, 

38750  Cecy  est  bien  par  convenir; 

Mais  de  morir  vilainement. 

Ne  de  haster  mort  laidement, 

Ne  die  nul  qu’il  le  conviengne, 

S'il  ne  fait  par  quoy  il  adviengne.  (/  i3  c) 
38735  Mais  chascun  hnste  bien  sa  mort; 

Qui  de  ce  ne  me  croit  a  tort. 

Chascun  son  fol  volloir  refraingne. 

Il  advint  a  Troyes  en  Champaigne, 
L’an  mil  .ijc.  et  quatre  vins, 

38760  Tous  esbahis  furent  set  vins. 


Et  furent  en  erreur  cheü 
Par  ung  fait  qui  fut  escheii, 

Et  disoient  qu'il  convenoit 
Advenir  ce  qu'il  advenoit. 

3S765  Long  tempz  furent  en  celle  erreur; 
Encor  y  demeurent  pluseur. 

L  adventure  te  compteray 
Et  tout  par  my  le  voir  iray. 

Ung  homme  qui  Brûlés  ot  nom, 
38770  Jone  fuet  de  bon  renom. 

Et  qui  de  lui  voulsist  cnquerre 
11  n'avoit  q’ung  arpent  de  terre  ; 

En  la  terre  ung  noyer  avoit, 

Bien  gaaignier  sa  vye  sçavoit, 

38773  Et  maint  bon  preudomme  l’ama. 

Par  trois  nuitz  ung  songe  songa 
Qu’a  son  noyer  on  le  pendoit 
Qui  tout  en  my  sa  terre  estoit. 

De  cest  songe  s'est  tourmenté 
38780  Et  monlt  forment  espoeueté  ; 

Et  dist  :  «  Ja  n’avenra  cest  songe  ; 

Je  le  fcray  trestout  mensonge, 

Car  hors  du  pays  m’en  iray 
Ne  jamais  n'y  retourneray.  » 

38783  Longuement  ne  s'est  atargié, 

Et  il  de  meubles  s’est  chargié. 

Com  cil  qui  de  songe  se  doeult, 

En  Flandre  son  chemin  acoeult, 

Et  sa  demourance  la  fist. 

38790  Longuement  y  fut,  bien  y  sist, 

Car  il  sçavoit  pluseurs  mestiers.(/  i3d) 
Dix  et  huit  ans  trestous  entiers 
Au  pays  de  Flandre  se  tint. 

Tant  que  la  volenté  lui  vint 
38795  Qu'il  iroit  vôoir  ses  amis, 

Lesquelz  seroient  mors  ou  vifs. 

Et  se  tint  tout  pour  maleureux, 

Plain  de  folie  et  peüreux, 

Quant  pour  songe  parti  s’estoit 
388oo  Du  lieu  ou  esté  nez  avoit. 

Adonc  a  repairier  s’est  mis, 

Et  tant  a  cheminer  s’est  mis 
Qu’il  est  en  Champaigne  venus, 

Dont  liez  et  joieux  s’est  tenus. 

388o5  Pensa  que  par  sa  terre  iroit. 

Sa  terre  et  son  noyer  verroit, 

Sçavoir  comment  s'est  maintenu 
Et  de  qui  il  estoit  tenu. 

Celle  part  adreça  et  vint. 

388io  Or  oy  comment  il  lui  advint  : 


38714  donnere—  38729 Si  d.  —  38792  et  manque. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


l6g 


Si  comme  sa  terre  approchoit, 

A  moins  de  deux  lieues  touchoit, 
Deux  varletz  ataint  qui  menoient 
Deux  boeufs  que  ilz  emblés  avoient. 
388 1 5  Brûlés  si  les  a  salué. 

Cilz  dient  :  «  Dieu  vous  doint  santé  !  » 
Lors  dient  cilz  :  «  Se  Dieu  vous  gart, 
Preudoms,  or  nous  dittes  quel  part 
Vous  en  alez.  —  Certes  a  Troyes. 

3  8820  —  «  Preudoms  »,  dirent  ilz,  «  or  nous  croyes. 
Ung  petit  sommesempeschié, 
ATroyes  aliesmes  au  marchié, 

Car  nous  sommes  marchans  de  boeufz. 
Or  les  nous  maine,  se  tu  voeulx, 
38825  Et  nous  en  râlions  ung  quérir 
Qui  est  en  péril  de  périr, 

Car  cy  arrier  laissié  l'avons. 

Grosses  erres  laissié  avons  (;  14  <*) 
Qui  escherront  encore  nuit. 

3883o  Pour  Dieu,  preudoms,  or  ne  t’anuit. 
Preng  du  nostre  a  ta  volenté; 

Et  se  Dieu  nous  donne  santé, 

Se  nous  ne  sommes  empeschié, 
Demain  nous  aras  au  marchié, 

38835  Car  nous  sommes marchansde  boeufz. 
Or  nous  les  maine,  se  tu  voeulx, 

Et  nous  en  râlions  ung  quérir 
Qui  est  en  péril  de  périr, 

Car  cy  arrier  laissié  l’avons, 

38840  Comme  devant  dit  le  t’avons.  » 

Brûlés  a  gaaignier  convoita, 

Et  trop  sinplement  se  gaitta, 

Car  pour  l’argent  en  print  la  paine. 
Les  boeufs  acoeult,  si  les  en  maine. 
38845  Droit  a  son  noyer  est  venu. 

lllecques  s’est  tout  quoy  tenu  ; 

Monlt  le  regarde  et  monlt  lui  siet  ; 
Pour  l’amour  de  lui  soubz  lui  siet, 
Car  cil  lieu  forment  lui  plaisoit. 

3885o  Ses  boeufz  dessoubz  paistre  faisoit. 
Tant  lui  pleut  le  noyer  et  l’estre 
Que  longuement  les  fist  la  paistre, 

Et  bien  pensa  que  jusqu’à  Troye 
N’y  avoit  mie  longue  voye. 

38855  Et  lors  ceulx  qui  les  boeufz  estoicnt, 
Des  escuiers  qui  les  sieuoient 
Tant  se  sont  de  sieuir  penés 
Que  les  boeufs  ont  illec  trouvés 
Avec  Brûlés  qui  les  gardoit, 

3886o  Qui  de  ce  fait  riens  ne  sçavoit. 


Les  escuiers  qui  les  boeufz  virent 
Tout  maintenant  a  Brûlés  vinrent  ; 
Dirent  :  «  Ces  boeufz  enblez  avez. 
Lerres  estes,  pendre  devez, 

38865  —  Sire,»  fist  Brûlés,  «  vous  faillés.  (/  14b) 
Deux  varletz  me  les  ont  bailliés; 

A  Troies  les  doy  mener  droit. 

—  Dieu,  que  cil  est  fol  qui  vous  croit! 
Prévost  ne  bailli  n’atendrons 
38870  Maistout  maintenant  vouspendrons.  *> 
Leurs  chevestres  ont  destendus  ; 

Par  eulx  deux  fut  Brûlés  pendus 
A  la  branche  de  son  noyer. 

Pour  voir  dire  ne  pour  noyer, 

388/5  II  ne  pot  avoir  nul  respit. 

Mais  avant,  son  songe  leur  dit, 

Pour  quoy  tel  garde  en  lui  prenoit 
Ët  ne  sçavoit  dont  ce  venoit, 

Et  ne  congnoissoit  les  boeufz  leurz. 
3888o  Dist  leur  ellst  :  «  Allez  ailleurs, 
Conduisiez  ce  que  vous  menez  !  » 

Et  se  fust  tost  d'eulx  eslongiés, 

Mais  convoitise  de  gaaignier 
A  fait  maint  homme  mehaignier. 

38885  Autant  pert  on  par  ignorance 
Comme  l’on  fait  par  mescheance  ; 
Ygnorance  tout  adez  dure, 

Mais  qui  en  science  met  cure, 

De  meschëoir  se  poeut  garder, 

388cjo  En  pluseurs  perilz  retarder. 

Se  ung  homme  est  mal  talentés, 

De  mal  faire  et  a  mal  tentés 
Poeult  estre  par  acoustumance 
Et  par  male  perseverance, 

38895  Ou  par  sa  nature  meïsme, 

Par  sa  planette,  ou  par  son  signe, 

Ou  par  quelque  chose  aultrement, 

Que  il  a  cest  esmouvement 
En  quoy  fu  sa  nativité 
38900  Qui  le  trait  a  cellui  costé, 

Combien  que  l’umour  y  traveille 
Qui  ceste  nature  lui  baille.  (114  c) 
Poeult  il  bien  trestous  maulx  fuir 
Par  bonne  compagne  sieuir; 

38905  Par  bien  faire  et  par  Dieu  amer 
Poeult  il  males  meurs  réfréner, 

Ne  nul  ne  se  poeut  excuser 
Que  il  ne  puisse  en  bien  user. 

Bien  se  poeut  garder  d’avarice, 

38gio  Qui,  a  voir  dire,  est  un  mal  vice. 


38854  mie  trop  —  38866  le  mes  —  38886  Comme  on  —  38891  tarentés  —  38904  compagnie  —  38910 
un  manque. 


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170 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Se  Brullés  s’en  fut  bien  gardé, 

De  tout  son  mal  fu  retardé, 

Mais  mal  angoisse  le  comprint 
Quant  l’autrui  bien  en  garde  print. 
38915  Ne  sçavoit  ou  prins  les  avoient, 

Ne  de  quel  estatz  ilz  estoient; 

Ne  constraint  ne  fu  pas  au  prendre. 
Grand  folie  lui  fist  emprendre  ; 

Ne  convenoit  pas  qu’avenist 
38920  Que  les  deux  boeufz  il  retenist. 

Or  vient  a  Hemart  de  Prouvins. 

Ja  ne  m’aide  ne  pain  ne  vins, 

Se  telle  adventure  mais  fu  : 

L’an  mil  .iijc.  .xxij.  fu; 

38925  Hemart  ung  espicier  estoit 

Qui  grant  paine  a  vivre  metoit, 

Riche  homme  et  de  bonne  memore  ; 
De  Bray  revenoit  de  la  fore 
Pour  acheter  et  pour  revendre. 
38o3oTallent  lui  est  prins  de  descendre 
Et  ung  petit  se  desvoya. 

Ses  compagnons  en  envoya  : 

«  Alez,  1»  dist  il,  «  je  vous  sieuray; 
Ung  peu  esbatre  m’en  iray.  » 

38U35  Hemart,  quand  il  fut  descendu, 
Remonta  et  puis  a  tendu 
A  ses  compagnons  consieuir 
Qu’il  pooit  devant  lui  veïr. 

A  lui  conduire  n’entendy,  (/ 14  d ) 
38940  Mais  toudis  a  courre  tendy. 

Son  chapperon  a  mis  a  droit; 

Par  dessoubz  ung  noyer  tout  droit 
A  le  cheval  fait  son  alée. 

Une  branche  lui  est  boutée 
38945  En  son  chapperon  la  dedens, 

Et  le  cheval  qui  fut  ardans 
D’aller  vers  les  aultres  tendant 
Laissa  son  maistre  la  pendant, 

Par  my  le  chapperon  entors, 

38950 Qui  tost  fu  estranglé  et  mors. 

Ses  compagnons  le  cheval  virent, 
Tantost  la  retournée  firent. 

Hemart  illecq  pendu  trouvèrent 
Tout  mort,  et  lost  d’illecq  Postèrent; 
38955  Monlt  en  menèrent  grant  dollour. 

Or  vëez  se  vient  de  folour  : 

Ce  ne  fut  pas  par  convenir, 

Mais  par  folement  maintenir. 

Or  vois  tu  bien  par  ygnorance 
38960  II  advint  cette  mescheance. 


Advenir  estoit,  il  advint 
Pour  ce  que  folement  se  tint; 

Mais  tout  le  remanant  je  nye 
Que  il  ne  le  convenoit  mye.  » 

38965  Dist  Regnart  :  «  Desor  je  vous  croy, 
Mais  de  moy  absouldre  vous  proy, 
Car  je  ay  le  coeur  si  estraint 
Que  trestout  en  ay  le  vis  taint.  » 

Lors  se  print  Regnart  a  plourer, 
38970  A  debatre  et  a  mal  mener, 

Dist  :  «  Moy  chétif,  mal  eürés! 

Or  cuidoy  je  estre  asseürés 
De  mes  pechiés  et  de  ma  paine 
Et  de  mal  eür  qui  me  maine; 

38975  Repentant  de  mes  maulx  estoye  : 

Or  suis  conffez,  et  or  voulloye  (//5  a) 
Bonne  absolucion  avoir, 

Et  de  parfaire  mon  devoir. 

Mais  je  ne  truis  qui  le  me  doint, 
38980  Dont  je  me  truis  en  monlt  mal  point. 
Puisque  prestre  Hunbert  le  preudom 
Ne  m’en  voeult  ottroier  le  don, 

Tout  desconforté  m’en  iray; 

Plus  que  devant  me  despiray, 

38985  Puis  que  conseil  ne  puis  trouver, 
Pour  repentir,  ne  pour  orer. 

Pour  Dieu,  conforter  me  voeulliez, 
Prestre  Hunbert,  ains  que  en  ailliez  !  » 
Prestre  Hunbert  en  ot  grant  pitié; 
38990  Si  lui  a  dit  par  amistié  : 

0  Regnart,»  dist  il,  «  beaulx  doux  amis, 
Ne  soies  en  desconfort  mis, 

Car  absolucion  aras 
Et  penitance  recepvras 
38995  Telle  qu’a  pécheur  appartient.  » 

Et  Regnart  a  jenoulx  se  tient, 

Monlt  s’humilie  et  monlt  fort  pleure. 
Et  lors  prestre  Hunbert  en  l’heure 
Pour  l'absoubdre  lés  lui  se  mist, 

39000  Sa  pâte  sur  le  chief  lui  mist; 

Son  Conjiteor  lui  commande 
Et  qu’adez  a  bien  faire  tende. 

Et  se  maintiengne  sans  reprouche. 
Quant  Regnart  sent  que  a  lui  touche, 
39005  Corn  cil  qui  de  malice  aprent, 

Par  sa  gorge  a  scs  dans  le  prent 
Et  le  commence  a  devourer. 

Rien  n’y  valut  le  prestre  orer; 

Et  quant  l’ot  estranglé,  si  dist  : 

39010  «  Damp  Chantecler  ung  tour  me  fist 


38921  Hemart.  Ce  personnage  porte  le  nom  de  Hermant  dans  la  rédaction  A  —  38928  De  vray  corrigé 
d'après  A  —  38999  se  mist  les  lui  corrigé  d'après  A  —  39005  de  manque  —  39006  as  dans. 


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SEPTIÈME  BRANCHE 


Dont  tousjours  mais  me  garderay; 
Plus  desavisé  ne  seray.  » 

La  proye  sur  son  col  emporte,  (  / 15  b) 
Monlt  se  déduit  et  se  déporté  : 
i  5  Droit  a  son  hostel  est  venu. 

De  Hunbert  s’est  monlt  liez  tenu; 

La  charmenga  a  grant  délit, 


Et  la  plume  mist  en  son  lit. 
Jure  que  jamais  hors  n’yra 
39020  Jusques  malheür  le  laira 

Qui  tant  longues  lui  a  duré. 

Atant  de  Regnart  me  tairay 
Et  une  aultre  branche  en  diray 
Que  ainsi  vous  commenceray. 


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HUITIEME  BRANCHE 


3oo25  «  A  bien  faire  doit  chascun  mettre 

Coeur  et  corps,  se  nous  dit  la  lettre 
Et  de  paier  Dieu  son  trell 
De  tout  ce  qu’il  lui  est  deü, 

Et  la  doit  bien  chascun  entendre, 
3c)o3oNon  mie  a  vanité  tendre, 

Ne  a  choses  qui  riens  ne  vaillent, 

Qui  au  bezoing  a  l’homme  faillent. 

Car  il  poeut  estre  qu’aucun  pense 
Et  souventeffois  a  lui  tence, 

39035  Desquelz  est  plus,  ou  pietz,  ou  testes, 
Desquelz  est  plus  poissons,  ou  bestes, 
Pour  quoy  vient  le  jour  et  la  nuit  : 

En  tel  folie  se  déduit. 

Pour  ce,  ne  suis  mie  en  discourt, 

39040  S'on  dit  que  Sainetoudis  court, (/  /5  c) 
S’elle  court  ou  s’elle  tournoyé, 

L’un  n'aferme,  l'autre  ne  noyé 

De  la  lune  ne  du  soleil 

Que  chascun  poeut  vëoir  a  l’oeul, 

39045  Comment  tournoient,  comment  tournent, 
Comment  avallent  et  retournent, 
Comment  tourne  le  firmament; 

Comment  c’est,  je  ne  le  demand; 
Comment  vient  yver  et  estez, 

37050  Et  pour  quoy  leur  nature  est  telz, 
Comment  apetichent  ly  jour, 

Et  vont  et  viennent  sans  séjour; 

Pour  quoy  les  arbres  se  devestent 
En  yver,  en  esté  revestent; 

3qo55  Pour  quoy  sont  prez  en  esté  vert, 

Et  en  yver  sont  descouvert; 

De  tout  ce  ne  me  poeult  chaloir, 

Car  trop  penser  n’y  poeut  valoir; 
D’estudïer  en  ce  n’ay  cure. 

39060  Je  congnois  bien  que  c’est  Nature 


Telle  comme  Dieu  leur  donna, 

Car  tel  chose  leur  ordonna; 

Bien  est  ordonné  par  compas. 

Tout  ce  ne  contredis  je  pas, 

39065  Ne  je  ne  me  dois  merveillier, 

Car  trop  congnois  sans  trop  veillier 
Que  Dieu  pour  homme  tout  fesist, 

Adfin  quemieulx  le  servesist. 

Sires  est  il,  il  poeult  seoir 
39070  De  tout  ce  que  il  poeut  vëoir, 

Encor  de  Paradis  compains. 

Tout  ce  a  merveilles  ne  tains, 

Car  Dieu  poeut  trestout  cecy  faire, 

S’il  lui  plait,  ou  s’il  lui  voeut  plaire. 
39075  Encor  voult  homs  Dieu  devenir 

Pour  lui  et  en  croix  mort  souffrir; 

De  ce  fist  il  monlt  grant  merveille  ;(/  i5d) 
Nulz  homs  ne  poeut  vëoir  pareille 
De  tout  ce  ne  me  merveil  point; 

39080  Se  chascun  tenist  bien  son  point 
Et  amast  ce  que  amer  deüst, 

Et  coeur  et  oeuvre  en  lui  eüst, 

Encore  s’ainsi  advenist; 

Dieu  bien  apayé  s'en  tenist, 

39085  Ne  he  lui  fust  ramenteü 
Paine  qu’eüst  pour  lui  eü. 

De  tout  quanequez  je  compte  et  dis 
De  nulle  riens  ne  m’esbahis, 

Que  tout  ce  voult  Dieu  faire  et  pot. 
39090  Mais  je  me  merveille  du  sot 

Pour  qui  Dieu  a  tant  traveillé, 

Tout  monde  et  paradis  baillié 
Quant  il  demeure  en  tel  voloir 
Qu’il  ne  lui  voeultde  ce  chaloir, 

39095  Ne  qu'il  ne  reprent  en  son  coeur 
Le  dangier  dont  Dieu  l'a  mis  foeur 


39025  Le  premier  vers  de  cette  nouvelle  branche  suit  immédiatement  le  dernier  de  la  branche  pré¬ 
cédente,  sans  autre  indication  que  celle  présentée  par  les  v.  39023-39024.  —  S'il  faut  s  en  rapporter 

au  v.  39979,  c  Tibert ,  le  chat ,  qui  parle  ici.  —  39043  et  du  corrigé  d'après  A  —  39079  inc 
manque. 


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1 74 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Et  quel  grâce  il  lui  a  donnée, 
Ainchois  maine  vers  lui  poenée, 

Et  le  laidenge,  et  le  maulgrie 
3piooTaullir  son  droit,  et  le  guerrie; 

A  mentir  et  a  parjurer, 

En  decepvoir,  en  usurer, 

Enorgoeul,  en  detraction, 

En  haine,  en  occision, 

39105  Et  en  envie  et  en  murmure, 

En  fol  dezir  et  en  luxure, 

En  paresse  et  en  convoistise, 

Ou  pis  qu’il  poeut  son  coeur  atise 
Eu  gloutonnie  et  en  non  croire, 

3qi  10  En  desprisier  la  chose  voire, 

A  ses  commandemens  passer, 

En  toute  vérité  casser, 

En  desprisier  les  siens  amis, 

A  obéir  ses  ennemis,  (/ 1 6  a) 

39115  En  gastant  son  temps  et  s’honnour 
En  tout  mal  et  en  deshonnour, 

En  desirer  tout  son  contraire 
Et  en  ses  anemis  attraire.  • 

Ainsi  comme  s’il  ne  congnust 
39120  Ne  s'aujr  parler  n’en  eüst, 

Il  a  du  tout  Dieu  deffïé 
Et  tout  son  contraire  affié. 

Ad  ce  ay  mainteffois  pensé, 

Car  s’homs  sçavoit  en  vérité 
3pi25  Et  bien  tresfermement  sceüst 

Que  bien  prochainement  morust, 

Et  pensât  bien  ou  l’ame  ira, 

Et  quel  chemin  elle  prenra, 

Et  quelle  grâce  cilz  aront 
39130  Qui  de  bon  coeur  le  serviront, 

Il  ne  tenist  pas  tel  sentier, 

Ains  aimast  Dieu  de  cœur  entier. 

Mais  je  sçay  de  vray  que  Nature 
Nul  temps  a  mort  penser  n’a  cure. 
39133  Nature  est  a  la  char  amie 

Et  lui  dist  :  «  Tu  ne  morras  mie, 
Espérance  ayes  d'autre  part!  », 

Qu'il  en  rebaille  bien  sa  part. 

Se  la  mort  qui  trestout  engoulle, 
39140  Tenoit  ung  homme  par  la  goulle 
Et  tous  les  menbres  fussent  mors 
Et  tout  le  remanant  du  corps, 
Espérance  adez  lui  diroit 
Que  il  tresbien  eschaperoit, 

39145  Et  le  conforteroit  Nature 

Qui  nul  tempz  de  morir  n’a  cure. 


S’en  ung  lieu  cent  mil  home  estoient, 
Qui  tous  ochis  estre  devroient, 

Qu’on  leur  deüst  les  chiefz  copper, 
39150  N’en  deüst  q’ung  seul  eschapper, 

Ung  chascun  Espérance  aroit  (116  b 1 
Que  ly  eschappé  il  seroit. 

Espérance  en  toute  saison 
Et  Nature  guerroient  Raison. 

39155  Raison  dist  l’homme  :  «  Tu  morras;  » 
Espérance  dit  :  «  Non  feras.  » 

Nature  recoeurt  Raison  sceure  : 

Ne  m’y  laisse  penser  nulle  heure, 

Et  lui  dit  par  parolle  fiere  : 

39160  «  Va  vëoir  les  prez,  la  riviere, 

Les  jardins,  les  arbres,  les  bois; 

Va  quérir  festes  et  degois; 

Va  toy  liement  maintenir  ; 

Mieulx  mengeras  au  revenir, 

39165  Quant  venras  des  prez  et  des  champs. 
Laisse  morir  ces  gens  meschans 
Que  la  mort  ne  poeuent  tarder, 

Et  qui  ne  se  scevent  garder. 

Qui  toudis  bien  se  garderoit, 

39170  Jamais  nul  jour  il  ne  moroit. 

Nul  ne  se  moeurt,  a  brief  parler, 

Que  cil  qui  ne  se  scet  garder.  » 

Ainsi  fait  Nature  sçavoir, 

Et  Espérance  dit  :  a  C'est  voir,  » 

39175  Raison  argue  du  contraire, 

Qui  tousjours  semont  du  contraire 
Et  dit  au  pecheur  :  «  Tu  as  tort; 

Vecy  d’encoste  toy  la  mort.  » 

Mais  tant  ne  lui  scet  cecy  dire 
39180  Ne  le  monde  aussi  tant  despire. 

J  a  a  cecy  tu  n’estudies. 

Allons  vëoir  ces  vins  sur  lies, 

Ces  delices  et  ces  beaulx  jeux  ; 

Si  en  vaulra  Nature  mieulx. 

3pi85  Et  par  iceulx  empcschemens, 

Par  telz  maniérés  d'argumens 
Sont  maintes  personnes  dampnées 
Qui  trop  avant  s’i  sont  boutées;  (/  1  6  c) 
Et  quant  g'y  pens,  je  bas  ma  coulpe, 
39190  Et,  voirs,  Nature  n’y  a  coulpe, 

Car  ice  de  Raison  je  tien 
Que  Dieu  fist  Nature  en  tout  bien,  • 
Et  quancques  Dieu  fist,  est  bien  fait; 
Donc  n’a  point  Nature  méfiait  ; 

39195  Se  homs  va  en  desordonnance, 

Ce  n’est  fors  par  acoustumance. 


39105  Et  manque  —  39129  grâce  manque  —  39137  Ayes  esperaocc  —  39175  Et  r.  —  39180  tant 
manque 


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HUITIÈME  BRANCHE 


Et  male  acoustumance  ont  prise 
Qu’ilz  ont  en  leur  nature  mise, 

Tant  l’ont  en  eulx  souvent  murée 
39200  Qu'ilz  l’ont  en  eulx  ennaturée. 

Pour  ce,  vont  en  desordonnance 
Par  leur  malvaise  acoustumance 
Et  puis  vont  disant  le  contraire 
Que  Nature  leur  fait  ce  faire, 

39205  Et  que  Nature  ainsi  le  voeult, 

Et  qu’autrement  faire  ne  poeult. 

De  ceste  responce  n'ay  cure, 

Que  ja  en  maint  mal  nul  n’a  cure; 

Celle  que  Dieu  a  en  lui  mise, 

39210  Ne  il  ne  Ta  par  lui  acquise, 

Mais  on  poeut  bien  telle  acquérir 
Qui  la  mainc  jusqu’à  périr. 

Mais  ce  n'est  pas  celle  nature 
A  qui  Dieu  a  bailliet  la  cure 
39213  D’homme  faire  vivre  et  sentir. 

S’a  celle  se  voeult  consentir, 

Ne  poeut  aller  que  bonne  vove. 

Mais  ung  aultre  a  qui  il  s'avoye, 

A  en  sa  complexion  mise 
39220  Et  par  acoustumance  acquize, 

Car  par  celle  au  monde  s’avoye 
Et  laisse  sa  première  voye. 

Et  pour  ce  que  je  ay  compté 
La  grant  honneur  et  la  bonté 
3q225  Que  Dieu  fait  a  homme  qu’il  aime(;  16  d ) 
Et  qui  en  bon  fait  se  demaine, 

Quel  joye  et  quel  soûlas  ara 
Et  a  quel  fin  il  en  venra, 

Et  pense  bien  a  quel  fin  viennent 
39230  Tout  ceulx  qui  au  monde  se  tiennent. 
Plus  sont  au  monde,  plus  le  voeullent. 

Et  plus  s’i  plongent  quan  qu’ilz  peullent; 
Cuident  que  jamais  ne  leur  faille 
Et  que  nulle  aultre  rien  ne  vaille. 

39235  Mais  s’ilz  vëoient  bien  le  monde, 

Qui  de  toutes  bontés  est  munde, 

A  quelle  fin  se  partira 
Et  a  quelle  misere  ira, 

Le  monde  pas  tant  n’ameroient, 

39240  Et,  pour  voir,  ailleurs  penseroient  ; 

Car  le  monde  prent  a  sa  part 
Le  fait  et  la  ligne  Regnart, 

Et  lait  Raison,  dont  tout  bien  vient, 

Et  a  l’oeuvre  Regnart  se  tient, 

39245  Qui  ne  pense  ne  estudie 

Fors  qu’a  ceste  présenté  vie  : 


Au  présent  tent,  le  présent  tent, 

A  nulle  aultre  fin  il  ne  tent. 
Pourveance  du  monde  quierent, 
39250  Et  jusquez  aulx  cornes  s’i  fièrent  ; 
Pourveance  font  et  labour 
Pour  le  corpz  vivre  a  grant  honnour; 
De  l’autre  siecle  ne  leur  chault; 

Hz  ne  criengnent  ne  froit  ne  chault, 
39255  Mais  pour  cest  siecle  se  pourvoient. 
Mettent  paine  et  cler  y  voient, 

Et  pourveance  font  pluseurs, 

L’une  bonne  et  l’autre  meilleurz, 
L’une  grant  et  l’autre  petitte  ; 

39260  N’y  a  nulle  qui  n’y  proffîtte  ; 

Aucuns  qui  font  leurs  pourveances 
D’avoir  en  y  ver  leurs  chevances,(  /  17  a) 
Comment  bons  blez,  bons  vins  aront 
Et  comment  ilz  se  chaufferont. 

39265  L’autre  pourvoit  de  la  santé 
Pour  eslongier  l’anfermeté  ; 

L’autre  se  pourvoit  de  servir, 
Comment  poeut  grâce  desservir  ; 

Les  aultres  se  pourvoient  d’honneurz 
39270  Et  d’acointances  de  seigneurs; 

L’autre  se  pourvoit  d’amasser, 
Comment  puist  deniers  amasser, 

Et  l’autre  forment  s’estudie 
Comment  il  sçaee  assez  clergie; 
39275  Et  l’autre  en  lire  Auctorité, 

L’autre  en  savoir  Divinité 
Pour  crestïenté  soustenir, 

Et  pour  bonne  vie  tenir; 

L’autre  se  pourvoit  soir  et  main 
39280  Comment  il  face  ouvrer  de  main, 

De  hecquier,  taillier,  mesurer, 

Et  en  belle  oeuvre  labourer. 

Et  trestoutes  ces  pourveances 
Font  pluseurs  pour  avoir  chevances  ; 
39285  Et  pluseurs  si  voeullent  hanter 
A  bien  sçavoir  lire  et  chanter; 

Les  aultres  en  trouver  beaulx  ditz, 

Et  l’autre  en  instrumens  jolis, 

Les  aultres  en  bien  chevaucier, 

39290  Les  aultres  en  fores  cerchier, 

Les  aultres  en  tournoiemens, 

Et  l’autre  en  tenir  jugemens, 

Les  aultres  en  grant  avarice. 

Cellui  fait  est  le  pieur  vice, 

39293  Car  envis  avaricïeux 

Sera  ja  nulz  jour  gracieux, 


39197  Et  manque —  39219  II  a  —  39271  pourvoie  —  39275  Et  manque  —  39276  Et  lautre;  savoir 
manque —  39288  Et  manque  —  39292  Et  manqUe. 


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176 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Ains  sont  mat  et  plains  de  murmure  ; 
Dieu  ne  home  n’a  de  tel  gent  cure. 
Trestoutes  ces  subtillités  (/  ij  b ) 
39300  Sont  trestousartz  d’outilités, 

Tant  de  coeur  com  d’honneur  de  mains; 
Qui  a  l’un  plus,  a  l’autre  mains. 

Or  y  a  aultres  pourvcances 
Dont  Regnart  aprent  les  chevances, 
3g3o5  Combien  que  celles  cy  devant 
Sont  fondées  sur  lui  souvant, 

Si  com  la  danse  et  com  la  tresche 
Et  bien  jouer  a  la  grïesche, 

Car  maint  si  suient  les  escolles 
39310  De  mener  danses  et  karolles, 

D'eulx  bien  sçavoir  humilier 
Et  bien  le  brach  sçavoir  ployer, 

Sur  la  pointe  du  piet  aller, 

Les  dois  remeuvoir  et  baller, 

3g3i5  Kaire  le  tour  et  le  touret, 

Et  mettre  la  main  au  huvet, 

Et  puis  prendre  par  les  aissielles 
Ces  dames  et  ces  damoiselles, 

Mettre  la  main  a  la  chainture; 

39320  En  telle  oeuvre  mettent  leur  cure. 

Or  en  y  a  d’aultre  mestier 
Qui  monlt  se  painent  de  cerchier 
Et  ad  ce  sont  bien  ordonné, 

A  bien  congnoistre  ung  de  plommé, 
39325  Se  ilz  sont  du  moins  ou  du  plus  ; 

En  tel  chose  mettent  leur  us. 

Bien  assëoir  sur  le  brelent; 

Ce  est  leur  joye  et  leur  tallent 
De  venir  quatre  contre  sept; 

3933o  Maistres  est  qui  faire  le  scet, 

Mais  que  sa  canche  adez  lui  viengne. 
Et  que  son  contraire  remaingne, 
L’autre  se  met  a  courreter, 

Et  l’autre  va  advocasser; 

39335  Ce  sont  deux  mestiers  d’une  main, 

Et  si  sont  deux  frerez  germains. (/  ijc ) 
L’autre  a  usure  se  voeult  bouter; 
L’autre  se  met  a  traict  jetter, 

Et  ly  aultre  a  sermonnement 
39340  Et  a  faire  subtillement, 

A  faire  que  le  monde  croye 
Que  cil  va  adès  bonne  voyc; 

Et  l’autre  met  sa  pourvcance 
En  toute  fausse  contenance, 

39345  En  toute  fausseté  s'avoye 

Et  acquérir  fausse  monnove, 


Et  s’estudie  en  pas  trouver 
Comment  on  ne  poeut  riens  prouver. 
L’autre  s’estudie  en  labeur, 

3q35o  Et  l'autre  en  chemin  desrobeur, 

Et  l'autre  en  apointier  viandes, 

Et  l’autre  en  acointier  truhandes, 
L’autre  en  toutes  wiseusetés 
Prent  sa  vie  sur  vanités. 

39353  En  pluseurs  choses  s’estudient 
Et  en  pluseurs  choses  se  lient, 

Et  y  a  aultre  pourveance 
Qui  passe  trestoute  science 
Ou  les  gens  ne  voeullent  penser, 
39360  Ne  nysun  ne  s’en  scet  mcrler. 

De  quoy  on  voit  peu  d’acquerans, 

Au  voir  dire,  et  peu  cler  veans, 

C’est  pourveoir  ou  l’ame  ira 
Quant  la  povre  charfenira 
39365  Qui  a  pourreture  devient, 

Si  comme  faire  le  convient  ; 

En  quel  lieu  l’ame  est  herbcgie, 

Ou  sera  mise,  et  ou  logie, 

Qui  sera  qui  la  conduira, 

39370  Et  par  devant  quel  juge  ira, 

Et  qui  respondra  de  ses  fais 
Qu’il  ara  en  ce  monde  fais  ; 

Il  respondra  d’humilité  (/ 17  d) 

Et  d’amour  et  de  charité  : 

39375  Qui  respondra  de  penitance 
Et  de  pitié  et  d'abstinence  ; 

Qui  dira  de  sobriettc 
Et  de  soustenir  vérité  ; 

Quelz  garisons  lui  a  baillié, 

39380  Quel  lit  lui  a  appareillié, 

En  quel  pourvoy  a  demouré 
Tant  comme  il  a  cy  labouré, 

Que  il  a  convoyé  devant, 

Combien  qu’on  lui  a  dit  souvent  : 
39385  «  T’ame  s’en  ira  sans  fenir, 

Et  si  sera  sans  revenir  ; 

Pourvoy  toy  ou  elle  gerra 
Et  en  quel  lieu  si  demourra!  » 

De  quoy  se  porra  revengier 
39390  De  cellui  qui  point  ne  l'a  chier; 

Se  garnison  ne  lui  ayeue, 

L’ame  trouvera  peu  d’ayeue 
Sur  ses  voisins,  ne  porra  mie 
Faire  le  pourvoy  de  sa  vye 
39395  Selle  ne  s’a  de  quoy  couvrir  ; 

Mal  guicet  lui  convient  ouvrir, 


39302  moins  —  39307  et  la  —  3933o  Maistre  —  39333  courrcticr  —  3g334  Lautre  a  advocassier  — 
39339  Et  manque  —  39350,  39351  et  39352Et  manque —  3g37 1  et  39373  respondera. 


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HUITIÈME  BRANCHE 


177 


Se  son  lit  el  n’y  fait  devant, 

Mesaise  ara  au  coeur  souvent. 

Je  voy  qu’a  ceste  pourveancc 
39400  II  en  est  trop  peu  qui  y  pense, 

Au  corps  aisier  appareillié 
Que  les  vers  ont  si  tost  mengié  ; 

De  famé  ne  pourvoient  point; 

Peu  sont  qui  pensent  a  ce  point. 
39405  Les  chevalliers,  et  conte,  et  roy 
N’en  laissent  faire  nul  arroy  : 

La  gent  mengüent  et  eschillent, 

Le  leur  taullent,  happent  et  pillent, 
Sur  poeuple  font  subvencions, 

39410  Tailles  et  grans  detractions,  (118  a) 
Les  constraingnent  a  porter  armes, 
Et  par  ce  oublient  leurs  âmes. 

Or  fault  prester,  or  fault  donner, 

Or  reffault  garnison  mener, 

39415  Boeufs,  et  moutons,  et  vins,  et  blés. 
Ainsi  est  le  monde  troublés 
Par  gentillesse  qui  l’argue, 

Qui  les  corps  et  les  âmes  tue. 

Nul  n’a  loisir  de  Dieu  amer 
39420  Ne  de  son  coeur  en  Dieu  semer  ; 

Tant  a  de  persecucions 

Et  diverses  occasions 

Que  de  Dieu  trop  petit  souvient, 

Et  quant,  au  fort,  vivre  convient. 
39425  Trop  est  cil  pechié  communaulx, 
Trop  est  publicque  et  generaulx, 

Et  chascun  delez  lui  s’apreste, 

Clerc,  séculier,  d’Eglise  ou  prestre. 
Dont  est  vil  chose,  a  dire  voir, 

39430  Que  de  viel  homme  amie  avoir; 

C’est  grant  punaisie  et  orreur, 
Chascun  en  doit  avoir  grant  peur. 
Guide  le  dollent  qu'elle  l’aime 
Combien  que  son  amy  le  claime  : 
39435  «  Ne  soiez  pas  si  tresdesvez 

Qu’une  femme  en  tel  cas  créez, 

Car  tost  vous  liroit  la  lechon 
Que  Dalida  fist  a  Sanson, 

Dont  Isengrin  en  fist  memore, 

39440  Or  en  escoutés  bien  l’istore. 

En  la  terre  d’Aise  jadis, 

Si  comme  en  la  Bible  le  lis, 

Le  poeuple  des  Juïfz  regnoit.  - 
Illecques  ung  preudomme  estoit 
39445  Qui  Manuel  fu  appellé; 

Selon  la  Loy  fu  marié. 


Monlt  bonne  vie  demenerent  (jjS£) 
Lui  et  sa  femme,  et  Dieu  amerent  ; 

En  Dieu  chascun  d'eulx  delittoit. 
39450  Ung  jour  seulle  sa  .femme  estoit; 

La  vint  a  lui  ung  jouvenceau, 

Angle  Dieu,  gracieux  et  beau, 

Qui  lui  dist  :  «  Enchainte  seras 
Et  de  ton  mary  filz  aras 
39^55  Qui  de  tresgrant  force  seras; 

De  son  chief  ne  sera  rez  ja  » 

Si  tost  comme  celle  l’oy, 

Tantost  a  l’hostel  s’en  fuy 
Et  a  son  mary  a  compté 
39460  Ce  que  l’angle  lui  a  ditté  : 

•  Ung  filz  arons,  grant  force  ara 
Ne  ja  son  chief  rés  ne  sera.  » 

Cil  tantost  en  prinst  jalouzie, 

Et  dist  :  «  Di  lui  qu’il  le  me  die. 
39465  Aultrement  je  ne  le  croiray, 

Et  si  te  souspechonneray.  » 

Celle  lui  a  dit  :  «  Volontiers.  » 

Lors  tourna  arrier  les  sentiers; 
L’angle  trouva,  si  lui  compta 
39470  Ce  que  son  mary  dit  lui  a. 

«  Devant  lui  te  pry  que  le  dies, 

Si  me  feras  grand  courtoisies. 

—  Certes  volentiers,  »  cellui  dit; 

Et  lui  noncha  sans  contredit 
39475  Ce  que  sa  femme  lui  ot  dit. 


Lors  le  mary  lui  dit  :  «  Amis, 

Puis  que  de  Dieu  tu  es  tranmis, 

Atens  ung  peu  sans  delayer, 

39480  Car  a  toy  voeul  sacrifier.  » 

Et  lors  ungaignel  ala  querre 
Et  aluma  le  feu  sur  terre. 

Maintenant  devant  lui  Pardi, 

Et  sacriffice  lui  rendi, 

39485  Et  en  icel  lieu  mené  fu.  (/ 18  c) 

Avec  la  fumée  du  feu 
L’angle  si  s’est  esvanouy, 

Puis  ne  fut  veü  ne  ouy. 

Lors  crut  le  preudoms  fermement 
39490  Que  c’est  ung  angle  vraiement. 

Aprez  advint  ce  que  deust  estre 
Que  de  ces  deux  deust  ung  filz  naistre, 
Qui  Sanson  le  fort  fu  nommés, 

Qui  tant  fu  fort  et  renommés. 

39495  Tant  de  chevelx  comme  il  avoit 
Tant  forces  d’hommes  comprenoit. 


39401  sont  app.  —  39426  Et  publ.  —  39430  De  viel  —  39436  Que  f.  —  39442  le  manque  —  39486 
Avecques. 

T.  II.  12 


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i78 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Quant  il  fu  grant  et  parcreü, 
Adoncquez  s’est  il  esmeü 
Et  a  guerrier  il  s’est  mis 
39500  Encontre  tous  les  anemis 

Qui  le  poeuple  d’Israël  gastoient, 

Qui  Sarrazins  adonc  estoient, 

Qui  plus  yerent  et  qui  plus  furent 
Que  les  Juïfz  qui  en  Dieu  crurent. 
395o5  A  ceulx  emprist  Sanson  la  guerre 
Et  les  requist  dedens  leur  terre; 

Par  toute  Egipte  les  chassa, 

Et  hors  d’Israël  les  bouta; 

Nullui  ne  les  peust  contrester, 

39510  Tant  fut  poissant,  au  vray  compter. 
Une  fois  les  ot  il  chaciés, 

Et  pluseurs  mors  et  despeciés, 

Ung  tresgrant  sommeil  lui  est  pris; 
Adoncquez  a  dormir  s’est  mis, 

395i5  Dessoubz  ung  arbre  s’endormy. 

La  y  vindrent  ses  anemy  ; 

Trestout  bellement  a  lui  vindrent, 

En  dormant  son  baston  lui  prindrent. 
Et  cil  en  dormant  tressailli. 

39520  Vit  qu’a  son  baston  ot  failli  : 

Une  joe  a  cheval  trouva, 

A  celle  joe  s’esprouva,  (/ 18  d) 

Que  je  croy,  qu’a  plus  de  cincq  cens 
En  toilli  la  vie  et  le  sens. 

39525  Tant  en  a  ochis  et  cassés 
Que  il  fu  durement  lassés. 

Et  lors  une  grant  soif  l’a  pris, 

Dont  il  fu  forment  entrepris; 

Pria  a  Dieu  dévotement 
3953o  Qu’il  lui  donnast  atemprement. 
Sanson  la  joe  au  cheval  tint, 

Et  cel  soif  adez  il  soustint. 

Delà  joe  ung  des  dens  toilli 
Et  une  fontaine  en  sailli 
39535  Du  pertuis  ou  le  dent  estoit; 

Oncques  plus  clere  veu  n’avoit, 

Plus  belle  ne  plus  gracïeuze, 

Ne  plus  saine  ne  plus  pïeuze  ; 

Et  quant  Sanson  a  ce  veü, 

39540  Trestout  son  saoul  en  a  beii, 

Tant  que  il  fu  bien  rassazié. 

Donc  fu  Dieu  par  lui  gracié  ; 

Si  se  voult  tousjours  avoier 
Aulx  ennemis  Dieu  guerroier, 

39545  Qui  la  loy  Moyse  grevoient, 

Et  ceulx  qui  le  contredisoient. 

?95o3  et  plus  —  39508  Et  manque  — 

39564  a  manque  —  39584  priveement. 


Monlt  en  ochist  et  guerroia, 

Monlt  en  chassa  et  forvoia. 

Car  si  fort  estoit  et  si  fier, 

3955o  Nul  n’osoit  contre  lui  drechier. 

Les  gens  d'Israël  acquitta, 

Leurs  anemis  monlt  débita. 

En  la  fin  se  mist  en  diffame 
Qu’il  mist  son  coeur  en  une  femme 
39555  Qui  n’estoit  mie  de  sa  loy, 

De  sa  gent  ne  de  son  aloy  ; 

De  la  gent  sarrazine  estoit, 

Et  la  loy  païenne  tenoit. 

Il  en  pesa  monlt  a  son  pere,  (119  a) 
39560  Et  grant  meschief  en  ot  sa  mere, 

Mais  pour  riens  qu’il  peüst  venir, 

Ne  laissa  celle  a  maintenir  ; 

Trop  l’ama,  trop  s’i  délita. 

Celle  avoit  a  nom  Dalida; 

3o565  Sage  fut  et  malicïeuze, 

Et  en  l’art  d’amour  venimeuze. 

Bien  le  sceut  attraire  et  sieuvir, 

De  son  coeur,  de  son  corps  joyr. 
Grande  folie  Sanson  fist 
39570  Quant  ez  lacz  de  femme  se  mist  ; 

Bien  sens  et  raison  renya, 

Quant  il  en  telz  las  se  lya. 

Et  ses  ennemis,  quant  le  sceurent, 
Grant  joye  et  grant  lyesse  en  eurent; 
39575  Dirent  :  «  Or  ne  nous  fault  que  taire. 
Par  ce  avons  nous  nostre  affaire  : 
Femme  de  nostre  loy  a  prise, 

Et  toute  songnance  en  lui  mist; 

En  lui  a  si  tout  son  coeur  mis, 

39580  Car  il  ne  fait  qu’a  son  devis. 

Or  n’y  a  mais  que  vers  lui  traire; 

Bien  pourchassera  nostre  affaire.  » 

A  lui  vindrent  secrettement, 

A  lui  parlèrent  privement; 

39585  Dirent  :  «  Amye,  a  toy  venons  ; 

Tant  pour  amye  te  tenons 
De  nos  gens  et  de  nostre  loy, 

De  nos  pays,  de  nostre  foy. 

Tu  dois  bien  ta  foy  soustenir 
39590  Et  eslever  et  maintenir, 

Et  tous  ceulx  haïr  et  grever 
Qui  mal  nous  voeullent  demener. 
Sanson  le  Fort  que  tant  haions, 

Qui  la  force  a  d'un  millier  d’homs, 
39595  Voire  certes  plus  de  dix  mille, 

Nostre  loy  deffoule  et  avile  ;  (119  b) 


39521  joe  de  —  39336  veue  —  39537  joe  du  —  39541  quil  - — 


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HUITIÈME  BRANCHE 


179 


Adès  le  pense  a  aviller, 

Et  en  la  fin  toute  essillier; 

Toute  la  conffondra  si  dure, 

39600  Nous  en  sommes  en  adventure. 

Si  seroit  grant  desconvenue, 

Se  par  lui  estoit  abatue. 

Par  lui  abatue  poeut  estrc  : 

Pour  ce  envoions  a  vous  no  maistre, 
39605  Car  ilz  scevent  certainement 
Que  tant  t'ayme  parfaittement 
N'est  riens  qu’il  ne  te  decouvrist, 

Ne  nul  secret  qu'il  ne  t’ouvrist. 
Saches,  se  tu  le  poeulx  sçavoir, 
39610 Comment  force  poeult  tant  avoir, 

Ou  le  prent,  ou  elle  lui  dure. 

Dalide,  amie,  mès  y  cure  ; 

Et  se  tu  le  scés  bien  enquerre, 

Dame  seras  de  nostre  terre. 

39615  La  terre  d’Israël  arons, 

Et  nostre  loy  exsaulcerons, 

Et  en  chasserons  les  Juïfz  ; 

Ad  ce  sommes  nous  tous  veïs. 

Tu  en  seras  dame  honnourée, 

39620  Certainement  sans  demourée  ; 

Plus  riche  de  toy  n’y  ara. 

Se  il  poeult  estre,  ainsi  sera. 

Si  nous  en  respons  ta  pensée; 

Tenez  ceste  chose  cellée.  » 

39625  Dist  Dalida  a  ces  mesages  : 

a  Or  soiez  et  cellans  et  sages, 

Car  je  le  feray  de  certain, 

Car  se  en  mes  mains  je  le  tain, 

Nulle  riens  ne  me  cellera. 

3y63o  Ainsiques  deceü  sera.  » 

Les  mesages  si  s’en  partirent  ; 

Tout  ainsi  a  leur  seigneur  dirent 
Et  s’en  tindrent  bien  apayé.  (//9  c) 
Lors  se  tindrent  peu  esmayé, 

3<>635  Ne  me  voulrent  plus  bataillier. 

Dalida  print  a  traveillier, 

Et  monlt  forment  s'estudioit, 

Quant  a  lui  de  folz  jeux  jouoit, 

Si  com  folz  et  folles  privées 
39640  De  folles  amours  désirées, 

Que  les  plus  folz  seullent  hanter, 

Et  fol  tenir  et  fol  taster 
Et  mainte  foie  contenance 
Et  fol  et  foie  en  ce  point  pense 
39645  Qui  sont  sans  raison  sans  sçavoir, 
Que  nul  ne  doit  ramentevoir. 


En  iceulx  folz  secretz  privés 
L’un  disoit  :  a  Vous  me  decevés  ; 
Tous  mes  secretz  sçavés  pour  vray 
39650  Et  riens  des  vostres  je  ne  sçay. 

Bien  devray  avoir  grant  diffame, 

Se  je  pers  par  vous  corpz  et  ame. 
Tant  vous  aim  je  ne  sçay  que  faire  ; 
Vers  vous  ne  puis  celler  ne  taire 
39655  De  dire  que  je  trop  vous  aim, 

Dont  j’ay  le  coeur  et  fol  et  vain, 

Car  cellui  bien  pour  fol  se  claime 
Quant  il  dit  a  femme  :  «  Je  t’aime,  » 
Puis  qu’il  a  son  voloir  eü. 

39660  Dès  la  est  le  fol  decell. 

Et  je,  qui  mon  coeur  vous  descoeuvre 
Par  droit  experiment  y  troeuve 
Que  vous  ne  m’amés  de  noyent 
Et  par  délit  qui  vous  esprent 
39665  Autant  ung  aultre  en  amerez  ; 

Et  se  cy  morir  ne  vëez. 

—  Se  je  vous  vëoye  a  meschief, 

Tost  me  copperoye  le  chief; 

Et  se  nulle  riens  je  sçavoye 
39670  Qui  vous  pleust,  tost  le  vous  diroye,  (/  igd) 
Et  toute  rien  sans  retarder 
Que  vous  me  vouldriez  demander.  » 
Et  celle  tantost  lui  raconte 
Qui  trestout  scet  et  mal  et  honte  : 
39675  0  Et  qui  est  qui  pellst  sçavoir 
Se  ja  femme  pellst  avoir 
Si  fort  son  coeur  en  homme  mis 
Que  j’ay  en  vous,  mon  beaulx  amis? 
Ne  le  vous  oze  maintenir, 

3q68o  Ne  du  dire  ne  puis  tenir  ; 

N’a  sens  ne  raison  qui  me  tiengne 
Que  Amour  encontre  ne  viengne 
Qui  me  dist  :  a  Trestout  lui  diras 
Nulle  riens  ne  lui  celeras  ; 

391)85  Amours,  dont  toute  plaine  suis, 

Ad  ce  me  met,  celler  nel  puis, 

Mon  coeur,  que  en  vous  ay  tout  mis  ; 
Si  vous  prie,  beau  doulx  amis, 

De  mon  coeur  estre  congnoissans. 
39690  Vous  estes  ungz  homs  monlt  poissans, 
Et  sur  tous  devez  estre  amés. 

Dites  moy,  foy  que  me  devez, 
Comment  poëz  vous  si  fort  estre, 

De  tel  nature  et  de  tel  estre, 

39695  Comment  si  fort  se  conterra 
Et  comment  tel  durer  porra. 


3g6o3  Par  sa  force  —  39604  envoient  —  39612  Dalida  —  39662  Tantost  —  39688  tresdoulx. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


Trop  habunda  habundamment, 
Quant  a  ung  homme  seulement 
Donna  tel  force  et  tel  pooir 
39700  Qu’il  poeut  mil  hommes  decepvoir. 
Dites  moy  comment  poeut  Nature 
En  une  seulle  créature 
Avoir  mis  si  tresgrant  pooir. 

Je  le  voulroye  bien  sçavoir. 

39705  Se  dire  vous  le  me  voulez, 

Tresbien  mon  amy  vous  serez,  « 
Pluseurs  telz  requestezlui  fist 9(i'JO  a) 
Et  toudis  cilz  bourdes  lui  dist. 

Une  fois  l’en  vault  apayer 
39710  Et  dist  :  «  Qui  me  porroit  lyer 
De  cordes  de  boeufs  en  dormant 
Les  deux  puingz  bien  et  fermement, 
A  trop  peu  de  frais  prins  seroie  ; 
Jamais  nul  jour  ne  in’aideroie, 

39715  Ne  me  porroie  rcvengier; 

Mais  cellui  ne  m’aroit  pas  chier 
Et  trop  petit  il  m’aimeroit, 

Qui  de  telz  jeux  me  serviroit.  » 

('elle  qui  plus  néant  ne  dist, 

39720  Ung  jour  tresbien  boire  le  fist 
Tant  que  trestout  fut  estourdy 
Et  que  forment  s’est  endormy 
Que  il  ne  sceut  ou  il  estoit. 

Celle  qui  tousjours  se  doubtoit 
39725  Ot  des  nerfs  de  boeufz  déliés  ; 

Si  lui  en  a  les  poingz  lies. 

Quant  ilz  furent  tresbien  loyé, 

Celle  n’y  a  plus  délayé. 

D’un  manteau  maintenant  le  coeuvre, 
39730  Atant  l’huis  de  sa  chambre  ele  oeuvre, 
Si  s’en  est  aval  avallée. 

Et  Sanson  si  l’a  rappellée; 

Si  lui  dist  :  «  Dame,  ou  donc  allez? 

Et  pour  quoy  lyer  me  vouliez? 

39735  A  moy  grever  metez  grant  paine.  » 

Lors  les  poingz  l’un  de  l’autre  esloingne 
Et  va  ses  lyens  despechant, 

S’encor  en  y  eust  plus  ung  cent. 
Pluseurs  aultres  choses  lui  dist, 

39740  Tout  adez  son  secret  soursist. 

Ung  jour  ala  s'amie  veoir, 

Que  trop  vault  amer  et  seoir, 

En  la  cité  philistïenne, 

Fondée  de  gent  ancienne,  (120  b) 
39745  La  ou  s’amie  demouroit, 

Qui  loy  sarrazine  crëoit  ; 


O  lui  fu,  et  nuit,  et  journée. 

Celle  qui  fu  endoctrinée 
A  servir  les  gens  de  sa  terre 
39750  Envoya  tost  les  seigneurs  querre 
Et  leur  fist  tresbien  asçavoir 
Qu’en  cel  lieu  le  poeuent  avoir, 
Qu’en  leur  cité  est  herbegié. 

Le  seigneur  ne  s’est  pas  targié 
39755  Que  Sanson  ne  poeuent  combrer. 
Tantost  fist  les  portes  fermer 
Et  jura  ses  dieux  et  ses loys 
Que  véoir  l’ira  sans  delois. 

Si  comme  sa  gent  amassa, 

39760  Endementiers  la  nuit  passa. 

Quant  Sanson  a  veü  le  jour, 

Tantost  se  leva  sans  séjour, 

Droit  a  la  porte  fist  s’allée, 

Close  le  trouva  et  fermée. 

39765  Lors  senti  et  pourveü  fut 
Qu’il  ot  esté  appercheüt, 

Congnut  que  ilz  le  poeuent  prendre, 
Et  lors  tantost,  et  sans  attendre, 

Les  deux  portes  sur  son  col  lieve, 
39770  Ne  nulle  riens  il  ne  lui  griefve, 

Si  les  emporte  comme  ung  rain, 
Chascune  porte  sur  la  main; 

Sur  une  montaingne  les  met, 

La  les  laisse,  puis  s’est  retrait; 

39775  Rien  ne  l’en  pooit  contrester, 

Tant  fu  fort,  tant  fist  a  doubter. 
Quant  les  Philistïens  le  virent, 

De  rechief  a  Dalida  dirent 
Qu’elle  de  bezongner  pensast 
39780  Comment  sa  grant  force  abaissast, 

Et  que  mesist  paine  a  sçavoir  (120  c) 
Com  tel  force  pooit  avoir. 

Si  fist  elle  certainement; 

Tout  y  mist  son  entendement 
39785  En  promesses,  en  larmes  faintes, 
Convens  jurés,  flateries  maintes, 

Par  folz  atouchemens  privés, 
Trestout  de  traïson  rivés, 

Que  il  lui  a  trestout  ouvert 
39790  Et  tout  son  secret  descouvert; 

Et  celle  ne  s'en  fist  que  rire  : 

:<  Petit  m’en  chault,  quant  ce  me  dire, 
Dire  pieça  le  me  deussiez 
Sc  parfaitement  m’amissiez. 

39795  Bien  pert  que  m’avez  peu  amé, 

Quant  tant  vous  le  m’avez  cellé.  » 


39715  Ne  ne  —  397*9  lui  dist  —  39730  ele  manque  —  39733  donc  manque  —  39735  quoy  manque 
—  39744  de  la  g.  —  39772  sur  une. 


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HUITIÈME  BRANCHE 


Quant  Dalida  a  ce  sceli, 

Elle  n’a  oncquez  paix  eü 
Jusqu’à  donc  que  yvre  le  tint 
39800  Et  que  dormir  il  le  convint. 

A  lui  decepvoir  contendi 
Qu’a  unes  forces  le  tondi. 

Tous  lui  a  ses  cheveulx  ostés, 

Dont  de  sa  force  fu  jettes; 

39805  N’ot  mais  la  force  que  d’un  homme. 
Et  quant  il  s’esveilla  du  somme, 

Et  ses  cheveulx  trouva  ostés, 

Lors  fut  il  tout  desconfortés, 

Mat,  couroucié  et  esbahy, 

39810  Et  s’escria  :  «  Je  suis  trahy! 

Par  femme  suis  mis  a  la  mort.  » 

Celle  hucha  a  grant  effort 
Ses  amis  qui  si  sont  prouvés 
Que  les  deux  yeulx  lui  ont  crevés. 
3981 5  Tout  ainsi  le  deffigurerent, 

Et  puis  avec  eulx  le  menèrent, 

Et  comme  ung  fol  tout  atourné, 

S'en  jouent  com  d’un  forsené;  {120  d ) 
Du  pain  a  mengier  lui  donnèrent. 
39820  Ainsi  grant  piece  le  gardèrent, 

Et  tout  adez  pour  fol  le  tindrent 
Tant  que  ses  cheveulx  lui  revindrent 
En  moins  de  demy  an  creü. 

Si  s’en  est  bien  appercell, 

3q825  Car  pour  la  longue  demourée 
A  yl  sa  force  recouvrée. 

Ung  jour  de  la  solempnité, 

Faisoient  feste  en  la  cité; 

Cil  qui  du  pays  sires  yere 
39830  Faisoit  tenir  feste  plainiere; 

Des  plus  grans  de  toute  la  terre 
Envoya  en  son  palaix  querre, 

La  vault  tenir  son  parlement 
De  lui  et  de  toute  sa  gent; 

39835  Toute  la  grant  sale  estoit  plaine 
De  tous  les  plus  grans  du  demaine. 
Quant  Sanson  la  nouvelle  oy, 

Ung  petit  s'en  est  esjoy, 

Comme  fol  trestous  le  tenoient, 

39840  Et  ainsi  danser  le  faisoient. 

Ne  pensoient  pas  tant  durast, 

Que  ja  sa  force  recouvrast  ; 

Mais  Sanson  tresbien  le  sentoit 
Que  force  en  lui  se  remetoit; 

39845  Sentoit  ses  cheveulx  ragrandir. 
Toute  sa  force  revenir; 


181 

Et  iceulx  point  ce  ne  pensoient, 

Mais  toudis  pour  fol  le  tenoient, 

Le  faisoient  entre  eulx  danser. 

39850  Pour  lui  escharnir  et  gaber, 

De  la  prison  Forent  osté, 

En  la  sale  Forent  mené. 

Quant  Sanson  fu  desprisonné, 

Devant  tous  au  palaix  mené, 

39855  Les  palasins  qui  y  estoient  ( 121  a) 

Sanson  souvent  danser  faisoient, 

Et  cil  qui  pour  fol  s’est  tenus 
Sceut  que  ses  cheveulx  sont  creüs 
Et  que  la  force  a  tout  en  lui 
39860  Qu’il  perdi  quant  on  le  tondi  : 

Au  plus  grant  pillier  du  palaix, 

Qui  soustenoit  trestout  le  fais, 

Tout  le  fais  du  palaix  portoit 
De  la  ou  tout  cil  poeuple  estoit, 

39865  (Aultrefois  y  avoit  esté), 

Sanson  s’est  illecq  acosté, 

Et  toute  sa  force  y  a  mise. 

Le  pillier  tout  desroche  et  brise. 

Et  lors  chey  tout  a  ung  fais 
39870  Toute  la  force  du  palaix, 

Et  tous  furent  ochis  et  mort; 

Ceulx  du  palaix  sans  nul  reffort, 

Les  grans  maistres  et  palasin 
Furent  tous  mors,  ce  fu  la  fin; 

39875  Tous  furent  mors  et  soubité. 

Et  voire  est,  c’est  auctorité; 

Et  quant  sçavoir  vous  le  voulrez, 

En  la  Bible  le  trouverez. 

Ainsi  Sanson  par  foie  amour 
39880  Perdi  corps,  chevance  et  honnour. 

Ainsi  sont  pluseurs  qui  par  femme 
Ont  honte,  meschief  et  diffame. 

Pluseurs  a  honte  s'en  sont  mis, 

Honny  et  gasté  leurs  amis; 

3«j8S5  Maint  corps  sont  par  ce  condempné, 
Maint  en  sont  en  enfer  dampné. 

Pour  si  petitte  amour  charnelle, 

Et  fesble,  et  fraible,  et  corporelle, 

Pour  foie  amour  qui  si  peu  dure, 

39890  Se  mettent  tout  en  adventure, 

Pour  amour  qui  si  petit  vault, 

Et  tost  commence  et  tost  deflault  ;  ( 1  2 1  b) 
Tost  fault  a  ceulx  qui  a  bien  viennent, 
Mais  les  folz  longuement  le  tiennent. 
39895  En  ceste  amour  deshonnourable, 

Ordre,  honteuze,  abhominable, 


39841  que  tant  —  39849  Et  le  —  39864  tout  manque  —  39876,  39888  et  39892  Et  manque . 


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182 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Dont  on  est  a  repentement, 

Ceulx  qui  y  voient  clerement 
Blasment  le  temps,  vie  et  ouvrer; 
39900  Mais  néant  est  du  recouvrer. 

Dieu!  com  en  grant  dangier  s’aplicque 
Qui  es  lacz  de  femme  se  ficque, 

En  grant  péril,  en  grant  durté, 

En  grant  trouble,  en  grant  obscurté, 
39905  Et  subjection,  et  maistrisel 

Poeuple  est  dangereux  servise 
Es  lieux  de  enfer  natureux 
Plaisans,  pénibles  et  morteux. 

Bien  le  scet  qui  cest  rommant  fist  : 
399x0  Pluseurs  jours  en  cest  siégé  sist 
Du  quel  ne  se  pooit  lever, 

Ne  esponchier  ne  se  laver; 

Et  si  congnoissoit  bien  sa  vye 
Que  il  maintenoit  en  folye. 

39915  Folie  n’est  nulle  pareille, 

Ne  scet  se  il  dort  ou  s’il  veille, 

Et  si  ne  s’en  pooit  retraire 
Pour  oeuvre  que  il  peüst  faire. 

Et  s’estoit,  pour  voir,  congnoissans 
39920  Que  il  estoit  fol  non  sachans. 

Bien  sceüt  aultrui  chastïer, 

Mais  ne  se  sçavoit  avoier. 

Quant  plus  de  partir  s’en  cuidoit, 

Et  plus  en  ce  feu  se  boutoit, 

39925  Ainsi  com  cil  qui  ne  voit  goûte, 

Plus  cuide  fuir,  plus  s’i  boute. 

Maintes  larmes  en  ot  plourées, 

Et  maintes  orisons  orées, 

Mais  peu  vault  riens  qu’on  puisse  faire  ( 121  c) 
39930  Affin  qu’elles  puissent  desplaire, 
N’enquirent  nulle  aultre  rachine  : 

Seul  fuir  est  la  medecine. 

Cil  qui  garder  voeult  son  sçavoir, 
S’honneur,  sa  santé,  son  avoir, 

39935  S’ame,  son  corps,  sa  paix,  sa  vie, 

Pense  de  eslongier  s’amie, 

Car  eslongier  par  vérité 
Fait  entroublïer  vanité; 

Cui  ainsiques  faire  le  voeult 
39940  Peu  en  est  cui  le  coeur  en  docult. 

Or  se  fault  tenir  du  penser, 

Par  la  poeut  foie  amour  cesser. 

Il  n’est  riens  que  l’homme  n’oublie, 

S’a  l’eslongier  bien  s’estudie. 

39945  Mais  ung  peu  de  fragilité 
Fait  continuer  vanité. 


Fragilité,  comme  est  poissant, 

Ne  lait  homme  estre  congnoissant  ; 
Fragilité  conseil  ne  croit, 

39950  Fragilité  goûte  ne  voit, 

Fragilité  fait  foloier 
Ceulx  qui  deussent  tout  avoier; 
Fragilité  est  une  dame 
Qui  maine  en  enffer  corps  et  ame; 
39955  Fragilité  fait  perdre  avoir, 

Honneur,  ame,  corps  et  sçavoir  ; 
Fragilité  voeult  trestout  faire 
Quanqu’il  lui  plaist  ou  lui  voeult  plaire, 
Ne  voit  ne  guez,  ne  pont,  ne  rive, 

39960  Toute  sa  volenté  voeult  sivre, 

N’y  voit  perte,  ne  mort,  ne  vie; 

Fragilité  n’a  ja  envye 
Fors  de  faire  sa  voulenté; 

A  tout  a  maint  homme  cousté, 

39965  Et  qui  Fragilité  croira 

Jamais  s’amie  ne  fuirra;  {121  d) 
Mais  elle  le  porra  bien  fuire 
Quant  il  n’ara  de  quoy  déduire. 

Car  sachent  tout  jone  et  moyen, 

39970  Riche,  fol,  sage  et  ancien, 

Qu’els  ne  vous  aiment  n’ameront, 

Que  tant  que  gamy  vous  sçaront, 

Tant  vous  vouldront  blandir  et  sivre. 

Je  le  sçay  bien,  qui  fis  cest  livre  : 

39975  Quant  el  m’ot  mis  a  petit  port, 

Elle  me  pourchassa  ma  mort. 

Si  prions  Cellui  qui  tout  poeut, 

Qui  tous  biens  donne  et  tous  biens  voeult, 
Qui  est  sire  de  vanités 
39980  Et  de  toutes  fragilités, 

Qu’il  nous  acroye  cest  honneur, 

Que  de  nos  corpz  soions  seigneur 
Et  qu’en  foie  amour  ne  soions, 

Raison  tousjours  au  coeur  aions. 

39985  Atant  Thiebert  son  sermon  fine, 

Et  vers  son  hostel  s'achemine. 

Cilz  lui  envoierent  viande 
Tant  que  de  ce  riens  ne  demande. 

Et  quant  il  ot  assez  preschié 
39990  Et  de  pluseurs  gens  fu  engié, 

Plus  l’eslongent,  plus  le  congnurent, 

Et  moins  a  lui  amer  s’esmurent, 

Car  qui  pluseurs  bien  congnoistroit, 

On  aime  tel  que  on  hairroit. 

39995  Car  pluseurs  des  choses  nouvelles 
Dient  que  sont  bonnes  et  belles; 


39908  pénible  —  39912  se  manque  —  39930  Texte  altéré  —  39956  Corps  h.  ame  et.  —  39964  A  maint 
h.,  a  tout  —  39971  Quelles  —  39975  elle. 


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HUITIÈME  BRANCHE 


1 83 


Quant  hantées  sont  et  congnues, 

Elles  sont  peu  chieres  tenues. 

Pour  ce  font  bien  aucun  convent 
40000  Qui  muent  leurs  freres  souvent, 

Combien  qu’en  sont  maint  mal  payé, 

Car  bien  ont  cel  point  apayé. 

Hanter  et  longuement  vëoir  (122  a) 
Fait  maint  peu  plaire  et  peu  seoir. 

40005  Pluseurs  font  beau  commencement, 

Que  puis  ilz  finent  laidement; 

Et  pour  ce,  dist  on  de  nouvcl 
Tout  est  et  gracieux  et  bel. 

Et  Thiebert,  qui  bien  scet  ce  point, 
40010  Se  part  et  plus  n’arreste  point; 

Si  s’esmoeut  en  une  aultre  terre 
Tant  pour  proflit  que  honneur  querre. 

Ainsi  que  son  chemin  aloit, 

Tout  au  devant  de  lui  venoit 
40015  Une  beste  desordonnée, 

Pale,  le  vis  maigre,  eschinée, 

Grande  comme  ung  asne  et  hidcuze, 
Mate,  monlt  melencolïeuze. 

Si  tost  que  Thiebert  l’a  veüe, 

40020  Monlt  grant  hideur  en  a  eüe. 

Bien  le  congnut,  et  sceut,  et  voit 
De  quel  affaire  elle  servoit. 

Comment  et  quelle  est  sa  nature, 

Ce  qu’elle  ayme  et  de  quoy  a  cure; 
40025  Si  l’en  a  ung  peu  moins  doublée. 
Toutesvoiez  l’a  saluée, 

Comme  sage  et  bien  enseigniez; 

Dist  :  *  Dame  Tigre,  bien  vegniez! 
Grand  piece  a  que  ne  vous  vis  mais.(  /  22  b) 
40030  N’avez  pas  toudis  eue  paix, 

Grant  santé  n’avez  pas  eüe, 

Car  je  vous  voy  monlt  deceüe. 

Pour  ce,  me  semble  n’avez  mie 
Tout  le  soûlas  de  vostre  vie. 

4oo35— Thiebert  amis,  Dieu  vous  doint  joye, 

Et  si  m’amaint  en  telle  voye 
Que  je  puisse  trouver  santé  I 
J’ay  partout  cest  pays  hanté; 

Sept  ans  a,  ne  finay  d’aler; 

40040  Mon  vivre  ne  puis  recouvrer. 

Sept  ans  a  que  je  ne  mengay, 

Viande  en  mon  corpz  ne  boutay, 

Ne  ne  sçay  lieu  pour  moi  repaistre. 

Vëez  donc  se  je  doy  maigre  estre. 

40045  Je  ne  m’en  fais  que  traveillier, 

40017  Grand  —  40024  Ce  manque  —  40027  Com 
—  40091  com  je  f.  —  40092  Je  lui  b.  tant. 


Ne  m'en  sçay  a  qui  consseillier  ; 

Se  vous  consseillier  me  poiez, 
Tresgrant  aumosne  vous  feriez.  » 
Lors  dist  Thiebert  :  «  Quelle  viande 
4oo5o  Vostre  conplexion  demande, 

Et  qui  viengne  a  vostre  nature? 
Sçavoir  si  sçaray  mettre  cure, 

Car  se  repaistre  vous  pooie, 

Je  cuid  en  vostre  amour  seroie. 

4oo55  —  Se  je  trouvoye  femme  feaulx 
Qui  fust  vers  son  mary  loiaulx, 
Amast  de  coeur  et  obeïst 
Et  du  tout  son  voloir  feïst. 
Tresvolentiers  j’en  mangeroie, 

40060  Se  aucunes  je  en  trouvoye.  » 

Dist  Thiebert  :  «  Assez  en  arez  ; 

Par  tant  plus  de  cent  en  verrez 
En  ung  marchié  qu’est  cy  devant, 

Où  chascune  son  fillé  vent, 

40065  La  demy  millier  en  verrez; 

lllec  assés  mengier  porrés.  (122  c) 
—  Alons  y  donc,  »  s’a  dit  la  Tigre, 

«  Appareillie  suis  de  suigre.  » 

Lors  vers  le  marchié  s’en  allèrent 
40070  Et  monlt  de  femmes  y  trouvèrent. 

Et  lors  Thiebert  s'est  escriez  : 

«  Gardés,  femmes,  fuiez,  fuiez! 

Fuiez,  vecy  la  male  beste 
Qui  aulx  bonnes  femmes  fait  feste! 
40075  Sachiez,  icelle  mengera 
Qui  le  gré  son  mary  fera, 

Qui  en  pacïence  demeure 
Et  qui  bien  le  sert  a  toute  heure, 

Et  qui  lui  porte  loiaulté, 

40080  Et  de  coeur  fait  sa  volenté! 

Fuiez,  femmes,  que  ne  vous  voye!  » 
Adonc  sault  avant  en  la  voye 
Une  qui  huche  :  «  Dampt  Thiebert, 
La  Tigre  cy  son  chemin  pert. 

40085  Monlt  se  forvoie  quant  cy  vient  : 
Viande  n’ara  icy  nient; 

N’a  cy  femme  qui  lui  affiere. 

Moy  meisme  toute  la  première, 
Vouldroye  perdre  ung  de  mes  yeux, 
40090  Et  mon  mary  en  perdist  deux! 

Dieu!  com  feroie  bonne  feste! 

Tant  lui  batteroie  la  teste 
Et  tant  trebuchier  le  feroie! 

Je  me  mettroye  en  my  la  voye 
40095  Vestue,  gaillarde  et  parée, 

—  40068  De  vous  s.  —  40086  néant  —  40089  Je  v. 


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184 


RENÀRT  LE  CONTREFAIT 


Pour  estre  la  mieulx  advisée, 

Le  chapellet  en  mon  chief  vert, 

Ne  g’erroye  plus  a  couvert, 

Quel  temps,  quel  pluie  que  feïst 
40100  On  ne  me  veïst  etoÿst; 

Chanteroie  qu'ung  roussignolz. 

Avec  ces  compagnons  megnotz, 

Par  ces  preaulx,  en  grant  déduit,  (1 22  d) 
Partout  m’cn  irove  de  nuit  ; 

40105  Ne  me  feroie  sommcillier, 

Tant  me  feroie  grapillier! 

Aulx  compagnons  voulroie  plaire! 

Las!  ou  porrai  tel  joye  querre? 

Lasse!  en  quel  lieu  le  trouveray? 

401 10  Lasse!  hé  lasse!  et  que  feray? 

Trop  puis  en  tel  point  demourer!  » 

Lors  se  print  forment  a  plourer. 

Dist  l’autre  :  «  Plourer  ne  doy  mie, 
Mais  je  doy  bien  plourer  la  vye 
401 15  Que  deables  m’ont  ou  corps  boutée, 

Car  je  suis  toute  rassotée 
De  haine  et  de  doleance. 

De  trestoute  male  voeullance 
Que  j’ay  au  coeur  pesme  et  obscure 
40120  De  ce  que  mon  mary  tant  dure; 

Car  j'aime  ung  joly  clerc  mignot, 

Plus  gay  que  n’est  ung  roussignot, 

Qui  souvent  fait  mon  coeur  joiant. 

Hé,  vray  Dieu!  et  je  l’aime  tant 
40125  Que  trestout  le  coeur  me  sautelle 
Si  tost  que  l’oy  et  il  m’appelle, 

Car  nulle  fois  il  n’est  lassés 
De  faire  le  jeu  que  tu  scés; 

Toudis  vouldroit  estre  es  archons 
401 3o  Et  puis  aulx  jeux  et  aulx  chançons; 

A  aultre  chose  ne  voeult  tendre, 

Et  mon  mary,  que  on  puist  pendre, 

Il  ne  me  fait  que  traveillier, 

De  jour  batre  et  de  nuit  grongnier; 
4oi35  Et  si  ne  poeut  la  chose  faire. 

Male  mort  le  puist  achief  traire! 

Quant  je  le  voy,  de  docul  je  tremble, 

De  doeul  me  frémissent  ly  membre. 
Morte  fusse  or,  je  vous  plevis, 

40140  Se  ce  ne  fust  mes  chiers  amis.  (  /  -j3  a) 
Mon  amv  adès  me  confforte. 

Et  mon  mary  la  mort  m’aportc.  » 

Dist  l'autre  :  «  De  vous  ne  m’esmay, 
Car  onequez  mon  mary  n’amav, 

40145  N’honneur  ne  fis  ne  rcverence 


Fors  par  paour  et  par  doubtance  ; 

Et  s’a  mon  gré  de  lui  estoit, 

Anuit  en  la  biere  gerroit.  » 

Dist  l’autre  :  «  Aussi  n’ay  je  pas  garde, 
401 5o  Car  quant  mon  mary  me  regarde, 

Semble  qu’il  me  doye  férir 
Et  qu’il  me  doie  sus  courir; 

Vouldroie  les  yeulx  lui  saulsissent 
Et  puis  que  les  loups  le  tenissent  ; 

40i55  Car  jaloux  est  (et  cause  y  a) 

Du  beau  varlet  qui  me  pria 
Pour  Dieu  que  je  fusse  s’amie, 

Et  je  ne  lui  en  faillis  mie, 

Car  souvent  me  fait  le  hary, 

40160  Et  il  en  poise  a  mon  mary, 

Lequel  se  puist  le  col  brisier, 

Tant  le  voeul  amer  et  prisier  !  » 

Dist  l’autre  :  «  Je  n’ay  mie  doubte 
Que  tu  me  faces  de  mal  goûte, 

40165  Que  par  toy  soie  couroucie, 

Que  nulle  fois  ne  suis  si  lye. 

Quant  je  voy  mon  mary  venir, 

Me  semble  mort  me  doit  tenir, 

Et  quant  amour  monstrer  me  voeult, 
40170  Trop  durement  le  coeur  me  doeult  ; 

Tant  m’annuie  et  tant  il  me  griefve, 

Par  ung  petit  que  je  ne  crieve, 

Se  ne  fust  la  bonne  esperance 
De  mon  amy  a  quoy  je  pense, 

40175  Qui  a  son  voloir  me  tenrra, 

Si  com  meschant  mary  morra.  » 

Dist  l’autre  :  a  De  vous  n’ay  peür,(/ 23b) 
Ains  en  suis  trestout  asseür, 

Car  j’aim  bien,  et  si  suis  amée, 

40180  Et  si  ay  je  m'amour  donnée 

A  ung  compagnon  noble  et  cointte  ; 

Et  je  suis  jeune,  gente  et  joincte, 

Sique  bien  nous  entretenons 
Et  si  prez  a  prez  nous  tenons 
40185  Que  on  diroit,  qui  nous  verroit, 

De  nous  deux  q’un  seul  y  aroit, 

Tant  sommes  tous  deux  d’un  accord. 

Et  quant  cil,  cui  Dieu  doint  la  mort, 

Qui  tant  me  fait  le  coeur  marry, 

40190  Ce  est  a  dire  mon  mary, 

Quant  il  me  voeult  hurtebillier, 

Vous  nous  orriez  bien  bataillier. 
Tourner,  esgratiner  ou  mordre, 

Fuir,  braire,  tourner  et  tordre; 

40195  Tant  fort  je  crye  et  tant  fort  hue 


40101  Et  ch.  —  40103  Je  ne  me  —  40108  porroyc  — 4011 5  monlt —  40149  pas  manque  —  401 53 
que  les  —  40165  Ne  que  —  40171  il  manque. 


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HUITIÈME  BRANCHE 


1 85 


Qu'on  nous  oit  bien  d’en  my  la  rue  ; 
Viennent  gens  pour  nous  dessevrer, 
Qu’avec  lui  n’ay  cure  d’ouvrer; 

Tant  le  demaine  et  tost  et  tart 
40200 Que  son  voloir  de  lui  se  part 
Et  me  laisse  ester  par  anuy. 

Ainsi  le  hez,  ainsi  le  fui, 

Et  toudis  ay  le  coeur  dollent 
Tant  que  je  le  voy  en  présent.  » 

40205  Dist  l’autre  :  «  Vous  faites  que  sage 
Quant  vous  maintenez  cest  usage. 
Encor  sont  cincquante  ans  passés 
Qu’ailleurs  ne  furent  mes  pensés 
Qu’Amours  et  compagnie  sieuir 
40210  Et  toudis  mon  mary  haÿr; 

Mais  oncquez  tant  Amourz  n’amay, 
Tant  fusse  je  en  juing  ou  en  may, 

Com  je  feroie  maintenant 
Se  j'en  vëoie  aucun  venant.  (1 23  c) 
40215  Mais  je  suis  tant  vile  et  Heutrie 
Que  nul  n’a  mais  de  moy  envie. 

Pour  ce,  m’estoeut  de  coeur  marry 
Malgré  moy  joyr  mon  mary, 

Que  s’aucun  me  voulsist  joVr 
40220  Mon  mary  ne  daignasse  oyr.  » 

Dist  l’autre  :  «  Qui  est  qui  poeut  faire 
Que  nul  mary  puisse  ja  plaire? 

Nul  ne  porroit  si  puissant  estre 
Qu’il  fist  mary  gracieux  estre. 

40225  Le  mien  par  est  si  enuïeux, 

Si  pesant,  si  mal  gracieux, 

Et  mon  amy  est  si  loiaulx, 

Et  si  tresnoble,  et  si  tresbeaulx, 

Car,  s’il  vouloit,  il  voleroit 
40230  Et  droit  en  Paradis  iroit  ; 

Mais  ne  le  laisse  que  pour  moy, 

Car  tant  m’aime  il  en  bonne  foy, 

Volé  fust  ore  en  Paradis, 

Se  il  n’eust  en  moy  son  coeur  mis. 
40235  Trop  cuideroit  forment  pechier 
Le  gracieux  qui  m’a  tant  chier, 

S'en  Paradis  sans  moy  aloit. 

Tost  y  seriesmes,  s’il  voloit.  » 

Dist  l’autre  :  «  Bien  suis  mal  menée 
40240  Et  de  trespute  heure  fus  née, 

Et  toudis  ay  le  coeur  marry 
De  mon  tresvielz  puant  mary, 

Non  scient  et  mal  ordonné, 
Quedeables  ont  a  moy  donné. 

40245  A  femme  nulle  n’a  mestier, 


De  vin  buvroit  bien  ung  septier, 

Tous  les  jours,  sans  faillir  l’opine, 

Et  ne  lui  poeut  lever  l'echine, 

Ne  poeut  monter  ne  soir  ne  main, 
40250  Ne  poeut  ouvrer  de  quelque  main; 

Puis  si  s'endort,  atant  me  lait.  (1 23  d) 
Lasse!  dolente,  qu’ay  je  fait? 

Quant  couchier  avec  lui  me  fault, 
Morte  fusse  ore  de  deffault, 

40255  Se  ne  fut  ce  qu’on  m'a  aprins, 

Que  j’ay  aulx  bons  compagnons  prins, 
Qui  scevent  tresbien  Bouchart  batre 
Trois  fois  le  jour,  et  souvent  quatre, 

Si  que  frere  Bouchart  s’en  loe. 

40260  J’en  fay  a  mon  mary  la  moe; 

La  moe  en  doit  il  bien  avoir 
Qui  n’a  mais  vertu  ne  sçavoir.  » 

Dist  l’autre  :  «  Pour  néant  en  dittes, 
Je  daims  trestous  les  maris  quittes, 
40265  Car  mat  sont,  mort,  frileux  et  lent, 

Et  senttent  trestout  le  relent; 

Bien  scevent  grouchier  et  grouller, 
Mais  ne  scevent  femmes  lober. 

Se  Dieu, qui  tous  biens  poeut  aprendre, 
40270  Venoit  en  terre  femme  prendre, 

Puis  que  mary  il  devenroit, 

Jamais  jour  amé  ne  seroit, 

Mais  devenroit  lens  et  groucheux, 

Et  non  poissant,  et  parecheux. 

40275  Maris  sont  si  trestost  lassé, 

Deffaillant,  faintifz  et  cassé, 

Et  ne  nous  scevent  apaier, 

Et  ne  nous  font  mais  qu’ennuier. 

Car  quant  le  mien  mary  je  pris, 

40280  II  avoit  tel  los  et  tel  pris 

Qu’environ  lui  plus  d’une  lée 
Il  n’avoit  femme  demourée, 

Jo;me,  ne  vielle,  ne  pucelle, 

A  qui  il  n’eust  batu  la  selle; 

40285  Nulle  ne  s’en  pooit  passer 
Ne  il  ne  s’en  pooit  lasser. 

De  Dieu  cuiday  estre  arrousée. 

Quant  je  devins  son  espousée,( / 24a) 
Pensant  qu’en  déduit  me  tenroit 
40290  Et  que  dormir  ne  me  lairoit. 

Or  m’alaissié  tout  a  ung  fais 
Que  de  ce  ne  lui  souvient  mais; 

Bien  fut  trois  jours  en  bon  ordon  : 

Or  ne  vault  son  corps  ung  cordon . 
40295  Je  vouldroie  qu’il  fut  en  terre, 


40212  je  manque  —  40228  Et  manque  —  40232  il  manque. 


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1 86 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Demain  iroye  ung  aultre  querre, 
Quant  ainsi  sont  ores  lassés, 

Ces  tresmeschans  maris  cassés. 

Trop  bien  quatre  jours  me  servi, 
4o3ooOncquez  puis  son  estât  ne  vi. 

Par  mon  chief,  deffaulte  n’eüsse, 
S’aultre  chevance  je  sceüsse.  » 

Dist  l’autre  :  «  Femme,  tant  es  sage. 
Quant  tu  te  tiens  en  tel  usage. 

4o3o5  Or  vous  tournez  lez  moy  deçà, 

Car  je  ne  trouve  mais  pieça 
Si  sage  femme  que  vous  estes. 

Nos  maris  nous  tiennent  pour  bestes 
(Ausquelz  trestous  Dieu  doint  les  fievres!), 
4o3io  Mais  ilz  ne  scevent  ne  que  chievres, 
Car  se  ilz  nous  laissent  ouvrer 
Et  en  nos  sciences  prouver, 

Nous  gouvernissions  sagement, 
Mieulx  et  plus  proiffitablement, 

4o3i5  Des  choses  qui  cy  aval  sont 

Cent  mile  fois  que  ilz  ne  font; 

Mieulx  feïssiesmes  l’ordonnance 
Et  eussiesmes  meilleur  chevance 
Cent  mille  fois  que  nous  n’avons, 
4o32oCar  trop  plus  de  bien  nous  sçavons, 
Avec  ce  au  dire  les  pointz, 

Certes  ce  est  ung  malvais  pointz, 
Dont  j’ay  au  cœur  souvent  couroux  : 
Mon  mary  fut  or  tout  desroups, 

4o3î5  Tant  le  bâtisse  soir  et  main  (124  b) 
(Quant  ad  ce  point  pas  je  ne  l’aim), 
Que  il  ne  pellst  .viij.  jours  vivre, 

Et  Dieu  !  tant  en  fusse  delivre 
De  Tort  vil  vilain  tout  pugnaisl 
4o33oJe  n’en  dy  plus  avant,  me  tais. 

—  Certes,  »  dit  l’autre,  «  belle  sœur, 
Tu  ne  creroies  a  nul  foeur 
Com  je  suis  tresmal  mariée; 

Bien  m’a  Dieu  du  tout  oubliée. 

40335  Mon  mary  se  point  sens  eüst, 

Bien  prisié  et  honnouré  fust, 

Moy  prisier  jusqu’au  deschaucier, 

Car  du  tout  l’ay  fait  avancier, 

Com  povre  ribaut  qu’il  estoit 
40340  Et  en  grant  povreté  regnoit. 

Il  print  o  moy  si  grant  richesse 
Qu’il  est  venu  a  grant  haultesse. 

Mais  monlt  bien  le  me  scet  merir, 

Ce  est  souvent  sur  moy  férir 
40345  De  puingz,  de  bastons  sur  ma  teste; 


De  lui  n’ay  nul  tempz  aultre  feste. 
Trestous  les  menbres  il  me  brise. 

Or  veez  com  le  malvais  me  prise 
Ne  ne  me  hurtebille  point; 

4o35o  Frere  Bouchart  il  ne  bat  point, 

Mais  tient  une  aultre  meschinette 
Qui  est  gaye,  mignote  et  nette, 

Que  il  trop  aime,  a  dire  voir, 

A  qui  il  donne  mon  avoir, 

4o355  Et  sa  joye  avecquez  lui  maine; 

Au  moins  se  trois  fois  la  sepmaine 
Frere  Bouchart  batre  vaulsist, 

De  ce  qu’il  fait  ne  mechausist. 

Pour  ce  voeul  a  Dieu  depüer 
4o36o  Que  la  mort  lui  voeulle  envoier.  » 
Dist  l’autre  :  «  Je  m’en  vengeroie 
Queparmonchiefcouxleferoie.(/  24  c ) 
—  Belle  soeur,  ad  ce  ne  fault  mie, 

Car  je  suis  a  ung  cler  amie 
4o365Qui  souvent  me  fait  le  hary 
Tout  en  despit  de  mon  mary. 

Plus  en  fesisse,  se  je  peusse, 

Et  se  l’aisement  en  ellsse.  » 

—  Si  fais  deux  amis,  »  ce  dit  l’aultre, 
40370  «Ou  trois  qui  bien  batront  ton  paultre, 
Tu  ne  feras  pas  grans  merveilles.  >• 
Dist  celle  :  «Tresbien  me  consseilles, 
Mais  il  a  les  deux  puingz  si  durs 
Qu’il  en  abateroit  deux  murs. 

40375  Pour  ce,  me  convient  supplier, 
Contre  mon  coeur  humilier; 

Ne  sçay  que  aultre  chose  en  face. 

Ses  puingz  fussent  ores  en  glace, 

Et  sa  teste  de  nesge  fust, 

4o38o  Et  sur  lui  eaue  boullant  plut, 

Et  fust  aulx  champs  bien  loingzde  ville. 
Ce  dis  pour  ce  que  l’aim  sans  guille 
Et  que  je  sçay  que  il  a  tort; 

Mais  Dieu  n’est  pas  de  mon  acord.  » 
4o385  Lors  les  aultres  crient  a  ung  fais  : 

«  Dame  Tigre  cy  riens  ne  fais. 

Cy  n'as  tu  pas  trouvé  ta  proye, 

Ne  sçavons  que  droit  cy  t’avoye. 
Toutes  voulrions  que  nos  maris 
40390  Qui  nous  font  si  les  coeurz  marris, 
Qu’a  no  gré  ne  poons  amer, 

Que  tous  fussent  noyez  en  mer, 

Qui  boivent  les  bons  vins  sur  lie, 

Et  puis  nous  donnent  lez  l’oÿe 
40395  Siqu’en  avons  tous  les  yeulx  pers. 


4o3ii  silz  —  40322  poitz  —  4o336  Lacune  après  ce  vers[?). 


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HUITIÈME  BRANCHE 


D’eulx  fust  ores  bouchié  inffers, 

Et  Dieu  que  bon  vin  buveriesmes 
Tant  que  toutes  yvres  seriesmes! 

Puis  nous  feriesmes  tant  cuignier  (124  d) 
40400  Qu’on  nous  orroit  de  loingz  vuignier. 

Ne  ja  pour  ce  ne  demourra, 

Par  le  croix  Dieu,  bien  y  perra. 

Nous  ferons  toutes  no  vouloir, 

Combien  qu’ilz  s’en  doivent  doloir; 
40405  Plus  nous  battront,  plus  roullerons, 

Et  toudis  moins  les  priserons. 

Le  hault  parler  poeuent  avoir, 

Mais  nous  ferons  nostre  voloir; 

Tant  prendrons  recreacion 
40410  Que  vouldra  nostre  intencion; 

Bien  sçarons  nos  amis  attraire 
Et  jurer  pour  nostre  paix  faire, 

Rire  et  acoller  saintement 
Et  souvent  baisier  faulsement  ; 

40415  Fauveau  torchié  souvent  sera. 

Honnis  soit  qui  aultre  en  fera! 

Le  corps  et  le  semblant  aront, 

De  l'avoir  leur  plaisir  feront. 

Nos  amis  aront  jour  et  nuit 
40420  Le  coeur  de  nous  et  le  déduit; 

Et  si  ne  leur  siet  si  leur  crouppe, 

Nous  leur  ferons  de  leur  pain  souppe, 
Car  coux  estre  faillir  ne  poeuent; 

Or  en  facent  tout  ce  qu’ilz  voeullent. 
40425  Râlez  vous  ent,  sire  Thiebert, 

Car  qui  cy  demeure  tout  pert, 

Et  prengne  la  Tigre  aultre  cure  ; 

Pour  lui  n’a  cy  point  de  pasture. 

Toutes  sçavons  bien,  et  nous  membre 
40430  De  quoy,  pour  quoy  sont  nostre  membre 
Et  comment  on  en  doit  user; 

Nous  ne  les  lairons  pas  muser 
N’aviler  par  faulte  d’ouvrer 

40435  Et  assez  en  recouvrerons 

Tant  comme  souffrir  en  porrons, 

Au  moins  celles  qui  belles  sont( /25a) 
Tant  comme  en  beaulté  dureront; 

Et  quant  beaulté  mais  n’y  sera, 

40440  Lors  Bouchart  a  repos  sera, 

Combien  qu’au  corpz  bien  en  souvient. 
Ainsi  soit,  ainsi  le  convient.  » 

Dist  la  Tigre  :  «  J’ay  fait  mon  fais. 

Je  croy  ne  mengeray  jamais; 

40445  Monlt  a  lonc  temps  que  ne  finay. 


187 

Par  toutes  villes  esté  ay, 

Mais  point  n’y  truis  telle  viande 
Comme  ma  nature  demande; 

Et  pour  ce  icy  de  cy  m’en  vois, 

40450  Laissier  moy  morir  en  ung  bois. 

Et  se  ung  recouvrier  eüsse 
Que  je  encore  trouver  peüsse 
Ouvriers  de  bras  qui  deuement 
Fissent  journées  loialment 
40455  Et  sans  faintise  et  par  raison, 

Sans  barat,  sans  male  acoison, 
Loiaulx  journées  voussist  faire 
Tant  pour  raison  com  a  Dieu  plaire, 
Puis  que  femmes  ne  puis  trouver, 
40460  De  ceulx  voulroye  recouvrer, 

Fussent  machon,  ou  Carpentier, 
Ou'chareton,  ou  charetier, 

Vigneron,  torqueur,  ou  couvreur, 
Bergier,  courtillier,  fauchillieur 
40465  Et  tous  aultres  de  bras  ouvriers, 
D’eulx  mengeroie  volentiers. 

Encore  se  de  ceulx  avoie, 

Pas  morir  je  ne  me  lairoie  ; 

Se  trouvoie  m’entencion, 

40470  Prendroye  recreacion. 

Or  en  alons  doncques  quérir 
Ou  par  deffault  me  fault  morir. 
Thiebert,  pour  Dieu  or  y  metz  paine  ; 
Es  places  des  ouvriers  me  maine,(/ 25  b) 
40475  La  ou  tous  les  ouvriers  se  loyent, 

Que  voye  tous,  et  qu'ilz  me  voient.  » 
En  une  place  sont  venus 
La  ou  sont  tous  ouvriers  tenus, 

Lou  sont  tous  ouvriers  atirés. 

40480  lllec  s’est  Thiebert  escrïés  : 

«  Seigneurs  ouvriers,  or  faittes  feste. 
Veez  vous  cy  venue  la  beste 
Qui  les  loyaulx  ouvriers  mengüe  ; 

Se  nul  en  y  a,  ne  s'en  fue, 

40485  Mais  il  viengne  a  nous  humblement  », 
Lors  y  est  venu  en  présent 
Ung  recovreres  qui  la  sist; 

Tantost  au  devant  d’eulx  se  mist, 

De  tous  ses  compagnons  doubté, 
40490  Par  procuracion  fondé 

De  leur  oeuvre  et  leur  ordonnance, 
De  leur  fait,  de  leur  contenance. 

Lors  dist  :  «  Thiebert,  cy  suis  venus 
Pour  tous  ouvriers  gros  et  menus; 
40495  Si  te  dy  pour  mes  compagnons. 


40401  demoura  —  40454  loialement  —  40455  Et  manque  —  40466  De  ceulx  —  40469  Se  je  —  40470 
Gy  pr.  —  40476  Que  je  —  40485  il  manque  —  40491  et  ord. 


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i88 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Doubter,  prisier  ne  te  daignons, 

Ne  de  nous  ne  te  prengne  envie 
Que  point  n’aras  de  nous  ta  vye, 

Ne  n’ayes  cure  de  nostre  estre. 

4o5oo  Ailleurs  te  convient  aller  paistre.  » 
Dont  dit  la  Tigre  sans  targier  : 

«  Pour  quoy  ne  te  doi  je  mengier, 

Ne  tes  compagnons  ensement?  » 

Dist  cil  volentiers  fermement  : 

4o5o5  «  Au  matinet  a  la  levée, 

Quant  je  doy  faire  ma  journée, 

Je  suis  plus  matz  et  plus  pesans, 

Et  plus  entoumis,  et  plus  lans, 

Que  le  soir  quant  je  m’en  revieng. 
4o5io  Et  touttesvoiez  ce  retien, 

Combien  que  asseuré  en  soye,  (j  25  c) 
Et  que  bien  sace  ou  ouvrer  doie, 
Pour  ce  que  trop  demeure  face 
Et  pour  le  jour  mettre  en  espace, 
4o5i5  Séoir,  muser,  nouvelles  vir 
Et  pour  mes  compagnons  oyr, 

Pour  chascun  demander  ou  oeuvre, 


Ou  chascun  oeuvre  et  ce  qu’il  gaigne, 
40520  Affin  que  plus  de  moy  ne  prengne, 
S'aucun  maistre  son  ouvrier  songne, 
J  enquier  de  toute  la  bezongne 
Se  je  me  voy  point  decells 
Que  je  ne  prengne  autant  ou  plus, 
4o525  Et  ma  journée  plus  me  vaille. 

L’endemain  voit  ailleurs  sans  faille, 
Et  fusse  je  a  ung  an  louez 
Ou  je  y  seray  mieulx  paiez. 

Avant  m’iray  jesir  au  paultre 
4o53o  Que  je  me  loue  moins  q’ung  aultre. 
Pour  ce  voyz  au  matin  en  place, 

Et  pour  ce  que  le  jour  s’efface, 

Quant  je  ay  ce  trestout  sceU, 

Lors  suis  vers  mon  maistre  esmeü. 
40535  Si  me  dist  qu’ay  trop  demouré; 

Ceste  responce  ay  tost  trouvé  : 

«  A  ung  honme  loué  estoie, 

Pour  vous  ung  ouvrier  y  envoyé 
Qui  fera  pour  moy  la  bezongne, 
40540  Mais  il  convient  que  je  lui  donne 
Six  deniers  plus  que  ne  donnés. 

Et  si  m’en  suis  forment  penez 
Avant  que  je  pour  tant  l’eüsse. 

Mais  jamais  trompé  ne  vous  eusse, 
40545  Pour  ce  que  convent  vous  avoic 


Que  jamais  ne  vous  mentiroie. 

Se  six  deniers  y  metz  du  mien. 

Vous  le  resconpenserez  bien; 

Vous  avez  bonne  conscience.  »  (  /  25  d) 
4o55o  Mais  ung  dy,  et  ung  aultre  pense. 
Tous  les  matins  ainsi  me  proeuve, 
Tous  les  jours  fais  une  controeuve, 
Tous  les  matins  vois  en  la  place 
Qui  qu’en  grongne  ne  qui  qu’il  plaice. 
40555  Au  matin  une  bourde  aport, 

Et  pour  mettre  mon  maistre  a  tort. 
Tous  ainsi  nos  maistres  servons, 

Ainsi  tous  accordé  l’avons, 

Machon,  torqueur  et  Carpentier, 
40560  Et  aussi  tout  aultre  mestier 

Qui  en  place  pour  louer  vont; 

A  cestui  acord  trestous  sont. 

Et  quant  je  voy  au  jour  ouvrer, 

Mon  varlet  voeul  o  moy  mener, 

4o565  Que  pour  aprentis  loueray 

Et  dont  grant  argent  en  aray  ; 

Au  quel  je  fay  journée  prendre 
Et  ne  scet  monter  ne  descendre. 

Envis  scet  il  delez  moy  estre; 

40570  Et  je  fay  entendant  au  maistre 

Que  plus  scet  que  de  telz  ouvriers 
Gaignent  tous  les  jours  .xx.  deniers, 

«  Mais  pour  .xi),  vous  servira, 

Pour  ce  que  je  vous  aim  pieça; 

40575  A  ung  aultre  ne  le  douroye.  » 

Et  tout  ce  metz  a  ma  coroye. 

Ainsi  aprentis  aprenons, 

Et  tout  sur  nos  maistres  prenons 
Tant  que  nous  faisons  les  enffans 
40 5 80  Ouvriers  pour  nous  a  leurs  despens. 
Ores  revenray  a  mon  maistre 
A  qui  je  fay  le  mortier  batre; 

Je  lui  fay  faire  du  mortier 
Tandis  que  me  voy  sommeillier. 

4o585  Et  puis  sur  le  toit  monteray; 

Illecques  je  me  joueray  {126  a). 
D’une  tuille  trois  fois  ou  quatre, 

Feray  le  tour  pour  moi  esbatre, 

Car  .viij.  ou  dix,  se  je  vouloye, 

40590  Tresbien  assises  en  aroye 
Avant  que  une  soit  assize, 

Ne  que  une  tieulle  soit  mize, 

J’en  metteroie  une  douzaine, 

Et  si  n’en  aroye  ja  paine. 

40595  Sur  le  comble  je  chanteray, 


4o5o8  Et  manque  —  40619  cc  manque  —  40523  deccu  —  40527  je  manque  —  40556  Et  manque  — 
40591  assise. 


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HUITIÈME  BRANCHE 


189 


Entre  deux  toitz  je  dormiray 
Jusquez  tant  qu’est  de  desjuner, 

Et  puis  aprez  revois  disner 
Tant  que  voy  le  vespre  venir. 

40600  Ainsi  me  fay  je  maintenir; 

Je  feroy  bien  sans  moy  pener, 
Ainsque  j’oye  prime  sonner 
Ce  que  je  fay  en  la  journée. 

Mais  quant  on  m'a  tache  donnée, 
40605  La  verriez  jouer  a  deux  mains 

Que  l’une  plus  que  l’autre  mains, 

La  verriez  mains  desgourdillier 
L’une  tourner  et  glacier, 

L’une  tourner,  l’autre  reprendre; 
40610  A  merveilles  le  porriez  prendre; 

La  verrez  vous  mes  mains  voiler, 
L’une  a  l’autre  tieulles  donner, 

J’ay  tantost  ung  grant  toit  couvert; 
Lors  porriez  dire  :  «  C’est  ouvert.  » 
40615  Je  fay  plus  en  tache  et  ung  jour, 

Se  Dieu  me  doint  jove  et  honnour, 
Que  je  ne  fay  en  cincq  journées. 

La  suis  pesant  comme  plommées; 
Mes  mains  entoumies  et  mortes 
40620  Ne  poeuent  mouvoir  ne  que  portes. 

A  toute  heure  je  muirs  de  sommes. 
Trestous  de  tel  plumage  sommes, 

Et  entaches  sommes mouvans,  (126  b) 
Legiers  et  comme  vent  tournans, 
40625  Car  se  nous  volions  bien  ouvrer, 

En  ung  jours  nous  porrions  prouver 
Qu’en  six  jours  feriesmes  sans  paines 
Ce  dont  nous  metons  trois  sepmaines. 
Aultrement  que  faire  en  ariesmes, 
4o63o  Et  tant  aussi  ne  gaigneriesmes. 

Et  s’aprendons  nos  aprentis 
A  estre  tous  lens  et  faintis, 

Et  adès  gaigneront  pour  nous, 

Et  ainsi  nous  chevissons  nous  : 

4o635  Nos  maistres  nous  et  varletz  paient, 
Quelque  grevance  qu’ilz  en  aient. 
Grouchier  poeuent  et  grouchcront, 

Ja  aultre  chose  n’en  aront. 

Que  voulez  vous  que  je  vous  die? 
40640  Nous  n’avons  nulle  fois  envie, 

Mais  que  il  puist  bientost  nuit  estre 
Pour  avoir  l’argent  nostre  maistre; 

Et  s’un  soubtil  maistre  sçavons, 

Envis  a  lui  a  faire  avons. 

40645  Car  il  voit  cler  en  son  atfairc. 


Pour  ce  pour  lui  ne  voilons  faire, 

Car  ilz  voeullent  estudïer 
Et  sur  nostre  oeuvre  solfier; 

Mais  ces  gens  tout  poissans  tanneurs 
4o65o  Ou  d’abbaÿe  gouverneurs, 

Ces  despensiers,  ces  riches  hommes, 
Qui  mettent  en  escript  les  sommes 
D’une  journée  leur  faisons  deux  : 

Or  me  met  double,  et  je  suis  seulx. 
4o655  Et  nous  le  sçavons  bien  mener, 

Le  bon  vin  boire  et  entonner, 

Et  mengier  la  tripe  au  matin. 

Ainsi  leur  donnons  le  tatin. 

Que  voulez  vous?  il  n’y  a  aultre. 
40660  L’un  poisson  si  se  vit  de  l’autre  (/  26  c) 
Je  n’y  suis  que  la  matinée, 

Et  si  lui  compte  la  journée. 

A  telle  gent  fait  bon  ouvrer 
Pour  sa  chevance  recouvrer. 

40665  Siques  querez  aultre  sentier, 

Que  nous  ne  vous  avons  mestier.  » 
Lors  ung  Carpentier  s’est  drechiés, 
Et  si  s’est  forment  hericiés. 

Pour  tous  les  aultres  fu  tramis, 

40670  Si  com  des  recouvreurs  ay  mis. 

Pour  tous  envoyé  y  estoit, 

Car  tout  leur  affaire  sçavoit, 

Et  de  leur  nature  liez  ; 

Pour  ce  y  estoit  envoiez. 

40675  Dist  :  «  Beste,  tu  es  forvoyé, 

Et  si  es  trop  mal  avoyé. 

Je  te  diray  nos  ordonnances 
Que  nous  faisons  par  aliances  ; 

Et  qui  aultrement  le  feroit 
40680  Entre  nous  mie  paix  n’aroit, 

Et  qu’il  ne  fust  forment  hays 
Et  déboutés  et  esbahis. 

Et  monlt  fort  le  diffameriesmes. 

S’a  nous  contraire  le  trouviesmes. 
40685  Tous  les  matins  en  place  alons, 

Et  tout  ainsi  nous  démenons, 

Com  les  couvreurs  font  vraiement 
Dont  avez  oÿ  le  convent 
Icy  devant  en  ceste  page. 

40690  Nous  maintenons  tout  tel  usage; 

Ainsi  nous  sommes  maintenus. 

Or  sommes  en  l’œuvre  venus. 
Contenance  commenceray 
Que  trop  bien  bezongne  feray; 

40695  Ça  et  la  iray,  pour  néant, 


40606  moins  —  40608  et  manque  —  40620  Ne  se  p.  —  40649  tout  manque. 


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190 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Et  par  ça  et  par  la  venant, 

Diray  :  «  Metz  ces  gantiers  en  place,(/  2  6d) 
De  cest  marien  dole  la  face, 

Oste  cest  ort,  oste  cest  lait. 

40700  —  Volentiers,  »  dira  le  varlet. 

Du  fain  me  fault  sans  demourée 
Pour  tost  faire  de  la  charrée; 

Du  feu  me  fault,  il  n’y  a  el  ; 

Lignier  me  fault  soeul  et  potel. 

40705  Mon  varlet  ira  besongnier, 

Et  g’iray  ma  hache  aguisier, 

Et  aprez  ma  hache,  ma  soye, 

Et  trestout  sur  aultrui  journée. 

Ja  aisément  n’aguiseray 
40710  Fors  quant  a  aultrui  jour  seray. 

La  museray  une  grant  piece, 

Sur  gantiers  mettray  une  piece, 

Par  grant  loisir  cecy  feray 
Et  puis  ung  peu  l’adouberay, 

40715  Et  si  en  osteray  le  harlé 

Qui  n’y  nuist  mie  ung  oeuf  pelé, 

Fors  ce  que  il  en  est  plus  beaulx, 

Mais  de  nulle  riens  mieulx  n’en  vaultx. 

Et  puistantost  le  disner  vient, 

40720  Et  puis  a  boire  nous  couvient. 

En  la  taverne  fay  m’alée, 

Et  la  fay  longue  demourée; 

Et  quant  je  ay  bien  prins  mon  aize, 

Je  reviens  faire  une  mortaise. 

40725  Je  diray  :  «  Par  cy  ligneras, 

Et  ce  lachet  y  tailleras, 

Et  ceste  filliere  me  pare.  » 

Je  porte  aiguisier  ma  tarelle, 

Et  si  fais  une  noeufve  mouche, 

40730  Et  lors  reviens  moullier  ma  bouce 
A  ung  compagnon  qui  m’atent. 

Illecquez  demouray  ja  tant 
Que  je  beu  assez  aray, 

Et  puis  si  m’en  retourneray,  (/  27  a) 
40735  O  ma  tarelle  a  mon  costé. 

Diray  qu’il  est  bien  acheré; 

Ja  fevre  ne  l’ara  mouchié, 

Ne  ja  homs  n’y  ara  touchié. 

A  mon  atelier  revenray 
40740  Et  a  mon  varlet  je  diray  : 

«  Fu  cy  nostre  maistre  ?  Qu  a  dit? 

—  Oy  bien,  vous  ay  escondit.  » 

Et  lors  a  ouvrer  me  prenray 
Et  ma  robe  desvestiray, 

40745  Et  feray  illec  une  trace, 


Et  meteray  marien  sur  face, 

Jusques  il  est  tant  de  disner. 

Et  la  voeul  assés  demourer, 

Et  la  je  seray  a  séjour 
40750  Jusqu'il  sera  nonne  du  jour. 

Lors  reprenray  marien  a  batre  ; 

11  semble  que  je  voeulle  abatre 
Ung  grant  chateau  ou  une  tour. 
Quant  je  voy  mon  maistre  au  retour, 
40755  Je  fay  plus  que  ne  feroient  quatre; 
Qui  me  orroit  ce  marien  batre, 

Pour  néant  seroie  forsenés. 

Si  tost  que  mon  maistre  est  alez, 

Plus  ne  voeul  batre  ne  bouter, 

40760  Mais  me  convient  aller  gouster. 

Ainsi  la  journée  passerons, 

Ne  aultrement  ne  le  ferons. 

Nous  ne  poons  plus  dolens  estre, 
Quant  riens  demeure  nostre  maistre. 
40765  Quant  serons  a  aultrui  journée, 
Saciés,  et  c’est  chose  prouvée, 

Nos  aisemens  aguiserons, 

Et  forgerons,  et  esmaurrons, 

Et  nos  soies  et  nosgrans  haches, 
40770  De  son  bois  et  a  ses  dommages  ; 

A  no  pooir  ainsi  seront,  (127  b) 
Ja  bon  marchié  de  nous  n’aront. 

Je  n’en  voy  oncques  nulz  lassés, 

Mais  j’en  ay  veli  de  cassés 
40775  Si  tost  qu’aventure  y  venoit 

Et  que  mal  garde  s’en  donnoit. 

Ce  dy  je  pour  les  charpentiers 
Et  pour  trestous  aultres  mestiers. 
Especialment  vignerons, 

40780  Faucheurs,  fauchillons.  taillerons; 
Nesun  vous  n’en  y  trouverez 
De  trestous  ceulx  que  vous  querez; 

Et  pardessus  trestoute  gent 
Qui  prendent  loyer  et  argent, 

40785  Fuiez  ces  deux  sans  approchier, 

Ce  sont  charetons  et  bregier. 

Ce  sont  les  deux,  a  dire  voir, 

Qui  font  maint  preudomme  doloir; 

Ce  sont  les  pieurs,  au  voir  querre, 
40790  De  toute  la  gent  dessus  terre 
Et  de  pieur  condicion, 

De  plus  malvaise  intencion, 

Qui  plus  tost  grant  perte  feront 
Leur  maistre  et  ceulx  qu’ilz  serviront, 
40795  Ce  seront  ceulx  pour  qui  labeurent 


40712  metteray  —  40736  O  manque . 


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HUITIÈME  BRANCHE 


Et  ceulx  en  quel  hostel  demeurent.  ® 
Dist  la  Tigre  :  «  Plus  je  n’iray. 

Jamais  tel  gent  ne  mengeray, 

Ne  jamais  ne  les  quiers  vëoir. 

40800  Au  deable  puissent  ilz  sëoir  ! 

Ma  viande  n’est  pas  cy  preste. 

Aucun  trouver  me  faulsist  certe 
Qui  ne  fust  point  luxurieux, 

Ataignans  n’avaricïeux. 

40805  Volontiers  je  m’en  repeüsse, 

S’en  aucun  lieu  je  les  scellsse. 

—  Dame  Tigre,  »  se  dit  Thiebert, 

«  Je  n’en  voy  point  cy  en  appert  (/27c) 
Que  viande  pour  vous  truissiez, 

40810  Dont  eschaper  de  mort  puissiez. 

Se  vivre  ne  voulez  compter 
Aultre  que  ne  vous  oy  nommer, 

S’aultre  viande  ne  prenez 
De  deffault  tost  la  mort  arez.  » 

40815  Dist  la  Tigre  :  «  Je  mengeroie 
Volontiers,  se  je  cy  avoye, 

Des  marchans  qui  point  ne  juraissent 
Et  voirs  de  leurs  denrrées  comptaissent, 
N’en  voulsissent  nul  decepvoir. 

40820  De  ceulx  voulsisse  bien  avoir, 

De  ceulx  eussé  je  bien  mestier 
Qui  loiaulment  font  leurz  mestier, 

Qui  nulle  fois  ne  menteïssent 
Et  a  toutes  fois  voir  desissent, 

40825  Et  le  plus  lait  dehors  boutaissent; 

Ceulx  la  vie  ou  corps  me  boutaissent. 

Et  les  loiaulx  taverniers  aim, 
Preudommes,  piteux,  hostelain  ; 

Des  advocatz  voulroye  avoir 
4o83o  Qui  ne  soustienncnt  riens  que  voir, 
Procureurs  plains  de  pacîence 
Et  Lombars  plains  de  souffisance; 
Prenroye  bien  religieux 
Qui  ne  sont  avaricïeux, 

4o835  Et  sans  luxure  et  sans  envie 
(De  ceulx  referoie  ma  vie), 

Prélat,  cui  son  estât  soufist, 

Et  juge  qui  loialment  dist 
Sans  riens  prendre  et  sans  rien  clochier; 
40840  Tel  viande  aroye  je  chier. 

Si  aim  monlt  piteux  usuriers 
Et  véritables  courretiers, 

Gentilz  homs  humbles  sans  orgoeul  ; 

Se  de  ceulx  tu  vois  nulz,  j’en  voeul; 
40845  J’aim  putain  qui  ne  voeult  riens  prendre, (  1 27  d) 


I9I 

Prestre  qui  ne  scet  la  main  tendre, 
Seigneur  terrien  qui  het  argent 
Et  qui  ne  prent  riens  sur  sa  gent, 

40849  Sergant  raisonnable  et  piteux, 

Marchant  cui  ce  qu’il  a  soufist 
Ne  sans  vouloir  l’autrui  si  vist  ; 

Et  se  je  trouvoie  Prescheurs 
Ou  aucuns  de  ces  sermonneurs 
4o855  Qui  preschent  a  tous  abstinence, 
Sobriété  et  pascïence, 

Juner,  veillier  et  aourer, 

Et  penitance,  et  labourer, 

Que  ce  qu’ilz  preschent  ilz  frissent, 
40860  Leurs  corps,  leurs  œuvres  ad  ce  meissent, 
Et  ensieusissent  telz  sentiers 
Tous  ceulx  qui  sont  d’aultres  mestiers. 

Or  t’ay  je  assés  nommé  viande 
Tel  com  ma  nature  demande; 

40865  Tu  ne  te  poeulx  bien  escondire 
Que  aucun  ne  m’en  doie  dire.  » 

Et  dist  Thiebert  :  «  Je  y  penseray, 

Et  sur  cecy  conseil  aray; 

Mais  je  croy  n’en  trouveray  nulz, 

40870  Ne  mal  chaussiés,  ne  bien  vestus.  » 

Dist  la  Tigre  :  «  Bien  y  verrez 
Et  de  icy  vous  vous  en  irez 
Tant  que  ungde  ceulx  trouveray 
Par  qui  respité  je  seray, 

40875  Qui  par  cy  devant  passera, 

Qui  la  vie  me  sauvera.  » 

Thiebert  de  lui  se  part  atant, 

Et  la  Tigre  lait  lamentant, 

S’aucun  par  illec  peust  passer 
40880  Dont  elle  se  puist  respasser. 

Et  illecques  tant  attendra 
Que  l’aventure  lui  vendra. 

Or  se  gardent  qui  bien  feront  (/  28  a) 

Qui  parcest  chemin  passeront, 

40885  Car  s’ilz  font  tresbien  leur  devoir, 

La  Tigre  les  vouldra  avoir. 

Or  se  gard  bien  qui  la  s'avoye, 

Car  s'aucun  va  par  celle  voye 
Qui  soit  loial  preudoms  en  s’oeuvre, 
40890  Que  la  Tigre  point  ne  le  troeuve, 

Tantost  deglavié  seroit, 

Ja  de  mort  il  n’eschaperoit. 

D’illec  la  Tigre  avant  n’yra, 

Et  le  compte  cy  finera. 

40895  S’en  diray  une  aultre  matière  ; 


40833  Si  pr.  —  40825  Et  manque  —  40857  j.  et  v.  —  40838  Et  manque  —  40864  Telle  —  40871  y 
penserez  —  40872  vous  manque . 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


192 

Or  en  entendez  la  maniéré. 

Monlt  est  cil  plain  de  grant  science 
Qui  se  scet  vivre  en  pacïence, 

Et  cil  n'est  pas  vuit  de  sçavoir. 

40900  Qui  scet  bien  pacïence  avoir, 

Quant  au  siecle  qui  or  se  tient 
Et  au  siecle  qui  aprez  vient; 

Sages  est  qui  se  penera, 

Qui  pacïence  en  lui  ara; 

40905  Qui  est  cil  qui  ce  porra  faire, 

Qui  en  meschief  se  peüst  traire 
Des  horribles  temptacions 
Qui  viennent  aulx  complexions 
Des  gens  et  de  jour  et  de  nuit  ? 

40910  En  l’an  mil.  iijc.  trente  et  uit 
Et  .xxxix.  et  trente  et  set, 

N’ot  bonne  ville  ne  rechet 
Ou  gens  fussent  si  bien  muchiés 
Que  ilz  ne  fussent  reverchiés  ; 

40915  Clerc,  bourgois,  gentil  ne  vilain 
Ne  demoura  ne  prez  ne  loing, 
N’enfTant,  ne  varlet,  ne  pucelle, 

A  qui  ne  soit  dit  la  nouvelle 
D’aller  en  l’ost  sans  ostoyer 
40920  Et  en  guerre  sans  guerroier.  ( 128  b) 
Qui  n’y  ala  si  envoia, 

Toute  sa  finance  paya, 

Chateux,  et  corps,  et  paine,  y  mirent, 
N’oncques  colées  y  ferirent, 

40925  Ne  leurs  ennemis  n’approcherrent, 
Virent  ne  sorent,  n’encontrerent. 

Ce  fu  guerre  sans  guerrier, 

Mais  ce  ne  fu  pas  sans  paier. 

Et  puis  qu'il  eust  bonne  acoison 
40930  D’acquérir  deniers  sans  raison, 

De  gens  firent  arriéré  ban 
Ou  nul  ne  fery  fors  roban 
A  son  coussin  et  a  son  lit, 

Ne  nul  n’en  perdi  son  délit. 

40935  A  Amiens  fist  celle  assemblée 
Qui  ne  fut  pas  a  tous  emblée, 

Car  trestous  les  pays  la  murent 
Et  plus  de  cent  milliers  y  furent. 

N’y  virent  ne  venant  n’alant 
40940  Qui  leur  desist  fors  bien  vegnant, 

N’y  ot  nul  qui  veist  contraire, 

Ne  nul  qui  veist  fors  bien  faire. 
Ainsi  com  ilz  furent  mandés, 

Ainsi  en  furent  renvoies. 


40945  Encor  de  rechief  mandés  furent 

Qu’oncquez  anemis  n’y  perchurent; 

S’ilz  ne  hurtoient  l’un  a  l’autre, 

Oncquez  n’y  ot  lance  sur  faultre. 

A  cestui  dernier  mandement 
40950  Mist  on  a  nom  arriéré  ban, 

Qui  aporta  le  bon  loyer 
Dont  nul  n’est  quitte  sans  paier. 

Puis  que  arriéré  ban  estoit, 

Toutes  gens  paier  convenoit; 

40955  N’y  ot  ne  varlet  ne  pucelle, 

Ne  chevalier,  ne  damoiselle, 

Abbaye,  franc  clerc  n’eglise,  (128  c) 
Sur  qui  somme  grant  ne  fust  mise, 
L’une  des  sommes  pour  la  guerre 
40960  Qu’on  disoit  du  roy  d’Angleterre, 

Et  l’autre  pour  l'arriéré  ban; 

D’icellui  ban  nul  n’estoit  franc; 

Pour  arriéré  ban  ne  pour  querre, 

N’y  ot  discencion  ne  guerre; 

40965  N’y  trouveront  qui  mal  deïst 
Ne  qui  destourbier  leur  feïst, 

Ainsi  les  en  fist  envoier 
Pour  les  subvencions  paier, 

Dont  pluseurs  sont  en  dureté 
40970  Et  maint  jette  a  povreté. 

Monlt  estoit  en  ce  temps  scïens, 

Qui  vivoit  comme  pascïens; 

Avec  ce  couroit  tel  monnoye 
Dont  on  avoit  petitte  joye. 

40975  Avec  ce  a  gens  de  pays 

Ostoit  on  charue  et  brebis  ; 

Les  prairies  furent  gastées, 

A  pluseurs  chevances  ostées. 

Qui  est  qui  pascïence  eüst, 

40980  Ne  qui  en  paix  estre  deüst  ? 

Pour  aultrui  fait,  pour  aultrui  guerre, 
On  me  vient  ma  chevance  querre, 

Dont  je  n'ay  cause  n’accion. 

Et  si  m’oste  on  ma  garnison 
40985  Pour  aultrui  pais  revengier 

Qui  ains  ne  m’ama  ne  tint  chier  ! 
Encores  qui  m’en  seusist  gré, 

J’en  montaisse  sur  ung  degré, 

Et  en  cuidaisse  ung  peu  valoir, 

40990  Et  moins  je  n’en  peusse  doloir. 

Encor  y  a  brachès  trachans 
Remouvans  et  tout  mal  cerchans 
Qui  enquierent,  cerchent,  escoutent, 

Et  partout  les  secretz  se  boutent,}/ 28  d) 


40901  ores — 40924  coles  —  40949  dercnier  —  40953  arric  —  40978  leurs  ch.  —  40991  a  il. 


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HUITIEME  BRANCHE 


193 


40995  Pour  enquérir  qui  a  méfiait; 

Qui  trop  a  dit  ou  trop  a  fait, 

Qui  a  riens  de  l’autrui  eüt 
Qui  aucun  convine  a  scell, 

Ou  qui  est  trop  desordonné. 

41000  Tantost  il  est  acoisonné, 

Carenvis  est  ne  joye  ne  ire, 

Sur  lequel  on  ne  sace  a  dire. 

Itelles  accusacions 
Font  maintes  percecusions, 

4ioo5  Mengüent  la  gent  et  honnissent  ; 

Ame,  corps  et  honneur  périssent, 

Et  en  sont  fuitifs  et  lobé  ; 

Siques  demanderez  Thobé. 

Puis  qu’a  passïence  venons, 

41010  Et  de  lui  le  sermon  tenons. 

Si  en  dirons  donc  ung  petit 
Pour  nous  donner  bon  appettit. 

Qui  bon  appettit  poeut  combrer, 
Envis  poeut  aprez  mal  user; 

4ioi5  Pascïence  fait  maintes  grâces 

A  cil  qui  voeult  sieuir  les  traces; 

Elle  fait  de  peu  riche  homme  estre, 
De  peu  vestir  et  de  peu  paistre. 

Qui  pascïence  prent  en  gré, 

41020  Ne  poeut  sëoir  sur  bas  degré  ; 

11  ne  poeut  povre  devenir; 

Pour  chétif  ne  se  poeut  tenir  ; 

Ne  scet  qu’est  meschief  ne  tristresse. 
Mais  son  estât  tient  en  richesse  ; 
41025  N’est  mal  couchié,  n’est  mal  vestu, 

De  paine  qu’il  ait  point  batu; 

Vilenies  ne  poeut  oyr 
Ne  de  ses  œuvres  mal  joïr. 

Ne  mal  temps  ne  lui  poeut  desplaire 
4io3o  Envis  leur  poeut  nulz  anuy  faire  ; 

Nature  lui  a  ce  donné,  (/  2g  a) 

Trestout  tient  pour  bien  ordonné, 

Tel  comme  et  aultre  ne  voulroit, 
Nulle  aultre  forme  il  ne  prenroit 
4io35  Sa  forme  lui  plaist,  sa  nature  ; 
D’ajouster  aultre  a  lui  n’a  cure, 
D’aultre  beaulté  a  lui  adjoindre  ; 

Ne  se  voeult  ne  farder  ne  paindre  ; 

Si  comme  chapeaulx  et  vesture 
41040  Qui  enbellist  ung  peu  nature 
D’aultre  substance  acquérir, 

Ne  de  chose  qui  puist  périr; 

De  tout  une  noix  ne  dourroit, 

Aultre  com  est,  il  ne  voulroit. 

41092  Et  manque  —  41093  seront  manque. 
Tome  II. 

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41045  Isisdès  dist  :  a  Qui  est  en  paix, 

Il  ne  poeut  porter  pesant  fais;  » 

Car  qui  son  coeur  voeult  garder  d'ire 
Ne  doit  croire  quanqu’il  ot  dire, 

Car  qui  de  s’oreille  fait  nasse 
4io5o  Grand  tourment  en  son  coeur  amasse.. 
Ysidès  dist  :  a  Qui  a  pascience 
Voit  assez  de  ce  que  il  pense.  » 
Quicuncquez  vit  et  souffrir  poeult 
Il  voit  assez  de  ce  qu’il  voeult. 

4io55  Senecques  dit,  et  il  dit  voir, 

Que  bon  fait  fait  pacience  avoir. 
Pascïence  ne  met  en  pris 
Chapeau,  couronne,  vert  ne  gris  ; 

De  tout  cecy  elle  n’a  cure, 

41060  Mais  prent  en  gré  l’oeuvre  nature, 
Comme  Thiesselin  le  Corbiaulx 
Qui  des  oiseaulx  n’est  le  plus  beaulx; 
Quant  jouster  vault  a  lui  beaulté. 

Dont  il  chey  en  grant  vieulté, 

41065  Et  d’aultrui  plumes  se  para, 

Dont  puis  chierement  compara. 

Cy  en  orrez  la  cause  dire  : 

L’Aigle  qui  des  oiseaulx  fu  sire,  (  /  2g  b) 
Et  pour  roy  le  doit  on  tenir, 

41070  Ses  oyseaulx  fist  a  court  venir; 

Si  leur  manda  par  l’Esprevier 
Que  tous  viennent  sans  delayer, 

N’y  ait  nul  qui  derrier  remaingncnt. 
Tous  s’esmurent,  et  tous  y  viengnent; 
41075  Tous  a  la  court  du  roy  se  tindrent, 

Illec  sagement  se  maintindrent  ; 

Dampt  Thiesselin  pas  n'oublia 
Qui  aultrefois  esté  y  a. 

Sire  Thiesselin  ly  Corbeaulx 
41080  Regarda  qu’il  n’estoit  pas  beaulx, 

Et  maint  tresbel  oiseau  iront 
Qui  a  la  court  du  roy  seront  ; 

Noir  et  hideux  s’i  trouvera, 

Et  pour  ce  on  le  gabera 
4io85  Quant  ilz  seront  tous  a  conseil, 

Blanc,  vert,  inde,  bleu  et  vermeil, 

Et  vestus  de  pluseurs  plumages 
Et  de  coulleurs  de  grans  parages; 

Verra  le  cocq  et  le  paon, 

41090  Le  orieul  et  le  coulon, 

Le  terin,  le  cordonnereul, 

Et  la  houppe  et  le  lignereul  ; 

«  Monlt  seront  cilz  bel  a  vëoir, 

Monlt  deveront  a  tous  sëoir; 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


194 

41095  Et  cil  tresbel  oiseaulx  de  proye 

Qui  bien  desservent  qu’on  les  voye, 
Monlt  tresgrant  honneur  y  aront, 
Pour  ce  que  bien  vestus  seront; 
S’iront  seoir  avec  les  bons, 

41 100  Et  je  seray  noir  q’un  charbons, 

Pute  vesture  et  anuieuse, 

Et  pesant  et  mal  gracieuse. 

Nul  n’est  vestu  de  mon  habit, 

Qu’il  ne  soit  tenu  en  despit, 
4txo5Car  a  véoir  noir  meritable  (727  c) 
Habit  noir  sont  espoeuetable, 

Lais,  et  diffamés,  et  mesdis 
Pardessus  tous  aultres  habis, 

Moins  amé,  prisié  et  creü. 

41 1 10  En  quelque  lieu  qu’il  soit  veü, 

Car  se  Dieu  les  avoit  vestus, 

Si  deveroit  estre  batus; 

Mais  oncques  noir  Dieu  ne  vesti, 

Ne  ne  bailla,  ne  consenti 
41 1 1 5  A  ses  apostles  n’a  aultrui. 

Pour  l’abit  noir  maleureux  sui, 

Pour  ce  plus  je  ne  le  suiray. 

Moy  las  !  chétif,  et  que  feray 
Qu’avec  nul  ne  porray  sôoir? 

41 120  Avec  qui  iray  je  manoir? 

Avec  les  ennemis  d'enffer 
Qui  sont  aussi  noir  comme  fer. 


Nul  ne  fist  compagnie  si  lie, 

Se  y  suis,  qui  ne  soit  courcie. 

41 125  Trestous  aultres  me  despiront, 

Et  de  mes  ditz  ne  me  creront, 

Car  mon  habit  est  haineux. 

Ilz  me  voulront  crever  les  yeulx, 

Car  entre  nulz  biens  je  n’ay  loy. 

41  i3o  En  ung  anglet  me  serray  coy, 

Car  nul  n’ara  de  moy  que  faire. 

Mon  habit  ne  poeut  a  nul  plaire; 

Et  comment  passer  m’en  porroye 
Que  je  trouvaisse  une  aultre  voye 
41 1 3  5  Par  quoy  de  beaulté  ung  peu  eusse 
Et  que  plus  beau  appareüsse, 

Que  me  peüsse  eslêechier. 

Et  ung  peu  sur  mes  pietz  drechier.  0 
Adonc  pensa  :  «  Par  foy,  feray 
41 140  Tant  que  de  leurs  plumes  aray, 

Car  bien  ceste  voye  je  voy, 

Et  puis  les  metteray  sur  moy.  (12g  d) 
Lors  seray  blanc,  jaunes  et  vers, 
Quant  je  en  seray  bien  couvers, 

41 145  Beaulté  n'est  point  sur  eulx  parant 
Que  sur  moy  on  n’en  voye  autant; 

Et  quant  je  seray  bien  doré, 

Je  seray  de  tous  honnouré, 

Et  lors  dira  on  du  Corbel  : 

4ii5o  De  tous  oiseaulx  c’est  le  plus  bel.  » 


41 12 1  Avecquez  —  4 1  1 39  je  feray  —  41  i5o  On  lit  à  la  fin  :  Cy  fine  le  second  et  derrenibr  volume  db 
Rkgnart  etc.,  puis  le  nom  suivant  :  Jehan  Duboys. 


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NOTES  DIVERSES 


E  T 

VARIANTES  CARACTÉRISTIQUES 

DE  LA  PREMIÈRE  RÉDACTION' 


TROISIÈME  BRANCHE 


Cette  branche,  composée  dans  B,  postérieurement  à  i328,  correspond  au  commence¬ 
ment  de  la  deuxième  branche  d’A  (i32o)  et  à  une  autre  partie  intermédiaire  de  cette 
branche,  B  ayant  transporté  dans  sa  quatrième  branche  près  de  i3oo  vers  où  Renart  se 
plaint  de  son  sort  (A  24  c-27  a).  Elle  forme  la  partie  initiale  du  Pèlerinage  de  Renart 
que  nous  retrouvons  dans  la  quatrième  branche  de  B,  et  a  pourpoint  de  départ,  comme 
dans  le  Roman  de  Renart  (I,  265-267)  la  rencontre  de  Renart  et  d’un  vilain.  Cette 
rencontre,  en  dehors  de  tout  développement  accessoire,  constitue  le  seul  trait  de  res¬ 
semblance  des  deux  poèmes. 

Vers  22415-23348.  Dans  cette  branche  assez  courte,  la  rédaction  A  (2J  c-24  c,  27  a- 
3o  d)  a  été  remaniée  et  passablement  allongée  par  B. 

22615-22642.  Au  lieu  de  ces  vers  on  lit  dans  A  [24  c)  une  tirade  de  12  vers  parmi 
lesquels  les  suivants  : 


...  L’an  mil  trois  cenz  et  dis  et  neuf, 
Commansa  cest  livre  tout  neuf 
Li  clers  qui  oblier  ne  peut 
Fortune  qui  chiès  lui  esteut; 


Et  il  n’ot  a  faire  néant. 

•  • 

Pour  ce  s’ala  esbeneant 
Pour  anichiller  sun  meschief 
Dont  il  ne  peut  venir  a  chief... 


22648.  Après  ce  vers  et  les  deux  autres  qui  le  suivent  dans  A  (2 4  c),  cette  rédaction 

e  •  •  9  • 

qui  confond  dans  sa  deuxième  branche  les  branches  troisième  et  quatrièmé  de  B  place 


1.  Cette  première  rédaction  est  tout  entière  contenue  dans  le  ms.  A  (Paris,  Bibl.  nat.  fr.  i63o).  ;  Le 
rédaction  remaniée  (B)  occupe  deux  mss  :  B  (Vienne,  2362;  copie  dans  Bibl.  nat.  fr.  369)  et  B 
(Bibl.  nat.  fr.  370),  correspondant  aux  deux  volumes  de  notre  édition. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


196 

les  vers  correspondants  aux  vers  23349-24636  de  B  ;  il  faut  se  reporter  au  fol.  27  a 
d’A  pour  avoir  les  vers  faisant  suite  au  vers  22648  et  remplaçant  les  vers  22649-22664. 

22703-22704.  Sur  cette  idée  qu’on  est  vilain,  non  par  la  naissance,  mais  par  les 
sentiments,  voy.  Eustache  Deschamps,  Œuvres  complètes,  III,  1 6 1  -3  et  IX,  i5o-i. 

22919-23000.  Ce  long  passage  sur  l'orgueil  n’existe  pas  dans  A. 

23ooi-23258.  Le  Chêne  et  le  Jonc,  devenu  plus  tard  dans  les  fables  de  La  Fontaine 
Le  Chêne  et  le  Roseau ,  a  été  publié  partiellement  d’après  B  par  Robert  (I,  86-91). 
L’auteur  place  ici  la  scène  de  ce  petit  poème  à  Troyes,  en  1 3 1 8. 

23097-23  t5o.  Ces  vers  où  il  est  fait  allusion  à  la  défaite  des  Flamands  à  Cassel  en 
i328  ont  été  ajoutés  dans  B. 

23219-23258.  Toute  cette  fin  avec  les  exemples  d’Enguerran,  de  Pierre  Remy,  etc. 
est  une  addition  de  B. 


QUATRIÈME  BRANCHE 

Cette  branche  comprend,  en  dehors  du  Pèlerinage,  deux  histoires  empruntées  au 
vieux  fonds  de  l’épopée  animale  ;  la  rédaction  B  correspond  à  une  partie  et  à  la  fin  de  la 
deuxième  branche  d’A  (après  i32o),  ainsi  qu’au  commencement  de  la  troisième;  elle 
a  dû  été  écrite  postérieurement  à  1 338. 

23349-24642.  Dans  cette  première  partie  la  rédaction  A,  quelque  peu  différente  de  B 
(2 4  c-27  a)  et  aussi  plus  courte,  ne  présente  pas  la  mention  de  Pierre  Remy  (v.  23q56- 
23488),  non  plus  que  la  rencontre  de  Renart  avec  Peur,  Nature  et  Raison  ;  voy.  dans 
A  [3o  d)  un  passage  différent  sur  le  rôle  de  Nature. 

24637.  Pour  retrouver  la  correspondance  entre  les  deux  rédactions  assez  dissembla¬ 
bles,  il  faut  se  reporter  au  folio  3o  a  d’A  (cf.  v.  22648). 

24941-25234.  Ces  vers  où  Renart,  et  sans  doute  l’auteur,  donne  les  détails  sur  sa  vie 
passée  ne  se  trouvent  pas  dans  A. 

25299-25386.  Au  lieu  des  inconvénients  qu’offre  la  vie  en  commun  avec  une  vieille 
femme,  auxquels  fait  allusion  la  rédaction  B,  dans  A  [33  b-3ja)  il  n’est  question  que 
des  souffrances  de  la  jalousie  causée  par  une  maîtresse  : 

S’il  ne  fuient  ceste  doulour,  Et  bien  t’i  pourras  acorder, 

Trestouz  li  pis  en  sera  lour.  Car  tu  les  sez  trestout  par  cuer, 

Or  te  veil  tes  biens  recorder  Puis  que  i  es  sanz  issir  feur. 


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NOTES  ET  VARIANTES 


!97 


.À  premiers  dont  ies  conforté, 

C’est  que  ies  an  pechié  morté  : 

Nuit  et  jour  t’estet  la  pancer, 

Que  tu  ne  t’an  peuz  recenser 
Et  aveques  se  mal  douloir. 

Yez  tu  jalous  et  coubs,  espoir  ; 

Par  foi  d’espoir,  di  ge  folie, 

Tuit  le  sont  cil  que  famé  lie; 

Puis  que  elle  espoussé  ne  l’a, 

Ge  ne  pâlie  point  de  sela, 

Que  celles  ne  le  font  pas  toutes 
Tant  por  honte  conme  por  doutes. 

Or  retournerai  a  ta  vie 

Dont  preudon  n’ot  onques  anvie  : 

Tourjourstu  viaux  celle  suir, 

Cui  trop  miaux  dellsses  fuir, 

Se  an  moustier  la  voiz  aler 
Tu  querras  qu’elle  voist  baler 
Et  c’elle  est  au  sarmon  alée, 

Conbien  qu’oies  vehu  s’alée, 

N’iert  que  an  doutance  n’an  soiz; 

Se  tourjours  ou  vis  ne  la  voiz, 

Et  conbien  que  ou  vis  la  voies, 

Pances  li  cuers  est  autre[s]  voies  ; 

S[e]  elle  est  mate,  el  pance  ailleurs 
A  un  qui  li  sera  meilleurs  ; 

S’elle  est  liée,  por  toi  n’est  mie, 

Mès  por  un  cui  elle  est  amie  ; 

S’el  couche  tart,  un  autre  atant  ; 

S’el  couche  tost,  mal  i  antant  ; 

Se  aucuns  anvers  li  s’avoie, 

Soit  au  moutier,  ou  soit  an  voie,  [33  c) 

Qui  un  sarmon  li  recitoit 

Dira  uns  qu’aonez  estoit 

Qui  d’amer  la  viaut  anorter 

Ou  les  nouvelles  aporter. 

Se  a  fenestre  est  ne  an  rue 
Et  son  esgart  nulle  part  rue, 

Tu  pances  qu’aucuns  doit  venir, 

Iqui  te  pourra  decevir  : 

An  quelconques  leu  qu’elle  voise, 

Tourjours  ara  an  tuncuer  noise  ; 

Panceras  :  trop  a  demouré, 

Tourjours  n’a  elle  pas  oré; 

Se  trop  tost  revient,  c’est  deffaut, 

Trouvé  n’a  pas  se  que  li  faut; 

Ce  elle  a  rien  que  tu  ne  li  doigne, 

Conbien  que  de  son  mari  vaigne, 

De  son  coussin  ou  de  sa  mere, 

Tost  an  aras  la  bouche  anmere  ; 

Diras  de  voir  et  panceras 
Que  ami  a  et  cous  seras. 

De  nuiz  panceras  a  t’amie 


Et  diras  que  seulle  n’est  mie  : 

«  Bien  set  qu’an  mun  lit  sui  couchiez 
Et  que  mes  huis  est  bien  bouchiez  ; 

Mès  ja  ne  sera  si  couvert 
Que  bien  tost  il  ne  soit  ouvert  I  » 

Iqui  a  toi  t’aïreras 
Et  tantost  toi  lever  iras  ; 

Face  [ou]  pluie,  ou  noif,  ou  vant, 

Tu  iras  veoir  a  l’uis  devant 
S’il  est  faurs  et  nulz  rien  n’i  oit; 

Si  croiras  tu  que  il  i  soit  ; 

Diras  :  «  Il  y  est,  certains  suis; 

Se  ge  hurtoie  ja  a  l’uis, 

A  lisir  le  deffermeroit  ; 

Andemantiers  cilz  s'an  iroit  1 
Par  le  cuer  bé  !  n’eschapera, 

Car  ge  saré  qu’elle  fera  !  » 

La  croupiras  a  ta  fanestre 
An  un  anglet  ou  an  .  i.  estre  (33  d) 

Tant  seras  jalous  ou  destroit  1 
La  grulleras  iqui  de  froit  ; 

Espoir  la  fievre  t’an  vandra 
Et  au  matin  il  avandra, 

S’elle  son  huis  ouvre  trop  tart, 

Panceras  bien  an  a  sa  part  : 

Longuemant  ont  le  main  gehu  I 
Bien  ont  tout  lor  déduit  ehul 
Or  ont  il  bien  annuit  ouvert! 

Se  l’uis  est  plus  matin  ouvert, 

Panceras  que  issus  an  soit 
Que  ne  veut  pas  que  vehus  soit. 

S’elle  a  un  po  pale  le  vis 
Ou  les  yaux  anflez  par  avis 
De  trop  dormir  ou  de  veillier, 

Tantost  i  voudras  espeillier: 

Sus  un  autre  voudras  gloser 
Que  ne  l’a  lessié  reposer; 

Jurt  on  ne  jurt  point,  n'an  croiras. 

Par  annui  ansinque  lairas 
En  disant  :  r  MaleUrez  sui 
Con  onques  ge  vostre(s)  amis  fui  I  «> 

De  nuiz  ne  pourras  somme  faire, 

Mès  que  tournelles  et  tours  faire  ; 

De  jour  ne  feras  que  suïr 
Et  de  santier  an  rue  fuir. 

Ja  n’i  orras  a  repos  messe, 

Ne  sarmon  ne  nulle  confesse  ; 

Quant  ou  moustier  antrez  seras, 

La  de  ton  pourfit  po  feras. 

Ce  ge  vouloie  venir  a  chief 
De  conter  martire  et  meschief, 

Les  douleurs,  les  maux  que  cilz  sant 
Qui  a  telz  doulour  se  consant, 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


I98 

G'i  metroie  bien  a  delivre 
Plus  de  mil  queers  de  cest  livre 
A  escrire  la  contenue 
Que  cilz  a  qui  se  continue  : 

Au  dieble  sont  trestuit  randu 


Cilz  qui  sont  a  tel  art  tandu;  (34  a) 

L’art  est  mauvès  et  difamez 
Et  de  touz  bons  si  po  anmez, 

Car  tuit  vice  a  celui  se  lient 
Si  conme  li  docteur  le  dient. 


255 1  1.  Nouvelle  allusion  aux  Vilains ,  cf.  plus  haut  v.  22703-4. 

256o6-25632.  L’allusion  à  Pierre  Remy  est  une  addition  de  B. 

25770.  Après  ce  vers  on  lit  dans  A  (35  d)  le  passage  suivant  relatif  à  la  justice  vas¬ 
sale  de  la  Cour  de  Rome  : 


Le  pouoir  baillié  ne  m’a  mie 
Que  ge  t’asoille  de  tel(z)  viel 
—  Atant,  soit  !  et  aler  i  veuil!  » 
Atant  feri  son  pié  au  seuil 
Et  dit  que  mès  ne  cessera 
Jusqu’à  la  grant  Rome  cera,  • 
Que  la  demourent  si  parant 
Qui  vont  avantures  querant. 

■  Con  leur  arai  mes  choses  dites, 
Tost  cerai  de  mes  pechiez  quites; 
Ce  g’en  avoie  plus  asez, 

Mès  que  ge  oie  florins  asez 


Que  je  leur  boute  par  les  sains, 
D’aus  serai  tenus  por  cors  sains. 
Foy  suis  quant  j’acointai  cetui 
Ne  conme  onques  a  lui  estui, 
Mes  amis  n’est  ne  mes  privez  : 
Conmant  m’i  suis  or  arivez? 
G’irai  viseter  mes  parans 
Qui  n’ont  cure  de  sors  harans, 
De  pain  d’orge  ne  de  racines, 
Mès  prennent  les  bones  mecines 
Et  vivent  aisse  et  a  degois. 

Et  par  saint  Nicolas,  g’i  vois  !  » 


25771.  Avec  ce  vers  commence  le  pèlerinage  proprement  dit,  dont  le  cadre  présente 
avec  celui  de  la  partie  correspondante  du  Roman  de  Renart  (l,  269-278)  d’assez  grandes 
ressemblances. 


25981-26048.  La  légende  de  saint  Marcel  a  été  publiée  d’après  A  par  Tarbé  (p.  5i- 
53);  elle  n’est  pas  sous  cette  forme  dans  la  Légende  dorée. 

26069-26176.  L’exemple  des  Deux  frères ,  l’un  religieux,  l'autre  mondain,  n’est  cer¬ 
tainement  pas  de  l’invention  de  l’auteur  de  Renart  le  Contrefait]  d’après  la  rédaction  A 
(38  a),  elle  sert  de  matière  à  un  sermon. 

26347-27030.  Le  Dit  des  Mestiers  a  été  publié  d’après  A  par  Tarbé  (p.  5  3-6 1  ). 

# 

26548-26720.  Toute  cette  série  de  recettes  médicales  est  une  addition  de  B. 


26851-26980.  Ces  vers  relatifs  aux  métiers  de  Pelletier  et  de  Tavernier  ont  été 
ajoutés  par  B. 

27023-27030.  Ces  vers  ont  remplacé  dans  B  un  assez  long  passage  d’A  (41  d-42  d], 
au  cours  desquels  Renart  consulte  un  Vilain  sur  le  métier  de  Laboureur  : 

Puis  que  li  plest,  ge  m’i  tandrai,  Ne  de  son  vouloir  point  n’issi. 

Ja  autre  mestier  nepanrai.  »  Lors  va  et  quiert  et  se  pourvoit 

Adont  de  son  ostel  issi,  (42  a)  La  ou  sa  voulante  trouvoit. 


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NOTES  ET  VARIANTES 


199 


Tant  chemine,  tant  a  rouvé 
Qu’il  a  un  grant  vilain  trouvé 
Qui  une  charrue  menoit 
Cui  tant  duremant  annuioit  : 

Miaux  amast  estre  au  geu  des  dez 
Ou  an  la  taverne  mandez; 

N’il  chausist  quel  chemin  tenist, 

Mès  que  charrue  ne  tenist; 

Voulantiers  la  vosist  livrer 
S’aucuns  l’an  vosist  délivrer, 

Fust  par  achat,  fust  par  loier 
Conbien  que  mal  la  deust  payer. 

Renars  au  vilain  s’aresta, 

Conbien  que  point  ne  l’aresta  ; 

Si  li  dist  :  «  Dieux  te  gart,  preudon, 

A  cui  Dieux  a  donné  bel  don 
Qui  a  labour  t’a  ordonné! 

Autel  m’eüst  il  ordonné 

Ou  le  chemin  ou  qel  prandroie, 

Que  voulantiers  y  antandroie, 

Se  ge  pouoie  par  ancerchier 
Trouver  la  chose  que  j’ai  chier. 

Pour  ce  te  veil  ge  deprier, 

Ce  tu  des  mois  ne  hui  ne  ier 
An  as  oï  ne  dit  ne  voir 
Ou  ge  peüsse  terre  avoir, 

Car  voulantiers  labour  feroie, 

Et  bien  fere  ge  le  saroie.  » 

Li  Vilains  qui  fu  mont  soutis  (42  b) 

Et  a  son  vouloir  antantis, 

Dist  :  «  Amis,  ne  me  sanble  point 
Que  de  tel  mestier  veuilles  point; 

Il  ne  sanble  pas  a  ta  chiere 
Que  tu  oies  celle  ouvre  chiere, 

Ne  que  ja  jour  fain  an  aiez; 


Et  par  mun  los  ne  l’essaiez  ; 

Miaux  sanble  a  vostre  demener 
Que  saüssiez  dames  mener 
An  une  querole  dancier 
Et  vilains  a  terre  lancier, 

Mener  joie  et  oblier  Deus, 

Que  mener  charrue  de  beus. 

Telle  ouvre  faire  ne  sariés, 

Honte  et  danmaiche  y  ariés  ; 

Pour  ce  lo  que  vous  an  soufrez, 

A  vostre  mestier  vous  offrez. 

—  Preudon  »,  dit  Renart,  «  bien  peut  estre 
Que  ge  n'ai  pas  sanblant  de  l’estre; 

Mais  tu  doiz  savoir  qu’an  brieztans 
Change  voulantez  et  biaux  tans  : 

Se  j’ai  un  ordon  maintenu 
Et  grant  piece  m’i  suis  tenu, 

Or  me  plest  un  autre  ordon  prandre, 

Bon  fait  torjors  le  bien  a  prandre 
Et  tout  le  mal  chemin  lessier. 

Se  tu  cez  qui  veille  lessier 
Sa  terre,  et  ge  la  prandroie, 

Et  mont  bon  loyer  Tan  randroie  ; 

N’i  avroit  faute  ne  lanté. 

—  Tu  as  trouvé  ta  voulanté,  » 

Dit  li  Vilains,  «  ge  te  promet 
Ceste,  c’ilec  es  mains  te  met,  » 

Dit  li  preudon,  «  d’or  an  avant.  » 

Lors  fu  ilec  faiz  le  convant. 

Lors  dit  Renars  :  «  Que  eür  a?  » 

Tout  maintenant  l’asseüra  ; 

Pour  arpant  .v.  sols  li  promet, 

Et  tantost  an  ouvre  se  met. 

Renars  est  preudon  devenus  (42  c) 

Et  si  c’est  au  labour  tenus. 


27098.  Le  ms.  A  (4J  a)  place  ici  4  vers  qui  donnent  la  date  de  sa  rédaction  : 

Qui  de  fain  est  mont  debatus,  Ce  fu  an  l’an  trois  cenz  et  vint. 

C’est  an  la  forest  anbatus  ;  Or  antandez  qu’il  li  avint. 

27099-27426,.  Cet  épisode  des  aventures  de  Renart  qui  n'existe  pas  dans  le  Roman 
de  Renart ,  a  pour  origine  une  fable  très  ancienne  où  le  rôle  du  Corbeau  est  tenu  par 
une  Singesse.  La  version  d’A  [43  a-45  b)  publiée  par  Robert  (I,  348-352),  est  plus 
logiquement  placée  dans  l’ordre  des  branches  avant  le  Plaid ,  où  le  Corbeau  vient 
déposer  sa  plainte  contre  Renart  (voy.  plus  haut  la  note  des  v.  3725-3744). 

27209.  L’allusion  à  Pierre  Remy  manque  dans  A  avec  les  v.  27201-27210. 

27248.  Ce  vers  rappelle  la  fable  ésopique  bien  connue  du  Renard  et  du  Corbeau 
(Robert,  I,  5-62). 


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200 


RENART  LE  CONTREFAIT 


27327-27370.  L’exemple  du  Marchand  de  Cendres  est  une  addition  de  la  rédaction  B. 


27429-27442.  En  place  de  ces  vers,  la  rédaction  A  contient  une  imprécation  contre 
le  Vilain  (45  b)  : 


Li  piez  li  charge,  et  il  fu  Uns, 

Et  de  trop  mangier  feu  pesanz  : 

Mont  s’an  courrouce  et  [s’an]  despite. 
Lors  a  une  parole  dite  : 
c  Li  maus  eürs  soit  hui  doublé 
Au  vilain  qui  sema  se  blé, 

Que  ge  n’an  puis  mes  piez  avoir! 

Il  eüst  fait  plus  grant  savoir 
S’il  eüst  tout  sest  bief  vandu 
Qu’il  a  ci  aval  respandu, 

Et  de  trestout  les  deniers  pris, 

Et  achetez  mangiers  de  pris, 

Et  chars,  et  tartres,  et  oisons, 

Et  ses  tresbonnes  venisons, 

Et  a  moi  et  a  mes  amis 
II  eüst  tout  devant  nous  mis! 

Nous  les  mangisiens  voulantiers, 

Que  se  est  bien  nostres  mestiers. 
Dahaz  oit  or  qui  lesse  rien 
A  vilain  qui  ne  set  de  bien  ; 


Vilains  qui  a  honneur  n'antant 
Et  (qui)  a  courtoisie  ne  tant, 

Qui  ne  cert  que  de  ranponner, 

L’on  li  doit  todre  et  rien  donner 
Ou  est  richece  miaux  perdue 
C’an  vilain  qui  adès  manjue 
Ne  ne  desirre  autre  mestier 
Mès  que  tourjors  boire  et  mangier? 

Bien  est  an  lui  perdu  pour  voir, 

Belle  dame  et  grant  avoir; 

Grant  bien  fait  cil  qui  tout  li  tost, 

Mès  que  se  soit  et  bien  et  tost, 

Qui  rien  li  lesse  pechié  fait. 

Certes  mal  a  li  vilains  fait 

Qui  a  ci  son  bief  respandu  1  [45  c) 

Miaux  li  vausist  estre  pandu  ! 

Ce  ge  lui  connoistre  onques  puis 
Et  ge  grever  tresbien  li  puis, 

Ce  g’en  devoie  autrui  prier 
Ne  m’an  ferai  ge  ja  prier. 


27470.  Après  ce  vers,  B  a  supprimé  un  couplet  d'A  ( 45  d)  sur  le  Grillon  : 


Li  saiges  avant  pancer  doit 
A  cui  ne  de  coi  palier  doit 
Celont  la  matière,  et  celui 
Responde,  opose  et  mete  lui, 

Car  grans  sanz  est  celont  m’escole 
De  connoistre  a  cui  l’an  parole. 

Ge  connois  Frobert  de  lonc  tans, 
Car  saige[s]  est  et  bien  chantans  ; 
Il  se  met  en  chanbres  a  rois, 

A  chevaliers  et  a  bourgois  ; 

De  nuiz  chante  en  leur  fouier. 

Ou  plese  ou  doive  ennuier  ; 

Mès  li  plusor  volantiers  l’oient, 


Conbien  que  soit,  pas  ne  le  voient; 
Hons  ne  beste  n’ose  hanter 
Ou  leu  ou  Frobers  va  chanter; 

Nus  métré  ne  s'i  oseroit, 

S’an  li  savoit,  perdus  seroit 
Hons,  chaz,  ne  chienz,  ne  autre  beste 
La  ou  Frobers  moine  sa  feste. 

Donc  est  il  droit  par  saint  Amour 
C’on  li  doie  porter  honnour, 

Quant  sa  nature  est  de  hanter 
En  chambre  ou  nulz  n’ose  antrer, 

De  chanter  et  de  mener  feste 
Ou  nulz  n’ose  lever  la  teste. 


27558.  Après  ce  vers,  B  a  supprimé  un  passage  d'A  relatif  à  la  Perdrix  [46  c-d)  : 


An  la  fin  perdus  en  seras, 

Sanblant  a  la  Perdriz  seras 
Qui  an  tout  l’air,  l’aive  et  la  terre, 
Par  tout  peut  son  vivre  aler  querre 
Et  par  tout  esbatre  se  peut 
En  touz  les  leus  que  ePe  veut  : 


Bois,  yiaux,  vignes,  chanp  sont  a  lé 
Et  ou  elle  a  par  (tres)tout  aie, 

Loin,  haut  et  bas,  tout  sanz  dangiers. 
Et  lors  chiet  elle  an  uns  aliers, 

Tant  les  seust  et  tant  s’en  costoie, 
Qu'il  la  moinent  la  droite  voie 


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NOTES  ET  VARIANTES 


201 


En  la  chauce  de  la  tonnelle  ; 

La  trestouz  ses  deduiz  pert  elle 
Car  oncques  n’ot  grant  bandon 
Con  or  a  plus  petit  landont 
Tout  le  monde  a  lessié  ouvert 
Et  s’a  si  folemant  ouvert  (P). 

Que  sanble  que  tout  l'air  despise  (46  d) 
Qu’el  s’est  an  une  chauce  mise. 

Certes  trop  fol  charge  fet  elle 
Quant  tout  l’air  change  a  la  tonnelle, 

Dont  jamès  issir  ne  pourra, 


Mès  bien  prochienemant  morra. 
Renart,  autel  loier  aras  ; 

Con  assez  foloié  aras; 

Lors  cherras  en  une  prison 
Ou  an  si  tresgrant  marrison 
De  povreté  et  de  malaige 
Que  jamès  n’itras  de  servaige  ; 

An  anfersera  ta  maison. 

Tant  ont  cil  qui  guerroient  Raison, 
Se  tu  veuz  l’Escriture  croire 
Qui  tesmoigne  parole  voire. 


27603-27622.  Au  lieu  de  ces  vers,  on  lisait  donc  A  [47  a)  une  satire  contre  les 
Hospitaliers  : 


Mi  ami  estoient,  si  m’an  poisse  ; 
Ancor  me  dout  qu’elle  ne  voisse 
Opiteliers  anhaïssant, 

Qu’el  les  va  ja  anvaïsant 
Que  por  li  ne  veulent  rien  faire 
Et  sont  dou  tout  si  aversaire; 
Voulantiers  dire  leur  feïsse, 

Car  ge  dout  qu’el  nés  anvaïsse. 
Il  s’antrevont  ja  gourdoiant, 


Chascuns  an  peut  estre  voiant. 
Las  1  moi  difamez  an  seroie, 

Car  un  de  mes  manbres  perdroie 
Des  plus  grans  après  les  geniis, 
La  suis  ge  le  plus  antantis  ; 

Icil  sont  mi  plus  mestre  chief  ; 
De  ceulz  ne  vandra  ja  a  chief 
Car  se  de  ceulz  a  chief  venoit 
Et  jusques  a  li  les  menoit . 


27685-27688.  L’allusion  à  la  nouvelle  persécution  des  Juifs  en  1 320  est  une  addi¬ 
tion  de  B.  (Cf.  précédemment  le  texte  en  prose  (1,294)  et  plus  loin  les  v.  30844-30848; 
voy.  aussi  la  note  des  v.  31867-32096). 

27707-27734.  Ce  passage  où  figurent  les  Flamands  ne  se  trouve  pas  dans  A. 

27753-27756.  Ces  vers  relatifs  à  Pierre  Remy  ont  été  ajoutés  par  B. 

27787-28380.  Cet  épisode  bien  connu  de  l’épopée  de  Renart  présente  ici  un  état  plus 
ancien  que  le  Roman  de  Renart  (I,  1 5o- 1 5q).  Le  texte  de  A  a  été  publié  par  Robert 
(II,  3oo-3o7)  et  par  Tarbé  (p.  62-69);  des  résumés  des  fables  d’Eudes  de  Cheriton 
et  de  Jean  de  Sheppey  ont  été  donnés  par  L.  Hervieux  [Les  Fabulistes  latins,  IV, 
192  et  441). 

27823-27824.  Ces  deux  vers  ont  remplacé  dans  B  la  tirade  suivante  d’A  [48  b)  : 


Ge  voi  bien,  nus  si  cler  ne  voit 
Que  an  touz  ses  faiz  saiges  soit, 
Nulz  n'est  si  gaitans,  ne  soit  pris, 
Tant  oit  bien  Elanches  apris 
Qui  aprant  conmant  l’an  se  gart 
De  tresze  branches  de  mun  art. 


Mès  n’i  vaut,  tant  apanre  puisse 
Qu’hon  plus  soutif  de  lui  ne  truisse, 

Ne  ja  nulz  tant  d’art  soutilz  n'iere  [48  c) 
Que  decevance  ne  le  fiere. 

Par  moi  ont  été  deceüs 
Maint;  or  suis  an  bisme  cheüs. 


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202 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Ansinc  m’a  mené  ma  folie  Se  ge  eüsse  esté  amis 

Et  la  mesfaçon  de  ma  vie  A  Raison  et  son  vouloir  fait, 

Qui  bien  est  a  veoir  an  apert.  Ancor  n’eüsse  pas  se  fait; 

Voiremant,  me  dit  voir  Frobert;  Mont  l’ai  despitée  souvant. 

Or  suis  an  la  tonnelle  mis  :  Or  voi  qu’elle  me  tient  couvant. 

28089-28157.  La  tirade  sur  la  gloutonnerie  est  une  addition  de  B. 

28319-28375.  Ces  vers  où  l’auteur  se  plaint  de  son  siècle  ne  se  trouvent  pas  dans  A. 

28381-29662.  Avec  cette  longue  suite  de  conseils  donnés  par  Renart  à  sa  maisnie, 
la  rédaction  A  commence  une  nouvelle  branche,  sa  troisième,  qui  se  rattache  directe¬ 
ment  à  ce  qui  suit.  La  coupure  est  donc  meilleure  que  dans  B.  On  lit  dans  A  [5 1  b)  au 
lieu  des  v.  28381-28388  de  B  : 

•  _ 

Ce  fu  an  mai  au  temps  nouvel  Li  valiez  plore  de  grant  fin 

Que  Renars  tint  son  fils  Rouvel  Pour  ce  que  a  mangier  n'avoit. 

Sus  son  giron  par  un  matin  ;  Renars  a  grant  deul  quant  le  voit.... 


28408.  Après  ce  vers  on  lit  dans  A  (5/  c)  deux  passages  l’un  sur  Abel  et  Cayn, 
l'autre  sur  Ponce  Pilate,  que  n'a  pas  conservés  la  version  B  : 


De  perdre  ame;  cors  et  honneur  ; 
Foi  que  ge  doi  Nostre  Seigneur, 

Il  a  Ions  tans  que  vous  vivez 
Et  que  vos  malices  suivez 
Dès  que  K(a)yn  occit  Abel  ; 

N’est  vostres  mestiers  bon  ne  bel, 
Pour  ce  qu’Abel  fu  sanz  malice  ; 
Quant  il  fasoit  son  sacrefice 
La  plus  belle  beste  prenoit 
De  tout  son  troupel  et  l’ardoit, 
Car  son  Créateur  a/imoit  mont  ; 
La  fumée  an  aloit  amont 
Qu’il  ouvroit  sanz  malicier. 
Quayns  a  son  sacrefier 
La  plus  meschans  beste  prenoit 
De  toutes  celles  qu’il  avoit 
Et  que  il  y  pouoit  onques  querre; 
La  fumée  an  antroit  an  terre 
Et  aloit  an  anfer  aval 
Pour  son  malice  et  por  sun  mal, 
Et  pour  le  cuer  qu’il  ot  si  fel. 

Et  li  sacrefices  de  Abel 
Qu’il  fasoit  bien  et  doucemant 
S’an  aloit  a  Dieu  propremant. 
Quant  Quayn  vit  se  maléfice, 

La  fumée  de  son  sacrefice 
An  anfer  aval  an  fondoit 
Et  la  son  frere  amont  montoit, 


Ne  print  pas  garde  au  bon  voloir 
Que  ses  freres  pouoit  avoir 
N[e]  a  sa  mauvesse  avarice 
Qui  est  uns  maus  doulereus  vice, 

Si  con  cil  qui  son  disme  taille 
Qui  la  plus  meschans  gerbe  baille. 

Pour  ce  print  sus  son  frere  anvie 
Et  pour  ce  li  toli  la  vie. 

Par  vostre  consoil  occis  fu, 

Parvostre  art  dont  Kayms  plains  fu. 

Dès  lores  fustes  vous  maudiz, 

Vos  ouvres,  vos  faiz  et  vos  diz, 

Vostre  lignie  et  vostre  anfant. 

Or  savez  vous  bien  se  ge  mant; 

Or  ne  vous  an  courreciez  mie  (5/  d) 

Se  ge  conte  un  po  vostre  vie, 

Car  ge  suis  famé,  ne  puis  taire, 

Car  ge  sai  trestout  vostre  afaire. 

Devant  Ponz  Pilate  feüstes, 

La  grant  conpaignie  y  eüstes 
Iqui  ou  Dieux  fu  acussez, 

Vous  qui  de  mal  malice  ussez 
Fustes  generalmant  voiant, 

Ou  Pilâtes  dist  touz  oiant  : 

«  Ne  voi  an  cest  home  nul  tort 
Par  coi  il  doie  panre  mort.  » 

Vous  qui  Raison  acusoiez 
Et  qui  grant  paour  avoiez 


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NOTES  ET  VARIANTES 


203 


Que  vérité  morte  ne  fust 
Et  vos  mauvès  conplirs  ne  fust, 
Deites  :  a  Pilate,  met  le  a  mort, 
Ou  soit  a  droit,  ou  soit  a  tort, 

Et  voulons  que  il  soit  pandus. 
Par  tel  ses  sanz  soit  espandus 
Et  sus  nous  et  sus  nos  anfans  !  » 
Tout  ce  fu  dit  de  vostre  sanz. 
Pour  ceste  causse  occis  fu. 


Et  tout  par  vostre  consoil  feu 
Dont  vous  et  vostre  anfant  vivroiz 
En  servaige,  si  con  devroiz, 

Et  tourjours  povremant  vivrez 
Et  art  de  cusançon  avrez. 

Encor  se  vostre  anfant  elisse[n]t 
Art  par  coi  chevir  se  peüssent 
Avant  que  issisiez  de  vie, 

Adès  leur  alast  il  mi(?)  vie. 


28636.  Après  ce  vers  on  trouve  dans  A  (53  b-c )  une  variante  de  l'anecdote  attribuée 
plus  haut  à  Antigone.  Voy.  la  note  des  v.  4799-4823  : 


Dont  il  avint  que  un  ribaut 
Qui  avoit  le  cuer  fol  et  baut, 

Mauvestus  et  an  put  aroy, 

Enmi  le  chemin  vint  au  roy 
La  ou  son  chemin  chevauchoit  ; 

Si  près  se  mist  qu’a  lui  touchoit, 

Et  dist  :  «  Rois,  un  don  te  requier. 

—  Quel?  —  Que  me  doignes  un  denier  (53c) 

—  Non  ferai.  —  Ha!  sire,  pour  coi? 


—  N’est  pas  dons  qui  afiere  a  moi. 

—  Rois,  cent  livres  me  donne  don, 
Puis  que  tu  ne  viaux  petit  don.  . 

—  Non  feré,  pour  ce  que  n’avient 
Que  telz  dons  a  toi  n’apartient  ». 
Ensinques  cilz  partiz  s'an  est. 

Pour  ce  vous  di  ge  que  bon  est 
De  pancerquies  tu  qui  donnes. 

Et  qui  est  cilz  a  cui  tu  donnes. 


28775-28812.  Ce  fabliau  de  la  Nonnette ,  dont  il  existe  d’autres  versions  dans  les  textes 
du  moyen  âge,  a  été  publié  dans  la  Romania  (XXXIV,  279-283)  d'après  A  et  B.  C’est 
le  Psautier  de  La  Fontaine,  imité  de  Boccace  et  autres. 

28829-28870.  Cette  histoire  de  Diogène  crachant  au  visage  d'un  propriétaire  trop 
luxueux  se  présente  originellement  dans  la  vie  de  Diogène  insérée  par  Diogène  Laërce 
dans  ses  Vies  des  philosophes  ;  elle  a  été  attribuée  aussi  à  Aristippe.  Voy.  sur  le  livre 
de  Diogène  Laërce,  Eustache  Deschamps  (Œuvres  complètes,  XI,  214-5). 

28893-28944.  L’explication  de  l'esprit  médisant  de  Keu  par  le  fait  qu’il  aurait  été 
nourri  par  une  femme  de  mauvaise  nature  est  contraire  à  la  tradition  qui  veut  que  le 
roi  Arthur  et  son  séneschal  aient  été  frères  de  lait. 

291 17-29218.  Ce  long  passage  où  l'auteur  conseille  de  ne  pas  se  mettre  en  amour  de 
femme ,  si  funeste  au  clerc  qui  a  écrit  ce  rommant ,  est  une  addition  de  B. 

29231-29330.  L’aventure  de  Dédale  et  d’Icare, {servant  ici  d'exemple  pour  enseigner 
aux  enfants  à  ne  pas  s'écarter  des  recommandations  qu’ils  ont  reçues  de  leurs  parents, 
a  sa  source  dans  les  Métamorphoses  (VIII,  3)  d’Ovide. 

29345.  Il  a  été  fait  plus  haut  une  allusion  beaucoup  plus  longue  à  Ferrant  et  à  sa 
mère.  Voy.  la  note  des  v.  2645-2814. 


29351-29650.  La  partie  en  prose  du  ms.  B*  (I,  227-228),  présente  déjà  un  abrégé  des 
Merveilles  de  Virgile ,  et  plus  loin  un  passage  de  B1  (v.  34289-34308)  est  relatif  à  la 


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204 


RENART  LE  CONTREFAIT 


mort  du  grand  enchanteur.  Le  plus  grand  nombre  des  vers  donnés  ici  par  B’  ont  été 
publiés  par  Edelestand  du  Méril  ( Mélanges  arch.  et  litt.,  i85o,  p.  440-4)  et  reproduits 
sans  changements  par  D.  Comparetti  [Virgilio  nel  medio  evo ,  2e  éd.,  1896,  II,  207-21 1). 
Sur  Virgile  dans  la  corbeille,  voy.  aussi  Eustache  Deschamps  (XI,  25o-25i).  Les  v. 
29331-29662  n’existent  pas  dans  A. 


CINQUIÈME  BRANCHE 


Cette  branche  de  B  contient  trois  histoires  dont  l’une  n’est  que  le  complément  d’un 
conte  terminant  la  quatrième  branche  et  dont  les  deux  autres,  œuvres  personnelles, 
semble-t-il,  du  clerc  de  Troyes,  nous  montrent  Renart  non  plus  victorieux,  mais  vic¬ 
time  à  son  tour  de  deux  animaux  réputés  par  leur  manque  d’intelligence,  Brichemer,  le 
Cerf,  et  Brun,  l’Ours. 

29663-29876.  Cette  histoire  qui  n’est  que  la  suite  de  ce  qui  précède  a  été  composée 
dans  A  en  i320  (v.  29871)  et  forme  dans  cette  rédaction,  en  ne  tenant  pas  compte  des 
v.  29331-29662  ajoutés  par  B,  la  fin  de  la  troisième  branche,  qui  de  la  sorte  offre  une 
meilleure  coupure-  {5y  d). 


29723-29748.  Cette  partie  relative  aux  faits  et  gestes  du  Vilain  a  été  allongée  dans  B. 

29824.  B  a  supprimé  après  ce  vers  le  discours  tenu  par  Renart  à  son  fils  Rouvel 
pour  l’engager  à  fuir,  et  ainsi  à  lui  sauver  la  vie  (A.  5y  b)  : 


Ge  an  veil  mun  fil  anvoier 
Pour  eus  faire  touz  desvoier.  » 

Renart  se  traï  vers  son  fi 
Qui  de  tout  se  riens  n’antandi; 

Si  li  dist  mont  piteussemant 
De  cuer  courrecié  et  doulant; 
b  Biaux  fils,  foi  que  doi  saint  Bernart, 
Tu  retraiz  mont  bien  a  ton  art; 

Ge  m’an  tien  mont  bien  apaiez 


Car  saiges  iez  et  avissiez, 

Car  ta  proie  as  bien  tenue 
Et  saigemant  l'as  or  ehue  ; 

Ta  première  chevalerie 
Porteras  ta  mere  m’amie, 

Et  la  me  salue  bonnemant 
Et  touz  les  autres  ansemant. 

Ceste  poule  anporte  avec  toi; 

Or  tost  I  biaux  filz,  tost  1  haste  toi  I  > 


29871-29930.  Ce  prologue  sur  la  Grâce  est  une  addition  de  B. 


29931-30344.  Cette  nouvelle  histoire  où  paraît  Brichemer  commence  dans  A  la  cin¬ 
quième  branche  [14g  b-i5i  c),  dont  la  scène  se  passe  au  moment  où  Renart  quitte  la 
Cour  du  Lion. 


3oo6i-3oio2.  L’intervention  de  Grimbert  le  Taisson  est  une  addition  de  B. 


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NOTES  ET  VARIANTES 


205 


30246-30327.  Cet  exemple  du  Lombard  et  du  Provençal  que  l’auteur  donne  comme 
une  aventure  s’étant  passée  à  Troyes,  en  i3oo,  ne  se  lit  pas  dans  A. 

30344-30730.  Dans  ce  nouveau  conte  où  Renart  est  maltraité  par  Brun,  on  peut 
comparer  la  balourdise  de  l'Ours  avec  celle  qu’il  montre  dans  la  fable  de  La  Fontaine 
L’Ours  et  l' Amateur  de  jardins  [  Robert,  II,  1 3  5- 1 36). 

3o49i-3o53o.  Nous  trouvons  ici  dans  ce  conte  qui  rappelle  les  Animaux  malades  de 
la  peste  une  allusion  à  un  épisode  aujourd'hui  perdu  du  Roman  de  Renart. 

3o539*3o662.  L’exemple  du  vilain  enrichi  qui  ne  sait  pas  comprendre  le  conseil 
donné  par  Salomon  enfant  et  marie  sa  fille  à  un  mauvais  chevalier  est  une  addition 
de  B. 

30696.  Après  ce  vers  on  lit  dans  A  [i53  a)  : 

Sique  ge  ne  sai  ou  ge  vois,  Qui  un  sac  au  devant  tandroit, 

Ne  sai  se  sui  an  pré  n’an  bois  ;  Pour  trop  po  dedans  me  metroit. 

N’est-ce  point  là  une  allusion  de  l’épisode  connu  de  Renart  dans  le  sac  ? 


SIXIÈME  BRANCHE 

Cette  branche  de  B,  postérieure  à  1 337,  correspond  à  la  suite  de  la  cinquième  branche 
d’A(t32t);  elle  comprend,  outre  une  aventure  dont  Renart  est  victime,  le  récit  de 
l’épisode  de  Chantecler  le  Coq  et  de  Renart,  noyé  au  milieu  de  citations  d’auteurs  et 
d’histoires  de  tout  genre.  La  rédaction  B  présente  en  général  de  nombreuses  additions 
au  texte  d’A  (  i33  a-i6g  d). 

30856-30929.  Ce  long  passage  de  B  où  il  fait  allusion  aux  malheurs  de  différents  per¬ 
sonnages,  cités  déjà  plus  haut  (v.  23221-23254)  pour  la  plupart,  ne  sont  représentés 
dans  A  (i53  d)  que  par  les  6  vers  suivants  : 

Saiges,  riches,  jeunes  ne  biaux  Et  tourjourssa  vie  menay 

Ne  peut  touz  achever  ses  diaux  ;  Et  de  mener  me  sui  penez 

Renars  ai  esté,  non  an  ay  Et  si  n’an  puis  estre  senez. 

30940.  La  version  A  nomme  l’évêque  de  Troyes  (04  a)  : 

Guichars,  que  ge  a  (très)  sage  tien. 

La  partie  de  la  rédaction  B  relative  à  l’évêque  Guichart  a  été  utilisée  pour  le  Procès 


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20Ô 


RENART  LE  CONTREFAIT 


de  Guichard,  évêque  de  Troyes[  1896),  par  M.  Abel  Rigault  qui  en  a  publié  146  vers 
(p.  23o-235).  La  version  d’A  a  été  publiée  par  Tarbé  (p.  90-93). 

3iooo-3ioi8.  En  place  de  ces  vers,  qui  font  l’éloge  de  Jeanne,  comtesse  de  Cham¬ 
pagne,  fille  de  Philippe-le-Bel,  A  ne  présentait  que  4  vers  insignifiants. 

3io65.  Dans  A  l’évêché  qu’on  offre  à  Guichart  est  situé  en  Grèce. 

3io89-33258.  L’épisode  bien  connu  (R.  de  Renart ,  I,  91-104;  cf.  Romania, 
XXVIII,  296-303)  de  Chantecler  et  de  Renart  est  ici  délayé  au  milieu  de  longs  déve¬ 
loppements  étrangers  au  sujet.  Le  résumé  de  cette  histoire  se  trouve  dans  Eudes  de 
Chériton,  Jean  de  Sheppey,  Jean  de  Capoue  et  Baldo  (L.  Hervieux,  Les  Fabulistes 
latins,  IV,  198  et  446,  et  V,  200  et  371).  Voy.  aussi  Sudre,  p.  294  et  3i  1-317. 

3 1 322-3 i359-  L’allusion  à  Hector  et  à  sa  femme  Andromède  ne  se  trouvent  pas 
dans  A,  non  plus  que  le  souvenir  de  la  mort  du  comte  de  Bar  allant  mourir  en 
Chypre,  en  1 337,  malgré  les  conseils  de  sa  femme. 

31617-31723.  Le  Vilain  et  l'Ane  aux  deux  paniers  a  été  publié  d’après  A  par  Tarbé 
(p.  90-93). 

3i753-3i758.  La  rédaction  a  ajouté  ici  quelques  vers  de  satire  contre  les  Béguines. 

31787-31862.  Le  conte  des  Deux  Aveugles  de  Rome  qui  figure  plus  tard  dans 
plusieurs  recueils  italiens  du  xv*  siècle  (Robert,  I,  cxlix),  a  été  publié  d'après  A  par 
Tarbé  (p.  93-96). 

31867-32096.  Les  éléments  de  cette  histoire  Les  deux  Clercs  et  leur  Seigneur,  sont 
empruntés  à  deux  récits  très  répandus  au  moyen  âge  qui  appartiennent  à  la  Vie  des 
anciens  Pères,  l’un  Du  roi  qui  volt  fere  ardoir  le  fil\  de  son  seneschal  (Méon,  N.  R., 
II,  33 1-36 1),  et  l’autre  Dou  Juïtel  qui  fu  mis  el  four  de  voirre  (Eug.  Wolter,  Der 
Judenknabe,  t.  II,  1879,  de  la  Bibliotheca  normannica  de  M.  Suchier).  Dans  la 
version  B,  c’est  Chantecler  qui  parle;  c’est  Renart  au  contraire  dans  la  version  A, 
publiée  par  Tarbé  (p.  98-104),  laquelle  après  quelques  vers  faisant  suite  au  v.  32096 
ajoute  ( 160  c)  un  passage  sur  la  persécution  des  Juifs  en  1 3 2 1 ,  placé  plus  haut  dans  B 
(v.  27679-684)  : 

Pour  ce  te  di  ge,  Chantecler, 

Ce  tu  te  viaux  an  Dieu  joïr 
Et  mun  sarmon  souvant  oïr, 

Tu  seras  gardez  de  touz  maus, 

En  la  fin  en  Paradis  saus. 

Trè  toi  vers  moi,  ge  t’asorrai, 

Et  plus  ci  ge  ne  demourai. 

G’irai  preschier  aus  moines  noirs, 

Qui  plus  dient  bourdes  que  voirs; 


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Car  dès  lors  vit  il  quelz  il  fu. 
Par  Dieu  belle  miracle  feu  : 
Tresbon  fait  tel  seigneur  servir, 
Qui  si  bien  le  set  deservir. 

Cilz  qui  ne  le  cert,  se  forvoie  ; 
Pour  ce  me  sui  mis  an  sa  voie, 
Traiz  a  Dieu  et  dou  siegle  ostez 
Qui  est  mauvès  de  touz  costez. 
Li  saige  le  voient  bien  cler 


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NOTES  ET  VARIANTES 


207 


Le  monde  vont  trop  décevant, 

Moi  meimes  grievent  il  souvant.  » 
Adonques  c’est  Renart  tehu 
Et  Chantecler  c’est  esmehu. 

«  Taiz  toi,  »  dist  il,  «  tresmauvès  lerres, 
Touz  faus  et  mauvès  bareterres, 

Pires  que  loups,  pires  que  chiens, 

Ge  ne  te  croiroie  de  riens  ; 

Me  cuides  tu  a  dormir  trere, 

Ne  par  tes  paroles  atrere?  (160  d) 

Juïs  mesiaux  plus  tost  querroie 
Et  plus  grant  fiance  y  avroie 
Qu’an  l’an  mil  trois  cenz  un  et  vint 
Si  grant  meschance  leur  avint, 

Ja  soit  ce  que  il  fussent  ars, 

Par  touz  pals,  par  toutes  pars 
Pour  les  yaux  qu'il  anpousonnerent 
Et  pour  les  pousons  qu’il  donnèrent, 
Mirent  es  puis  et  es  fontaines 
Dont  il  souffrirent  plusseurs  poines; 

Tout  le  monde  tuer  vouloient, 

Cil  qui  an  cest  ordon  estoient, 

Par  touz  pais  ansinques  firent 
Siconme  il  meïmes  dirent  ; 

Tuit  connurent  et  connoissoient 


Conme  de  la  mort  angoissoient 
Que  Juif  lor  avoient  bailliés 
Itieux  pouissons  a  ce  tailliés. 
Dieux  qui  touz  bons  a  pourvehus 
Souffri  que  cilz  faiz  fust  seüs. 

Car  tous  le  monde  estoit  traïz 
Et  a  male  mort  anvaïz 
Par  celz  ordes  vis  créatures 
Qui  an  cel  art  mirent  lor  cures; 
Li  Juif  les  pousons  baillèrent 
A  ceulz  qui  es  iaux  les  giterent, 
Et  li  Juif  pris  les  avoient 
Aus  Sarradins  qui  leur  dévoient 
Baillier  par  ceste  ocission 
La  terre  de  Promision; 

Li  Sarredin  sa  venissient 
Et  li  Juif  la  alisient; 

Ansinc  les  couvenancefs]  furent 
Siconme  il  connoistre  le  durent. 
Pour  ce  furent  si  avillié, 

Ars  et  banni,  et  essillié, 

Ains  furent  assez  an  prison 
Jusqu’an  sot  voir  la  mesprison, 
Ne  que  iceulz  ne  te  croiroie 
Ne  an  toi  fiance  n’aroie. 


32415-32421.  Ces  vers  où  l’auteur  se  défend  de  viser  dans  ses  satires  les  Moines 
noirs,  les  Moines  gris  et  les  Chanoines  réguliers,  ne  se  trouvent  pas  dans  A. 


32533-32556.  Au  lieu  de  ces  vers,  la  version  A  ( i63  b)  présente  un  passage  beau¬ 
coup  plus  long  relatif  à  la  jeunesse  de  Renart  (c’est  toujours  la  continuation  du 
dialogue  entre  Renart  et  Chantecler)  : 


Li  philosofes  mist  ou  livre, 

Catons  qui  ne  fu  fol  ne  yvre  : 

«  Tant  vaut  qui  oit  et  rien  n’antant, 

Con  cilz  qui  chace  et  rien  ne  prant.  » 

Pour  ce  te  pri  ge  d’escouter 
Et  a  antandre  sanz  douter. 

—  Volantiers  certes,  or  di  voir. 

—  Tu  doiz  très . savoir  : 

Pere  et  mere  oi,  jeunes  hon  fui, 

Conbien  que  a  ores  viaus  [sui]. 

Mes  peres  n’ot  d’anfans  que  moy,  (i63  cj 
Et  il  feu  de  si  grant  pourvoy 
De  tel  fait  et  de  tel  mémoire 
Que  ancor  le  mantoit  hon  ore. 

Riches  hon  feu  et  si  ouvroit 
Que  touz  besoigneus  recouvroit 
Tant  con  il  avoient  que  paier. 

Mès  quant  les  veoit  esmaier 


De  grant  povreté  et  d’annui, 

Telz  estoit  et  bien  le  connui, 

Jamès  aidier  ne  lor  vosist, 

Mès  a  son  pouoir  lor  nuisist  ; 
Povre  home  ainz  ne  vost  conforter, 
Solacier  ne  honnor  porter; 

Richece  suï  voulantiers, 

Et  tant  an  suï  les  santiers 
Que  si  grans  riches  hon  devint 
Que  chascuns  a  vaillant  le  tint 
Et  touz  li  mondes  le  prisoit 
Et  toutes  honneurs  li  disoit. 

Ge,  pour  la  hautece  ou  ge  estoie, 
Tout  an  vaine  gloire  metoie, 

Si  con  font  ores  maint  foliaux 
Qui  demoinent  trop  grans  aviaux  ; 
Con  pere  et  mere  riche  santent, 
Les  foies  compaignies  hantent, 


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208 


RENART  LE  CONTREFAIT 


L’un  juie  aus  dez,  l’autre  festoie, 

Li  uns  jouste,  l’autres  ostoie, 

Plusor  plusors  despans  maintienent 
Que  cil  qui  le  paient  et  dont  vienent 
.iij.  deniers  ne  lor  croiroient  mie  ; 

Mès  tout  le  voir  ne  sevent  mie. 

Maint  font  despans  et  po  s’esmaient, 

N’an  sevent  gré  ceulz  qui  les  paient 
Ne  li  paieur  pas  n’oseroient 
Tieux  despans,  ne  le  cuer  n’aroient 

. n  tesins  aus  filz  des  riches 

....il  est  po  d’avers  ne  chiches, 

Tuit  sont  large  et  planteüreux 
Tourjours  pancent  estre  eüreus, 

Ne  sevent  dont  li  avoirs  vient  ;  [i63  d) 

Tourjours  pancent  qu’an  tel  point  sient, 

Giete  son  conte,  pance  et  taille, 

Pance  que  jamès  ne  li  faille, 

Cuide  que  tuit  soient  ses  amis 
Qui  le  hraz  li  ont  au  col  mis, 

Bien  cuident  que  Flandres  périssent 
Se  la  guerre  an  anperissent, 

Mès  quant  pere  et  mere  faut, 

Lor  treuvent  lor  conte  an  defaut. 

Ansinque  le  mien  mal  trouvé, 

Conme  anfes  folement  ouvré, 

Par  touz  leus  fasoie  meslées 
Et  donnoie  de  grans  colées, 

Par  coi  chascuns  me  redouta 
Et  arrier  de  lui  me  bouta 
Qui  me  sanbloit  par  foies  joies 
Que  rois  par  ranz  gardast  mes  oies. 

Ge  sivoie  les  conpaignies 

326o3-328i6.  La  version  A  [164c)  de  Ta 
parTarbé  (p.  104-106),  est  différente  de  B 
ainsi  après  le  v.  32614  : 

Un  jour  fu  a  Rome  la  Grant; 

Si  li  print  une  fain  si  grant 
Qu’an  l’yglise  Saint  Pere  antrast 
Et  pour  ce  qu’a  touz  se  montrast, 

Non  pour  rien  ou  Dieux  eüst  part. 

Tantost  s’an  tourne  celle  part, 

Mès  onques  pour  pouoir  qu’eüst 
Ne  por  passer  qu’ele  seüst 
El  ne  pot  antrer  ou  moutier 
Ne  par  chemin  ne  par  santier; 

Si  n’estoit  pas  le  leu  estroit, 

Car  bien  vit  chascuns  y  antroit. 

D’iqui  se  parti  et  vëoit 
Que  Dieux  son  ostel  li  vëoit. 


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Et  les  desordonnées  vies; 

Tuit  disoient  :  g  Taissiez!  taisiez  1 
Que  trop  est  ses  peres  aissiez; 

Se  nus  de  nous  le  despisoit, 

Mal  seroit  s’il  s’an  avisoit!  » 

Tant  l’un  a  l'autre  le  conta 
Que  uns  chascuns  me  redouta. 

Mès  con  mes  peres  me  failli 
Et  la  povreté  m’asailli,  . 

Et  raison  qui  ne  manja  mie, 

Qui  ja  jor  ne  sera  m’amie, 

Tout  sanz  rien  lessier  me  toli, 

Dont  ge  cruelmant  me  doli 
Sique  ge  n’oi  mès  que  despandre 
Ne  ne  poi  mès  que  la  main  tandre. 

Lors  fui  de  toz  montrez  au  doi, 

Ancor  bien  souvenir  m’an  doi. 

Lors  cil  cui  méfiait  rien  n’avoie, 

Juigerent  que  mors  les  avoie, 

Et  cil  cui  donné  le  mien  oy, 

Dirent  que  decehus  les  oy, 

Et  cil  qui  se  dirent  ami  {164  a) 

Se  gaberent  par  tout  de  mi. 

Dès  lors  dès  iqui  n’avisai 
Et  male  vie  despisai, 

Car  povreté  me  fist  savoir 
Quaus  amis  ge  pouoie  avoir 
Et  touz  connoistre  les  me  fist, 

Du  moins  tant  de  grâce  me  fist, 

D’iqui  a  repantir  me  pris 
De  se  que  ge  avoie  ampris, 

Et  conmansai  a  labourer, 

[Et]  a  preschier  et  a  orer. 

Vie  de  sainte  Marie  l' Egyptienne,  publiée 

et  beaucoup  plus  abrégée.  Elle  se  termine 


Maintenant  repantance  print 
Et  tantost  danrée  de  pain  prist, 
Con  chetive  et  lasse  se  tint, 
Repantance  et  plorer  maintint  ; 
Dist  :  «  Lasse,  chetive,  desvée, 
Droit  a  qui  son  ostel  me  vée, 
Dieux  qui  tout  fist  et  deffera, 
Conme  sa  volantez  sera, 

Vers  qui  j’ai  mespris  et  méfiait  ; 
Merci  quier  de  moi,  merci  ait.  » 
Lors  grant  contrucion  menant, 
Vuide  la  ville  an  li  penant 
Et  as  grans  foretz  s’an  fui. 

Tant  Dieu  et  son  voloir  suy 


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NOTES  ET  VARIANTES 


En  menant  vie  aspre  et  pesanz, 

Sans  robe  et  sanz  solers.  xij.  anz, 

Pain  fors  sa  danrée  ne  manja, 

Ne  dessouz  toit  ne  herberja,  (164  d ) 

Et  con  tamptacion  santoit, 


De  granz  courgies  se  batôit, 
De  racines  estoit  pehue, 

De  ses  chevolz  estoit  vestue^ 
Tant  fîst  qüe  Dieux  an  ot  pitié 
Et  qu’il  la  print  en  amitié.  • 


Il  est  à  remarquer  qu’il  existe  au  moins  4  Vies  en  vers  de  cette  sainte  (voy.  P.  Meyer, 
Hist.  litt.  de  la  Fr.}  XXXIII,  36;-368). 


32839-32842.  Dans  le  passage  d'A  ( 164  d)  qui  est  représenté  par  ces  vers,  H  est  fait 
une  allusion  au  Pèlerinage  Renar t  :  * 


Et  ancor  ge  sui  pourveüs, 

Car  ge  sui  dès  ci  pourveüs 
Outremer  aler  sanz  venir 
Pour  voie  de  sauvemant  tenir; 

Preschant  irai  et  povremant, 

32845-32866.  Ces  vers  satiriques  contre 
particuliers  à  la  version  B. 


Nulle  autre  rien  ge  ne  demant,  .  . 

Paiz  quier  et  a  toz  la  paiz  doin,  • 

Confort  et  umilité  moin, 

Et  pour  moi  oster  de.  grans  poines,. 

Pour  Dieu  !  que  tu  la  paiz  me  doines  l 

• 

les  Franciscains  et  les  Dominicains  sont 


32876.  Après  ce  vers  A  ajoute  [i65  a)  : 

Lors  print  Renars  a  pr[e]eschier  : 

«  Amis  »,  dist  il,  «  que  tant  ai  chier, 

Car  me  veilles  un  po  oïr 
Et  de  ma  parole  joïr; 

Oy  ma  parole  bone  et  voire, 

Escrite  est,  dont  miax  la  doiz  croire. 

Quant  Dieux  par  mi  la  terre  aloit 
Conme  hon  et  preschier  y  vouloit 
Pour  les  non  creans  convertir, 

Car  pour  ce  y  vint  il  sanz  mantir, 

Li  mescreant  li  amenèrent 

Une  famé  et  Pacuserent  (ms.  la  cusurent) 

Pour  santir  sé  lui  desevoir 

Le  pourroient  pour  lor  savoir 

Pour  savoir  s’il  le  pourroient  prandre 

A  ce  que  il  peüst  mesprandre, 

Dirent  :  «  Tu  preesches  pitié, 

Droiture,  voir  et  amitié; 

Toute  mesprisson  tu  deffans 
Etviaux  les  dix  commandemans, 

Tu  viaux  jutice  maintenir 
Et  bonne  ordonnance  tenir, 

Tu  commandes  pitié  et  droit  : 

Ceste  famé  ici  androit 
Prise  est  an  fornicacion. 


Or  di  quelle  est  t’antancion, 

La  loi  viaut  que  l’an  la  lapide 
Et  pitiez  viaut  que  Pan  Paquite; 

Pour  ce  te  demandons  conmant 
Tu  an  feras  cest  juigemant.  » 

Lors  dist  [il]  :  «  Cil  qui  ci  seront 
Qui  nul  pechié  an  eus  n’aront 
Et  sus  cui  il  n’a  que  anquierre,  (1  65  b) 
Icil  li  gietent  une  pierre  !  » 

Cil  Poïrent  et  se  santirent, 

Tout  maintenant  d’iqui  partirent, 

Toute  seulle  leissent  la  famé, 

Et  Dieux  qui  ne  viaut  nul  difame 
Dist  :  *  Quant  sus  toi  nus  ne  dit  rien 
Va  t’an  et  de  pechier  te  tien  !  » 

Chantecler,  ansinc  fere  doiz  ; 

Se  de  touz  pechiez  nez  te  voiz, 

Hardiemant  acuser  me  peus 
Et  mont  difamer,  se  tu  veuz  ; 

Mès  tant  con  an  toi  santiras 
Mal,  ja  mal  ne  me  diras. 

Se  bien  es  de  san  avisiez, 

Car  bien  doit  estre  desprisiez 
Ancourpez  qu’ancourpé  laidange. 

Di,  Chantecler,  par  ta  foi,  mange. 


32885-32929.  La  Vie  de  saint  Urbain  a  été  publiée  d'après  A  par  Tarbé  (p.  106-107). 
Tome  II.  ** 


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2(0 


RENART  LE  CONTREFAIT 


33027-33 1 56.  L’histoire  de  Loth  est  une  addition  de  B. 

33239-33256.  L’auteur  a  déjà  parlé  plus  haut  (v.  3oi  77-30328)  des  inconvénients 
de  la  gaité.  Le  passage  manque  ici  dans  A. 

33548-336i6.  Cette  histoire  d’un  prêtre  abandonné  par  sa  concubine  quand  il  est 
privé  de  sa  cure  a  été  ajoutée  par  la  rédaction  B  qui  l’a  mise  dans  le  nom  d’un  curé  de 
l’Épine;  elle  se  retrouve  dans  les  Exemples  de  Jacques  de  Vitry  (éd.  Crâne,  1890, 
p.  100)  où  Étienne  de  Bourbon  est  venu  la  prendre  ( Anecdotes  historiques...  éd. 
Lecoy  de  la  Marche,  1877,  p.  406). 

33683.  La  rédaction  B  renvoie  ici  à  un  passage  précédent  où  la  Vie  de  Catilina  est 
longuement  racontée  (v.  20881-21442). 

33716-13732.  Il  a  été  déjà  fait  allusion  plus  haut  (v.  20337-20348)  au  meurtre  de 
Lucrèce  par  Tarquin. 

33736-33773.  L’auteur  prend  thème  de  l’exemple  de  Catilina  et  de  Tarquin  pour 
émettre  une  idée  qui  se  montre  déjà  dans  A  [184  c-186  a)  à  propos  de  Chilpéric,  et 
de  Brulé  de  Troyes  et  de  Herman  de  Provins  et  ( 64  d-65  d)  à  propos  du  chanoine 
Guillaume  Brulé  et  s’est  développée  dans  B  (v.  38593-38g58),  à  savoir  que  l’homme 
est  toujours  l'artisan  de  ses  propres  malheurs,  témoin  encore  ce  Jean  de  Coste,  bour. 
geois  de  Troyes,  qui  par  sa  faute  en  i3io  fut  ruiné  et  emprisonné  (v.  33774-33804, 
dans  la  rédaction  B). 

33833-33868.  On  retrouve  dans  A  [ip4  c-d)  un  éloge  de  la  patience,  plus  développé 
dans  B  (v.  40891-41 144). 


SEPTIÈME  BRANCHE 

Cette  septième  branche,  qui  date  au  plus  tôt  de  1  342  (allusion  faite  par  le  v.  38649 
aux  monnaies  ayant  cours  en  cette  année),  correspond  à  la  fin  de  la  cinquième  branche 
d’A,  augmentée  de  trois  histoires  dont  l’une  est  empruntée  à  la  quatrième  branche  d’A. 
Elle  montre  mieux  que  tout  le  reste  de  l’œuvre  du  Clerc  de  Troyes  (exception  faite 
de  la  dernière  branche  qui  offre  une  version  totalement  différente  dans  A  et  dans  B)  de 
queile  façon  l’auteur  a  remanié  et  surtout  allongé  le  texte  d’A  pour  en  contituer  la 
rédaction  B.  Le  récit  primitif,  analogue  dans  sa  contexture  générale  à  la  Confession 
de  la  septième  branche  du  R.  de  R.  (I,  241-264  ;cf.  Sudre,  loc.  cit.  p.  3i  i-3 1 7),  compte 
dans  A  728  vers  et  devient  dans  B  un  interminable  récit  de  5 1 56  vers. 

33899-34364.  Ce  long  sermon,  addition  de  B,  n’est  représentée  dans  A  (/70  a)  que 
par  8  vers. 


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NOTES  ET  VARIANTES 


21  I 


34144.  Sur  les  Sept  arts,  voy.  Y  Image  du  Monde  dans  VHist.  litt.  de  la  Fr.,  XXIII, 
3o5 . 

34289-34308.  Compte  dans  Ylmage  du  monde  ( Hist .  litt.  de  la  Fr.,  XXIII,  3 1 6- 
317),  Virgile,  bossu  et  de  petite  taille,  est  un  grand  astronome.  Voy.  plus  haut  la  note 
des  v.  29351-29650;  sur  la  légende  du  tombeau  de  Virgile,  voy.  plus  spécialement 
D.  Comparetti  Virgilio  nelmedio  evo,  2*  éd.,  II,  23  ss. 

34369.  Il  a  déjà  été  question  à  deux  reprises  des  Sept  péchés  capitaux,  dont  Renart 
s'accuse  ici  successivement  (voy.  v.  6150-6284  et  v  6615-6670).  Dans  un  passage  de 
Renart  le  Nouvel  (éd.  Méon,  IV,  172-182),  on  voit  Orgueil  assisté  en  Enfer  par  six 
dames  personnifiant  les  autres  péchés  capitaux  et  couronné  roi  par  Renart. 

34531-34754.  Ce  long  développement  où  se  retrouvent  des  notions  fournies  par 
Ylmage  du  monde  (Hist.  litt.  de  la  Fr.,  XXIII ,  3o6  et  3i  1),  sur  l’Éther,  les  Quatre 
éléments  de  l’Enfer,  est  une  addition  de  B. 

34819-35282.  B  a  substitué  ici  à  quelques  vers  de  A  (77/  a-b )  un  long  passage  sur 
l’Envie,  les  Sept  planètes  (cf.  Hist.  litt.  de  la  Fr.,  XXIII,  3 1 3),  le  Calendrier  et 
l’Influence  des  astres. 

35397-35862.  Addition  de  B. 

35485.  Sur  Judas  poussé  au  suicide  par  Désespérance,  voy.  le  Mistère  de  la  Passion 
d’Arnoul  Greban,  p.  p.  G.  Paris  et  G.  Raynaud  (1878),  p.  285-288. 

35821-35854.  Cet  exemple  de  l’homme  ramant  contre  le  courant,  qui  représente  la 
lutte  persévérante  de  l’homme  contre  le  péché,  se  retrouve  dans  une  Vie  de  saint  Alexis 
inédite  composée  au  xive  siècle (Bibl.  nat.,  nouv.  acq.  fr.  6835,  2'  partie,  fol.  58  b  et 
Bibl.  d’Avranches,  244,  fol.  79  a-b). 

35910-35954.  Le  Bailli  et  les  Plaideurs,  fabliau  qui  rappelle  certains  détails  de  la 
la  fable  de  Y  Huître  et  les  Plaideurs  (Robert,  II,  217)  est  une  satire  qui  ne  se  trouve 
pas  dans  A. 

35983-36oi2.  Satire  contre  les  colombiers,  addition  de  B. 

36047-36098.  En  place  de  ces  vers  hostiles  aux  Jongleurs,  aux  Ménétriers  et  aux 
Danses,  on  lit  dans  A  un  apologue  publié  par  Tarbé  (p.  108-109)  qui  met  en  scène  un 
Archer  blasphémateur  : 


Con  cil  héraut  qui  vont  criant 
Cil  jugleur  juglerie  trouvant; 
Tuit  autre  fol  geu  pour  gueaing 


Font  trop  a  l’ame  grant  mehaing. 

Dont  il  avint  c’uns  archiers  ot  [17 2  c) 
Perdu  aus  tables  se  que  il  ot. 


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212 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Dieu  maugroia  et  anvaÿ  ; 

Tant  conme  il  pot  a  Dieu  trav 
De  sa  salete  ancontremont. 

Ne  ne  cuida  pas  pechier  mont. 
Mès  la  saïete  ne  revint 
Ancontremont,  an  l’air  se  tint  ; 
Cilz  point  garde  ne  se  s'an  donnoit 
Pour  le  courrouz  qui  le  tenoit. 
L’andemain  au  geu  se  rasist  ; 
Siconme  a  lui  trop  li  geus  sist. 


Celle  saïete  qu’il  trahi 
Tout  ammi  l'eschaquier  chai 
Le  fer  dessouz  ou  bois  fichié 
Qui  touz  estoit  de  sanc  tochié  ; 

De  sanc  estoit  toz  li  fers  plains 
Dont  cil  se  fist  de  dolor  plains 
Et  vit  que  mont  avoit  mespris, 
Quant  anvers  Dieu  ot  guerre  pris. 
Voiremant  tuit  i  prannent  guerre 
Qui  gens  contre  lui  veullent  querre. 


Cette  histoire  se  retrouve  dans  Etienne  de  Bourbon  [Anecdotes  historiques,  éd.  Lecoy 
de  la  Marche,  p.  341-342).  Elle  a  son  origine  en  Extrême-Orient,  en  Chine  probable¬ 
ment,  d’où  elle  a  pénétré  en  Occident  par  l’intermédiaire  des  Persans,  des  Arabes  et 
des  Juifs  (J.  Darmestetcr,  La  Flèche  de  Nemrod  dans  le  Journal  asiatique,  1 885)  ;  elle 
existe  aussi  au  Japon  (M.  Revon,  Le  Shinntoïsme,  1907,  I,  255  et  25y). 


36099-36178.  Addition  de  B. 

36183-36462.  Addition  de  B. 

36473*36496.  Addition  de  B. 

36555-36644.  Addition  de  B. 

36795-38682.  Cette  addition  de  B  est  une  longue  diatribe  contre  l’état  social  du 
xive  siècle,  qui  montre  aussi  que  plus  heureux  que  les  Vilains  et  que  les  Nobles  pres¬ 
surés  par  leurs  Seigneurs  et  leurs  Suzerains,  les  Bourgeois  d’alors  menaient  vie  tran¬ 
quille  et  assurée. 

36981-37015.  Sur  cette  idée  que  Ninus  fonda  la  Chevalerie,  voy.  plus  haut  les 
v.  8 3 1 9  ss  et  19391-19392. 

37057-37175.  L’exemple  des  Deux  enfants  juifs  tend  à  prouver  que  l’usure  a  été 
inventée  par  les  Juifs. 


37395-37550.  La  rédaction  A  nous  a  offert  plus  haut  i3g  d-140  d ;  t.  I,  p.  352-354) 
quelques  récits  légendaires  relatifs  à  l’histoire  poétique  de  Charlemagne,  entre  autres 
son  départ  pour  l'Espagne.  A  cette  chevauchée  se  rattache  le  récit  de  la  fondation  de 
Provins  et  de  l’établissement  de  la  taille. 

37560-37690.  D’après  notre  auteur,  c’est  un  chevalierbourguignon,  un  nommé  Othon, 
qui  le  premier  établit  contre  tout  droit  naturel  l’impôt  de  formatage. 

37973-38012.  Il  est  fait  ici  allusion  à  l’heureux  achat  fait  au  comte  de  Champagne 
par  le  roi  Louis  IX,  le  roi  «  que  on  dit  saint  »,  de  la  mouvance  des  comtés  de  Blois,  de 


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NOTES  ET  VARIANTES  2l3 

Chartres  et  de  Sancerre,  ainsi  que  de  la  vicomté  de  Chàteaudun,  achat  que  le  roi  ne 
voulut  jamais  annuler. 

38195-38217.  L’histoire  de  la  Dame  de  Doches  (i3oo)  est  une  épisode  dont  l'auteur 
a  pu  être  le  témoin. 

38599-38682.  Nous  avons  déjà  rencontré  cette  théorie  fataliste  de  Renart  (voy.  la  note 
des  v.  33736-33764)  prétendant  que  tout  ce  qui  doit  arriver  arrive  ;  elle  est  combattue 
ici  par  le  Milan  qui  soutient  que  l'homme  est  l'artisan  de  ses  propres  malheurs,  et 
raconte  à  l'appui  de  sa  thèse  les  histoires  de  Guillaume  Brulé,  de  Brulé  de  Troyeset  de 
Hémart  ou  Hermant  de  Provins. 


38683-38754.  L'histoire  du  chanoine  Brulé,  vivant  à  Troyes  en  1 3 1 6  et  battant  ses 
gens  qui  le  tuent,  est  placée  dans  A  [64  d-65  d),  dans  la  quatrième  branche,  au  milieu 
d'une  partie  que  B  n’a  pas  reproduite  (voy.  I,  3o6  et  3 18)  ;  elle  a  été  publiée  par  Tarbé 
(p.  i2Ô-i3o)  d'après  ce  ms.  B  ajoute  ici  sur  la  folie  humaine  quelques  considérations 
dont  l’idée,  sinon  la  forme,  se  trouve  longuement  exprimée  dans  la  sixième  branche 
d’A  (777  b-184  d).  Ce  texte  est  donné  plus  loin  (II,  219-231). 

38758-38958.  Les  deux  autres  anecdotes  de  Brulé  de  Troyes,  victime,  en  1 280,  de  son 
amour  du  gain,  et  de  Hémart  (=  Hermant)  de  Provins,  victime  de  sa  bêtise,  en  i322 
appartiennent  à  la  sixième  branche  d'A  [184  d-186  a)  et  ont  été  publiées  par  Tarbé 
(p.  1 3o- 1 3 1  )  d'après  ce  ms. 


38959-38962.  Ces  vers  de  B’,  avec  lesquels  recommence  la  concordance  régulière 
avec  la  cinquième  branche  d’A  (iy3  c-174  a)  jusqu'à  la  fin  de  la  branche  (v.  39018), 
tiennent  la  place  d'un  passage  d'A  plus  développé  : 


«  Por  Dieu  itieux  deliz  eschivc 
Ne  ne  consan  que  nulz  le  suive. 
Desor  assez  conté  m’aras, 

Une  autre  foiz  ci  me  raras; 

Si  t’orrai  tout  a  ton  plaisir, 

N’ai  plus  de  demourer  lisir, 

Car  aler  m’an  estet  atant.  » 
Quant  Renars  le  provoire  antant, 
Sa  conciance  li  chanja, 

Et  pance  que  lui  ne  manja, 

Et  la  fain  duremant  l’asproie 
Ne  il  ne  set  ou  truisse  proie, 

Se  bien  près  de  lui  ne  la  prant. 
Lors  Renart  a  dire  li  prant  : 

«  Sire,  por  néant  vous  aroie 
Diz  mes  pechiez  s’asolz  n’estoie; 
Asolucion  me  doigniez 
Et  a  voz  plesir  reveigniez  ; 


Plus  ne  veil  dire  se  qu’ai  dit. 

—  Se  ne  t’ière  ja  contredit 
De  se  qu’as  dit,  ge  t’asorray. 
Autre  diras  quant  revanrai, 

Pour  coi  ne  puis  ci  estre  antan  : 
Car  Hersan,  la  famé  Coustan, 
De  pucins  a  une  niée 
Et  ge  l’ai  mont  bien  espiée. 

An  son  cortil  les  a  lessiez, 

Et  ge  cerai  tost  abaissiez, 

N’i  lesserai  grant  ne  petit 
Dont  ge  ne  praigne  l’apetit: 
Onques  pucins  ne  poi  despire.  » 
Renars  l’escoute,  si  sopire  ; 
Pance  que  vèoir  les  ira, 

Mès  ains  a  son  prestre  lira 
La  liçon  dont  li  aprantiz 
Se  sont  plusorfoiz  mal  santiz. 


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214 


RENART  LE  CONTREFAIT 


39010.  L'allusion  à  Chantecler  se  rapporte  ici  à  un  épisode  précédent  (v.  33217- 
33238),  où  le  Coq  échappe  par  sa  malice  à  la  gueule  du  Renart. 


HUITIÈME  BRANCHE 

t 

La  huitième  et  dernière  branche  de  B  (composée  comme  la  précédente  après  1342)  et 
la  dernière  et  sixième  branche  d’A,  postérieure  à  i322,  année  du  couronnement  du  roi 
Charles-le-Bel  (voy.  fol.  i~5  c),  n'offrent  entre  elles  que  fort  peu  de  ressemblance.  On 
trouve  en  effet  dans  les  deux  rédactions  une  centaine  de  vers  pareils  tout  au  commen¬ 
cement  ;  on  y  remarque  la  présence  de  Tibert  le  Chat,  mêlée  à  des  événements  d’ailleurs 
très  différents;  on  y  peut  constater  aussi  un  esprit  de  dénigrement  systématique  à 
l’adresse  de  sa  femme.  Mais  là  s’arrêtent  les  points  communs;  pour  tout  le  reste  de  la 
narration  les  deux  versions  se  séparent  absolument.  Les  exemples  empruntés  à  l’his¬ 
toire  littéraire  ou  inspirés  par  des  contes  d’animaux  ou  le  Roman  de  Renart ,  appa¬ 
raissent  nombreux  dans  A,  qui  d’ailleurs  présente  certains  passages  dont  la  forme  et  le 
fond  se  rattachent  à  la  sixième  et  à  la  septième  branche  de  B  (voy.  plus  haut  les  notes 
des  v.  33736,  33833,  38599,  38683  et  38758).  Dans  B  au  contraire,  où  ne  figure  même 
pas  Renart,  dominent  les  réflexions  morales  et  les  satires  contre  les  états  du  siècle. 

39025-39196.  Cette  partie  seule  de  la  huitième  branche  de  B  est  commune  à  A 
[174  a-b )  et  B. 

39435-39878.  Cette  longue  histoire  de  Sanson  et  de  Dalila,  souvent  invoquée  au 
moyen  âge  comme  exemple  de  la  duplicité  des  femmes,  suit  dans  tous  ses  détails  le 
récit  biblique  [Juges,  xui-xvi)  et  non  pas  partiellement  comme  le  Mistère  du  Viel  Tes¬ 
tament  (IV,  1-48). 

39985.  Ce  vers  nous  montre  que  depuis  le  commencement  de  la  branche  nous  avons 
affaire  à  un  sermon  de  Tibert,  dont  nous  entendons  parler  ici  pour  la  première  fois 
dans  cette  branche,  l’auteur  ayant  sans  doute  oublié  combien  profondément  il  avait 
remanié  toute  cette  partie  de  la  rédaction  A,  où  Tibert  apparaît  et  joue  un  rôle  dès  le 
commencement  de  cette  branche. 

40028  40054.  Le  rôle  prêté  ici  à  la  Tigresse  n’est  point  celui  qu’elle  est  habituée  à 
jouer  dans  la  littérature  du  moyen  âge.  La  légende  veut  en  effet,  telle  que  la  rapportent 
Brunet  Latin  ( Trésor ,  p.  25 1-252)  et  Richart  de  Fournival  ( Bestiaire  d' Amours, 
éd.  Hippeau,  p.  70-71)  que  les  chasseurs,  pour  éviter  sa  poursuite,  quand  ils  lui  ont 
pris  ses  petits,  sèment  sur  son  passage  des  miroirs,  qu’elle  s’attarde  à  contempler, 
comptant  y  reconnaître  l’image  des  siens. 

40082-40442.  Les  plaintes  des  femmes  contre  leurs  maris  et  le  récit  qu'elles  font 


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NOTES  ET  VARIANTES  2l5 

de  leurs  trahisons  conjugales  rappellent  certains  passages  des  Lamentations  de 
Matheolus. 

40897.  L’éloge  delà  patience  qui  occupe  toute  la  fin  du  poème  revient  plus  loin  dans 
la  rédaction  A  [ig4  c). 

40910-40978.  Il  est  fait  ici  allusion  à  la  misère  qui  régna  en  France  durant  les  années 
1337-1339,  où,  en  prévision  d’une  guerre  avec  l’Angleterre,  tout  le  monde  dut  payer  de 
sa  personne  ou  de  son  argent  (voy.  les  Grandes  Chroniques,  V,  374-375). 

41061-41444.  Cette  fable  du  Corbeau  paré  des  plumes  d'autrui  a  été  publiée  par 
Robert  (I,  249-251)  à  propos  de  la  fable  de  La  Fontaine,  Le  Geai  paré  des  plumes  du 
Paon.  Il  existe  en  français  au  moins  quatre  autres  versions  de  cette  fable  :  celle  de 
Marie  de  France,  Dou  Corbel  qui  volt  resambler  Paon,  p.  p.  Roquefort  (II,  248-249)  et 
K.  Warnke  (i,e  éd.,  p.  217-218),  celle  des  deux  Isopet,  Du  Corbiau  qui  se  para  des 
plumes  du  Paori  et  Comment  le  Geai  s'enourgueilli  et  cuidoit  resambler  au  Paon,  p.  p. 
Robert  (I,  251-254);  celle  enfin  que  Robert  a  publiée  (I,  248-249),  en  l'attribuant 
faussement  à  Marie  de  France,  De  la  Corneille  qui  se  vesti  de  plumes  de  tous  oisiaux, 
et  que  L.  Hervieux  a  rééditée  dans  les  Fabulistes  latins  (I,  752-753)  ;  éd.  plus  complète 
dans  P.  Meyer,  Rec.  d'anc.  textes,  p.  385.  Il  est  fait  mention  de  cette  fable  dans  les 
Lamentations  de  Matheolus  (éd.  Van  Hamel,  I,  i32). 

41444.  La  rédaction  B  finit  ainsi  avec  la  fable  du  Corbeau,  sans  autre  conclusion, 
comme  du  reste  la  rédaction  A. 


FIN  DE  LA  SIXIÈME  ET  DERNIÈRE  BRANCHE  DANS  A 

Nous  avons  vu  plus  haut  qu’à  partir  du  v.  39191  les  deux  rédactions  devenaient  toutes 
différentes.  Voici  le  texte  d’ A  (174  c)  jusqu’à  la  fin  de  cette  branche  qui  termine  le 
poème  : 


. Telz  coustumance  d’anfer  vient 

Qui  gent  an  mal  fere  maintient  ; 

Anfers  est  de  Dieu  annemis 

• 

Pour  ce  est  cil  trop  fox  qui  est  mis 
Ou  mambornisement  d’amfer; 

Bien  lesse  l’or  et  prant  le  fer, 

Bien  lesse  l’or  et  prant  la  terre  ( /  74 
Et  pis  se  ge  le  savoie  querre  ; 

Mès  quant  ge  y  ay  assez  pancé, 

Ge  m'avisse  du  temps  passé. 

Ains  que  Dieux  vosist  avenir, 

Nus  ne  savoit  quelz  voie  tenir, 

L’uns  Juïs,  (et)  l’autres  païens, 


Tuit  peuent  estre  (se)  clervoiens  ; 
Li  un  crëoient  plusors  dieux, 

Li  autre  pansoient  fere  mieux 
Et  li  autre  sacrefïoient; 

Li  autre  le  souloil  crëoient, 

Lor  dieux  avoient  et  lor  déesses 
d)  Dont  il  fasoient  joient  et  lëçsses, 
Sicon  firent  li  Troyen 
Et  tuit  li  Macidonïen, 

Li  Strapïen,  et  cil  de  Perce 
Et  de  maint  région  diverce, 

Qui  crëoient  déesses  et  diex 
Pour  ce  que  ne  savoient  miex; 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


246 

C&r  lois  n’estoit  ancor  donnée 
Ne  ferme  créance  afiée. 

En  Judée,  en  Jherusalam 
La  loy  des  Juïs  tenait  l’an; 

A  plusors  leus  ravoient  lor  cure, 

Et  lor  creance  ou  dieu  de  nature 
Qui  fasoit  bief  et  herbe  naître, 

Home.norrir  et  bestes  paistre, 

Sicon  firent  les  Yndïens 

% 

Et  li  pats  des  Bramïens; 

Grantmant  mie  ne  mesprenoient 
Celles  gent  qui  tel  loy  tenoient; 

Point  d’estroit  conmanderaant  n’orent  ; 

Por  ce  firent  dou  miax  que  sorent; 

Creance  n’estoit  ancor  donnée 
Ne  parfetemant  afiée, 

Sique  bien  sauver  sepouoient 
Trestuit  cil  qui  bon  cuer  avoient. 

Mès  or  est  il  acertenez 
.Et  li  conmandemans  donnez 
De  croire  une  loy  sans  faucer, 

Nus  ne  s’an  peut  bien  escuser. 

S’il  ne  l’a  fait,  que  ne  mespraingne  (175  *1) 
Et  que  celle  meimes  ne  taingne 
Et  que  il  ne  recort  an  lui 
Les  biens  que  Dieux  a  faiz  por  lui, 

Le  travoil  qu’a  por  lui  soufert 
Et  le  bien  qu’il  li  a  offert, 

S’il  se  viaut  a  lui  acorder. 

Pour  tout  se,  veuilge  recorder. 

Que  grant  merveille  puis  avoir 
Quant  sus  se  ne  fait  son  devoir 
An  lui  obëir  et  ainmer 
Ou  peut  panre  se  cuer  antner 
Et  le  vouloir  dont  Dieu  guerroie 
Bien  voi  tant  pancer  n’i  saroie 
Par  voie  que  Raison  tenist 
Que  vëisse  dont  se  venist 
Fors  que  de  désordonnée  cure 
Dont  Dieux  ne  Raison  n’a  ja  cure 
Qui  les  cuers  ansinque  forvoie  • 

Et  aus  granz  vanitez  avoie. 

Toutevoie  se  miaux  ne  seust, 

Bonne  pancée  avoir  deüst 
Et  susist  bonne  conpaignie 
Qui  li  destournast  male  vie  ; 

Car  qui  bonne  conpaignie  hante 
Anviz  peut  que  bien  ne  se  santé, 

Et  qui  suit  conpaignie  mauvaise 
Anviz  peut  il  ja  gésir  aisse 
Qui  ne  soit  contre  Dieu  temptez 
Ne  que  ja  lonc  li  durt  santez 
Que  ne  perde  honneur  ou  avoir. 


Qui  ne  set  fere  grant  savoir, 

Au  moins  bonne  conpaignie  suive 
Et  males  paroles  eschive, 

Et  de  mal  dire  veuille  tere. 

S’il  ne  set  autre  chose  fere, 

Pour  escusé  ge  le  tanrai, 

Et  se  miaux  [set]  ge  le  panrai 
Qu’amandemans  n’est  pas  pechiez 
S’il  est  dou  cors  ampêeschiez 
Que  conpaignie  seure  ne  puisse, 

Face  que  biaux  etbonsdiz  truisse, 

Et  delitables,  et  plaissans,  (i?5  b) 

Biens  nuisables  et  bien  faissans, 

Et  de  touz  descomfors  se  gart, 

Touz  bons  espoirs  taigne  a  sa  part. 

G’en  voi  pluseurs  qui  prison  tienent, 

Qu’a  lor  voloir  ne  vont  ne  viennent, 

Ou  que  non  puissant  ou  lit  gisent. 

Pour  ce  n’est  il  pas  que  nè  lisent 
Et  es  sarmons  et  es  estoires 
Treuvent  maintes  belles  mémoires 
Ou  pluseur  peuent  example  prandre 
Et  ou  pluseur  peulent  aprandre  ; 

Qui  ne  peut  fere  un  autre  face 
Et  tourjours  oit  devant  sa  face 
Dieu  qui  toutes  grâces  départ, 

Et  de  housiveté  se  gart, 

Adès  estudit,  adès  lise, 

Adès  oit  a  ouvre  main  mise, 

An  lire,  an  rimez,  an  trouver; 

Nus  ne  doit  estre  oiseus  de  ouver, 

Car  an  oiseus  diables  se  boute, 

Tuit  saichent  se  sanz  nulle  doute; 

Maus  vouloirs,  maus  pancers  an  vient, 

Et  puis  mal  ouvre  aprez  se  tient. 

Pour  ce  hon  conbien  qu’an  prison  soit 
Ne  doit  qu’an  ouvre  adès  ne  soit. 

Donque  a  bien  loy  qui  n’i  est  mie 
De  mener  bonne  et  nete  vie 
Par  que  ousiveté  non  tant  oit. 

S’il  devoit  descouvrir  son  toit, 

Sa  robe  descoudre  et  refaire, 

Doit  il  adès  quelque  rien  faire 
Que  oiseur  est  chambre  a  l’Annemi. 

Pour  ce  ge  ne  jour  ne  demi 
Ne  pance  point  a  oiseus  estre  ; 

Ge  iroie  avant  l’erbe  pestre 
Ou  cuillir  les  chardons  des  chans 
Que  je  fusse  si  non  saichans, 

Car  ge  me  veuil  estudïer 
En  tresbiaux  diz  vercefïer 
Dont  j'ai  an  mun  cuer  les  estours  ; 

Si  an  voudrai  fere  mémoires  ('7^ 


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NOTES  ET  VARIANTES 


*17 


A  ceulz  qui  voudront  escouter, 

Car  les  bons  faiz  doit  l’an  conter 
Jusques  cilz  tans  puisse  passer, 

Et  c’on  puit  fortune  quasser, 

Car  qui  se  set  si  avoier, 

Qui  laist  Fortune  tournoier 
Jusqu’elle  faille  a  son  prepos, 

Ge  ne  di  mie  qu’il  soit  fox, 

Car  Fortune  tournoie  adès; 

Or  ne  faut  que  lui  tenir  pès 
Sanz  lui  movoir  sanz  efTraer 
Et  se  qu’elle  donne  graer, 

Jusqu’elle  oit  tant  tomé  sa  roe 
Qu’elle  soit  cheüe  an  la  boe. 

Par  souffrir  vaincre  la  couvient 
Et  aucunes  foiz  il  avient 
Qu’aucuns  par  force  vaincre  viaut; 

Mès  quant  plus  s’efforce  et  plus  diaut 
N’i  avoie  que  dou  souffrir. 

Pour  ce  veil  ge  mun  cuer  offrir 
A  pacïance  et  a  taire, 

Déduire  an  belles  rime[s]  faire 
Jusque  Fortune  oit  fait  son  cours 
Qui  ne  s’an  fuit  mie  le  cours  ; 

Mès  elle  vient  grans  cours  et  saus 
Donner  grans  cos  et  grans  asaus, 

Et  s’an  reva  si  bellemant 
L’an  anviz  un  pas  seullemant. 

Qui  ansinc  fere  le  pourra 
Pour  voir  de  Fortune  jorra 
Et  pour  la  meniere  aprandre 
Conment  bien  nous  i  puissons  prandre 
A  Fortune  vaincre  et  chacier 
Qui  fleuve  est  qui  bien  set  luitier 
Prierons  Renart  que  nous  consaut 
Conmant  puissiens  fere  tel  saut. 

Que  nous  la  puissiens  tressaillir 
Et  fere  a  son  prepos  faillir, 

Car  se  il  nous  veut  conseillier, 

Nous  Tarons  sanz  trop  traveiller. 

Car  qui  Renart  croire  voudra, 

Par  sus  Fortune  tressaudra,  (ij5  d) 

Qu’anviz  li  pourra  rien  grever, 

S'acertes  veut  par  li  ouvrer. 

Puis  que  ouisiveté  me  tient 
Et  talant  de  rimer  me  vient 
Seullemant  por  temps  trespaser 
Que  pour  fortune  adès  quasser 
Qui  souvant  le  cuer  me  detranche, 

Ferai  de  Renart  une  branche, 

Fete  en  l’an  que  fu  queronnez 
Challes,  filz  Phelippe  mainnez. 

Fil  Phelippe  tuit  troi  esturent, 


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En  moins  de  .vij.  ans  tuit  roy  furent, 

Dont  Challes  le  plus  jeunes  iere. 

Qui  ne  m’an  croit,  si  an  anquiere. 

M’estoire  est  anconmancié[e]; 

Or  veille  Dieux  qu’elle  a  toz  ciée! 

C’est  de  Renart  de  cui  ge  juie, 

Qui  a  maint  dolant  cuer  aiduie; 

Qui  bien  le  sevent  maintenir, 

Leur  fait  a  leur  propos  venir; 

Qui  de  Renart  bons  mestres  iert 
Anviz  est  qu’il  n’oit  se  qu’il  quiert. 

Mès  tiex  souvant  s’an  fait  ouvriers, 

Qui  an  est  simples  escoliers; 

Tiex  an  cuide  estre  albes  souvant, 

Qui  set  po  por  estre  an  couvant. 

Renars  fu  an  un  sien  pourpris, 

Dès  qu[e]  il  ot  prestre  Humbert  pris 
Et  qu’il  ot  Fortune  contraire; 

Ne  s’osa  il  hors  d’ostel  traire  ; 

Mès  quant  il  vit  que  il  fu  temps 
Et  qu’il  ot  bien  pasé  le  temps 
Qu’elle  dut  estre  trespasée, 

Si  conpansa  an  sa  pancée 
Que  bien  dut  avoir  fait  son  cors. 

Adonc  de  chiez  lui  issi  hors; 

Si  s’an  antra  en  la  prarie, 

Bellemant  déduisant  sa  vie, 

Et  dist  :  «  Interpone(?)  tuis 
Inter Jum  (?)  gaudia  curis!  » 

Puis  dist  :  «  Povretez  soit  maleoite 
Et  richece  et  plantez  beneoite,  (/76  a) 
Que  ja  de  pevreté,  se  cuit, 

N’itra  bon  son  ne  bon  déduit  ; 

Biauté,  joie,  grâce  n’aront 
Cil  qui  la  povreté  suirront. 

Or  la  lais;  Dieux  la  puist  haïr,  0 

Ne  la  puis  véoir  ne  oïr, 

Car  el  m'a  tant  fait  de  hutin 
Que  la  maudis  chascun  matin, 

Nés  par  mun  chief,  quant  m’an  sovient, 
Touz  mes  sans  toubles  an  devient, 

Qu’an  li  n’a  solaz  ne  délit. 

Si  pri  Renart  qu’il  m’an  délit 
Et  certes,  qui  bien  le  querra 
L’orde  vix  vielle  trop  herra, 

Que  elle  affiert  bien  a  haïr. 

Pour  ce  veuil  ge  Renart  suïr, 

Puis  que  par  Renart  veuil  ouvrer, 

Et  par  lui  pance  a  recouvrer 
Mon  eür  et  Fortune  abatre, 

Dont  me  veuil  déduire  et  esbatre 
A  fere  une  nouvelle  estoire 
De  lui  que  j’ai  an  mun  mémoire, 


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2  1  8 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Et  en  fasant  m’i  antandrai 
Et  bon  ellr  y  atandrai 
Cui  goûtes  font  es  piez  tenir 
Si  fort  que  il  ne  peut  venir, 

Trop  fort  a  an  lui  esloichier 
Par  coi  puisse  a  moi  aproichier. 

Un  fusicïen  couvandroit 
Qui  bon  eür  meist  si  adroit 
Et  si  tresbien  le  visetast 
Que  s’ainfermeté  li  ostast, 

Afin  que  chevauchier  peüst 
Et  que  venir  a  moi  deüst. 

A  tel  mal  faut  fusicïen 
Qui  saiche  de  praucticïen, 

Car  trop  ceroit  gariz  a  tart 
Se  il  ne  savoit  de  cel  art. 

Car  ja  bien  ne  saura  fusique  (776  b) 

Se  il  ne  sest  de  la  prautique, 

Et  cel  art  ou  le  trouverai  ? 

A  Renart  m’an  conseillerai 
Qui  est  li  mestres  anciens 
De  trestouz  les  prauticïans. 

A  lui  quérir  veuil  traveillier 
Conmant  me  puisse  conseillier 
D’un  praucticïen  recouvrer 
Qui  veuille  seur  eür  ouvrer 
Et  garir  si  qu’il  vaigne  a  moi; 

Nulle  autre  voie  ge  n’i  voi  : 

Desoranavant  ge  i  vois.  » 

Renart  qui  estoit  an  un  bois, 

Un  manoir  y  ot  bel  et  gent 
Qui  n’estoit  pas  cuvers  de  gent; 

Loing  estoit  de  toute  murmure, 

Car  de  trop  grant  presse  il  n’ot  cure, 

Ne  trop  de  vesins  il  n’ot  mie. 

Telz  fu  sa  nature  et  sa  vie, 

Ne  ne  viaut  pas  sa  nacion 
Estre  en  grant  habitacion, 

Car  naturelmant  bien  savoit 
Et  bien  an  sa  nature  voit 
Que  ne  pouroit  ses  ouvres  faire 
An  multitude,  sanz  contraire. 

Se  l’un  ne  voit,  l’autres  escoute, 

Se  l’un  est  selïr,  l’autre  doute; 

Se  l’un  se  taist,  l’autre  parole. 

Par  un  peut  conmancier  querole 
Et  par  un  pout  estre  amflamée 
Une  conmune  renonmée, 

Par  coi  un  fait  est  tost  veüs 
Et  après  le  vëoir  sehus, 

Dont  péril  an  pouroit  venir. 

Pour  ce  veut  il  ce  (qui  soit)  maintenir, 

Et  vouloir  cil  qu’il  le  vous  die. 


Nus  saiges  ne  fox  ne  doit  mie 

Demourer  an  conmune  rue 

Ou  chescuns  giete  et  chascuns  rue 

Ses  regars,  ses  faiz  et  ses  diz,  (776  c ) 

Car  pluseurs  fois  est  biens  sordiz 

Et  plusors  foiz  maus  eslevez. 

Oy  dire  a  pluseurs  l’avez, 

Ne  saiges  ne  fox  ne  viaut  mie 
Que  chascuns  congnoise  sa  vie 
Et  a  savoir  la  couvanra, 

Quant  an  conmun  il  demourra, 

De  caichier  si  ne  s’a  povoir, 

Que  aucuns  nel  puisse  vëoir 
Et  uns  un  millier  an  esvoille. 

Ansinques  con  fait  la  chandoille, 

Mil  alumer  an  i  peut  l’an; 

Ja  pour  ce  moins  feu  n’i  voit  l’an, 

Et  cant  a  chascune  feu  pris, 

Con  celle  a  an  cuil  el  l'a  pris; 

Ansinc  dou  bourdeeur  est  il, 

Sa  bourde  peut  conter  a  mil 
Ja  pour  ce  moins  bourde  n’avra 
Et  autant  chascuns  an  savra, 

N’il  n’est  nus  qui  tant  puisse  plere 
Qui  ne  puisse  ou  trop  ou  po  fere 
Dont  il  peut  maint  foiz  honte  avoir 
Se  aucun  le  peuent  savoir  ; 

Pour  ce  dit  Renars  :  «  Fox  ne  saige 
Ne  praigne  an  grant  rue  son  estage; 

Se  il  est  saiges,  ou  qu’il  soit, 

L’an  saura  bien  tost  son  reçoit 
Et  demourast  bien  bas  soz  terre, 

Car  adès  doit  hon  le  s’anquerre, 

Et  sanz  est  adès  an  saison. 

Pour  ce  set  l'an  bien  sa  maison, 

Mès  chiès  le  fol  nulz  n[e]  iera. 

Mès  uns  chascuns  le  despira, 

Pour  ce  au  fol  mestier  fellst. 

Qui  demeur  loing  de  gent  eüst, 

Par  coi,  tant  ne  seüssent  mie 

Sa  niceté  ne  sa  folie 

Car  quant  plus  est  le  fol  sehus, 

Plus  est  ses  doumaiches  crehus. 

Pour  ce  au  fol,  au  saige  conmande  (/  76  d) 
Qui  ja  a  demoure  ne  tande 
Ne  vin  ne  fautre  au  co  de  ville, 

Car  po  s’acroist  et  bien  s’aville  ; 

Gent  moien  i  soient  tandant, 

Qui  de  danrées  sont  vandant 
Et  tiex  gent  qui  a  se  s’atandent, 

Qui  pain  gueaignent  et  pain  despandent, 
Gent  bourdeeur  et  losangier, 

Qui  n’ont  honneur  fors  de  mangier 


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NOTES  ET  VARIANTES 


219 


Qui  conme  chien  s'antregroignoient 
Et  plusors  foiz  s’antrepoignoient, 

Et  s’antredient  hontes  et  laiz, 

Et  lendemain  est  fete  paiz; 

Tuit  tienent  folie  a  honneur, 

Et  li  mestre  et  li  meneur 
Ne  sevent  qu’est  honnor  ne  pris, 

Ne  il  ne  l'[avr]ont  mie  apris. 

Bon  fait  ne  bon  dit  ne  savroient 
Conseiller,  mès  honte  an  avroient; 

Bien  sevent  acheter  et  vandre, 

A  autre  honnor  ne  sevent  tandre.  » 

Renart  tint  se  a  non  savoir 
Pour  ce  ne  vost  il  mie  avoir 
Antre  itieux  gent  [mis]  son  estaige. 

Pour  ce  demoura  ou  boquaige, 

Et  dist  bien  trouver  le  savront 
Cil  qui  de  lui  mestier  avront, 

Car  renome  court  (et)  bas  et  haut, 

Qui  chascun  set  que  chascuns  vaut. 

Renars  en  son  chastel  estoit, 

Qui  grant  estudie  metoit 
En  ses  males  ouvres  couvrir 
Et  an  ses  honestez  courir. 

Pour  ce  demore  voulantiers 
Loing  de  gent  an  secrez  santiers; 

Mont  an  grant  pancée  se  tint 
De  mal  ellr  qui  tant  le  tint 
Si  lenguement  et  sanz  cesser 
Qu’il  ne  le  poveit  trespasser; 

Mont  an  feu  ses  cors  ampiriez,  (777  fl) 
Et  mont  an  feu  an  cuer  iriez. 

Que  que  cilz  pancers  le  tenoit, 

Ez  vous  Thiebert  qui  la  venoit 1  ; 

A  son  conpaignon  venoit  dire 
Et  son  meschief  et  son  grant  ire, 

Sa  povreté,  son  mal  eür, 

Conmant  i!  est  mal  assellr. 

Renart  mont  bienveignant  li  dist, 
Maintenant  ceoir  lez  lui  le  fist 
Et  li  demanda  :  «  Quelz  nouvelles?  » 

Se  dist  Thiebert  :  «  Bonnes  ne  beles  ; 

Tant  sui  formant  desconfortez 
Qu’a  po  qu’a  mort  ne  sui  portez. 

Chiès  .j.  preste  ge  sui  alez 
Qui  avoit  deus  bacons  salez; 

Chascuns  ot  demi  pié  de  lart. 

G’en  cuidai  bien  avoir  ma  part 
Et  porter  une  piece  antiere  ; 

Mès  il  ota  une  pouliere 


Cilz  qui  ancores  iert  pandu, 

Un  fort  laz  de  chanve  tandu  ; 

N’an  sai  mot  jusque  ou  col  me  tint, 

Et  maugrez  moi  il  me  retint  ; 

Escremirs,  sauters  que  seüsse 
Ne  valut  que  prins  ne  fellsse; 

De  se  trop  malemant  joy, 

Car  tantost  li  prestes  l’oy, 

Antre  lui,  son  fil  et  sa  fanme. 

Tant  me  firent  honte  et  difame 
Que  tous  les  os  m’ont  moloiez, 

Dont  ge  morrai,  certains  soiez, 

Mès  a  chascun  cop  que  ge  avoie 
Au  retourner  le  laz  mordoie. 

Tant  les  mordi,  tant  les  hapai, 

Qu’il  ronpirent,  et  ge  eschapai. 

Quant  ge  cuidai  estre  a  garant 
Et  lors  me  vindrent  aparant 
Li  chien  d’un  vilain  chaceeur 
Qui  meschief  m'ont  fait  et  peeur  ; 

Tant  m’ont  et  sus  et  jus  tourné,  (177  b) 
Que  il  m’ont  le  cors  atourné; 

Plaies  y  a,  et  rompu  cuir. 

Renart,  biaux  conpains,  ge  me  muir; 

Tant  ai  or  le  cors  tormanté, 

Jamès  seont  n’arai  santé. 

Se  avenir  estre  ne  deust, 

Pour  voir,  la  mort  prise  m’eüst 
De  desespoir,  de  descomfort  ; 

Mès  an  ce  ai  ehu  comfort, 

Et  seci  me  fait  soutenir 
Que  il  m’estet  a  avenir 
Ne  ne  m’an  pouoie  garder, 

Combien  que  me  peüst  tarder. 

Trestout  se  que  m'a  comforté, 

C’est  ce  que  j’ai  le  fais  porté 
Que  porter  couvenoit  sanz  doute.  » 

Renars  son  conpaignon  escoute; 

De  ce  qu’il  dist  c’est  mal  paiez 
Si  li  dist  qu’il  est  desvoiez, 

Etli  prie  que  plus  ne  maintaingne 
Que  maus  (pour)  par  couvenir  avaingne, 

«  Et  que  couvaingne  que  maus  soit, 

Telz  creance,  conpains,  te  desoit, 

Ne  croire  jamès  qu’il  couvaigne^ 

Que  maus  ne  nul  meschief  avaingne, 
Conbien  qu’il  soit  a  avenir, 

Ne  croire  plus  dou  couvenir. 

Bien  peuz  dire  :  «  A  (a)venir  m’estoit, 

Mès  ja  couvenir  n’i  estoit.  » 


1  Ce  vers  et  les  53  suivants  rapportent  un  épisode  analogue  à  celui  que  nous  avons  déjà  vu  dans 
A  (I,  324-325). 


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220 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Dist  Thiebert  :  «  Ge  ne  croirai  mie  !  1  » 

Et  dist  Renart  :  a  C’est  grant  folie; 

Plusor  ont  esté  mis  a  mort 
Par  leur  ouvraige  et  par  leur  tort, 

Et  pluseurs  ont  ehus  contraire 
Par  folour  qui  lor  fasoit  fere; 

Se  il  tresbien  se  gardissient, 

Mort  ne  contraire  n’eüssient. 

D’un  roy  de  France  te  souvaigne 
Qu’avint,  por  coi  airoier  te  taigne  (?), 

Qui  Chilperic  fu  apelés.  (/ 77  c) 

Ses  estaz  ne  t’iert  pas  celez, 

Mès  avant  orras  dont  il  vint 
Et  pour  coi  le  royaume  tint  ; 

Dont  il  vint  orras  tire  a  tire, 

Conbien  c’un  po  i  mete  a  dire 
Conmant  li  roy  an  France  vindrent, 

Quel  fin,  quel  chief  et  quel  loy  tindrent, 
Quel  furent  et  de  quel  mestiers, 

Dou  premier  roy,  secont  et  tiers, 

Et  de  roy  an  roy  maintandrai, 

Jusqu’à  cel  Chilperic  vandrai, 

Dont  il  vindrent  te  vodrai  lire; 

Or  antan  que  ge  te  veuil  dire. 

Après  que  feu  destruite  Troye, 

Quant  Eneas  se  mist  an  voie, 

Gent  assambla  et  gent  porquist, 

Dedans  Lonbardie  se  mist 
Ou  nulle  ville  ancor  n’estoit 
Ne  nulz  ou  pais  n’abitoit. 

Chastiaux,  habitacions  firent 
Ou  leurs  cors  a  sauvetc  mirent, 

Quant  que  Romme  fondée  fust 
Ne  que  nulz  renoms  de  li  fust. 

Une  cité  firent  Sicambre, 

Sicon  l’estoire  me  remambre. 

Puis  aprez  fu  Romme  bastie 
Qui  fu  li  chiés  de  Lombardie  ; 

Aprez  se,  maintes  citez  firent 
An  Lombardie,  et  lois  y  mirent  ; 

Desouz  Romme  anclin  touz  estoient 
Et  le  trehu  y  trametoient 
A  saus  qui  souverain  en  erent. 

Tant  leur  peuple  monteplïerent 

Et  leur  generacion  tint 

Jusque  au  temps  que  Valantins  vint. 

Après  le  crucefïemant 
Et  après  tout  Tavenemant, 

En  l’an  trois  cenz  sissante  six, 

Fu  ycilz  Valantins  assis. 


Cilz  Valantins  li  amperere  (777  d ) 

Antreprint  guerre  mont  anmere 
A  une  gent  c’on  dist  Alains  ; 

Mont  y  traveilla  les  Romains. 

Mès  travaus  po  valu  eüst, 

Se  autre  santier  quis  n’eüst. 

Mès  il  con  saiges  a  vells 

C’est  d’une  voie  pourvehus 

De  ceulz  qui  Sicambre  fondèrent, 

Qui  mont  grant  peuple  [y]  habitèrent 
Qui  de  Troye  furent  (ja)  venu, 

Qui  aus  Romains  estoient  tenu 
A  un  trehu  chacun  an  rambre 
Por  tout  le  pals  de  Sicambre. 

Valantins  par  letres  mandans 
A  ceulz  que  li  fusent  aidans 
Contre  Alains  et  il  quite  estoient 
X.  ans  dou  trehu  que  dévoient, 

Et  par  .x.  ans  quite  seroient 
S’avec  lui  am  bataille  aloient. 

Quant  cil  la  parole  antandirent 
De  cuer  por  ce  secours  li  firent. 

Lors  furent  Alains  descomfis, 

Dechacié,  et  prins,  et  occis. 

Celle  gent  .j.  seigneur  avoient 
Haut  homme  François  l’apeloient; 

François  ot  non  a  son  droit  non 
Pour  ce  gent  François  orent  non. 

Cilz  François  partout  franchisoit 
Sa  gent  par  la  ou  marchisoit, 

Fors  fu,  courageus  et  hardiz. 

Pour  leur  seigneur  Frans  furent  diz 
Que  por  vérité  franc  estoient 
Pour  ce  que  touz  soz  eus  dontoient 
Ne  nelui  ne  voloient  criembre, 

Mès  trestout  seurmarcher  et  caimbre, 

Cil  Franc  quant  celle  vitoire  orent 
Et  il  franc  de  trehu  se  sorent; 

Cuer  printrent,  conquester  alerent 
Vers  la  Dynoe  cheminèrent 
Jusques  au  Rin,  la  terre  printrent  (178  a) 
Et  la  seignorie  par  tout  tindrent, 

En  leur  faiz  se  monteplïerent, 

En  leurs  nobleces  se  fièrent 
Sique  grant  terre  tenir  porent 
Ne  d’autrui  rie[n]  tenir  ne  vorent; 

Franc  se  dirent  et  franc  cerons, 

Ja  dessus  nous,  seigneur  n’arons, 

Ne  devons  mie  avoir  seigneur, 

Car  atrait  sonmes  de  Tanneur 


1  Sur  cette  théorie  fataliste  qui  domine  la  rédaction  A  jusqu'au  fol.  186  ay  voyr .  la  Note  des 
v.  3373o  33764. 


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NOTES  ET  VARIANTES 


221 


Des  nobles  gens  des  Troyens, 

Dont  sires  et  roys  fu  Prians, 

Qu’ains  d’autrui  ne  daigna  tenir, 

Bien  devons  s’anneur  maintenir; 

Celle  gent  tuit  paien  estoient, 

Point  crestianté  ne  tenoient. 

Après  se  conquistrent  Gaulin 
Qui  est  dit  Gaula  an  latin 
(Gaula  an  grec,  c’est  let  a  dire  ; 

Let  est  dous  a  touz,  doit  soufire, 

Gaula,  c’est  dous  et  dous  est  frans); 

Por  ce,  fu  cilz  pais  diz  frans 
Avec  tout  se  franc  fu  lor  sire, 

S’an  vodrent  douce  France  dire; 

Hii  la[c]tea  colla  sont , 

Ansinc  dou  poete  dit  sont, 

Par  coi  nous  de  Gaula  cheï 
Et  li  nons  de  France  suï  ; 

France  ot  non  Gaule  a  premiers. 

Or  vous  retournerè[s]  arriers, 

Quant  icil  .x.  ans  pasé  furent 
Qu’a  l’empereur  leur  trehu  durent, 

Sicon  devant  ai  recité, 

Qu[e]  a  .x.  ans  leur  estoit  quite. 

Por  l’aide  que  fait  li  orent, 

Plus  de  trehu  paier  ne  vorent. 

Valantins  les  an  a  requis 
Et  seur  eus  son  trehu  a  quis. 

Cil  dirent  que  point  n’an  dévoient, 

De  leur  sanc  acheté  l’avoient, 

Jamès  jour  trehu  ne  devront,  (/y#  b) 

Ançois  la  mort  tuit  recevront; 

A  l’ampereur  despit  an  print, 

Por  ce  son  ost  assamblez  print, 

Et  sus  Sicambre  le  mena, 

Et  mont  duremant  les  pena. 

Cil  de  Sicambre  .iij.  dux  firent, 

An  cui  garde  trestuit  se  mirent, 

Et  par  cui  seront  esmeüs. 

Li  uns  ot  non  Machomeüs, 

Li  autres  ot  non  Genebaut, 

L’autre  Signoimes,  saige  et  baut. 

Lors  de  Sicambre  s’an  issirent 
Et  an  Alemaigne  se  mirent  ; 

Por  despit  de  se  la  estoit 
Que  cilz  trehu  leur  demandoit  ; 

Assez  printrent  villes,  chastiax, 

En  la  Dinoe,  grans  et  biaux; 

Et  par  sus  le  Rin  s’an  alerent, 

Par  le  pais  se  hesbergerent, 

Car  ja  si  grant  planté  estoient 
Que  nulle  rien  il  ne  doutoient, 

Ne  nulz  nés  osoit  contredire 


N’an  nulle  maniéré  despire. 

N’onques  ne  les  pot  Valantin 
Mener  par  guerre  a  nulle  fin. 

Lors  tuit  li  plus  grant  s’asanblerent 
Des  chevaliers  qui  de  Rome  erent; 

Trestout  Peffors  de  Rome  printrent 
Et  sus  icelz  François  an  vindrent. 

Eracles  et  Théodosiens 
Qui  estoient  des  plus  anciens, 

Des  plus  grans,  des  plus  seurmontez, 

Par  cui  tuit  autre  estoient  dontez, 

Y  alerent  a  grant  effors 
Et  les  cuiderent  chacier  fors. 

Mont  grant  occision  y  orent  ; 

Mès  onques  chacier  ne  les  porent  : 

Ançois  qui  ussent  granmant  sis, 

Des  Romains  y  ot  mains  occis  ; 

La  perde  toute  an  vint  sus  eus.  [178  c) 
Pour  ce,  tournèrent  an  leur  leus, 

Tuit  mat  et  tuit  desconforté, 

Car  le  piour  an  ont  porté. 

Mont  fu  sus  Romains  grant  morie; 

Li  Franc  orent  la  seignorie. 

D’iqui  li  renons  d’aus  dura, 

Ne  nus  contre  eus  ne  murmura, 

Ne  nus  ne  fu  si  grans  ne  fors 
Que  contre  eus  montrast  effors 
Ne  qui  contre  eus  s’osast  bougier. 

Mès  mirent  les  grans  an  dongier, 

Nés  cil  grant  paor  an  avoient 
Quides  François  parler  ooient, 

Nus  ne  fu  si  fors  se  il  ot  guerre 
Qui  pellst  son  vouloir  aquerre 
Ne  vangence  avoir  n’an  savoit, 

Se  par  les  François  ne  l’avoit, 

Ne  nushon  ne  pouvoit  sa  terre 
Recouvrer  par  force  de  guerre, 

Se  li  François  ne  l'an  aidoient, 

C’estoient  cil  qui  a  fin  metoient 
Toutes  guerres  et  tout  desroy. 

Parconmun  consoil  firent  roy 
Qui  fu  d’aus  Faramont  clamez; 

D’aus  touz  fu  cheriz  et  anmez, 

Filz  le  duc  Machomenes  fu, 

Icilz  touz  li  premiers  rois  fu; 

La  seignorie  d'aus  li  donnèrent 
Et  roy  des  François  le  nonmerent  ; 

Li  premiers  rois  de  France  estoit. 

Mors  fu,  que  a  morir  estoit. 

Pour  le  pere  qu’il  honorèrent, 

Son  fils  aprez  lui  queronnerent 
Qu’autre  n’i  ont  point  esleü, 

Roy  Clodyo  le  chevelu. 


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222 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Chevelus  fu  con  se  eüst  treces. 

Cilz  fu  de  mont  fieres  aspreces, 

Et  maintes  choses  antreprist. 

Cilz  la  cité  de  Quambrai  prist 

Et  les  Romains  touz  anchasa,  <  /  7 8  d  1 

Et  leur  seignorie  quassa. 

Jusqu'à  la  rivi[er]e  deSayne 
Acrut  sa  terre  par  sa  poyne. 

Après,  quant  Clodio  mors  fu, 

D'aus  touz  uns  rois  esleüs  fu, 

Qui  avoit  a  non  Meronné, 

Dou  lignaige  Clodio  né. 

An  cel  temps  qui  est  anciens 
Furent  nonmé  Meronïens 
Cil  qui  or  se  dient  François, 

Pour  ce  que  Meronné  fu  rois. 

Quant  Meronné  fu  dcfeüs, 

Chilperic  fu  rois  esleüs, 

Qui  fu  filz  le  roy  Moronné, 

Celui  firent  roy  queronné, 

Mès  mauves  conmancemant  prit, 

Car  maintes  damoiselles  prit 
A  force  et  les  efiorçoit, 

Et  les  pucelles  ravissoit; 

Et  pour  ce  fu  si  effaciez, 

Que  il  fu  do  royaume  chaciez, 

Car  tuit  li  furent  mal  vesin. 

Lors  s'an  ala  au  roy  Bissin 
Qui  de  Looraigne  rois  estoit; 

Mainz  pais  soz  li  souzmetoit. 

Cilz  rois  a  grant  honnor  le  tint, 

Et  tant  son  bon  voloir  maintint, 

Et  tant  de  poine  an  vost  avoir 
Qu’il  pot  aus  François  paiz  avoir, 

Et  que  François  le  rapelerent 
Et  toz  meflaiz  li  pardonnèrent, 

Et  il  leur  promist  estre  amis. 

Mès  an  Bissine  ot  son  cuer  mis 
Qui  famé  roy  Bissin  estoit, 

Que,  corne  s'amante  y  metoit, 

Ne  vit  pas  a  la  courtoissie 

Que  Bissin  li  ot  pourchacie 

Qui  toute  sa  paiz  li  refist 

Quant  sa  famé  a  lui  venir  fist 

Et  l’espoussa  a  grant  honneur,  1/79  j> 

Combien  que  elle  eust  seignor, 

Conme  paien  bien  le  pot  faire. 

Cilz  conquist  Orlïens  sus  Loire  ; 

Un  conte  romain  an  chassa. 

Après  se,  la  mort  l’anchaussa  ; 


An  son  régné  d'ans  vint  et  trois. 

Après  fu  ses  filz  Cloovis  rois  *. 

De  la  royne  Bissine  vint; 

Pour  ce  Looraine  li  avint. 

Plus  fu  grans  et  plus  redouté 
De  touz  ceulz  qui  orent  esté  ; 

Biaux,  saiges,  hardiz,  courageus, 

De  bons  faiz  plains  et  de  biax  geus, 

Grant  fierté  an  son  vis  avoit; 

Toute  honnouret  tout  bien  savoit, 

Les  mauvès  et  les  fox  dontoit 
Et  les  preudonmes  amontoit, 

A  touz  montroit  bone  doctrine. 

A  son  temps,  print  il  Agripine, 

Une  cité  de  grant  renon, 

Qui  orandroit  Couloigne  a  non; 

Et  Trêves  print  il  meimemant, 

Se  li  veraiz  escriz  ne  mant, 

Qu’a  cel  temps  Romains  maintenoient  ; 

De  tout  le  Rin  seigneur  estoient, 

Fors  tant  que  dechacié  an  furent 
Des  François  qui  devant  esturent. 

Uns  princes  alors  la  tenoit, 

Qui  Gilles  nommez  an  estoit; 

Li  roys  Clovis  a  celui  temps 
Estoit  mont  fort  antremetans  : 

Par  lui  et  par  maint  soudoier 
De  Sainte  Yglisse  guerroier 
Et  Sainte  Yglisse  destruissoit, 

Et  quanque  il  pouoit,  nuissoit  ; 

Ne  riens  n’an  estoit  esmaians 
Pour  ce  que  il  estoit  paiens  ; 

Paiens  fu,  si  ne  li  chaloit 
Se  Sainte  Yglisse  se  doloit. 

An  l'an  de  l’incarnacion  (779  b) 

Celui  qui  soufTri  paission 

Droit  quatre  cenz  et  quarante  ans, 

Ot  esté  rovs  Cloovis  .x.  ans. 

Lors  une  tresbonne  pucelle, 

Qui  Dieu  fu  amie  et  ancelle. 

Fille  au  roy  de  Bregoigne  estoit. 

Ancel  temps  point  meilleur  n’estoit; 

La  pucelle  Goheut  ot  non, 

Qui  tant  ot  an  Dieu  bon  renon  ; 

La  veraie  creance  an  li  maintint 
Tant  conme  an  cest  siegle  se  tint. 

Il  conme  paiens  la  requist, 

Sa  grant  santé  et  son  bienquist, 

Car  il  print  celle  ou  Dieux  otpart 
Qui  puis  le  tourna  a  sa  part. 


1  Ce  vers  et  les  1C4  suivants  ont  été  publiés ,  sous  le  titre  de  Baptême  de  Clovis,  par  Tarbc , 
p.  iofj-ii3. 


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NOTES  ET  VARIANTES 


223 


Païens  estoit,  quant  l’espousa 
Il  qui  maint  hardemant  osa, 

Looraigne,  Provance  conquist, 

Au  royaume  de  France  (l’)aquist; 

De  conquérir  ne  quist  essoine, 

Tout  conquesta  jusques  a  Sayne. 

Un  sien  mestre  avoit  conseilliez 
Qui  por  grâce  avoir  vost  veillier 
Et  pour  son  temps  métré  a  honnor 
N'i  regarda  grant  ne  menour; 

Melelln  print  et  conquesta, 

Et  trestouz  les  félons  osta; 

An  duchée  le  tint  de  Cloovis. 

An  cel  temps  que  ge  vous  devis, 

Cons[e]üt  Goheust  de  Cleovis, 

Un  fil  bel  de  cors  et  de  vis 
(Nus  ne  sot  plus  bel  devisier). 

La  royne  le  fist  bautisier, 

Mès  roy  Cloovis  ne  le  sot  mie  ; 

Celle  qui  ordonna  sa  vie 
A  antandre  et  a  preschier, 

A  son  seigneur  qu  elle  ot  tant  chier 
Qu’il  recehust  la  sainte  loy, 

Bautesme  recehust  an  foy. 

Clovis  ja  croire  non  vouloit,  (!79  c) 

Et  de  cel  sarmon  se  douloit 
Conme  cilz  qui  estoit  paiens, 

An  Sainte  Yglise  non  creans. 

Igoines  cilz  amfes  ot  non, 

Mès  petit  dura  son  renon, 

Car  po  aprez  se  que  nez  feu, 

Siconme  il  plot  a  Dieu,  mors  fu. 

Li  peres  an  fu  mont  plai[n]s  d’ire, 

Et  dist  a  sa  famé  par  ire 
Ce  l’amfes  a  ma  loy  feüst, 

Pour  voir  ancor  mors  ne  feüst. 

Mont  s’an  pot  la  royne  doloir. 

Dieu  an  pria  de  bon  vouloir 
Que  son  seigneur  montrer  deüst 
Que  la  bonne  loy  recellst 
Et  le  vouloir  de  Dieu  feïst, 

Et  loy  païenne  regeïst; 

Et  Dieux  an  oy  la  prïere 
De  celle  qui  toute  a  li  yere  : 

Un  autre  fil  a  concehu, 

Dont  li  rois  a  grant  joie  ehu, 

Plus  grant  joie  ne  pourroit  l’an  dire. 
L’anfant  mirent  nom  Clodomire  ; 

La  royne  le  fist  bautisier, 

Et  ne  finoit  ja  d’atisier  ; 

Le  roy  adès  remantevoit 
Que  feïst  se  que  il  devoit  ; 

Le  rois  si  dist  :  «  Dame,  or[e]  parra  ; 


Saichiez,  cil  amfes  se  morra, 

Siconme  l’autres  sans  deloy, 

Por  ce  que  n’est  pas  a  ma  loy. 

N’avons  amfant  qui  ja  vis  soit 
Longuemant  qui  bautisiez  soit  !  » 

Lors  la  royne  sanz  detrïer 
Conmansa  Dieu  mont  a  prier 
Qu’il  vosist  fere  ceste  honnor 
Que  sc  bautissast  son  seignour. 

Et  elle  quant  plus  li  prioit 
Adès  Cloovis  li  nioit, 

Ne  nulle  rien  n’an  voloit  faire. 

Adès  li  conmandoit  a  taire.  [iyg  d ) 

An  cel  termine  il  avint 

Que  Cloovis  a  guerre  vint 

An  champ  contre  les  Alemans 

Dont  il  souffri  plusors  tormens. 

Li  pires  devers  lui  an  feu, 

Dont  maz  et  doumaichiez  an  feu. 

Lors  pria  il  devostemant 
«  Que  biaux  sire  Dieux  qui  ne  mant, 

An  cui  ma  famé  a  sa  creance 
Et  son  espoir  et  sa  fiance, 

Dont  chascun  jor  me  fait  mémoire, 

Or  me  veilles  donner  vitoire, 

Et  désormais  an  toi  croirai 
Et  ton  nom  ge  assaucerai, 

Monteplïerai  tes  amis 
Et  confondrai  tes  annemis  !  » 

Ses  mains  de  cuer  au  ciel  tandi, 

Et  lors  Jhesucriz  l’antandi, 

Et  le  fist  honneur  et  aiduie 
Qualemant  vindrent  a  la  fuie, 

Et  li  rois  ot  toute  vitoire; 

Bien  le  retint  an  son  mémoire, 

Tout  quanque  il  ot  a  Dieu  promis 
A  il  trestout  a  effet  mis. 

N’i  quist  respit  jour  ne  demi  ; 

A  Rains  an  vint  a  saint  Remi 
Qui  de  Rains  arcevesques  fu, 

De  lui  an  fons  bautisiez  feu, 

Et  sains  Remi  Dieu  l’antroduit  ; 

A  veraie  creance  le  conduit. 

Clovis  vost  paiens  despisier, 

Plussorsil  an  fist  bautisier. 

D’iqui  vint  France  an  seürté 
Et  se  maintint  en  meürté, 

Et  pour  voir,  ge  le  te  devis, 

Car  chrestiannez  fu  Cloovis 
Xv.  ans  après  se  qu’il  fu  rois. 

Lors  atourna  il  ses  arois, 

Et  se  vost  duremant  haster 
De  conquérir  et  d’aquester. 


» 


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224 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Aquitaine  et  Tours  conquist  (  1 80  a) 

Et  puis  an  Toulousain  se  mist. 

Mont  bonne  vie  demena, 

Pour  l’amor  de  Dieu  se  pena 
Et  gracia  de  cuer  antier, 

Et  Dieux  le  mist  an  son  santier. 

Trante  ans  fu  rois  et  puis  fu  mors, 

Et  anfouïz  fu  li  siens  cors 
Ou  moutier  Saint  Po  et  Saint  Pere 
Qui  de  par  lui  faiz  fondez  ere. 

Or  li  ont  remué  son  non, 

Car  Sainte  Genevieve  a  non. 

Quatre  filz  lessa  Cleovis 
Dont  les  nons  d’eus  ge  te  devis 
Et  por  voir  ge  le  te  veil  dire  : 

Childebert,  Thierriz,  Clodomire, 

Et  li  quarz  avoit  non  Lotaire. 

De  Cleovis  me  veil  or  taire 
Et  de  leur  terres  qu’il  partirent, 

Conmant  regnerent,  conmant  firent 
Que  trop  a  conter  an  aroie 
Se  touz  lor  faiz  conter  voloie. 

Mès  rois  demoura  Childebers 
Qui  tant  fu  saiges  et  apers  ; 

Vint  et  trois  ans  rois  gouverna 
Jusques  mors  a  fin  le  mena. 

Rois  fu  ses  filz,  Theodebaus, 

Qui  ne  fu  fox,  musars  ne  baus  ; 

A  Dieu  dou  tout  s'abandonna, 

Cuer  et  cors,  et  tout,  li  donna; 

Trestouz  preudes  honmes  suy 
Et  mauvès  et  félons  fuj*. 

Bons  justiciers  fu  a  son  temps, 

Mès  il  ne  régna  que  . viij.  ans. 

Clotaire  qui  son  frere  estoit 
Et  cui  il  mont  de  cuer  anmoit, 

Son  royaume  et  trésor  (li)  conmist 
Et  trestout  an  sa  main  li  mist 
[Et]  Ions  tamps  puis  si  f[e]ü  mors, 

Et  a  Seissons  fu  mis  son  cors, 

A  Saint  Marc,  que  mont  honora. 

De  lui  quatre  filz  demoura,  (180  b) 

Dont  Charambers  li  aignez  fu, 

Qu’après  lui  rois  de  France  feu. 

Cilz  luxurïeus  fu  formant, 

Cilz,  se  li  voirs  escriz  ne  mant, 

Sa  famé  chasa  de  son  lit. 

Sanz  plus,  por  avoir  le  délit 
D’une  chamberiere  qu’avoit. 

Telz  male  voulanté  avoit, 


Tant  estoit  de  l’Annemi  plains. 

Tost  morut  et  petit  fu  plains. 

A  Blaives,  a  Saint  Romain,  gist, 

La  ou  maint  esdefice  mist, 

Maintes  rames  y  estora. 

Chilperic,  son  filz,  demoura  ; 

Roiz  fu  cest  cilz  por  cui  te  dis, 

Et  por  cui  le  sarmon  te  fis, 

Et  pour  cui  ge  veuil  maintenir 
Que  mal  ne  couvient  avenir, 

Conbien  que  maus  a  home  avaigne 
N’est  pas  pour  ce  que  le  couvaigne. 

Siconme  ci  devant  dit  t’est; 

Chascuns  se  fait  telz  conme  il  est  ; 

Qui  mal  quiert,  maus  est  a  venir; 

Pour  ce  n’est  pas  le  couvenir. 

Pour  cest  roy  t’ai  se  recité  ; 

Oi  de  sa  vie  la  vérité. 

S'il  fist  mal  et  mal  li  avint; 

Avenir  iert,  mès  n’an  couvint. 

Tant  fu  cilz  rois  tanres  de  famés 
Qu’il  an  resut  plusors  difames. 

Troiz  filz  ot  qui  pute  fin  tindrent 
Et  qui  tuit  a  lede  mort  vindrent. 

Se  tu  viaux  bien  se  retenir, 

Diras  :  non  couvient  avenir; 

Diras  de  cuer  que  ansinc  iert 
Que  nulzn'a  mal,  s’il  ne  le  quiert. 

Or  antan  dont  que  il  avint 
Dou  roy  et  par  lui  quelz  fin  tint. 

Chilperic  roys  de  France  feu*  ( 180c ) 

Qui  filz  le  roy  Charambert  fu, 

Qui  de  France  andui  furent  roi. 

Chilperic  metoit  son  aroy, 

Et  touz  ses  désirs,  et  sa  cure, 

Desus  toute  rien  an  luxure  ; 

Pluseurs  famés  ot  a  sa  vie, 

Mès  il  avoit  plus  grant  anvie 
De  grant  biauté  que  de  noblece 
Ne  que  de  nulle  grant  hautece, 

Ne  n’an  crëoit  home  do  monde. 

A  Seissons  print  il  Fredegondc, 

Une  dame  de  grant  biauté, 

N’i  garda  droit  ne  loiauté 
Fors  son  plesir  tant  seulemant. 

Celle  dame  il  tint  longuemant 
Que  amfant  n’an  po  recouvrer. 

Por  ce,  s’an  vost  il  desevrer, 

Et  a  une  autre  s’avoia, 

Et  tantost  quérir  l’anvoia, 


x  Cette  Histoire  de  Frédcgonde,  comprenant  ce  vers  et  les  433  suivants  a  été  publiée  presque  entiè » 
rement  par  Tarbê ,  p.  114-126. 


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notes  et  Variantes 


225 


Belle  et  bone,  gentis  et  saige, 

Et  de  treshautisme  lignaige  ; 

Et  grant  terre  tint  an  demaine, 

Gasonde,  seur  le  roy  d’Espaigne, 

Et  promist  li  et  ses  amis 
Que  ses  cuers  seroit  an  li  mis, 

Et  toutes  autres  lesseroit 
Si  tost  con  a  famé  l’aroit. 

Tant  fu  legiers  qu’il  an  jura 
Que  jamès  n’an  départira, 

Ne  dessaisizil  n’an  orroit, 

Ne  do  royaume  [n’en]  partiroit1. 

Ansinc  les  noces  fetes  furent; 

.Un  grant  temps  firent  ce  que  durent. 
Fredegonde  qui  mont  savoit. 

Qui  au  cuer  grant  meschief  avoit, 

De  se  qu'elle  estoit  dessaisie 
Fasoit  sanblant  d’estre  apaisie, 

De  porter  au  roi  feautc 
Et  d’avoir  au  cuer  loiauté. 

Lez  la  roync  adès  demoura,  (/<Vo  d ) 

Et  par  samblant  mont  l’onora; 

Et  la  royne  la  crëoit, 

Et  por  samblant  mont  s’i  fïoit. 

Celle  qui  ot  le  cuer  marri 
Tandi  a  ravoir  son  mari, 

Et  pansa  qu’elle  le  ravra, 

Ou  an  li  san  ne  art  n’avra. 

Un  jour  fu  que  elle  au  roy  vint, 

Et  a  un  grant  secré  le  tint, 

Et  li  dist  que  poussons  savoit 
Des  quelz  li  rois  morir  devoit 
Que  sa  famé  apareillie  ot; 

Pour  .j.  cui  son  cuer  donné  ot, 

Ceste  avoustire  li  fasoit 
Et  tantost  murtrir  le  devoit. 

A  ce  vost  li  rois  nient  antandre; 

Tantost  il  fist  sa  famé  prandre 
Mal  talantis  conme  sangler, 

Et  tantost  la  fist  estrangler 
Par  le  consoil  de  Fredegonde, 

Qui  tant  savoit  barat  et  honte, 

Toute  vestue  de  faus  samblant 
Qui  toute  joie  va  ambiant, 

Qu’el  pançoit  li  rois  la  preïst 
Et  qu’aveque  li  la  meïst. 

Mès  non  fist  [et]  print  Acoere, 

Qui  une  hautime  dame  ere, 

Dont  Fredegonde  ot  mont  mesaise; 

An  son  cuer  jamès  n'ara  aisse, 


Ne  de  cuer  joie  ne  fera 
Jusque  arrier  royne  vera. 

Li  rois  Acoere  maintint. 

Et  tant  l’ama  et  tant  la  tint 
Qu’il  an  ot  .iij.  amfans  toz  vis, 

Meronné,  Chodebert,  Clovis, 

Dont  li  rois  [très]  grant  joie  avoit. 

Et  Fredegonde  adcs  sivoit 
Acoere  qui  roÿne  iere; 

Estoit  toute  sa  conseilliere  *  : 

Fait  estoit  se  que  li  plesoit.  (181  <r) 

Et  tout  adès  son  cuer  taisoit; 

Par  samblant  la  roync  honora, 

Adès  avec  li  demoura. 

Un  jour  pot  Chilperic  cëoir 
Qu’il  alast  son  frere  vëoir 
Childebert,  qui  estoit  an  guerre 
Vers  Mez,  aus  Saynes,  pour  sa  terre. 

La  fist  Chilperic  demorëe 
Et  laissa  la  royne  Adorée 
Ancinte  avec[que]  Fredegonde, 

Qui  de  trestouz  biens  estoit  monde. 

De  la  royne  li  temps  vint 
Que  acouchier  il  la  couvint  : 

D’une  fille  c’est  délivrée, 

Et  lors  la  royne  Adorée, 

Qu  an  Fredegonde  se  fia, 

De  cuer  bonnemant  li  pria, 

Parrains  et  marraignes  querist 
A  cui  l’amfant  tenir  feïst. 

«  Lors,  »  dist  celle,  «  royne  Adorée, 

Seur  toutes  dames  honorée, 

Ou  pourroie  parrains  quérir 
Qui  a  toi  doient  aferir? 

Ge  n’an  sai  nul  qui  digne  soient 
Qui  le  tien  amfant  tenir  doient.  » 

La  royne  qui  mal  n’antandi, 

A  Fredegonde  respondi  : 

«  Par  Dieu,  bautisier  le  faudra  ; 

Por  Dieu,  querez  qui  le  tandra. 

—  Dame,  »  ce  dist  la  despissant, 

«  Ge  ne  sai  nul  sisouffisant 
Conme  vous  qui  porté  l’avez  ; 

Seur  touz  miax  tenir  le  devez, 

Par  vous  sera  des  fons  levée 
Et  si  avra  nom  Adorée. 

Nus  n’an  est  dignes,  se  vous  non  ; 

Pour  ce  lo  qu'el  port  vostre  non.  » 

Lors  la  royne  debonnere 
Li  demanda  :  «  Le  puis  ge  fere?  » 


i  Dans  ce  vers  et  plus  loin  le  mot  royaume  semble  compte  pour  2  syllabes  —  2  Toute  est.  s.  cons. 
Tome  II.  i5 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


226 

Dist  Fredegonde  :  a  Ouïl,  de  voir  ;  ( 181  b) 
Miaux  consoil  ne  pouez  avoir; 

Plus  haut  de  vous  non  peut  tenir.  » 

Pour  ce  fist  l’an  l’amfant  venir; 

Par  cel  consoil  l’evesques  vint, 

Bautisa,  la  mere  le  tint; 

Ansinc  fu  l'amfant  bautisié 
Par  fol  consoil  desavisié. 

Après  le  roys  a  Paris  vint  ; 

A  Fredegonde  bien  souvint 
De  la  tresgrant  desconvenue. 

Devant  li  roy  s’an  est  venue; 

Si  dist  :  «  Rois,  une  fille  avez  ; 

Nulle  plus  belle  ne  savez, 

Cui  tenue  a  fons  a  sa  mere  ; 

Vostre  famé  est  vostre  conmere, 

Dont  je  suis  trite  et  doulante. 

Ne  cuidiez  pas  que  ge  vous  mante, 

Que  ge  le  vous  di  tout  de  voir.  » 

Et  dist  li  rois  :  «  Se  il  est  voir, 

An  mun  lit  ge  te  remetrai 
Et  de  cest  prepos  point  n’itrai.  » 

Lors  li  rois  monta  ou  palais. 

La  royne  a  grant  estais 
Li  est  tout  au  devant  venue, 

Et  de  loial  cuer  le  salue. 

Dist  li  rois  :  «  Ne  vous  salu  mie  ; 

N’(i)  estes  ma  famé,  ne  m’amie, 

Ma  famé  estre  plus  ne  povez, 

Quant  mon  amfant  tenu  avez, 

Mauvès  est  eüs  vostres  sors  : 

De  moi,  (et)  dou  royaume  estes  hors, 

Tenir  ne  vous  puis  par  raison, 

Trop  avez  fet  grant  mesprison, 

Mès  pour  ce  ne  devez  périr.  » 

Lors  li  rois  anvoia  quérir 
L’evesque  qui  le  dédia, 

Et  an  essil  il  l'anvoia. 

Et  sa  famé  conme  esbaïe 
A  il  misse  an  une  abaye  ; 

Et  la  fille  aveque  li  reste.  (181  c ) 

Vie  li  fist  donner  honeste1, 

Tost  con  ses  consaus  li  aprist  ; 

Li  roys  Fredegonde  reprist. 

Après  avint  .j.  po  de  temps 
Qu’il  conmansa  .j.  grant  contans 
Dou  roy  et  Childebert,  son  frere, 

Et  y  ot  guerre  mont  anmere. 

Childebers  qui  grant  grâce  avoit 
Honneur  et  touz  atraiz  savoit  ; 


1  Hon.  vie  donnr  et  li  fist. 


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Touz  les  haus  barons  de  la  terre 
A  trait  a  lui  et  a  sa  guerre 
Et  le  roy  Chilperic  laiserent, 

Et  quanque  porent  rabaissèrent. 

Childebers  savoit  bien  donner, 

Et  bien  prometre  et  bien  mener, 

Sique  si  tous  les  atray, 

Que  vers  le  roy  nulz  ne  tray 
Quant  il  ot  le  peuple  a  lui  mis; 

Lors  c’est  contre  son  frere  mis. 

Li  roys  qui  formant  c’est  doutez, 

S’an  est  dedans  Tournay  antrez 
Et  fist  toutes  les  portes  clorre, 

Contre  son  frere  ne  pot  sorre. 

La  fu  a  Tournay  ansarrez. 

Et  bienanclos,  et  bien  barrez, 

O  po  de  gent  a  grant  difame, 

Avec  Fredegonde,  sa  famé, 

Qui  mont  savoit  art  et  malice, 

Et  tost  ot  pancé  .j.  grant  vice. 

Cil  troi  amfant  lez  lui  esturent, 

Qui  fil  de  Adorée  furent, 

Dont  ge  ay  parlé  ci  devant. 

Li  roys  ne  sot  arrier  n’avant, 

Consoil  ne  sot  ne  sauvemant 
Qu’an  Fredegonde  seulemant; 

Elle  dist  :  «  Roys,  ne  l’esmaier  ; 

Lai  moi  mun  consoil  essaier, 

Carge  bien  te  conseilleray 
Par  les  ouvres  que  ge  feray.  » 

Li  roi  dist  :  «  Dame,  or  an  pancez  ( 181  d) 
Conmant  puissions  estre  tancez 
A  honneur  de  ceste  anhastie.  » 

Lors  s’an  est  la  royne  partie 
Qui  tant  sot  de  mal  retenir  ; 

A  li  fist  deus  valiez  venir, 

Fors  et  hardiz,  fox,  outrageus, 

Plains  de  mal  art  et  de  maus  geus  ; 

Et  leur  dist  :  «  Ge  vous  anmerai 
Et  d’armes  bien  vous  armeray, 

Sique  ja  riens  ne  douterez. 

La  fors  a  Childebert  irez  ; 

An  quelque  leu  que  le  voiez, 

L’espée  ou  cors  li  anvoiez. 

A  lui  irez  par  droite  tire 
Ansinc  con  por  mesaige  dire. 

Tantost  que  devant  lui  cerez, 

D’espées  ou  cors  le  ferez, 

Que  mors  soit  et  ne  demeurt  point. 

Se  vous  y  estes  mal  a  point, 


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NOTES  ET  VARIANTES 


227 


Par  coi  soiez  ne  prins  ne  mors, 

Ge  vous  jure  et  ame  et  cors, 

Et  anneur,  et  santé,  et  vie, 

Pour  vous  fonderay  abaye 
De  moines  blans,  de  moines  noirs 
Que  touz  i  courra  mes  avoirs  ; 

Tourjors  mès  pour  vous  chanteront 
Et  tant  de  servisses  feront 
Que  s’an  avoiez  tuez  (tieux)  dix, 

Que  vous  metront  an  Paradis 
Ains  que  soit  passez  cestui  mois, 

Ge  vous  an  jur  Dieu  et  ses  lois. 

Et  s’avient  qu’eschapez  soiez, 

Chascuns  une  cité  aiez.  » 

Celle  lor  jure  et  il  la  croient, 

Et  de  bien  fere  il  la  proient. 

Sus  ce  se  sunt  acheminé 
Et  si  vont  tant  ne  quant  finé 
Jusque  ou  tref  Childebert  s’en  q[u]irent 
Chascuns  se  fiert,  tantost  l’ocirent. 

Et  tantost  li  glouton  pris  furent  (182  a) 
Par  justice,  siconme  ils  durent. 

Quant  tuit  si  grant  baron  se  virent. 

Lors  ou  vouloir  do  roy  se  mirent, 

Et  chescuns  quist  a  la  paiz  trere  ; 

Li  roys  print  la  famé  son  frere  ; 

En  une  abaye  la  mist 

Et  tout  son  avoir  prandre  fist. 

Breneheust  la  dame  avoit  non, 

Saige  et  plaine  de  grant  renon. 

Lors  fu  Chilperic  asseür 
Et  pansa  estre  au  bon  eür. 

.lij.  filz  ot  de  la  bonne  dame 
Adorée  qui  feu  sa  famé, 

Que  ge  ci  devant  vous  devis, 

Meronné,  Chodebert,  Clovis. 

Meronnez  ala  veoir  sa  mere, 

Et  sanz  le  consoil  de  son  pere 
La  famé  son  oncle  ala  veoir. 

Meronné  tant  li  pot  céoir 
Qu’il  ne  vit  honneur  ne  difame 
Que  tantost  n[e  l]a  prist  a  fanme. 

Li  rois  mont  fort  l'an  despisa; 

Et  Fredegonde  l’atissa 

Et  dist  :  «  Vostres  filz  vous  seurquiert  ; 

Vostre  deseritance  quiert.  » 

Tant  l’annorta  qu’il  le  fist  qucrre, 

Et  fu  occis  an  une  guerre. 

Les  autres  deus  qui  demourerent, 

Par  Fredegonde  a  fin  alerent; 

Leur  male  mort  leur  consanti 
Pour  ce  que  ancinte  se  santi. 

Des  .iij.  filz  que  li  rois  avoit  (182  b) 


De  Adorée  que  tant  anmoit, 

Par  li  furent  tuit  mesalé 
A  mort  et  a  la  fin  alé. 

Fredegonde  maint  mal  fasoit; 

Mont  anma  un  fil  qu’elle  avoit 
Pour  que  li  royaumes  fust  siens  ceulz  ; 

Fist  elle  touz  destruire  ceulz 
Par  coi  nus  nel  feist  contraire. 

L’amfes  fu  apelez  Clotaire  ; 

Nul  plus  bel  ne  seüst  l’an  querre. 

Pour  joie  fist  li  rois  par  sa  terre 
Et  par  grant  leesce  de  cuer 
Trestouz  prisonniers  giter  feur 
Et  trestoutes  prisons  ouvrir, 

Et  trestout  Paris  fist  couvrir, 

Trestuit  prisonnier  quite  furent 
Pour  quel  cas  qu’an  prison  esturent. 
Fredegonde  an  fu  mont  lie, 

Et  pour  ce  ne  lessa  el  mie 
A  son  malice  demener; 

Mès  adès  y  vouloit  pener. 

Li  rois  estoit  si  anchantez 
Qu’a  tout  son  vouloir  fu  tantez; 

Les  haus  barons  fist  abaissier 
Et  leurs  grans  tenemans  laissier; 

Touz  les  grans  a  povreté  mist 
Et  des  garçons  les  seigneurs  fist, 

Charruier  li  plusor  devindrent 

Qui  granz  terres  et  honneurs  tindrent; 

Et  par  le  consoil  Fredegonde 
Qui  savoit  tout  le  mal  dou  monde 
Seur  toute  rien  le  roy  flatoit 
Ne  de  s’amour  point  n’i  mctoit, 

Mès  le  hëoit  cuvertemant, 

Et  trop  l’anmoit  uvertemant. 

Son  cuer  an  un  conte  avoit  mis 
Qui  estoit  de  cuer  ses  amis, 

Et  faisoit  de  li  son  vouloir 
Qui  qu’an  deüst  rire  ou  doloir. 

Li  quens  Landriz  avoit  a  non,  (182  c) 
Ne  elle  n’anmoit  se  li  non. 

Li  rois  s'an  print  a  aparseuvre, 

Et  connut  .j.  petit  de  l’ouvre. 

La  royne  bien  a  aparçut 
Que  li  roys  an  doutant  le  seut 
Et  que  ja  pallé  an  avoit, 

Et  anqueste  fere  an  fasoit; 

Et  s’avisa  quant  il  parra 
Tout  l’or  do  mont  ne  la  garra 
Que  ne  resoive  male  mort. 

Celle  qui  sot  mainte  mal  sort 
Un  sénéchal  que  fait  avoit 
Qui  tout  son  couvine  savoit, 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


A  lui  secréement  conseilla 
Et  cil  pour  li  se  traveilla 
Conmant  conseiller  la  peüst. 

Par  coi  sa  grâce  adès  eüst. 

.Ij.  escuiers  fuitiz  mandèrent 
Et  cest  afaire  leur  contèrent, 

Conmant  tourjours  riche  seront 
Et  a  tourjours  lor  paiz  aront, 

Mès  que  le  délivrent  dou  roy. 

Cil  atournerent  leur  aroy 
Pour  fere  se  qu’il  ont  couvant. 

Li  rois  aloit  chacier  souvant; 

An  repairier,  quant  il  revint, 

Chascuns  d’iceulz  lez  li  se  tint, 

Ne  virent  nul,  ne  nul  ne  doutent. 

Les  coustiaux  ou  vantre  li  boutent, 

Et  li  rois  cheï  mors  a  terre. 

Cil  s'an  fuient,  l’an  nés  sot  ou  querre. 
Dessus  Chielle  cilz  cos  avint,  [182  d) 

L’evesquez  de  Sanliz  seurvint; 

Ileques  le  roy  mort  trouva. 

L’evesques  mont  bien  s’i  prova, 

Sa  gent  toute  a  raliée, 

Une  nef  a  apareilliée, 

Le  cors  le  roi  an  la  nef  mistrent 
Et  briement  a  Paris  an  vindrent. 

Tout  le  peuple  après  le  suÿ  ; 

A  Saint  Vincent  fu  anfuy 
Qui  Sainte  Genevieve  est  diz. 

Cilz  murtres  fu  sa  famé  diz; 

Trestouz  les  biens  que  elle  avoit 
Et  tout  le  meuble  qu’el  savoit 
A  Nostre  Dame  tout  tandi, 

Et  son  cors  meïme  i  randi. 

Et  lors  li  baron  son  fil  prindrent, 

A  roy  et  a  seignor  le  tindrent. 

Par  les  bonnes  villes  alerent, 

L’amfant  aveques  eus  menèrent 
Qui  estoit  apelez  Clotaire, 

Et  li  firent  feauté  faire. 

Clotaires  fu  pour  rois  tenus, 

Mès  mont  fu  jeunes  et  menus, 

Et  pour  ce  que  trop  anfes  feu, 

Bons  gardeor  bailliez  li  feu, 

Un  sien  oncle,  Gontranz  ot  non; 

Saiges  fu  et  de  haut  renon. 

Cils  Gontrans  fu  frere  son  pere, 

An  cui  garde  le  mist  sa  mere. 

Li  peuples  por  roi  le  tenoit 
Pour  ce  que  l’amfant  maintenoit. 

An  son  bail  rois  Clotaire  fu; 

Quant  que  li  plot  fere,  fait  feu. 

Maintefoiz  pansa  an  son  cuer, 


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Ne  dou  panz  ne  pot  issir  feur 
Conmant  son  frere  Chilperiz 
Ot  esté  murtriz  et  periz, 

Et  plus  soutivemant  qu’il  pot 
Anquist  do  fait  ou  miax  que  pot. 

Tant  an  anquist,  sanz  fere  plait,  \j83  a) 
Qu’il  sot  que  sa  famé  l’ot  fait 
Par  le  consoil,  par  le  souhoit 
D’un  sénéchal  que  elle  avoit, 

Qui  senechauz  fu  Chilperic, 

Que  l’an  apeloit  Eburic  ; 

Chiés  et  traitierres  ot  esté 
De  faire  ceste  grant  durté, 

Li  et  la  royne  Fredegonde. 

Lors  jura  touz  les  sainz  do  monde 
Que  vanchiez  Chilperic  seroit; 

Pour  nulle  rien  ne  le  leroit. 

Eberic  bien  s’an  avisa 
Et  pour  ce  pallemant  quis  a 
A  Fredegonde  et  li  a  dit 
Se  qu’aucuns  amis  li  ot  dit. 

Si  li  dist  :  «  Dame,  ge  me  deuil, 

Et  pour  voir  destourner  me  veil, 

Car  li  rois  c’est  aparcehu 
Et  toute  nostre  ouvre  a  sehu, 

Sicon  qu’il  m’an  voudra  suïr, 

Pour  ce,  dame,  m’an  veil  fuir.  » 

Dist  Fredegonde  :  «  Non  feras, 

Que  de  moi  bon  garant  aras. 

Mes  filz  est  rois,  ge  te  garrai 
Et  tourjours  sus  moi  te  panrai.  » 

Mès  por  chosse  qu’elle  li  die. 

Ne  consantoit  il,  ne  se  fie, 

Et  dit  :  cf  Por  rien  ne  demorroie, 

Car  por  certain  la  mort  aroie.  » 

Lors  Fredegonde  an  traïson 
Qui  ot  fete  la  mesprison, 

Sicon  devant  ge  vous  ai  dit, 

Vint  à  Gontran,  si  li  a  dit  : 

«  Rois  Gontran,  ge  te  certefie 
Que  Eburic  toli  la  vie 
Au  roy  Chilperic  monseigneur 
Dont  j’ai  perdue  toute  honneur.  »> 

Et  lors  li  rois  Gontrans  jura 

Que  il  Eburic  destruira 

Et  son  lignaige  jusque  a  vint.  (i83  b) 

Mal  de  se  faire  li  souvint, 

Par  coi  autre  s’i  chastiront 
Que  talant  dou  fere  n’arront. 

Quant  Eburic  sot  veraiemant 
Que  Gontran  ot  fait  sairemant, 

Et  lors  se  mist  il  an  franchisse 
Dedans  Saint  Martin  aml'iglisse. 


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NOTES  ET  VARIANTES 


Par  Claudïen  saichiez  an  fu, 

Et  tost  le  chief  colpez  lui  feu. 

Quant  Gontrans  ot  régné  .xx.  ans, 

Il  plot  a  Dieu  que  il  feut  temps 
Que  il  morust,  et  il  mors  feu; 

Mès  ains  Bregoigne  donnée  feu 
Qui  estoit  soue  an  eritaige 
A  un  sien  neveu  preu  et  saige. 

Childebert  ansinque  non  ot; 

Nonques  cilz  Gontrans  famé  n’ot, 

Et  Clotaires  rois  demoura. 

Mauvesse  generacion 
Et  bonne  generacion 
Anma  et  suï  conme  saige, 

Combien  qu’el  n’i  mut  de  lignaige 
De  par  mere  ne  de  par  pere. 

Preudon  et  saiges  adès  ere, 

Bons  justiciers  fu  et  hardiz, 

Saiges  et  an  faiz  et  an  diz. 

Famé  print  qui  Gertru  ot  non, 

De  noble  estât,  de  grant  renon, 

Dont  ot  .j.  fil  gent  et  apert 
Que  Tan  apela  Dagobert. 

Mont  fu  preuz  et  de  bonne  part. 

An  cel  temps  dévoient  li  Lombart 
Au  roy  de  France  toz  les  ans 
Dou  pals  dont  estoient  tenans 
Douze  mil  sols,  de  trehu  durent. 

Ou  celui  temps  quité  lor  furent. 

Quant  .xxxix.  ans  ot  Clotaire 

Régné,  adont  li  plot  a  faire 

Par  consoil  et  par  bon  aroy  (i83  c) 

De  son  amfant  Dagobert  roy, 

Et  li  donne  a  son  venir 
Le  royaume  de  Galte  a  tenir  ; 

Bien  le  tint  et  bien  i  parut. 

Fanme  li  donna  Gomarut  ; 

Longuemant  le  royaume  maintint, 

Mès  Clotaire  morir  couvint. 

Dagobert  tint  la  royauté 
Et  que  an  retint  la  feauté 
Tout  ansinc  conme  raisons  fu. 

De  sa  famé  desevrés  feu 
Pour  ce  qu’amfans  ne  pot  avoir, 

Dont  il  chanja  si  son  savoir 
Qu’a  merveille  crueus  devint 
Et  crueussemant  se  maintint. 

Il  fist  les  grans  portes  deffaire 
De  l’iglise  de  Saint  Ylaire 
De  Poitiers  qui  de  cuivre  furent  ; 

A  Paris  menées  estre  durent, 

Dont  puis  au  cuer  grant  coureoz  ot. 

Par  consoil  une  autre  famé  ot  ; 


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229 

Mont  se  penoit  d’estudïer 
A  Saint  Denis  estofïer; 

Ses  portes  de  cuivre  i  mist 
Que  il  de  Poitiers  venir  fist  ; 

T[rest]oute  sa  cure  estoit  misse 
A  bien  aorner  celle  yglissc 
De  coulomnes,  de  pavemans 
Et  de  touz  biaux  aornemans. 

Les  autres  yglises  lessoit 
Et  celle  sanz  plus  apaissoit; 

Plus  y  mist,  et  de  cuer  antier, 

Que  tuit  si  autre  devantier. 

Mont  anma  cilz  rois  Saint  Denis 
A  la  parfin,  i  fu  il  mis  § 

Quant  de  cest  siegle  trespasa. 

Mès  mont  Sainte  Yglisc  quasa 
Pour  ce  que  les  biens  lor  toloit 
Et  aus  gentis  hommes  donnoit. 

Pour  ce  aucuns  aprez  sa  mort  dist 
Que  l’ostel  d’anfer  an  aquist. 

Clovis,  ses  filz,  régna  après  (i83  d) 

Qui  de  mal  fere  fu  angrès; 

Famé  print  bele  et  bien  cenée, 

Dou  lignaige  des  Saynes  née. 

An  cel  temps  qui  est  anciens 
Li  abbasde  Saint  Marc  d’Orliens 
Une  abaïe  i  fonda 
Ou  mont  de  biens  y  abonda, 

Et  si  li  mist  non  Champflori. 

Un  po  après  ce  il  mori, 

Et  or  a  non,  c’est  chose  voire, 

L’iglisse  Saint  Benar  sus  Loire. 

Clovis  qui  adont  rois  regnoit 
Qui  folemant  se  demenoit, 

Il  fasoit  mal  et  ancor  pis; 

Le  cors  monseigneur  Saint  Denis 
Bani  mont  deshonestemant 
Que  l’an  porta  vilainemant, 

De  Paris  a  force  l’osta 

Que  Dieu  ne  home  n’an  douta; 

L’un  des  braz  li  brisa  a  force, 

Dont  an  l’eure  aparut  por  ce 
Que  il  antra  an  frenisie, 

Dont  il  n’isi  puis  an  sa  vie. 

Mont  fu  cilz  rois  desmesurez 
Et  an  touz  maus  asseürez; 

Glouz  fu,  yvrais,  luxurïeus, 

Lechierres,  lierres,  anvïeus, 

Mansongiers  et  de  mauvès  famé; 

Mès  il  ot  une  bonne  famé 
C’on  clamoit  la  royne  Batant. 

De  li  me  soufferrai  atant; 

.Iij.  filz  ot  de  courtois  afaire  : 


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23o 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Thierri,  Childeric  et  Clotaire. 

Tuit  furent  roy  aprez  lor  pere; 

La  royne  Batant  lor  mere 
Qui  mont  de  cuer  Dieu  honora, 

.lj.  abayes  estora, 

Ançois  qu’elle  partist  de  vie, 

L’une  Chielle,  l’autre  Corbie, 

Riches  sont  et  bien  aornées 
Et  de  rantes  bien  estorées. 

.Ij.  ans  estut  an  cel  malaige  (184  fl) 

Clovis  li  roys  an  [i] tel  raige, 

.Xv.  ans  ot  régné,  puis  fu  mors; 

A  Saint  Denis  fu  mis  ses  cors, 

Mès  ançois  que  il  moreüst, 

[Pria]  Dieux  que  avant  esleüst, 

Que  roys  de  France  fu  Clotaire 
Ses  filz  qui  po  i  sot  bien  faire, 

.Iiij.  ans  vesqui,  plus  ne  le  feu. 

Cilderic,  son  freres,  rois  feu; 

Ebroyns  fu  ses  conduisierres, 

De  tout  le  royaume  antroduisierres. 

Cilz  n’ot  [pas]  Sainte  Yglise  chier  : 

L’evesque  d’Ostun  saint  Legier 
Fist  il  anmedeus  les  yax  traire 
Et  assez  d’autres  tormans  faire. 

Uns  gentis  hon,  Mainfroi  ot  non, 

De  grant  san  et  de  grant  renon, 

Cui  Ebroyn  ot  fet  ineschief, 

Cilz  Mainfroiz  li  colpa  le  chief 
Et  fu  an  son  leu  mis  garans 
Qui  a  Childebert  fu  parans. 

Quant  rois  Childeric  fu  finez, 

Si  fu  rois  Thierriz  li  mainnez. 

Quant  li  rois  Thierris  vint  a  fin, 

Si  fu  esleüs  roi  Pépins  ; 

Antegresil  ot  non  son  pere, 

Et  dame  Bege  ot  non  sa  mere. 

Par  les  barons  esleüs  feu. 

Mont  fu  Pépins  bon  justiciers 
Et  de  cuer  courageus  et  fiers; 

De  tout  son  royaume  anmez  fu, 

Ne  nus  ses  contreres  ne  feu. 

Si  baron  li  donnèrent  famé, 

Petrus,  une  mont  haute  dame. 

De  celle  dame  .ij.  filz  orent, 

Grimoars  et  Dreves  non  orent. 

Cilz  Dreves  quens  de  Champaignc  fu 
Et  Grimoars  atandans  feu 
Au  royaume  que  son  pere  avoit,  (184  b) 
Siconme  tenir  le  devoit. 

Toutevoie  mist  mont  sa  cure 
Rois  Pépin  ou  fet  de  luxure, 

Au  vivant  et  au  tens  sa  famé. 


Fist  il  de  ce  mainte  difame 
Albande,  une  noble  pucelle, 

Fude  Pépin  ancinte  celle. 

Seur  fu  un  haut  baron  nonmé 
Qui  Dydoine[s]  estoit  clamé. 

De  celle  pucelle  .j.  fil  ot 

Qui  Challes  Martiax  puis  non  ot. 

De  cestui  anfant  te  lairay. 

Des  autres  .ij.  te  conteray  : 

Grimoars,  qui  fu  dous  et  saige, 

Aloit  an  un  pelerinaige 
A  Saint  Lambert  que  li  aidast, 

Et  que  s’onneuril  li  comtast; 

Un  traïstes  sergens  Raimbaut, 

Qui  ot  le  cuer  mauvès  et  baut, 

A  cui  Ions  tans  ot  contancié, 

Li  a  ou  cors  .j.  dart  lancié. 

L’autres  freres  po  se  maintint  ; 

Dreves  (fors)  .ij.  ans  se  terre  tint. 

Mors  fu,  autremant  ne  pot  estre, 

Ansinque  plot  a  Dieu  le  mestre. 

Pépins  an  fu  maz  et  angrès, 

Petit  de  temps  vesqui  aprez. 

Mors  fu  Pépins  a  grant  honnor, 

Et  ses  fils  Challes  tint  l’onnor, 

Qui  ses  filz  de  bast  ot  esté, 

Ansinque  com  ge  t’ai  conté. 

Rois  fu,  mès  grant  destorbe  y  ot. 

Car  fors  et  bons  amis  y  ot, 

Et  la  force  outre  pasa 

Li  fors  tout  le  fleuve  quassa  (?). 

Ansinc  fu  rois  Challe  Martiax 
Qui  fist  a  mains  prodommes  diaux, 

Fors,  fier  et  féal,  chiere  despite, 

Et  la  conciance  petite. 

En  raison  po  fere  a  nelui,  (184  c) 

Et  chascuns  se  plaignoit  de  lui. 

A  celui  temps  li  Vandre  vindrent, 

Sarradin  qui  fort  se  contindrent, 

Cil  [qui]  la  cité  de  Sanz  prindrent 
Et  a  Troyes  an  Champaigne  vindrent; 

Mont  grant  gent  antr’aus  habonderent, 
Vandeuvre  le  chastel  fondèrent. 

Challes  Martiaux  les  effasa, 

Et  de  son  pais  les  chaca. 

Un  fil  ot  qui  ot  non  Pépin, 

Qui  souffri  mainte  grant  hutin. 

Petiz  fu,  mès  mont  fu  hardiz, 

Saiges  an  faiz,  courtois  an  diz. 

Quant  Challes  fu  mors,  roi  le  firent 
Et  an  la  royauté  le  mirent. 

Quant  que  son  pere  avoit  tolu, 

Tout  refu  par  le  fil  solu  ; 


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NOTES  ET  VARIANTES 


23l 


Challes  ot  tolu  aus  yglises 
Et  deseritées  et  mal  misses. 

Pépins  nés  mist  pas  an  obli  : 

Trestout  randi  et  restabli; 

Tuit  li  baron  mont  l’onorerent 
Mont  haute  dame  li  donnèrent 
Qui  tuit  grant  terre  et  grant  demoine. 

De  celle  issi  roys  Challemaine 
Qui  Dieux  tant  de  grâce  montra 
Et  tantes  grans  guerres  outra 
Que  ancor  an  parle  l’an  souvant. 

Ge  ne  t’an  dirai  plus  avant; 

A  mun  prepos  veuil  revenir 
Por  coi  ge  t’ai  ci  fait  tenir 
Por  le  fait  Chilperic  savoir 
Qui  ot  po  san  et  grant  avoir. 

Pour  ce,  Thiebert,  t’ai  recité 
Trestoute  ceste  autorité, 

Pour  ce  que  ne  croies  qu’il  couvaigne 
Que  nulle  meschance  n’avaigne, 

Combien  qu’el  soit  a  avenir, 

Qu’an  peut  bien  tel  chemin  tenir 
Dont  l’issue  fine  an  péri. 

Remambre  toi  de  Chilperi 

Quelz  fin  il  et  si  anfant  tindrent  [184  d) 

Et  par  quel  fait  il  se  contindrent.  ' 

Tout  parle  consoil  de  sa  famé 
Ot  il  se  mal  et  se  difame, 

Par  trop  croire  et  an  li  fier 
Celle  qui  trop  deust  annuier. 

S’il  n’eust  Fre[de]gonde  crehue, 

N’eüst  ains  telz  mort  recehue. 


Sa  bonne  famé  estrangler  fist 
Et  l’autre  an  la  région  mist; 

S’il  eüst  bon  consoil  tracié 
Et  le  mauvès  arrier  chacié, 

N’eüst  pas  ce  dont  c'est  doulu, 

Mais  pour  ce  la  qu’il  l’a  voulu.  .  •  .1 

J  a  ce  avenu  n’il  fellst  !  ■ 

Se  il  voussist  et  il  seüst, 

Donques  estre  non  couvenoit, 

Mès  par  sa  folour  avenoit. 

Qui  esveille  le  chien  qui  dort, 

Non  couvicnt  pas  se  il  le  mort. 

Mordre  ne  couvenoit  venir 
S’il  desveillier  vossist  tenir. 

S’avenir  qui  est  couvenist, 

•  I.  hon  trestouz  coiz  se  tenist 
An  son  lit  trestouz  coiz  gisans 
Sanz  aprandre,  il  seroit  lisans, 

Sanz  aprandre  clergie  savroit 
Et  toute  autre  sciance  avroit, 

Deniers,  richeces  li  vandroit, 

J  a  pour  chacier  n’i  couvandroit 
Pourchaz,  poine,  ouvre  de  mains, 

J  a  ne  vaudroit  ne  plus  ne  mains. 

Pour  coi  ja  poine  an  maintanroit 
Quant  par  couvenir  il  vanroit. 

Qui  me  croit,  a  ce  se  ravra, 

Qni  bien  quiert,  et  bien  li  vaura, 

Et  qui  saigement  se  maintient 
Bon  chemin  et  bonne  fin  tient; 

Ne  cujdés  pas  que  ge  me  saigne.. . 


La  rédaction  A  place  ici  les  histoires  de  Brulé  de  Troyes  et' de  Hermant  un  peu 
allongées  dans  B,  où  elles  sont  représentées  par  les  v.  38752-38958  : 


—  Conpains,  ge  m’an  tien  apaiez,  [18 6  a) 
Et  dou  dire  grant  bien  aiez!  » 

Thiebert  a  congié  demandé  : 

Renars  l’a  a  Dieu  conmandé, 

Et  li  proie  que  tost  revaigne 
Et  que  longuemant  ne  remaigne. 

Des  paroles  li  aportoit 
C’on  dist  ou  pais  et  mantoit, 

Car  voulantiers  nouvelles  oit. 

C’est  une  rien  dont  cuers  s’esjoit. 

Cilz  li  dit  que  tost  revandra 
Et  des  nouvelles  aprandra. 

Atant  s’anva,  Renars  demeure; 
Atantezvous  an  icelle  eure, 

An  leur  paroles  defenir, 

Un  simple  preudonme  venir 


Qui  a  Renars  consoil  queroit 
D’un  sien  désir  que  il  feroit. 

Près  de  Renars  c’est  aprochié, 

De  son  vouloir  li  a  touchié  : 

«  Renars,  ge  suis  a  vous  venus 
Con  a  cel  qui  estes  tenus 
Des  homes  li  plus  avisiés, 

De  san  et  d’onneur  plus  prisiés, 

De  bon  consoil  donner  et  dire. 
Vostre  per  ne  saroit  l’an  lire, 

Li  renons  an  court  generaus. 

Et  par  les  mons,  et  par  les  vaus, 
Pour  le  renon,  por  le  savoir, 

Que  chascun  vous  tesmoigne  avoir. 
Telz  estes  vous  partout  tenus; 

Pour  ce  suis  ci  a  vous  venus. 


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232 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Ce  il  vous  plest,  si  m’an  orrez 
Et  vostre  plesir  m’an  sorrez. 

—  Amis,  dites  vostre  devis.  » 

Lors  c’est  li  hon  lez  lui  assis 
Si  li  conmance  a  retraire 

Le  mal  dont  il  ne  se  peut  taire  : 

«  Renart,  »  dit  il,  «  ge  me  consoil 
D’un  mal  dont  ge  formant  me  deuil 
Et  qui  n’a  nul  mestier  d'essoigne.  [i  86  b) 
Mes  vouloirs  est  que  ge  me  doigne 
A  une  jeune  dame  belle  ; 

N’ai  voulante  que  le  vous  celle  : 

G’i  ai  mun  cueret  mun  vouloir, 

Soit  a  joie,  soit  a  douloir. 

Bonne,  belle  est,  saige  tenue, 

Que  an  la  ville  n’an  la  rue 
N’a  de  meilleur  condicion 
Celonc  la  leur  antancion; 

Belle  maniéré  et  gente  tient 
Et  mont  humblemant  se  maintient, 

Bonne,  saige,  coie  et  doutant  ; 

Seur  li  n’a  a  dire  que  tant 
Folie  fist,  anma  par  amours  ; 

Ce  sont  toutes  mes  grans  doulours. 

Difamee  fu  conmunalmant, 

Or  c’est  repantie  bonnemant, 

Jure  et  promet  plus  non  fera; 

Bonne,  ferme  et  loial  ccra; 

A  vous  consoil  se  la  croirai, 

Ou  se  dou  tout  ge  m’an  fuirai; 

A  vostre  los  g’en  veil  ouvrer, 

Ou  dou  prandre,  ou  de  decevrer. 

—  Preudon,  garde  bien  que  tu  fais  1  ; 

Tu  viaux  an  charger  trop  grant  fais, 

Quant  de  famé  qui  cet  anmer 
Amprandre  viaux  toi  fere  anmer. 

Puisqu’a  anmé,  ne  t’anmera 

Ne  d’a[n]mer  bien  ne  te  fera. 

Preudon,  pance  bien  a  ceste  ouvre; 

Garde  telz  famé  ne  recouvre 
Qui  a  aprins  a  cul  brooier; 

A  vuiz  se  tanra  de  froier; 

Bien  te  saura  fere  la  musse, 

Car  tels  mestiers  an  tel  art  usse 
Ce  li  mesdiz  el  se  tera 
Ce  li  conmandes,  el  fera, 

De  choses  connûmes  a  dire  : 

Obéira,  gardera  t’ire; 

Mes  tourjours  Poil  au  broust  avra, 


Ja  nus  si  garder  nel  savra, 

Sicon  Barbue  la  Chievre  ot.  (  /  86  c) 

Uns  hons  prise  an  sa  vigne  Pot  ; 

Pour  ce  an  sa  prison  la  mist, 

Cel  cui  estoit  savoir  le  fist; 

Cil  vint,  et  sa  Chievre  demande. 

Et  li  autres  requist  l’amande 
Et  le  doumaiche  qu’elle  a  fait 
An  sa  vigne,  ains  que  il  l’ait. 

Dist  cil  :  «  An  ma  vigne  est  ehue 
Et  la  m’a  gastée  et  pahue  ; 

Doumaiche  y  ay,  c’est  voir  prové.  » 

Dist  l’autre  :  «  Ja  n’iere  trouvé 
C’onques  elle  y  seüst  la  voie, 

Ne  qu'amande  por  li  an  doie.  » 

Dist  l’autre  :  <*  Or  le  fason  bien.  » 

D’une  corde  ta  Chievre  tien 
Et  la  lie  tant  con  tu  pourras; 

Par  devant  ma  vigne  vanras. 

Se  ja  samblant  d’antrer  n’i  fait. 

Ge  te  clain  quite  dou  méfiait. 

Ce  elle  y  a  d’aler  désir, 

Dou  defTandre  te  doiz  taisir, 

S’esté  y  a,  bien  le  verras, 

Car  ja  si  tenir  n’a[n]  pourras 
Qu’el  ne  braie  ou  qu’el  n’i  regart 
Ou  qu’el  ne  tande  celle  part. 

S’onques  n’i  feu,  ja  n’i  tandra, 

Trestoute  quite  demourra.  » 

Cilz  cui  la  Chievre  fu,  l’otroie. 

Atant  se  metent  a  la  voie  ; 

Cilz  pansa  si  la  lïeroit 

Que  ja  ne  cuers  ne  cors  n’ieroit  ; 

Lors  l’a  cilz  si  antraveilliée 
Par  cornes,  par  musel  liée 
Qu'el  ne  pouoit  tourner  ne  braire, 
N’estarder  ne  nus  sanblant  faire  ; 

Se  Chievre  costé  lui  tenoit 
Et  pas  a  pas  il  la  menoit. 

Quant  elle  au  droit  la  vigne  vint, 

Cilz  bien  par  la  teste  la  tint 
Qu’anviz  estoit  elle  voiant. 

La  Chievre  pansa  :  «  C’est  noiant, 

Cilz  vilains  me  fera  faillir;  [186  d) 

Si  court  me  tient  ne  puis  saillir, 

Mès  ses  tenirs  ja  n’i  vaurra, 

Car,  par  le  cuer  bé,  il  faurra  !  » 

Lors  fort  a  reculer  se  prist, 

Ses  mestres  garde  ne  s’an  prist, 


i  Ce  vers  et  les  -b  suivants ,  Barbue  la  Chèvre,  ont  été  publics  presqu  intégralement  par  Tarbê , 
p .  ih-i.'CC 


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NOTES  ET  VARIANTES 


233 


Tant  recula  qu'est  eschapée, 

Onques  si  bien  ne  fu  doutée 
An  la  vigne  dedans  sailly; 

Ansinc  ot  ses  mestres  failli. 

Et  lors  dist  il  :  «  De  ceste  voie 
Certes  garde  ne  m’an  prenoie  ; 

Ge  ne  garroie  que  l’aler 
Et  elle  juie  au  reculer  1 
Plus  fox  est  que  berbiz  ne  lievre, 

Qui  de  brouster  viaut  tenir  chievre!  » 
Ansinc  te  di  ge  pour  lians, 

Tant  soies  saiges  ne  scians 
Ne  por  battre,  ne  por  blandir, 

Por  dire  voir,  ne  pour  mantir, 

Por  paitre,  vestir,  plenïer, 

Le  broust  nel  feras  oblïer. 

Ce  tu  la  viaux  tenir  d’aler, 

Elle  juïra  au  reculer; 

Avant  de  costil  s'an  [i]roit 
Voire  certes,  ains  voleroit 
Que  ne  se  boutoit  an  la  vigne, 

Con  fist  Barbue,  qui  que  la  tigne, 

Et  bien  pourras  estre  ou  conroi 
Ou  Fradegonde  mist  le  roy; 

Et  ancor  se  mis  n’i  estoies, 

Et  tu  de  li  amfans  seroies 

A  eus  sera  remantehus 

Li  faiz  de  famé  qui  aihu 

Est  et  cera  de  plusseurs  gens,  j) 

Cilz  renons  n  est  ne  biax  ne  gens. 

Avec  ce  tu  ceras  jalous, 

Onques  ne  chiens,  ne  chaz,  ne  lous, 

Plus  mauvès  morcel  ne  manja, 

Ne  pire  oste  ne  hesberja; 

Garde  bien  qu'elle  ne  te  taigne. 

Jadis  ot  un  roy  an  Bretaigne  1 
Qui  or  est  nonmée  Amgletere; 

Sires  estoit  de  mont  grant  terre 
Qui  marchisoit  d’Escoce  an  Gales, 

Riches  menoirs  ot  et  grans  sales, 

Sicon  ge  truis  an  vielle  estoire; 

Cilz  riches  rois  ot  nom  Odoire, 

Dou  roy  Artus  an  fié  tenoit 
La  terre  que  il  maintenoit. 

Viaux  fu,  et  po  dou  siegle  aprist, 

Car  une  jeune  dame  prist. 

Gentille  ot  non,  de  grant  gent  née, 

Saige,  courtoise  et  bien  cenée  ; 


Seur  toutes  a  cel  temps  bele  iere, 

Gente  de  cors,  simple  maniéré, 

Gracïeusse  et  plesans  estoit. 

Grant  antante  li  rois  metoit 
A  li  servir  de  grans  richeces 
Et  de  souveraines  nobleces 
Siconjme]  d’ornemans  honestes, 

De  court  tenir,  de  suir  festes, 

De  déduire  et  de  charroier, 

De  chacier  et  d’esbenoier. 

Et  de  baisier  et  d’ambracier, 

Le  vouloit  adès  soulacier. 

An  tout  li  fasoit  son  délit 
De  deduiz  de  cors  fors  dou  lit. 

Mesique  jouer  ne  savoil 
Que  le  puissance  n'an  avoit  ; 

Dont  il  demouroit  a  dongier. 

Lez  son  palais  ot  .j.  vergier 
Plain  d’aubres  et  plain  de  verdeur 
Qui  gitoit  mont  tresbonne  odeur. 

Sus  cel  vergier  de  l'autre  part 
A  droite  voie,  a  droit  esgart, 

Tout  droit  au  chief  de  cel  pourpris,  {187  b) 
Uns  nobles  hon  saiges,  de  pris, 

Avoit  ileques  son  manoir, 

Et  ileques  vost  remanoir, 

Jeunes,  fors  et  legiers,  et  saiges; 

Droit  an  cel  leu  fu  ses  estaiges, 

Plains  de  toute  jolive  vie; 

Tant  fist  Gentille  fu  s’amie  ; 

Tant  l’anma  la  royne  et  anma 
Que  tout  son  cuer  an  li  cerna. 

Bien  lor  priveté  fere  sorent 
Et  un  acort  antr’aus  deus  orent 
Que  a  leur  fenestres  seroient, 

Chascun  matin  s’antreverroient, 

Et  disoient  qu’après  cel  veïr 
Nulz  maus  ne  les  pouoit  suïr. 

Chascun  matin  montoient  aus  estres 
De  leur  plus  hautismes  fenestres, 

Et  d’ileques  s'antrevëoient 
Et  leursambloit  plus  mal  n'avoient. 

Avec  ce  .j.  rosignoz  estoit 
Qui  an  celui  vergier  chantoit. 

Pour  contenances  de  l’oïr 
S’aloient  aus  fenestres  ceïr, 

Disoient  Toisel  escoutoient; 

Mès  leurs  cuers  ansamble  metoient. 


1  Ce  vers  et  les  1 54  suivants  ont  été  publiés  par  Tarbé,  p.  i33-i38.  Ils  comprennent  Lai  de  Laus- 
tic,  dont  une  autre  rédaction ,  œuvre  de  Marie  de  France  a  été  publiée  par  Roquefort  (/,  3 14-42 j)  et 
par  Warnke  (/r”  ed.y  p.  146).  Pour  les  rapprochements ,  voy.  l  cd.  Warnke,  (p.  xcv-xcvi). 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


234 

Ansinc  de  l’oissel  se  couvrirent 
Et  par  ce  souvant  s’antrevirent, 

Iqui  avoient  leur  cuvregon 
Dou  rosignot  et  de  son  son  ; 

Tant  que  par  nature  couvint 
Que  li  viaux  rois  jalous  devint. 

Sanz  faire  samblant  n’ataïne, 

S’apersut  bien  que  la  royne 
Chascun  matin  aloit  cëoir,  (187  c ) 

Aus  fenestres  pour  hors  vëoir, 

Et  vit  ou  elle  regardoit 
Et  an  partie  a  coi  tandoit. 

Un  jour  li  dist  :  «  Dame,  qu’avez, 

Qui  chascun  jour  si  main  levez, 

Que  dormir  ne  pouez  au  lit? 

Quel  part  avez  vostre  délit  *? 

Pour  coi  vous  levez?  ge  demant.  » 

La  royne  mont  saigemant 

Dist:  «  Munseigneur,  ne  vousannuit; 

Ne  puis  pas  bien  dormir  de  nuit, 

Et  si  n’ai  ge  riens  dont  me  doille 
Fors  dou  rosignot  qui  m’esvoille  ; 

Le  rosignoz  lever  me  fait  ; 

Saichiez,  ni  a  autre  mefFait, 

Quel  meschief  pourroie  [je]  avoir  ? 

Ja  tout  solaz  et  tout  avoir, 

Tout  deduiz  aveques  moi  maint 
Et  s’ai  santé  qui  trestout  vaint.» 

La  grant  royne  de  Bretaigne, 

Ne  cuit  ja  telz  solaz  l’ataigne, 

Conbien  que  elle  eit  plus  d’avoir. 

«  Vous  m’amés,  et  ge  vous,  de  voir  ; 

Fere  le  doi,  et  vous  devez  ; 

Vo  vouloir  sai,  le  mien  savez  ; 

Touz  mes  désirs  m’asuvisiez 
Se  terre  perdre  an  deüssiez. 

Ge  ne  pourroie  miax  estre  asise 
An  Paradis,  an  nulle  guise. 

Soiez  aisse  et  asseür, 

Car  nous  sonmes  an  bon  ellr  ; 

Et  pancez  de  vous  solacier, 

Moi  acoler  et  ambracier 

Tant  con  li  poins  et  li  temps  dure; 

Quant  mort  cerons,  n’an  arons  cure.  »» 

Li  roys  [a]  la  royne  antant  ; 

Bien  oit  et  voit  ou  ses  cuers  tant, 

Mès  samblant  montrer  ne  l’an  vost. 
Cuvertemant  a  ses  diz  sost  : 

«  Dame,  puis  que  l’oisel  vous  nuit, 

Qui  ne  vous  lait  dormir  de  nuit, 

i  désir. 


Courrouz  ai  de  vostre  meschief;  [187  d) 
G’en  tandrai  a  venir  a  chief. 

De  l’oisel  ge  vous  vancheray; 

Ge  ferai  tant  que  ge  l’aray.  » 

Lors  a  touz  ses  sergens  conmande 
Que  chascuns  au  rosignot  tande 
Gluz  ou  filé,  ou  tel  souhait, 

Que  chascuns  a  son  pouoir  l’ait, 

Que  touz  les  mains  an  se  jardin 
Nus  peut  demener  tel  hustin. 

Tuit  et  chascuns  i  antandirent, 

Tant  i  soutivent  et  tandirent, 

Tant  s’i  sonttrestuit  antandus 
Qu’il  fu  prins  et  au  roy  randus. 

Distli  rois:  «  Dame,  or  avroiz 
Ce  que  par  coi  dormir  devroiz  ; 

Ge  l’ai,  jamès  ne  vous  cuira, 

Ne  a  dormir  ne  vous  nuira. 

—  Sire,  et  por  l’amor  de  moy, 

S'il  vous  plest,  vif  donnez  le  moy  ; 

De  cuer  bon  gré  vous  an  savrai 
Et  plus  anmer  vous  an  devray.  » 

Lors  li  rois  le  prant  et  le  tue, 

Et  tout  mort  devant  li  le  rue. 

La  royne  voit  la  despise  ; 

De  cuer  fort  a  plorer  c’est  prise 
Et  dist  :  «  Sire,  petit  m’anmez, 

Combien  qu’amie  me  clamez, 

Quant  se  petit  oissel  m’avez 
Refusé,  et  tué  l’avez  !  » 

Lors  la  royne  s’an  est  partie, 

Qui  fu  moins  que  devant  s’amie, 

Et  plus  le  chevalier  anma, 

Et  plus  son  cuer  an  lui  cerna. 

A  lui  palla  an  recelée; 

Dou  roy  son  seigneur  c’est  clamée, 

Car  or  voit  elle  fermemant 
Qu’il  la  despise  voiremant. 

Cilz  ne  l’a  pas  an  obli  mis; 

Partout  a  mandé  ses  amis, 

Guerre  li  fist  et  anvaïe 
Telle  ou  li  rois  perdi  la  vie. 

Miaux  li  vaussist  qu’il  eust  tehu.  (188  a) 
Qu’il  n’eüst  rien  dou  fait  sahu  ! 

Face  qui  anchiet  an  cest  quas 
D’une  oye  cline  et  d’autre  sas. 

Ne  pansoit  pas  que  par  mestrise 
Il  doie  aler  par  autre  guisse, 

Et  s’il  fait  que  mestrise  i  soit, 

Trop  ara  poine  et  po  esploit. 


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NOTES  ET  VARIANTES 


235 


Trop  est  cilz  fox  qui  se  marie  *. 

En  famé  de  jolive  vie, 

Ce  dou  tout  ne  se  viaut  soufrir 
Et  lui  a  toute  honte  offrir 
An  touz  periz  d’ame  et  de  cors, 

Dont  il  ne  sera  ja  jour  hors, 

Et  qui  leurs  cuers  bien  conneüst, 

J  a  an  telz  periz  ne  feüst. 

Mès  por  ce  nés  connoist  nus  mais, 

Quar  un  te  di,  autre  te  fais. 

Par  Biclaret  le  peuz  savoir 
Qui  tresbien  t’an  dira  le  voir. 

Biclarel  fu  uns  chevaliers 
Hardiz,  et  courageus,  et  fiers, 

Plains  de  noblece  et  de  vertu, 

De  la  meson  le  roy  Artu. 

Mès  de  ce  trop  a  blâmer  fist 
Qu’il  crut  se  que  sa  famé  dist; 

Acez  de  tieux  an  est  ancore. 

Amours  courut  Biclarel  sore; 

Son  cuer  an  une  dame  mist 
Et  si  formant  anmer  le  fist, 

An  li  si  formant  se  fia 
Que  a  li  panre  se  lia. 

Mont  c’est  an  home  folie  mise, 

Quant  il  pert  sa  bonne  franchise 
Et  se  lie  pour  sa  vie  user 
An  ce  qu’il  deüst  refuser. 

Biclarel  la  dame  espoussa, 

Et  quanqu’elle  dist  il  losa  ; 

Mont  l’anma  et  mont  la  prisoit 
Et  el  lui,  sicon  el  disoit. 

Biclarel,  sicon  Dieu  plaissi, 

Ot  une  taiche  qui  taissi 

Et  que  nulz  fors  lui  ne  sellst,  (188  b) 

Se  sa  folie  ne  fellst. 

Po  avient  que  hons  telz  taiche  dit  : 

Quar  chascun  mois  besteil  estoit; 

Deus  jours  trestoz  antiers  ou  trois 
Demouroit  beste  par  le  bois  ; 

Avec  autres  bestes  onjoit 
Et  char  de  beste  crue  manjoit. 

Et  conme  loups  grans  et  corsus 
Fort  cuir  et  de  mambres  ossus; 

Ne  pour  ce  ne  perdoit  son  san, 

Sa  mémoire  ne  son  asan. 

Ge  te  conte  tout  vérité, 

Et  certain  conme  autorité 


Ou  livre  dou  Grael  est  mis; 

La  l'orras,  se  tu  tout  le  lis. 

Trois  jours  se  fu  ou  bois  tenus 
Quant  a  l’ostel  fu  revenus. 

Quant  Biclarel  dou  bois  revint, 

Sa  famé  delez  lui  se  tint 
Qui  son  cuer  tout  donné  avoit 
A  un  chevalier  qu’elle  anmoit. 

Lors  l’a  par  faintise  aprochié, 

Et  par  faus  samblant  atouchié 
[Tresjhumble,  antre  plorer  et  rire. 
Piteussement  li  print  a  dire  : 
c  Sire,  quant  Dieux  qui  tout  créa 
L’asambler  de  nous  otrea 
Et  vost  qu’antre  nous  deus  fusiens, 

Uns  cors  et  .j.  cuer  ellssiens, 

Uns  sanc  et  une  voulanté, 

L’uns  fust  ansinc  an  l’autre  anté, 

Sanz  couvrir  et  sanz  decevrer, 

Ansinc  devons  andui  ouvrer. 

S’ansinque  n’est,  nous  meferrons, 

Et  ancontre  Dieu  mont  errons.  — 

Androit  de  moi  n’i  erre  mie, 

De  cuer  de  cors  suis  vostre  amie 
Sanz  couvrir  fet  ne  voulanté, 

N’onques  mes  cuers  ne  fu  tante 
De  vous  celer  rien  que  je  santé; 

Ne  cuidiez  pas  que  ge  vous  mante 

S’un  de  mes  pancers  vous  celoie,  (188  c) 

Ge  croi  qu’an  celle  hore  morroie. 

Dieux  ne  nous  vost  pas  assambler 
Pour  les  pancers  l’un  l’autre  anbler, 

Ne  por  estre  coiz  ne  cuvers, 

Mès  por  estre  a  l’un  l'autre  u(n)vers, 

Car  se  de  moi  vous  vous  couvrez, 

Au  darrier  le  pis  an  avrez. 

Quant  famé  et  mariz  sont  ansamble, 

Et  l’uns  le  chastel  a  l’autre  amble, 

Et  chascuns  fait  sa  bourse  coie, 

Il  ne  peuent  tenir  bonne  voie, 

Ne  bonne  fin  tenir  ne  peulent; 

Et  conme  dui  conpaignon  veulent 
Chascuns  fere  sa  tiranlire, 

Lonc  temps  ne  peuent  estre  sanz  ire. 
Conpaignie  tout  un  doit  estre, 

Ne  doit  couverture  ne  mestre, 

Car  quant  l’an  celle  ou  met  a  part, 

Bonne  conpaignie  se  départ, 


1.  Ce  vers  et  les  45g  suivants,  forment  la  Loi  de  Béclarel,  ont  été  publiés  par  Tarbé,  presque  inté¬ 
gralement,  p.  r38-i5i.  Voy.  une  autre  .version  sous  le  nom  de  Loi  de  Bisclavret  dans  les  poésies  de 
Marie  de  France,  p.  p.  Roquefort  (I,  178-201)  et  Warnke  (i*  éd.,  p.  75-85).  Pour  les  rapprochements , 
voy.  l'éd.  Warnke  ( p .  lxxiv-lxxxi). 


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236 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Ne  jusques  lors  ne  partira 
Que  li  uns  par  ouvrir  ira, 

Ou  par  desdain,  ou  par  malice. 

Conpaignie  se  part  par  tel  vice, 

Et  Dieux  meïmes  s’an  départ 
Si  tost  con  chascuns  met  a  part. 

Androit  de  moi,  ge  n’i  met  mie, 

Ge  n’ai  ne  sai  que  ne  vous  die, 

Mès  vous  savez  et  si  ouvrez, 

Par  coi  conpaignie  decevrez 
Que  vostre  cuer  me  celez  tout; 

Dieu  vous  an  herra,  ge  m’an  dout. 

Ge  conparrai  vostre  pechié 
Et  si  n'i  suis  point  antaichié. 

—  Pour  coi,  »  dist  Biclarel,  «  avez 
Se  mantehu  si  non  savez? 

Ce  j’ai  rien  méfiait,  si  le  dites. 

Tant  respondrai  que  g’iere  quites. 

—  Par  foi,  »  dit  elle,  «  et  dite  soit! 

Vous  avez  ne  sai  quel  reçoit. 

Et  a  celai  quelle  privée  voie 
Qu’il  n[e]  est  nus  qui  la  vous  voie 
Fors  que  isaus  que  vous  voulez  (/£<$  d) 
Et  cest  afaire  me  celez. 

Ne  sai  se  i  alez  pour  bien, 

Mès  androit  moi  pour  mal  le  tien, 

Et  désir  ai  que  le  vous  die. 

A  moi  qui  sui  si  vostre  amie 
Conmant  pouez  vous  ja  celer 
Vostre  venir  ne  vostre  aler? 

Autre  amie  querez  de  moi. 

Certes,  sire,  se  poise  moi 
G’en  ai  au  cuer  si  grant  annui, 

S’il  est  voir  c'onques  vous  connui. 

Car  bien  suis  de  vous  départie, 

Quant  contre  moi  fetes  partie 
Et  alez  vos  chemins  cuvers 
Qui  a  moi  dussent  estre  uvers. 

Certes  desor  ne  quier  plus  vivre, 

Quant  d’amour  ne  me  volez  sivre.  » 

Lors  se  print  la  dame  a  plorer, 

Et  sus  li  fort  la  mort  orer, 

Et  dist  :  «  Trop  suis  pute  eürée! 

Miaux  me  vausist  estre  acourée 
Qu’avoir  prins  mari  qui  me  het, 

Qui  [a]  nulle  achoison  n’i  set!  » 

Biclarel  fu  mont  esbaÿ, 

Quant  sa  famé  ansinques  oy  : 

«  Dame,  »  dist  il,  «  ne  panccz  mie 
Que  ge  oie  fors  vous  nulle  amie  ; 

Miaux  voudroie  estre  detranchiez 
Que  g’en  fusse  ja  antaichiez  ! 

Mès  j’ai  un  mien  secret  couvinc 


Que  nulz  ne  set  ne  ne  devine 
(Fors  a  Dieu  ge  ne  le  diroie), 

Que  jamès  jor  honneur  n’aroie 
N’an  nulle  court  n’iere  prisiez, 

Se  chascuns  an  iere  avisiez. 

Desplaisir  avoir  n’an  devez 
Ce  celle  chose  ne  savez, 

Car  contre  vous  an  rien  ne  peiche 
Ne  contre  autrui  que  ge  Ile]  saiche.  » 
Quant  ses  paroles  furent  dites 
Ne  fu  pas  a  la  dame  quites 
Qui  formant  a  plorer  se  prist,  {*8g  j) 

Conme  ses  moz  de  lui  aprist  : 

«  Sire,  »  dist  elle,  «  or  vaut  pis; 

Or  me  tenez  vous  trop  pour  vis, 

Por  sote  et  por  bourderesse, 

Pour  hayneusse  et  tanceresse, 

Mauvesse,  faillant,  plainne  d'ire, 

Quant  vos  secrez  ne  m’osez  dire. 

Or  nous  tenons  pour  decevrez; 

Lit  et  ostel  par  vous  avrez 
Et  par  vous  vous  gouverneroiz, 

Et  an  autrui  fiance  avroiz. 

Puis  que  ge  ne  sui  dou  savoir 
Digne,  autrui  vous  estet  avoir. 

Decehue  seur  toutes  fammes 
Suis,  et  a  honte  et  a  difames, 

Quant  j’ai  perdu  et  ame  et  cors  ; 

Or  me  demeure  trop  la  mors.  » 

Quant  Biclarel  vit  ceste  vie 
Et  voit  que  il  ne  durra  mie; 

«  Dame,  »  dist  il,  «  vous  le  sarez, 

Mès  par  tel  couvenant  Tarez 
Et  dou  cuer  le  m’afiërez 
Qu’a  personne  ne  le  direz. 

—  Sire,  »  dist  elle,  «  or  n'i  failliez  ; 

Se  jou  di,  le  col  me  tailliez. 

Conmant  pancez  que  gie  le  die? 

Vous  estes  mes  cuers  et  ma  vie, 
M’esperance  et  m’atandue; 

La  foi  de  Dieu  [av]roic  perdue 
Et  d’anfer  portière  ceroie, 

Se  vostre  secré  reveloie; 

An  vostre  secré  gist  m’anneur 
Ce  se  vent  tuit,  grant  et  meneur; 

Vostre  cecrez,  c’est  ma  chevance. 

C’est  ce  qui  m’onneure  et  avance  ; 

Vostre  secrez  an  vie  me  tient; 

C’est  ce  qui  toute  me  soutient; 

Monlt  [ge]  cherroie  an  mal  degré, 

Ce  reveloie  vostre  secré  ; 

Mont  [ge]  seroie  or  famé  a  droit, 

Mès  ge  non  suis  pas  ci  androit; 


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NOTES  Et  VARIANTES 


2$7 


An  cest  cas  famé  ne  suis  mie.  (/S9  b\ 

Miaux  ameroie  perdre  la  vie 
Que  vos  secrez  vous  descouvrisse 
Ne  que  ja  vostre  honte  ouvrisse. 

Ancor  n’avez  gaires  vehu 
Que  mes  vesines  oient  sahu 
Ne  vostre  courroux,  ne  vostre  ire, 

Pour  ce  que  ne  lor  ai  que  dire; 

Et  certes  mont  a  loër  fais 
De  ce  c’onques  ne  fu  me  tais 
Car  maintes  aferment  et  jurent 
Les  choses  que  onques  ne  seurent; 

Ge  ne  suis  pas  de  tel  nature, 

Car  de  controuver  ge  n'ai  cure. 

Mal  avez  vostre  vie  usée, 

Quant  chose  a  tere  m’est  celée.  » 

Lors  Biclarel  li  a  ouvert 
Ce  qu’il  avoit  adès  couvert  : 

«  Dame,  »  dit  il,  «  j’ai  tel  eür 
Sanz  mal  avoir  et  sanz  peeur, 

Carchascun  mois  beste  devien  ; 

Ou  bois  an  la  forest  me  tien, 

An  un  secret  me  vois  tapir 
Et  toute  robe  desvestir. 

Et  lors  sui  ge  deus  jors  ou  trois 
Beste  sauvaige  par  le  bois; 

Et  tant  con  g’i  suis,  ge  manjue 
Conme  autre  beste  [la]  char  crue; 

Con  j’ai  la  esté,  ge  me  velz 
Et  d’icelui  cecret  leu  elz. 

Mèz  qui  ma  robe  m’osteroit, 

Trop  grant  durté  il  me  feroit, 

Car  a  tourjours  beste  ceroic 
Jusqu’atant  que  ge  la  ravroic 
Ou  jusque  ge  devroie  morir 
Que  nulz  ne  m’an  pourroit  garir. 

Et  pour  ce  me  met  ge  an  repost 
Que  nulzhon  ma  robe  ne  m’ost. 

Or  vous  ai  ge  dit  mun  secré; 

Or  le  veilliez  si  panre  an  gré 
Que  nulz  ne  connoisse  ma  taiche 
Ne  mun  couvine  ja  ne  saiche.  » 

Quant  la  dame  le  escouta,  (  rSg  c) 

Moins  l’an  cremut  et  moins  douta, 

Et  pansa  :  «  Or  ai  ge  asuvi 
Ce  que  ge  ai  Ions  tans  suÿ  !  o 
Et  dist  :  «  Ge  me  tien  apaiée; 

[Mes]  amiz  soiez,  ge  vostre  amie. 

Gecroi  tout  se  que  vous  me  dites, 

De  touz  maus  voloirs  soiez  quites. 

Tant  ai  le  cuer  dous,  debonnere 

i  de. 


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Que  ge  ne  sai  fors  que  paiz  fere.  » 

Atant  se  taist,  et  plus  n’a  dist. 

An  son  cuer  se  qu’elle  oï  mist. 

Li  tans  vint  que  aler  s’an  dut, 

Biclarel  au  bois  se  resmut. 

Sa  famé  mont  po  antanti. 

Mès  conme  [d’Jaler  l’an  santi, 

Tout  bellemant  l’a  pourcehu 
Jusque[s]  ou  secret  l’a  vehu. 

Bien  vit  ou  il  sa  robe  a  misse. 

Bien  vit  sa  maniéré  et  sa  guisse. 

Sa  robe  prant  et  si  l’an  porte, 

Mont  se  déduit,  mont  se  déporté. 

Dist  :  «  De  mari  suis  desevrée 
Pour  estre  a  mun  ami  livrée!  » 

Lors  a  son  ami  fist  savoir 
Que  orpouoit  sa  joie  avoir 
Et  que  ses  mariz  mors  estoit, 

Et  que  mès  lui  rien  ne  1  doutoit. 

Li  chevaliers  cui  fu  amie 
Sus  se  que  oï  ne  tarda  mie; 

S’amie  que  il  tant  losa 
De  son  bon  gré  il  l'espousa 
Et  longuemant  il  la  maintint. 

Biclarel  a  sa  robe  vint  ; 

Quant  n’a  treuvé,  c’est  esmeUs, 

Desor  voit  qu’il  est  deccüs 
Par  sa  famé  qui  l’a  traï. 

Et  lors  ou  bois  se  retraï 
Et  conme  beste  se  maintint 
Au  miaux  que  il  pot  se  contint. 

De  lui  vous  lesserai  ester, 

Sa  avant  m’an  orroiz  conter. 

Dou  roi  Artus  te  veil  retrairc,  (/<?9  d ) 
Qu’a  touz  bons  jors  siaut  feste  faire, 
Panthecoste,  Toz  Sains,  Noé, 

Dont  il  estoit  par  tout  loé  ; 

Touz  les  barons  y  assambloit, 

Dont  an  son  cuer  il  se  mambroit  ; 

Dames,  escuier  y  venoient, 

Et  tuit  cil,  qui  de  lui  tenoient; 

Ansinques  s’ordonnance  fu. 

A  une  Panthecouste  feu 
Que  li  rois  vost  aler  chacier 
Por  sa  grant  feste  solacier. 

Devant  cel  jor,  .iij.  jors  ou  quatre, 

Tant  pour  chacier  con  pour  esbatre, 

Et  pour  panre  la  venison 
Por  fere  sa  grant  garnison, 

De  chacier  formant  se  pena, 

Et  des  chiens  assez  i  mena. 


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238 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Ou  bois  se  fièrent  sanz  arest  ; 

Biclarel  fu  an  la  forest 
Conme  beste  orible  et  sauvage. 

Li  chien  qui  furent  ou  boquaige 
Qui  mont  menèrent  grant  tampeste 
Ont  acuillie  celle  beste, 

Mont  la  suient  a  grant  effors. 

Biclarel  qui  fu  fiers  et  fors 
Les  chiens  de  néant  n’atandi, 

Mès  a  bien  fuir  s’antandi  ; 

De  son  san  n’estoit  desnuez, 

Combien  qu’an  beste  fust  muez. 

Vers  le  roi  est  venus  fuiant, 

Et  li  chien  après  lui  suiant. 

Droit  a  Pestrier  Artus  an  vint, 

Et  ilequestouz  coiz  se  tint. 

Chiere  li  fist  d’umilité. 

Au  roi  an  print  mont  grant  pité, 

Quant  il  vit  la  beste  aparant 
Qui  a  lui  venoit  a  garant  ; 

Etdist  :  «  Beste,  a  garant  me  tiens, 

Et  ge  te  garderai  des  chiens  1  » 

Lors  les  chiens  de  lui  dévia, 

Et  adès  cilz  s’umilia. 

Au  roi  Artus  pitié  an  print  ;  (190  a) 

Ses  chevaliers  apeler  print. 

La  beste  a  genouillons  estoit, 

Qu’an  umilité  se  metoit. 

Chascuns  mont  s’an  mereveilla, 

Plussors  foiz  chascuns  se  seigna, 

Et  dirent  tuit  an  audiance 
Que  se  est  grant  senefiance  : 

«  Ceste  beste  a  raison  an  li  ; 

Rois,  or  aiez  pitié  de  li. 

Ne  souffrez  qu’elle  soit  occisse 

Par  veneeurs  ne  par  chiens  mal  mise  !  » 

Et  li  rois  leur  a  otroié. 

Atant  li  rois  c’est  avoié  ; 

An  sa  cité  arriéré  vint. 

La  beste  adès  lez  lui  se  tint  ; 

Delez  son  estrier  se  metoit; 

Umilians  adès  estoit 

An  toz  chemins,  an  toz  santiers. 

Li  rois  la  vëoit  voulantiers, 

Et  point  il  ne  la  despisoit  ; 

A  Puis  de  sa  chambre  gisoit. 

Li  jors  vint,  li  chevalier  vindrent 
Qui  mont  noblemant  se  contindrent; 
Dames  y  ot  et  chevaliers 
Plus  de  deus  cenz  et  deus  milliers. 

La  famé  Biclarel  i  feu 
Qui  de  nouvel  marié  feu, 

Qui  fu  [et]  noble  et  honorée 


De  sandez,  de  pailles  dorée  ; 

Mont  noblemant  se  contenoit 
An  grant  estât  qu’elle  menoit. 

Mont  y  ot  gent  de  toutes  guises, 

Es  sales  furent  tables  mises. 

Chascuns  chevaliers  se  sëoit, 

Et  sa  famé  lez  lui  avoit. 

La  beste  adès  le  roi  suï 
Et  mont  formant  le  conjoï. 

Lors  la  beste  antra  ou  palais, 

A  col  tandu,  a  grant  estais; 

Sa  famé  a  la  table  v[e]oit, 

Qui  antre  plussors  se  cëoit. 

Bien  ascesmée  et  bien  assise.  (190  b\ 

Par  les  treces  Pa  aus  dans  prisse, 

Grant  col  li  fiert  an  mi  la  face, 

Par  po  le  vis  ne  li  efTace; 

A  la  terre  Pa  estandue, 

Ja  li  eust  mérité  randue, 

Quant  li  chevalier  li  coururent 
Qui  tuit  mereveillié  an  furent  ; 

Ja  li  ussent  fait  grant  desroy, 

Ce  ne  fust  por  l’amour  dou  roy. 

Quant  li  roys  se  fait  a  sahu, 

Grant  mereveille  an  a  ehu, 

Et  dist  :  «  Sanz  causse  n'est  ce  mie 
Que  la  beste  Pa  anvaye. 

Or  lessons  vëoirque  cera 
Et  que  la  beste  ancor  fera, 

Qui  vers  touz  se  porte  humblamant 
Fors  vers  celi  tant  seullemant  !  » 

Cel  soir  tuit  au  souper  revindrent, 

Aus  tables  et  aus  dois  se  tindrent; 

Mès  celle  dame  pas  n'i  feu 
Pour  ce  que  trop  pooureuse  feu, 

Car  de  la  beste  bien  savoit 
Qui  elle  iere  et  quel  cuer  avoit. 

Forfaite  anvers  li  se  santi  ; 

Pour  ce  au  venir  ne  s’asanti. 

Li  rois  conmande  que  la  beste 
Alast  autour  par  mi  la  feste 
Pour  savoir  s’a  nul  greveroit, 

Ne  s’a  nelui  annui  feroit. 

Ansinc  fu  con  li  rois  le  dist; 

La  beste  nul  samblant  ne  fist  : 

Touz  les  ancline  et  humelie, 

Car  fors  a  touz  bien  ne  vost  mie. 

Mès  quant  sa  famé  n’a  trouvé 
Qui  d’onnor  Pa  tout  decevré, 

Si  conmance  grant  deul  a  faire; 

Lors  hors  dou  palais  se  va  traire 
Et  si  avale  les  degrez  ; 

En  la  ville  s’an  est  antrez. 


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NOTES  ET  VARIANTES 


La  dame  qui  blecie  estoit, 

Savoit  mont  bien  de  coi  c’estoit, 

Pour  ce  a  congié  rouvé  et  quis,  (igo  c) 
Pour  pëeur  qu’elle  n’eüst  pis. 

La  beste  avale  le  degré 
Qui  n’a  mie  ancor  fet  son  gré. 

Tant  quist  qu’il  a  celle  trouvé 
Qui  sus  un  cheval  fu  montée, 

Pour  ce  que  aler  s’an  vouloit. 

Si  tost  con  la  beste  la  voit. 

Au  piz  li  lance,  aus  dans  la  serre, 

Dou  cheval  l’abat  jus  a  terre, 

[Et]  sus  li  lance  a  grant  alée. 

Ja  l’elist  morte  et  devourée, 

Quant  la  gent  li  ont  rescuye, 

Et  elle  qui  cria  :  «  Haye  !  » 

La  beste  arrier[e]  s’an  repaire, 

Qui  conmance  grant  deul  a  faire, 

Et  crie,  et  brait  a  grant  eslais, 

Sique  il  n’ot  nul  ou  palais 
Qui  ne  s’an  soit  mereveilliez. 

Meime  li  rois  s'an  est  seigniez 
Et  jure  que  il  viaut  savoir 
De  celle  avanture  le  voir. 

Tantost  la  dame  prandre  fist 
Et  an  tresmaus  lians  la  mist, 

Et  jure  qu'il  la  destruira, 

Ou  ele  vérité  dira. 

Quant  celle  le  roy  antandi, 

Sauve  sa  vie  se  randi, 

Toute  la  vérité  jay, 

Et  conmant  son  seigneur  tray 
Par  sa  mansonge  et  par  sa  lobe; 

Et  ancor  li  garde  sa  robe. 

Trestuit  mont  de  se  s’esbaïrent 
Quant  il  ses  paroles  oïrent. 

Biclarel  ont  la  amené 
Qui  par  sa  famé  est  si  pené. 

Li  rois  fist  que  la  robe  vint; 

Dedans  se  boute  et  hon  devint. 

Lors  a  tout  son  meschief  conté, 

Conmant  sa  famé  l’a  donté  ; 

Si  requiert  qu’elle  soit  occisse, 

Et  lors  fu  elle  antre  murs  mise 

Dont  onquespuis  el  n’issi  hors.  (  /  £? o  d) 

Ceste  avanture  avint  [a]lors. 

Dont  voiz  tu  que  folemant  ouvre 


239 

Qui  a  sa  famé  se  descouvre 
Dou  secré  qui  fait  a  celer, 

S’a  touz  ne  le  viaut  reveller, 

Biaux  amis,  et  sus  se  t'avisse; 

Ce  tu  iés  bien  qui  te  souffisse, 

Tu  iés  bien  et  privéemant, 

N’as  qui  ton  secré  te  demant. 

Ne  desirre  famé  a  avoir 
Dont  perdes  honneur  et  avoir, 

Miaux  te  vaut  estre  an  moien  point, 

Et  tu  ne  soies  an  péril  point, 

An  longue  vie  et  asseür 
Qu’an  plus  grant  estât,  an  pëeur, 

Ne  peut  hon  estre  an  bon  eür, 

Conbien  qu’il  ait,  s'il  n’est  ceür. 

Miaux  vaut  dou  pain  et  do  potaige 
Panre  aseür  an  son  estaige, 

Couchier,  lèvera  son  vouloir 
Qu'estre  an  sales,  et  lui  doloir, 

Ou  tresgrans  devices  mangier 
Dont  l’an  peut  venir  a  dongier, 

Car  qui  se  moine  bellemant, 

Moine  sa  vie  longuemant. 

Ne  pance  ja  a  avoir  famé, 

Dont  tu  puisses  avoir  difame. 

Cilz  qui  tant  plus  aise  a  gésir 
Que  seus  a  Dieu  doit  desplesir, 

Car  si  li  saiges  honme  mant, 

Meilleur  pain  quiert  que  de  fronmant. 
Quier  repos,  seürté  et  aisse  *; 

Toute  autre  richece  se  taissel 
De  se  example  te  conterai, 

Et  puis  atant  ge  m’entairoi, 

De  deus  suriz  qui  s'antramoient; 

Conmeres  l’une  l’autre  estoient. 

L'une  an  un  bois  ot  sa  maison, 

La  manoit  an  toute  saison, 

La  sa  garnison  allnoit, 

Par  sa  poine  a  vie  se  menoit. 

De  bief  et  de  noiz  garnie  yere,  (igi  a) 
Bien  fu  garnie  sa  clotiere  ; 

Po  vouloit  autre  gent  ongier, 

Rondemant  vivoit  sanz  dongier, 

Paour  n’avoit  c'en  l’oceïst 
Ne  que  hon  sus  li  nul  mal  meist  ; 

Trop  grant  société  ne  quist, 

Tout  rondemant  sa  vie  aquist; 


1  Ce  vers  et  les  14g  suivants  ont  été  publiés  par  Robert  ( 1 ,  48-53)  et  par  Tarbé  [p.  tïi-i53).  C  est 
la  fable  du  Rat  de  ville  et  du  Rat  des  champs,  dont  on  a  deux  autres  rédactions  française ,  lune  dans 
un  Isopet  ( Robert ,  /,  53-56),  Vautre  dans  Marie  de  France  ( Roquefort ,  //,  go-g4  et  Warnke ,  p.  33- 
3 7).  Pour  les  rapprochements ,  voy.  Robert  (/,  48 ),  Hervieux  (Les  Fabulistes  latins,  //,  y  y  2)  et  dans  la 
collection  des  Grands  Écrivains,  les  Œuvres  de  Jean  de  La  Fontaine  ( 1 ,  85). 


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ftENART  LE  CONTREFAIT 


440 

Nuit  et  jour  sanz  paour  estoit  ; 

Celonc  sonpourchaz  despandoit, 

Dormoit,  reposoit  an  ceür. 

Adès  estoit  an  cest  eür, 

Nulle  foiz  n'iert  ses  huis  hurtez 
Por  li  faire  nulles  durtez. 

L’autre  suriz  an  la  ville  yere, 

Qui  trop  par  fu  et  noble  et  ficre  ; 

El  demouroit  chiez  .j.  bourgeois, 

Chiès  cui  elle  avoit  a  son  chois 
Trestoutes  garnisons  mondaines. 

Sanz  ja  andurer  nulles  poines 
Autres  ne  que  tu  m’orras  dire 
(Bien  te  conterai  tire  a  tire), 

Pains,  vins,  chars,  fromages,  pesons, 

Et  trestoutes  autres  paisons, 

Des  quelz  qu’elle  vouloit  user, 

On  pouoit  panre  sanz  muser. 

Un  jour  pot  a  li  mont  cëoir 
Qu’alast  (a)  sa  conmere  venir; 

Longuemant  fu  qu'el  n’ot  vehue. 

Lors  c*est  a  la  voie  esmehuc. 

Chiès  sa  conmere  s’an  ala 
Et  dès  Puis  devant  l’apella, 

Celle  issi  hors,  si  la  salue  : 

«  Conmere,  bien  soiez  venue! 

Venez  vëoir  nostre  maison, 

S’avroiz  de  nostre  garnison, 

Telle  con  Dieux  la  m*a  donnée.  »» 

Lors  a  sa  conmere  menée, 

De  ce  qu’elle  ot,  devant  li  mist  ; 

Mès  ains  chiere  celle  n’an  fist, 

Mès  tout  quanqu’elle  voit  despisc, 

Que  n’ot  pas  telz  viande  aprisse, 

Qu'elle  li  fu  povre  et  anmcrc.  (nji  b) 

Lors  dist  la  riche  a  sa  conmere  : 

«  Certes,  mont  povre  vie  menez, 

Conmant  an  vie  vous  tenez? 

Certes  .viij.  jours  ne  vivroic  mie, 

Se  ge  estoie  a  vostre  vie  ; 

Telz  vie  doit  estre  la  maudite, 

Quanque  ci  avez  je  clain  quitc; 

Ansinc  vous  si  ferez  savoir. 

Ge  vous  donrai  cent  temps  d’avoir 
Qui  vostres  touz  quites  cera 
Et  qui  riens  ne  vous  coustera. 

Bien  vous  doit  telz  presanz  cëoir; 
Conmere,  venez  moi  vëoir, 

Ge  vous  mettrai  aisse  sanz  poine.  » 

Celle  la  crut,  atant  l’an  moine 
De  ses  honneurs  se  va  vantant, 

Et  l’autre  se  va  guermantant, 

Et  tant  leurs  paroles  maintindrent 


Qu’anmedeus  chiès  le  borgois  vindrent. 

Et  maintenant  et  sanz  tardier 
Celle  la  mena  ou  lardier  : 

«  Voiz  ci  bacons,  voiz  ci  savn, 

Voiz  ci  fronmaiges  de  gavn, 

Voiz  ci  char  fresche  et  ci  andouilles  1 
Manjue  tant  que  tu  te  doilles, 

Ja  n'i  parra,et  mil  fussiens, 

Et  feïssiens  pis  que  peussiens!  » 

Dou  lardier  ou  grenier  la  moine  : 

«  Voiz  ci  fronmant,  voiz  ci  avoine, 

Et  voiz  ci  pois,  et  voiz  ci  noiz. 

Dame  an  suis  de  jors  et  de  noiz 
Tant  a  grans  garnisons  céans, 

Ne  le  querroit  nus  hon  voians.  » 

Dist  la  povre  :  «  Ge  non  savoie, 

Or  suis  venue  a  bonne  voie, 

Car  se  piesa  ge  le  seüsse, 

Mon  povre  ostel  lessic  eüsse. 

La  riche  la  va  a  destrant, 

De  chambre  an  chambre  va  antrant. 

Ansinc  con  par  leans  aloient 
Et  les  richeces  regardoient, 

Dont  la  povre  s'esjoVssoit,  (1  yi  c 

De  [telz]  planté  s'esbaïssoit, 

Lors  ont  vehu  frere  Thiebert, 

Qui  fu  grant  et  fort,  et  apert, 

Qui  sus  un  grenier  planchëoit, 

Et  bien  tout  autour  li  vëoit. 

Conme  la  povre  l’a  vehu, 

Hide  et  paour  an  a  ehu  ; 

Si  [li]  dist  :  «  Conmere,  et  qui  iert 
Cilz  grans  mestres  la,  et  que  quiert? 

—  C'est,  »  dist  celle,  «  noz  gardians 
Qui  est  custodes  de  céans; 

Tost  nous  feroit  noz  fins  venir. 

Sans  pâtes  nous  pouoit  tenir  ; 

C’est  cil  qui  jusque  a  mort  [nous]  fiert, 
Nulle  autre  rien  fors  nous  ne  quiert.  » 

Lors  plus  de  paroles  ne  distrent, 

Mès  andeus  an  fuir  se  mistrent; 

L’une  l’autre  n’i  regarda, 

Mais  qui  miaux  pot,  si  se  garda; 

La  povre  fu  an  tel  destroit, 

Por  paour  se  mist  si  estroit 
A  po  que  la  mort  n’an  a  pris; 

N’ot  pas  tel  pourvëeur  apris, 

Li  cuers  li  bat,  et  cors,  et  voines, 

Mont  a  iqui  soufTertes  poines; 

Tout  le  jour  fu  an  tel  martire, 

N'osa  muer,  plaindre  ne  dire, 

Jusque  l’autre  l’a  apelée 
Qui  sot  bien  de  Thiebert  Talée 


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NOTES  ET  VARIANTES 


24I 


Et  miaux  le  couvine  savoit  ; 

Car  plus  de  foiz  vehu  l'avoit 
Par  coi  si  grief  ne  Tan  fu  mie. 

Si  la  huicha  :  «  Conmere,  amie, 

Issiez  hors  et  ne  vous  douiez  ! 

F  reres  Thiehers  s'an  est  alez 
Espoir  urnes  ne  revandra; 

N’aiez  paour,  ne  vous  tandra!  » 

Lors  c’est  la  povre  esvenuïe, 

Quant  elle  a  saconmere  oÿe. 

Et  dist  :  «  Conmere,  arrier  m’an  vois 

An  ma  povre  maison  ou  bois.  (1  g  1  J) 

Ge  ain  miaux  simple  povreté 

Et  demourer  an  ceürté 

Que  richece  et  honneur  tenir, 

Dont  péril  et  mort  peut  venir. 

J’ain  mun  povre  et  seür  osté, 

A  vëoir  cler  il  n’y  a  té, 

N’ai  que  fere  por  mélodie 
Acourcir  m’onnor  ne  ma  vie  ; 

Ge  vivrai  tantcon  ge  pourrai, 

Ancortrop  tost  ge  me  morrai, 

Ne  nulz  avoir  sanz  ceürté 
Ne  peut  venir  a  mellrté, 

Pour  ce,  conmere,  ge  m’an  vois 
An  ma  povre  maison  ou  buis. 

Amis,  pance  a  la  suriz 
Qui  fui  donmaiche  et  periz, 

Anneur  perilleusse  haï, 

Povreté  seüre  joï, 

Pour  ce  lo  que  tu  n'aconpaigncs 
Conpaignie  dont  por  fox  te  taignes; 

Ja  par  autrui  tant  mal  n’aras 
Con  celui  que  tu  te  feras. 

Nus  ne  se  peut  tant  goulouser 
Con  par  male  famé  espouser  : 

De  celle  famé  ne  pran  point. 

Amis,  va  a  Dieu  qui  te  moint.  » 

Cilz  s’an  va,  Renars  remaint  seus. 

En  l’an  mil  trois  cens  vint  et  deus, 

Fu  Renars  seus  an  sa  maison 
Jusques  an  la  douce  saison, 

Que  estelz  chace  [l’Jyver  fors. 

Lors  de  son  chastel  issi  hors, 

Dist  qu’il  s’iroit  esbenoier, 

Quérir  son  vivre  et  donoier. 

Lors  c’est  Renart  acheminé, 

Jusques  a  prime  n’a  fine. 


En  pluseurs  pancées  estoit, 

L’une  iert  an  paiz,  l’autre  doutoit, 

L’une  couart,  l’autre  hardie, 

L’une  taire,  et  l’autre  qu’il  die, 

Mont  ot  de  cogitacions  (igza) 

Et  diverces  antancions, 

Pour  ce  qu’il  estoit  solitaire. 

Adont  ne  se  vost  [il|  plus  taire; 

Qui  seus  maint,  an  periz  demeure. 

Seus  ne  doit  hon  estre  nulle  heure, 

C’il  veut  joïr  de  son  savoir, 

Puis  qu’il  puist  conpaignie  avoir, 

Car  trop  est  uns  seulz  hon  tantez 
Et  de  pancées  tormantez, 

Et  peut  chëoir  an  mains  pechiez 
Dont  a*  fin  se  treuve  taichiez. 

Sicon  Renart  a  lui  palloit  1 
Et  d’estre  seus  il  se  doloit, 

Si  vit  Yssangrin,  son  conpere: 

N’onques  jor,  foi  qu’il  doit  son  pere, 

Ne  pot  il  tant  beste  haïr. 

Issangrin  vcnoit  par  air. 

Si  a  Renart  mis  a  raison  : 

«  Renart,  ains  an  nulle  saison, 
lîn  bon  morciau  ne  me  donnastes, 

Ne  dou  donner  ne  vous  penastes, 

Et  ge  adcs  vous  en  ai  donné; 

An  maint  bon  leu  vous  ay  mené 
Que  vous  avez  par  moi  sahus, 

Dont  plusor  bien  vous  sont  venus. 

Ancor  an  un  leu  vous  manrai 
Et  telz  proie  presant  vous  panrai. 

Dont  vous  aroiz  tresbonne  part. 

Antandez,  comperes  Renart, 

Onques  si  bon  morciau  n’ellstes, 

Ne  nul  leu  vous  ne  le  seiistes. 

Ge  vous  an  ferai  hui  le  don. 

—  Conperes,  or  me  dites  don. 

D’aler  ne  veil  pas  estre  quites, 

Mes  ou  est  ce  que  vous  me  dites? 

Dou  bien,  quant  ge  par  vous  l’arrai, 

Mont  grant  merciz  vous  an  dirai; 

Mès  de  se  dont  ge  rien  n’aroie, 

Mercier  ne  vous  an  saroie. 

—  Renart,  tu  yés  de  fier  couraige,  (ig2  b) 
Ou  trop  iés  fox,  ou  trop  es  saige  : 

Tu  ne  croiz  rien  c’on  t'oit  promis. 

Jusqu'il  te  soit  an  la  main  mis. 


1  Ce  vers  et  les  102  suivants  se  rapportent  à  une  fable  qui  a  etc  publiée  par  Robert  (II,  365-3~i)  à 
propos  de  celle  de  La  Fontaine ,  le  Renart,  le  Loup  et  le  Cheval,  et  par  Tarbé  (p.  22g-J  60).  Il  en  existe 
dans  le  R.  de  R.  II,  248220)  une  forme  beaucoup  plus  voisine  du  thème  primitif  [cf  Sudre .  loc.  cit-, 

P •  338). 

Tome  II.  16 


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242 


RENART  LE  CONTREFAIT 


—  Car  ge  veil,  «  dit  Renaî  t,  «  coopéré 
Avant  le  gré  savoir  dons  pore, 

Car  promesse  sanz  ti porter, 

(-‘est  pour  amfans  reconforter; 

F.n  trop  de  leus  iert  mes  cuers  mis 
S'an  touz  promcteurs  cstoit  mis, 

Pour  ce,  por  promesse  que  j’oie, 

Se  dons  ne  vient,  ja  m'an  esjoie. 

—  Sire,  et  vous  aroiz  cest  couvant  ; 

Or  me  suiez  g’irai  devant. 

Dame  Fauve  a  un  poulain; 

Tanres,  jeunes  est,  pour  ce  Tain  ; 

N’a  pas  Ions  temp  qifel  poulena, 

Nul  respit  de  se  elle  n'a 
Que  jusques  cresticnncz  soit. 

Puis  a  mun  vouloir  qu’il  an  soit. 

Et  mes  vouloirs  si  est  mangier; 

Autremant  non  quier  cstrangicr. 

De  ce  ne  soies  ja  doutant, 

File  est  ci  près  ;  elle  m'atant 
En  ceste  prarie  ou  cl  paist.  » 

Renars  l’escoute,  et  si  se  tait, 

Pance  qu’ancor  ne  l’a  il  mie, 

Quelque  chose  que  il  li  die. 

Tant  ont  andui  chemin  tenu 
Qu’il  sont  an  la  pracrie  venu, 

[Par]  la  ou  dame  Fauve  estoit 
Et  son  poulain  qui  lasuioit, 

Qui  .xv.  jors  ancor  n’ot  mie. 

Li  lous  ne  pot  tere  ne  die  : 

Rcnart,  est  cestui  gras  et  tandre 
Qui  t’an  vouroit  .j.  quartier  tandre, 

Di  moi  conbien  tu  t'en  donroies. 

Tant  mes  amis  eslre  pourroies 
Que  un  quartier  t'an  departiroie.  » 

Et  dit  Renart  :  «  Bien  le  vouroie  ! 

Mes  quant  ses  .iij.  quartiers  aroiz,  1 iyj  o 
Si  vous  plest,  le  quart  me  lairoiz. 

—  Di  moy,  Renart,  conbien  il  vaut. 

—  Conperes,  ja  dire  non  faut. 

Quant  assez  mangié  an  avrez, 

Tout  a  temps  la  valeur  saviez,  » 

Dit  Ysengrin  :  «  Tost  le  savroiz, 

Et  tost  vostre  quartier  avroiz.  « 

Lors  s'an  est  a  Fauve  venus, 

Devant  li  an  estant  tenus, 

Et  dist  :  «  Fauve,  delivre  moy 
Ce  poulain  que  ge  cilec  voi, 

Car  por  mun  droit  le  doi  avoir. 

Or  tost,  si  an  fai  ton  devoir!  »> 

Dit  Fauve  :  «<  Non  contredi  mie, 

1  Faucc. 


Ge  sui  dou  faire  apareillie 
Mes  que  bautisiez  soit  avant, 

Non  ait,  et  puis  jou  te  couvant 
Car  telle  ordonnance  an  menons. 

—  Or  di,  Fauve  \  quelz  iert  ses  nons  ? 

Ge  m'i  otroy  par  Jhesucrit.  •> 

Et  dist  Fauve  :  «  Il  est  cscrit 
Dedans  la  sole  de  mon  pie. 

Dont  tu  doiz  avoir  le  cuer  lié  ; 

Or  garde  mon  quel  non  y  a.  » 

Fauve  le  pie  tandu  li  a. 

«  Le  non  cilec  trouver  devez  ; 

Isangrin,  se  lire  savez, 

Yëez  quel  non  il  doit  avoir; 

Puis  si  an  faites  vo  devoir.  » 

I.ors  dist  Issangrin  a  Renart  : 

«  Compères,  vcez,  se  Dieux  vous  gart, 

Vous  savez  trop  miax  de  moi  lire  ; 

Baisiez  vous,  saichicz  le  m'adire.  »> 

Dist  Renars  :  «  J'ai  la  ruine  ehuc, 

Par  coi  j'ai  toublée  la  vehue, 

Qui  par  les  vaux  touz  me  dessant, 
l’or  coi  toz  aveugles  me  sant  : 

Et  si  n'ai  ge  lehu  qu'an  lois  : 

Si  ne  sai  point  lire  françois. 

Anviz  verroiz  bon  clerc  bien  lire  (1  (j i>  J. 
En  nul  romant,  ne  bien  escrire, 

Sique  par  se  ge  ne  saroie, 

Aveques  se  ge  ne  pourroie.  >» 

Lors  a  Renars  les  vaux  couvers, 

Le  borne  fait  et  le  travers, 

Et  dist  :  «  N'i  voi  goûte,  comperc  ; 

Ge  ne  pourroie  letre  1ère; 

11  couvient  que  vous  me  meigniez, 

Et  que  par  la  main  me  taigniez. 

Délivrez  vous,  lisiez  la  letre; 

(îe  voudroic  ja  en  messon  estre. 

Ce  ne  fust  por  vous  conpaignier, 

(ie  me  leüsse  hui  faiz  seignier 
Et  por  le  rume  et  por  la  touz.  » 

Lors  met  Issangrin  a  genouz, 

Sa  teste  dessouz  le  pié  boute 
Et  dist  :  «  Fauve,  ge  n  i  voi  goûte, 

Tu  ne  cez  le  pié  a  point  métré.  >* 

Lors  dist  Fauve  :  «  Voiz  ci  la  letre!  » 

Dou  pié  le  iiert  sus  le  sommet, 

Sique  anvers  a  terre  le  met, 

Touz  estandus,  touz  estormiz  ; 

Pour  néant  fust  il  andormiz. 

Fauve  s'an  fuît  et  ses  poulains. 

Et  dant  Renars  ne  fu  pas  vains  : 


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NOTES  ET  VARIANTES 


243 


An  une  haie  tost  se  boute, 

Dès  iqui  Issangrin  escoute 
Quel  contenances  il  fera, 

Ou  ce  por  cel  cob  mors  sera. 

Miaux  H  vausist  estre  an  maison. 

Adès  n'a  pas  clcrgie  saison. 

Or  voy  ge  bien  tout  an  apert  (79.?  a) 

Que  clergie  bien  sa  saison  pert  ; 

Aucunes  foiz  vilain  gueaignent. 

Es  leus  ou  li  clerc  se  mehainnent  : 
S'Isangrin  lire  ne  salist, 

Ancor  ceste  prune  il  n’eiist. 

Issangrin  de  paumison  vient 
Qui  por  fox  decehus  se  tient; 

Mont  se  guermante  et  dit  :  «  Pour  voir; 

Ge  ne  fis  mie  grant  savoir, 

Quant  ge  vouloie  clers  devenir; 

Ge  m'an  sai  bien  a  coi  tenir  ; 

Tel  mestier  n’ai  ge  mie  chier  : 

Ge  ain  trop  miax  estre  bouchier. 

Desores  m'an  irai  ailleurs 
Quérir  avantures  meilleurs. 

Qu'elle  m'a  si  grant  cob  donné 
Que  tout  lcchief  m'a  estonné. 

Ne  quiertpas  m'amor  deservir 
Qui  de  telz  dons  me  set  servir; 

De  telz  nul  ne  donroie  feuille, 

N  iert  jamès  lcchief  ne  me  deuille 
Tourjours  mes  souvenir  m’an  doit.  » 

Et  Renart  qui  le  regardoit, 

San  est  mont  formant  esjoïz, 

Dist  :  «  Or  est  mal  eür  fuiz  ; 

S'snsinc  conme  antan  i  feûsse, 

Ceste  aumosne  aquisse  fg'  eüsse, 

Mes  Dieux  m’an  a  mont  bien  gardé 
Qui  m’a  ccst  presant  retardé. 

Est  cui  cura  Dei , 

Nemo  noce  bit  ey .  >» 

Lors  s’an  départ  les  saus  menus  ; 

Touz  liez  et  joians  c’est  tenus, 

Et  dist  :  «  Fox  est  bien,  l'ose  dire, 

Qui  au  pié  de  cheval  se  mire; 

Jamès  jor  ne  m*i  mireray, 

Quant  de  ceste  liçon  liray. 

Juvenaus  nous  an  dit  tout  voir 

Que  grant  san  a  celui  por  voir 

Qui  set  son  annui  retarder  [*1)3  b) 

Par  autrui  annui  regarder; 

De  cetui  soit  Dieux  graciez  !  » 

Adont  a  ses  piez  deslïez, 

A  fuir  prant,  de  fain  moroit 
Et  mont  pour  ce  a  Dieu  oroit. 

Si  choisi  une  grant  montaigne 


Qui  d'oisiaux  estoit  toute  plaine, 

Qui  s'aloient  iqui  reposer. 

Et  Renars  qui  mont  peut  osser 
A  mont  grant  chose^sj  antreprandre, 

Le  cuer  prant  a  ses  oisiax  tandre 
Et  pance  que  tant  d'art  savra 
Qu'aucun  de  ses  oissiaux  avra  ; 

De  sa  lamgue  durer  li  peut, 

Il  avra  de  ce  que  il  veut. 

Cors  s'an  est  Renars  esmehu, 

Que  li  oisel  ne  l’ont  vehu  ; 

Con  cilz  qui  tresbien  fu  apris, 

Plain  son  poin  a  de  rainsiax  pris  ; 

An  un  haut  leu  s'an  est  montez, 

Si  c'est  de  ses  rainsiax  dontez, 

Formant  se  bat,  formant  se  plaint, 

Et  mont  de  sa  couleur  sc  taint  ; 

Mont  pleure  et  mont  se  gremantc, 

Samblant  fait  que  mont  se  repante, 

Et  disoit  :  «  Or  tien,  char  mauvesse, 

Et  ta  gloutonnie  et  ton  esse, 

Que  tu  as  adès  recehue, 

Et  »  an]  toute  ta  vie  ehue!  » 

Mont  tresgrans  cos  il  se  feroit, 

Et  un  po  après  il  oroit 

A  Dieu  de  cuer  piteussemant  [t'j3  c) 

Et  se  menoit  mont  humblemant. 

Aucun  de  scs  oissiaux  le  virent 
Qui  aus  autres  oissiaux  le  dirent  : 

«  Véez,  seigneur,  »  dient  il,  «  merveilles, 
Conques  ne  veistes  les  pareilles!  u 
Lors  s’an  sont  tuit  vers  li  volé 
Et  pour  la  pitié  adolé. 

Et  de  tiex  i  ot  qui  gémirent, 

Quant  an  tel  povreté  le  virent. 

Lors  dist  Renars  :  «  Seigneur,  oèz  ; 

Vous  trestuit,  le  nom  Dieu  loèz, 

Car  qui  bien  le  loera  de  voir, 

Il  peut  trestoute  joie  avoir; 

Chascun  sa  Paternostre  die 
Et  delez  moi  un  po  s'asie. 

Conter  vous  veuil  autorité 
Qui  vanra  tout  de  vérité. 

Ce  cil  ne  mant  qui  ci  m'anvoie, 

Si  li  pri  que  si  saiges  soie 
Et  que  il  la  grâce  me  doigne 
Que  telz  parole  vous  maintaigne, 

Que  vous  oez  devostemant, 

Qui  vous  moinent  a  sauvemant, 

Et  au  Paradis  trestout  droit  ! 

Dites  :  «  Amen  !  Que  Dieux  l’otroit  !  » 
Adont  li  oissel  s'arouterent, 

Et  Renart  trestuit  escoutcrcnt, 


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244 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Qui  devant  eus  a  fait  s'acisse. 

L’une  jame  sus  l’autre  mise. 

D'une  des  mains  an  l’autre  fiert 
Et  dist  :  «  Bonne  gent  il  afliert 
A  vous  qui  le  sarmon  oiez,  (  ig3  d) 

Que  humble  et  près  de  moi  soiez, 

Par  coi  vous  me  pussiez  oïr, 

Et  l’euvre  de  Dieu  conjoïr, 

Et  an  vos  cuers  si  recevoir, 

Que  g’en  puisse  loange  avoir, 

Et  que  le  mérité  an  aiez  ! 

Bonne  gent,  ami  Dieu  oiez  ! 

Seigneur,  ge  vous  veil  mantevoir 
De  Sainte  Escriture  le  voir. 

Qui  croira,  et  crestïens  iert, 

Pour  voir,  Paradis  li  afiert. 

Mes  an  croire  sont  plusor  point  : 

Premiers,  que  bonne  vie  moint, 

Taigne  les  .x.  conmandemans, 

Ce  est  tresbons  conmancemans. 

Mainz  sont  de  ce  mont  mal  taichié 
Qui  ne  croient  pas  de  pechié 
Ne  de  meffait  que  pechiez  soit  : 

An  tel  creance  trop  se  desoit 
Et  dit  :  Conciance  n’an  fais 
Donques  poin  ce  pechié  ne  fais 
Sicon  de  fomicacion, 

Ou  de  mauvesse  aquision, 

Ou  d’estre  an  mal  consanteour, 

Ou  mesdisanz  ou  bourdeour. 

A  maintes  gens  il  n’an  souvient 
Et  dit  que  por  pechié  non  tient; 

Pour  ce  qu’il  nel  tient,  il  n'est  mie. 

Veritez  viaut  que  ge  vous  die 
Que  c’est  uns  rains  de  bougrerie 
Et  fauce  creance  assourrie. 

Asourré  sont  an  cest  ordon, 

J  a  de  ceci  n’aront  pardon, 

Quant  il  errent  an  mescreance 
Et  si  n’an  font  pas  conciance, 

Ne  point  amander  ne  s’an  veullent, 

Ne  point  de  ce  il  ne  se  deullent  : 
l)ient  :  «  Ge  croi  et  bautisiez  suis, 

Et  par  tant,  ge  touz  sauvez  suis.  » 

Pour  ce  di  ge  qu’an  croire  faut  ( /  <j4  j> 
Aler  celonc  Dieu,  sanz  dcllaut, 

Et  oit  adès  sa  cure  mise 
A  obéir  a  Sainte  Yglise. 

Obéissance  est  noble  chose, 

Sicon  pour  voir  tesmoigner  l’ose, 

Car  qui  est  inobedians 


Il  est  liez  de  maus  lians  ; 

Bien  le  sot  li  rois  Pharaon. 

Autrefoiz,  dit  nous  Araon 
Que  desobeïrs  fu  adiré, 

Quand  il  ne  vost  randre  l’ampire 
A  Moysse,  quand  li  requist, 

Quar  quant  Dieux  a  Moysse  dist  : 

«  Va,  »  dist  il,  u  le  peuple  requerre 
Que  Pharaon  tient  an  sa  terre  ; 

De  par  moi,  tu  li  requerras. 

Et  bien  [tu]  sa  responce  orras.  » 

Moïssès  qui  a  Dieu  se  tint, 

Tantosta  Pharaon  an  vint, 

Siconme  Dieux  li  conmanda, 

Et  le  peuple  li  demanda  : 

«  Rois  Pharaon  »>,  dist  il,  «  escoute  : 

Ge  vien  ci  de  par  Dieu,  sanz  doute, 

Son  peuple  que  tu  tiens  me  baille, 

Car  il  viaut  qu’an  autre  leu  aille. 

Le  peuple  d’Egite  demant, 

Et  de  par  Dieu  le  te  commant 
Que  le  me  randes  sanz  respit.  » 

Pharaons  ot  de  ce  despit, 

A  tout  se  il  désobéi, 

Mes  trop  leidement  an  joy. 

Car  l’andemain,  quant  il  levèrent 
Sus  trestouz  leur  aubres  trouvèrent 
Les  quenetons  qui  touz  manjoient 
Trestouz  les  fruiz  que  il  avoient, 

Dont  chascuns  esbaïz  se  tint. 

Et  Moïssès  a  Dieu  revint 
Et  dist  :  «J’ai  requis  ton  vouloir, 

Mes  trop  petit  l'an  peut  chaloir.  >» 

Et  Dieux  li  dist  :  «  Arrier  iras  ;  [tg4b\ 
Ancor  de  par  moi  li  diras 
Que  mun  peuple  te  delivroit.  » 

Ci!z  qui  adès  pour  Dieu  ouvroit. 

Tourne  arrier,  ancor  au  roy  dist 
Et  le  peuple  Dieu  li  requist. 

Pharaon  an  ot  mont  grant  ire, 

Et  Moïsse  an  print  a  despire, 

Ne  pour  ce  ne  li  vost  baillier. 

L’andemain  a  leur  esveillier 
An  touz  lor  prez  que  il  avoient 
Es  bonnes  herbes  qu’il  anmoient 
Trouvèrent  trestoz  doumagiez 
Et  de  l'aoute  touz  mangiez; 

Touz  lor  prez  trouvèrent  gastez, 

Bien  connurent  se  feu  lastez, 

Et  virent  que  il  meffasoient, 

Et  qu’a  plain  desobeïssoient  ; 


i  Sur  les  plaies  d'Égypte  ici  longuement  décrites ,  voy .  la  note  des  v.  4429-449°  CA  32.1). 


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NOTES  ET  VARIANTES 


245 


Meimes  li  rois  esbalz  feu. 

Moïssès  qui  au  retour  feu 
Dist  a  Dieu  :  «  Ge  ai  la  esté, 

Mèsge  n’i  ai  rien  aquesté 
Un  autre  y  anvoiez  que  moi, 

Que  ne  veut  rien  fere  pour  moi.  » 

Lors  dist  Dieux  :  «  Ancores  iras, 

Et  tierce  foiz  tu  li  diras.  » 

Moïssès  arriéré  repaire, 

Pour  Dieu,  por  son  mesaige  faire; 

De  par  Dieu  ancor  li  rouva  ; 

Désobéissant  le  trouva, 

De  obéir  n’a  riens  voulu, 

Dont  li  peuples  c’est  mont  dolu 
Et  li  roys  [tout]  meïmemant, 

Cartouz  blez,  orges  et  fromman  \ 

Et  trestoutes  leurs  garnisons 
Qu’il  avoient  an  lor  mesons 
Trouvèrent  plaines  de  vermine, 

Et  lors  crièrent  il  famine, 

Car  tant  de  vermine  y  avoit 
Nulz  le  nombre  il  n’an  savoit. 

Autrez  foiz  les  raignes  trouvèrent,  (194  c) 
Tant  que  sus  lor  vis  lor  montèrent, 

Dont  par  po  que  des  sanz  jusoient 
Quar  toz  les  vis  lor  conpisoient 
Tant  que  Moyssès  s’nïra, 

Et  dist  que  plus  il  ne  ira  a 
«  Si  feras,  »  dist  Dieux,  «  tu  iras; 

Ancor  ma  requeste  diras.  »> 

Lors  Moysse  arrier  retourna; 

Li'  rois  tout  a  bourde  tourna  ; 

Il  n’obeï  ne  que  devant, 

Et  dist  Moyssès  par  couvant: 

«  Jade  mun  peuple  point  n’aras; 

Ja  tant  requeste  n’an  feras  ; 

Or  i  peuz  estre  a  grant  séjour.  » 

Mès  quant  se  vint  au  point  do  jor, 

Chascuns  sa  beste  trouva  mort, 

Dont  il  n’orent  point  de  déport; 

Et  cilz  qui  beste  point  n’avoit. 

Son  amfant  mort  il  le  trouvoit  ; 

Meime  li  rois  son  aigné  fil 
Trouva  mort,  dont  se  clama  vil. 

Ce  furent  les  plaies  d’Egite 
Dont  ge  vous  ai  mémoire  dite. 

Quant  li  rois  et  li  peuples  virent, 

Lors  le  vouloir  Moysse  firent; 

Virent  que  durer  ne  pourroient 
Se  contre  Dieu  aler  vouloient  ; 

Dont  li  feu  li  peuple  bailliez, 


Mès  avant,  furent  bien  tailliez. 

Lors  Moyssès  les  a  aduiz, 

Parmi  la  Mer  Rouge  conduiz, 

Que  eus  devant  eus  partir  virent 
Et  lors  es  dessers  il  se  mirent 
Jusque  dou  revenir  fu  temps; 

La  demourerent  quarante  ans, 

Et  ne  vivoient  fors  que  de  manne 
Qui  mont  estoit  et  douce  et  bonne  ; 

[Tuit j  cil  qui  paciance  avoient 
Toute  saveur  il  y  trouvoient, 

Et  cil  qui  n’estoient  paeïens  ',  (  194  d) 

Qui  estoient  inobedians, 

Ne  la  trouvoient  fort  que  fade, 

Ne  lor  estoit  bonne  ne  sade; 

Conbien  que  vivre  couvenoit, 

Ansinque  leur  an  avenoit. 

Pour  ce  pouez  vous  ci  oïr 
Que  despire  et  non  obéir 
Faitdoulor  et  plaindre  a  meschief, 

Et  ne  peut  tourner  a  bon  chief. 

Li  désobéissant  perdirent 

Que  tost  le  vouloir  Dieu  ne  firent, 

Et  si  fu  fait  parfaitemant, 

Et  perdirent  secondemant 
An  se  qu’an  la  manne  qu’il  orent 
Conbien  qu’il  vivoient,  goust  n’orent  ; 

Li  paciant  rien  ne  perdoient, 

Et  tout  goust  an  la  manne  avoient  ; 

Pour  [ce]  est  au  sougis  grant  erreur. 

Quant  desobeïst  son  seigneur, 

Et  cilz  qui  tost  obéir  viaut, 

Tost  an  joit  bien  et  point  n’an  diaut. 

Cilz  qui  obéît  a  Raison 
Ne  peut  fonder  meilleur  meson. 

Pour  ce  vous  veuil  touz  requérir 
Por  la  grâce  Dieu  aquerir, 

Que  vous  avec  moi  an  veigniez, 

Et  les  samiers  de  Dieu  taigniez, 

Et  telle  part  vous  veuil  mener 
Ou  an  joie  seroiz  sanz  pener, 

Et  quanque  vous  voudroiz  aroiz, 

Et  tuit  apaiez  vous  tanroiz, 

Et  se  vous  ne  vous  an  venez, 

Vous  ceroiz  tuit  ansinc  penez 
De  plaies  con  cil  dEgite  furent, 

Conbien  que  a  la  parfin  s’esmurent 
Ansinc  a  fin  vous  esmovroiz; 

Mès  avant  grant  tonnant  aroiz . 

Si  vous  lo  que  vous  me  suiez. 

Et  tant  ne  quant  n’i  delaiez  ; 


1  frommans  —  2  niera  —  3  Cf.  les  v.  40X97  et  suivants  de  la  rédaction  B. 


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REKART  LE  CONTREFAIT 


246 


De  par  Dieu,  ge  le  vous  requier,  (if)S  a 
Nulle  autre  rien  ci  ge  ne  quier. 

—  Di,  Renars,  et  ou  nous  manras 
Quant  an  ton  vouloir  nous  tanras?» 

Dist  il  :  «  Au  Paradis  terrestre. 

Iqui  ferons  nous  luit  nostre  estre  ; 

Iqui  n’a  il  ne  chaut,  ne  froit. 

Ne  trop  large,  ne  trop  cstroit. 

Toute  souftisance  i  demeure, 

Ne  nul  meschief n*ia  nulle  oure; 

Iqui  viaut  Dieux  que  ge  vous  moine, 

Jusques  plus  grant  grâce  il  vous  doignc.  » 

Tant  leur  a  Renars  rccordé 

Que  tost  se  fussent  acordé 

Que  tuit  son  vouloir  teïssicnt 

Et  a  sa  voie  se  mcissient, 

Ne  fust  uns  meschiez  qui  Ii  vint 
Que  Issangrins  iqui  scurvint. 

An  haut  li  crie  :  N’i  garras, 

Faus  traïstes,  pandus  seras  !  >» 

Quant  Renars  amant  la  nouvelle. 

Qui  tant  ne  quant  ne  li  lu  belle, 

Aus  oissiax  a  dit  de  cuer  trist  : 

«  Mi  ami,  vez  ci  Antecrist, 

Gui  li  maus  feus  puist  tormanter, 

Qui  vient  cil ec  por  moi  tanter  ! 

Une  autre  foiz  ge  revanrai, 

Et  compaignie  vous  tanrai  ». 

Lors  dist  antre  bouche  et  cuillier: 

«  Avient  il  souvant  amconbrier  : 

G'estoie  sus  voie  d’avoir  ma  proie, 

Or  la  me  tostcilz  qui  m’asproic!  » 

Lors  se  mist  Renars  a  la  fuite, 

Et  Issangrin  fort  a  la  suite, 

Dist  :  «  Lierres  fuir  ne  vaudra, 

Par  moi  venir  te  couvandra; 

Le  cuer  dou  vantre  te  trairai, 

Ja  autre  chose  n’an  ferai.  » 

Issangrin  fu  fort  et  legier, 

Renart  print  mont  a  asegier; 

Renart  de  courre  ne  se  faint  (;p5  b) 

Tant  que  par  po  que  ne  c’estaint. 

Et  Issangrins  par  son  ellbrs 
Tost  li  fust  sailliz  sus  le  cors, 

Et  tantost  mchaignié  l'eiist, 

S’une  avanture  ne  feüst 
Qui  est  avenue  a  Renart. 

Il  vint  par  devant  .j.  essart 
Où  jadis  un  manoir  avoit 
Qui  a  un  escuier  estoit. 

Maisons  y  ot  et  four  de  terre, 

Mes  tant  ot  suÿe  la  guerre 
Et  tant  les  tournoiemans  suïz, 


Que  ses  monbles  s’an  fu  fuïz 
Lors  le  couvint  an  foire  métré 
Et  baillier  plege  et  fere  letre; 

Ne  bailla  sort  ne  coustemans, 

Tant  que  saillirent  mandemant 
Premier,  secont,  et  quart,  et  quint. 
L’escuier  au  fuir  se  tint, 

Tielles,  chevron  furent  vandu, 

Et  par  sergens  tout  despandu  : 

N’i  remest  fors  le  four  de  terre 
Ou  nulz  ne  sot  néant  aquerre, 

Qui  ancore  fu  an  estant. 

Renart  le  voit,  celle  part  tant; 

Tant  fu  lassez,  po(t)  vit  il  goûte, 

Tout  maintenant  ou  four  se  boute, 

Et  Issangrin  vint  à  la  bouche. 

De  haut  parole,  et  au  four  touche  : 

«  Lierres,  »  dit-il,  «  par  ci  saurras 
Que  par  mon  chief  or  i  morras. 

A  cestui  cop  vanchiez  serai. 

—  Par  Dieu,  »  dist  Renart,  «  non  ferai. 
Pour  paor  de  toi  n’an  istré 
Fors  que  par  la  ou  g’i  antre.  » 

Lors  c’est  li  Loups  pour  fox  tenus. 

Darrier  le  four  s’an  est  venus, 

Trouver  cuida  une  autre  bouche, 

Et  Renart  jaut  fors,  si  s’antouche  (r), 

Que  que  li  Lous  darrier  querroit,  (  / p5  c) 
Et  Renars  tout  adès  couroit. 

Quant  ne  treuve  point  de  pertuis, 

Arrier  est  retournez  a  l’uis, 

Et  jure  jamès  non  querra, 

Dedans  le  four  s’an  anterra. 

Dedans  le  four  c’est  il  boutez, 

Et  lors  se  tint  pour  asotez, 

Quant  Renart  n’i  a  pas  trouvé, 

Pour  ce  se  claime  fox  prouvé, 

Et  dit  pour  ce  ne  demourra 
Avant  jusqu’à  mer  le  querra; 

«  Ou  me  randrai  an  abaïe  ; 

La  par  mon  san  et  par  m’aïc, 

Ge  devanrai  uns  grans  abbez, 

La  sera  il  par  moi  gabez. 

Par  mes  cscuicrs  sera  pris, 

Ja  n’avra  tant  malice  apris. 

Tout  vif  escorchicr  le  ferai. 

Famé  et  amfans  puis  destruirai 
Jusques  au  cinquesme  degré  : 

Ansinc  avrai  de  lui  mun  gré.  » 

Ansinc  li  Loups  se  delitoit, 

Et  ses  sors  sus  Renars  giloit; 

Et  li  samble  ja  que  le  taigne 
Et  tout  quanque  il  juige  avaigne; 


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NOTES  ET  VARIANTES 


247 


Ansinc  son  juigement  mis  a. 

Mès  Renart  qui  po  le  prissa, 

S’an  ala  déduisant  sa  vie 
Par  le  bois  et  par  la  prarie. 

Des  saus  ne  des  galoz  n’i  fi 
Jusqucs  de  la  forest  issi. 

Choisi  une  haute  montaigne; 

Lors  a  désir  que  la  se  taigne. 

Souz  la  montaigne  .j.  auhrc  avoit  ; 

Desouz  csgarde,  et  Thiebcrt  voit 
Qui  dessouz  l’aubre  couchiez  fu 
Pour  ce  que  trop  traveilliez  feu  ; 

Par  po  que  il  ne  sommeilloit, 

Quant  oit  Renart  qui  si  bruioit, 

Qui  venoit  celle  part  le  saut.  (ig5  J) 

Thiebcrt  l’oit,  touz  ellraez  saut; 

Si  se  seigna  de  son  poin  destre  : 

«  E  Dieux!  »  dist  il  «  que  peut  se  esire? 

Certes  li  cuers  bien  me  disoit 

C’uns  grans  maus  pour  moi  se  gisoit, 

Et  si  me  vanroit  tost  ou  tart; 

Mès  ne  savoie  de  quclz  part. 

Hui  morrai  se  Dieux  ne  m’aiduie  !  0 
Atant  ez  Renars  qui  le  huic  : 

«  Par  Dieu,  Thiebcrt,  n’i  dormirez  : 

An  .iiij.  lévriers  vous  mirez. 

Qui  vienent  a  cours  et  a  saus, 

Ja  vous  livreront  grans  asaus, 

Plus  courrant  sont  que  arondel. 

Ne  desirrent  que  vostre  pel  ; 

Il  sont  tuit  contre  vous  huré, 

De  vous  occirre  ont  tuit  jure. 

Ja  m’ont  si  prins  par  les  costez 
Que  touz  li  cuirs  m’an  est  ostez  ; 

Tant  m’ont  plumé  par  cel  chemin 
Que  plus  blans  suis  que  parchemin; 

Touz  li  cuers  do  vantre  me  mant. 

Or  sus!  lierres,  ynellemanr, 

Voiz  les  ci!  g'en  san  la  fumiere; 

Véoir  les  peuz  tout  sanz  lumière; 

N’i  vaut  regarders  ne  ganchirs, 

Tous  ces  remedes  c’est  fuïrs.  » 

Quant  Thiebert  amant  la  nouvelle, 

Li  cuers  li  bat  soz  la  mamelle, 
n  Las!  »  dist  Thiebert,  «  bien  le  savoie, 
Qu’aujord’ui  tanroie  male  voie! 

Certes  trop  tost  ist  de  sa  porte 
Qui  males  nouvelles  aporte. 

Ja  tant  n’iere  hon  asseür 
Trop  tost  ne  vaigne  mal  eür!  » 

Lors  fu  Thiebert  an  tresgrant  ire; 

Sanz  regarder  et  sanz  plus  dire, 

Sus  ses  .iiij.  picz  va  saillir  ; 


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Le  pré  conmancé  a  pour  saillir 
Au  travers,  ne  set  ou  il  va.  (ig (j  a) 

Et  Renars  adès  après  va  ; 

Li  huichc  ja  le  pré  ne  taigne  : 

«  Thiebert,  met  toi  a  la  montaigne, 

An  haut,  Thiebert,  an  haut,  an  haut  ! 
Certes,  Thiebert,  rien  ne  nous  vaut. 

Vous  esparniés  vos  piez  d’aler! 

Les  voulez  vous  mètre  saler? 

Faites  tost  si  les  desnoëz, 

Les  lévriers  darriers  vousoëz!  » 

Qui  veïst  Thiebert  remuer, 

Et  quanqu’il  peut  esvertuer. 

Contremont  court  de  randonnée, 

Et  tourjours  la  goule  baée 
Que  l’alaine  ne  li  faussist 
Et  que  li  cors  ne  defaussist 
Pour  ce  que  plus  male  voie  taigne, 

Lou  moine  Thiebert  la  montaigne, 

Tourjour  le  rapelle  et  semont  : 

«  Amont  !  »  dit  il,  «  Thiebert,  amont! 

Car  li  levrier  sont  près  de  toi  ! 

Amont!  lierres,  efforce  toi  !  » 

Qui  dont  veïst  Thiebert  jaillir 
Et  la  montaigne  tressaillir, 

Tant  est  de  courre  saoulez, 

Que  il  est  aval  rooulez 
Par  la  voie  qu’il  a  venue, 

Adont  escrie  :  «  Dieux  !  a  hue  ! 

Soiez  moi  aujord’ui  ami, 

Et  me  gardez  le  cors  de  mi  !  » 

Adans  c‘est  a  terre  couchiez, 

Par  un  petit  que  n’est  onchiez; 

Son  Credo  dit,  sa  courpe  bat, 

T  ouz  li  cors  de  paour  li  bat, 

Et  tout  li  sans  li  bout  et  meut. 

Renars  voit  bien  que  plus  ne  peut  ; 

Si  se  traï  un  po  an  sus, 

Et  si  dist  :  «  Thiebert,  levez  sus  ! 

Les  lévriers  ai  touz  devourez, 

Un  seul  n'an  i  est  demorez  ; 

A  po  que  il  ne  m’ont  occis  !  »  (igO  b) 
Lors  c’est  T  hiebert  lez  lui  asis  : 

«  As  tu  voir  dit,  se  Dieux  te  gart  ? 

—  Ouil,  certes,  »  ce  dist  Renart  ; 

Quant  vi  qu’a  moi  fu  li  retours, 

Adont  lor  donnai  de  mes  tours, 

Tant  que  trestuit  il  sunt  tué, 

Sanz  avoir  ne  brait  ne  hué. 

Por  Pamor  de  toi  garantir, 

Lor  ai  ge  fet  la  mort  santir. 

Sanz  jamès  nul  jor  revenir, 

Mont  me  doiz  por  ami  tenir.  » 


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248 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Quant  Thiebert  se  fu  avisiez, 

Si  c’est  mont  formant  despisiez, 

Et  dist  :«  Ge  suis  tout  clervoïant, 

Que  courre  m’as  fait  pour  noiant. 

—  Se  ne  feroie  an  nul  androit, 

Mès  qui  acheter  te  voudroit 
Pour  bien  courrans  ceroies  locz, 

Sanz  estre  ronz  ne  ancloëz  ». 

Que  que  ansinc  pallant  aloient, 

Darriercus  escoutent  et  voient 
Deus  escuiers  qui  chevauchoient, 

Et  deus  lévriers  qui  les  suioient, 

Mont  yniaux  et  faiz  pour  aler. 

Dist  Renars:  «  Pansons  de  l’aler  : 

Ce  cist  noustienent,  mors  serons. 

—  Elas!  »  dist  Thiebert,  «  que  ferons  ? 

Ge  n’eüsse  mestier  de  corre  ; 

Tant  an  ai  fait  ne  puis  plus  sorre.  » 

Dist  Renars  :  «  Donques  dcmorras  ; 

Miaux  que  tu  peuz,  si  te  garras, 

Car  ge  gueaignerai  a  fuir, 

Fors  seront  se  me  peuent  suir, 

Et  tant  te  di  ge  de  certain, 

Ne  vivras  gaires,  d’aus  le  tain. 

Dès  ier  mont  bien  ge  le  Savoie, 

Car  menacier  01  cil  voie. 

Morir  c’estet,  plus  ne  peuz  vivre  ; 

Confesse  toi,  et  te  delivre, 

Car  ta  vie  ne  pris  un  pois.  (796'  c) 

Or  demeure,  que  ge  m’an  vois  ; 

Mors  iés,  autre  consoil  n’i  voi  !  » 

Lors  demoura  Thiebert  tout  coi, 

Lui  guermantant  a  grant  maniéré, 

Et  dist  :  «  Renart,  ja  sauvez  n’icre 
Que  de  tieux  comfors  s'est  cervir. 

Malle  mort  te  puisse  aservir, 

Que  oneques  de  ton  conforter 
Ne  se  pot  preudon  déporter  ; 

Mès  ge  suis  de  courre  si  las 
Que  anviz  puis  aler  le  pas; 

De  courre  suis  ge  tou/,  failli/, 

Dont  g’en  crien  estre  mal  bailliz, 

Mès  adès  me  conforterai, 

Ge  ferai  miaux  que  ge  sarai  ; 

Qui  prant  confort,  Dieux  li  ahuc  : 

J’ai  dans  agues,  clerc  vehue 
J’ai  les  ongles  et  grans,  et  fors, 

J’ai  cucur  antier  et  sain  le  cors  ; 


Ce  Dieux  dans  et  ongles  me  garde. 
De  ses  .ij.  lévriers  ge  n’ai  garde. 
Bonne  Espérance  me  dit  bien 
Quege  m’an  eschaperai  bien.  » 

Lors  a  un  aubre  regardé  : 

De  monter  sus  n’a  pas  tardé. 

Quant  il  fu  sus,  (sus)  sus  une  branche, 
A  dant  Thiebert  mise  sa  hanche, 

Iqui  les  escuiers  atant 
Qui  a  haste  vienent  batant. 

Dient  :  «  Dant  Thiebert,  n’i  garroiz  ! 
Par  mun  chief,  vous  nous  demorroiz, 
Puis  qu'aperceü  vous  avons, 

Et  autre  chose  ne  trouvons!  » 

Lors  s’an  sont  souz  l’aubre  venu  ; 
Iquileques  se  sont  tenu. 

Leur  chien  prennent  a  abaier, 
Thiebert  se  prant  a  esmaier. 

Et  an  la  garde  Dieu  c'est  mis, 

Pour  ce  qu'il  ne  voit  nus  amis. 

Li  escuier  ont  prinses  pierres  1  : 

«  Or  jus,  »  font  il  0  Thiebert  li  lierres, 
Car  bien  garder  ne  vous  i  faut, 

Ne  tour  que  vous  faciez  n’i  vaut!  » 
Lors  li  ruient  de  grant  alée, 

Donné  li  ont  mainte  colée. 

Mès  Thiebert  mont  bien  se  revanche, 
Son  cors  metoit  contre  une  branche, 
Sique  anviz  le  peuent  acener; 
Toutevoie  mont  le  font  pener. 
Thiebers  lor  dit  :  «  Dant  escuier, 

Veoir  vous  puisse  ge  essuier, 

Que  tantes  foiz  m’avez  pené, 

Souvant  batu.  po  bien  donné, 

Antre  vous  qui  vivez  de  proie  ! 

Ja  Dieux  an  bon  leu  ne  vous  voie, 

Vous  fetes  tant,  gros  et  menu, 

Que  vous  estes  po  chier  tenu, 

Et  si  ne  peut  demourer  gaire 
Que  vous  n'aiez  tuit  trop  a  faire, 

Car  li  peuples  vous  haïra, 

Et  puis  si  vous  anvaïra 

Pour  l'orguel  que  vous  demenez, 

Et  de  plus  an  plus  vous  penez. 

11  vous  samble  an  voz  juigemans 
Que  soiez  nez  de  dÿamans, 

Et  de  rubiz,  et  de  thopaces, 

Ne  n’oit  an  vous  fors  biens  et  grâces, 


Roman  vie  Renart  {//.  i-m  .  dont  Robert  (//,  22O-22S)  a  public  quelques  vers.  La  source  primitive  est 
une  ancienne  fable  [ Hervieux ,  Les  Fabulistes  latins.  //,  76),  dont  une  version  française  se  trouve  dan* 
Marie  de  France  { Roquefort ,  //,  et  W'arnkc ,  /r®  cJ .,  p.  J/5-.V/éf). 


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NOTES  ET  VARIANTES 


249 


Et  que  tuit  autre  soient  de  boe, 

Et  que  son  temps  pert  qui  les  loe. 

Mès  se  bien  vous  regardoiez, 

Trop  petit  vous  priseroiez; 

Ains  Dieux  apostres  qu'il  eüst, 

Ne  vost  que  gentis  hon  feüst, 

Ains  gentis  hon  n’i  mist  le  pié, 

Ne  hon  qui  ja  tenist  de  lié, 

Ne  qui  deist  de  honme  mun  vilain, 

Ne  qui  ains  levast  morte  main, 

Ne  qui  de  tailles  vosist  vivre; 

Onques  Dieux  ne  vost  telz  gens  suivre, 

Car  tuit  cil  qui  de  raison  usent  ( / p 7  a) 
Eus  croire,  ammer,  suïr  refusent, 

Car  tout  orguel  doit  l'an  haïr 
Qui  fait  devant  Dieu  a  puïr. 

Et  tost  Dieux  vous  delaisera, 

Et  dvables  vous  abaissera. 

Et  si  veuil  que  il  vous  apere 
Que  l’Escriture  vous  compere 
A  l'esprivier  et  au  faucon, 

Et  le  simple  home  au  chapon. 

La  causse  pour  coi,  vous  l’orrez  : 
L’esprivier  est  mont  honorez, 

Trop  est  avant  qui  a  lui  tuiche, 

An  la  chambre  le  roi  se  juiche 
Sus  une  perche  noble  et  pointe, 

Souz  ses  piez  houce  ou  cointepointe, 

Pour  se  que  plus  aisse  se  taigne. 

Plus  est  haus*  hon  et  plus  l’aplaigne 
Par  josier,  par  vantre  et  par  queue; 

Quant  il  est  tans  que  il  manjue, 

Pijon  ou  de  poulie  la  cuisse 

Il  an  avra,  s'iert  que  hon  la  truisse, 

Et  si  convient  que  an  le  veilloit 
Tieux  qui  ja  point  ne  sonmeilloit; 

Et  bien  est  gardez  de  deffaut, 

S’il  est  trop  plains,  plumce  li  faut, 

Fusicïen  li  faut  et  mestre. 

Et  puis  an  une  mue  métré, 

Une  grant  piece  iqui  tenir 
Pour  la  plume  ne  mie  venir. 

Ansinc  vit  a  honnor  son  cors, 

Et  tantost  que  icilz  est  mors, 

L’an  est  de  lui  si  annuiez 
Qu’il  est  ou  vis  fumier  ruiez. 

A  telz  fin  convient  il  qu’il  vaigne  ; 

Tant  est  vilz  rien  prandre  non  daigne. 

Voiz  ci  sa  fin,  voiz  ci  s’onneur. 

Ansinques  estes  vous,  seigneur, 

Et  an  tel  honnor  vous  vivez; 


Le  roy,  le  pallemant  sivez  ; 

Au  roy  estes  si  conseiller,  (igj  b) 

A  son  dormir,  a  son  veillier 
De  sa  chambre  li  plus  privé; 

Adès  y  estes  arivé. 

A  telz  honnors  vivent  voz  cors, 

Et  si  tost  con  vous  estes  mors, 

De  Dieu  yestes  tuit  debitié 
Et  ou  fumier  d’amfer  gitié 
Qui  est  si  vix  et  si  punais, 

Dont  vous  ne  partiroiz  jamais. 

Et  dou  chapon  le  voir  9arez 
Qu’aus  meimes  gens  est  conparez  : 

Li  chapons  se  va  pourchasant, 

Grain  a  grain  sa  vie  trasant  ; 

Par  ses  fumiers,  par  ses  estrains 
Va  il  querant  ses  povres  grains. 

Ansinque  fere  li  esteut, 

Se  soutenir  sa  vie  veut, 

Toute  jorgrateou  paillier, 

An  la  boe  et  ou  fumier, 

Et  si  ne  fait  ne  plait  ne  noise; 

S’il  fait  qu’ant  riche  chambre  voisse, 

A  grans  bastons  est  chaciez  fors, 

Par  huis,  par  fenestres  mis  hors  ; 

Nulz  ne  le  lait  an  chambre  antrer, 

Voist  an  celle  boe  grater  ; 

Nus  an  chambre  ne  le  hesberge 
Ne  nus  n’il  fait  juichier  ne  perche, 

Et  dient  tuit  que  trop  est  ors. 

Por  ce  est  de  touz  chaciez  fors. 

Nulle  honnor  ne  li  est  portée; 

Mès  quant  la  vie  li  est  ostée, 

Plumez  est  et  cuiz  bel  et  gent, 

Et  mis  antre  platiax  d'argent, 

Presantez  par  tresgrant  aroy 
Par  chevaliers  devant  le  roy, 

A  sa  table,  devant  sa  bouche, 

Lors  est  trop  avant  qui  i  touche  ; 

Honte  ota  vie,  a  mort  honnor! 

Quant  li  preudon  tient  son  labeur, 

Sa  marchandise  ou  sa  charrue,  (797  c) 
Chascuns  de  vous  le  gabe  et  hue  ; 

De  vous  est  apelez  vilains 
Et  dechacicz  et  soirs  et  mains. 

Mès  quant  a  la  mort  est  venus, 

Lors  est  des  anges  chier  tenus, 

Car  devant  le  roy  il  le  portent 
Et  an  lui  portant  se  déportent. 

Devant  le  Grant  Roy  qui  tout  peut  *. 

Ansinc  l'Escriture  vous  veut 


1  Une  variante  de  cet  exemple  de  V Epcrvicr  et  du  Chapon  se  lit  dans  le  \lenagiana(éd.  1729, 111,278-279'. 


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2bo 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Touz  comparer  celonc  noz  meurs 
Qui  sont  de  males  an  pieurs. 
L’anneur  an  cest  siegle  aroiz, 

Mort  ou  fumier  d’amfcr  iroiz, 

Ge  le  vous  juige,  et  Dieux  le  veille, 


Que  d'amfer  fors  vous  nulz  ne  deuille 
Tuit  cil  qui  m'oient  a  amandient, 
Qu'an  morison  part  filj  n'aient! 
Lessiez  m'ester,  Diex  vous  maudie! 
Rien  ne  vous  meflis  an  ma  vie. 


De  même  que  pour  la  rédaction  B,  aucune  conclusion  ne  termine  ici  la 
sion  A. 


ver- 


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GLOSSAIRE 


Les  chiffres  indiquent  les  numéros  des  vers  ;  pour  la  partie  en  prose,  nous  donnons  la 
mention  du  tome,  suivie  de  celles  de  la  page  et  du  paragraphe  ;  enfin  pour  les  variantes  nous 
renvoyons  au  tome  et  à  la  page,  faisant  suivre  cette  dernière  mention  de  la  lettre  a  si  le  mot 
se  trouve  dans  la  seconde  colonne. 


A,  avec,  18029,  18040,  etc. 

A  par  lui,  pour  soi  seul ,  208, 
7826,  etc. 

Aancrer  (s'),  mettre  l'ancre , 
9.=»°7. 

Aati,  ati,  ath i,  empressé,  1612, 
10498,  38298. 

Abaissier  ( intrans .),  baisser,  di¬ 
minuer,  3240. 

Abnteïs,  chose  abattue ,  renver¬ 
sée \  monceau  de  cadavres , 
18608. 

Abay,  a  boy,  cri ,  aboiement , 
9577,  33206,  etc. 

A  bayer,  abbayer,  aboyer ,  crier , 
11768,  33236,  etc.;  { trans .), 
aboyer  contre,  22461,  33233, 
etc. 

Abbas,  abbes  (nom.),  abbé,  I. 
229  a  et  II,  217  a. 

Abbie,  abbaye ,  30954. 

Abeilir,  être  agréable ,  plaire , 

*  3470. 

Abcrgicr,  abréger,  I,  299. 

Abcrgicr,  voy.  Hcrbcrgicr. 

Abigois  (ne  prisier  un),  compter 
pour  rien,  3 1 179. 

Abillicr  (s’),  se  hâter,  19037. 

Abitemcnt,  habitation,  19971. 

Abiai,  blé,  moisson,  36938. 

Aboy,  voy.  abay. 


Abre,  aubre,  arbre,  30409,  I, 
3iy  a,  etc. 

Abrefviacion,  abrègement,  I, 
242,  §  3o. 

Abruvé,  imbibé,  16911. 

Abruvcr,  abreuver, 8887, 18219, 
etc. 

Abuision,  abusion,  tromperie , 
I,  329  a  ;  33799. 

Accide,  ennui  de  vivre,  3332  1, 
35323,  etc. 

\ccid'iei), neurasthénique, 3b36H 

Acco-  voy.  Aco*. 

Accuseur,/èm.  accuscresse,  ac¬ 
cusateur,  4909;  voy.  Acusoier. 

Acertené,  assuré ,  sur,  II,  216. 

Accrtcs,  certainement ,  34747. 

Acheminer,  venir,  1  3836,  36 1  b-, 
etc. 

Achcré,  en  acier,  12667, 
18421,  etc. 

Achicr,  acier,  4736,  15427,  etc. 

Achiever,  terminer ,  achever, 

1 3253 . 

Acocudrc,  acueudrc,  prendre, 
commencer,  27425,  30407, 

33871,  etc. 

Acointancc,  commerce  galant, 
23754,  24400,  etc. 

Acointc,  plaisir  (î),  22228. 

Acointticr,  approcher,  avoir  un 


commerce  aimable,  9185; 
rencontrer,  24190. 

Acoisié,  calmé,  9962, 10794,  etc. 

Acoison,  cause,  raison,  1 1  3 2 , 
4722,  etc. 

Acoisonnc,  inquiet,  41000. 

Acoler,  embrasser,  22429, 
36849,  etc. 

Acolistre,  acolyte ,  degré  du 
sous-diaconat,  1,  338 

Acomplir,  achever,  233- b. 

Aconter,  compter  pour,  priser , 
23io3. 

Acord  (être  a  1*)  être  prêt  à, 
9234. 

Acordancc,  accord,  conven¬ 
tion,  20930  ;  bon  accord,  con¬ 
corde  24455. 

Acordc,  accord,  4741,  18095, 
etc. 

Acordement,  accord,  conven¬ 
tion,  20922. 

Acorder,  chercher  à  s'accorder 
avec ,  2431 1  ;  tomber  d'accord 
627  ;  —  (s'),  conclure  un  ac¬ 
cord,  se  ranger  à  un  accord, 
396,  625,  1209,  etc. 

Acosté,  à  côté,  côte  à  côte, 
12372. 

Acoster,  acouster,  aborder, 
8946. 


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252 

Acoter  (s’),  s'approcher ,  io366, 
18451 . 

Acoucher,  s'aliter,  ibi2;  I,  338 
§  i9i  *ic. 

Acourchier,  acourchir,  rac¬ 
courcir \  19772,  25719,  etc , 

A  cou  ré,  à  qui  on  a  arrache  le 
cœur ,  II,  2  36. 

Acouster  voy.  Acoster. 

Acoustumance,  habitude ,  2840, 
6285,  etc.  ;  coutumes ,  /ois, 
14681 . 

Acoustumcment,  habitude , 
6354. 

Acoustuméemcnt,  habituelle¬ 
ment,  2  1720  ;  I,  229  §  5,  e/c. 

Acoustumer  (sw/>s/.),  habitude , 
6297. 

Acouter  (s*),  s'accouder ,  10173. 

Acquerre,  acquérir ,  26,  e/c. 

Acquestcr,  acqueter,  acquérir , 
2937,  24766,  etc. 

Acquis,  conquis ,  soumis,  17673; 
(subst.)  partisan ,  21070. 

Acraventcr,  écraser,  accabler , 
19084. 

Acroirc,  donner  à  crédit,  343, 
345,  e/c.;  prendre  à  crédit , 
2740;  croire,  281  38. 

Acteur,  auteur,  5899,1 3955,  e/c. 

Acueudre,  voy-.  Accrudrc. 

Acusoier,  accuser ,  II,  202  a  ; 

Accuseur. 

Adaigncr,  agréer,  32469. 

Adais,  vq>'.  Adès. 

Adens,  sur  /a  /ace,  à  f/a/  re//- 
/re,  32922. 

Adès,  adez,  adais,  aussitôt , 
toujours ,  474,  677,  e/c. 

Adcscr,  toucher ,  approcher 
charnellement ,  846. 

Adestrcr,  accompagner,!  I, 240  a. 

Adcz,  i»oy.  Adès. 

Adhuy,  aujourd'hui ,  1207. 

Adiré  (?)  II,  242  a  et  244  a. 

Adjoustc,  fini,  marié,  3/238. 

Adjoustcr,  admettre ,  5878. 

Administrcur,  ce////  <71/1  admi¬ 
nistre,  2936,  20(110,  e/c. 

Admonnestcmcnt,  admonesta¬ 
tion,  37022.  l  o>'.  Amoncster. 

Adoler  (s*;  se  désoler ,  II, 
243  a. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Adon,adonc,  adont,  adoneques, 
alors,  35,  324,  1 3 1 4,  e/c. 

Adonner  (s*)  (a&so///me/if),  13279 

Adouber,  armer  chevalier, 
8352  ;  mettre  en  état,  40714  ; 
—  (s’),  se  p^/i’r,  I,  280  §  1 18. 

Adrechier,  adrecier,  adreschjer, 
adressicr,  mettre  droit  remet¬ 
tre  en  bon  état ,  5260,  5432, 
e/c;  instruire ,  10402  ;  se  di- 
rigev  vers,  \b7\b,  38809, 
e/c  ;  —  (s’)  se  diriger  vers, 
Ô457,  20914,  etc.',  se  tour¬ 
ner,  21 386. 

Aduit,  emmené ,  II,  243  a. 

Advenant,  avenant,  32622. 

Adventure,  hasard ,  647. 

Adversier,  ennemi,  adversaire, 
3933. 

Adverssc,  objection,  13777. 

Advis,  esprit ,  jugement ,  981, 
1918. 

Advisc,  reconnu ,  9468  ;  sewse, 
io3i5,  e/c. 

Adviser,  conseiller ,  5179. 

Advisement,  réflexion,  idée, 
9852. 

Advision,  avis,  idée,  5174,7859, 
etc. 

Advocasser,  /a /Ve  /e  métier 
d'avocat ,  39334. 

Aelle,  ai/e,  16049,  16^40,  r/c. 

Aer,  air,  I,  232  §  10. 

Aerdrc,  aherdre,  saisir,  4368, 
22o33,  e/c.  ;  —  (s*)  à,  s'atta¬ 
cher  à,  253oS. 

Afaicticr,  apprivoiser,  dresser, 
19339,  23834,  e/c.  ;  —  (s*),  se 
préparer,  se  disposer,  33916. 

Afcrir,  convenir,  1240,  i3o5, 
etc. 

Afermer,  affirmer,  I,  25 1  S  52  ; 
voy.  Afremé. 

Art  —  voy  Af  — 

Afichès,  afflquets ,  26002. 

A  fichier,  aticquier,  affirmer, 
déclarer,  1463,  19942,  e/c; 
— •  (s*),  se  tenir  ferme,  s'ar¬ 
rêter,  18876. 

Afier.  assurer,  affirmer.  4028, 
6682,  etc. 

A  tin,  parent,  allié,  proche, 
12249. 


Afin,  cachette  (?),  24722. 

Afin  [adv.),  finement  (:),  26601. 

Afoiblir,  afoibloier,  affaiblir , 
48;  1, 346  a. 

Afolé,  blessé  sans  effusion  de 
sang,  5721  ;  I,  352. 

A  fonder,  faire  une  fondation 
charitable ,  8660,  14194,  etc. 

A  freine,  affirmé,  16470  ;  voy. 
Afermer. 

Afuler,  agrafer,  revêtir ,  2388i. 

Agait,  embuscade,  27092. 

Agaitier,  guetter,  I,  324  a. 

Agailtcur,  brigand ,  25q83. 

Agencier,  faire  pousser ,  33oo3. 

Agenouller,  se  mettre  à  ge¬ 
noux,  9121. 

Agent,  argent,  I,  282  S  1 2 3 . 

Agraper,  s'accrocher,  à,  agrip¬ 
per,  32379-80. 

A  grevé,  sur  chat  gé, grevé,  3Go  1 1  ; 
fatigué,  11854. 

Agu,  aigu,  coupant,  15427, 
i543o,  etc. 

Aguet,  ruse,  fraude,  29041, 
3225o,  etc. 

A  gu  il  Ion,  aiguillon ,  25820, 

27770,  etc. 

Aguisé,  aguisié,  d'esprit  fin , 
averti,  26229,  28333,  etc. 

Aguisier,  aiguiser,  11670, 

40707,  etc. 

Ahan,  hahen,  aham,  peine,  en¬ 
nui,  3855,  7603  ;  I,  347  a  ; 
terre  labourable ,  22899. 

Ahancr,  labourer ,  cultiver , 
19912. 

Aherdre,  voy  Acrdre. 

Ahontcr,  couvrir  de  honte,  3402, 
223o5,  etc. 

Ahosté,  hébergé  33o58. 

Ahurtc,  obstiné,  I,  291  §  1 5 1 . 

Ahuy,  aujourd'huy,  2293. 

Aide,  aide ,  160,  161,  etc. 

Aiduie,  aide,  II,  223  a. 

Aignc,  voy.  Ainsnc. 

Aigne1,aigniaulx(f///r.;agncJM, 
14616,  13896,  etc. 

Aignclet,  agnelet ,  24497. 

Aigouture,  ce  qui  tombe  en 
gouttes,  2  5322. 

Aigue,  aivc,  eau,\,  332, et  367  a, 
II,  200,  etc. 


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GLOSSAIRE 


253 


Aiguier,  aiguière ,  I,  357  a- 

Ail  lie,  gousse  d'ail ,  c/iose  de 
peu  de  prix ,  23.90. 

[Aimant]  aymant,  acier  /rés 
dur,  13978. 

Ainchois,  ainçois,  plutôt ,  482, 
1578,  e/c. 

Aincor,  voy.  Ancor. 

Ainfermeté,  voy .  Enfermcté. 

Ains,  mais,  53,  95 1,  etc.;  avant, 
732,  932,  e/c.;  —  que,  avant 

573. 

Ainsinques,  ainsiques,  ensin- 
que,  ainsi ,  681 3,  7^04,  I, 
3 1 1 ,  e/c. 

Ainsné,  8941,  8945,  c/c.  ;  aigné, 
II,  245,  aîné. 

Aïr,  aÿr,  colère ,  fureur ,  24652  ; 
I,  3 17  a,  e/c. 

Aire,  extraction ,  22237. 

Aire,  au/e/,  I,  232  §  io. 

Aïrer  (s*),  s’aÿrer,  s'irriter ,  se 
fâcher ,7232,  1 1  353.  etc. 

Aise,  plaisir,  816;  1,  2  33  §  11, 
etc. 

Aisément,  faculté ,  possibilité , 
848,  4o368  ;  ustensiles ,  ins- 
truments ,  29733,  etc. 

[Aisicr]  aysicr,  plaisir ,  832. 

Aïtant,  aÿtant,  autant ,  9221, 
10770,  e/c. 

Aive,  voy.  Aigue. 

Ajonction,  ajunccion,  adjonc¬ 
tion ,  1473 1,  37220,  c/c. 

Alainc,  haleine ,  73 1  5,  i566i, 
etc. 

Albes,  corr.  Abbcs  ;  voy.  Ab- 
bas. 

AI-,  Voy.  Ail. 

Aler,  haler,  16304. 

Alevcr,  élever,  nourrir ,  3883, 
35262,  etc. 

Alexandrin,  originaire  d'Ale- 

0 

xandrie  d'Egypte ,  3772, 

17864,  e/c. 

Alier,  halier ,  I,  3 19a  ;  II,  200  a. 

Allaittier,  allaiter ,  14119,  I, 
228  §  5,  e/c. 

[Allé],  aie,  qui  a  de  l'allant , 
2335g. 

[Allée],  alée,  action  d'aller ,  754. 

Allcgrissier  (s*),  se  réjouir ,  se 
livrer  à  la  joie ,  I,  352. 


Allcntir,  ralentir ,  49;  alanguir , 
i525,  i3852,  e/c.;  —  (s’), 
devenir  plus  lent ,  6852. 

Aller  (au  long),  à  /a  /în,  27743. 

Allie,  réuni ,  22098. 

Allïcr  (s*),  se  réunir ,  s'assembler , 
10367. 

Alligcment ,  allègement ,  1  , 

346  a. 

Allonge,  retard ,  dé/ai,  4371. 

Allongement,  retard ,  443. 

Allosengicr,  flatter,  20828. 

Al  loyer,  /aire  l'essai  d'un  métal , 
26477. 

Allyance,  union  de  plusieurs 
personnes ,  2o383. 

Amaladi,  abattu ,  23041. 

Amanrir,  voy.  Amenrir. 

Amasse,  qui  possède  des  biens , 
20901. 

Amati,  fatigué ,  abattu ,  7174. 

Amatir,  abattre,  dompter ,  io835; 
—  (s*).  5e  fatiguer ,  28233. 

Ambcdui,  2294;  ambedeulx, 
14222,  anmeJcus,  II,  23o- 
240  a  ;  andui.  II,  224  a  ;  an- 
deus,  I,  240  a,  /011s  /es  deujr. 

Amechon,  hameçon ,  13392, 

31404,  e/c. 

Amender,  profiter ,  s'améliorer, 
13985, 17968. 

Amenrir,  amanrir,  amoindre, 
amoindrir ,  25720,  28589  ;  I, 
281  §  120. 

Amcnuisir,  diminuer ,  34964. 

Amer,  amertume ,  18022,  34794, 
etc. 

Amer,  anmer,  aimer ,  i3o, 
i3o66,  e/c. 

Amcrtumcmcnt,  avec  amertu¬ 
me,  6788. 

Amesurer  (s’),  garder  la  mesu¬ 
re ,  se  modérer,  1,  3 1 3  a. 

Amiable,  aimable ,  3672. 

Amiablement,  aimablement  , 
9740. 

Aministrer,  donner  les  sacre¬ 
ments,  I,  246  ^  44  »  adminis¬ 
trer ,  I,  248,  S  47- 

Amiraut,  émir,  17860. 

Amislié,  amitié ,  29008,  29980, 
etc. 

Amoindre,  1*09'.  Amenrir. 


Amoisonner,  affermer ,  38491. 

Amoistir,  mouiller,  6840,  6843, 
etc. 

Amolir,  s'amollir ,  se  relâcher , 

6833. 

Amonnester,  avertir, conseiller, 
17458,  21541, 1,  248?  47,  e/c. 
voy.  Admonnestement. 

Amont,  amonlt,  en  /iau/,  2932, 
3432,  etc. 

Amonter,  élever,  faire  monter, 
I,  222  a. 

Amordrc  (s’),  s'attacher,  prêter 
attention,  5323,  13620,  etc. 

A  mors  (subst.),  leurre,  appas, 
1 3 3g 3  ;  —  (par/,  passé),  pris  à 
l'amorce ,  333o5. 

Amoureux,  compatissant ,  7096. 

Amyablc,  voy.  Amiable. 

Anaize,  voy.  Enaize. 

Ane,  jamais,  28125. 

Ancellc,  aneele,  servante , 

2 53o2,  32734,  e/c. 

Anceller,  flairer  (?),  31845. 

Ancesscrie,  origine,  extraction, 
1,  333. 

Ancheoir,  voy.  Enchcoir. 

Anchïen,  ancien,  81,  710;  mais 
ancienne,  263. 

Anchiennour,  anchïenneour, 
ancien,  5io3,  ioq83,  e/c. 

Anchiscric,  antiquité,  192 12, 
19266,  e/c. 

Anchisour,  ancêtres ,  22165. 

Anconmancicr,  voy.  Encom- 
menccr. 

Ancor,  ancorc,  19203,  19533, 
e/c.;  aincor,  1 3 1 16,  encore. 

Ancourpé,  vo.y.  Encourpé. 

Andcus,  voy.  Ambedui. 

Anel,  anneau,  16283,  I,  260 
§  73» 

Ancmi,  ennemi,  8258,  e/c. 

Anfermeté,  voy-.  Enfermctc. 

Anfes  (nom.),  enfant,  I,  345  a. 

Ange,  angle,  I,  229  §  6;  e/c. 

Angevin,  petite  pièce  de  mon¬ 
naie,  I,  366  a. 

Angle,  ange,  4261  ;  I,  228  §  5, 
etc. 

Angleçon,  pc/i7  coin,  31483. 

Anglet,  recoin,  I,  262  g  81  ; 
41 1 3o. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


2  54 

Angoisscux,  angoissant ,  1 54.53, 
17084,  etc. 

Anhastic,  voy.  Enhastic. 
Anichillcr,  annihiler ,  II,  ig5  a. 
Anmedeus,  voy.  Ambedui. 
Anmer,  voy.  Amer. 

Anneur,  voy.  Honour. 
Annuieux,  voy.  Ennuieux. 
Anor,  voy.  Honour. 

Anoy,  voy.  Ennoy. 

Anorier,  voy.  Ennorter. 
Ansugant,  voy.  Ensuiant. 
Anperir.  voy.  Emperir. 
Ampousonner,  voy.  Empou- 
sonner. 

Ansarré,  voy .  Ensserre. 

Anten,  l'année  d'avant ,  33içp. 
Anier,  voy.  Hanter. 

Anterin,  voy.  Enterin. 

Anterrer  (s’),  voy.  Entcrcr. 

An  tours,  voy.  Entour. 
Antravcillié,  voy .  Entravcillic. 
Antroduirc,  voy.  Entroduirc. 
Antroduisierres,  voy.  Entro- 
duisour. 

Anuir,  voy.  Ennoir. 

Anunchicr,  anuncicr,  prédire , 
annoncer ,  2 3883  et  2  3883,  etc. 
Anuit,  anuyt,  cette  nuit ,  4629, 
101 38,  etc. 

Anuy.  anuyt,  voy.  Ennoy. 

Aorcr,  nourer,  adorer ,  4309, 
4314,  etc. 

Aornetnent ,  parure,  7 1 54, 9470, 
etc. 

Aorner,  parer ,  1716,  42.32,  etc. 
Aoutc,  sauterelle ,  II,  244  a. 
Apaicr,  apaiser ,  iG63,  3049, 
etc. 

Aparant,  brillant ,  clair ,  2387. 
Apareil.fré^.  rt///,  2748,18324, 
etc. 

A  pareil  I  i<5 , f  .  disposé  à ,  2  1 2 8  ; 

équipé ,  12267. 

Aparcillier,  apprêter ,  5o22, 

1092  1,  e/c. 

Aparer  (s*),  se  conformer ,  1,233, 

8*1. 

Aparoir,  apparaître ,  976,  402  r  ; 

“  (O»  apparaître y  sc  montrer. 
20787,  38446,  e/c. 

A  p  a  r  te  11  i  r  (  l w/*ers .) ,  co  w  ve/i  /  r, 
6327. 


Apendre,  être  soumis,  dépen¬ 
dre,  5747,  13741,  e/c. 
Apcnscmcnt,  qualité  d'un  être 
qui  pense ,  19323. 

Apcnser  (s’)f  penser,  réfléchir , 
se  demander ,  2894,  8836,  c/c. 
Apenssc,  qui  a  de  la  prudence , 
réfléchi ,  8338,  14368,  e/c.;  — 
de,  qui  songe  à,  24944. 

A  per,  prendre  y  4604. 

Apert,  aspert,  41/1  possède  l’en¬ 
semble  des  qualités  physiques. 
3 122,  3268,  e/c. 

Apert  (en),  ouvertement ,  122, 
47**7»  e/c. 

Apcrtcllc,  courageux ,  vaillant , 
2o3oi . 

Apertemcnt,  ouvertement, 9008, 
i  3492,  e/c.  :  vivement %  promp¬ 
tement ,  1373,  12431,  e/c. 
Apcsandir  (s*),  devenir  pesant , 
23730. 

Apetichicr,  apetissier,  apetin- 
chicr,  apctincicr,  diminuer , 
7430,  7970,  e/c.  ;  diminuer  de 
valeur ,  6643  ;  I,  268  $  96,  e/c. 

A  pe  t  i  ssa  bl  c,  appét  :  ssa  n  f ,  2  66 1 4  ; 
affamé  y  248-9. 

Apichicr  (s*),  s'apitoyer ,  pe/i- 
dre  pitié  y  19727. 

Aplaigncr,  aplanicr,  caresser 
du  plat  de  la  main,  10373  ; 
II,  249,  e/c. 

Apoindir,  disposer ,  8699. 

Apoint  [adj.)%  piqué ,  cousu,  fa¬ 
briqué,  13973. 

Apointié(mal),  en  mauvais  état, 
*9894. 

Apointicr,  marquer,  fixer ,  I, 
24S.  §  47- 

Apoplisie,  apoplexie ,  I,  2  33, 

§  36. 

Apostat,  dignitaire  romain, 
20272,  20448,  e/c. 

Apostolc, pape,  333,  11423,  etc. 
Apostumc.  <7///  <2  ///1  apostume, 
24179. 

Apovrir,  devenir  pauvre,  16839. 
Apoyer  (s'),  se  ranger  à  un  avis, 
24602. 

App.,  vor.  Ap. 

Aprement,  durement,  violem¬ 
ment,  1 332  2 . 


Aprendrc,  prendre,  saisir , 
*7794. 

A  presser,  presser,  serrer,  3  1  749; 

presser  moralement,  28348. 
Aprcsté,  équipé,  armé ,  12055. 
A  p  roc  h  e  m  e  n  t ,  />ro  a- i  01  t /e .  34929. 
Aprins,  acquis,  fortune,  212. 
Apropricr,  s'approprier ,  3Ôoi8. 
A  prouve  ,  prouvé ,  déclaré . 
3079,  207*3. 

Aprouver,  prouver ,  démontrer, 
24091. 

Apuïr,  co#  r.  à  prier,  II,  249. 
Aqucster,  acquérir,  614,  9494, 
etc. 

Aquision  ,  ac/ion  d'acquérir , 
n,  244. 

Aquiter,  délivrer ,  I,  1  32  a. 
Araisonncr,  adresser  la  parole 
à,  interpeller,  I,  3o8. 

Arain,  airain,  9460,  i3o87,  c/c. 
Arcanglc,  archange,  36408. 
Arccchapclain,  archichapelain , 
I,  268  §  93. 

Arche,  tombeau,  I,  263  §  90. 
Archcdiacre,  archidiacre ,  I,  284 
§  1 33. 

Archeprestre  ,  archiprétrc , 
23783. 

Archcvcsquic,  archevêché,  I. 
28  §  1 19. 

Archon,  arcow,  286,  2ii83,e/c.; 
—  (estre  es),  faire  l'amour, 
40129. 

Ard,  adresse ,  voy.  Art. 

Ardrc,  ardoir,  brûler ,  970,  3387, 
etc. 

Ardure,  brûlure,  I,  277  S  1  »3  ; 
et  3 io  a,  etc. 

Arec,  champ  labouré,  27427. 
Arcr,  labourer,  9268,  14333, 

etc. 

Arguer,  tourmenter ,  presser, 
6273. 

Arimesticque,  arismcticque, 
arithmétique,  I,  2  32  §  54, 
23204,  etc. 

Armaire,  armoire ,  433i,  4356, 
etc. 

Arme,  âme,  i?785. 

Arm  cure,  armure,  10953. 

Armicr,  peintre  d'armoiries , 
36049. 


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GLOSSAIRE 


Aromastiquc,  aromatique ,  I, 
287  §  141. 

Aron  Je!,  hirondelle ,  II,  247. 

A  rouscr,  arroser,  garnir,  1  3446, 
18484,  etc. 

A  router  [s'),  se  former  en  troupe , 
II,  243  a. 

Arraignier,  interpeller ,  32074. 

Arragic,  enragé ,  furieux , 
19402-3. 

Arresté,  sensé,  52  3. 

Arrcstcü,  arrêté ,  cesse  daller , 
I  3252. 

Art  icmcnt,  vor.  Erremcnt. 

Arrier,  01  arrière ,  6087,  6342, 
e/c.;  de  nouveau ,  6509. 

Arrière  main,  revers  de  la 
main,  4435. 

Arroy,  eorys  de  bataille,  2672  ; 

—  équipage ,  /raiu,  42  5«>f 
5oGo  ;  —  richesse,  9292  ; 

—  ordre,  arrangement ,  33q2, 
3G32,  etc.;  manière  d'être, 
3 0060. 

Arroycr,  arrayer,  préparer, 
mo32,  0403,  e/e.;  établir, 
3688 1. 

Ars,  //ni/e,  3912,  4009,  e/e. 

Art,  ard,  adresse ,  290,  33o4, 
e/e . 

Artcr,  arré/er,  13917. 

Art  illeux,  artificieux ,  9340. 

Asancion  de  mai,  l'Ascension 
par  opposition  à  i Ascencion 
d'aout  ou  Assomption,  I,  3 1  G. 

Asccsmé,  pare.  II,  238  a. 

Asorrc,  voy.  Assolir. 

Aspcrt,  voy.  Apcrt. 

Asprece,  courage,  II,  222. 

Asprcment,  avec  force,  19081. 

Asproicr,  tourmenter,  harceler, 
poursuivre ,  2181;  I,  317,  e/e. 

Assaicr,  essayer,  7985. 

Assailleur,  assautcur,  bandit, 
brigand,  37317  ;  I,  367. 

Assamblcr,  réunir,  421,  4607, 
etc. 

Assaucier,  exhausser,  honorer , 
II,  223  a. 

Assauteur,  voy.  Assailleur. 

Asscgicr,  assiéger,  821 5,  8227, 
e/e. 

Assené,  sensé,  10189;  assuré, 


I,  291  §  i5o;  partagé,  loti , 
9602. 

i  Assener,  assenner,  assigner, 
I  3  1 80.  4480,  etc.;  nantir,  lotir, 
|  46 18. 

Assens,  asan,  idée,  pensée, 
21479  y  e/c. 

Assens  (par),  de  coutume,  1  b(j$5. 

Asscntcment,  assentiment,  !, 
245  $  39  ;  I,  271  §  1  o3. 

Assentir  s’?,  consentir,  3i358. 

Asseoir,  assiéger,  8225  ;  mettre , 
placer,  15477. 

Asscrisier.  calmer,  tranquilli¬ 
ser,  1776,  1  m  32,  etc. 

Assés,  accès,  I,  292  §  1 52. 

Asseûr,  assuré ,  4738,  no36t 
etc. 

Asscürc,  assourie  (fém.),  en 
sûreté,  1  106  ;  II,  244. 

Asscürcr  (s  ;,  je  mettre,  se  sen¬ 
tir  en  sécurité ,  3129,  3734, 
etc. 

Assiégé  (être;,  avoir  une  situa¬ 
tion,  être  fixé,  27826. 

Assiette,  assiette,  évaluation, 
20080. 

Assis,  établi,  constitué ,  fixé, 

1 688,  1 345o,  etc.;  posé,  calme, 
22088. 

Assolir,  asorrc,  absoudre,  I, 
3 Go  a  ;  II,  21 3  a,  etc. 

Assoungicr,  calmer,  I,  346  a. 

Assoufli,  satisfait ,  repu,  28io3. 

Assoulagicr,  soulager ,  27083. 

Assourie,  voy.  Asséuré. 

Assouvi,  satisfait,  13346. 

Assouvir,  asuvir,  achever ,  ac- 
cumplir ,  7651;  11,  237,  e/e. 

Astcnir,  abstenir,  28816. 

Astralabc.astralabre,  as/ro/a6e, 
I,  273  ü  io5  ;  9442,  e/e. 

Astronomien, astronome,  I.  229 
$  6,  e/c. 

Asuvir,  voy.  Assouvir. 

Asaignant,  querelleur.  40804. 

Ataindrc,  atteindre,  chercher 
3149,  3141,  etc. 

Ataingna  minent,  convenable¬ 
ment,  d'une  manière  appro¬ 
priée,  10100. 

Ataïne,  ataÿne,  querelle ,  noise, 
14512  ;  I,  3io  a,  etc. 


255 

Atant,  à  ce  point,  Ic-dessus,  874, 
3579,  etc. 

Atapiner  (s’),  se  blottir ,  se  ca¬ 
cher,  18379. 

Atargeincnt,  retard,  8722. 

A  te  mp  rdc  ment,  avec  modéra¬ 
tion,  avec  tempérance ,  14521. 

Atcmprcmcnt,  moyen  de  modé¬ 
rer,  de  calmer,  3y53o. 

Atcndancc,  attente,  21674. 

Atenduc,  objet  de  l'attente,  de 
l'espérance,  8180,  23639,  etc. 

Atenrrc  (s’),  s'attendre,  27214. 

Atcnir,  se  retenir,  341 1 1. 

Atenu,  tenu,  conservé,  2244. 

Atcrrcr,  jeter  à  terre,  abattre, 

1  3655. 

Athi,  voy.  Aati. 

Athysier,  voy.  Atisier. 

Ati,  voy.  Aati. 

Atiricr  (s  ),  se  parer,  s'équiper, 

1  2280. 

Alisier,  athysier,  atisscr,  exci¬ 
ter,  provoquer,  2817,  byb4, 
II,  227. 

Atouchicr,  toucher ,  27255. 

Atour,  toilette ,  vêtement,  7100. 

Atourncment,  aménagement, 
décoration,  28842. 

Atourncr,  disposer ,  arranger, 
préparer,  12293,  1 33 46,  etc. 

Atout,  avec,  10920,  18834. 

Atrairc,  attrairc,  attirer ,  faire 
venir,  42b,  3683,  etc. 

Atrait,  atret,  attiré ,  2356o  ; 
tracé,  reproduit,  17838; 

( subst.),adresse ,  2 1 32  1  ;  ( adv .), 
lentement ,  posément,  6376. 

Atrcmpance,  qualité,  36345. 

Atrempé,  modéré ,  dont  toutes 
les  qualités  sont  bien  tempé¬ 
rées,  7883  ;  I,  240  S  24,  etc. 

Atrcmpcment ,  tempérament , 
20978. 

A  tremper,  tempérer,  modérer, 
543o  ;  I,  229  §  6,  etc. 

Atret,  voy.  atrait. 

Atuichicr,  survenir,  I,  319. 

Atuichicr  (s*),  atteindre ,  [un 
endroit),  I,  3i  3.  * 

Auble,  aube ,  vêtement  blanc , 

1 1474. 

Aubre,  voy.  Abre. 


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2  56 

Aubun,  blanc  de  l'œuf ,  34541, 
34625,  etc. 

Aucer,  hausser ,  3ooi. 

Aucqueton,  hoqueton,  r 4 1 5 5 . 

Auctorisié,  revêtu  d'une  auto¬ 
rité,  2743,  6190,  etc. 

Auctorisier  (s’),  prendre  de  Vau- 
torite ’,  19495, 19505. 

Auctoritcs  (les),  les  écrits ,  2640, 
3333,  etc.;  sentence ,  13290. 

Aucube,  tente,  7887. 

Auffcrant,  cheval  bouillant,  im¬ 
pétueux,  18415. 

Aufroy,  broderie  en  bordure , 
24406. 

Aultoir,  ostour,  autour ,  oiseau 
de  proie  ,  63o3,  19560,  etc. 

Aumachour,  émir ,  gouverneur , 
17860. 

Aumairc,  armoire ,  29818. 

Aünce,  réunion ,  20149. 

Aûner,  assembler ,  12362, 

16819,  e/e. 

Auquez,  quelque  peu ,  assef, 
3i376. 

Auté,  otage,  3919. 

Autel  (adj.),  pareil ,  tel ,  933 1, 
26247,  e/c. 

Autemcnt,  hautement ,  4647. 

Authonne,  automne ,  19381. 

Autre  (pronom),  autre  chose , 
33922. 

Autresi,  également ,  I,  358  <1. 

Autrctel,  </e  même,  pareille¬ 
ment,  I,  274  ?  106. 

Autrier,  avant-hier ,  3554. 

Autrui  (T),  /e  bien  d'autrui ,63, 
14569,  e/c. 

Auyr,  voj'.  Oir. 

Avaine,  avoine,  i85o8,  25700, 
etc. 

Aval  (tout)  l’année,  tout  le  long 
de  l'année ,  27664. 

Aval,  en  6js,  3432,  60 3o, 
etc. 

Avaler  ,  descendre  ,  baisser 
4378,  6335,  e/c.  ;  —  (s’),  venir 
en  bas .  descendre ,  7340, 
12176,  e/c. 

Avanchier,  avancer, 4681, 6174, 
e/c.  ;  favoriser,  pousser,  4870* 
7375,  e/c.;  —(s),  sortir, 

i5938. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Avanchir,  prévenir,  devancer , 
28^10. 

Avarice,  cupidité,  6649,  14485, 
etc. 

Avenir,  arriver,  1076,  1 100,  e/c. 

Aver,  avare.  4802,  33841,  e/c. 

Avcrir,  vérifier,  680,  2097,  e/c. 

Avesprir, /aire  soir,  10143. 

Aviel,  bonne  chère ,  bombance , 
joie,  2227,  50747» 

Avilcnir,  avilir,  22686. 

Avilcr,  avillier,  avilir,  mettre 
dans  une  mauvaise  situation, 
5642,  1 1596,  e/c. 

Avironner.  l'or.  Environner. 

Avis  (par),  /?ar  aventure,  II, 
197  a. 

Avis  est  que,  1/  semble  que, 

9032. 

A  visé  ment,  prudemment,  sage¬ 
ment ,  *4074. 

Avisicr,  Advisicr,  reconnaître, 

1 9 1 6*  7781,  e/c.;  regarder, 
remarquer, 9548,  14833,  e/c.; 
avertir,  1 3657  î  —  (O  se 
porter,  aller,  20694. 

Avision,  vision,  songe,  9833. 

Avoc,  protecteur,  I,  3 19. 

Avoié,  disposé ,  mis  en  vo/e, 
12667,  12814,  e/c. 

Avoultrce,  avoultrie,  avoulterie, 
avoustirc,  violation  de  la  Joi 
conjugale.  I,  25 1  g  5 1 ,  21061, 
11,223,  e/c. 

Avoy,  avanie,  9239. 

Avoÿc  (fém.),  voy.  A  voie. 

Avoyer,  diriger,  conduire ,  996, 
8488,  e/c.  ;  s'acheminer,  443  7; 
enseigner,  19917;  —  (s  ),  s‘a- 
chemincr ,  523g,  8460,  etc. 

Avuglc,  aveugle.  34393. 

Av!  cri  de  souffrance ,  597, 

Ave,  aic/e,  523o,  5499,  e/c.; 
vertu.  10041. 

Aver,  aider,  18007,  37921. 

Aycue,  ait/e.  21,  5o,  e/c. 

Aycuer,  aider,  4670. 

Avmant.  vor.  Aimant. 

• 

Avr,  vo)'.  Air. 

Ayrer  (s*),  voy.  Aircr  (s’). 

Aysicr,  voy.  Aisicr. 

Aytant,  voy.  Ai  tant. 


Bacheler,  Baceler ,  jeune  noble, 
4'7*>  4772,  18947. 
Bachclerie,  ensemble  de  jeunes 
nobles,  18717. 

Bachin,  bassin ,  9433,  9437,  etc. 
Bachinct,  casque,  bassinet, 
3836 1. 

Bacin,  bachin,  bassin.  I,  35» 7 a, 
266o5,  etc. 

Bacon,  pièce  de  lard ,  II,  219 
240  a. 

Bagncr,  baigner,  37068. 

[ Baïf ]  baÿs  (nom.),  désireux. 

porté  à,  11527,  13730. 

Bail,  tutèle,  II,  228. 

Bail  lie  ,  pouvoir  ,  possession , 
4832,  17528,  etc. 

Bai  1  lier,  donner,  170,  i8i.de. 
Bailly  (mal),  mal  balli,  mal¬ 
traité,  malmené,  5428,  5?4;. 
etc. 

Baingnicr,  séduire,  délecter ,  !, 
.>09. 

Baïs,  nom.  de  Baïf. 

Balaine,  baleine ,  1 0 3 5 1 . 

Baler,  balier,  ballcr,  baloycr. 
s'agiter ,  2940,  5083  ;  I,  3 1 1  J, 
etc.  ;  danser ,  39314. 
Ballance  (en)  ,  en  risque , 
202  1 . 

Bandon,  liberté  de  s'amuser, 
II,  201;  —  (a),  à  discrétion, 
24760. 

Ban  i crc,  partie  de  la  crête  qui 
se  trouve  en  dessous  du  bec  de 
l'oiseau,  16039. 

Barat,  fraude,  tromperie ,  4^7* 
4787,  etc. 

Barbes  (les),  barbe,  27084. 
Barbion,  joubarbe ,  26714. 
Bareticre,  voy.  Bartcre. 
Barettcr ,  tromper,  chercher 
chicane,  17302. 

Barguignier,  disputer  sur  un 
prix,  26463. 

Barncss e,  femme  de  qualité ,  I, 
32  2. 

Baronnie,  ensemble  des  barons, 

338,  10349,  etc  '<  de 

baron ,  noblesse ,  1 3a  1 9. 
Barrer,  attacher  à  une  barre, 

1 3583,  i3586,  etc.  ;  fermer , 
18622. 


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GLOSSAIRE 


Barterc,  barctierre,  trompeur , 
fripon ,  5730  ;  1,326,  etc. 

Bast  (fils  de),  bâtard ,  II,  23o  a. 
Bastir,  machiner ,  comploter , 
2189t. 

Bataille,  troupe  de  combattants, 
10047. 

Bataillié, /or/i/fe,  19285. 
Bataillicr,  bateillicr,  attaquer , 
livrer  bataille  à,  18391;  1,353. 
Batant,  aussitôt,  12449,18453; 

—  rapidement ,  vite,  12149. 
Batesme,  voy.  Bautcsme. 
Batison,  action  de  battre,  49.S9. 
Batisscr,  voy.  Bautissicr. 

Batrc , tomber, descendre,  1 5679; 

—  à  soi,  attirer  à  soi,  20899. 
Baturc,  action  de  battre ,  22040. 
Baubelit,  savate,  29676. 

Baud,  bault,  gai,  ardent ,  2713, 

3ot  16,  e/c. 

Baudcmcnf,  hardiment ,  20748. 
Baudour,  joie,  gaité ,  2773, 
12289,  r/c. 

Bautcsme,  batesme,  baptême , 
8537,  II,  223. 

Bautessicr,  Bautissicr,  balisser, 
baptiser,  I,  345,  338  J  ;  II,  2  2  3. 
Baÿs  nom.  c/e  Baïf  ;  voy.  ce  mo/. 
Bazilique,  basilic,  34797. 

Bc  (par  le  cuer)  corbleu ,  II, 

*97  *• 

Beance,  désir,  317,  34421,  e/c. 
Bée,  ouvert ,  7068. 

Beer,  aspirer,  désirer ,  56 1, 
4952,  e/c. 

Behitre,  dispute ,  contestation, 
19644. 

Benelchon,  beneïsson,  bénédic¬ 
tion,  6763,  27167,  etc.;  — 
impérial,  sacre,  I,  271  §  tôt. 
Ben  igné,  doux ,  sa/ts  colère, 
4265. 

Begninement,  beguinement, 
comme  de  bonnes  gens,  1 8554, 
36833. 

Bcncüreté,  béatitude,  I,  2  33 
§58. 

Benivolcncc,  bienveillance.  I, 
232  §  10. 

Benoit,  6éwi,  2430,  19777,  e/c. 
Benque,  banque,  38333. 
Berbis,  brebis,  II,  233. 

Tome  II. 


Bcrch,  berceau ,  9017,  9029 
etc. 

Berscr,  percer,  I,  247  §  44. 

Besant»  monnaie  d'or ,  4803, 
4820,  e/c. 

Besongnant,  qui  est  dans  le  be¬ 
soin,  5 134. 

Bcsongnier,  travailler,  I,  242 
§  32140703,  etc. 

Besté  (?),  32397. 

Bcsteil,  bête,  II,  235. 

Bcstcllette,  petite  bête,  I,  269 

§  97- 

Bestial,  stupide,  bête,  3342, 
14871,  etc. 

Bcstïaument,  bestiaulment,  à 
la  façon  des  bêtes,  8127, 
14871,  etc. 

Bestourné,  tourné  à  l  envers, 
mal  tourné ,  12713,  16431, 
etc. 

Bestourner,  betourner,  détour¬ 
ner,  I,  3oo  ;  faire  tourner  la 
tête,  rendre  fou,  2665o. 

Beté,  battu,  fustigé,  4340. 

Betourner,  voy.  Bestourner. 

Beubancc,  arrogance,  présomp¬ 
tion,  4677. 

Biauté,  beaultc,  beauté,  27300, 
27301. 

Bienheûrc,  heureux,  383 1, 
8167,  etc. 

Bicnveignant,  bienveillant,  II, 
219. 

Biffer,  truquer,  27009,  27012, 
etc. 

Biffetter  (?),  26490. 

Bigain  (?),  34472. 

Bigarurc,  habit  de  deux  cou¬ 
leurs,  I,  237,  §  65. 

Billier  (aller),  s'en  aller,  I,  3oo. 

Bistnc,  abîme,  enfer,  II,  201  a. 

Bisse,  lin  très  fin ,  9470. 

Bixcste,  jour  bissextile,  34998. 

Blandir,y?a//er,  32297  ;  II,  233, 
etc. 

BlanJisscur,  flatteur,  ?5yi3. 

Blcchié,  blessé,  3171,  3 397, 
etc. 

Bloisicr,  bégayer ,  hésiter , 

26.80,  5149,  etc. 

Bobant,  ajustement ,  habit 

luxueux ,  I,  357. 


257 

Bocage,  bois  de  construction, 
19033. 

Boche,  bosse,  35663. 

Bochu,  bossu ,  34306. 

Boe,  boue,  7746. 

Boidie,  boisdie,  fraude,  I, 
329  a,  36174. 

Bon,  brave,  21427. 

Bondir,  faire  retentir ,  18769, 
18873,  etc. 

Boneureté,  bonheur,  5 1 38. 

Bonne,  borne,  !43o3. 

Bonnet  (chappcau  de),  coiffure 
sans  rebord,  25124. 

Bonté,  hauts  faits,  mérite, 
19762. 

Bordel,  lupanar,  2io65. 

Bordelage  ,  mauvaise  vie  , 
32686. 

Bordelicr,  débauché,  2 5 1 83. 

Borne,  borgne,  II,  242  a. 

Boscagc,  bocage,  28026. 

Bot,  crapaud,  I,  347  a. 

Botercl,  crapaud,  1121  5. 

Boucc,  bouche,  2463,  8896,  etc. 

Bouchcaulx  ( plur .),  lucarne , 
26526. 

Boudry,  ventre,  867. 

Bougre,  pédéraste,  26944, 
29135,  etc. 

Bougric,  bouguerie,  vice  hon¬ 
teux  ,  pédérastie ,  34447  , 
31026. 

Bouguerant,  étoffe  fine,  28857. 

Bouguerie,  voy.  Bougrie. 

Bouïau,  boyau,  I,  347. 

Boulant,  boullant,  bouillant, 
12387;  I,  242  §  3o. 

Boulé,  roulé,  précipité  comme 
une  boule,  716. 

Boullant,  voy.  Boulant. 

Boulye,  fraude,  30486. 

Boulye,  bouillie,  soupe,  30486. 

Bourde,  mensonge,  787,  2457, 
etc. 

Bourder,  mentir,  6938. 

Bourdeur,  bourderres  '(nom.), 
bourderesse  (/cm.),  diseur  de 
bourdes,  menteur,  58,  5254, 
II,  236 a,  etc. 

Bourgois,  bourgeois ,  3i  180. 

Bournc,  borne,  3y3i  ;  frontière, 
1 3282,  voy.  Bonne. 

'7 


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2S8 

Bourrel,  bourreau ,  I,  242  §  $4. 
Boursée,  contenu  d'une  bourse , 
25226. 

Boursette,  petite  bourse ,  11731. 
Boutcculons  (a),  à  reculons, 
31754. 

Bouter,  mettre ,  602,  66o,  987, 
e/c.;  —  arriéré,  repousser , 

84* 

Brach,  bras ,  435o,  4365,  e/c. 
Brachet,  bracquet,  c/iien  de 
chasse ,  braque ,  23712,  30737, 
etc. 

Brai,  cri,  gémissement ,  23909, 
25i37- 

Braie,  braye,  pantalon,  16001, 
16070. 

Braire,  gémir ,  17191 . 
Branc,dfde,  1 55a  1 ,  18606,  e/c. 
Branche,  (flu/g\)  3g,  97. 
Branler,  remuer ,  16288. 
Brasser,  tramer ,  machiner , 

i83i5,  18785,  e/c. 

Braye,  voy.  Braie. 
Brcgier/.^er^er,  20004. 
Brchaigne,  stérile ,  sans  en- 
/an/,  10734. 

Brelent,  table  à  jouer ,  39327. 
Brief,  /e//re,  i65i3,  37429. 
Briefment,  briemant,  briève¬ 
ment ,  65;  I,  367  <1,  e/c. 
Briseté,  fragilité,  23410. 
Brisier,  briser ,  1 5 1 2 2 . 

Brochier,  éperonner ,  18875. 
Broion,  mortier ,  I,  3 19  fl,  e/c. 
Brooier  cul, /fl ire  l'amour ,  If, 

232. 

Brouct,  nourriture ,  II,  232  et 

233. 

Bruire,  /aire  du  6rui7,  15642, 
e/c . 

Bruit,  bruict,  brûlé,  3911, 
5071,  e/c. 

Bruni,  po/i  an  brunissoir , 
349DO. 

Bruvagc,  boisson  ,  1 1 1 3 3, 

16937,  e/c. 

Bruÿnc,  nuage ,  I,  242  S  3o. 
Buchicr,  frapper ,  heurter , 
24632. 

Buée,  lessive ,  895. 

Bufle,  soufflet,  coup  de  poing , 
3o3i8. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Bugle,  buffle,  30469,  34396,  e/c. 

Buiche,  601s,  I,  3 1 5. 

Builleux,  buillon,  panier , 
25819,  3i65o. 

Buisine,  trompette ,  18736, 

18873,  etc . 

Buisse,  bûche,  28266. 

Bureau,  sorte  de  6ure,  22751. 

Bus,  tronc,  6ns/ef  i342  5, 

17693. 

Cachier,  chasser ,  poursuivre , 
1 1 885,  11887,  1 35 1 3,  e/c 

Cadrent,  cadran ,  9442. 

Cnfectin  (et  non  rafectin), 
sor/e  de  51/cre,  26602. 

Caicl,  (an  /Sff.)  méchant ,  mau¬ 
vais,  1 56 1 3- 

Caillcu,  caillou,  31649,  36g36, 
e/c. 

Caillier,  chasseur  de  cailles , 
13395. 

Caillouel  (pomme  de)':  se  dit 
généralement  des  poires , 

36752. 

Caimbrc  (?),  II,  220  fl. 

Calandre,  alouette,  oiseau , 

15698-9,  etc. 

[Calandres)  qualandrcs,  ca- 
lendes,  I,  355. 

Caliport  (?),  P  «  Historia  de 
praeliis  Alexandri  »  porte 
«  porcus  »,  15426. 

Camamile,  camomille,  26765, 
26774,  e/c. 

Camiaulx,  chameaux ,  i5225. 

Canchc,  chance,  3()33 1.  V'oy. 
Cheancc. 

Cangler,  changer,  I,3i5. 

Cantité,  quantité ,  i56oo, 

i5625,  etc . 

Capcron,  chaperon,  26783. 

[Caplc],  capple,  carnage ,  mas¬ 
sacre ,  18607. 

Caplcmcnt,  carnage,  massacre , 
10876. 

Car,  chariot ,  18384. 

Carattere,  caractère,  25iii. 

CarJamoine  ,  cardamome  , 
26700. 

Cardonnal,  cardinal,  I,  338  a, 
e/  362  a,  e/c. 

Carnalité,  voy.  Charnalité. 


Carnier,  corr.  caruier,  labou¬ 
reur,  2  55 1 3 . 

Carole,  karolle,  querole,  danse , 
18246;  I,  275  §  108;  II,  199  a. 
e/c. 

Carpentier,  charpentier,  18677, 
40461,  e/c. 

Carpobalsamon,  /rui7  du  6au- 
rnicr  de  Judée ,  1 5936. 

Carre,  quarre,  coté,  face,  3897, 
3898,  e/c. 

[Carreaulx]  quarreaux  (f/ur.), 
carreau ,  19287. 

Carrel,  /rai7  d'arbalète ,  83 16, 
15524,  e/c. 

[Carreûre]  quarreûre,  façade , 
côté,  8o85. 

Caspain,  dn  pays  de  Casye, 
1 366g. 

Casteté,  chasteté,  586a-3. 

Casuble,  chasuble,  11474. 

Casser  ,  cesser  ,  s'éteindre  , 
1 3 1 86. 

Casson,  sor/e  de  sucre,  26836. 

Catir,  cacher,  2i5o,  1 5520,  e/c. 

Caup.  Koy.  Cop. 

Caux  soi  ris,  chauve-souris , 

34774- 

Cel,  ciel,  34583. 

Celer,  cheler,  cacher,  1482, 
3704,  e/c. 

Celée,  flc/ion  de  cacher,  4384. 

Celestre,  dn  cie/,  5994. 

Celestial,  6/eu  du  cie/,  i6o3i. 

Cendal,  étoffe  de  soie ,  3773, 
15902,  e/c. 

Cengle,  sangle,  18428. 

Centisme,  centoisme,  centième, 
15258;  I,  355. 

Cerchier,  Chercer,  chercher , 
363,  108 16,  e/c.;  visiter, 

4220,  14167. 

Ccrcus,  sarcus,  cercueil,  I,  279, 
§  1 1 5,  e/c. 

Cerne  (le),  cercle,  8700,  36247. 

Certcffier,  certifier ,  22232. 

Certes  (a),  sérieusement,  pour 
tout  de  bon,  4474. 

Cervel,  cerveau ,  29638. 

Cesser,  s'arrêter,  14311  ;  —  (se) 
même  sens,  19062. 

Cesy,  ceci,  5588. 

Cha,dece  coté,  1588,4564,  e/c.; 


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GLOSSAIRE 


259 


—  avant,  plus  loin ,  403,  4324, 
etc . 

Chaainne,cheyne,  c/iaine,  «9o3; 
I,  245  J  42. 

Chabot,  sabot ,  jeu ,  11727, 

11755. 

Chaiere,  siég-e,  chaise,  1 22 3 1 , 
16173,  etc. 

Chaindre,  ceindre ,  21721;  — 
(se),  se  ceindre ,  s'entourer  les 
reins ,  20304,  2o5o6,  etc. 

Chainture,  ceinture ,  33584-5, 
etc. 

Chaitif,  ro>'.  Chciif. 

Chalemel,  chalumeau ,  flûte, 
1 3389. 

Chalemeller,  jouer  du  chalu¬ 
meau ,  13389. 

Chalengerre  (nom),  yixi/jr  accu- 
sateur ,  calomniateur ,  20432. 

Chaliour,  chaleur ,  26607. 

Chaloir,  importer ,  339,  1008, 
etc. 

Chambre  (aller  a),  a//er  à  la 
garde-robe ,  26683. 

Chambrelcn, c/iam5e//an,  17010. 

Champaigne,  campagne,  I,  3 1 3. 

Chanoenne,  chanoine ,  32457. 

Chanonnie,  collège  de  chanoi¬ 
nes,  37272. 

Chanu,  6/anc,  9703. 

Chambcriere ,  chanbcrierc, 
chanbriere,  servante ,  8382, 
I,  242  J  34,  etc. 

Chandeille,  chandelle ,  I,  270 
8  99- 

Chappe,  grand  manteau ,  461, 
2780,  etc. 

Chapeau,  couronne,  21715. 

Chapelet,  petite  couronne  de 
fleurs ,  3169. 

Char,  chair,  2404,  3026,  etc. 

Chareton,  charretier ,  23994, 
26005,  etc. 

Chariere,  chemin ,  2944. 

Charmes,  «  carmina  »,  gestes, 
1,  267  §  93. 

Charmcrie,  charme,  enchante¬ 
ment ,  1 1 1 3. 

Charmier,  sorcier ,  37789. 

Charnalité,  Camalité,  c//oses 
de  la  chair ,  6269,  28982. 

Charroier,  charroyer,  se  rendre 


en  char ,  a//er,  2992,  15404, 
etc. 

Charruier,  laboureur,  II,  227  a; 
vqx-  Carnier. 

Chartre,  acte  authentique, cons¬ 
titution,  75 1,  11 63,  etc. 

Chartre,  prison,  3977;  I,  238 
§  20,  etc. 

Chasserres,  nom.  de  chasseur, 
30736. 

Chastel,  chatel,c/iafeai/,  1 38og, 
13932,  etc. 

Chastiement ,  avertissement , 
instruction ,  2931 1. 

Chastier  (se),  se  corriger , 

31907. 

[Chastoy]  Chatoy,  avertisse¬ 
ment,  instruction ,  29230. 

Chastoier,  donner  des  avertis¬ 
sements,  des  enseignements, 
28475. 

Chaté,  Chatcl,  t»ien,  propriété, 
636,  53o8,  etc. 

Chatois,  ro^.  Chastoy. 

Chauant,  cheuant,  chat-huant, 
I,  238  §  19;  I,  240  §  23. 

Chauce  de  la  tonnelle  (?),  II, 
201,  etc. 

Chaudcron,  casserole,  I,  276, 

§  1 1 3. 

Chault,  chaleur ,  3762,  8004. 

Chausetier,  tailleur  qui  fabri¬ 
que  les  chausses,  I,  282  §123. 

Chaussement,  chaussure,  71 53, 
22241. 

Cheance,  coup  de  d^,  4599. 
4'o^.  Canchc. 

Cheant  (su6sf.),  situation, 
36 1 10. 

Cheant  (bien),  eu  6onne  situa¬ 
tion,  I,  3o8. 

Cheler,  voy.  celer. 

Chelicr,  cellier,  23444. 

Chelui,  ce/ui,  100. 

Chené,  chenal,  19366. 

Chenelle,  6aie  rouge  de  l'au¬ 
bépine  et  du  houx,  19901 . 

Chenete,  petite  chaîne,  I,  357  a. 

Cheraphin,  séraphin,  sorte 
d'anges ,  7449;  I,  273  §  104. 

Chercer,  voy.  Cerchier. 

Cherf,  cerf,  1 8 1 33 . 

Cherge,  charge,  33444. 


Chergier,  porter,  17226. 

Chervelle,  cerveau,  I,  247 
§  44- 

Chétif,  chaitif,  quetif,  captif, 
11607;  I,  241  §  28;  miséra¬ 
ble,  434,  25742,  etc.;  mé¬ 
chant,  194. 

Chetiveté,  misère,  infortune, 
tourment,  635 o,  6751,  etc.; 
captivité,  I,  2  58  §  74. 

Cheuant,  voy.  Chauant. 

Cheval  (a),  cavalièrement,  2347. 

Chevalerie,  qualités  chevale¬ 
resques,  17649,  18119;  en¬ 
semble  des  chevaliers,  18008. 

Chevancc , argent,  fortune,  3 16, 
3 18,  etc. 

Chevaucheur,  cavalier,  8299. 

Chevauchier,  aller  à  cheval, 
être  monté  à  cheval,  8328. 
io3o8,  etc.  ;  parcourir  à  che¬ 
val,  14168. 

Chevetainc,  capitaine ,  21427. 

Chevir,  chievir,  s'occuper  de, 
venir  à  bout,  i8523,  2io32, 
etc.  ;  —  (se), se  nourrir,  se  sus¬ 
tenter,  53o8,  8960,  etc.  ;  se 
tirer  d'affaire,  3o8o3. 

Cheyne,  voy.  Chaaine. 

Chice,  avare,  4802. 

Chicqueté,  déchiqueté ,  tailladé, 
38536. 

Chiee,  tombée,  46. 

Chief,  chies  et  chiez  (nom.), 
tète,  2 1 53,  3i6q,  etc.;  insti¬ 
gateur,  II,  228  a;  capitale ,  II, 
220;  —  de  (au),  au  bout  de, 
14105  ;  —  (sans),  sans  fin, 
23027;  —  (traire,  venir  a), 
venir  à  bout,  27080,  2 1 63, 
2299,  etc. 

Chier  (?),  5244. 

Chier,  cher,  1 38 . 

Chiere,  mine,  visage,  1046, 
6668,  etc.;  —  (faire),  faire 
mine,  1 53 1 2. 

Chierir,  chérir,  10426,  io8o3. 

Chierté,  tendresse ,  affection, 
18178. 

Chicux,  deux,  65o5,658i,  etc.; 
voyej  Cel. 

Chiès,  chiez,  chef,  2i83,  4552, 
etc. 


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UNIVERSITY  OF  MICHIGAN 


2Ô0 

Chievre,c/iévre,3o465;  —  (tenir 
pour),  tenir  pour  fou,  324. 
Chincq,  cinq ,  1 1  276, 1 8362,  etc. 
Chiment,  ciment ,  29243. 

Chire,  cire,  9436,  29316,  etc . 
Chirop,  5iro>p,  26829. 

Chisel,  ciseau,  15846. 

Chitole,  instrument  de  musique 
à  corde ,  7889. 

Chois,  préférence  donnée  à  une 
personne ,  2868. 

Choisir,  apercevoir ,  4424 , 

17506,  e/c. 

Choler,  ;o//er  à  /a  5011/e,  3o386. 
Chrestianner,  crestïenner,  cris- 
tïenner,  faire  chrétien ,  5ap- 
fiier,  II,  223  a  ;  22291  ;  I, 
307  a  et  246  §  42. 

Chucre,  voy.  Çucre. 

Chuctte,  chouette ,  34774. 
Ciccle,  eyeele,  siéc/e,  146,460, 
etc. \  âge,  cycle ,  7920,  7942, 
etc . 

Cieute,  suite,  I,  304  a. 

Cilec,  Cileques,  ici,  I,  32  1  a,  II, 
242  et  242  <2,  e/c. 
Circonstance,  banlieue ,  envi¬ 
rons,  17394. 

Circuite,  enceinte ,  8852,  20168, 
etc. 

Cirurgien,  chirurgien ,  3176. 
Claircté,  clairté,  c/ar/ê,  23903, 
6000,  e/c. 

Clamé,  dit ,  réputé,  434. 

Clamer,  appeler .  547,  i5o3o, 
e/c.;  demander ,  817;—  (se),  se 
plaindre,  746,  II,  234  a;  se 
nommer ,  32432. 

Clameur,  clamour,  appel,  plain¬ 
te,  3708,  i5o55,  e/c. 

Clariant,  brillant ,  I,  246  S  42. 
Cler,  illustre,  I,  289  §  i43. 
Clerceliere,  cellerière ,  I,  260 
§75. 

Clerchon,  voj'.  Clcrjon. 

Clcrgie,  science ,  savoir,  137, 
5534,  e/c.;  clèricature ,  1494. 
Clerjon,  clerchon,  jeune  clerc , 

I»  277  ?  ;  31967,  e/c. 

Clervoiant,  5icn  éclaire  du  so¬ 
leil,  19376. 

Cliner,  pencher ,  16932,  28339, 
etc. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Clochier,  boiter,  314,  1470,  e/c. 
Cloison,  enceinte,  retranche¬ 
ment,  20364. 

Clotiere,  endroit  clos ,  retraite , 
II,  239  a. 

Cloÿ,  c/os,  enfermé ,  1 3552. 
Coasy,  tranquille,  37470. 
Coche  (mettre  en),  29499. 
Cochet,  petit  coq ,  3226. 
Cocodrille,  crocodile ,  14372. 
Coeuloeuvre,  coulœuvre,  con- 
leuvre,  16225,  16228.  e/c. 
Coeullir,  prendre,  accueillir , 
8714. 

Coeur  (porter),  porter  ran¬ 
cœur,  20877. 

Coeuvrechief ,  couvre-chef , 

28784. 

Cogitacion,  pensée ,  22417  ;  II, 
241  a. 

Cognoitre,  congnistre,  con- 
naitre ,  2  5345  ;  —  (se),  se  re¬ 
connaître,  s'avouer,  975. 
Coicment,  doucement,  paisible¬ 
ment,  423,  2 1 5 1 ,  e/c. 
Coingnie,  cognée,  38711. 

Cointc,  habile,  sage ,  prudent, 
5845,  5854,  c/c. 

Cointepointe,  courtepointe ,  II, 
249. 

Cointier,  préparer,  I,  325  ; 
/aire  la  connaissance  de,  fré¬ 
quenter,  36i57;  (subst.)  pru¬ 
dence,  adresse,  5847,  5853, 
e/c.  ;  parure,  ajustement , 
36i 53. 

Coivrc, cuivre,  4306,  i356o,  e/c. 
Col,  voy\  Cop. 

Colacion,  entretien,  conférence, 
25o58. 

Colce,  collée,  coup  sur  /a  wn- 
ÿiie,  5126,  5196,  e/c. 

Collicge,  collège  de  chanoines, 
37271. 

Collier  (se  mettre  a  bon),  se 
mettre  à  bonne  école,  19757. 
Corn,  con,  comme,  384,  e/c. 
Combler,  remplir ,  9434. 
Combrer,  se  rendre  maître  de, 
39755,  41013. 

Comithc  (?),  I,  263  §  86. 
Command,  précepte,  comman¬ 
dement,  9093,  I,  357  a,  e/c. 


Commanderre  (nom.),  celui  qui 
commande ,  2935. 
Commencier  (si/5s/.),  commen¬ 
cement,  29790. 

Commenier,  communiquer,  I, 
23o  §  8. 

Commettre,  confier,  7718. 
Commocion,  émeute,  soulève¬ 
ment,  I,  292  §  1 5 1. 
Communal,  commun,  à  tous, 
6977,  30937  ;  (arfv.)  commu¬ 
nément,  832g. 

Communément,  communément , 
ig5i  1,  19925,  etc. 
Compaigne,  compagne,  compa¬ 
gnie,  réunion,  58y8,  18060, 
etc. 

Compagnïer,  accompagner , 
8270,  28903,  etc. 

Compain,  compagnon,  14871. 

7383,  7385,  etc. 

Comparoir  (se),  se  comparer, 
6953. 

Compas,  règle  de  conduite, 
24390  ; —  (a),  à  point,  exac¬ 
tement,  3775,  8092,  etc.  ;  — 
(par),  même  sens,  39063. 
Compassé,  réglé,  34249. 

Com passer,  ordonner ,  disposer, 
485,  8084,  etc.;  mesurer, 
8097-8. 

Compenser,  réfléchir,  II,  217a. 
Comperer,  acquérir ,  16689, 

16705  ;  payer,  expier ,  2733, 
2738,  etc.  ;  subir  10900. 
Compisser,  compiscr,  arroser 
de  son  urine,  3233,  II,  245, 
etc. 

Complaindrc  (se),  se  plaindre, 
gémir,  5262,  2335 1,  etc. 
Complecion,  complesion,  com- 
plétion,  25725;  I,  234  g  1 3. 
Complir,  mettre  à  exécution , 

43  io,I,  309  a;  (subst.),  action, 
1I,2o3. 

Comprendre,  envahir ,  12001. 
Comprins,  contenu,  32. 

Compte,  conte,  2134. 

Concheü,  conçu,  5gi,  2832, 
etc. 

Concitoire,  consistoire,  I,  362  a. 
Concordance,  concorde,  23926. 
Concquerre,  conquérir,  2698. 


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UNIVERSITY  OF  MICHIGAN 


GLOSSAIRE 


Concroire,  confier ,  33453. 
Condandre  (sc),  se  conduire ,  It 
366  a. 

Condempner,  condamner ,  I, 
284  §  1 3  « . 

Condigne,  juste ,  raisonnable , 
I,  343  §  32. 

Conduiseu  r,  conduisierrcs 
(nom.), chef,  23 149;  II, 23o, e/c. 
Confanonnier,  voy.  Gonfanon- 
nicr. 

Confermer,  confirmer ,  8621,  I, 
265  §  90. 

Confesse,  confession ,  24706. 
Confies, confiez, con/esse,  36644, 
38976. 

Confit,  conserve,  condit ,  26731. 
Confondre,  renverser ,  détruire , 
4860,  15098,  etc. 

Confort,  encouragement ,  1  3906. 
Conforter,  affermir ,  1024  ;  con- 
soler ,  1228,  1447,  e/c. 
Confraccion,  action  de  briser , 
I,  262  §  80. 

Congnisserres  (nom.),  cc/mi  4///' 
connaît ,  32128. 

Congnistre,  voy.  cognoilre. 

Con joindre  (se)  entrer  en  con¬ 
jonction ,  I,  233  8  n,  c/c. 
Conjoir,  bien  accueillir ,  2687, 
6657,  c/c. 

Conjure,  conjuration ,  2 1  333. 
Conjurement,  sor/,  conjuration , 
4123,  4128,  c/c. 

Conjurison,  sor/,  conjuration , 
4129;  conspiration ,  33634. 
Conm-,  Conp-,  w/.  Comm-, 
Comp-. 

Connin,  lapin,  3224,  4943,  c/c. 
Conquest,  conquête ,  10524. 
Conquester  conquérir ,  8957, 

9493,  c/c. 

Conraé,  muni,  équipé ,  préparé , 
17493. 

Conroi,  courroi,  équipement , 
harnais,  10292,  c/c.  ;  sui/e, 
train,  10436,  14214,  e/c. 
Consaulx,  conseils ,  10995  ;  H, 
226. 

Conseiller,  demander  conseil, 

1 5o83. 

Conscnteur,  consanteour,  con- 
sentant ,  355o;  II,  244. 


Consieuir,  consuir,  se  confor¬ 
mer  à ,  imiter ,  18211,  1,  233, 
§  1 1  ;  poursuivre ,  I,  3 1 1  a. 
Consille  (tenir),  tenir  conseil , 
i,  267  §  94. 

Consi rer,  considérer ,  estimer, 

27135. 

Consitoire,  réunion ,  21943. 
Conssille,  concile ,  I,  248  §  47, 
etc. 

Constreter,  constretter,  voy. 
Contrester. 

Consuir,  voy.  Consieuir. 
Contcmp,  insulte,  offense ,  r  2o3o. 
Contenances  (mettre  scs),  jeter 
son  dévolu,  29412. 
Contenchon , querelle,  différend, 
20933,  27897,  e/c. 

Contendre,  s'efforcer ,  tendre  à, 
5934;  I,  232  §  10,  e/c. 
Contenement, con</ui7e,  manière 
d'être,  19356. 

Contenir  (subst.),  contenance, 
maintien,  22671. 

Contenir  (se),  avoir  une  conte¬ 
nance,  5o5,  544. 

Content,  désaccord ,  lutte,  20704; 
I,  268  §  97,  e/c. 

Contenu,  se  comportant,  2602. 
Contenue,  conduite,  29199. 
Conticrrcs  (nom.),  conteur,  I, 
299  a. 

Continuement,  persévérance, 
14652. 

Continuer,  (subst.),  continua 
tion,  623o. 

Contraire,  adversaire ,  13907, 
22537,  c/c.;  c/iose  ou  action 
dirigé  contre  quelqu'un, 

1 1696,  1 2432,  c/c. 

Contrairier,  agir  contre,  13799, 
I,  263  §85. 

Contrait,  estropié ,  I,  271  § 

100. 

Contralier,  s'opposer,  résister , 
28718. 

Contramont,  voy.  Contremonlt. 
Contraulx,  contrats,  32439. 
Contrcdaigner,  témoigner  de  la 
considération,  17289;  1,  35o. 
etc. 

Contredire,  défendre,  interdire, 
66o5,  8917,  e/c. 


261 

Contredisant,  opposant,  qui  fait 
de  la  résistance,  io5i6. 

Contredit,  fait  de  nier,  154; 
re/us,  opposition,  18169. 

Contrefaire,  représenter,  21514, 
23983,  e/c. 

Contremant,  excuse  dilatoire, 
1 1 858. 

Contremoié,  contremoyé,  ^ui- 
/161V,  30441,  3 1 632. 

Contremonlt,  contramont,  en 
Aan/,  4085,  I,  358  a,  e/c. 

Contrepenser,  pensée  opposée , 
2176. 

Contrester,  constreter,  /u//er 
contre,  résister ,  6963,  11919, 
etc. 

Contrctenir,  repousser,  arrêter, 
3863,  38604,  e/c. 

Contreval,  en  Z>as,  4066. 

Contrceuve  (la),  invention, fable, 
conte,  34789,  40552. 

Controuver,  découvrir ,  inven¬ 
ter,  61,  28202, 31029. 

Controuvcur,  menteur,  by. 

Controversie,  controverse,  I, 
272  §  io3. 

Convenance,  traité,  accord , 
17633. 

[Convenancier]  Couvenancier, 
celui  qui  a  conclu  un  accord, 
1,  366a. 

Convcnencheur,  celui  qui  fait 
un  accord,  27228. 

Convenant,  convenant,  couve- 
nent,  promesse,  accord,  12604, 
i265i,  15329,  etc. 

Convent,  couvent,  engagement, 
promesse,  b6y,  1674,  etc.  ; 
promis,  14925,  27288,  etc.  ; 
ce  qui  doit  arriver ,  3oo5o. 

Conventer,  promettre ,  I,  322  a. 

Converser,  Conversser,  /r^- 
quenter,  vivre  avec,  10690;  I, 
255  §  58. 

Convine,  manière  d'être,  con¬ 
duite,  368o,  2 1 244,  e/c. 

Convoiteux,  cupide ,  14504;  I, 
236  §  17. 

Convoyer,  accompagner,  338i. 

Cop,  caup,  col,  coup,  4432, 
3o866  ;  II,  238  a  ;  —  (a  un), 
ensemble,  1424. 


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Original  from 

UNIVERSITY  OF  MICHIGAN 


2Ô2 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Copcr,  copper,  couper ,  tran¬ 
cher,  1294,  1 53 1 . 

Coppie,  abondance ,  I,  233  § 
10. 

Coraige,  Corraige,  esprit ,  pen¬ 
sée ,  coeur ,  281 3,  5435,  etc . 

Corbel,  corbeau ,  7955,  79^9» 
etc. 

Corbcliot,  petit  corbeau ,  27194. 

Cordiaulx,  lacets,  33463. 

Cordonnereul,  chardonneret , 

41091. 

Cordouannier,  cordonnier ,  I, 
365  J. 

Corgie,  courgic,  cowrro/c,  la¬ 
nière,  13087;  II,  209  a. 

Corigicr,  corriger ,  I,  229  §  6. 

Corner,  sonner  du  cor,  63o6; 
annoncer  à  son  de  trompe , 
1 1416. 

Cornet,  cornard ,  cocu,  1691. 

Coroumpu,  corrompu ,  1,  286  § 
1 36. 

Coroye,  corroyé,  ceinture ,  fonde 
de  ci/«r,  4391,  6234,  e/c. 

Corrctier,  courtier ,  I,  3oo. 

Corrigion  (?)  I,  3oo. 

Corsage,  taille  du  corps  humain , 
i595o. 

Corsu,  robuste ,  II,  233. 

Cossette,  pe/ife  cosse,  9436. 

Costc  (le),  co/é,  19067,  2585g, 
36583,  e/c.;  —  (de)  à  cd/é  de, 
1875. 

Costier,  longer ,  17126. 

Costil,  co/e,  II,  233. 

Costoyer  (se),  longer ,  II,  200  fl. 

Couardic,  couardise ,  3 1371, 

31449,  e/c 

Couati,  caché  (c/.  catir),  6709. 

Couler,  passer ,  s’en  fl//er,  1 6972. 

Coulles  ,  testicules  ,  19880  , 

19894. 

Coullour,  couleur ,  21464, 

34958. 

Coulombe,Coulonbe,  Colonne, 
voy.  Coulonne. 

Coulombiere.  pigeonnier , 
35983,  35987,  e/c. 

Cou  Ion,  pigeon ,  7966,  41090. 

Coulonne,  Coulombe,  Cou- 
lonbe,  colonne ,  I,  347  a; 
14003,  14882,  15477, 


Coulpe,  couppc,  faute,  1943, 
18646,  e/c.;  peine,  11781. 

Coultivement,flc/ion  d' honorer, 
culte ,  I,  2 3 1  §  10. 

Coumander,  commander,  12226, 
13792,  e/c. 

Coup(a),  promptement ,  18845. 

Coupe,  voy.  Coux. 

Couppe,  voy\  Coulpe. 

Courchié,  courcié,  courecié, 
voy.  Courouchié. 

Courgie,  i»qy.  Corgie. 

Courinc,  dépit,  mauvaise  hu¬ 
meur ,  colère,  4655. 

Couronne,  tonsure ,  3 193.  l'or. 
Queronnc. 

Courochic,  voy.  Courouchié. 

Couroucheux,  irritable ,  3o54. 

[Courouchié],  courecié,  81 5; 
courcié,  41124;  courchié 
2594;  courochic,  21 385,  ir- 
rité. 

Courouchicr  (se),  se  fâcher , 
35o6. 

Courre,  queurre,  poursuivre , 
8289;  couler,  1,  2 3 1  §  10  c/ 
277  §  n3. 

Courretage,  courtage,  3712b. 

Courreter,  /flire  /e  métier  de 
courretier,  39333. 

Courrctier,  commissionnaire, 
courtier ,  34603. 

Courroi,  voy.  Conroi. 

Cours  (à  grant)  en  courant,  en 
grande  hâte,  io858. 

Cours  (aler  le),  courir,  2io56, 
33267. 

Court,  cour,  489. 

Courtil,  jardin,  verger,  2193. 

Courtillier,  jardinier,  40464. 

Coustcl,  coutel,  couteau,  I, 

227  §  4  et  2°4  §  88- 

Coustement,coût,2i72  3,2  2 101, 
etc. 

Coustumance,  habitude,  6219. 

Coûte,  coude,  32729. 

Coûte,  coudée ,  14238-9. 

Coûtée,  coudée ,  I,  264  g  86. 

Coutel,  voy.  Coustel. 

Couvcclc,  couvercle,  I,  279, 

§  1 1 5. 

Couvcnancier,  vov.  Convcnan- 
cicr. 


Couvenant,  couvenent.  Foy. 
Convenent. 

Couvenir,  convenir,  5460,  e/c. 

Couvent,  voy.  Convcnt. 

Couvert,  sournois,  20983. 

Couvertement,  sournoisement , 
3o8o. 

Couvertoir,  couverture,  i3ooo. 

Couvertour,  couverture,  pièce 
d'étoffe,  2883 1,  28848,  etc. 

Couverture,  défense ,  flrgwwen/, 
24077. 

Couvrir,  cacher,  celer,  769, 
4785,  e/c.  ;  protéger ,  défendre , 
i5334. 

Coux,  coupe  [fém.),  cocu.  519, 

3499, 

Coy,  quoy,  tranquille ,  401, 
3384,  e/c. 

Crant,  serment,  promesse,  I, 
322fl. 

Cras,  gras,  841 . 

Cravcnter,  briser ,  renverser, 
1 1  304,  1 1 379,  etc. 

Creance,  croyance,  73o5, 17408, 
etc. 

Créant,  créancier,  38412. 

C  rean  ter,  promettre,  assurer , 
6929,  8559,  e/c. 

Cranpy,  courbé,  31289. 

Cremir,  9797,  986.S,  etc.  \ 

criembre,  II,  220fl ;  criendrc, 
6252,  craindre. 

Cremu,  craint,  redouté ,  5838, 
io3o6,  etc. 

Crestc .fier,  orgueilleux,  35937. 

Crcsteau,  cretiaulx,  créneau, 
meurtrière,  4428,  18403. 

Crestîenncr,  voy.  Chrestian- 
ner. 

Crever,  poindre ,  9820. 

Criembre,  criendre,  voy.  Cre¬ 
mir. 

Cristere,  clistère,  26607. 

CristFcnner,  voy.  Chrestian- 
ner. 

Crochon,  courbé,  tordu,  16742. 

Crochu,  armé  de  crocs ,  3 28 10. 

Croisme,  crème  de  la  confirma¬ 
tion,  1,  358. 

Croissir,  briser,  rompre,  18770. 

Crolemcnt,  crollement,  voy. 
Croulement. 


•  *  *  « 

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GLOSSAIRE 


Croquctcr,  faire  le  bruit  de 
croquer  avec ,  28045. 

Acropir  (s*),  s’accroupir ,  I, 
3 1 1  a. 

Croule,  ébranlement ,  secousse, 
9987. 

[Croulement],  crolement,crol- 
lement,  tremblement ,  ébranle¬ 
ment ,  I,  258  §  72  e/  275  §  107, 
etc . 

Crouler,  crouller,  trembler , 
bouger,  9976,  172 19. 

Croupir,  je  tenir  accroupi,  946, 
952. 

Crouscr,  creuser,  10297,  14261. 

Croye,  craie,  26867,  26896, 

etc. 

Cruccfier,  crucifier,  I,  34D. 

Crucefix  (douaire  du),  domaine 
de  l'Église,  253. 

Crucifiement,  crucifixion,  1,244 
i  36. 

Crueulx,  crueus,  cruel,  5412, 
21372,  etc. 

Crueussemant,  cruellement,  II, 
229. 

Crutture,  crue,  7949. 

Cryer,  appeler ,  convoquer, 
12708. 

Çucre,  chucre,  sucre,  26629, 
26832,  etc. 

Cuidance ,  pensée,  opinion  , 
3i375. 

Cuiderie,  présomption,  igo3i. 

Cuidier,  penser,  1014,  2162, 
etc.  ;  (subst.)  pensée,  137, 
2965,  e/c. 

Cuignier,  cogner,  40399. 

Cuillierée,  cuillerée ,  26605, 

26612,  etc. 

Cuisanchon,  cuisenchon,  cusan- 
çon,  souci,  tourment,  991, 
27053,  I,  2o3<x,  etc. 

Culiere,  selle,  I,  367. 

Cuqu,  coucou,  oiseau,  1246. 

Cure,  soin,  59,  6108,  etc.;  goût, 
6908;  souci ,  4988;  —  (avoir) 
avoir  souci  de,  52,  6907,  etc. 

Curatier,  curratier,  curateur, 
procureur ,  24954,  37771, 

etc. 

Curieux,  rempli  desoins,  21664. 

Curratier,  vojr.  Curatier. 


Cuvregon,  couverture,  prétexte, 
II,  234.  ! 

Cÿens,  céans,  3i  1 16. 

Cymentiere,  cimetière ,  i3o5i. 

Dahaz,  malédiction ,  II,  200. 

Daintié  ( fém .),  bon  morceau, 
friandise,  13498. 

Damaticque,  dalmatiquc,  vête¬ 
ment,  I,  270  §  98. 

Damedieu,  le  Seigneur  Dieu, 

1,  329,  etc. 

Damoysel, dansiel,  jeune //omme, 
4247,4120.. 

Dampnation,desfrwc/ion,i5433. 

Dampnement,  damnation,  1933, 
2806,  etc.;  destruction,  8709, 

!  3202,  etc. 

Dampncr,  damner,  6871  ;  dé¬ 
truire,  13574,  13576,  etc. 

Dampt,  seigneur ,  2206,  3493, 
etc . 

Dangier  (faire),  refuser,  faire 
difficulté,  27163. 

Danrée,  voy.  Denrée. 

Dansiel,  voy.  Damoysel. 

Darricn,  voy.  Derrain. 

Darricr  (en),  en  dernier  lieu, 
enfin,  I,  307a. 

Dé,  dieu ,  1 1096;  I,  3b3a,  etc. 

Deablie,  Dyablie,  diablerie, 
sortilège,  931,  2980. 

Dean,  divine  de  degrés ,  I,  23i 

l  8. 

Debatre,  battre  (en  parlant  des 
flots),  8456;  —  (se),  se  battre, 
3041 1. 

Debatu,  battu,  accablé ,  II, 
199. 

Débité,  voy.  Debte. 

Débonnairement,  en  homme  de 
bien,  24583. 

Débonnaireté,  bonté,  7367. 

Débouter,  repousser ,  renvoyer, 
io53i,  17435,  etc. 

Debte,  débité,  dette,  20874, 

11 583. 

Debteur,  débiteur,  20875. 

Decachier,  voy.  Dechacier. 

Decevir,  tromper,  II,  197. 

Dechacier,  I,  367  a;  dechasser, 
23843  ;  decachier,  16989, 
chasser,  bannir. 


263 

Dechasseller,  chasser,  bannir, 
27738. 

Decheû,  trompé,  223,  451,  464, 
etc. 

Dechevable,  décevant,  27847. 

Dechevance,  tromperie,  5304, 
5828,  etc. 

Dechevrer  (se),  voy.  Dessevrer. 

Dechez,  décès,  I,  273  §  104. 

Dcchiet,  déchet,  26483,  26493, 
etc. 

Deciple,  disciple,  I,  345. 

Déclin,  ruine,  désastre,  dé¬ 
route,  14224. 

Décliné,  ruine,  désastre,  6194. 

Décliner,  29142. 

Décliner,  écarter,  29142;  par¬ 
tir,  I,  275,  §  109. 

Decoler,  Décoller,  décapiter, 
5706,  8422,  etc. 

Dccours,  déclin,  35092,  35096, 
etc. 

Decret,  avis,  3045. 

Dedcns,  dans,  186,  etc. 

Dedicacion,  dedicasion,  dédi¬ 
cace,  I,  259  S  73,  etc. 

Dédier,  vouer,  II,  226. 

Déduire,  amuser,  2270,  5o6i, 
etc.;  se  réjouir,  1 5358. 

Déduit,  plaisir ,  945. 

Defaillant,  qui  manque,  15916, 
20947,  etc. 

Défaillir,  cesser,  19250. 

Défaire,  détruire,  S3q. 

Défait,  réduit  à  un  état  misé¬ 
rable,  837. 

Default,  manque,  44,  62,  etc.  ; 

.  —  faute,  tort,  4363,  6798, 
etc. 

Default e,  faute,  3443. 

Defens,  défense,  résistance 
1 3665 . 

Deferer,  déchaîner,  délivrer,  I, 
262  §  79. 

Defenir,  finir,  mourir,  2249. 

Defermer,  ouvrir,  15282,  II, 

1 97  a- 

Defeüs,  défunt,  II,  222. 

Deff-  voy.  Def-. 

Definer,  mourir,  2782,  7688, 
etc. 

Definement,  fin,  mort,  2,  1934, 
etc. 


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264 

Defoeur,  dehors ,  26426. 

Deforgier,  s'emparer  de,  i35gi. 

Defouler,  écraser ,  39296. 

Defraudé,  trompé ,  I,  290$  148. 

Dcfroissir,  meurtrir ,  écraser , 
I,  273  §  io3 . 

De  fuir,  /m'r,  éviter ,  10998, 

3192 1 . 

Degancr,  tromper ,  28005. 

Dcgaster,  dévaster ,  I,  268  $  96. 

Degigncr,  tromper,  27962. 

Dcglavic,  tué,  40891 . 

Degois,  joie ,  plaisir ,  I,  3 16, 
263oo,  C/C. 

D ego i sa nt,  se  réjouissant,  27429. 

Degré,  escalier ,  1  2841  ;  marche , 
12844. 

Degré  (haut),  haut  rang ,  di- 
gnitc,  i3o8o. 

Dcgrouchicr,  se  plaindre,  mur¬ 
murer,  30870  ;  —  (se),  même 
sens,  383 14. 

Déguerpir,  délaisser ,  abandon¬ 
ner,  i634,  1992,  e/c. 

Dchaler,  deshaler,  exténuer, 
harasser  de  coups,  4377, 
17664,  e/c. 

Dcjcter,  expulser,  7.248. 

Delaiemcnt,  retard ,  délai, 

1 2  3o2 . 

Delaissicr,  abandonner,  renon¬ 
cer,  3442. 

Délayer,  tarder,  6338,  7208, 
etc. 

Dclez,  auprès,  1  266,  2289,  e/c. 

Delictablc,  rq>'.  dclitablc. 

Délié,  léger,  moelleux,  13914. 

Délit,  delyt,  plaisir,  joie,  1413, 
5962,  e/c. 

Delitablc,  dclictab  le, dê/ec/a5/e, 
88,  3994,  e/c. 

Dclitablemcnt,  agi  éablcment, 
2082. 

Délite,  plaisir,  joie,  14479. 

Dclitcux,  délicieux,  agréable, 
36768. 

Deliticr  (sc),  p  '  endre  d//  plaisir, 
86. 

Delivre,  //5/e,  exempt,  2120, 
1874.2,  e/c.  ;  —  (a à  /.i  d/s- 
positiun,  24612,  24927,  e/c. 

Délivrer,  achever,  1966. 

Deloy,  dé/j#,  11,  2  23  a. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Dcluge,  malheur ,  calamité, 
447°- 

Demaine,  domaine,  2.269,  3379, 
etc. 

Demaler,  se  lamenter ,  29194; 
—  (se),  même  sens,  33878. 

Demander,  imputer ,  rendre 
responsable,  3 3  28. 

Demené,  conduit,  1947. 

Demcncmcnt,  conduite, niantere 
d’agir,  22446. 

Dcmcner  (sc},  se  conduire,  916, 
2148,  etc. 

Dcmcner  ( subst .),  allure ,  con¬ 
tenance,  II,  199  a. 

Dementer  (sc),  se  lamenter, 
9940,  12706,  etc. 

Démentir,  manquer,  défaillir , 
ibiG. 

Dcmettre,  déposer ,  I,  280  §  1 19. 

Demeure,  voy.  Demour. 

Demoniacle,  possédé,  démo¬ 
niaque,  I,  280  §  1 19,  etc. 

Dcmonstrancc,  dcmonstrance, 
dcsmonstrancc,  action  de 
montrer ,  17219, 18214,21864, 
etc. 

Demonslroison,  démonstration, 
3362  3,  3633o,  etc. 

Demour,  1896S,  39210;  de¬ 
meure,  1999,  7217,  retard. 

Detnourance,  ce  qui  reste , 
3848;  séjour,  6428,  6722,  etc. 

Dcmouree,  retard,  2378,  2606, 
e/c.  ;  séjour,  6727. 

Demourcmcnt,  demeure,  habi¬ 
tation,  20029. 

Demourer,  tarder,  7802. 

Dcnicre,  24729. 

Dcnonchicr,  dénoncer,  28723. 

Deamcc,  danréc,  valeur  d'un 
denier,  22423,  il,  208  a,  II, 
209. 

Departeur,  celui  qui  fait  les 
parts,  20920. 

Départie,  séparée,  bbj. 

Départir,  partager,  distribuer , 
144,  169,  e/c.;  donner  les 
parts,  K976;  partir,  s'en  aller, 
17428;  —  (subst.)  départ, 

14163,  17939,  etc. 

Dcpcrt,  perte,  dommage,  2204. 

Déport,  joie,  1091 1,  22736,  etc. 


Déporter,  amuser ,  réjouir,  672, 
836,  etc.  ;  renoncer,  s'abste¬ 
nir,  14264  ;  —  (sc),  se  dis¬ 
penser,  renoncer  à,  22199. 

Deprîer,  prier,  91 27,  14226,  etc. 

Depüer,  40329. 

Deputaire,  mauvais,  pervers , 
27579. 

Députer,  disputer,  discuter,  I, 
283  §  126. 

Dcrrain,  635,  14384,  etc.  ;  des- 
rain,  22i83  ;  darrien,  I,  3oo, 
dernier  ;  (subst.)  fin,  extré¬ 
mité,  Ô793  ;  —  (au),  enfin, 

23246. 

Dcrricr,  derrière,  3934. 

Dcrrcnier,  dernier,  18392  ;  I, 
241  §  27. 

De  rompre,  De  r  rompre,  déchi¬ 
rer,  briser,  3 121,  12141,  e/c. 

Derouz,  desroupt  biisé,  rompu, 
30141,  40324. 

Desaccorder,  rester  en  désac¬ 
cord,  616. 

Dcsanjcr,  détruire,  anéantir,  I, 
3o8  et  3o8  a,  etc. 

Dcsaparoir  (sc),  disparaître ,  I, 
274  §  106;  I,  278  §  n  3, 
etc. 

Dcsasscurc,  inquiet,  troublé, 
17268. 

Desaûné,  sépare,  20194,  20199, 
etc. 

Dcsavancier,  causer  du  dom¬ 
mage  à,  perdre,  31412. 

Dcsavisic,  imprudent,  ignorant, 
II,  226. 

Dcsbarctcr,  mettre  en  fuite, 
vaincre,  12441,  12447,  etc. 

Descendue,  descendance,  14122. 

Descergier  (se),  se  décharger, 

35996. 

Dcschaulx,  sans  chaussures, 
7164,  7177,  etc. 

Desclairchir,  expliquer,  28309. 

Descl  ai  rement,  déclaration, 
avertissement,  9860. 

Desclairiement,  clairement, 
8536. 

Dcsclairicr,  déclarer,  834, 

34139. 

Dcsclorc  ,  exposer  ,  3 38 1 1  , 

333 1 1. 


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GLOSSAIRE 


Descoeuvrir  (se),  se  charger 
d'hypothèques,  30979. 
Descombrer,  déboucher,  26563, 
26567,  etc. 

Desconfort,  découragement, 
1271,  1274,  etc. 

Desconforté,  découragé,  1821, 
1 835,  etc. 

Descon  fortcr,  décourager,  1871, 
1 2 3 1 5,  etc. 

Desconvenable,  qui  ne  convient 
pas,  61 55. 

Descordance,  dispute,  querelle, 
20398. 

Descordant,  en  désaccord, 
t743o. 

Descordé,  en  désaccord,  19144. 
Descorder,  faire  une  fausse 
note,  J,  275  §  109;  —  (se), 
entrer  en  désaccord,  58o3. 
Desdire,  renier,  s'opposer  à, 

1  «  65,  27841.  etc. 

Dcsdonc,  dès  lors,  depuis  lors, 
5707,  28353,  etc. 

Deseriiance,  voy.  Dcsheritance. 
Deserte,  voy.  Desserte. 

Deserté,  abandonné,  27872. 
Dcserter,  desserter,  dépeupler, 

14673,  36988. 

Desespcrance,  désespoir,  I,  3 38 
§  19. 

Dcsgiel,  dégel,  I,  296  §  162. 
Dcsgoiser  (sc),  se  réjouir,  3o  1 2  1 . 
Voy.  Degoie. 

Dcsgourdiilier,  agiter,  40607. 
Detgmsé, extraordinaire,  1 6o58. 
Deshaler,  voy.  Dchaler. 
Desheritance,  exhérédation, 
désliéritement,  11619;  II,  227. 
Deshireter,  ruiner,  1 1923. 
Désirant,  désireux,  qui  désire, 
9966. 

Desircmcnt,  désir,  36522. 
Desiricr,  désir,  souhait ,  9290, 
21733,  etc. 

Desirrcr,  déchirer ,  I,  3 16. 

Dcsja,  déjà,  19030. 

Desjointié,  disjoint,  {,  3u a. 
Desjuncr,  déjeuner ,  40597;  — 
(se),  meme  sens ,  I,  2  38  § 
19. 

Dcsîealment,  mal,  déloyale¬ 
ment,  35375. 


Deslier,  découvrir ,  dévoiler, 
28461  ;  se  délier ,  3711. 
Desmenbrer,  arracher  les 
membres,  4160. 
Desmesurance  (a),  avec  excès, 
15423. 

Desmesuré,  orgueilleux  à  l'ex¬ 
cès,  arrogant,  6562  ;  sorti  de 
la  mesure ,  troublé,  36609  > 
fou,  17410;  II,  229  a,  etc. 
Desor,  dessus,  620b  ;  là-dessus, 
6643. 

Desordonnance,  vie  désor¬ 
donnée,  39201. 

Desordonné,  qui  agit  mal,  cou¬ 
pable,  6747. 

Desordonnéement,  d'une  ma¬ 
nière  désordonnée,  35885. 
DesorJonner  (se),  mal  agir, 
6280. 

Desore,  à  présent,  31164. 
Desoremais,7<zmdf$  plus,  893 1 . 
Desorendroit,  désormais,  12777. 
Despareil,  différent,  16274, 
32433,  etc. 

Despechier,  despecier,  mettre 
en  pièces,  11886,  39512,  etc. 
Despendre,  dépenser,  3297, 
5517,  etc. 

Despens,  dépense,  3o6oi. 
Despenseur,  qui  dépense,  167. 
Despers,  effrayant ,  terrible , 
37437. 

Despicher,  débarrasser,  déli¬ 
vrer.  968. 

Despire,  mépriser,  rabaisser, 
82,  3570,  etc. 

Despisance,  mépris,  26924. 
Dcspisanr,  méprisant,  hautain, 
6782. 

Despise,  injure,  II,  234  a. 
Despisier,  mépriser ,  29127. 
Despit,  injure,  I,  264  §  88. 
Despitance,  mépris,  63 16. 

Despit,  (adj.)  méprisant,  io5j, 
8356,  etc.  ;  (subst.)  mépris, 
injure,  2880,  3449,  etc. 
Despitcr,  mépriser,  faire  peu 
de  cas  de,  4534.  24291,  etc. 
Despiteux,  méprisant,  insolent , 
344,  31887,  ;  irritable, 

10459. 

|  Desplaindre,  plaindre,  3459. 


265 

Desplaisir,  parole  déplaisante, 
30259. 

Desploier,  déplier ,  18070. 
Desposser,  déposer ,  I,  362  a. 
Despouillier,  dévêtir,  16070, 
19160,  etc.  ;  priver ,  19880. 
Despoulle,  dépouille,  37282. 
Dcspourveù, dépourvu  de  raison, 
stupide,  2426. 

Dcspourveuement,  au  dépour¬ 
vu,  à  V  improviste,  20908, 
3o8i5. 

Despreschier,  prêcher  contre, 
I.  259  §  74. 

Despriser,  déprécier,  646. 
Desprisonner,  délivrer,  mettre 
hors  de  prison,  17441,  17443, 
etc. 

Despuceller,  faire  femme, 
21007,  21009,  etc. 

Desraez,  emporté,  I,  327. 
Desraier,  mettre  en  mauvais 
état,  18770. 

Desrain,  voy.  Derrain. 
Desrainier,  défendre  soutenir, 
1481 1. 

Desraison,  attentat  au  droit, 
injustice,  15096. 

Desrfié,  emporté,  désordonné, 
8206. 

Desrenierement,  finalement,  I, 
264  §  88. 

Desrivé,  emporté,  déchaîné,  I, 
240  §  25. 

Desrobcr,  dépouiller,  voler  qqn, 
3418,  4942,  etc. 

Desrochier,  renverser,  démolir , 

39868. 

Dcsroupt,  voy.  Derouz. 

Desroy,  désordre,  trouble,  4163. 
8744,  etc.  ;  dommage,  4202, 
6792,  etc. 

Dessambier,  séparer,  6134, 
38521. 

Desseparer,  disjoindre,  22544. 
Desserrer,  ouvrir,  38209. 
Desserte,  deserte,  ce  qu'on  a 
mérité,  5444,  13093,  19157, 
etc. 

Desservir, mériter,  7214,  10284, 
etc. 

Desserter,  voy.  Deserter. 
Desscsir,  dessaisir,  2  56o5. 


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266 

Desseure  (au),  par  dessus , 
23997,  24184,  etc. 

Dessevrer,  1610,  9076,  etc.  ; 
dessoeuvrer,  2603 1  ;  deche- 
vrer,  27301,  332  38,  séparer. 

Dessus,  sur,  437. 

Destalcnter,  décourager ,  dé- 
goùter ,  5363. 

Destendre  (se),  se  séparer ,  se 
dispenser ,  29318. 

Destortillier,  délivrer,  4639. 

Destoubier,  vok.  Destourbicr. 

Destour,  situation  pénible ,  en¬ 
nui,  383 14. 

Destourbe,  discorde ,  tuf  te, 

18086,  20716;  trouble ,  II, 
23o  a. 

Destourber,  troubler ,  37256. 

Destourbier,  destoubier,  trou- 
Mc,  vexation ,  13712,  27666. 

Destraindre,  tourmenter ,  9944, 
27889,  efc. 

Dest râper,  débarrasser ,  dd/i- 
vrer,  385o,  19701. 

Destre,  dextre,  droit,  3878, 
4159,  etc. 

Destroit,  tourmenté,  angoissé , 
2638,  II,  197  a. 

Destroit,  passage ,  I,  292  §  1 5  « . 

Destrier,  cheval  de  bataille , 
2475,  I4i53,  etc. 

Destruiscment  ,  destruction  , 
2654. 

Desuner,  séparer,  15599,26863. 

Desvaler  (se),  descendre ,  i6525, 
33877. 

Desvé,  /ou,  insensé ,  39435. 

Desveillier,  réveiller ,  II,  2  3 1. 

Desveroullier,  ouvrir  le  verrou , 
28780. 

Desvetir  (se),  se  dépouiller,  428 1 . 

Desveric, /0/1'e,  25334. 

Desvois,  égarement ?,  30092. 

Desvolcper,  dévêtir  de  langes , 
9027. 

Desvoyé,  égaré ,  /ou,  8266, 
13044,  etc. 

Desvoyer  (se),  s'écarter ,  9843, 
10S90,  etc. 

Desvoyer  (sans),  sans  détour, 

1 3435. 

Determinoison,  décision ,  o/?i- 
MKW,  I,  294  §  I  57. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Detirer,  tirer,  arracher,  3 1 5 1, 
6767. 

Détordre,  tordre,  i85o,  9939, 
etc. 

Dctraction,  calomnie,  39103, 
39410,  etc. 

Detrenchement,  action  de  cou¬ 
der,  20489. 

Detrenchie, décapité,],  242  §3o, 

Detrenchier,  tailler  en  pièces. 
io85o,  I,  240  |  25,  efc. 

Detrier,  s'attarder,  6y33,  9072, 
etc. 

Deuement,  comme  il  faut,  6544. 

Devaler,  abaisser,  748. 

Devanchier,  devancier,  10965. 

Devant,  devent,  auparavant , 
6093,  14436. 

Deveer,  défendre,  interdire, 
140,  2202. 

Devent,  voy\  Devant. 

Devïé,  mort,  i3i28;  tué,  I, 
289  §  143. 

Devier,  mourir,  9022;  {subst.) 
la  mort,  8924. 

Devis,  avis,  22114;  ordre, 
disposition,  15974.  ;  —  (a),  à 
souhait,  à  plaisir ;  3343;  — 
(par),  en  6e/  ordre,  i633q. 

Devise,  volonté ,  désir,  55o3  ; 
manière,  sorte,  19310;  —  (a), 
à  gre,  à  souhait,  3824,  4437, 
etc. 

Deviser,  diviser, partager,  3y6b, 
1 ,  261  §  77  î  Parler,  raconter, 
5281  ;  /aire  un  /?/an,  8077, 
8081,  etc.;  —  (bien),  6ien 
lotir,  donner  une  belle  part, 

9547- 

Dévoilé,  envolé,  32i5o. 

Devorer,  voy.  Devourer. 

Devourable,  dévorant,  25711, 
23733,  efc. 

Devourer,  devorer,  dévorer, 
3956,  5276,  etc.;  tuer,  1870. 

Dey  té,  divinité ,  F,  23 1  §  10. 

Diacaparis,  électuaire  dont 
l'écorce  de  câprier  était  la 
base,  2656i. 

Diacitonitem,  cotignacfait  avec 
du  miel,  26574. 

Dialectique,  dialectique ,  34196. 

Diamargariton,  confection  dont 


les  deux  sortes  de  perles 
étaient  la  base,  26352. 

Diapré,  drap  de  soie  à  fleurs , 
à  ramages,  3771,  17863,  efc. 

Diau,  diaux,  diaulx,  deuil , 
3o839,  1»  3°9  et  352. 

Dicateur,  dictateur,  20374. 

20424,  efc. 

Dicencion,  dissention,  8480. 

Discipliner,  châtier,  battre, 
1 1 885. 

Dictié,  dictier,  voy.  Dittié. 

Difamc,  honte ,  déshonneur, 
934,  988,  etc.  ;  {adj.)  honteux, 
6x58. 

Diffamemant,  déshonneur,  I, 
322. 

Diffamer,  injurier,  10469  ;  — 
(se),  se  frapper,  16976. 

Different,  différence,  14976. 

Diffinir,  finir,  cesser ,  6384. 

Diffinicion,  fin ,  23907. 

Dilacion,  mesure  dilatoire,  I, 
295  §  159;  retard ,  1179. 

Dilater  (se),  s'étendre,  gagner 
du  territoire,  I,  2  52  §  54. 

Diligamment,  avec  diligence,  I 
276  §  1 12. 

Dimence,  dymence,  dimanche, 
34485,  22077,  etc. 

Discipé,  disjoint,  séparé ,  I, 
289  §  144. 

Discipline  (faire),  faire  justice , 
21403. 

Discord,  contestation ,  629, 2067, 
etc. 

Discorder,  empêcher,  628. 

Discrection,  discrétion ,  I,  293 
§§  1 54-1 53.  etc. 

Diserre,  orateur,  1465. 

Dislatcr,  étendre,  I,  267  §94- 

Disme  (le),  la  dixième  partie , 
26841 . 

Disponer,  ordonner,  I,  36 1. 

Dissolucion,  dérèglement  de 
mœurs,  débauche, 61 52,  6199. 

Dit,  conte,  1 25,  413,  etc.;  ditz, 
pièces  de  vers,  yb. 

Ditter,  composer,  33. 

Dittié,  dictié,  dictier,  écrit, 
œuvre  littéraire,  85,  1 387, 
5778,  etc. 

Dittier,  enseigner,  20143. 


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GLOSSAIRE 


Divinité,  théologie ,  2  36o,  25197, 
etc. 

Dixisme  ,  dixième  ,  1 52 5j  , 

2  3839,  etc . 

Doct  rind,  instruit ,  16291,2  3668. 
etc. 

Doeul,  chagrin ,  3252. 

Dois,  ffl6/e  seigneuriale ,  4329, 
II,  238  a,  e/c. 

Dolent,  dolanr,  dollent,  triste, 
malheureux .  1604,  4182,  e/c. 

Dolleur,  peine,  11070,  21137, 
etc. 

Doloir,  souffrir  ;  i5,  960,  e/c.; 
se  douloir,  746,  3g63,  e/c.  ; 
(subst.)  souffrance ,  6730, 

etc. 

Douloureux,  gui  souffre ,  23879. 

Dolouser,  doulouser,  doulou- 
zcr,se lamenter ,  4833;  —  (se), 
même  sens,  1601,  23717,  e/c. 

Dommageux,  qui  cause  des 
dommages ,  I,  29D  §  159. 

Dommagier,  porter  dommage, 
4844,  4843,  e/c. 

Don,  donc,  4273. 

Dongier,  danger ,  II,  221  fl  e/ 
233  fl. 

Donné,  gratifié  d'un  don ,  6402  ; 
adonné ,  19404. 

Donneeur,  Donneur,  ce/111  fui 
donne,  28327,  28537,  e/c. 

ûonoier,  p laisir,  II,  241. 

Dont,  d'où,  1784,  21409,  e/c. 

Dopter,  28993. 

Dopter  (se),  11529. 

Dorloter,  enrubanner ,  26872. 

Dortouer,  dortour,  dortoir,  I, 
266  §  92  ;  27801. 

Douaire,  don,  I,  233  §  11. 

Double, p/ein  dcduplicité ,  2795, 
2804,  e/c. 

Doubtance,  crainte,  20675. 

Doubtance  ,  doute  ,  6207  ; 

crainte,  14571. 

Doubtcr,  redouter,  craindre, 
742,  942,  1216,  e/c. 

Douchcreux,  doucereux,  doux , 
29147. 

Douloir  (se),  vo^.  Doloir. 

Doulouser,  doulouzer,  vq>'. 
Dolouser. 

Dousor,  douceur.  I,  346  fl. 


Douzime,  douzième,  35623. 

Doye,  doy,  doigt,  8989,  i6o35, 
etc. 

Drapcaulx,  langes ,  7627,  8467, 
etc. 

Drechier,  dreschier,  dresser , 
276;  se  dresser ,  5  2  3 1  ;  mon¬ 
ter,  apparaître,  1 58o3  ;  — (se), 
se  /eycr,  5o54,  t33o4,  e/c .;  — 
a  paie,  satisfaire  à  un  paie¬ 
ment,  20867. 

Droict,  droit,  juste,  équitable , 
1434  ;  vrai ,  36g,  1961  ;  (fldv.) 
exactement ,  14944;  1  497 1 , 
e/c. 

Droitement,  droittement,  fli»ec 
adresse ,  1 3 147*  exactement , 
justement,  14311. 

Droicture,  droitture,  droiture, 
droit ,  3o65,  4231,  e/c.;  — (a), 
directement ,  6919. 

Droicturier,  juste,  équitable, 
5i67. 

Droituricremcnt,  conformément 
à  la  justice ,  861 5. 

Dromont,  vaissseau  rapide, 
5374,  1 1 3 1 3,  e/c. 

Dru,  solide,  3i23o;  vaillant , 

I,  3i4. 

Duire,  convenir,  17836;  con¬ 
duire,  éduquer,  342,  4010, 
etc .;  —  (se),  se  façonner,  s'ac¬ 
coutumer,  61 63,  6180,  e/c. 

Duisant,  convenable ,  19054. 

Duit,  exercé ,  expérimenté ,98 1 8, 
26564, 

Duque,  jusque,  I,  314. 

Durer,  rester,  résister,  721, 
2280,  etc.  ;  s'étendre,  1 8365 . 

Durté,  souffrance  morale,  doute, 
2362,  6459,  etc. 

Dy.  Koy-.  Di. 

Eage,  Age,  81 55,  8177,  e/c. 

Eaue,  eflu,  191,  5736,  e/c. 

Ebrieu  ,  langue  hébraïque  , 
19861,  I,  23 1  §  8. 

Echôoite,  succession ,  27914. 

Echignc ,  eschigne  ,  échine 
31641, 31671 ,  e/c. 

Eddiffier,  planter ,  8161. 

Effachier,  effaicer,  effaichicr, 
effaser,  /flire  disparaître,  II, 


2  3o  a,  36o34;  effacer,  8797,  I, 
257  §  66;  abroger,  8606. 

Effaiccment,  action  d'effacer , 
8524. 

Efficace,  efficacité,  S680. 

Effondrer,  aller  au  fond,  9451. 

Efforchier,  presser,  animer , 

,9°79* 

Effraer,  effrayer,  II,  217. 

Effroyer  (s*),  s'effrayer,  9843. 

Electuarium  ducis,  electuaire 
contre  l'indigestion ,  la  ven¬ 
tosité  et  la  pierre,  lôbôo. 

Electuarium  reginc,  electua¬ 
rium  regium  de  Mé sué, 26592. 

Ellement,  élément,  343 12  , 
34615,  e/c. 

Embatre  (s%),  s’enbatre,  se  pré¬ 
cipiter,  fondre,  7996;  I,  256, 

8  59. 

Emblcr,  vo/cr,  2Ôo3,  2694,  e/c.; 
—  (scn),  se  dérober,  s'esqui¬ 
ver,  10043. 

Etnbourser,  mettre  dans  sa 
bourse,  37127. 

Embrachier,  embrasser,  3o38g. 

Emmuselé,  muselé,  10272. 

Emmerele,  plante,  26773. 

Empalé,  $ui  fl  la  langue  dé¬ 
liée,  bavard,  529. 

Empaleté,  rapiécé,  26864. 

Empali,  pâle,  27039. 

Emparler,  adresser  la  parole, 
interpeller,  23959. 

Emparlier,  éloquent,  8348. 

Empereïs,  empereriz ,  cm- 
preïs,  impératrice ,  I,  295 
§  i58,  346  e/  266  §  93. 

Empereres  (nom.),  enpcrcour 
(flcc.),  empreur,  empereur, 
436,  11604,  I,  241  §  29,  e/c. 

Empereriz,  voy.  Empereïs. 

[Emperir]  anperir,  ordonner, 
commander,  II,  208. 

Empescheur,  celui  qui  empê¬ 
che,  23716. 

Empeschier  ,  Empeeschier  , 
nuire  à,  1940;  entraver, 22477. 

Empirié,  en  plus  mauvais  état, 
1450,  3884,  etc. 

Empire  (ciel),  empyrèe,  36366. 

Empirier,  malmener ,  maltrai¬ 
ter,  1 1970. 


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268 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Employer,  tenir  un  emploi , 
66 1. 

Empoitrachié,  25293. 

Empole,  ampoule ,  I,  264  §  88. 

[Empousonner],  anpousonner, 
enpousonner,  empoisonner , 
II,  207  ;  I,  309. 

Empreïs,  voy.  Empcreïs. 

Emprendrc,  prendre ,  14236, 

25910,  etc .;  (intr.)  entre - 
prendre ,  commettre  une  ac¬ 
tion ,  3oi,  2638o,  e/c. 

Empreur,  voy.  Emperercs. 

Emprcz,  <2  côté  de, 8339,  10341, 
e/c.;  —  (cT)  même  sewj,  I,  248 

§  47- 

Emprinse,  emprise,  action  en¬ 
treprise  ,  4452,  30197. 

Empugnaisi,  empuanti ,  36447. 

Empunaisier  (s’), prendre  une 
mauvaise  odeur ,  202. 

En  droit  de  moy,  pour  ce  qui 
me  concerne ,  299,  338,  352. 

En  (1*),  /on,  4255,  7722,  e/c. 

Enaize,  24868. 

Enamer,  prendre  en  affection , 
concevoir  de  l'amour ,  6656. 

Enamourer,  aimer,  17843. 

Ença  (en),  en  arrière ,  22176. 

Encacher,  voy.  Enchassier. 

Encerchier,  voy.  Encherchier. 

Enchaindre,  entourer ,  I,  287 
§  *40. 

Enchaintc  (*<(/.) ,  enceinte  , 
grosse,  9789,  9803,  e/c.; 

(5m6j/.)  35697. 

Enchantement,  charme ,  9322, 
9323,  e/c. 

Enchanteur,  euchantour,  sor¬ 
cier,  2 1833,  1,  25)  J  74. 

Enchargier,  encergier ,  prendre, 
porter ,  18014,  IbiHj  ;  obli¬ 
ger  à,  14967. 

Encharné  ,  incarné ,  7341  , 

e/c.  ;  possédé ,  occupé  (abstr.), 
25297. 

Enchartré,  emprisonné ,  8407. 

Enchassier,  9186;  enchausser, 
II,  222;  encacher,  13946, 
poursuivre . 

[Encheoir]  anchcoir,  tomber, 
encourir,  I,  320  et  II,  234  a. 

Encherchier,  encerchier,  re¬ 


chercher,  1839,  I,  229  §  6, 
etc. 

Enclin  ,  salut ,  inclination  , 
io36i,  23i68,  etc. 

Enclin é,  penché,  9681. 

Enclinement,  inclination ,  9636, 
9652,  etc. 

Ëncliiier,  saluer,  baisser  la 
tête,  11 249;  ( verbe  trans.), 
saluer ,  honorer ,  1 1  î>2 1 , 1 1 526, 
etc.  ;  —  ($’),  se  soumettre, 
1 171 1 . 

Encoir,  encore,  390,  3g.|, 

etc. 

Encombrer,  emplir ,  27924. 

Encombrier,  embarras , 
culté ,  2187,  8200,  e/c. 

Encommencement,  commence¬ 
ment,  3683 i . 

[Encommcncicr]  anconmcn  - 
cier,  commencer,  I,  353. 

Encontre,  rencontre,  2200, 
0406,  etc.;  (adv.)  contre, 
1 1699,  1 1700,  etc. 

encontrcr,  rencontrer,  3267, 
17498,  e/c. 

Encorder, /iei-  de  cordes,  2747. 

Encoste  (d*),  à  co/é  de,  1896, 
30287,  etc.;  —  (par  d*),  sur  le 
coté,  14898. 

[Encourpé]  ancourpc,  coupable, 
fautif  1  Il,  209a. 

Encourtiné,  garni  de  tapisse¬ 
ries,  de  tentures,  2777. 

Encouvencier,  cncouvcnencicr, 
faire  une  convention,  pro¬ 
mettre,  12567,  17637. 

Endcmain  (l'J,  le  jour  suivant , 
1686,  etc. 

Endementiers  ,  pendant  ce 
temps,  io323  ;  —  que,  pen¬ 
dant  que,  12123,  1 236 1 ,  etc. 

Endoctriner,  instruire ,  9224. 

Endroit  (adv.),  quant  à,  en  ce 
qui  regarde,  11423,  35 2 14, 
etc. 

Endurer  (s* ),  s'endurcir,  24139. 

Entfance,  naïveté ,  parole  d'en¬ 
fant,  1486s  ;  folie,  12107. 

Enfanchon,  enllanchon,  petit 
enfant,  347,  141 16,  etc. 

Enfermcté,  58 87,  6888,  etc.; 
anfermeté,  39266  ;  ainfer- 


meté,  II,  2i 8,  infirmité ,  ma¬ 
ladie. 

Enffez,  nom.  de  enflant,  23733. 

Enfondrer,  enffondrer,  renver¬ 
ser,  briser,  12933,  12942, 

15448,  etc. 

Enforcier,  fortifier,  26260. 

En  former,  former,  conformer, 
1 1670. 

Enfouir,  enterrer ,  I,  272  §  io3. 

Enfouir  (s1),  s'enfuir,  14268. 

Enfrumer,  enfermer,  1 6853 . 

Engellé,  gelé,  glacé,  I,  264 

§  86. 

Engellcr,  geler,  30848. 

Engenrcr,  engerrer, engendrer, 
22719.  24032,  etc. 

Engien,  engin,  esprit,  478,  7?  i , 
etc.;  instrument  de  chasse  ou 
de  pêche,  14547,  *4549»  etc- 

Engier,  onchier,  ongier,  élever , 
exalter ,  27164,  39990;  fré¬ 
quenter,  I,  307  et  3 10  a,  etc.; 
presser ,  II,  247. 

Engignier,  tromper,  26464, 
29724,  etc. 

Englc  corr.  église,  I,  249  §  49. 

Engorger,  avaler ,  3291,  3392, 
etc. 

Engoullcr,  avaler,  engloutir, 
23563,  39139,  etc. 

Engrant,  désireux,  3144. 

Engresser,  graisser,  27084. 

Engrcsser,  presser,  tourmen¬ 
ter,  34836;  s'efforcer,  32707. 

Engrez,  ardent,  emporte ,  de 
mauvaise  humeur  ,  9349  , 

9384,  etc.;  désireux  uo3o. 

Enhair  ,  détester  ,  22820 , 

23337,  etc. 

Enhaster  (s*),  se  hâter,  22812. 

[Enhastic]  anhastie,  malheur, 
accident,  II,  226  a. 

Enhorter,  voy.  Ennorter. 

Enimitié  ,  acte  d'hostilité, 
14875. 

Enluminer,  illuminer,  éclairer , 
I,  233  §  1 1  ;  illustrer,  I,  232 
§34;  rendre  la  vue,  1,237 
S  18. 

F.nmalcr,  mettre  dans  une 
malle,  26270. 

Ennaturé,  inné,  39200. 


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UNIVERSITY  OF  MICHIGAN 


GLOSSAIRE 


Ennaturer  (s'),  s'incorporer , 

5i. 

Ennoir,  ig66  ;  anuir,  1973; 
ennoicr,  27669,  ennuyer. 

Ennortement,  conseil ,  2808, 
3947»  «te. 

[Ennorter]  anorter,  I,  3 16  a; 
enhorter,  2724;  enorter  , 
23930,  conseiller ,  pousser  à. 

[Ennoy],  anoy,  27114;  anuy, 
anuyt,  871,  2144,  ennui . 

[Ennuieux]  annuieux,  ennuyé , 
22424. 

Enp-,  voj'.  Emp-. 

Enquerquier,  rechercher ,  pour¬ 
suivre,  6635. 

Enqucrre,  enquérir ,  recher¬ 
cher  x ,  3248,  5g65,  e/c. 

Enrachiné,  muni  de  racines , 
23oi5. 

Enrachiner,  prendre  racine , 
58ig;  —  (s’),  même  sens,  6ig3. 

Ens,  ans,  dedans ,  2193,  3634, 
etc. 

Ensay,  2488,  2496,  c/c. 

Ensaycr,  ensaier,  essayer , 
23269,  25i65,  c/c. 

Enscianmcnt  ,  sciemment  , 
26372,  26375,  c/c. 

Enscicnt  (a),  ensient,  sciem¬ 
ment,  25707,  25724,  c/c.  ;  — 
(en),  3839  ;—  (par)  22?o8, 
même  sens. 

Enseignié,  instruit ,  po/i,  18149. 

Enscller,  seller,  18570. 

Ensement,  de  même,  égale¬ 
ment,  1 1 387,  i3o3i,  c/c. 

Ensengne,  enseigne,  marque , 
4071,  27224,  c/c.;  signal, 
24633. 

Ensengnement,  enseignement , 
3583. 

Enserré,  ansarré,  enferme, 
1 2976,  II,  226  J,  c/c. 

Enserrer,  ensserrer,  enfer¬ 
mer,  12  368,  1356g,  e*c- 

Ensi,  ainsi,  I,  263  §  90. 

Ensîent,  vo>\  Enscicnt. 

Ensicuir  ,  40861;  ensivre  , 

10186,  suivre. 

Eusoigne,  ensongne,  ensonne, 
excuse,  empêchement ,  4 3g, 
3749. 


Ensongner  (s'),  s'occuper ,  s’in- 
quièter ,  29002. 

Enss-  voj'.  Ens-. 

Ensuiant,  ansugant,  ensuivant, 
I,  244  §  35  ;  I,  353. 

Ent,  en,  de  ce/a,  5484,  6430, 
etc. 

Entachier,  couvrir  de  tâches, 
34963. 

Entaillié,  gravée,  14884;  taillé , 
sculpté ,  15227. 

Entamir,  entamer,  48. 

Enté,  greffé,  16014. 

Entcchier,  entacher,  5817, 6980, 
etc. 

Entenclon,  avis,  pensée,  16781  ; 
intention ,  30447. 

Entendre  à,  s'occuper  de, 
101 1. 

Entendu  t, habileté,  1 32  56 . 

Entente,  pensée ,  désir,  14033. 

Ententifment,  attentivement, 
9398. 

Ententis,  attentif ,  appliqué , 
i5oo,  1748,  c/c. 

Enter,  inventer ,  19780. 

[Enterer  (s*)]  s  anterrer,  entrer, 
245  ;  vok.  Entrer. 

Enterin,  loyal,  de  coeur  pur, 
i5oio,  32771,  c/c. 

Entériner,  contracter,  I,  263 

§86. 

Entier,  sincère,  loyal ,  pur, 
4283,  8800,  etc. 

Entonner,  avaler,  engloutir, 
3663 1 . 

Entoumi,  engourdi ,  40508, 

406 1 9 . 

Entour,  autour  de,  889,  1864, 
c/c.;  Entours  (su6s/.),  envi- 
roiis,  3794. 

Entourser,  mettre  en  paquet, 
37128. 

Entracordcr  (s‘),  sc  mettre  d’ac¬ 
cord,  8142. 

Entraller  (s  ),  a//cr  /'un  contre 
Vautre,  II,  201. 

Entramer  (s1),  s'aimer ,  8141, 
14494,  etc. 

Entra  ppc,  tombe  dans  un  piège, 
36379- 

[Entravcillié],  antravcillié,  en¬ 
travé,  II,  232  a. 


269 

Entrebatre,  combattre  l'un 
Vautre,  25179. 

Entreconbatrc  (s*),  se  battre 
entre  eux,  36o3. 

Entrecontrer  (s’j,  se  rencontrer , 
ioo5o-i,  10874,  etc. 

Entredire  (s*),  se  dire  l'un  à 
Vautre,  II,  219. 

Entredonner  (s*),  se  donner  mu¬ 
tuellement,  17591,  18423,  etc. 

Entrefaire  (s’),  se  faire  Vun  à 
Vautre,  18427. 

Entrefaire  (s'),  se  faire  Vm 
l'autre ,  13224. 

Entreferir  (s'),  se  frapper  mu¬ 
tuellement,  14238,  18425,  etc. 

Entrefiancer  (s*),  se  promettre 
mutuellement ,  I,  282  §  1 2 5. 

Entregroigner  (s '),  grogner  Vun 
contre  l'autre,  II,  219. 

Entrehurter,  se  heurter  Vun 
contre  Vautre,  10049,  «2322. 

Entrelaissier,  laisser ,  omettre, 

35858. 

Entrcmcffaire  (s’),  se  faire  du 
tort  réciproquement ,  38279. 

Entremez,  démêlés,  2129. 

Entrcmonstrer  (s’),  se  montrer 
mutuellement,  30271. 

Entrepoindrc  (s*),  se  frapper 
mutuellement,  II,  219. 

Entreprendre,  saisir,  attaquer, 
5463,  17584,  etc.;  {subst.), 
entreprise ,  ii6o3. 

Entrer  (s*),  s'introduire ,  18901. 

Entrcscripre  (s'),  se  mander 
des  lettres,  13797. 

Entresol  acier  (s’),  sc  réjouir 
ensemble,  2 1 536. 

Entressanbler  (s’),  se  ressem¬ 
bler,  10025. 

Entretenant,  tenant  ensemble, 
ne  faisant  qu'un,  18688. 

Entretenir  (s’),  se  tenir  mutuel¬ 
lement,  15217. 

Entretrouver,  se  rencontrer, 
3633,  38407,  etc. 

Entrevale,  interruption,  inter¬ 
valle,  35841. 

Entrevoir  (s*),  sc  rencontrer, 

30268. 

Entroduire,  antroduire,  ins¬ 
truit-,  J,  289  §  145  ;  II,  223  a. 


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270 

[Entroduiseur]  antroduisicrrcs 
(ttom.),  maître ,  professeur , 

II,  a3o. 

Entroir,  entrer ,  I,  353 

Entule,  eniullc,  /ou,  insensé , 
35414,  25967,  e/c. 

Envahie,  envaÿe,<i//<i£Me,  1 1 83. 
17646,  e/c. 

Envahir,  attaquer ,  766,  790, 
e/c.;  —  (s’),  attaquer ,  ii5o. 

Enveillir,  envyellir,  devenir 
vieux ,  22940,  23419. 

Envenimeux,  venimeux ,  37461. 

Envers,  renversé ,  7839,  30770, 
etc. 

Enversser,  renverser,  3936. 

Enviault ,  rfç/f ,  provocation , 
5190;  —  plaisir ,  joie ,  72. 

Envioux,  envieux ,  5532. 

Environner,  avironner,  entou¬ 
rer ,  8245,  8288,  e/c. 

Envis,  malgré  lui ,  46,  426, 
etc. 

Envoiseüre,  gaîté,  joie,  23987. 

Epillcnce,  épilepsie ,  1,239  §  74- 

Epitle  (masc.)  lettre,  11677; 
(/em.)  1  1753,  e/c. 

Erbuc,  herbage,  ioio. 

Erdre,  s'attacher,  I,  3 1 1 . 

Eregc,  hérétique ,  I,  366  a. 

Ente,  hérétique,  I,  33o  a. 

Ermine,  hermine,  17861. 

Errammcnt, prom/j  tement,  242  1 , 
3 162,  e/c. 

Errant,  esrant,  promptement , 
1 533.  4301. 

Erre,  oirre,  bagage,  1781, 
12293,  e/c.  ;  —  (a  grant),  en 
grande  hâte,  5966,  31990. 

Erre,  arrhe,  38828. 

Erremant,  conduite,  manière, 
I,  32t. 

[Erremcnt]  arricmcnt,  action 
d'errer,  36347. 

Errer,  csrer,  vqj'j^cr,  11738, 
18054. 

Errier,  voyageur,  1  363 1 . 

Ersoir,  /lier  soir,  1963. 

Esbahy,  étonné,  effrayé ,  636, 
1 143,  e/c. 

Esbanycr,  se  réjouir,  se  diver¬ 
tir,  21 335  ;  —  (s*),  même  sens, 
7986. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Esbatement  ,  divertissement  , 

1  o3 2 2,  17851,  etc. 

Esbatre,  se  divertir,  io333, 
3o373  ;  —  (s’),  m^me  sens, 
2582. 

Esbaudir,  briller,  10182. 

Esbleuy,  ébloui,  émerveillé , 
13271. 

Escarbotie,  escarbot,  scarabée, 
35233. 

Escarlatc,  </rap  /on  Jn  ras,  24403. 

Escarnir,  escharnir,  railler,  se 
moquer  de,  8014,  2632  1,  e/c. 

Escars,  eschars,  étroit,  res¬ 
serré,  538 1  ;  jvjre,  15916. 

Escarssement  ,  étroitement  , 
35888. 

Eschangier,  changer,  81 1 3. 

Eschaquier,  échiquier,  1 1,  2 1 2  a. 

Eschar,  moquerie ,  raillerie, 
14569. 

Escharnic,  voy.  Escarnir. 

Escharpe,  escherpe,  sacoche, 
bourse,  26772,  25791,  etc. 

Eschars,  voy.  Escars. 

Eschaulder,  échauder,  19574. 

EschaufTeture ,  irritation,  I, 
266  §  93. 

Esches,  jeu  d  échecs,  I,  265, 
l  9°* 

Eschevcr,  6480  ;  eschieuver, 
977  ;  cschivcr,  II,  2  16  a  ;  es- 
chicier,  38406,  esquiver,  évi¬ 
ter. 

Eschiclle,  échelle,  19080  ;  corps 
de  bataille,  18589. 

Eschiet,  butin,  12467. 

Eschieuver,  voy.  Eschcvcr. 

Eschillier,  voy.  Essilicr. 

Eschiné,  efflanqué,  40016. 

Eschinée,  eschine,  658. 

Eschiver,  cschuier,  voy.  Esche¬ 
vcr. 

Escïammcnt,  cscïanmcnt,  sans 
le  savoir,  à  son  insu,  7471, 
8783,  etc.  —  Est  opposé  d 
sciemment. 

Esclarchir,  csclarcir,  esclcrcir, 
éclaircir,  2  36o  ;  —  (s),  s'é¬ 
claircir,  33971;  se  réjouir,  \, 
333. 

Esclarir,  éclairer ,  32232. 

Esclipscr,  éclipser,  cacher, 


1 58 1 1  ;  subir  une  éclipse , 
disparaître,  I,  262  §  79  et 
276  §  112. 

Esclistre,  éclair,  yoib. 

Escochois,  écossais ,  I,  266  §  92. 

Escondire,  repousser ,  écon- 
duire ,  refuser,  128,  376. 

Escondit,  refus,  excuse ,  4460, 
23402,  etc. 

Escommcnier,  excommunier,  I. 
263  §  90  et  287  §  1 39. 

Esconser,  cacher,  j3  5o. 

Escorcier,  Escorchier, écorcher, 
3872,9670. 

Escorgie,  étrivières,  fouet, 

1 1727,  1 1 88 1 ,  etc. 

Escorpion ,  scorpion,  6958, 
33368,  etc. 

Escoufle,  milan,  oiseau  de 
proie ,  33883. 

Escouller,  priver  des  testicules, 
19879. 

Escourchier,  Escoursser,  re¬ 
trousser,  24963,  29614;  — 
(s*),  accourir ,  7742  . 

Escourre ,  secouer ,  agiter, 
3o379. 

Escoursser,  voy.  Escourchier. 

Escoussure,  criblure ,  poussière , 
2  532  t. 

Escremir  [subst.],  fait  de  s'es¬ 
crimer,  II,  219  a. 

Escrignet,  Escringnct,  coffret , 
8438,  8455,  e/c. 

Escrin,  coffre,  9119,  23444,  e/c. 

Escrycr,  crier,  appeler,  1 8539, 
18627,  etc. 

Escroe,  morceau  de  parchemin , 
cédule,  I,  2 35  §  1 5. 

Escrois,  coup  de  tonnerre,  I, 
329. 

Esgaré,  attristé,  misérable, 
23a83. 

Escu,  bouclier.  1  38 1  2, 141  14, e/c. 

Escurcur,  escuriaulx,  écureuil, 
30439,  30748. 

Esgard,  Esgart,  jugement,  ar¬ 
rêt ,  2798,  23840,  etc.;  atten¬ 
tion,  382  2-3,  etc.;  précaution, 
13826;  regard ,  II,  197. 

Esgardcr ,  regarder  ,  200 1 , 

7206,  etc.  ;  —  veiller  à,  faire 
attention  à,  4765. 


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UNIVERSITY  OF  MICHIGAN 


GLOSSAIRE 


27I 


Esgart,  voy.  Esgard. 

Egratiner,  égratigner ,  40193. 

Esjoïr  (s’),  se  réjouir ,  1000» 
1218,  etc . 

Esjoïr  (su6s/.),  plaisir ,  31875. 

Eslais  (a),  rapidement ,  8449, 
io858,  e/c. 

Esle,  aile ,  29244,  29257,  e/c. 

Esleeschier,  eslechier,  réjouir , 
mettre  en  liesse ,  1016,  1 1943. 

Eslevé,  peint ,  relevé  de ,  13274, 

1 3981. 

Eslcver,  nommer ,  2o366. 

Eslochier,  disloquer ,  ébranler , 
23oi5,  23i37,  etc- 

Eslongier,  éloigner,  1642,3109, 
e/c.;  —  s'éloigner ,  3522  1. 

Eslut,  choix y  élection ,  22182, 1, 
237  §  17,  e/c. 

Esmaurcr,  éguiser ,  affiler  y 
40768. 

Esmayer,  effrayer ,  troubler , 
800,  io85,  e/c. 

Es:ner,  apprécier  y  estimer  y  1991 
3855,  etc.  ;  —  (su6s/.),  appré- 
ciationy  29573. 

Esmocusin,  fouety  3o638. 

Esmolu,  e/î/é,  221 5. 

Esmouvemcnt,  instigation,  im¬ 
pulsion,  38898  ;  soulèvementy 
émeute ,  9995,  17474. 

Esmovoir,  se  mettre  en  mouve - 
men/,  23 19,  8470,  e/c.;  —  (s'), 
même  sens,  3266,  3621, 

etc. 

Espan,  empan ,  mesure  de  lon¬ 
gueur,  I,  267  §  94,  e/c. 

Espandre,  verser,  répandret 
4268,  8866,  e/c. 

Espanir,  s'épanouir ,  28382. 

Espanir,  expier,  29483. 

Espanter,  voy.  Espouantcr. 

Espaouri,  épouvanté ,  16780. 

Espars,  étendu  y  34538. 

Espart,  éclair,  9987. 

Espasse,  moment ,  19047. 

Especîal,  puissant,  5189. 

Especïalmcnt,  especïaulment, 
spécialement,  764,  6498, 

etc. 

Espeller,  cspcillier,  expliquer 
15398;  II,  197  j. 

Esperanche,  espérance,  3oo. 


Esperdu,  troublé ,  déconcerté, 
9609. 

Espéré,  sphère .  25 112. 

Esperir,  voy.  Espirer. 

Esperir  (s'),  se  réveiller ,  repren¬ 
dre  ses  esprits,  4411,7316, 
etc. 

Esperit,  esprit,  6435,  6431, 
etc. 

Esperite,  même  sens,  7674. 

Espcritualité,  espiritualité,  cho¬ 
ses  spirituelles,  7144,  2o5i6, 
20834, 

Espès,  égais,  6444,  6448  e/c.; 
(subst.)  épaisseur,  18371. 

Espessement,  d'une  manière 
épaisse ,  dru,  serré ,  6417. 

Espices,  espisses,  épices,  1591 5. 

Espichicr,  épicier ,  apothicaire , 
25129,  26471, 

Espie  [subst.),  espion,  18265, 
18295,  e/c. 

Espincheur,  celui  qui  taille , 
coupe,  25714. 

Espiner  (s*),  se  piquer  à  une 
épine,  29143. 

Espirer,  esperir,  mourir,  102 38, 
17217,  e/c. 

Espi  rituel,  spirituel ,  6484, 

32934. 

Espiritualité,  voy.  Esperiiualité. 

[Esploit  (par)]  exploit,  avec  em- 
pr essement,  avec  ardeur ,3894. 

Esploitier,  cxploiticr,  agir, 

produire  un  effet  utile,  1,32  5; 
se  hâter,  s'empresser ,  15687, 
18034. 

Esplouré,  mouillé  de  larmes, 
4182. 

Esplucquicr,  éplucher,  25io5. 

Espocnter,  voy.  Espouanter. 

Esponch ier,  déguerpir,  39912. 

Espondre,  expliquer ,  exposer, 
1 1818,  3i3o3. 

Espons,  répandu,  I,  279  §  117. 

Espouanter,  espanter,  espoen- 
ter,  espoeuenter,  espoeulter, 
effrayer ,  7072,  9805,  24478, 
e/c. 

Espoantablement,  d’une  ma¬ 
nière  terrible,  6695. 

Espoeuetable,  laid,  41106. 

Espousée,/emme,  9308. 


Esprendre,  allumer,  enflam¬ 
mer,  3792,  I,  257  J  67,  e/c. 

Es  presser,  presser,  x  1 358 . 

Esprevier,  esprivier,  épervier, 
63o3,  19562,  e/c. 

Esprins,  allumé,  enflammé,  6923, 
9554. 

Esprivier,  voy.  Esprevier. 

Esprou ver, /aire répreuve,  7221; 
—  (s’),  se  montrer,  faire  ses 
preuves ,  39522. 

Espurgier,  purger,  45i5. 

Esqucrre  (a),  a  esquieres,  eu 
/,’tfl,*s,  rangé  au  cordeau , 
15228,  23oo8. 

Esquipper, /aire  glisser  de  côté, 
3o8oi. 

Esrachier,  arracher ,  18396, 

21709,  e/c. 

Esragié,  enragé,  70b  1,  10264, 
etc. 

Esrant,  csrer,  voy.  Errant, 
errer. 

Essart,  destruction,  12326, 
i6o55,  etc. 

Essauchi è,  surélevé,  3797. 

Essauchier,exauchier,exaucier, 
exaulcier,  exsaulcier,  gravir, 
2  *429  ;  glorifier ,  exalta -, 
5i5o,  6913,  e/c. 

Esse,  voy.  Aise. 

Esservelcr,  Priser  /a  /é/c,  /aire 
sauta- la  cervelle,  I,  35q. 

Esseulé,  iso/é,  sew/,  9496. 

Essil, eATiV,  20358. 

Essillicr,  exislicr,  ruiner ,  dé- 
tmire,  3912,  12948,  etc.,  exi¬ 
ler,  1 1602,  1 1607,  e/c. 

Essoi ne,  délai,  15170  II,  223, 
etc. 

Estable,  durable,  8601  ;  I,  271 
§  101. 

Estableté,  stabilité ,  36559. 

Estache,  attache,  lien,  13421. 

Estage,  /ai//e,  stature ,  20184. 

Estaige,  habitation,  demeure, 
logement,  7384,  7930,  e/c. 

Estair.,  fermé,  clos,  19128. 

Estains,  /aine  peignée  destinée 
à  former  la  chaîne  du  drap , 
466. 

Estaint,  esteint,  274;  I,  244 
§  35. 


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272 

Estai  (donner),  tenir  tête,  4*33. 

Estamp,  étang ,  vivier,  30968. 

Estampie,  estanpic,  air  à  dan¬ 
ser ,  chanson  avec  accompa¬ 
gnement ',  89,  26299,  e/c. 

Eslanchier,  empêcher , prévenir , 
9536,  13350,  e/c. 

Estant  (en),  debout,  i3  269, 
23077. 

Estature,  taille ,  stature ,  33 140, 

Estelle,  36089,  33o3i  ;  e/c.; 
esteille,  36204,  ^/ji/e. 

Estelletie,  /?e/i/e  <?/o//e,  10187. 

Estendce,  étendue ,  longueur , 
22761 . 

Ester,  s'arrêter,  53gi ,  11169. 

Estivaulx,  estiviaulx,  bottines , 
29783,  32437. 

Estofïer,  embellir,  orner ,  II, 
229  <1. 

Estonner,  étourdir,  10834, 
18424,  e/c. 

Estordre,  échapper,  I,  323  ;  — 
(s*),  se  tordre,  9970* 

Estorement,  équipement  821 3. 

Estorcr,  construire,  instaurer , 
8220,  1 2 1 33, 

Estormi,  engourdi,  II,  242  J. 

Estoupé,  fermé,  29834. 

Estour,  mêlée,  combat ,  3g3o, 
10822,  e/c. 

Estourbailler,  tourbillonner,  se 
démener,  30621. 

Estourdi,  abattu,  16806. 

Estovoir,  falloir,  961,  1087, 
etc. 

Estraier,  bannir ,  I.  363. 

Estrain,  paille,  II,  249  J. 

Estraindre,  serrer,  étouffer, 
comprimer ,  3142,  i3i53, 

etc. 

Estraine,  chance,  fortune,  3 1 347. 

Estraingier,  estrangier,  éloi¬ 
gner,  repousser,  3336,  3408, 
etc. 

Estrait,  issm,  né,  13219,  i3222, 
etc. 

Esirange,  étranger,  1844,6026, 
etc. 

Estrangier,  voy.  Estraingier. 

Estrc, /acon  d'être,  1737;  mai¬ 
son,  demeure,  7488,7310. 

Estriel,  étrier,  IGobj. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Estriver  ,  lutter  ,  combattre  , 
i  3o39,3332Ô  \  faire  ses  efforts 
pour,  16549. 

Estroit,  étroitement,  4320. 

Estroittement,  à  Vétroit ,  191 63; 
exactement ,  19146,  I,  2  33, 

§  14- 

Estudie,  étude,  19743,  22654* 
etc. 

Esture,  statue,  port,  maintien , 
37471. 

Esuer,  essuyer,  faire  disparaî¬ 
tre,  8 1 94. 

Esvanouîr,  esvanuïr,  tomber  en 
faiblesse ,  1919;  —  (s*),  dispa¬ 
raître,  39487. 

Esvenui.  évanoui,  11,241. 

Eûr,  hôur,  chance ,  bonheur, 
1097,  2754,  etc. 

Eûré,  heureux,  2265. 

Eures,  livre  d'heures,  I,  367. 

Eureté,  bonheur ,  3o85. 

Eûreux,  heureux,  4718. 

Exaltacion,  culmination  d'un 
astre,  I,  23 4  §  i3. 

Exauchier,  exaucier,. cxaulcicr, 
voy.  Essauchicr. 

Excecucion,  exécution,  I,  291 
§  1  3 1 . 

Exccllcntcment,  très  bien,  I, 
244  §  34- 

Excommunimcnt,  excommuni¬ 
cation,  I,  237  §  63. 

Excusacion,  excuse,  26407,  I, 
272  §  io3. 

Excusancc,  excuse,  36864. 

Exislier,  voy.  cssillicr. 

Ex  périment,  expérience,  action 
d'éprouver,  39662. 

Exemplaire,  modèle,  18682, 
28378,  etc. 

Exploit,  exploitier,  voy.  Ex¬ 
ploit,  cxploitier. 

Expositeur,  commentateur,  I, 
241  $  28. 

Exsaulcicr,  voy.  essauchicr. 

[Fable],  fcablc,  fable,  conte , 
27416. 

Fabler,  conter  des  fables,  des 
mensonges ,  469  3 . 

Fachon,  faiçon,  manière  d'être, 
aspect ,  9328,  10287,  etc. 


Faice,  visage,  18343. 

Faiçon,  voy.  Fachon. 

Faicture,  voy.  Faiturc. 

Faille,  manque,  faute,  2683, 
2718,  e/c.;  nécessité,  manque, 
5341. 

Failli,  fini,  manquant,  5427, 
3a787. 

Faillir,  manquer, 936, 2903,  etc.; 
perdre  rarantage,  720;  ces¬ 
ser,  21442. 

Fain  (1  e),faim,  27083. 

Faih,/om,  40701 . 

FainJrc  (se),  sc  reculer,  s'abs¬ 
tenir ,  manquer  de  courage , 
1 17,  3263. 

Faine,  fouine,  3i568. 

Fa  internent,  par  feinte,  12197. 

Faintié,  feintise,  2io3,  io683, 
etc. 

Faintif,  faux ,  trompeur ,  2089 
20902,  etc.; paresseux,  29723. 

Faintisc,  tromperie,  2419,474*. 

Faintiscment,  d'une  manière 
feinte,  mollement,  29731. 

Faiturc,  faicture,  faitture, créa¬ 
ture,  production  for  me, 

14973,  i393i,  etc. 

Fal,  voy.  Fcl. 

Faon,  petit  d'animal,  I,  3 14  J, 
etc. 

Famé,  renommée,  1682,  2o338, 
etc. 

Famé,  femme,  \3y?o. 

Fannoicr,  s'égarer,  perdre  la 
raison,  I,  353  a. 

Fauchillicur,  celui  qui  coupe 
avec  une  faucille ,  40464. 

Fauchillon,  petite  faux,  40780. 

Faulcon,  faucon,  921. 

Faultre,  5oi8. 

Faultrc  (battre  son),  voy.  Paul- 
tre,  4980. 

Fausser,  mentir,  se  dérober, 
1 172  ;  faire  défaut ,  21223. 

Fausseté,  Faulsctté,  mensonge, 
5336,  5439,  etc. 

Feable,  voy.  Fable. 

Féal,  feaulx,  fidèle,  i3o8, 
1 636,  etc. 

Feaulment,  loyalement,  26027. 

Feaulté,  fidélité,  1460. 

Fel,  fal,  félon,  cruel,  méchant, 


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GLOSSAIRE 


violent ,  5915,  83 2 3,  I,  3 10, 
etc . 

Felonneusemcnt,  en  félon,  2794. 

Femcnin,  de  femme ,  1707, 

1728. 

Fendre,  être  brisé,  10458. 

Fendur e,  fente,  I,  275  §  107. 

Fenis,  fenix,  phénix,  oiseau 
fabuleux,  16043,  I,  240  §  24. 

Fenncr,  répandre ,  19594. 

Fcrcïs,  choc,  combat,  18607. 

Fe ri r,  frapper,  867,  2702,  etc.; 
—  (se),  se  jeter ,  se  précipiter 
avec  ardeur,  14394,18761  ,etc. 

Fermette,  ferté,  ville  forte ,  for¬ 
teresse ,  8128,  14046,  1 83G5, 
etc. 

Ferré,  garni  de  ferrures,  8439; 
chargé  de  fers,  1 3585. 

Fers  (nom.),  ferme,  rigide ,  I, 
36 1. 

Ferlé,  voy.  Fermette. 

Fcrvanment,  avec  ferveur,  I, 
274  §  106. 

Fervctu,  revêtu  d'une  armure , 

i8834. 

Fcsble,  ttesbc,  flcsve,  faible, 

23o5,  7174,  1D673. 

Festïer,  fêter ,  bien  accueillir, 
1 6604  ;  (intr.) s'amuser,  2  2447. 

Fcucz  (?)  1819. 

Fcurre,  foeurre,  fuerre,  four¬ 
rage,  3o52g;  —  (aller  en), 
fourrager,  radier,  82i3, 
19432. 

Fcvre,  forgeron,  7897,  25557, 
etc. 

Fez,  fais ,faix,  35872,  36496, 
etc. 

Fiance,  confiance,  4700,  4702, 
etc. 

Fiche, fixe,  I,  229  §  6. 

Fichier,  fixer,  5780. 

Fie,  {y t,  fois,  4682,  1 1728,  etc. 

Fié,  fief,  I,  290  §  149. 

Fiefvé,f05$esseur  de  fief,  383 1 7, 
38389,  etc. 

Yicn,  fumier,  1  g385,  19394. 

Fier,  violent,  terrible,  19086. 

Ficrement,  sauvagement, cruel¬ 
lement,  i36o6. 

Fierté,  audace,  violence\  18950, 

Fiex  (nom.),  fils,  8392. 

Tome  II. 


Fillardc,  brochet,  36745. 

Fil  lé,  filet,  19553,  10572,  etc. 

Fillicre,  pièce  de  bois  qui  sup¬ 
porte  les  chevrons  du  toit, 
40727. 

Finablemcnt,  finalement,  I,  261 

§  76. 

Finance,  fin,  terme ,  35491, 
35498,  etc. 

Finement,  fin,  terme ,  63go. 

Finer,  terminer,  achever,  733, 
1285,  etc.;  arriver,  12286. 

Finir,  terminer,  1 1  ;  mourir,  7; 
—  (se),  mourir,  63g3. 

l  is,  2  56,  6430  ;  fy,  3i  140,  sûr, 
assuré. 

Fiscl,  voy.  Fuiscl. 

Flaboier,  raconter  des  fables, 
berner,  24750. 

Flaiol,  flajocul,  flageolet, 
?6o53,  I,  277  §  11 3,  etc . 

Flaircur,  odeur,  3 1 835,  3 1839, 
etc. 

Flambe,  flamme,  3791,  3798, 
etc. 

Flamblcur,  lumière,  34939. 

Y\an,  flanc,  19135. 

Flatcressc,  flatteuse,  4910. 

Flatrir,  flatrir,  lancer,  jeter  à 
terre ,  I,  3 1 3  ;  283 19. 

Flesbe,  flesve,  voy.  Fcsble. 

Fieu,  flun,  fleuve,  32759,  3777, 
etc. 

Fleutri, flétri,  40215. 

Florir,  flourir,  fleurir,  2838 1, 
I,  25g  §  72. 

Flour,  fleur,  14439. 

Flourin,_/7orm,  33oi,  35o3,  etc. 

Flourir,  voy.  Florir. 

Flun,  voy.  Fieu. 

Vo,  fol,  32537. 

Foculctte,  petite  feuille,  1 3983. 

Foculle,  feuille,  363o8,  363 11, 
etc.  ;  feuille  de  plante  médici¬ 
nale,  29186. 

Focur,  dehors,  123,  10756, 
etc. 

Foeur  (a  nul)  à  aucun  prix,  en 
aucune  manière,  1 7926,  1 9996, 
20878,  etc. 

Foeurre,  voy.  Feurrc. 

Foiron,  fuiro n,  furet,  I,  3oo. 

Foison,  quantité,  5070. 


273 

Foleur,  foulour,  folie ,  sottise , 
3o6,  1029,  io53,  1102,  etc. 

Folial,  fou,  II,  207. 

Folïer,  entraîner  à  des  folies. 
5773. 

Folir,  être  fou,  36614. 

Foloyc ,  folie,  action  folle ,  552  2. 

Foloycr, /dire  des  folies,  33241. 

Fondeur,  fondateur,  I,  244  §  35 
et  262  §  92. 

Fondre,  détruire,  3g  1 3,  8147, 
etc.;  être  détruit,  8190;  — 
(se), s'écouler,  II,  202. 

Fons,  fonts  baptismaux,  I,  260 
§75. 

Forain,  étranger,  21239;  exté¬ 
rieur,  20389. 

Fore,  vente,  foire,  32722. 

[Forfaire],  fourfaire,  commettre 
une  mauvaise  action,  1119, 
1 1701,  etc. 

Forfaiture,  punition,  3978. 

Forjurer,  renoncer  par  serment, 
renier,  1812,  34209. 

Forligncr  (se),  dégénérer,  36o. 

Forma riage,  mariage  conclu 
entre  deux  personnes  appar¬ 
tenant  à  des  seigneurs  diffé¬ 
rents,  23481. 

Forment,  fourment,  froment , 
14779,  36964. 

Forment,  fortement,  8451,  1016, 
etc. 

Fors,  hors,  hormis,  22,  etc.  ;  — 
que,  plus  que,  4246. 

Forsener,  perdre  la  raison,  être 
furieux,  i3ig3,  18910,  etc. 

Forscnerie,  folie,  I,  261  §  76, 
34430,  etc. 

Fort  (au),  en  fin  de  compte ,  après 
tout,  5g3. 

Fortraire,  fourtraire,  enlever, 
détourner,  33o3,  4793,  etc. 

Fortresse,  forteresse,  ng83, 
2 1 369. 

Forvoier,  fourvoyer ,  fourvoyer, 
égarer,  6536,  14690,  etc.  ; 
(intr.)  perdre  le  bon  chemin, 
6557. 

Fourvoy,  forvoye,  fourvoie¬ 
ment,  2g383,  38376. 

Fouicr,  foyer,  II,  200. 

Fouir,  fuir,  724,  2759,  etc. 

18 


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274 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Fouler,  maltraiter ,  3091 5. 

Fou  lié,  fatigué,  21161. 
Fourcelle,  poitrine ,  gorge , 
3i755. 

Fourches  (les),  gibet ,  2914, 
2922,  e/c. 

Fourniaulx,  fourneaux,  13923. 
Foudre,  foudre,  8191,  17218, 
etc. 

Fourdroyer,  frapper  de  la  fou¬ 
dre  %  33146. 

Fourfaire,  voy.  Forfaire. 
Fourme,  aspect ,  9526, 9528,  etc. 
Fourmcnt,  voy.  Forment. 
Fourni,  robuste,  grand ,  14369. 
Fournir,  exécuter ,  accomplir , 
18066. 

Fourvoyer,  voy.  Forvoier. 

Foy,  assuré ,  II,  198  a. 

Fraible,  fragile,  39888. 
Fraichon,  frayeur ,  2 1701. 
Frailaissc,/n2£ï/j/é,  25410. 
Frain,/reiw,  19098. 

Fraindre,  enfraindre ,  703. 
Fraiour,  />ewr,  1430. 

France,  corr.  frainte,  tumulte , 
querelle ,  35889. 

Francemcnt ,  franchement , 
37797- 

Franchir,  affranchir,  16623. 
Francise, /rjwc/i/$e,  36855. 
Fraser,  écosser,  peler,  25835. 
Fremer,  fermer,  enfermer ,  e/i- 
c/ore,  8243,  8704,  etc.\  for¬ 
tifier,  16329. 

Fremé,  fourmi,  1243,  2472. 
Fremïcr,  frémir,  s'agiter ,  824, 
20 10,  etc. 

Frénésie,  folie  furieuse,  II,  229. 
Frcschet,  gaillard ,  dispos , 
3o738. 

Frevicr,  frevrer,  février,  I,  264 
§  86,  35174,  e/c. 

Frichon,  frisson,  21703. 

Froideur,/roid,/roi<fi/re,i2552. 
Froier,  se  frotter,  faire  l'amour , 
II,  232. 

Froissié,  cosse,  vieux,  I,  290 
§  148. 

Fronchic, froncé,  21722. 
Frondolc,  fronton  d'un  édifice , 

I,  240  §  25. 

Fu,  fuy,/e//,  932,  6692. 


Fucrrc,  voy.  Fcurre. 
Fuie,/a//e,  13944. 

Fuir  (se),  s'enfuir,  18828. 
Fuiron,  voy.  Foiron. 

Fuisel,  fisel,  éclat  de  bois , 
18319,  23io5. 

Fuison,  quantité,  foison,  18746. 
Fuitif,  fugitif ,  10014,  12723, 
etc. 

Fumelle,  femelle,  3599,  36o8, 
etc. 

Fumicre.  fumet,  odeur,  II,  247. 
Furgon.  tige  de  fer  servant  à 
attiser  le  feu,  I,  354. 

Fus,  18397,  corr.  jus. 

Fusicïen,  voy.  Phisicicn. 
Fusique,  voy.  Phisiquc. 

Fust,  bois,  5297,  13976,  etc. 
Fuy,  voy.  Fu. 

Fuye,  fuite,  I,  261  g  77. 

Gaaignage,  gaignage,  gain,  pro¬ 
fit,  23582, 27069. 

Gaain,  gain,  iyby3,  20042,  etc. 
Gab,  (plur.)  gas,  moquerie, plai¬ 
santerie,  801 5. 

Gaber,  plaisanter,  3417,  23873, 
etc.;  —  (se),  se  moquer,  3+5 1 5. 
Gabcric,  plaisanterie,  10743. 
Gaiant,  géant,  8638,  8667,  etc- 
Gaignage,  voy.  Gaaignage. 
Gaignc  (la),  gaing,  23534, 
25558,  etc. 

Gaignc  cheval  (a),  à  toute  bride, 
23379. 

Gaigncmcnt,  gain,  37822. 
Gaigncric  ,  métairie  ,  ferme  , 
28025. 

Gaigneur,  guaigneur,  celui  qui 
gagne,  20139,  235io,  etc. 
Gaitant,  prudent,  attentif,  II, 
201 . 

Gaiteus,  qui  guette,  qui  tend 
des  pièges,  14504. 

Gaittcr,  guccticr,  guetter,  <jbG, 

2 194;  —  (se), se  méfier,  388q3. 
Game,  jambe  (.'),  288.  Voy. 

Jamc. 

Ganche,  souplesse,  agilité,  441  2; 

feinte,  ruse,  I,  3 10. 

Ganchir,  action  de  se  détour¬ 
ner,  II,  247. 

Ganne,  voy.  Gaune. 


Gantier,  chantier ,  40697, 407 1 2, 
etc. 

Garandir,  garantir,  protéger, 
* 4 1 9»  1 996,  etc.;  promettre, 
32754. 

Garant  (a),  en  sûreté ,  io83i, 
11610,  etc.;  —  (aller  a),  de¬ 
mander  protection,  6784. 
Garche,  fille,  3i3y. 

Garchon,  voy.  Garson. 

Garde  corps,  manteau,  23762. 
Gardeor,  tuteur,  II,  228. 

Garder,  regarder,  i3833  ;  se 
garder  de,  prendre  garde, 
2553,  2821,  etc. 

Gardin,  jardin,  i5oii,  25841, 
etc. 

Gardinct,  jardin,  24044. 
Garingal,  racine  d'une  plante 
aromatique  des  Indes,  Ma- 
ranta  galanga,  1601 5. 

Garir,  guérir,  i568,  4386,  etc. 
Garison,  guérison,  1024. 

Cmrilé,  garni  de  guérites,  i38i  o. 
Garnement,  habillement,  6170, 

2 1 549,  etc, 

Garni, prêt,  armé ,  2 1 363,  2 1  >78, 
etc. 

Garnison,  provision,  1023,4475, 
etc. 

Garson,  garchon,  homme  de 
peu,  vaurien  285-6,  14677; 
gars,  jeune  homme,  3237, 
3241,  e/c. 

Gastc,  solitaire ,  abandonné, 
\0\b2,  I,  3 1 3,  etc. 

Gaster,  perdre,  ruiner,  2528, 
4753,  etc. 

Gastcur,  gatteur,  pillard ,  dé¬ 
vastateur,  20991;  I,  366 a. 
Gasturc,  pillage ,  36014. 

Gatteur,  voy.  Gastcur. 
Gaudine,/ewi//de,  bocage,  2178, 
19970,  etc. 

Gaulx,  bois,  forêt,  bocage,  6296. 
Gaune,  ganne,  jaune,  14309, 
15945,  etc. 

Gay  (a  bec  de),  en  forme  de  bec 
du  geai ,  34473. 

Gayn  (fronmaige  de),  fromage 
fait  du  lait  tiré  après  la  mois¬ 
son,  II,  240^2. 

Gchir,  confesser ,  avouer ,  5638. 


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GLOSSAIRE 


Gcline,  gline,  gucline,  poule , 
455,  29698,  29679,  etc. 

Gelinier,  poulailler ,  3o3oo. 

Gcllée,  gelée ,  657. 

Gémir  (verbe  trans .),  regretter , 
6736. 

Gcneracion,  ac/ion d'engendrer, 
7527  ;  origine,  2oo37. 

General  (en),  en  public ,  22066. 

Gcncralment ,  generaulment, 
généralement ,  195 1 3,  28247, 
etc. 

Generaulx,  ic/écs  générales , 

34i43. 

Gcnner,  voy.  Juner. 

Gcnouillons  (a),  agenouillé ,  II, 
238. 

Gent,  gentil ,  759,  e/c. 

Gentil, Gcntieulx,  5i'en  ne,  2069, 
19056,  e/c. 

Gentillesse,  noblesse  (au  fig.), 
461 1,  19203,  e/c. 

Gerpir,  voy.  guerpir. 

Gésir,  coucher ,  se  coucher  ,3232; 
—  (se),  être  couché ,  9840. 

Geste  (de  male),  4111  se  com¬ 
porte  ma/,  21014. 

Gcüne  (le),  jeune,  I,  337a. 

Gierillon,  voy.  Guerillon. 

Giet,  portée  d'une  arme  de 
jet  y  19290;  retroussis,  I, 

279S«i7- 

Giometric,  géométrie ,  25201. 

Gitier,  giter,  jeter ,  10226,  II, 
233a. 

Glachicr,  glacier,  glisser,  2792  3, 
40608. 

Glatir,  crier,  hurler,  2451. 

Glatissement,  cri,  6rwi7,  30742. 

Glave,  glaive ,  épée,  3934,  4262, 
etc. 

Gline,  voy.  Gcline. 

Glon,  gland ,  19902. 

Glore,  gloire ,  27490- 

Glose,  explication ,  3093. 

Gloseur,  glossateur ,  27364, 

29555. 

Glout ,  glouton  ,  gourmand , 
goinfre ,  43,  6362  ;  terme  in¬ 
jurieux,  pendard,  gredin, 
io5,  901 1,  10600,  e/c. 

Gloutcr  ,  avaler ,  engloutir, 
28107. 


Glouton,  poy.  Glout. 

Gloutonneusemcnt,  ma/,  2563o; 
en  glouton ,  28090. 

Gloutonneux, c/eg/on/on,  36769. 

Gloutonie,  25 1,  5790,  e/c., 

gloutrcnie,  36643,  36634, 

e/c.;  gloutonnerie  ;  22373, 
dévergondage. 

Gluy,  g/ue,  29245,  29316,  e/c. 

Goant,  se  réjouissant,  29984. 

Gode,  5on,  24987. 

Goïr,  goyr,  jouir,  3478,  14660, 
etc. 

Gonfanonnicr,  porte-étendard, 
2736,  8486,  e/c. 

Gonnc,  cotte,  24989. 

Goullc,  gueule ,  7068. 

Goulouscr  (se),  II,  241,  coït. 
Doulouser  (se),  vo_y.  ce  mo/. 

Goupy,  renard,  2  3837.  l’oy. 
Houpis. 

Gourd, /ou rd,nia is.  hébété, 9252. 

Gourdoicr,  maltraiter ,  m- 
doyer,  H,  201. 

Goûte,  essence ,  25524. 

Goûte,  maladie ,  I,  3o7  a,  c/c. 

Goûté,  tacheté ,  467. 

Gouvernant,  se  dirigeant,  se 
gouvernant,  7006. 

Gouvernau,  gouvernail,  3o755. 

Gouvernerres,  nom.  c/e  gouver¬ 
neur,  (/cm.)  gouverneresse, 
27812,  29542. 

Goyr,  voy.  Goïr. 

Gracier,  remercier,  îo578, 
i23o5,  e/c. 

Gracieux,  p/eiit  c/e  /a  grâce  di¬ 
vine,  7095. 

Graer,  approuver,  II,  217. 

Gramenter  (se),  17811  ;  I,  235 
§  38  ;  se  guermanter,  II,  240, 
se  lamenter. 

Gramment,  grandement  [de 
temps],  73oi. 

Grance ,  granchc ,  grange, 
16254,  29702,  e/c. 

Grandesimc,  /rés  grand,  23340. 

Grand,  grandeur,  20184,  2  1  5 17. 

Grapillier,  cansser  amoureu¬ 
sement,  40106. 

Gravclcus,  sablonneux,  14169. 

Gravclle,  sa /7e,  12076,  26147, 
etc. 


275 

Grcce,  graisse,  34628. 

Greffe  (/ém .),  poignard,  2  2036. 

Grcgois,  grec,  16068. 

Greigncur,  greignour,  plus 
grand,  3433,  91 52,  etc. 

Grevain,  pesant, pénible,  24026, 
35435. 

Grevance,  tort, préjudice,  58 14, 
io3oo,  etc. 

Grief,  difficile ,  dur,  1 1 66 x  ; 
triste,  malheureux,  21811. 

Grieftc,  peine,  douleur,  9806, 
1941 1,  etc. 

Grïeschc,  sorte  de  jeu,  3g3o8. 

Gris,  fourrure,  15895. 

Gros  (en),  17793. 

Gros,  pièce  de  monnaie, 
3 i834. 

Gros,  grosseur,  2 1 5 1 7  ;  sens 
grossier,  8544. 

Grossement,  grossièrement, 
302  1  2. 

Groucheux,  grognon,  40273. 

Grouchicr,  grousser,  grogner , 
gronder,  35o5,  40267,  etc. 

Grouller,  crier,  40267. 

Grousser,  voy.  Grouchicr. 

Grumelcr,  grommeler,  I,  309  a. 

Guaigncur,  voy.  Gaigncur. 

Guaircs,  guère,  528,  4684,  etc. 

Guarir,  guérir,  1211. 

Guectier,  voy.  Gaitter. 

Gucline,  voy.  Gcline. 

Gueredon,  guerredon,  prix,  ré¬ 
compense,  1 366,  1  i8o5,i3363, 
etc. 

Gucrcdonncr ,  guerredonner, 
donner  en  récompense,  1 3332, 
285 1 1,  etc. 

Guermanter  (se),  voy.  Gramen¬ 
ter  (se). 

Guerpir,  gerpir,  quitter ,  aban¬ 
donner,  i63o,  2880,  etc. 

Guerredon,  guerredonner,  voy. 
Gueredon,  gueredonner. 

Guerrier,  faire  la  guerre  à, 
8233,  25696,  etc. 

Gucrrillon,  gierillon,  grillon, 
27450,  27472,  etc. 

Guerroier  ( subst .),  guerrier, 
18045,  19359. 

Guet,  prudent,  29942. 

Guicet,  guichet,  39396. 


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276 

Guïer,  diriger y  guider ,  3148, 
8270,  etc . 

Guille,  tromperie ,  467,  4837, 
etc. 

Guisterne,  instrument  à  cordes , 
36 1 37 . 

Habunder,  abonder ,  regorger , 
x 3679,  i3683. 

Hachie,  tourment  y  angoisse, 
37727. 

Hahay!  /ié/as!  27375. 

Hahcn,  voy.  Ahan. 

Haïncux,  haïssable ,  41 127. 

H  aire  ,  angoisse  ,  tourment , 
19176. 

Haitié,  en  6on  é/a/,  gai ,  4992, 
29681,  e/c. 

Haitier,  plaire,  3352. 

Halle,  grande  salle ,  22028. 

Hanap,  hanas  (nom.),  />o/, 
2652  3  ;  (sens  36oo3. 

Hanté,  visité ,  en  relations  avec , 
1804. 

Hanter,  antcr,  avoir  commerce 
avec ,  32!  3,  6547,  7085,  e/c. 

Hardement,  hardiesse ,  audace , 
10394,  1 1873,  e/c. 

Harer,  exciter  un  animal  après 
une  proie ,  19557,  33340. 

Harlé,  40715. 

Harnois,  bagage,  12903. 

Hart,  corde  de  gibet,  744, 
12088,  e/c. 

Hary,  tourment ,  angoisse  tf), 
37248. 

Hary  (faire  le), /aire  l'amour , 
40159,  4o365. 

llastier,  broche ,  18481. 

Hastif,  prompt,  3oy3S. 

Hastivement,  vi/e,  rapidement, 
1 6336,  17577. 

Hastiveté,  résolution  hâtive , 
30094. 

Haubert,  co/Ze  de  maille,  37693, 
38324,  e/c. 

Haubregon,  petit  haubert, 
3836o;  I,  264  §  90. 

Haulchier,  lever,  9067. 

Hault  (tout  en),  à  /rés  /lan/e 
voix,  1 88 1 . 

Haultain,  gui  occupe  un  rang 
élevé ,  19200. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Haultement,  à  /ian/e  voix, 
21 100. 

Haultcsse,  hauteur,  haute  si¬ 
tuation,  i3373,  21086,  e/c. 
Haulticsme,  aultisme,  /rés 
/ian/,  12564,  13189,  e/c. 
Hauyer,  piocher,  29822. 

Haye,  haine,  9688. 

Hé,  haine,  1,  366. 

Heamme,  haume,  18452. 
Hecquier, fendre  du  bois,  3928 1 . 
Hener,  hennir ,  barir,  13918. 
Herbegement,  logement,  9481. 
Hcrbergerie,  /ogïs,  32778. 
Herbergier,  abergier,  hesber- 
ger,  loger ,  1493,6665,  25387; 
II,  221,  e/c. 

Herbregagc,  logement,  4378, 
9478. 

Herbue,  herbage,  3 1 55. 

Hcre,  ici  en  saxon,  I,  269  §  97. 
Heren,  hareng,  3oig5. 

Hercse,  hérésiarque,  I,  247  §  4 3. 
Herese  (subst.),  hérétique,  I, 
261  §  77. 

Herichié,  hérissé,  5o53. 
Heritaige,  bien-fonds,  1117. 
Hérité,  hérétique,  I,  2  5o  §  5o, 

I,  257  §  68,  etc. 

Hérité,  celui  qui  hérite,  37356. 
Hérité,  28480;  ireté,  ii63o, 
bien,  fortune. 

Hcsberger,  voy.  Herbergier. 
Heu!  hélas  !  27727. 

Hcûr,  voy.  Eûr. 

Heusse,  houscau,  I,  367. 

Hide,  effroi,  frayeur,  25342; 

II,  240  a. 

[Hideur],  ydeur,  chose  horri¬ 
ble,  7015. 

Hirechié,  irrité,  27338,  3338g. 
Histoirement,  récit,  19232. 
Histore,  histoire,  to. 

Hochet,  leurre,  3225. 

Hochier,  lever,  30799. 

Hoir,  héritier ,  3906,  9764,  etc. 
Homaige,  hommage,  438. 
Hommanmcnt  ,  virilement , 
22871 . 

Honltoyer,  faire  honte  à,  hon¬ 
nir,  10657. 

Honm-,  voy.  Homm-, 

Honni,  souillé ,  sali,  7746. 


Honneurer,  honnourer,  hono¬ 
rer,  io3o;  garder  son  hon¬ 
neur ,  io3i. 

Honour,  anneur,  anor,  hon¬ 
neur,  I,  366,  II,  221;  etc.) 
pouvoir,  possession,  i8o38. 

Honnourablement,  honorable¬ 
ment,  I,  264  l  86. 

Honter,  avoir  honte,  31970. 

Hontoyer,  porter  honte,  12340. 

Hordure,  ordure,  61*77;  wy. 
Lordure. 

Hostage  ,  demeure  ,  23276  , 

36240. 

Hosté,  hôtel ,  demeure,  27152. 

Hostelain,  hospitalier,  40828. 

Hosteler  (s*),  s’osteller,  s'éta - 
blir,  loger ,  20022,  29914, 

8175,  etc. 

Hoster,  enlever,  Ô70. 

Houche  ,  manteau,  2 5 1 1 0  , 
34469. 

Houchepiner,  hucepincr.  hous¬ 
piller,  29705;  I,  3oi  a. 

Houllerie,  mauvaise  vie,  37490. 

H  ou  Hier,  débauché,  libertin, 
25184,  26943,  etc. 

Houpis,  goupil,  renard,  5475. 
Voy.  Goupy. 

Houppe,  huppe,  oiseau,  41092. 

Hours,  dehors,  3 56 16. 

Hours,  ours ,  6291. 

Housiveté,  voy.  Oiscuseté. 

Houssoir,  balai,  I,  260  §  73. 

Hucepincr,  voy.  Houchepiner. 

Huchicï,  coffre ,  15917. 

H uc h ie r,  appeler,  192,  597,  etc. 

HuCr,  crier,  parler  haut ,  1881, 
26296,  etc.)  insulter,  12913. 

Hui,  huy,  aujourd'hui ,  2202, 
2236,  etc. 

Huisset,  petite  porte,  19129. 

Humblesse,  humilité,  37747. 

Humelier,  saluer  humblement , 
II,  238  a. 

Humer, jeter  à  terrefi),  338o8. 

Humiliant,  qui  a  de  rhumilitc, 
2837. 

Humilité  (faire),  s'abaisser , 
22917. 

Huré,  hérissé,  excité.  II,  247. 

Hurtebillier,  frapper,  battre, 
401 91,  40349,  etc. 


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GLOSSAIRE 


Hurler 9  frapper,  12164,  etc . 

Mutin,  hustin,  bniit,  querelle , 
3 182,  61 54,  etc.;  combat , 
4214,  10824,  etc. 

Huvct,  bonnet ,  39316. 

Huy,  voy.  Hui. 

Hydeur,  voy.  Hideur. 

Hymaige,  image ,  6964. 

laus,  21467. 

îce,  cela ,  22 1 . 

Icetui,  celui-ci,  I,  33 1. 

Icil,  celui-ci ,  2738. 

Iglisse,  église,  I,  363. 

Ignoramment,  sans  savoir, 
26433. 

lia,  /à,  4212. 

Illec,  illecques,  là ,  1004,  1261, 
etc. 

Imperer,  anpircr,  régner ,  I, 
333,  336,  e/c. 

Inde,  ynde,  v/o/e/  tirant  sur  le 
bleu,  13268,  15945,  etc. 

Indicion,  indiction ,  I,  262  §  79; 
annonce,  proclamation,  I,  267 
§  94. 

Indoien,  indien,  15911. 

Indois,  indien,  16067. 

Incllemant,  voy.  Isnellemcnt. 

Infer,  enfer ,  24312. 

Ingai  (par),  également,  36197, 
37633. 

Ingremancc,  ingromance,  né¬ 
cromancie,  93 1 3,  14028,  etc. 

Ingromatif,  magique ,  I,  2  33 
l  *3. 

Iniaulx,  voy.  Isniaulx. 

Injurieux,  qui  fait  du  tort, 
6320. 

Innobedient,  qui  n'obéit  pas, 
33390. 

Inobedïencc,  manque  d'obéis¬ 
sance ,  27898. 

Inquisition,  enquête,  recherche. 
I,  229  §  6,  etc. 

Instrument,  écrit ,  acte .  77, 
17311,  etc. 

Intant,  autant ,  33623. 

Intencion,  pensée,  opinion, 
1 35o3  ;  projet,  17964. 

Intcrine,  plante?,  26700. 

Introduire,  instruire,  10062. 

Iquileques,  /à,  I,  3i 7. 


Ire,  colère,  876,  983,  etc. 

Iré,  yrié,  en  colère,  1403, 
1449. 

Irer,  se  fâcher ,  6767. 

Ircement,  en  colère,  27890, 

Ireté,  voy.  Hérité. 

Ireux,  enclin  à  la  colère,  20975, 
22444,  etc. 

Islusion,  illusion,  I,  280  §  117. 

Isnellement,  inellement,  rapi¬ 
dement,  14067,  II,  247,  etc. 

Isniaulx,  iniaulx, prompt,  agile, 
18952,  28899. 

Issir,  sortir,  1159,  i3ii,e/c. 

Issue,  action  de  sortir ,  I,  233 
§  1 1  ;  rentes,  revenus,  27049, 
3844?,  etc. 

Istoire,  tableau ,  statue,  15942. 

Itant,  autant ,  13781. 

Ivrais,  (fém.)  ivraisse,  ivrogne, 
1 1,  229  a  et  I,  326. 

Ja,  déjà ,  416,  449,  etc. 

Jame,  jambe,  I,  319  a  et  620  a, 
etc.  Voy.  Game. 

Jangleur,  jengleur,  jugleur, 
(fém.)  jangleresse,  jongleur, 
6164,  28261,  II,  21 1,  etc. 

Jenne, voy.  Jonc. 

Jennesse,  jeunesse ,  24298. 

Jenoul,  genou,  16072. 

Jettcr,  mettre  dehors,  faire  sor¬ 
tir,  17723. 

Joe,  joue.  8632;  mâchoire, 
39521-2,  etc. 

Joicl,  joyel,  joyau,  27760, 
36297. 

Joinct,  bien  fait,  gracieux, 
24988.  40182. 

Joing,  joint,  23594. 

Joing ,  jonc,  23oo2,  23oi8.  etc. 

Joings,  38229. 

Joir,  bien  accueillir ,  caresser, 
19990. 

Jolivc,/cm.  de  joli,  II,  233. 

Joliveté,  gaité,  entrain,  26747; 
I,  3o6ü. 

Jone,  josne,  jenne,  jeune,  46, 
2523,  24314,  etc. 

Joncss e,  jeunesse,  10989. 

Josier,  gésier,  II,  249. 

Josne,  voy.  Jone. 

Jouste,  combat,  18760. 


277 

Jouste, auprès  de,  I,3n;  selon , 
21587. 

Jouster,  réunir ,  41063;  lutter, 
18435,  18771. 

Jouvence,  Jouvente,  jeunesse , 
1 1 1 38,  25718,  etc. 

Jouvence!, jeu  ne  homme,  2io63. 

Jovcnccaulx,  jeunes  gens,  10987, 
33o8i,  etc. 

Joyant,  joiant,  joyeux ,  12346, 
14012,  etc.  Voy.  Goant. 

Joyel,  voy.  Joiel. 

ïo,jeu,  2 1 33g. 

Juer,  jouer,  5062. 

Juglerie,  jonglerie.  II,  211. 

Jugleur,  voy.  Jangleur. 

Juichier  (se),  se  jucher,  II, 
249. 

}u\%cmani,  jugement,  II,  209  a. 

Jullct,  juillet,  I,  262  |  79  et 
282  §  126. 

Juner,  genner,  jeûner,  2221,  I, 
3 10,  etc. 

Jung(a),  à  jeun,  325. 

Juré,  conjuré,  21070. 

Jus,  en  bas,  par  terre ,  767, 
2349,  etc • 

Justichier,  exécuter,  supplicier, 

1,243  s  34. 

Kallendrier,  calendrier,  34990. 

Kyryele,  chœur  des  anges  ou  des 
saints,  7441 . 

Labour,  travail,  14537. 

Labourer,  travailler,  1029, 
3903,  etc. 

Lâchement,  d'une  façon  lâche, 
peu  serré,  2 1721. 

Lachct,  Jî/ef,  moulure  en  relief, 
40726. 

Lai,  lay,  laïc,  35;  I,  248  §  47. 

Laidement,  mal,  23664. 

Laidengier,  lendengier,  insul¬ 
ter,  injurier,  maltraiter ,  649, 
2946,  etc. 

Laidir,  maltraiter ,  1 1574,24708, 
etc. 

Laidoyer,  insulter,  33423. 

Laidurc,  vilaine  action,  4791, 
I,  292  §  1 52,  etc. 

Laiens,  voy.  Leans. 

Lais,  testament,  17082. 


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278 

Lais,  instrument  de  musique , 
27569. 

Laissier,  abandonner ,  tarder , 
i655,  18034,  etc.;  —  at  ma«- 
de,  négliger ,  I,  241  §  29. 

Lait,  injure ,  957,  jo543. 

Laituairc,  lectuairc,  électuairc , 
26549,  26582,  etc. 

Lamenter,  pleurer ,  7654. 

Lanche  sur  faultre,  la  lance  sur 
l'arrêt  fixé  à  la  cuirasse ,  péf 
<2  combattre ,  24332. 

Lanchier,  lancer  un  javelot , 
4409i  *2427,  etc. 

Landont,  bâton  sert  den- 
trave,  II,  201 . 

Languste,  laouste,  sauterelle , 
4448;  I,  269  §  97,  etc. 

Lant,  pays,  19312. 

Lanté,  repos,  apa/sement,  I,  3i  1. 

Lapider,  maltraiter  détruire , 
«o344,  17763,  etc. 

Lapre,  /épre,  I,  349  a. 

Larder,  percer,  blesser,  1421. 

Lardier,  endroit  ou  Von  conserve 
le  lard ,  garde-manger,  II, 
240  j. 

Larechin,  voy.  Larrcchin. 

Large,  généreux,  prodigue, 
io3i7. 

Largesse,  largeur ,  5765. 

Larmier,  larmoyer,  pleurer , 
10919,  19017. 

Larrechin,  larechin,  larccin, 
vo/,  larcin,  466,25984,  3o3i5, 
etc. 

Larrechineusement,  en  voleur, 
1 1690. 

Larris,  /awde,  bruyère,  3o34Ô. 

Larron,  lerre  et  lierres,  (nom.) 
larrcnesse  (fèm.),  voleur , 
4663,  4537,  9041,  etc. 

Larronceaul  ,  Larronchcaul  , 
/ewne  voleur,  11750,  25683, 
etc . 

Las,  fatigué,  malheureux,  819, 
3729,  etc. 

Lassus,  là-dessus,  34583. 

Lnsté,  manque,  misère ,  I,  3 1 5  ; 
27894. 

Lay,  voy.  Lai. 

Layt,  /a/d,  6735. 

Le,  large ,  ioo3,  11 63,  etc. 


RENÀRT  LE  CONTREFAIT 

Leal,  voy.  Loyel. 

Leans,  lPens,  laiens,  là-dedans, 
8705,  1 5936, 1,  280  §  1 1 9,  etc. 

Leaulx,  loyal,  3961. 

Lechierrcs  (nom.),  débauché, 
II,  229a. 

Lcchon,  lichon,  liçon,  leçon, 
348,  29488;  I,  35o  a,  etc. 

Lecture,  recette  de  médecin, 
ordonnance,  26701. 

Lee,  lieue,  I,  352. 

Léens,  voy.  Leans. 

Léesche,  largueur,  33577. 

Lôesse,  lÿesse,;o/e,  gai  té,  1102, 
1 109,  etc. 

Legicr  (de),  facilement,  I,  325, 
etc. 

Legiercment,  facilement,  I,  228 
§  3  et  285  §  1 35,  etc. 

Legierté,  habileté,  21474. 

Lcndcngicr,  voy.  Laidcngicr. 

Lcntessc,  lenteur,  23996. 

Lenteté, lenteur,  2704,  2707,  etc. 

Lerme,  larme ,  24457. 

Lerre,  voy.  Larron. 

Lés,  voy.  Lez. 

Letanie,  litanie,  I,  337. 

Lettre,  ce  qui  est  écrit,  21449. 

Leu,  lieu,  endroit ,  1 3936,  II, 
197,  etc. 

Leu,  loup,  5448. 

Levé,  puissant ,  2865. 

Lcvee(a  la),  au  moment  du  lever, 
4o5o5. 

Lever,  élever ,  rendre  puissant, 

747  ;  —  (se).  se  lever*  16933, 
16928,  etc. 

Lez,  lés, coté,  1 8856, 19059,  etc.; 
—  à  côté  de,  1477,  * 865,  etc.  ; 
au  —  de,  le  long  de,  18704. 

Lichon,  liçon,  voy.  Lechon. 

Lie  (vin  sur),  vin  qu’on  a  laissé 
reposer ,  40393. 

Liemcnt,  lyenient,  gaiment, 
1416,  3598,  etc. 

Liés,  lyez,  lye  (fém.),  gai,  \ob-j, 
1093,  2293,  etc. 

Liepart,  lupart,  luppart,  léo¬ 
pard,  I,  283  g  126,  10022, 
1 1645,  etc. 

Licuéc,  lieue,  18373,  21242,  etc. 

Lignage,  1799, 2886, etc.,  linage, 

20477,  famille. 


Ligne,  mesure  de  longueu  r 
valant  14000  pas,  8086-7. 

Lignereul,  linotte,  41092. 

Lignie,  lignage,  postérité,  3870, 
7462,  etc. 

Lignier,  tracer  une  ligne ,  8697, 
40704,  etc. 

Lin,  lignage,  lignée ,  20739. 

Lin,  lynx,  2389,  2391,  etc. 

Lire,  enseigner ,  336,  28278, 
etc. 

Liseur,  professeur,  lecteur , 

29556. 

Lisir,  voy.  Loisir. 

Lisse,  lyssc,  chienne,  1 3  1 6 , 
i32o,  etc. 

Litargie,  léthargie ,  21592. 

Lobe,  mensonge,  perfidie,  IL 
239. 

Lober,  enjôler,  séduire  par  des 
paroles  flatteuses,  4941,5306, 
etc.;  —  (se),  se  moquer,  25736. 

Lochier,  branler,  ballotter,  3 11, 
2 3 1 39,  etc. 

Locucion,  élocution,  parole ,  I, 

234  §  11. 

Loenge,  louange,  36410. 

Locr,  louer,  2  53 1,  3041,  etc. 

Loge,  tente,  .7886. 

Loicn,  corr.  loier,  I,  3 17a  ;  voy. 
Loyer. 

Loirre,  leurre,  igbGb. 

Loingnicr,  s'éloigner,  I,  317. 

Loisir,  lisir,  être  permis,  1 1796; 
loisir ,  II,  197 a  \  —  (par\  à  son 
aise,  635g. 

Longicr,  allonger,  27507. 

Longues,  longtemps,  29200, 
235 1 1,  etc. 

Loorain,  lorrain ,  I,  35a. 

Lopins  (aimer),  aimer  les  bons 
morceaux,  les  repas  fins , 
30982. 

Loquencc,  faconde,  25107. 

Lordure,  ordure,  7289;  voy. 
Hordurc. 

Loricr,  laurier,  21715,  21718, 
etc. 

Los,  voy.  Loz. 

Losengier,  flatter ,  tromper, 
3256i. 

Losengier,  lozengier,  flatteur 
menteur,  3333,  3407,  etc. 


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GLOSSAIRE 


Loscr,  approuver ,  louer ,  11, 

235  et  ïl-ja. 

Lot,  rétribution ,  2  5o68. 

Lou,  /à  où,  16692,  17359, 
etc. 

Lourdesse,  lourdeur ,  30471. 

Lourt,  grossier ,  6317. 

Louviaux,  louviaulx,  louvicux, 
louveteau,  3233;  1,3 10;  24782. 

Loyal  té,  loyaulté,  loyauté , 
18780  ;  —  action  loyale ,  1 5 1 . 

Loyé,  /ié,  2772,  7207,  e/c. 

Loyel,  leal,  loyal,  1 63 2,  3076, 
etc. 

Loyen,  //cm,  7207. 

I-oyer,  lier ,  i3368. 

Loyer,  salaire ,  récompense , 
2863,  38 1 3,  e/c. 

Loysir,  voy.  Loisir. 

Loz,  los,  louange ,  honneur , 
1456,  1814,  e/c. 

Lueur,  luour,  lumière ,  9623; 
éblouissement ,  3929. 

Luite,  /n//e,  3835. 

Luiticr,  luiter,  luittyer,  lutter, 
24193,  3o387,  7o53,  e/c. 

Luour,  voy.  Lueur. 

Lupart,  luppart,  vo_y.  Licpart. 

Lymechon,  limace,  14374. 

Lyqucur,  lycqueur,  liquide , 
6841, 6847,  e/c. 

Mâche,  masse  d'arme ,  14361. 

Machon,  maçon,  13233,40461, 
etc. 

Mâchonner,  massonner  (in/r.), 
faire  œuvre  de  maçon,  19911  ; 
(/rans.),  maçonner,  19286, 
19288,  e/c.  j  fabriquer,  13993. 

Machue,  massue ,  3o363. 

Magicque,  magie,  g3i5,  9464, 
etc. 

Maignie,  noy.  Maisnie. 

Maille,  petite  pièce  de  monnaie, 
26752,  32773. 

M ail li er,  frapper,  battre,  124 12, 
i5778. 

Main,  matin,  34,  1938,  e/c. 

Mainer,  mener,  74,  1219. 

Mainné,  voy.  Maisné. 

Mains,  moins,  198,  772,  e/c. 

Maintenant,  immédiatement , 
aussitôt,  7219,  17311,  e/c. 


Mainteneur,  celui  qui  maintient , 
continue,  36oo2. 

Maintenir,  tenir,  mener ,  3646, 
3666,  e/c.;  affirmer ,  405 1, 
5455,  e/c.;  —  (se),  se  con¬ 
duire,  II,  229. 

Mais,  mauvais,  782,  1 1 35,  e/c. 

Mais,  jamais,  19663;  — (ne...) 
ne...  /dns,  873;  —  (toujours), 
à  jamais,  378  ;  —  que,  ji7o/ 
1.  243  §  32. 

Maiscment  [adv.),  mal,  13899; 
I,  269  §97,  efc. 

Maisné,  mainné,  dernier  ni ,  ca- 
de/,  8958;  II,  217. 

Maisnie,  maignie,  personnel  do¬ 
mestique,  672,  3o32,  e/c. 

Maison,  une  des  12  parties  du 
ciel ,  I,  233  §  10. 

Maisonner,  voy.  Messonner. 

Maistre  hosteulx,  résidence  fa¬ 
vorite,  21872. 

Maistric,  /a/en/  merveilleux, 
329,  8062,  e/c.;  art,  34166. 

Maistrier,  régenter,  33o,  2  3o3, 
etc. 

Maistrisc, prédominance,  36835. 

Mal,  mauvais,  2968,  3463,  e/c. 

Malage,  malaige,  maladie,  ma¬ 
laise,  I,  346  a;  II,  201  a. 

Malefachon,  mauvaise  action , 
1,  255  §  57. 

Maleïchon,  malichon,  malédic¬ 
tion ,  6764,  31024,  e/c. 

[Maleüré]  malheûré,  maudit , 
accablé  de  malchance,  33333 

Maleûreté,  malheureté,  ma/- 
chance,  malheur ,  1 187,30859, 
etc. 

Malfaichon,  malfaiçon,  méfait , 
mauvaise  action,  225 1,  6164, 
etc. 

Malfait,  mauvaise  action,  2968, 
20137,  *fc- 

Malfaiturc,  méfait,  6773. 

Malheûré,  malheurctc,  voy. 
Maleüré,  maleûreté. 

Malichc,  malice,  mâchante 
action ,  2736;  (masc.)  12662. 

Malicïer,  ruser,  29773. 

Malinité,  malice,  bbSgb. 

Malivole,  malveillant,  I,  232 
§  to. 


Mallement,  mal ,  méchamment, 
12140,  20859,  etc. 

Malmis,  mis  à  mal,  53oo,  5548, 
etc. 

Maloit,  maudit ,  I,  3o2  a. 

Malotru,  malheureux,  12711; 
malostrue,  mauvaise  femme  -, 
I,  276  g  100. 

Maltalent,  mautalent,  irrita 
tion,  colère,  5g56,  21601, 
28071,  etc. 

Malvaiscment,  d'une  façon  mau¬ 
vaise,  35887. 

Malvaistié,  maulvaistié,  mal- 
vaistic,  méchanceté ,  I,  240 
§  25,  471 1,  25190,  etc. 

Mambornisement,  curatelle, 
tutelle,  II,  21 5. 

Mamburnir,  protéger ,  3o3o. 

Manechier,  manecier,  menacer, 
13941,  37254,  etc. 

Manier,  habile ,  adroit,  118. 

Maniéré,  hauteur, orgueil,  2868, 
2943,  etc. 

Mangonncl,mang,onnean,i852o. 

Manoir,  menoir,  rester,  yobo  ; 
(su&s/.)  demeure,  habitation , 
10539;  II,  233;  etc. 

Manour,  voy.  Meneur. 

Manoycr,  posséder,  adminis¬ 
trer ,  21 160. 

Mansion,  mension,  demeure, 
3629,  4371,  etc. 

Mantel,  manteau,  18946;  I,  247 
§44. 

Mantevoir,  mentionner,  rap¬ 
porter,  II,  207  et  2  36. 

Mar,  malheureusement,  mal  à 
propos ,  23672,  I,  3ao  a. 

Marchandie  (faux),  convention 
frauduleuse ,  358g6. 

Marchandise,  négoce,  com¬ 
merce,  36io3. 

Marcheant,  marechant,  mere- 
chant  marchand,  26990-1, 
36109,  36 1 13,  etc. 

Marchier  (verbe  trans.),  fouler, 
3664;  I,  3 18,  etc. 

Marchir,  être  limitrophe ,  rive¬ 
rain,  contigu,  i366o,  17151, 
e/c.;  —  sur,  écraser,  fouler, 
2 1 496. 

Marchis,  marquis,  16944. 


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280 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Marcchant,  voy.  Marcheant. 

Mareglier,  marguillier ,  I,  23 1 
§  52,  etc.. 

Margueritte,  perle ,  *3990, 

21729,  etc. 

Marien,  bois  à  bâtir ,  2392, 
13809,  e/c. 

Marin,  bord  de  la  mer,  19072. 

Marine,  mer ,  ij335. 

Marinier,  matelot ,  I,  309. 

Marie,  masle,  7 786,  8421,  e/c. 

Marraigne,  marraine ,  II,  220  a. 

Marriment,  peine,  désolation , 
17079,  21970,  e/c. 

Marrison,  morison,  tristesse , 
825  ;  II,  23o. 

Martire,  peine,  supplice,  1951, 
2027. 

Martirer,  martyriser ,  I,  349  a; 

Martiricr,  martyriser ,  9178,  I, 
240  §  23. 

Mascis,  massis,  lourd ,  1601 5; 
puissant ,  1 8683 . 

Massonncr,  voy.  Mâchonner. 

Mat,  abattu,  accablé ,  1 833, 
1849,  c/c.;  vaincu ,  35687. 

Maternent,  d'un  air  abattu , 
2 1 362. 

Mater,  matter,  vaincre ,  3ooo, 
5423,  c/c. 

Matere,  matière ,  sii/e/,  762, 
558o,  c/c. 

Mati,/<x/ig'i«*,  abattu,  7173. 

Matin,  chien,  1 3 1 5,  i3ig,  c/c. 

Matinet,  an/>e,  /?c//7  matin, 
32781,  33882. 

Matir,  vaincre ,  2983. 

Mauffé,  /m/i>i,  diable ,  9822. 

Maugré,  malgré ,  I,  243  §  33; 
II,  219  a. 

Maugricr,  maulgrier,  mau- 
groicr,  injurier ,  insulter , 

35293,  II,  2  12  ;  39099. 

Maul,  wj/,  32379. 

Maulgrier,  voy.  Maugricr. 

Maulvais,  méchant ,  276. 

Maulvaistic,  voy.  Malvaistic. 

Mauvcstu,  ma/  vt1///,  II.  2o3. 

Mccinc,  médecine ,  I,  307  a  et 
II,  198  il. 

Médecine,  élixir ,  1377,  12611. 

Mcdccincr,  so/g-ncr,  3820. 

Méfia  ire,  /aire  d//  /or/,  nuire, 


2332,  3 154;  —  (se),  sc  mettre 
en  mauvais  cas ,  sc  ma/  con¬ 
duire,  5545. 

Megnot,  voy.  Mignot. 

Mehaignicr,  mutiler ,  blesser , 
maltraiter ,  12470,  25277, 

etc. 

Mchain,  meshaing,  ma/,  ma/a- 
die,  5o23,  28956,  c/c. 

Meïsmement,  pareillement ,  67, 
9207,  9279,  c/c. 

Melencolie,  merencolye,me/an- 
colie,  tristesse,  41 32,  26383, 
etc. 

Melencolïeuze  (/cm.),  mélanco¬ 
lique,  40018. 

Mélodie,  agrément ,  charme , 
1 85 1 6. 

Mcmore,  mémoire,  mémoire ,  9, 
27491;  (fém.)  chronique , 
23o-i. 

Mcnbrer,  souvenir,  16668, 
16921,  c/c. 

Menchongne,  voy.  Mcnsongne. 

Menchongneur, menteur,  20982. 

Mcndiers  (nom.),  mendiant , 
4615. 

Mendre,  164,  3364,  c/c.;  mou¬ 
dre,  1,  262  §  80,  moindre . 

Mener  (se),  agïr,  sc  conduire, 
23541. 

Mcnestrel,  joueur  d'instrument , 
480.3,  21834,  etc. 

Meneur,  menour,  manour,  mi¬ 
neur,  petit,  370,  1  3o2 ;  I,  3 18, 
etc. 

Mcngier,  manger,  1042,  1 1 2 3, 
c/c.;  piller,  39407;  (snès/.) 
repas,  1,278  g  117;  30284. 

Mengison,  démangeaison,  826. 

Menoir,  voy.  Manoir. 

Mension,  voy.  Mansion. 

Mensongnc,  menchongne,  men¬ 
songe  76,  ii3,  c/c.;  (/cm.) 
280. 

Menteric,  mensonge,  28897. 

Menterrcs  (nom.),mcn/ci/r,63 18. 

Menu,  peuple ,  populace,  19016. 

Mcnucment,  en  détail,  21078; 
—  (aller,  a//er  à  petits  pas,  I, 
3i  1  a. 

Merchy,  merci,  p/ie,  miséri¬ 
corde,  1359,  1367,  c/c. 


Merchïer,  mercier,  remercier, 
098,  18691. 

Mercurial  (secte),  I.  23 1  §  10. 

Merderie,  c/iosc  de  peu  de  va¬ 
leur,  37239. 

Merechant,  voy.  Marcheant. 

Merellier,  tablier  du  jeu  de 
merele,  37753. 

Merencolye,  voy.  Melencolie. 

Meriel,  jeu,  24150. 

Merir,  récompenser,  5000,7229. 

Meritable,  méritoire,  41  io3. 

Merlee,  merlcr  (se),  voy.  Mes- 
lee,  mesler  (se). 

Merveiller  (se),  s'e/onner,  1 1 762. 

1 5g56,  c/c. 

Mès,  aliments,  i336r,  19110. 

Mès,  mez,  maison,  I,  309  a; 
29678. 

Mès,  messager,  envoyé,  14937. 

Mesage,  messager,  8509,  9 3 73, 
etc. 

Mesaisc,  peine,  malheur,  3835, 
6753,  c/c. 

Mcsaviser,  donner  un  mauvais 
conseil,  3o33. 

Meschance,  meschcance,  ma/- 
chance,  5483,  12714,  etc, 

Mescheant ,  méchant,  219. 

Mcscheoir,  arriver  du  mal, 
3459. 

Meschief,  malheur,  ennui , 
1599,  1872,  c/c. 

Meschinette,  jeune  fille ,  4o35t. 

Mescongnoistre,  ignorer,  1 6896. 

Mcsconter,  tricher,  25 161, 
25249, 

Mcscreü,  mécréant,  1,  352  a; 
3i 195. 

Mcscroirc,  ne  pas  croire ,  re/u¬ 
ser  de  croire,  33o8,  33 10. 

Mesdire,  insulter,  10487. 

Meseau,mesel,mesielx,/c/?rc//-x% 
53o ;  I,  249,  §  49;  386,  etc. 

Meselcrie,  mezelcrie,  lèpre,  1, 
249  g  49  et  346  a. 

Mcsfaçon,  mauvaise  façon ,  II, 
202. 

Mcsiclx,  voy.  Mescau. 

Mesiquc,  musique ,  II,  233  a. 

Mcsléc,  merlée,  bataille ,  <?ne- 
relle,  939,  12324,  etc. 

Mesler  (se),sc  mcrler,  sc  quercl - 


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GLOSSAIRE 


28l 


1er ,  se  battre,  1873,  4224,  etc  ; 
s'occuper  de ,  6068. 

Meson,  maison ,  II,  24.S  a. 

Mesporter  (se),  je  mal  conduire , 
1227, 

Mesprendre,  commettre  une 
faute,  1646,  1887,  etc . 

Mesprison,  mesproison,  erreur , 
méprise ,  1622,  1767,  1890, 
etc. 

Messe,  message ,  22012. 

Messon,  moisson ,  14200. 

Messonner,  maisonncr,  mou- 
sonner,  27038,  19913. 

Mestier,  besoin,  6626  ;  — 
(avoir),  avoir  besoin ,  i33, 

157,  e/c.;  —  (avoir  bon), 
faire  son  profit ,  30778. 

Mesure,  manière  d'agir  modé¬ 
rée ,  1 2 19  ;  —  (a),  d  une  maniè¬ 
re  régulière ,  6629  ;  —  (par), 
m(fme  jens,  6323. 

Meta  il,  mé/a/,  I,  277  §  x  1 3. 

Mete,  borne y  limite ,  20160. 

Metropolie  (iglise),  cathédrale , 

I,  363. 

Métropolite,  archevêque .  I, 
269  §  97. 

Meudrc,  voy.  Mendre. 

Meudre,  i/oy.  Miaudrc. 

Meure,  miire,  /mif,  19991. 

Meurs,  mœurs,  mi,  1704,  e/c. 

Meûrté,  maturité ,  II,  223  a. 

Mez,  pqy\  Mès,  maison. 

Mezelerie,  voy.  Meselerie. 

Miaudre,  mieudrc,  meudre, 
meilleur ,  I,  3i6a;  ioo38, 
14783,  e/c.;  voy.  Milleur. 

Mignonnement,  joliment ,  e/é- 
gammenty  7102. 

Mignot,  mcgnot,  mignon ,  gen -  v 
/*’/,  joli,  8915,  40102,  e/c. 

Mille  (la),  mesure  de  longueur  y 
3368o. 

Milleur,  meilleur,  9261,  3ocj33, 
e/c.;  voy.  Miaudre. 

Miracle  (la),  I,  332  a. 

Mire,  médecin ,  3 180,  12602, 
etc. 

Miroucr,  miroir ,  14702,  16481. 
etc. 

Mirre  (plus  dur  que),  I,  346. 

Mis,  frappé  à  mort ,  19092. 


Mise,  dépense ,  27046. 

Mocion,  désir  y  envie ,  14362. 

Mocquier,  plaisanter,  2234, 
2236. 

Moe,  moue,  grimace,  28823, 
40260,  e/c. 

Moienneté,  moyenneté,  ;i/j/e 
milieu ,  22840,  30236. 

Moieuf,  jaune  de  T  œuf,  34626- 
7,  e/c. 

Moillon,  moellon ,  8093. 

Moindain,  fui  appartient  au 
monde ,  7149. 

Moïste,  humide ,  35 121. 

Moisteur,  moitteur,  humidité, 
6822,  6829,  e/c. 

Moleste,  dommage ,  peine, 
2961 1. 

Molin,  moulin ,  18367,  23829, 
etc. 

Molir,  mâcher,  1,  347. 

Molissement,  ramollissement , 
6832. 

Moloier,  moudre ,  rompre ,  11, 
219  a. 

Molue.  morue ,  36744. 

Monbles,  meubles ,  II,  246  a. 

Moncel,  monchiel,  /<ij,  14373, 
i582o;  par  monchiaulx,  cm 
quantité ,  15893. 

Mond,  mont,  monde ,  5373, 
5622,  e/c. 

Monde,  pur,  privé,  3 1 5,  676. 

Mondifié,  purifié,  7533. 

Monicion, avertissement,  i3j63. 

Monlt,  beaucoup,  3g,  etc. 

Monnoier,  monnayeur ,  26944. 

Monté,  van/e,  />r/jé,  19761. 

Montée,  montagne,  1 1 107. 

Montcplier,  multiplier,  publier , 
I,  359  a,  21777  — (sc),  pros¬ 
pérer,  21677,  31790. 

Monter,  signifier,  vouloir  dire, 
9982,  14044,  e/c. 

Morelle,  morelle  noire,  a  Sola- 
num  nigrum  »  L.,  26714. 

Morie,  mortalité ,  II,  221  a. 

Moriginé,  qui  a  de  bonnes 
mœurs ,  1715. 

Morison,  voy.  Marrison. 

Mors,  mordu,  33368. 

Morsel,  morceau,  3ia3,  24949, 
etc. 


Mort,  /ue',  1942,  io65o,  e/c. 

Mortalité,  mort,  I,  23 1  §  10. 

Mortefié,  mortifié ,  14651. 

Mortoire,  mortalité,  35127. 

Mortiffier,  détruire,  55,  14722, 
etc. 

Mo  te,  voy.  Mou  te. 

Mouche,  pointe  d'un  instru¬ 
ment,  40729. 

Mouchette,  petite  mouche, 
35232. 

Mouchier,  aiguiser  en  pointe, 
40737. 

Moule,  masse  des  humeurs, 
35094. 

Mouillier.  voy.  Moullier. 

Mouller,  moullyer,  mouiller , 
685 1,  32730,  32732,  e/c. 

Moullier,  mouillier,  femme , 
épouse,  3884,  4639,  e/c. 

Moullyer,  voy.  Mouller. 

Mourme,  23728;  mourne, 
8884,  2335o,  e/c.,  triste. 

Moustier,  monastère  ou  église, 

•.  249  §  49.  9'37- 

Moustrer,  montrer,  n5oi. 

Moute,  mote,  motte,  27445, 
27447,  e/c.;  colline,  I,  268 

§  93* 

Mouvablc,  qui  peut  bouger,  I, 
229  §  6. 

Mouvoir,  a//er,  1 32 5 1  ;  être 
dans  la  mouvance,  3  39  3 3 . 

Moye,  mienne,  1 3733,  i3882, 
etc. 

Moyenneté,  voy.  Moienneté. 

Moyennie,  état  d'âme  ni  gai,  ni 
triste,  563o. 

Muchier,  cacher,  1  79,  273,  e/c.; 
disparaitre ,  19260, 

Mucyer  (se),  je  cacher,  I,  227  g  2. 

Mue,  muette,  1 1 8 1 ,  3o83,  etc.  ; 
(subst.)  cachette,  3oo3o  ; 
cage,  II,  249. 

Muer,  remuer ,  1,  236  g  16. 

Muer,  changer,  43 4,  1182,  e/c. 

Mulon,  meule ,  /aj,  33879, 
33888,  e/c. 

Multiplier,  voy*.  Montcplïer. 

Murdre,  meurtre,  1893,  1965, 
etc. 

Murdrier,  meurtrier,  43,  1879, 
etc. 


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*82 

Murdrir,  murtrir,  tuer,  5327, 
II,  225. 

Murer,  construire  un  mur , 
20078. 

Murer  une  bourse ?,  25o32. 

Murmure,  débat ,  querelle , 
5790,  18122,  etc. 

Murtrir,  voy.  Murdrir. 

Musardie,/o//e,  bêtise ,  30187. 

Musart,  stupide ,  /o//,  2996, 
9082,  etc. 

Muser,  penser ,  réfléchir ,  106  ; 
perdre  son  temps ,  552,  4868; 
—  (se),  sens,  36523. 

Musiel,  museau,  13924,16341. 

Musse  (faire  la),  tromper  II, 
232. 

My  (cm),  a;/  milieu,  G08  ;  — 
(par),  d  travers ,  2392. 

Nache,  /esse,  3o8io,  3o823, 
e/c. 

Nacion,  naissance,  extraction, 
6i5y,  i  r  168,  etc. 

Nage,  navigation,  voyage  par 
eau,  8711,  9477,  e/c. 

Nager,  naviguer,  9502,  18695, 
etc. 

Nageur,  nageour,  batelier, 
3583 1 ,  35833,  etc . 

Naïf,  natif,  originaire ,  9975» 
io328,  e/c.  ;  éru/,  non  ta/7/e, 
14373. 

Nannin,  voy.  Ncnnil. 

Nativité,  naissance,  6349,  etc • 

Nature  de,  enclin  par  nature 
à,  28428. 

Naturclment,  naturellement,  3 1 . 

Nave,  bateau,  16292. 

Navie,  vaisseau,  embarcation , 
2.S72,  9492,  e/c. 

Navrer,  blesser,  83 17,  9003, 
e/c. 

Ne,  wi,  14,  etc.  ;  que...  ne,  96, 
etc. 

Ne,  nef,  vaisseau,  embarcation , 
20669,  5375,  e/c. 

Néant,  nient,  noiant,  noyent, 
rien,  220,  2626,  etc. 

Nef,  voy.  Né. 

Nege,  voy.  Noif. 

Négligente  ment,  négligemment, 
I,  281  §  119. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Neis,  même,  341 3,  6986,  etc. 

Neisge,  voy.  Noif. 

Nennil,  nannin,  non ,  I,  282  § 
125  et  349  a,  etc. 

Nés  que,  nez  coin,  pas  plus 
que,  2472,  30195. 

Nesgc,  voy.  noif. 

Nesun,  aucun,  13670,  16000, 
etc. 

Nettrc,  naitre,  38470. 

Neupches,  voy.  Nopches. 

Nice,  niche,  sot,  niais ,  3342, 
5 137,  28774,  etc. 

Nichemcnt,  sottement,  27470. 

Nicps,  niez  (nom.),  neveu , 
23235  ;  I,  355. 

Nif,  ny,  nid,  I,  3oy  a;  27102. 

Nobleté,  noblesse ,  11402. 

Nochoicr  (se),  voy.  Nopchoycr. 

Noc  (a),  à  la  nage,  0489. 

Nocr,  nager ,  4897,  652  1,  etc. 

Noeufvcs  ?,  15471. 

Noier,  nier ,  2862,  7295,  etc. 

Noif,  II,  197  a  ;  nois,  1  59 1 4  ; 
noiz  (nom.),  23 1  3 1  ;  nege,  I, 
276  8  1 1 3 ;  neisge,  637;  nesgc, 
1730,  neige. 

Noirchi,  noir,  pervers,  6376, 
6787,  etc. 

Nois,  voy.  Noif. 

Noise,  bruit,  1 36 1 8,  14390,  etc. 

Noiz,  voy.  Noif. 

Sombrer,  noinbbrcr,  compter , 
dénombrer ,  122  58,  1 3807,  etc. 

Nomparcil,  unique ,  sans  pareil , 
16061,  16497, 

Nonchaloir,  négligence,  insou - 
ciance,  14833,  14874,  etc. 

Nonchicr,  annoncer ,  raconter , 
6597,  16584,  e/c. 

Noncion,  nuncion,  annonce, 
nouvelle ,  242,  1 6366,  e/c. 

Nonnain,  nonne,  3722. 

Nonne,  3  heures  de  l'après-mi¬ 
di,  3 168  3. 

Non  pourquant,  nonobstant, 
14819, 1,  249  g  20,  etc. 

Nopches,  neupches,  noces, 42  1 6, 
1344t. 

Nopchoycr,  nochoicr,  épouser , 
io658;  —  (sc),  se  marier, 
i3436. 

Notable,  sentence,  88, 4696,  e/c. 


Note,  chanson,  89. 

Noucion  ?,  1 1 5 1  t. 

Nourechon,  nourrechon,  nour¬ 
risson,  10017,  14113,  etc. ; 
bétail,  81 3 1,  26323,  etc. 

Nourreture,  éducation,  1719, 
8625,  etc.;  ensemble  des  ser¬ 
viteurs,  1789,  16722,  etc.  ; 
bétail,  8137,  8144,  etc. 

Nourrichc,  nourrice,  4323. 

Nourrir,  élever,  1784,  41  52,  etc. 

Nouvelletd,  nouveauté,  7647. 

Noyent,  voy.  Néant. 

Noyer,  se  jeter  à  la  nage ,  724 

Nuôschc,  nuage,  34953. 

Nuiseur,  celui  qui  fait  du  mal 

1374. 

Nuitic,  nuitée ,  nuit,  18740. 

Nul,  nu,  7763,  1 1608. 

Nullui,à  personne,  140. 

Nuysant,  nuisible,  909. 

Ny,  voy.  Nif. 

Nyée,  nichée,  27082. 

O,  avec,  2642. 

Obedience,  obéissance,  io3Ô2. 

Oblivion,  terre  d'oubli,  nom  de 
l'enfer,  34743. 

Obnublc,  obscur,  sombre  ( sens 
fig.),  33325. 

Obprobrc,  opprobre,  20984. 

[Obscur],  Ocur,  désagréable . 
horrible,  I,  346  a. 

Obscurcux,  sombre,  34826. 

Obscurté,  ocurté,  obscurité, 
10216;  embarras,  16121; 
chose  horrible,  I,  346. 

Occire,  ochirc,  tuer,  1876, 
1943,  etc. 

Occision,  voy.  Ochision. 

Ochis,  tué,  3 160. 

Ochision,  22975  ;  occision. 

1 1 12,  meurtre. 

Ocison,  couchant,  occident ,  I, 
233  §  10. 

Ocur,  ocurtc,  voy \  Obscur, 
obscurté. 

Œul,  oil,  œil,  2941;  II,  232,  etc. 

Œulle,  oille,  oylle,  ucullc, 
huile ,  7231 , 7670,  I,  242  §  3o, 
et  227  §  1,  etc. 

Official,  titulaire  d'un  office, 
25664. 


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UNIVERSITY  OF  MICHIGAN 


GLOSSAIRE 


283 


Oir,  air,  27940. 

Oïr  (s’),  s'entendre ,  79. 

Oirre,  voy.  Erre. 

Oisel,  oysel,  oiseul,  oiseau , 
5226,  7007,  etc. 

Oiseur,  oi^euf,  oisif \  92,  II, 
216  a,  etc. 

[Oiseuse],  Oyseuse,  oisiveté , 
5522. 

Oiscusctc,  45;  oyscuseté,  33; 
oizeuzeté,  94;  housiveté, 
ouisiveté,  II,  216a;  ousiveté, 
II,  217  ;  wiseuseté,  39353, 
oisiveté. 

Oissel,  (plur.  :)  oisiaus,  ois- 
siaux,  oiseau ,  II,  243  a. 

Oliphant,  Olliphant,  éléphant , 
i3666,  t38o6,  etc. 

Oloir,  sentir,  flairer,  907,  1  2o3. 

Onchier,  voy.  Engier. 

Oncques,  jamais ,  800,  6096, 
etc. 

Onde  (lieu)?,  ioi52. 

Ongicr  voy.  Engier. 

Onni,  uni,  continu ,  11642, 

21466,  etc. 

Onnor,  voy.  Honour. 

On  te,  honte,  6681. 

Opine,  réputation  (?),  40247. 

Or,  ore,  orez,  maintenant,  55g, 
^4*79,  608,  etc • 

Orbe,  sombre ,  obscur,  2460. 

Ord,  ort,  ordre  (fém.),  vil,  mi¬ 
sérable,  834,  3585,  20576, 
etc. 

Ordon,  ordre ,  classe ,  330g; 
état,  situation,  17407,  etc. 

Ordonnaire  ( subst .),  ordinaire, 
évêque,  I,  359  a. 

Ordonnance,  agencement,  25o; 
—  (en  male),  en  mauvaise  si¬ 
tuation,  6220. 

Ordonnement,  commandement, 
précepte ,  4487,  6176,  etc.; 
(adv.)  en  ordre,  2 1071. 

Ordonner,  mettre  en  ordre , 

1 858 1 . 

Ordonnere  (nom.),  celui  qui  or¬ 
donne,  2936. 

Ordre,  voy.  Ord. 

Ordre,  ordre  religieux,  69, 
149. 

Ore,  voy.  Or. 


Oreille,  bord,  lisière,  2o563. 

Oreiller,  écouter,  tendre  l'o¬ 
reille,  27460,  3 1161. 

Orendroit,  maintenant ,  présen¬ 
tement,  8947,  i3o28,  etc. 

Orer,  ourer,  prier,  4284,  6799, 
etc.;  (subst.)  prière ,  27648. 

Orfaveric,  orfèvrerie,  26471. 

Orge  (être  en  Y),  faire  une  or¬ 
gie,  I,  3 17  a. 

Orguil,  orgoeul,  orgueil ,  6592, 
14493,  etc. 

Orguilleux,  orgueilleux,  58. 

Orguillir  (s'),  s'enorgueillir, 
601 3,  6025,  etc. 

Oricul,  loriot ,  41090. 

Orinc,  origine ,  37575, 

Orine,  urine,  I,  277  §  1 13. 

Orison,  oraison,  prière,  Zx-jbi, 
36364,  etc. 

Orphanté,  état  misérable , 

12720. 

Orte?,  7950. 

Ortïer,  frotter,  piquer  d'orties , 
2009. 

Os,  de  ost. 

Os,  ose,  osé,  hardi,  6962, 
10377. 

Ossu,  solide,  II,  235. 

Ost,  ot,  (plur.  :)  os,  armée , 
65g,  19153,  2756,  etc. 

Ostarin,  ostorin,  étoffe  de  pour - 

P'-e,  3771,  17863. 

Ostcllcr  (s'),  voy.  Hostclcr. 

Ostcr,  quitter,  abandonner, 
7143;  enlever  (un  vètemeut), 
7*48. 

Ostoier,  ostoyer,  guerroyer, 
19321,  40919. 

Ostoier,  recevoir  des  hôtes,  II, 
208. 

Ostorin,  voy.  Ostarin. 

Ostoyer,  voy.  Ostoier. 

Ostour,  voy.  Autour. 

Ottroi,  don ,  action  de  donner, 
d'accorder,  16094. 

Ottroycr,  accorder,  3  1 18. 

Ou,  en  quoi ,  2997. 

Oubliance,  oubli,  34435. 

Oublye,  oubli,  2647. 

Oudeur,  oudour,  odeur,  14354, 
14458,  etc. 

Ouffrir(s'),  7389,  corr.  souffrir. 


Ouisiveté,  voy.  Oiseuseté. 

Oultrage  (a),  avec  excès,  35974. 

Oultrageux,  hardi,  téméraire, 
2019. 

Oultrance  (mettre  a),  vaincre, 
15626. 

Oultrc,  outrecuidant,  12079. 

Oultrecuidié ,  outrecuidant , 
65o6,  10467,  etc. 

Oultrecuider  (s*),  être  plein  de 
présomption,  2896. 

Oultrer,  oustrer,  outrer,  passer 
outre ,  dépasser,  2  3o5o;  vain¬ 
cre,  io3i6,  10800,  etc.;  ga¬ 
gner  (une  bataille),  I,  353. 

Ourdir,  disposer,  341 58. 

Ourer,  voy.  Orer. 

Ourme,  orme,  29719. 

Ousiveté,  voy.  Oiseuseté. 

Oussi,  aussi,  23173,  23994,  etc. 

Oustrer,  voy.  Oultrer. 

Outilité,  utilité ,  3g3oo. 

Outrer,  voy.  Oultrer. 

Ouvc,  plein,  gros,  36049. 

Ouvert,  manifeste,  évident, 
4289;  —  (en),  en  public, 
22066. 

Ouvre,  travail,  I,  356. 

Ouvrer,  travailler,  62,  3228, 
etc.;  agir,  21090-1,  etc.  ; 
(subst.)  travail,  36o37. 

Ouvrier,  artisan,  fauteur,  944. 

Ouvrir,  s'ouvrir,  3654;  mon¬ 
trer,  découvrir,  i3i,  770,  etc. 

Ouÿl,  oÿ,  oui ,  I,  239  §  20; 

a397. 

Oyllc,  voy.  (Eulle. 

Oyseuse,  oyseusctc,  voy.  Oi¬ 
seuse,  oiseuseté. 

Pagu,  voy.  Peü. 

Paille,  manteau  de  soie  orien¬ 
tale,  3772,  17864,  etc. 

Paille,  riche  drap  d'or,  15943. 

Paillier,  grenier  à  paille ,  9249; 
tas  de  paille,  fumier,  II,  249  a. 

Paindre,  poindre,  peindre,  ma¬ 
quiller,  3785,  27009,  etc. 

Pain e,  peine,  1 355,  1 363,  etc. 

Paison,  nourriture,  II,  240. 

Paistre,  paitre,  pestre,  nourrir, 
893,  921. 

Paistre?,  22822. 


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284 

Paix  tranche,  accommodement, 
35943,  33953,  etc. 

Palardise,  paillardise ,  I,  276  § 
1 1  o. 

Palasin,  palatin ,  courtisan , 
39855,  39873,  e/c. 

Paletel,  pièce  qu'on  met  à  un 
vieil  habit ,  26864. 

Palios,  étoffe  de  soie  ou  de 
laine ,  28837. 

Palis,  palissade y  31099. 

Pallcfroi,  cheval  de  promenade , 
18372. 

Pallcmant,  entretien ,  I,  32 1  a; 
H,  228  a. 

Palier,  parler,  1214. 

Palme,  pamme,  paume  de  la 
main ,  25040;!,  297  §  117. 

Panrc,  prendre ,  I,  3o6  a. 

Panz  noCz,  avec  /es  pa>is  re/c- 
ve$  e/  noués,  pour  courir  plus 
vite ,  24101. 

Paour,  pCur,  peur,  1044,  1048, 
etc. 

Paourcusement, comme  un  peu - 
veux ,  22872. 

Paoureux,  peureux ,  4717. 

Paourir,  pourrir ,  6463. 

Pappalité,  papauté ,  I,  259  g  74. 

Pappelart,  hypocrite,  29136. 

Pappcllardie,  fausseté ,  ri/sc, 
23184. 

Par  ( particule  augmentativc ) 
10289,  37. 

Paradvenir,  survenir,  i2o3o. 

Parafe  ,  parure  ,  ornement  , 
32709. 

Parant,  visible ,  manifeste ,  bj5o, 
34928. 

Parchonnicr  ,  participant  , 
1 3169. 

Parcrcü,  arrivé  au  terme  de  la 
croissance ,  39497. 

Pardurablc,  éternel ,  24348;  I, 
23 1  S  9,  */c. 

Pardurablement  ,  éternelle  - 
wew/,  23633,  I,  273  §  104, e/c. 

Parement,  vêtement  de  gala , 
14507,  24401,  e/c. 

Parecheux,  parcschcux,  pares¬ 
seux,  négligent ,  63 18,  24138. 

Parent  (bien),  ie  6o>we  *2/7* a- 
rewee,  I,  2 38  §  19. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Paresis,  sou  parisis ,  I,  294  g  154. 

Parfaire,  achever ,  7717,  1 1 199, 
e/c. 

Parfait,  achèvement ,  5494. 

Parfin,  Jîji,  5908,  x55o8,  e/c. 

Parfiner,  achever ,  1 1 190. 

Parfondement,  profondément , 
i6o3,  1847,  e/c. 

Parfont,  profond,  41  o3,  ioi5i, 
e/c. 

Parfont  (en),  au  tréfonds ,  I, 
227  g  2. 

Parforcer,  forcer ,  I,  263  §  86, 
I,  272  §  io3,  e/c. 

Parfuïr,  poursuivre  (?)  I,  269  § 

97- 

Parir,  mettre  bas ,  223o. 

Parjur,  ce/1/1  ftii  a  /ai/  un  /aur 
serment ,  1,  282  g  124. 

Parjurer,  enfreindre  son  ser¬ 
ment ,  21930. 

Parjurcrcs  (nom.),  parjure , 
24945. 

Parle,  pi/e,  23746. 

Parlcûre,  voir,  1 5645  ;  —  (a 
droitte),  i  proprement  par¬ 
ler ,  20487. 

Parlicrs,  parleur ,  5857. 

Parmanant,  permanent,  5 1 33. 

Parmontcr,  monter  jusqu'au 
bout ,  29471. 

Paroir,  paraître ,  402 1 . 

Paroit,  paroi,  34938,  34941, 
etc. 

Parolier,  parler ,  I,  241  g  28. 

Parpooir,  é/re  /ou/  i  /ai/  ca- 
pa/>/e  de,  30425. 

Parsicuir  ,  poursuivre  ,  conti¬ 
nuer ,  11181. 

Parsoivrc,  advenir ,  !,  3 1 5 . 

Part,  parti,  390  (celle),  /i, 
14217;  —  (quel),  ou,  4535  ; 
—  (mettre  a  sa),  mettre  à 
part  soi ,  184. 

Parti,  partagé ,  4429,  23726, 
e/c. 

Partie,  partage,  I,  268  g  96. 

Partir,  partager,  8973  ;  avoir 
sa  ffli-r,  7377,  1 3 1  70;  —  (sc) 
se  séparer,  se  quitter ,  1221; 
s  ew  a//er,  5337,  6-4ÎP,  e/c. 

Parvivre  ,  achever  sa  vie  , 

35375. 


Pas,  passage ,  g'ué',  13282, 

15497,  e/c. 

Passage  (fém.),  18697. 

Passement,  passage,  action  de 
passer ,  85a3. 

Passer,  dépasser,  être  plus  éle¬ 
vé  que ,  16141. 

Passerat, pe/i/  moineau ,  !,  307  a. 

Pastis,  pâturage,  18377. 

Pastour,  berger,  2461,  3440, 
etc. 

Pasture,  prairie,  4008. 

Pasturer,  paitre ,  ioo5,  6522. 

Paticier,  pâtissier,  25176. 

Patrenotre,  patenotre ,  24747. 

Patriache,  patriarche,  4101,1, 
256  §  60,  etc. 

Patrimone,  patrimoine,  !,  233 
g  10. 

Pau,  poy,  peu,  3o865,  173,  e/c. 

Paultre  ,  pautre  ,  paillasse  , 
19764,  25756,  etc.  ;  —  (battre 
le),  /aire  l'amour,  4980, 
40370. 

Paumison,  pâmoison,  II,  243. 

Pavillon,  /ew/e,  3763,  e/c. 

Pecherrcs  (nom.),  pecheour, 
pécheur,  2  5o65,  27861,  e/c. 

Pccune,  argent,  fortune,  I, 
237  g  18;  24876. 

Pel, poi/,  5 10,  21709,  e/c. 

Pci,  (plur.  :)  peux,  pieu,  1,  273 
g  io5  ;  23440,  etc. 

Pclain,  pelage ,  25376,  36070, 
etc. 

Peler,  dépouiller,  I,  3o8. 

Peliche,  plice,  pelisse,  fourrure 
24965,  33273. 

Penance,  pénitence ,  22360. 

Penanchier,  pénitencier,  I,  294 
l  *57. 

Pcnau,  morceau  d'étoffe,  30735. 

Pencant, p^ti/ew/, 357;  I,3o2  a; 
etc. 

Pener,  faire  souffrir ,  malme¬ 
ner,  2820,  2919,  etc.  ;  —  (sc), 
se  préoccuper  de,  s'employer 
à,  78 1  S. 

Penne,  plume,  i6o32,  29317, 
etc. 

Pcnon,  oriflamme,  i8388. 

Pensé  ,  pensée  ,  intention  , 
32878. 


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UNIVERSITY  OF  MICHIGAN 


GLOSSAIRE 


285 


Pensement,  pensée ,  9635. 
Pensif  a,  qui  pense  à,  11696. 
Pensis  (nom.), pensif ',  484. 

Per,  (adj.)  pair ,  16944;  (subst.) 
pair ,  I,  353  a. 


Percevant, 

intelligent , 

avisé, 

10075. 

Percevoir, 

perchevoir 

»  per- 

choivre, 

voir,  5353, 

i835'i, 

27302,  etc . 

Perchant,  violent,  fort,  1 685 1 , 
i6858,  e/c. 

Percher,  perchier,  transpercer , 
3933,  12725,  e/c. 

Percheux,  3o53;  voy.  Pres- 
cheux. 

Perchoivrc,  voy .  Percevoir. 

Perde,  per/e,  I  328  a. 

Perforcement ,  contrainte ,  I, 
282  g  126. 

Péri,  péril,  fer//,  danger ,  II, 
23 1  ;  (adj.)  en  danger ,  2o3o6. 

Perier,  poirier ,  I,  32  3. 

Péril,  voy.  Péri. 

Périlleux,  dangereux  (en  par¬ 
lant  d'une  personne ),  9916. 

Perilz,  fi/*,  12975. 

Périr,  détruire ,  //lire  périr, 
5472,  1 3574,  efc. 

Perre,  poire,  33783. 

Perriere,  machine  à  lancer  des 
pierres ,  i852o. 

Perron,  Moc  c/e  pierre ,  rocher, 
19080. 

Pers,  perdu ,  40395. 

Pcrs,  6/en  /once',  14509,  15945, 

etc. 

Persant,  langue  persane,  1 9862. 

Pcrtris,  perdrix,  30464,  30487, 
etc. 

Pcrtuis,  froi/,  io355. 

Pertuisier,  percer  de  trous,  I, 
3*7  a. 

Pervers,  mauvais,  15424. 

Pès,  fdiar,  345 16;  II,  217. 

Pesance  ,  peine  ,  souffrance  , 
3341,  6726,  efc. 

Pesandeur,  pesanteur ,  6828. 

Pesandir,  devenir  pesant,  6823. 

Pesant,  $1/1  a  de  la  peine  à  se 
mouvoir,  6781,  2i552,  efc. 

Pesme,  frès  mauvais  ,  98 , 
36686,  etc. 


Pcson,  pesson,  poisson,  II,  240; 
I,  335. 

Pesteler,  piler ,  écraser  avec  un 
pilon,  écraser ,  piétiner ,  I, 
347  a. 

Pestillencc,  malheur,  19522, 
21407,  efc. 

Pestre,  voy.  Paistre. 

Petissier,  diminuer,  7971. 

Petiot  (un),  i/n  peu,  36io8. 

Petit,  peu,  1 320,  21 15,  etc. 

Petrice,  patrice,  I,  262  §  81. 

Peu  (a),  peu  s'en  faut,  10438. 

Pcù,  pahu,  nourri ,  654  ;  mangé, 
avalé ,  II,  2  32  a. 

Peusse,  pouce ,  35678. 

Peuture,  nourriture,  28942. 

Peux  ( plur .),  pieux,  29783. 

Phisicïcn,  fusicïen,  médecin, 
2255,  4994,  efc. 

Phisicquc,  fusique,  médecine , 
4990,  5888,  1,  307  a. 

Picquicr,  piquer,  frapper  à  coup 
de  pique,  19132,  19167,  etc. 

Pieça,  piccha,  depuis  longtemps, 
967,  i825o ,  etc. 

Pièce,  espace  de  temps,  1 3, 
1766,  etc. 

Picrrctc,  orné  de  pierres,  I,  332. 

Pierric,  pierrerie,  I,  247  §44. 

Pieu  (adj.),  pieux,  9159. 

Picur,  pyeur,  pire ,  plus  mau¬ 
vais,  i6o5,  1738. 

Pigne,  peigne,  4362. 

Pignier,  peigner,  2 1 556,  26423. 

Pile,  pille,  pillule,  26637, 
26694.  etc. 

Piller,  pillier,  colonne,  pilier , 
22127,  37337,  efc.;  (au  fi  g.) 
soutien ,  36968. 

Pillier,  maltraiter,  31040. 

Pi  prend,  petit  poisson,  sparus, 
24950. 

Pis,  pi z, poitrine,  10023,  1 1478, 
etc. 

Pitablc ,  plein  de  pitié ,  25734. 

Pité,  pitié,  3i  1 1,  3i28,  etc. 

Piteusement,  avec  pitié ,  8019, 
825 1,  etc.  ;  pitoyablement, 
11609,  12455,  etc. 

Piteux,  plein  de  pitié ,  2552, 
3117,  etc. 

Pi  z,  voy.  Pis. 


Placeturc,  marque,  tache  d'une 
fourrure,  26910. 

Plaidicr,  plaidoyer,  1189. 

Plaier,  blesser,  13194,  i3559, 
etc. 

Plaige,  plege,  garantie,  33433; 
—  (mettre  en),  garantir,  as¬ 
surer,  32761. 

Plain  (subst.),  plan,  niveau  ( sens 
fii?-)*  37619;  —  (a  et  au),  direc¬ 
tement,  3545,  4807,  etc.  ;  — 
(de),  sans  obstacle,  I,  307. 

Plain,  plein,  291,  etc.;  —  (tout), 
beaucoup,  3555,  10288,  etc. 

Plaindre,  se  plaindre ,  gémir , 
33275. 

Plainement,  complètement, 
4672. 

Plainier,  grand,  vaste,  i8383. 

Plainier  de,  qui  possède  en 
abondance,  5798. 

Plaissié  (subst.),  enclos,  27098, 
3  i23o. 

Plaissier  faire,  courber ,  3394. 

Plait,  querelle ,  discussion, 
2252,  33*9;  procès,  23 10, 
5:24,  efc.;  cour  de  justice , 
8975. 

P  lance,  planche,  7741. 

Plancheer,  être  étendu  sur  le 
plancher ,  II,  240  a. 

Planchier,  plancher,  I,  261577. 

Plcgc,  voy.  Plaige. 

Plenté,  grande  quantité,  44, 
1469,  etc.  ;  abondance,  ri¬ 
chesse,  7497,  25723,  etc. 

Plenturcux,  riche,  9573,  14196, 
etc. 

Plevir,  garantir,  17683,  40139 
etc. 

Plice,  voy.  Pclichc. 

Ploi,  pli,  I,  367. 

Plommé,  garni  de  plomb, 
39324,  40618. 

Plong,  plomb,  14880  ;  [plur.  :) 
ploms,  sceaux  de  plomb, 
702. 

Plour,  pleur ,  deuil,  4240. 

Plourer,  pleurer ,  4383. 

Plovoir,  pleuvoir,  2  3856. 

Piuieux,f/uv/ei/jc,  35 125. 

Pluiseurs,  pluseurs,  plusieurs , 
73,  1 16,  etc. 


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286 

Poesté,  puissance ,  pouvoir , 
ï79°9- 

Poindre,  piquer ,  3174,  18844, 
etc. 

Point  (être)  (impers.),  convenir , 
2i363. 

Point  (être  en  son),  demeurer 
dans  son  état ,  2972. 

Poison,  poisson  (fém.),  pouson, 
pouisson,  poison ,  18277, 

18785,  II,  207  e/  207  e/c. 

Poissant,  puissant,  1328,  7239, 
etc. 

Poisson,  vo)'.  Poison. 

Poix,  /?ois,  légume ,  3iGo3. 

Pomme,  6o///e  placé  au  sommet 
d'un  édifice ,  3og56. 

Pooir,  pouvoir ,  1 1  33,  3146,  c/c. 

Porquerre,  procurer ,  fournir , 

I,  333  a. 

Port,  a/de,  secours ,  14097;  — 
(a  droit),  directement ,  10777. 

Portai,  portail ,  20209. 

Portant,  qui  porte  des  fruits , 
7545. 

Posicion,  /e/  me  de  droit  :  con¬ 
clusion,  2793. 

Potanic,  hippopotame ,  14370. 

Potel,//e//7  /?o/,  40704. 

Potcnt, /wissa///,  33220. 

Potcstcz,  Puissances,  sorte  d'an¬ 
ges,  74  3o. 

Pouchin,  pucin,  poussin ,  2472  r , 

II,  2i3  a,  e/c. 

Pouliere,  por/e  pour  /es  poules , 
I,  323  a  ;  11,  219. 

Pourcachicr,  pourchassicr, 
pourchasser ,  3779,  6148,  c/c.; 
rechercher,  chercher  à  obte¬ 
nir ,  16639,  F,  239  §  20. 

Pourcel,  pourceau,  I,  284  §  1 29. 

Pourchas,  pourchatz,  effort  fait 
pour  obtenir  qq.  chose ,  24821, 
3 I43o. 

Pourchassicr,  voy.  Pourcachicr* 

Pourchatz,  voy.  Pourchas. 

Pourchcllet,;e//we  /?orc,  28o33. 

Pourdre,  voy.  Pourre. 

Pourfit,  pourftït,  profit,  2296, 
3924,  e/c. 

Pourfitablc,  profitable,  3027. 

Pourmener,  conduire ,  23943. 

Pourpenscr,  projeter ,  4237. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Pourpre  (masc.),  e/q/e  violette, 
22084;  JM^ce  d'étoffe  14993. 

Pourprendre,  occuper,  prendre 
de  force,  i63o8,  29832, 

etc. 

Pourpris,  enclos,  enceinte, 
10147,  10149,  e/c. 

Pourre,  pourdre,  poudre ,  i6o33, 
22125. 

Pourreture,  pourriture,  7309, 
7796,  e/c. 

Poursuir,  poursuivre,  3oii3. 

Pourtraicturc,  portrait,  14978, 
15283. 

Pourtrairc, /ai/  e  des  portraits , 
481,  486,  e/c. 

Pourtrait,  représenté,  peint , 
3857,  3923,  e/c.;  orné,  a$re- 
menté,  4679. 

Pourveancc,  provision,  1 2  3 1 , 
12  32,  e/c.  ;  prévoya nce,  pré¬ 
caution,  55o4,  53 1 3,  e/c. 

Pourvcoir,  pourvoir,  examiner, 
regarder,  13260,35787. 

Pourveü,  prudent ,  sa#c,  3404, 
25743,  e/c. 

Pou  rveuement,  a  vec/>reca////ow, 
avec  prudence,  20079. 

Pourvoy,  précaution,  prudence, 
3oi5,  II,  207,  e/c. 

Pouson,  pouisson,  voy.  Poison. 

Poux,  vers  me//i/s,  I,  217  g  100. 

Poy,  poyc,po/A:,  29243,  29317. 

Poy,  voy.  Pau. 

Praicl,  p/e,  prairie,  24044, 
24394. 

Prarie,  voy.  Praycric. 

Praticien,  prauticïen,  qui  pra¬ 
tique,  21666;  II,  218;  méde¬ 
cin,  5021. 

Prautiquc ,  pratique,  II,  218. 

Prayelle,  prairie ,  1738. 

Praycric,  prarie,  prairie,  1001, 
II,  217  a,  etc. 

Precin,  petit  pré,  3o3o2, 
3o3i6,  etc. 

Prcdcr,  piller,  ravager,  27439. 

Premcrain,  premicrain,  pre¬ 
mier ,  4904,  6762,  etc. 

Premier,  première  [adv.),  d'a¬ 
bord ,  19201,  17872. 

Prendre  à,  se  mettre  à,  984, 
3322,  etc. 


Prescheür,  prédicateur,  4004, 
|  4558,  e/e. 

Prescheux,  194;  vov.  Percheux. 

Présenter,  donner  en  présent, 
22288. 

Presse,  foule,  2018. 

Preste,  prêtre ,  II,  219. 

Preu,  profit,  avantage ,  2646, 
3042,  etc. 

Preu,  sage,  1074;  courageux, 
travailleur ,  29733. 

Preud'homme,  preudom,  pro- 
dome,  homme  de  bien,  1348, 
2029,  I,  33 1 ,  etc. 

Prcvoirc,  provoire, pr<?/rc,  2498, 
I,  356  a,  etc.  Voy.  Preste. 

Pricux,  tribulation  ?,  22881. 

Prïcuze,  prieure,  24958. 

Prime,  6  heures  du  matin, 
32033. 

Primes,  tout  d'abord,  première¬ 
ment,  2142,  4337,  etc. 

Princhc,  prince,  3ylt. 

Prioré,  prieuré,  30973. 

Prinse,  valeur ,  10040. 

Prir,  périr,  3755. 

Pris,  valeur,  estime,  réputation, 
53,  io3i2,  10702,  etc. 

Prisier,  estimer,  8097,  i33o4, 
etc. 

Prison  jurée,  prison  étroite ? 
3??33- 

Prison,  prisonnier,  t8652. 

Privé,  familier ,  9671,  12444, 
12960,  etc.;  —  (mal),  sau¬ 
vage,  15408. 

Privcemcnt,  en  particulier,  en 
secret,  17841. 

Privctc,  affaire  privée ,  amitié 
particulière,  caresse  amou¬ 
reuse,  17836;  bien  propre, 
36969. 

Prochiencment,  dans  peu  de 
temps ,  II,  201  a. 

Procurcres  (/10m.),  procurour 
(acc.),  procureur,  2067 1 , 
20684,  etc- 

Prodomc,  voy.  Preudhommc. 

Proesse,  vaillance,  3925, 1 3668, 
etc. 

ProlTecion,  déclaration,  I,  228 
§  5. 

Proicr, prier ,  I,  353. 


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GLOSSAIRE 


Prophesie,  prophétie ,  7770, 

7803,  etc. 

Propos,  sujet ,  9,  i35o. 

Proprement,  propprement,  à 
proprement  parler ,  ejrac/e- 
wiew/,  !93y3,  2283o,  e/c. 

Prouvable,  possible  à  prouver , 
I,  229  §  6  et  23o  §  7. 

Prouvancier,  ce/cri  appro¬ 
visionne ,  170D7. 

Prouvé, reconnu, éprouvé,  32  32, 
904!,  e/c. 

Prouver,  éprouver,  913,  e/c.;  — 
(se),  s'essayer ,  3882  ;  sVm- 
ployer ,  9779  ;  se  montrer, 
4947- 

Proveoir,  pourvoir,  I  266  ;  92. 

Provoire,  vo>-.  Prcvoire. 

Psalmc,  psaume ,  2411 1. 

Psalmier,  pseaulmer,  psalmo¬ 
dier,  8893,  237S3,e/c. 

Publier,  peupler ,  16732. 

Pucellettc,yemie  pucclle,  7783. 

Puche,  p//ce,  37014. 

Puch,  voy.  Puich. 

Pucin,  voy.  Pouchin. 

Pugnais,  punais,  puant,  infect , 
3386,  4760,  e/c. 

Pugnicion,  c//ose  désagréable, 
pénible,  34791. 

Pugnir,  punir,  3435,  6913,  e/c. 

Puich,  puig,  puis,  puch,  p//i/s, 
27815,  27823,  27916,  e/c. 

Puichicr,  puch icr,  puiser,  197, 
201,  e/c. 

Puignic,  poignée,  26822. 

Puing,  foiftf,  39712. 

Puïr,  pi/er,  36717. 

Puis,  voy.  Puich. 

Puissance  (a),  f/e  /orce,  18705, 
i88o5,  e/c. 

Pulent,  pullcnt,  puant,  dégoû¬ 
tant,  infect,  11162,  16107. 

etc. 

Pulle  (en)  ?,  17361 . 

Punaisic,  chose  puante ,  /dûfe, 
19452;  (abstr.)  3632  1. 

Puour,  puanteur,  23540. 

Purté,  pureté,  32264. 

Putage,  vie  déshonnête,  29121. 

Pute,  mauvais,  3407,  4750,  etc. 

Putoir,  putois,  3 1 568. 


Quairr C,  quérir,  1 85  1 . 

Qualandrcs,  voy.  Calandres. 

Quancques,  quanque,  tout  ce 
que,  tant  que,  3699,  4373, 
etc. 

Quant,  combien,  5733*6,  7438, 
etc. 

Quarel,  voy.  Carrcl. 

Quaronique,  chronique ,  I,  36t. 

Quarre,  voy.  Carre. 

Quarrcaulx,  voy.  Carrcaulx. 

Quarreürc,  voy.  Carreüre. 

Quart,  quatrième,  63 1 9. 

Quartainc  (fièvre),  fièvre  quar¬ 
te,  20562. 

Quartiers  (les),  corps  de  l'ani¬ 
mal,  qu'on  coupe  en  quatre 
pour  le  manger ,  2210. 

Quas  (être),  être  brisé ,  13407. 

Que,  comme,  12982-3,  etc. 

Queer,  cahier ,  II,  198. 

Qucncton,  petit  canard,  II 
244  a. 

Qucns  (nom.),  comte,  2649;  •• 
352. 

Querolc,  voy.  Carole. 

Qucronne,  couronne,  I,  329, 
e/c.;  tonsure,  I,  357  a • 

Qucronner,  couronner ,  I,  35 1. 

Quesnc,  chêne,  1 8683 . 

Qucste,  caisse,  12519. 

Qucste,  recherche,  3764. 

Questif,  voy.  Chétif. 

Qucurrc,  voy.  Courre. 

Queutté,  mesure  de  longueur 
valant  i5  pas,  8090-1,  8094» 
etc. 

Quictc,  quicticr,  voy.  Quitte, 
quitter. 

Quinonc,  équinoxe,  I,  228 

§  5. 

Quint,  cinquième,  3q6,  652  1, 
etc. 

Quintaine,  mannequin  pour  la 
joute,  10061,  10064,  etc. 

Quis ,  trouvé,  12958. 

Quitte,  quicte,  acquitté,  payé, 
11584;  à  Vabri  de  toute  re¬ 
vendication,  8047. 

Quittemenl  ( adv.)%  sans  charge 
ni  redevance,  complètement, 
10433,  i3735,  etc. 

Quitter,  quicticr,  renoncer  à 


287 

une  créance ,  tenir  quitte , 
6370,  1  i575,  etc. 

Quoy,  voy.  Coy. 

Rabillier,  réparer,  38459. 

Rachinc,  racine,  7659. 

Racoler,  serrer  de  près,  4974. 

Rachier,  racquer,  cracher , 
28200,  28832,  etc. 

Rade,  rapide,  impétueux,  i328, 
10266,  etc. 

Radcment,  raddement,  impé¬ 
tueusement,  io3o5,  18825, 
etc. 

Radouber,  raccommoder,  29676. 

Racnçon,  voy.  Ronchon. 

Rafcctin,  voy.  Cafectin. 

Ragrandir,  grandir  de  nouveau. 

39845. 

Raige  (dire),  dire  une  chose 
extraordinaire ,  1950. 

Raigne,  grenouille,  II,  245. 

Rain,  ren,  rien,  chose,  107, 
39771,  etc. 

Rain,  branche,  rameau,  7967, 
13983,  etc. 

Rain,  rein,  I,  267  §  94,  26557, 
etc. 

RainsicI, petite  branche,  36846, 
II,  243  a,  etc. 

Raire,  rayonner,  34986. 

Rallcr,  retourner,  revenir ,  3378, 
9427,  etc. 

Rambre,  payer  une  rançon ,  ra¬ 
cheter,  II,  220  a. 

Ramcmbrancc,  souvenir ,  5572, 
19606,  etc. 

Ramembrer,  remembrer,  rap¬ 
peler ,  859,  14 14,  etc. 

Ramentevoir,  rappeler,  25 12, 
263 1,  etc. 

Ramier,  rameau,  branche , 
19052. 

Ramille,  branche,  19058. 

Ramon,  balai,  878. 

Ramponner,  railler  avec  ai¬ 
greur,  quereller,  insulter ,  II, 
200  a. 

Randon  (a  grant),  avec  rapidité , 
avec  force,  1 3688. 

Raparellier,  réparer,  38460. 

Rapeler  (se),  se  rétracter,  I, 

237  §  68. 


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UNIVERSITYOF  MICHIGAN 


288 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Rapincr,  voler  ,  dérober , 
i 2049. 

Rapoter,  restituer ,  38 1  36 - 

Rassacquier,  retirer ,  3 2  1 33 . 

Rassoté,  devenu  sot ,  40116. 

Rataindre,  rattraper ,  25534- 

Ravaller,  descendre ,  24338. 

Raviser,  ravisier,  reconnaître , 
1343,9366,  etc. 

Ravisseaulx  corr.  rainsscaulx 
petites  branches ,  36846. 

Ravoir, avoir /rowrsa  part ,  1207, 
17 1 56,  e/c. 

Ravolcr?,  29783. 

Ravoyé,  remis  dans  la  bonne 
voie,  29288. 

Ravoyer  (se),  reprendre  le  bon 
chemin ,  3568. 

Ray,  rayon,  7782,  10180,  e/c. 

Réalité,  royalité,  royauté,  5259, 
16382. 

Rebellé,  révolté ,  2i3go. 

Rebeller,  pousser  à  la  révolte , 

I,  2  3g  §  20;  —  (se),  se  révol¬ 
ter,  I,  228  §  3,  e/c. 

Rcbourcicr,  rebrousser ,  écor- 
c/ier,  I,  317  a  e/  326,  etc. 

Rebouter,  repousser,  18826;  I, 
263  §  84. 

Rcbrachier,  relever ,  retrousser , 
24964. 

Recelé,  cac/ie,  1 56. 

Recelé,  recelée,  cachette ,  2149; 

II,  234  a. 

Receler  (se),  se  cacher ,  2i5o. 

Rcccpt,  rcchet,  cachette ,  4600, 
40912,  e/c. 

Rechanter,  chanter  de  nouveau, 
I,  277  §  1 1 3. 

Rcchasser,  poursuivre ,  recher¬ 
cher,  30849. 

Rcchet,  voy.  Reccpt. 

Rechcvcur,  receveur ,  21 198. 

Recité,  réputé,  33o38. 

Reclaim,  réclamation ,  12167, 
3 1 8 1 1,  e/c. 

Recocullir,  accueillir,  4207, 
10470,  e/c. 

Recocuvrir  de,  s'occuper  de, 
30980. 

Reçoit,  voy.  Rcçoy. 

Recoler,  repasser  dans  l'esprit , 
rappeler,  5425. 


Recompenser,  voy.  Resconpen- 
ser. 

Reconsillicr,  reconssillier,  re- 
concilier,  I,  270  §  98  e/  277  S 
1 1 3  ;  se  réconcilier  avec,  I, 
227  §  2. 

Reconvoicr,  reconduire ,  161 18. 

Record,  récif,  4843  ;  prescrip¬ 
tion,  sentence,  53 1 3  ;  —  (ad/), 
se  souvenant,  6090. 

Recorder,  rappeler ,  35  1,  61  5, 
620,  etc. 

Recostoier,  longer,  être  limi¬ 
trophe  avec,  17377. 

Recourre,  voy.  Rescourrc. 

Recouvrement,  secours,  222b  1. 

Recouvrer,  secourir ,  II,  207. 

Recouvrier,  rccovrcrcs  (nom.), 
couvreur t  40451. 

Recoy,  reçoit,  requoy,  /«cm  re/i- 
re,  cachette,  1 6 1 ,  3629,  1 5 3 1 9, 
etc. 

Rccrcacion,  ce  qui  ranime , 
24017,  24148,  e/c. 

Recréant,  <7111  renonce  à  soute¬ 
nir  sa  cause,  I,  3o6  a. 

Recrchu,  rccrcû,  fatigué,  épui¬ 
sé,  I.  3o6  a  ;  3o384- 

Recroire,  renoncer,  s'abstenir , 
12690,  14132  e/c.;  —  (se), 

se  lasser,  13048. 

Rccrutté,  nu,  I,  263  $  90. 

Rccullée,  retraite ,  26206. 

Rcdarduer,  piquer  de  nouveau , 
32241 . 

Rcdescroistrc,  décroître  de  nou¬ 
veau,  14433. 

Redevoir,  devoir,  30910. 

Redondcr,  rejaillir ,  rebondir, 

34943. 

Rcdrcchicr  (se),  se  relever, 
1 7  394- 

Rccstrc,  é/rc  t/e  son  co/ê,  /?o«/r 
sa  part,  2921,  3656,  e/c. 

Refaillir,  manquer  de  son  côté, 
2040 1 . 

Refaire,  /aire  pour  sa  f?ar/, 

25723. 

Rellcction,  réconfort,  I,  273 
§  104. 

Rcfcrir,  frapper  de  nouveau , 
3 1 58,  34938. 

Rcfl-,  voy.  Ref-. 


Reflamboiant ,  resplendissant , 
15943. 

Reflamboyer,  renvoyer  la  lu¬ 
mière,  34951. 

Refraindre,  arrêter,  modérer , 
10618,  33458,  etc. 

Refraint,  arrêté,  retenu,  36oi. 

Refroidier,  refroidir ,  i6o5o, 
26713. 

Refroidir,  devenir  plus  froid, 
6824. 

Refronchié,  renfrogné ,  10662. 

Regarder  (se),  regarder  autour 
de  soi ,  1  2977. 

Rcgardure,  aspect,  physiono¬ 
mie,  I,  267  §94. 

Rcgart,  apparence,  13486. 

Regnyer,  renier,  I,  23 1  §  32. 

Regrcter  (se),  se  lamenter , 
1 2448,  12703,  e/c. 

Rclainquir,  relcnquir,  laisser , 
10672,  I,  348,  e/c. 

Relent,  odenr  puante ,  infecte, 
40266. 

Relevée,  fait  de  se  lever  de  son 
ouvrage ,  de  se  reposer ,  29737. 

Relever,  se  remettre ,  737. 

Relever,  droit  payé  pour  rele¬ 
ver  un  fief ,  23oo,  23o3,  c/c. 

Relier,  attacher ,  29782. 

Religion,  communauté  religieu¬ 
se,  4328,  2i655,  e/c. 

Remanant,  res/e,  6746,  11697, 
etc. 

Remandé,  mandé  de  nouveau, 
3357i. 

Rcmander,  demander  de  son 
côté,  10444. 

Remanoir,  rester,  2102,  3324, 
etc. 

Remembrer,  voy.  Ramcmbrcr. 

Re  mener,  ramener ,  1  3  3 1 4  , 
13744,  e/c. 

Remeuvoir,  voy.  Remouvoir. 

Rc mirer,  regarder,  25822, 

Re  monstrance,  apparition ,  ré¬ 
vélation,  7699. 

Remontrer,  démontrer,  I,  247 
§  44- 

Remordre  avoir  des  remords , 
5176;  —  (se),  se  repentir , 

3644. 

Remouvoir,  remeuvoir,  resmo- 


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GLOSSAIRE 


voir,  remuer ,  39814,40992; 
—  (se),  aller  de  nouveau ,  II, 
237  a. 

Remuer,  changer ,  433  ;  réfor¬ 
mer,  5433. 

Ren,  voy.  Rain. 

Ren,  rang ,  1 5 1  33. 

Renard \e,  fourberie,  388,  6o35, 
etc . 

Rcnchon  ,  raençon,  rançon , 
12774,  17684,  I,  276  §  112, 
etc. 

Rcnchonncr,  frapper  de  taxes , 
I,  263  8  85. 

Rencluze,  recluse ,  32675. 

Rendeur,  ce/ui  4111  rend,  2187, 
37108. 

Rendre  de  mon  eage/,  32710. 

Rendu,  fait  moine ,  cloître , 
27891. 

Rengné  ,  royaume,  16079, 
161 3 1 1  e/c. 

Rengner,  régner ,  4226. 

Renier,  renoycr,  renier,  11621; 
I,  257  §  68;  e/c.;  renoncer, 
899. 

Renoié,  renégat ,  I,  319  e/  347, 
etc. 

Renoirie,  renoncement ,  3443 1 . 

Renonmer  (  mtr.),  glorifier ,  cé- 
lébrer,  201 5 1. 

Renoyer,  voy.  Renier. 

Reon  ?,  I,  339  a. 

Rfiont,  rond,  34537. 

Reonde,  ronde,  11698. 

Repaicr,  donner  en  retour ,  797. 

Repaire  (5116s/.),  retour ,  9520, 
9540,  e/c. 

Rcpairier,  revenir ,  8199,  8483, 
e/c.;  habiter ,  19982. 

Repentance,  repentir ,  6437, 
21618,  e/c. 

Repentemcnt,  repentir ,  8714, 
I,  3o3  j. 

Replection,  plénitude ,  7493. 

Repondre,  cacher ,  58 16. 

Reportement,  nouvelle  transla¬ 
tion ,  1,  271  §  100. 

Reposement,  repos,  3656 1. 

Repost,  repot,  caché ,  I,  283 
§  1 33,  32  2  5o,  e/c. 

Repovoir,  pouvoir  pour  sa  part , 
28660. 

Tome  II. 


Reprendre,  prendre  pour  soi , 
18017;  recommencer ,  5636; 
/aire  des  reproches  à ,  21740. 
Reprocuche,  reprouche,  repro¬ 
che,  14994»  I»  264  §  88. 
Reputer,  blâmer,  I,  233  §  14. 
Requenner,  incliner  de  nou¬ 
veau \  25793. 

Requerre,  rechercher ,  16359; 
attaquer ,  10304,  2 1210;  re¬ 
conquérir,  3265 1. 

Requoy,  voy.  Rccoy. 

Rcre,  raser,  9466,  21 556. 
Resaillir,  ressauter,  sauter  de 
nouveau ,  18882. 

Resambler  (/rans.),  17834. 
Resavoir,  apprendre,  savoir ,  1, 
320  d. 

Resbaud  i  r,  encourager , exciter , 
18874. 

Rcsconpensation,  compensation, 
8837,  36007,  e/c. 
Rcsconpenser,  recompenser,  ré¬ 
parer,  donner  une  compensa¬ 
tion,  22653,  2474t. 

Rcscourrc,  reprendre ,  sauver, 
1426;  combattre ,  repousser , 
17370,  39137;  —  [subst.),  se¬ 
cours,  18431. 

Rescous,  repris,  4213. 
Rcscrirc,  écrire  de  nouveau , 
3837  ;  répondre  par  écrit , 
14946,  I,  263  §  83,  c/c. 
Rcscuy, secouru,  II,  239. 

Rescl,  _/î/c/,  4602,  4624,  e/c. 
Rcsmovoir(sc),  voy.  Rcmcuvoir. 
Rcspasser,  restaurer,  nourrir, 
I,  3i4  ;  40880. 

Rcspitc,  Sduvé,  délivré ,  826 1 . 
Rcspiticr,  ajourner  ,  3 1 1 2  , 

37877,  e/c.;  sauver,  délivrer, 
1  i8o3,  1 1816,  e/c. 
Resplendir,  illuminer ,  13971. 
Resplcndisseur,  éc/d/,  3 1 63, 
9626. 

Resplendour  (le),ec/d/,  lumière, 
34348,  36402. 

Respons,  retiré ,  I,  236  §  17; 
voy.  Repost. 

Respons,  réponse,  8484,  11817 
etc. 

Rcssiner,  collation  de  f après- 
midi,  29728. 


289 

Ressort,  restriction,  24279. 

Ressortir,  se  retirer ,  reculer , 
1420,  30772  ;  —  (se),  cesser, 
4107. 

Resté,  retenu ,  16677. 

Rcstor(sans),  sdns  recours,  sans 
remède,  8191. 

Resveiller(sn6s/.),révei/,  28779. 

Retargier  (se),  tarder ,  différer 
de  faire  une  chose ,  552g. 

Rctaulir,  reprendre,  4174. 

Rethoriquement,  se/on  /es  ré- 
g/es  de  /d  rhétorique,  I,  234 
8  i*. 

Retournée,  action  de  revenir 
en  arrière,  38952. 

Retourner,  retour,  19637. 

Rctraire,  rapporter,  2109,2981, 
e/c.;  —(se),  renoncer  à,  62  10, 
3256o. 

Retrait,  refuge,  logis,  1255. 

Retraiter,  retirer ,  I,  291  §  1 5 1 . 

Reûs,  accusé ,  coupable,  5258. 

Revel ,  joie,  divertissement, 

3 168,  9g3i,  e/c. 

Révéler,  réjouir,  24534. 

Reveller  ,  montrer ,  révéler  , 
14855,  21281. 

Revetnent,  songe,  1 1 1 3. 

Revengier,  venger,  défendre, 
3948,  14705,  e/c.  ;  —  (se),  se 
venger,  se  défendre,  2289, 
4926,  e/c. 

Revenir,  venir  dn  devdn/,  18416, 
18600,  e/c.  ;  (sn6s/.),  retour, 

5329. 

Rcvcranmcnt,  avec  respect,  I, 
269  §  97. 

Reverchier,  reverser,  retour¬ 
ner,  410,  3i  174,  etc. 

Revenir,  revenir,  1 1 35 1,  12642, 
etc. 

Rcvcstir,  investir ,  4282. 

Rcviscter,  passer  en  revue, 
15791. 

Rcvoloir,  vouloir  de  nouveau, 
6169,  12264,  etc. 

Rianment,  en  riant,  22429. 

Ribaudye,  paillardise ,  2o336. 

Ribault,  ribaut,  débauché ,  hom¬ 
me  méprisable ,  43,  6563. 

Richeté,  richesse,  10720,  13949, 
etc. 

>9 


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290 

Rien,  voy.  Rain. 

Rîglc,  règle,  I,  2b2  §  34,  37213, 
etc . 

Rime,  vers ,  3229. 

Rimer,  mettre  en  vers ,  9774, 
22199,  etc- 

Riotc,  querelle ,  dispute ,  discus¬ 
sion,  3488,  9906,  e/c. 

Ris,  rire,  ricanement ,  12106, 
17851,  e/c. 

Rivé,  attaché  {sens  fig .),  39788. 

Roban, ruban ,  40932. 

Robe  ?,  6998. 

Rober,  voler,  dépouiller,  13689, 
3o5o7,  e/c. 

Roberie,  vo/,  déprédation ,  I, 
29D  §  1 58. 

Robeur,  voleur,  20981,  20992, 
etc. 

Rocque,  rocher ,  263 10. 

Roe,  roi/e,  2  5557;  cercle ,  orbite, 
10190. 

Roine,  royaume ,  paye,  3780. 

Roigir,  rougir,  13912. 

Roisin,  raisin,  13987. 

Roix,  racine,  souche ,  25375. 

Roller,  rouler,  19138. 

Romant,  rommant,  Tournant, 
langue  française ,  78,  9280; 
roman,  conte  en  français, 
120,  408,  2973,  e/c. 

Rompre,  je  briser,  18428. 

Ronche,  ronce,  19969. 

Ronchin,  cheval  de  bat  et  de 
trait,  11737. 

Rondement,  en  rond,  11895. 

Rondesse,  rond,  courbe ,  6334- 
5. 

Rongnicr,  tailler,  21 355. 

Roolc,  /race  d’i/n  o6;e/  <71/1  rou¬ 
te,  27953.  . 

Rosé,  Jirop  de  roJCJ,  26636. 

Rosignot,  voj'.  Roussignol. 

Rotelenge,  rotruange,  chanson 
à  refrain,  90. 

Rouffler,  ronfler ,  31739. 

Roumant,  voy.  Romant. 

Rouséc,  rosée,  14441. 

Rousc,  rose,  I,  304. 

Roussignol,  roussignot,  rosi¬ 
gnot,  rossignol, 4010t.  40122  ; 
II,  233  a;  etc. 

Rout,  rompu,  I,  3 18. 


RENÀRT  le  contrefait 

Rouver,  demander,  4803,  9037, 
etc.;  supplier,  27506. 

Royalité,  voy.  Réalité. 

Roye,  raie,  sillon ,  3697;  I, 
278  §  1 1 5  ;  fente,  I,  3 12. 

Royé,  rayé,  I,  237  §  64. 

Rudde,  grossier ,  3007. 

Ruer,  ruir,  jeter,  faire  tomber , 
737,  30770,  e/c.;  assener, 
4426  ;  aller,  27034. 

Ruisier,  reculer,  s'éloigner ,  I, 
3 1 7  a. 

Ruissel,  ruisseau,  19134. 

Ruit,  rut,  3oo58. 

Ry-,  v°y-  Ri-. 

Sab\on,  sable,  26491,  26497,  etc. 

Sachant,  savant,  1 1 233. 

Sachier,  sacquier,  tirer,  arra¬ 
cher,  7745,  1 552 1 ,  I,  269 

§  97- 

Sacrifiement,  sacrijice,  1461*3, 

Saiettc,  sayette,  flèche,  8987, 
19348,  I,  247  §44,  etc. 

Saillant,  alerte,  29942. 

Saillir,  sauter,  3o3Hy;  sortir , 
t333,  1424,  etc. 

Sain,  sein,  9616. 

Sainctihe,  sacré,  16073. 

Santtifl'ier,  sanctifier,  9166. 

Saintime,  sainttisme,  très  saint. 
I,  343  a  ;  32687. 

Saintuaire  (drap),  suaire,  I, 
346  a, 

Saisine  (être  en),  être  saisi  de, 
entrer  en  possession ,  335gg. 

Saisir,  entrer  en  possession  de, 
17316. 

Saison  (en),  en  faveur,  717. 

Saison  (gaster  sa),  perdre  son 
temps,  4735. 

Sale  (faire),  a cheterf,  28178. 

Saller,  mettre  au  saloir,  2404. 

Samblancc,  ressemblance,  6307. 

Samblaut,  semblant,  appa¬ 
rence,  27,  383. 

Samblant  à,  semblablement  à 
12635. 

Sambler,  sembler,  180. 

Sammedy,  samedi,  2792. 

Sanbue ,  housse  de  selle , 

141 56. 

Sandc,  étoffe,  II,  2  38  a. 


Saner,  sener,  guérir ,  3179, 
12633,  etc. 

Sangler,  sanglier,  II,  22  3. 

Sanme,  voy.  Senne. 

Sanne  (le) ?  I,  307  a. 

Santeret,  petit  sentier,  I,  307. 

Saouler,  rassasier.  I,  23 1  §  8 
et  237  §  17. 

Sapience,  sapiance ,  sagesse, 
1 1018,  1 1688,  etc. 

Sarmon,  sermon ,  II,  216  a. 

Sarrasin,  mécréant,  I,  237  S  66. 

Sarrasinois,  appartenant  aux 
Sarrasins,  19078. 

Sarterion,sartarion,  psal tenon , 
I,  367  ;  27569,  efc. 

Sas ?,  II,  234  a. 

Satifacion,  satisfaction ,  24740. 

Saudoier,  voy.  Soldoyer. 

Saufve  [adj.  au  masc.),  I,  263 

§  9°* 

Saulder,  souder.  14263,  26477, 
etc. 

Sauldure,  soudure,  26497. 

Saulier,  voy.  Solier. 

Sauller,  voy.  Soler. 

Saultier,  voy.  Sautier. 

Saulvement,  voy.  Sauvement. 

Saulx,  saule ,  t3i8. 

Saumc,  psaume,  I,  35g. 

Sausse,  sauce,  19576. 

Sauteler,  sautiller,  40123. 

Sautier,  saultier,  psautier,  I, 
278  §  1 1 5  et  367. 

Sauvement,  saulvement,  salut 
éternel ,  43 12,  68o5,  e/c.  ;  — 
[adv.],  sain  et  sauf,  en  sûreté, 
5o58,  i5i62,  etc. 

Sauveté,  salut,  8443  ;  —  (a\ 
en  sûreté,  8271,  2601 3,  etc. 

Sauvieres  (nom),  sauveur,  I,  332. 

Savoir  [subst.),  sagesse  583, 
788,  etc. 

Savé,  sauvé,  20i53,  25io3,  etc. 

Sayette,  voy.  Saiette. 

Saÿn,  saindoux,  II,  240  a. 

Sccû  (sans  le),  à  rinsu ,  21746  ; 
I,  236 §  i3. 

Sceüreté,  voy.  Seûreté. 

Scïcncîeux,  savant,  I,  2 37  §  69. 

Scient,  sciant,  sachant,  19680, 
19932,  etc. 

Scicntement,  sciemment,  24283. 


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GLOSSAIRE 


29I 


Seance,  qualité  de  ce  qui  con¬ 
vient,  34422. 

Séant  (mal),  désagréable ,  I, 
3io. 

Sebclin  [adj.),  garni  de  gibeline, 
18946. 

Sebeline,  gibeline,  17862. 

Secourre,  scscourre,  secourir , 
4369,  14281,  etc . 

Secque,  soiche,  fém.  de  scc, 
3i735  ;  I,  3 1 5 . 

Secré,  voy.  Secret. 

Secréement,  secrètement ,  II, 
228. 

Sccrcstain,  souscrctain,  sacris¬ 
tain,  I,  276  §  1 10. 

Secret,  secré,  secret ,  17333  ; 
parties  génitales ,  6690-1, 

8012,  etc .  ;  lieu  retiré,  8885  ; 
ami,  familier,  i5o65. 

Sécularité,  siècle,  monde,  7  143. 

Sceller,  sceller,  11783,  12485, 
etc. 

Segnifiance.  voy.  Sencfiancc. 

Seignier,  sengnier, signer,  bénir 
d'un  signe  de  croix ,  7212, 
24634,  etc. 

Seignier,  saignier,  saigner,  ou¬ 
vrir  les  veines,  2834. 

Seignoragc,  seigneurie,  I,  333  a. 

Seignourer,  seignourir,  domi¬ 
ner,  19216,  25403,  etc. 

Seignouri,  seigneur  dominant, 
8357,  1 1681,  etc. 

Seignouric,  seigneurie ,  10403, 
10931,  1 1892,  etc. 

Seignourissant,  qui  exerce  le 
pouvoir  d'un  seigneur,  12041, 

12392,  etc. 

Seille,  seau,  27820,  28081,  etc. 

Séjour,  arrêt,  retard,  1170; 
—  (a),  en  repos,  2720,  7906. 
etc. 

Sel,  sceau,  lettre ,  18020,  1 S 1 33, 
etc. 

Sel  (mettre  en)?,  2271. 

Selle,  cellule ,  I,  2  33  §  38;  celle, 
dépendance  d'une  abbaye,  I, 
271  §  io. 

Semblant,  voy.  Samblant. 

Semer,  essaimer ,  20114. 

Semillier,  agiter ,  préparer, 

'2^97- 


Scmondrc,  semonre,  inviter , 
i3i3,  2074,  etc. 

Scmous,  invité ,  10579. 
Scnatoire,  dignité  sénatoriale, 
I,  290  §  148. 

Séné,  sensé ,  intelligent .  8164, 
10007,  etc. 

Senefiancc,  segnifiance,  signi¬ 
fication,  xii 83,  I,  366  a; 
voy.  Signifiance. 

Sencstre,  gauche,  14112. 
Sengne,  signe ,  27234. 

Sengnicr,  voy.  Seignier,  signer. 
Senne,  sanmc,  sy*node,  con¬ 
cile,  I,  25o  §  5o  et  358  a,  etc. 
Seoir,  sir,  être  assis,  946, 
291 14;  —  (se),  s'asseoir, 
i5o82. 

Sepmainc,  semaine,  4379. 
Scptier,  setier,  40246. 

Septrc,  sceptre,  I,  227  g  1. 
Scrain,  calme,  tranquillité, 

94^9- 

Serai  ne,  sirène,  être  mi-femme 
et  mi-poisson,  1 6343 . 

Sercu,  cercueil ,  21952. 
Scremcnt,  serment,  3716,5149, 
Scrgant,  sergent ,  serviteur, 
7059,  8172,  etc.;  homme 
d'armes,  12379,  i38o3,  etc. 
Scri,  serein ,  calme,  3o33i . 
Sermonncment,  sermon,  3g33(j. 
Serre,  serrure ,  3 1572. 

Serrer,  fermer,  18621;  enfer¬ 
mer,  i5638. 

Servant,  serviteur,  7130,8898, 
etc. 

Servise,  service ,  3999,  3282, 
etc.;  office  religieux,  28114. 
Sescourrc,  voy.  Secourre. 
Sessier,  céder ,  reculer,  7076. 
Seuranner,  voy.  Souranner. 
Seure,  sccurc,  sus,  4060,  533 1, 
etc. 

Seurement,  en  sécurité,  19696. 
Seüreté,  sceüreté,  sécurité, 
12319,  12321,  etc. 
Seurmarcher,  voy.  Sourmar- 
chier. 

Scurnon, voy.  Sournon. 
Scurqucrre,  voy.  Sourqucrre. 
Sexte,  secte,  I,  235  §  14,  etc. 
Siche,  chiche ,  346. 


Sicglc,  siècle,  II,  233. 

Sïence,  science,  374,  1080. 

Sierge,  cierge,  221 17. 

Sieuir,  sivre,  suigre,  suivre, 
2760,  5 108,  40068,  etc. 

Sieute,  suite,  33279. 

Siex,  chef,  I,  243  §  34. 

Signator,  sénateur,  I,  346. 

Signe  de  (en),  en  forme  de, 
6808. 

Signifiance,  sens,  signification, 
5484,  21 863,  etc. 

Significment,  signifficment, 
action  de  signifier,  de  porter 
à  la  connaissance,  12129, 
12222,  etc. 

Sil,  celui,  5307,  etc. 

Silence  (la),  I,  276  §  1 10. 

Simple,  débonnaire,  5435. 

Simplessc,sinplesse.  simplicité, 
douceur ,  543 1,  5434,  etc. 

Sinacle,  signe,  marque,  I,  23o 
§  5o. 

Singlant,  cinglant,  11749. 

Siqucs,  ainsi ,  i3io,  2363,  etc. 

Sir,  voy.  Seoir. 

Sire,  seigneur,  436,  i8o5,  etc. 

Sissonne  ?,  I,  354  a. 

Sivre,  voy.  Sieuir. 

Sociable  a,  allié,  ami,  12042. 

Sodoicr,  voy.  Soldoycr. 

Soeul,  seuil,  2  533o,  40704. 

Soiche,  voy.  Secque. 

Soie,  soue,  sienne ,  à  lui,  1 2827  ; 
I,  329. 

Soier,  couper,  20486. 

Soihyé,  moissonné,  4447. 

Soi  Ile,  seigle,  3i6o3. 

Soiris  ?,  3852 1 . 

Soiris,  soyris,  soris,  suriz,  sou¬ 
ris,  1243,  1263;  I,  283  §  126, 
II,  2.39  a,  etc. 

Solacier,  divertir,  amuser, 
24,46;  se  divertir,  prendre 
du  plaisir,  30040,  34689. 

Solas,  soûlas,  plaisir ,  9929  ;  I, 
232  §  10,  etc. 

Solaux  {nom.),  souloil,  soleil, 
34970  ;  II,  2î5  a,  etc. 

Soldoyer,  saudoier,  sodoier, 

homme  d'armes,  mercenaire , 
10771,  i38o5,  etc. 

Soldrc,  solrc,  sou I dre,  payer, 


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292 


RENART  LE  CONTREFAIT 


16916,  12086  ;  résoudre  .com¬ 
prendre^  30484  ;  expliquer , 
33o39. 

Solefïcr,  solfïer,  solphïer,  lire 
un  morceau  de  musique  en  le 
chantant ,  28717;  ratiociner, 
59,  40648. 

Soler,  sauller,  soûler,  sorlé, 
soulier ,  29782;  I,  248  §  47, 
320  a  ;  II,  209. 

Solfier,  voy .  Solcfîer. 

Solier,  saulier,  logement ,  cham¬ 
bre \  23429,  24394,  etc. 

Solitairetc,  solitude ,  201 33. 

Solphïer,  voy.  Solefïer. 

Solre,  voy.  Soldre. 

Solu,  résolu ,  satisfait ,  3 166, 
7843,  etc. 

Solzt  (rime),  des  sous ,  /e  20e  de 
la  livre ,  26934. 

Sommeillier  ( trans.), endormir , 
40103  ;  —  (se),  s'endormir , 
3388i. 

Sommer,  payer,  27308. 

Sommier,  bête  de  somme , 
1 5836,  18384,  e/c. 

Sommilleux,  remuant ,  inquiet , 
20332. 

Son,  chanson ,  1 1849  î  II,  234. 

Songer,  voir  en  rêve,  4978. 

Songnable,  digne  de  soins , 
32270. 

Songnance,  pensée ,  39578. 

Songnement,  excuse ,  retard , 
5040. 

Songner,  s’inquiéter ,  s'occuper , 
24322. 

Sonner,  /aire  entendre ,  dire, 
I,  3o8. 

Sonm-.  voy.  Somm-. 

Sonnet,  son,  6ri<i/,  I,  264  §  87. 

Sophime,  sophisme,  2386o. 

Sophiquc,  sophisque,  sophis¬ 
tique,  27^6,  3091. 

Sophiquement,sophisqucmcnt, 
sophistiquement,  2787,  3o86, 
etc. 

Sor,  jaune,  doré,  1491 2,  i6o3o, 
etc. 

Soradjousté  ,  voy.  Sourad- 
jousté. 

Sorcillierje/er  des  sor/s,  20542. 

Sorcrir ?,  I,  3oi . 


Sore,  voy'.  Scure. 

Sorel,  sorte  de  poire,  36731. 

Sorir,  /aire  sécher  le  hareng  à 
la  fumée ,  3 1260. 

Soris,  voy.  Soiris. 

Sorlé,  voy.  Soler. 

Sort  (prendre  son), /ixer  sa  /for¬ 
tune,  son  destin,  20076. 

Sortir,  prédire ,  12353  ;  parve¬ 
nir  par  sa  destinée,  27723. 

Sote  de  corps,  /o//e  de  son 
corps,  806. 

Soubité,  mor/  de  morf  vio- 
lente,  39875. 

Soubticver,  soustiever,  s'appli¬ 
quer  à ,  3373  ,  1 5 2 5 1 . 

Soubtil, adroit,  fin,  3268;  léger, 
subtil,  6487. 

Soubtillcment,  soubtieument, 
subtilement,  24, 77, 1 83o6,  e/c. 

Soubtillicr,  manœuvrer  habile¬ 
ment,  28997. 

Soubtivetc,  adresse,  finesse, 
26964. 

Soudaidicr,  souhaiter,  36733. 

Soudan,  sultan,  \,  270  §  98. 

Soue,  voy.  Soie. 

Soucf,  si/avc,  23539. 

Souffire,  suffi r,  6177. 

Souffisance,  ce  qui  est  suffisant, 
6473, 28104,  etc.;modération, 
sagesse,  33843,  33833,  e/c. 

Souffler  (subst.), action  de  souf¬ 
fler,  7319,  7320,  e/c. 

Souhaidcr,  désirer,  souhaiter, 
3952,  26 1 3 1 . 

Soûlas,  voy.  Solas. 

Souldrc,  voy.  Soldre. 

Soulcr,  voy.  Soler. 

Soulliere,  chaussure?,  26107. 

Souloil,  voy.  Solaulx. 

Souloir,  avoir  coutume,  2427. 

Soulx,  soi/s  (prep.),  10060. 

Soupechon, souppechon,  soup¬ 
çon,  1  i83o,  1  k 853 ,  e/c. 

[Souppechonner]  souspechon- 
ner,  souspeçonner,  soupçon¬ 
ner,  2292;  —  (se),  se  douter, 
18279. 

[Souradjouste],  soradjousté, 
ajoute  en  sus,  26865. 

[Souranncr],  scuranncr,  pas¬ 
ser  l'année,  I,  307  a. 


Sourdre,  jaillir,  sortir ,  392  2, 
1 1 172,  etc. 

Sourcuidance,  outrecuidance , 
34506. 

[Sourmarchier],  seurmarchicr, 
fouler  aux  pieds,  écraser, 
II,  220  a. 

[Sournon],  seurnon,  renom, 
réputation,  5865. 

Sourquerre,  seurquerre,  exi¬ 
ger  des  choses  exorbitantes , 
tourmenter,  3 1 55,  7244 ,  etc. 

Sourseoir,  réserver,  39740. 

•  Sourvcnir,  se  présenter,  arri¬ 
ver,  13499. 

Souscretaincric,  sacristie ,  I, 
276  §  1 10. 

Souscretain,  voy.  Secrestain. 

Souspeçonner,  voy.  Souppe¬ 
chonner. 

Sousprins,  entraîné ,  4809  ; 

épris, séduit, 9553,  26223,  etc. 

Soustenance, subsistance,  36863 

Soustenir,  supporter,  7394. 

Soustiever,  voy.  Soubtievcr. 

Soutivement,  adroitement ,  II, 
228  a. 

Sou  vente  ffoi  s,  souvent,  3637 1. 

Soye,  scie,  40707,  40769,  etc. 

Soyris,  voy.  Soiris. 

Spécula  ri  té,  faculté  spéculati¬ 
ve,  25937. 

Subjeccion,  I,  256  §  62;  sub- 
jeetion,  20641  ;  subgiection, 
38269,  soumission. 

Subjict,  sujet ,  21143. 

Sud juguier,  vaincre,  subjuguer , 
18728. 

Subler,  siffler,  I,  280  §  1 18. 

Submetre,  soumettre,  24287. 

Submis,  soumis ,  4277,  4576, 
etc. 

Subornicr,  suborner ,  I,  25 1 

§  5i. 

Substance,  bien,  moyens  d'exis¬ 
tence,  20929  ;  I,  233  $  10. 

Sugant,  suivant,  I,  348  a. 

Sugescion,  suggestion,  I,  290 
§  i5o. 

Suigre,  voy.  Sieuir. 

Suor,  sueur,  I,  346  a. 

Suppeditcr,  fouler  aux  pieds, 
19507. 


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Surcot,  manteau,  27677. 

Surgîcn,  chirurgien,  12  532. 

Suris,  voy.  Soiris. 

Surmonter,  dépasser ,  dominer , 
73o,  741,  2657. 

Surné,  né,  survenu  en  plus , 
34996. 

Sus,  suz,  en  haut ,  2349,  efc. 

Suscesion,  sussession,  lignée , 
race,  J,  228  8  5  ef  263  §  85. 

Tables,  tric-trac.  36045,  37491, 
etc. 

Tabour,  tambour,  29853. 

Tachic,  qui  a  telle  qualité ,  fc/ 
désir,  35 1 1. 

Taille,  tranchant  de  l'épée , 
4426. 

Tailleron,  ouvrier  qui  taille , 
40780. 

Taillié,  capable ,  susceptible , 
6066. 

Taillicr,  couper ,  487  ;  sculpter , 
480  ;  frapper  du  tranchant 
de  l’épée,  10974  ;  —  (en),  en 
agir,  13396. 

Taillicr,  frapper  d'impositions , 
6072,  11868,  etc. 

Taint,  changé  de  couleur , 
1923,  23746,  efc. 

Taire,  se  taire,  iljib,  32 r  1 5, 
etc. 

Taisis,  silencieux ,  19994. 

Talemetier,  pâtissier ,  I,  3 19  fi¬ 
xaient,  tallent,  désir,  volonté 
2207,  2268,  efc. 

Talentir  (se)?,  14657. 

T  alentis(mal),  irrité,  courroucé , 
II,  225. 

Tamps,  temps,  229,  373. 

Tanceresse,  vo_y.  Tcncercssc. 

Taner,  enm/yer,  fatiguer, 
36913  ;  —  (se),  se  fatiguer,  se 
lasser ,  3958. 

Tant  ne  quant,  m  feu  ni  f>ean- 
coup,  pas  du  tout,  19336. 

Tantost,  à  l'instant ,  8438. 

Tapir,  cacher ,  dissimuler, qj  14; 
se  cacher,  20564. 

Tardif,  d’wne  démarche  lente, 

14374. 

Tarelle,  tarière,  40728,  40733, 
etc. 


GLOSSAIRE 

Targicr,  tarder ,  10710,  18104, 
etc. 

Tarnière,  tanière ,  19570. 

Tart  (a),  quand  le  besoin  en  est 
passé ,  2326,  3447,  efc. 

Tartre,  terfe,  II,  200. 

Taster,/rap/?er,  4756. 

Tatin,  Life,  horion,  32  3 14, 
4o658. 

Taulier,  broyer,  13710. 

Tauxer ,  compter,  taxer ,  2  3368; 
fixer,  17232. 

Tcde,  fiéde,  2663o. 

Tempès,  tempête,  29940. 

Tem  peste,  tracas ,  tourment , 
6960. 

Tempestcr,  tourmenter ,  3523. 

Te  m pora  1  i lé, choses  temporelles, 
2o3i5,  2o853,  efc. 

Tenant,  solide,  8439,  10278; 
(subst.)  qui  dépend  de,  sujet, 
i377o. 

[Tcnceresse]  tanceresse,  (/em. 
de  tcncecur),  chercheur  de 
querelles ,  II,  236  <1. 

Tenchc,  querelle,  dispute , 
3i438. 

Tenchier,  quereller ,  gronder, 
654,  974»  *01 5,  efc.;  —  (se), 
se  défendre ,  23418. 

Tcnchon,  querelle ,  dispute' 
2252,  6 1 63,  efc. 

Tendre  (fransif.),  viser,  56o  ; 
prendre  attention,  2$ bl  ;  t⬠
cher,  s'appliquer,  238o. 

Tcndrour,  tendresse ,  16627. 

Tellement ,  tenemant ,  /îe/ , 
il 388,  i32oi,  efc.;  action  de 
tenir, direction,  1 1900, 

Teneur  (masc.),  garant,  37107. 

Teneur  (/cm.),  compréhension, 
persuasion,  2 1 886 ;  possession, 
propriété,  20792. 

Tenir,  rester ,  demeurer,  1260; 

—  de,  éfre  soumis  à,  21433  ; 

—  a  (se),  éfre  soumis  à, 
20729,  20731,  efc. 

Tenrcsche,  tenreté,  mollesse. 
35339,  35341,  efc. 

Tenscr  (se),  voy.  Tenchier. 

Teragier,  tenancier  d'une  terre 
soumise  au  droit  de  terrage , 
38 1 34. 


293 

Terin,  ser  in,  41091 . 

Termine,  espace  de  temps, 
terme,  33976,  35664. 

Terminer,  déterminer, déclarer, 
I,  296  §  160. 

Termineras  (nom.),  termineur, 
créancier  à  terme,  25 1 85, 
25700,  efc. 

Ternir,  couvrir  de  honte ,  27204. 

Terrien,  de  ce  monde  terrestre, 
663,  709,  efc.;  (si/àsf.),  fid&i- 
tant ,  12496. 

Tcrriennetés,  £iens  terrestres , 
22839,  23323,  efc. 

Teschc,  qualité  bonne  ou  mau¬ 
vaise,  4803,  8796-7,  efc. 

Tesinoigner,  prendre  à  témoin, 
6007,  6473,  efc. 

Tctrachc,  tctrarche,  tétrarque, 

I  2  38  8  *9  cf  239  §  20,  efc. 

Tcstout,  voy.  Trestout. 

Tcuxtc,  texte,  29648,  29653, 
etc. 

Texcon,  taisson,  blaireau,  30067 . 

Thirus,  serpent  dont  on  tire  la 
thériaque ,  35 19,  3521,  efc. 

Thopacc,  thopasse,  voy.  Top- 
pase. 

Thoricl,  voy.  Tor. 

Tielic,  voy.  Tieulle. 

Tiers,  tierch,  troisième,  4463, 
33048,  efc. 

Tieulle,  tielic,  fni/e,  36479;  H, 
246  <3. 

Ticulx,  fe/,  8720,  12489,  efc. 

Timbre,  6i//of,  23291. 

Tinc,  tonneau,  25562. 

Tiranlire  (faire  sa),  firer  c/in- 
cun  de  son  côté  (?),  11,  235  a. 

Tirant,  tyran,  I,  246  8  43;  bour¬ 
reau,  I,  247  §  44* 

Tire,  espèce,  sorte,  26872. 

Tire  (a),  aussitôt,  2o35;  —  (par 
droite),  directement,  II,  226a  ; 
—  a  tire,  successivement , 
1952,  4340,  efc. 

Tirelire,  bourse,  29215,  34720. 

Tisson,  pièce  de  bots,  1,  324  a. 

Tissu,  tissé,  24434. 

Titlc,  livre ,  écrit,  2o635  ;  ins¬ 
cription,  232  §  10. 

Tollcur,  tollerres  (nom.),  ravis¬ 
seur,  25712,  37366,  etc. 


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*94 

Tollir,  636,  etc.  ;  toillir,  36981, 
enlever ,  ravir. 

Tolst,  vol,  26933. 

Tombel,  tombeau,  1  3424,  21960, 
etc. 

Tonncl,  tonneau ,  16273-7,  etc. 

Tonnelle,  conduit ,  I,  319  a. 

Toppase,  thopace,  thopasse, 
topaze,  13991,  21729,  II, 
248  a. 

Tor,  torel,  thoriel,  taureau , 
8691,  8693,  1460,  e/c. 

Torche  Fauvel ,  menteur , 

3 i 195. 

Tord,  dommage ,  5441. 

Torfait,  /or/,  dommage ,  3433  ; 
I,  278  §  1 1 5. 

Torqueur,  ouvrier  qui  enduit 
les  murs  de  torchis ,  40463, 
40339,  e/c. 

Torsse,  de/onr,  21473. 

Tortir,  tordre ,  rendre  tordu , 
6338. 

Touble,  troublé ,  II,  217  a. 

Toubler,  troubler,  I,  329;  voj-. 
Troublir. 

Touchicr,  toucier,  toucher ,  3 1 1 , 
36646  ;  a^o/r  quelque  chose 
de  commun  avec ,  3528;  /aire 
far/,  confier,  23 16,  22575. 

Toudis,  toujours ,  1954,  4686, 
e/c. 

Toupin,  sa/>o/,  toupie,  bobSy. 

Tour  (avoir),  ^/re  en  nsage, 
1 3930. 

Tour  (de  beau),  de  belle  forme , 
9617. 

Tourbe,  /on/e,  I,  279  §  117, 
32649,  c/c. 

T  ourbleur,p  erturbateur,2bj  1 7 . 

Tourct,  diminutif  de  tour ,  petit 
tour  de  danse ,  3931 3. 

Tourment,  tourmente ,  orage , 
1,  276  §  112. 

Tourmenter,  ravager ,  1 5573 . 

Tournant,  agile,  12983. 

Tournelle,  Zowr,  tournée ,  II, 
*97  a. 

Tourner.  a//ei\  2824  ;  —  a, 
appartenir ,  revenir  à,  234;  — 
(en),  s'en  retourner ,  3379;  — 
(s’en),  5  en  aller ,  7043. 

Tournier,  tourner ,  16227. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Tournoiement,  tournoi ,  io32i, 
19563,  e/c. 

Tournoier, Tournoyer,  tourner, 
2738,  2761,  e/c.;  prendre 
part  à  un  tournoi ,  2757. 

Tournois,  monnaie ,  31814, 

3 1854,  c/c. 

Touttefois,  toutes  les  fois , 
30272. 

Toutesvoiez,  toutefois ,  17297. 

Trache,  action ,  21687. 

Trachedeour,  escamoteur ,  jon¬ 
cteur  faisant  des  tours 
d'adresse ,  36048. 

Trachier,  fouiller ,  traquer , 
poursuivre ,  8289,  10840,  e/c. 

Traire,  Zirer,  526,  36t5,  e/c.; 
tirer,  s'en  aller ,  426,  5 347, 
e/c.  ;  —  (se),  se  porter  vers , 
20863. 

Trait  (a),  lentement ,  posément, 
17497,  21078,  e/c. 

Trait  (mal),  mauvais  traitement , 
3684. 

Traiteur,  traïtour,  (nom.  :)  trai- 
tierres,  traïttre,  traître ,  5339, 
3347  *»  H*  £  ;  c/c. 

Traittrement,  trailreuscment, 
27287. 

Traizainc,  ensemble  de  treize 
jours ,  33293. 

Tramctrc,  envoyer,  ibÿb,  7533, 
e/c. 

T ra  nsfi  gu  rat  ion ,  métamorphose , 

9914. 

Transfigurer,  métamorphoser, 
93ï3.  9467. 

Transgloutir,  avaler,  engloutir, 
12493. 

Transir,  trépasser ,  mourir, 

2oG35. 

Translater,  transporter,  73 1  1  ; 

I,  243  §  42,  e/c.,  traduire ,  78, 
9770,  e/c. 

Transmigracion,  émigration , 
83o8,  19374.  e/c. 

Transmis,  trasmis,  envoyé , 
7640,  3208?,  etc. 

Transmuer,  tresmuer, changer, 
transformer,  7539,  1086t. 

Trasmis,  roy*.  Transmis. 

Travcil,  travoil,  travail ,  1 3 33  ; 

II,  216,  e/c. 


T  raveillier,  travillier,/r<u'd///er, 
479,  31769,  <r/c. 

Travers,  bigle,  II,  242  a. 

Travers  de,  an  travers  i/e, 
8449. 

Travoil,  voy.,  Traveil. 

Trebuchier,  renverser ,  734, 

3798,  e/c.  ;  se  renverser,  tom¬ 
ber,  I,  23 1  §  9. 

Trcchiet,  peigné,  tressé,  33390. 

Trcf, /en/e,  3784,  3841,  e/c. 

Trenchié,  fossé,  25678. 

Trenchier,  couper ,  2858,4414, 
e/c.  ;  —  son  chief,  se  /aire 
tailler  les  cheveux  et  la  barbe, 
21557. 

Treppcr,  frapper  du  pied,  sau¬ 
ter,  danser ,  5673,  I,  27 5  S 
108,  e/c. 

Tresanuit,  tard  cette  nuit ,  23 1 1. 

Trcschc,  danse,  bal,  3g3o7- 

Trcschc,  tresse,  4360. 

Tresgrandcur,  immensité , 

36261. 

Trcsime,  treizième,  2439. 

Tresmuer,  vqj*.  Transmuer. 

Trcsoir,  trésor,  I,  329. 

Trcspas,  passage,  27657-8,  etc. 

T respassant  (le), passan/,  3  j  6S7, 
31700,  e/c. 

Trespassement,  trépas ,  22962. 

Trcspasser,  passer,  franchir, 
12  32,  5593,  e/c.;  /rans- 

gresser,  6749. 

Tressaudre,  sauter,  II,  217. 

Tressucr,  sner  ife  penr,  9846. 

Trestramblcr,  trembler  très 
fortement,  824. 

Trestoumer,  détourner,  écar¬ 
ter,  6356. 

Trcstout,  testout,  /on/,  6438, 
16779,  e/c. 

Trcu,  /row,  19133,  19166,  e/c. 

Treû,  tribut,  2541,  1071 1,  e/c. 

Treuage,  tribut,  I,  228  S  -s  î 

37484. 

Tribler,  broyer,  1 3568. 

Trichcrres  (nom.),  tricheur , 
63 17,  25o66,  e/c. 

Trichier,  tromper,  19728. 

Trichy,  tricherie,  tromperie, 

38373. 

Triplice  (tfd/\),  triple,  I,  234 


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GLOSSAIRE 


§  1 1 ;  (subst.) ,  réunion  de 
trois  étoiles ,  I,  234  §  i3. 

Tristcur ,  tristour  ,  tristesse  , 
16986,  27834. 

Tristre,  tritc,  Iris/e,  81 3;  II, 
226;  etc. 

Tristresse,  tritrcsse,  tristesse , 
1 104,  3a5i,  e/c. 

Tritc,  voy\  Tristre. 

Triuc,  trêve ,  I,  33 1. 

Troeuve,  trouvaille ,  33920. 

T roi,  /rois,  I,  348  a. 

Tronchier,  corr.  trouchicr,  /ro¬ 
quer,  échanger ,  30270. 

Tronons,  Trônes ,  sor/e  d’dn- 
7447- 

Troublcmcnt,  trouble ,  1967. 

Troublir,  troubler ,  33379;  wy* 
Toublcr. 

Trousseau,  paquet,  3b+bo. 

Trousser,  attacher ,  paqueter , 
charger ,  10245,  I,  277  §  u3, 
etc. 

Trouver,  composer ,  75,  e/c. 

Truander,  /dire  /e  métier  de 
truand ,  367. 

Truandie,  mauvaise  action ,  1, 
302  d. 

Truffeur,  homme  qui  ne  s'occu¬ 
pe  que  de  futilités ,  21854. 

Truhande,  yf//e  de  mauvaise 
vie ,  39352. 

Truhant,  ribaud,  2 1 1 39. 

Tuleus?,  141 70. 

Turner,  s'agiter ,  se  démener , 
sauter ,  2957,  5673,  e/c.;  tom¬ 
ber,  38i52. 

Tur  (la),  tour,  I,  354. 

Tÿois,  tudesque ,  I,  265  §  93. 

Ueulie,  vo/.  Oeulle. 

Uit,  /iki7,  ioo3i  . 

Umbrer,  umbrir,  s'obscurcir , 
10337, 33744. 

Umès,  aujourd'hui  mais,  11,241. 

Unzaine?,  25699. 

Us,  usage,  coutume ,  5463 , 

6210,  e/c. 

User  (/rditj.),  /dire  usage  de , 
260. 

Ussaige,  manière  d'être,  1, 352  d. 

Vacelaige,  vqjr.  Vasselage. 


Vaillance,  qualité ,  ver/u,  28616. 

Vaillant,  bien,  fortune,  20947. 

Vain,  vaintz,  faible ,  abattu , 
sd/is  force,  65 10,  27039, 
27790,  e/c. 

Vaine,  veine,  844,  33090,  e/c. 

Vair,  bigarré ,  21467. 

Vair,  fourrure  de  l'écureuil  du 
Nord,  15895. 

Vaissel,  vdse,  tonneau ,  4760, 
16293,  e/c. 

Vaissellemente,  vaisselle ,  usten¬ 
siles  de  ménage ,  14034. 

Vallet,  voy.  Varlet. 

Value,  /trur,  valeur,  27534. 

Vanchicr,  venger ,  1,  3o3d. 

Vantauce,  vantardise ,  26947. 

Vante,  corr.  vautc,  sd//e  voûtée, 
29618. 

Vanterres  (nom.),  vantard, 
34454. 

Variance,  variété ,  249. 

Varier  (sans),  fermement,  8723. 

Varlet,  vallct,  vd/e/,  2637, 
5oi2 ,  etc.;  jeune  homme,  7 161, 
41 5i,  e/c. 

Vassal,  chevalier  à  la  suite  d'un 
seigneur,  18767,  18780,  e/c.; 
(ddj.),  6rdve,  vaillant ,  8567. 

Vasselage,  vacelaige,  valeur, 
noblesse ,  1 1 635  ;  I,  33a  d. 

Vast t,pays  ravagé,  inculte,  ter¬ 
rain  abandonné,  17361. 

Vavassour,  vassal,  17839. 

Veance,  vue,  I,  309 d. 

Veci,  voici,  17956,  18473,  e/c. 

Veer,  refuser,  defendre,  36 10, 
63oo,  e/c. 

Veï?,  39618. 

Vel,  vedi/,  3124. 

Velin,  venin,  I,  347  d. 

Vengance,  vengeance,  17913, 
17936,  etc. 

Venison,  venoison,  II,  200. 

Venredi,  vendredi,  2233o. 

Venter,  d^i/er  au  vent ,  997. 

Ventoux,  venteux,  33 122. 

Ventrée,  portée,  19962. 

Verai,  vrdi,  I,  329. 

Veraiement,  vraiment,  1, 307  d. 

Vcrde,  /dm.  de  vert,  1 5943. 

Verdeur,  couleur  verte,  16034; 
verdure ,  II,  2  33  d. 


295 

Vergongne,  honte,  1860,  2237, 
etc. 

\ 

Vergue,  verg-e,  1 1749- 

Vermaulx  [adj.  plur .),  ver- 
meilles ,  274. 

Verminette,  j?e/i7  vers,  3 3 2 3  f . 

Vers,  verset ,  2439. 

Verté,  véri/é,  8755. 

Vertueusement ,  courageuse  - 
ment ,  21 147. 

Vertueux,  doi/d  de  qualités  ma¬ 
giques.  13448. 

Vcsture,  vêtement,  12472. 

Vesve,  vei/ve,  36475,  I,  284 

§  i3°. 

Viande, viende,  aliments,  vivres, 
902  ;  I,  273  §  104,  e/c. 

Viaux,  viez,  Weiix,  II,  233;  I, 
352. 

Victore,  victoire,  9438. 

Viciller,  viellcr,  veiller ,  26221, 
37338. 

Vicllesse,  vieillesse,  3 177. 

Viende,  voy.  Viande. 

Vieultance,  mépris,  affront, 
2768. 

Viculté,  vilté,  ê/d/  vil,  46, 
2527,  e/c. 

Vieultoyer,  viltoyer,  maltrai¬ 
ter,  injurier,  10487,21139. 

Vieulx,  vi/#  43 1 3,  6781,  e/c. 

Viez,  vqy.  Viaux. 

Vif,  vivant ,  9028,  9030,  e/c. 

Vigné,  voisinage ,  I,  3i9d. 

Vignette,  /?e/»/e  vigne ,  13981. 

Vigreussemant  ,  viguereuse  - 
ment,  fortement,  11239;  I, 
307  d;  e/c. 

Viguereux,  vigoureux ,  17656. 

Viielle,  vie//e,  instrument  de 
musique,  263 12. 

Vilenye,  villonye,  offense,  in¬ 
jure,  10471,  io558,  e/c. 

Villener,  villonner,  malmener, 
3 1 44, 3571,  e/c.;  outrager,  804. 

Vil  1er,  outrager ,  vilipender, 
3o573. 

Villette,  j>e/i7e  ville ,  13047, 
i3o35,  e/c. 

Villoner,  outrager,  avilir,  804. 

Viltoyer,  voy*.  Vieultoyer. 

Vindication,  vengeance,  I,  259 
§  74- 


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296 

Violât, sucre  rosat ,  26609. 

Vir,  voir,  275x3,  29398,  etc . 

Vis,  viz,  visage,  1788, 2431,  etc. 

Vis,  vivant ,  16046. 

Visain  ( adj.)1 ,  34471. 

Viser,  s'occuper  de ,  D486,  63 1 5, 
e/c.  ;  projeter ,  8082. 

Viseter,  visiter ,  II,  198  a  e/  218. 

Vistement,  rapidement ,  26017. 

Vitaillc,  vivres ,  10976. 

Vitance,  mépris ,  affront ,  4g3o. 

Vitoire,  victoire ,  II,  220  <2. 

Vitupéré,  blâme ,  honte,  action 
honteuse ,  10570,  20451,  etc. 

Vitupérer,  vitiperer,  blâmer , 
/air*  des  reproches ,  20780,  I, 
328  a,  e/c.  ;  —  (se),  je  lamen¬ 
ter,  16976. 

Vivre,  provisions ,  nourriture , 
1256,  21292. 

Yocul  ,  volonté ,  désir,  gré, 
1 3i 28,  20008,  e/c. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Vocullance,  volonté,  désir , 
14578,  32444. 

Voianmcnt,  visiblement ,  21 52. 

Voille  (le),  rideau ,  35201. 

Voille  (la),  volonté ,  désir,  g368. 

Voir (51*65/.),  vérité ,  76,1 1 3, e/c.; 
(*4/fî  *7°2  î  7403,  e/c.  ; 

(adv.)  vraiment ,  1062;  — 
(de),  m/me  jc/is,  12063. 

Voirement,  vraiment :  14040,  I, 
25i  §  5i. 

Voirre,  verre,  16278,  26636,  e/c. 

Voirricr,  verrier,  32oi5. 

Voloir,  volloir,  volonté ,  désir, 
2497, 21735. 

Vretu,  bonite  action ,  1,  35g  a. 

Vritc,  vérité,  24831. 

Vuide,  vuist,  wit,  vide,  33og, 
6045,  e/c. 

Vuidier,  wuidier,  widicr,  vider, 
979, 6o5i,  e/c.;  quitter,  1,317. 

Vuignier,  grogner,  40400. 


Vuis  (un),  une  partie  vide ,  un 
Zrou,  I,  324. 

Widier,  voy.  Vuidier. 
Wiseuseté,  voy.  Oiseuscté. 
Wuidier,  voy.  Vuidier. 

Y-  voy.  I-. 

Y'au,  yiau,  eau,  11,207  ^  200  a. 
Yaux,  eux,  1471. 

Yaus,  yeux,  II,  2  3o. 

Yiau,  vo_y.  Yau. 

Ydolle,  ido/e,  4309,  9127,  e/c. 
Ymage,  ido/e,  9147,  13964,  e/c. 
Ymaginer,  fabriquer  des  sta¬ 
tues,  14965. 

Ypropisie,  hydropisie ,  I,  260 

§  75- 

Yssy,  ici,  I,  229  g  5. 

Ytropique,  hydropique,  2243, 
2247,  e/c. 

Ytropisic,  hydropisie,  2242. 


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TABLE 


ALPHABÉTIQUE 

DES  NOMS  PROPRES 

ET  DES  PRINCIPALES  MATIÈRES 


Les  noms  de  personne  et  les  noms  de  lieu  sont  imprimés  en  petites  capitales.  Si  la  forme  de 
ces  noms  qui  figure  dans  le  texte,  diffère  de  celle  qui  est  généralement  en  usage,  nous  avons  pris 
comme  vedette  et  imprimé  en  petites  capitales  la  forme  usuelle,  réservant  les  caractères  italiques  aux 
diverses  formes  employées  par  l'auteur. 


A aron,  frère  de  Moïse,  Araon , 
lï,  244  a. 

Aavila ,  voy.  Avila. 

Abaularl ,  voy.  Abélard. 

Abel,  fils  d’Adam,  sa  mort, 

4777-4783;  I.  367  a,  11,  202  ; 
7563. 

Abélard  (Pierre),  Pierre  Abau- 
lart ,  Pietre  Aboelart ,  scs 
écrits  sont  condamnés,  I, 
284  g  1 3 1. 

# 

Abgar,  roi  d’Edesse,  Abgarc% 
reçoit  une  lettre  de  Jésus 
Christ,  I,  24D  g  42. 

Abiathar,  prêtre  des  Hébreux, 
Abrachar ,  880  3. 

Abigois ,  voy.  Albigeois. 

Aboelart ,  voy.  Abélard. 

Aboul  Hassan,  auteur  d’un 
traité  d’astronomie,  Jasaine , 
23394. 

Abrachar ,  corr.  Abiathar,  voy. 
ce  mot. 

Abraham,  patriarche,  Abrahans, 
Abram ,  Abras ,  son  histoire, 
8163-8184,  8376-8400  ;  7707 , 
8029,  8 1 53,  8370,  19331, 
19335  ;  I,  228  §  3  ;  33o45, 
33047,  33128,  37177. 


Absalon,  fils  de  Salomon,  son 
histoire,  4223-4264,  8807- 
8814  ;  12985. 

Absimare  Tibère,  empereur, 
Thibere,  son  règne,  I,  *62  § 
82. 

Abstinence, personnifiée, 29900, 
37749- 

Accide,  personnifiée,  3532 1  - 
35395. 

# 

Achanus,  fils  d'Enée,  roi  du 
Latium,  19821-19830. 

Achille,  Achilès ,  Achillès,  tue 
Hector,  3ÿ32-3g36  ;  8667, 
19666  ;  I,  329  a  ;  23293, 
3 1340. 

Aciiim,  Achitty  fils  de  Sadoch, 
de  la  lignée  de  David,  I,  228 

§  5. 

Acocrc,  voy.  Audovere. 

Acquilonke,  région  située  à 
l'est  de  l’Hyrcanic,  1 35 1 6. 

Acquitaine ,  voy.  Aquitaine. 

Acre,  ville  de  Syrie,  son  siège, 
I,  286  g  1 36  ;  I,  288  §  143  ; 
est  repris  par  les  Sarrasins, 
I,  290  g  149  ;  26759  ;  sa  perte, 
27652-27666. 

Acris,  roi,  fils  de  Ninus,  19383- 


19466  ;  sa  descendance, 
19333-19538. 

Acteur  y  voy.  Auteur. 

Ada,  première  femme  de  La- 
mech,  Adanyr,  7879. 

Adam,  le  premier  homme,  sa 
création,  7291-7324  ;  son  pé¬ 
ché,  6682-6868  ;  sa  vie,  sa 
descendance,  7463-7688  , 
7861-8200; 2734,4251,  5986, 
6017,  6069,6410,  6523,658o, 
6973,  7072.3,  7338,  7689, 
7695,  7724,  7841,  14525, 

14587,  16988,  19341  ;  I,  228 
§  5;  22955,  22966,  27023, 
34962,  35691,  36624,  37160, 
37175, 37617. 

Adama  ville  de  la  Pentapolc, 
détruite  par  le  feu  du  ciel, 

8193. 

Adamas,  ville  d’Espagne,  prise 
par  Charlemagne  [et  détruite 
comme  Luiserne],  I,  354  a. 

Adanyy  voy.  Ada. 

Adclle ,  voy.  Alix. 

Adkodat,  pape,  Dicuxdonne%y 
son  règne,  I,  36 1  a. 

Adorée ,  voy.  Audovère. 

Adrien  [ Ier], pape, i4dr/an,4dri- 


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298 

anus,  son  règne,  I,  265  §  90 
et  36a. 

Adrien  [III],  pape,  Adrian , 
successeur  [de  Marin  et  non] 
de  Benoit  IV,  I,  362  a. 

Adrien  [IV],  pape,  Anglais, 
Adrian ,  son  règne,  I,  364  a. 

Advenement  [du  Messie],  85 16. 

Aegidius,  prince  des  Romains, 
Gilles ,  battu  par  Clovis,  II, 
22a  a. 

Aelia  Capitolina,  nom  donné 
à  la  ville  bâtie  par  Hadrien 
à  la  place  de  Jérusalem,  Elye, 
11,344  135. 

Afrique,  Auffricque ,  Aufrique , 
est  conquise  par  Alexandre, 
11079-11086;  8040,  I73i5, 
i8o38.  Roi  :  [Alaric]  (?), 
Agolant. 

Agabibe,  Ile  Alhucemas?,  I, 
354  a. 

Agace  (Dame),  femme  du  prê¬ 
tre  dont  Tibert  voulut  man¬ 
ger  le  lard,  I,  324  a. 

Agamemnon,  roi  de  Grèce,  Aga- 
menon ,  10761. 

Agapit,  pape,  Agripit ,  son 
règne,  I,  36o  a  et  257 
§  69. 

Agapit  [II],  pape,  I,  355  fl. 

Agapite,  abbé,  reconnaît  le 
véritable  sexe  de  sainte 
Enphrosine,  I,  a56  §  58 

Agar,  concubine  d’Abraham, 
Aguasala ,  son  histoire,  8383- 
8390. 

Agathe  (sainte),  Agate,  son 
martyre,  I,  246  §  43  et  349. 

Agathon,  pape,  Sicilien,  Asse- 
tns ,  son  règne,  I,  36 1  fl. 

Agaùnb,  aujourd'hui  Saint- 
Maurice-en-Valais,  lieu  du 
martyre  de  la  Légion  thé- 
baine,  I,  247  §  47. 

Agens,  à  la  mort  d’Alexandre 
reçoit  la  Gascogne,  17397-8. 

Aglaé,  noble  dame  dont  saint 
Boniface  fut  l’intendant, 
Aglaos ,  Aglaye ,  I,  248  §  47. 

Agnès  (sainte),  sainte  Annès , 
1, 349. 

Agolant,  roi  d'Espagne  et 


RENART  LE  CONTREFAIT 

d’Afrique,  Agoulant ,  Angou- 
lant,  sa  guerre  contre  Char¬ 
lemagne,  I,  353  ;  37411. 

Agrapine ,  voy.  Cologne. 

Agrbpitus,  à  la  mort  d'Alexan¬ 
dre  reçoit  la  Médie,  17109. 

Agrippa,  fils  d’Hérode  Agrippa, 
Agrippe,  succède  à  son  père, 
1, 340  §  33. 

Agripine ,  voy.  Cologne. 

Agripit,  voy.  Agapit. 

[Agrippine],  mère  de  Néron, 
Néron  lui  fait  ouvrir  le  ven¬ 
tre,  I,  240  $  25. 

Aguasala,  voy.  Agar. 

Aigle,  roi  des  oiseaux,  réunit 
sa  cour,  41068-41075. 

Aigulle ,  voy.  Ayoul. 

Aimeri  de  Narbonne,  Aymeri 
de  Nerbonne  au  cuer  hardi, 
marie  sa  fille  à  Louis  le 
Débonnaire,  1,  355  fl. 

Angleterre ,  voy.  Angleterre. 

Aise,  Aislen,  voy.  Asie. 

Aix-la-Chapelle  (Prusse  rhé¬ 
nane,  Ai^  Ay\,  Aii  la  Cha¬ 
pelle,  I,  267  §  94,  270  §  98 
et  355. 

Alains,  peuple  germanique, 
A  lins,  battus  par  les  Francs, 
I,  256  §  39;  II,  220-221. 

Alamans,  peuple  germanique, 
Alemans ,  sont  battus  par 
Clovis,  II,  223  fl. 

Alandaluf ,  voy.  Andalousie. 

[Alaric],  roi  d’Afrique (?),  s’em¬ 
pare  de  Rome,  I,  256  §  62. 

Alaudaluf,  corr.  :  Alandaluf , 
voy.  Andalousie. 

Albacete,  (prov.  de  Valence), 
Argalete ,  I,  354 

Albanansis ,  voy .  Albano. 

Albande,  voy .  Alpaïde. 

Albanès,  (Barsaîntès  ?),  grand 
dépensier  de  Darius,  tue  son 
maître,  1 3070- 1 3 1 24  ;  son 
châtiment,  13297-13426. 

Albanie,  région  située  au  nord 

» 

de  l’Epire,  Olbanie,  i656o. 

Albano  (prov.  de  Rome),  pa¬ 
trie  de  saint  Sirice,  I,  339. 

[Albert  1er  d’Autriche],  empe¬ 
reur,  a  une  entrevue  avec 


Philippe  le  Bel  à  Vaucou- 
leurs,  I,  291  §  i5o. 

Albigeois,  région  voisine  d’Al- 
bi,  Abigois,  Aubigois ,  pays 
d’hérétiques,  I,  286-7  §  1 38 
et  365;  —  habitants  d’AIbi, 
31179. 

Albumasar,  astronome,  auteur 
de  1*  «  Introduction  d’astro¬ 
nomie  »,  Albimasar ,  Albima - 
iar,  1,  23o-i  §  8;  232  §  10 
et  235  §  i3. 

Alcala  [de  Henares],  (prov. 
de  Madrid),  Auchala,  I,  334 fl. 

Alchabitius,  al  Kabit,  astro¬ 
nome  arabe,  Arcabutius,  I, 
23a  §  10. 

Alcidès,  marchand,  son  fils 
est  victime  de  sa  crédulité,  I, 
308-9. 

Alcora  (?)  (prov.  de  Castellon), 
Alcoros,  I,  354  fl. 

Alcuin,  Aubin,  son  histoire,  I, 
263-6  §  92. 

Alemans,  voy.  Alamans. 

Alemant,  voy.  Allemagne. 

Alençon  (Orne),  Allencon,  le 
comte  d’A.  est  annexé  à  la 
couronne,  I,  287  §  141. 

Alexandre  (saint),  pape,  son 
règne,  1,357;  instaure  l’usage 
de  l’eau  bénite,  I,  245  §  37. 

Alexandre  [II],  pape,  Milanais, 
son  règne,  I,  363  fl. 

Alexandre  III,  pape,  Alixandre, 
vient  en  France,  I,  285  §  «  33  ; 
son  règne,  I,  334  a • 

Alexandre  [IV],  pape,  con¬ 
damne  le  livre  de  Guillaume 
de  Saint-Amour,  I,  289  8  144  ; 
so  mort  §  145;  son  règne, 
I,  365  a. 

Alexandre  [Sèvèrb],  empe¬ 
reur,  son  règne,  I,  245-6 
§§  42-43  et  348. 

Alexandre  (?),  empereur  de 
Grèce,  Alixandre,  battu  par 
Robert  Guiscard,  I,  271  §  99. 

Alexandre,  roi  de  Macédoine, 
Alixandre,  à  un  chevalier  qui 
lui  demandait  une  terre,  don¬ 
ne  une  ville  à  prendre,  4824- 
4834  ;  5oio,  9227,  9232, 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


299 


9275  ;  fils  de  Nectanebo  et 
d’Olympias,  prodiges  qui  ac¬ 
compagnent  sa  naissance, 
9969-9984  ;  Philippe  lui 
donne  le  nom  d’Alex.,  9985- 
10017  ;  son  portrait,  10018- 
10027;  son  enfance,  10028- 
10095;  tue  Nectanebo,  10096- 
10260;  il  dompte  Bucéphale, 

10261-  10422  ;  vainc  Nicolas, 

# 

roi  dc4  Elidïens,  10423-10522; 
apprenant  que  Ph.  avait  ré¬ 
pudié  Olympias  et  allait 
épouser  Cléopâtre,  il  revient, 
empêche  le  mariage  de  s'ac¬ 
complir  et  réconcilie  Ph. 
avecOlympias,  10522-10686; 
refuse  de  payer  le  tribut  à 
Darius,  10687-10746  ;  fait 
une  expédition  en  Arménie, 
10775-10806;  revient  d’Ar¬ 
ménie  et  tue  Pausanias  qui 
voulait  enlever  Olympias, 
10851-10927  ;  son  couron¬ 
nement,  sa  harangue  aux 
soldats,  10928-11028;  con¬ 
quiert  Tarant ,  Escalonne  et 
l'Italie,  11029-11078;  passe 
en  Afrique,  puis  s’empare 
de  Thoposin ,  1  «079-1 1098  ;  à 
sa  prière  le  dieu  Sérapis  dé¬ 
place  une  montagne  pour  lui 
permettre  de  bâtir  une  ville, 
nommée  Alexandrie,  11099- 

112(6;  va  à  Sidon  11217- 

» 

11220;  va  en  Egypte,  y  voit 
la  statue  de  Nectanebo,  éle¬ 
vée  par  Artaxerxès,  11221- 
1 1254  ;  conquête  de  la  Syrie, 
11255-11269;  va  à  Damas, 
puis  à  Oseette ,  11270-8; 
assiège  Tyr,  11279-11306; 
conquiert  la  Sicile  et  la 
Crête,  1 1 307  - 1 1 3 1 8  ;  s’em¬ 
pare  de  Jadiny  cité  aux  Juifs, 
11319-11392  ;  conquête  de 
Tyr,  de  Sidon,  de  Tallant 
et  du  Portugal,  des  roy¬ 
aumes  de  Suece ,  de  Meny  de 
Norvée ,  de  l’Andalousie,  va 
jusqu  a  Cathay,  11393-1 1410; 
conquête  de  la  Judée,  ses 
dévotions  à  Jérusalem,  1 141 1- 


11 585  ;  reçoit  une  lettre  de 
Darius,  1 1 586-1 1822  ;  sa  ré¬ 
ponse,  11823-11908;  lettre 
du  satrape  d’Antioche  à 
Darius,  se  plaignant  d’Alex, 
et  réponse  de  Darius,  1 1909- 
11960;  nouvelle  lettre  du 
satrape  à  Darius,  11961- 
12022  ;  seconde  lettre  de  Da¬ 
rius  à  Alex.,  i2023-i2io5; 
conquête  de  l’Asie  Mineure, 
12106-12124;  conquête  de  la 
cité  de  Transigora ,  121 25- 
12148;  conquête  d’Athènes, 
12149-12174;  va  à  Bride,  puis 
s'empare  de  la  cité  de  Sa¬ 
trape ,  12175-12216;  Darius 
réunit  contre  lui  600.000 
hommes,  12217-12262  ;  lui- 
même  a  une  armée  de  34.000 
hommes,  12263-12272  ;  va 
voir  sa  mère,  qu’on  lui  disait 
malade  et  la  trouve  gué¬ 
rie,  i2273-i23o5;  met  sa 
confiance  en  Ammon,  i23o6- 
1 23 18;  livre  bataille  à  Darius, 
mais  doit  se  retirer,  12319- 
12346;  réunit  scs  barons,  le 
prince  d’Estrape,  ceux  de 
Cappadoce,  de  Syrie,  de 
Sicile,  de  Pellagenie  et  de 
Grèce,  12347-12360;  le  dieu 
Ammon  lui  conseille  d’atta¬ 
quer  Dariusdans  la  montagne, 
12361-12372  ;  s’empare  de 
Tarse  et  s’y  baigne,  étant  en 
sueur,  12373-12398;  il  triom¬ 
phe  de  Darius,  s’empare  de 
son  camp  et  de  ses  femmes, 
12399-12482;  sa  lettre  à  ses 
sujets,  leur  demandant  du 
cuir  et  1.000  peaux  d’âne, 
12483-12520;  sa  maladie,  sa 
magnanimité  envers  le  mé¬ 
decin  Philippe,  12521-12640; 
revient  en  Arménie,  manque 
d’être  assassiné  à  l’instiga¬ 
tion  de  Darius,  12641-12692; 
Darius,  de  retour  à  Persé- 
polis  lui  demande  vainement 
la  paix,  12693-12836  ;  mar¬ 
che  sur  Persépolis,  bat  les 
Perses  et  les  Indiens,  venus  à 


leur  secours,  12837-12954  ; 
arrive  sur  les  bords  du  Tigre 
là  où  sont  enterrés  les  héros 
de  Troie,  il  les  pleure,  12955» 
i3oo5;  date  du  règne  d’Alex., 
i3oi5-i3o3o;  trouve  Darius 
mourant,  i3o3 1-13246;  entre 
à  Persépolis,  visite  le  palais, 
13247-13277  ;  se  fait  cou¬ 
ronner  et  enterre  Darius, 
13278-13292;  harangue  ses 
sujets,  punit  les  meurtriers 
de  Darius,  13293-13426  ;  ses 
noces  avec  Roxane,  13427- 
13462  ;  va  à  Tauris,  capitale 
de  la  Perse,  13463-13470;  va 
en  Hyrcanie,  paya  d'anthropo¬ 
phages,  13471-13481  ;  va  dans 
une  contrée  dont  les  habitants 
ne  mangeaient  que  de  la  chair 
crue,  1 3482-13506  ;  il  les  bat, 
les  exile  en  Acquilonne,  en¬ 
clôt  la  région  de  montagnes 
et  ferme  la  seule  voie  qui  y 
menait  d’une  porte  de  bronze, 
13507-13571;  là  furent  en¬ 
fermés  Gog  et  Magog,  13572- 
i?5g2;  retourne  en  Hyrcanie 
où  il  a  à  souffrir  des  serpents, 
i3593-i 3602;  va  à  Caspc  et 
bat  les  Caspiens  dont  il  tue 
les  chiens  en  les  attirant  avec 
des  porcs  ,  i36o3-i3628  ; 

marche  vers  l'Inde,  13629- 
13670;  reçoit  une  lettre  de 
Porus,  13671-13716  ;  sa  ré¬ 
ponse,  13717-13736;  seconde 
lettre  de  Porus,  13737-13796; 
convient  d’un  jour  pour  la 
bataille  contre  Porus,  les 
préparatifs,  13797-13828  ; 
ses  soldats  se  plaignent 
de  la  dureté  de  la  cam¬ 
pagne  dans  l’Inde,  13829- 
1 3856  ;  il  les  réconforte 
1 3857-* 3894  ;  la  bataille;  il 
lance  contre  les  éléphants  de 
Porus  des  statues  de  métal, 
rougies  au  feu  et  placées  dans 
des  chars,  et  s'assure  ainsi  la 
victoire,  13895-13947;  entre 
dans  le  palais  de  Porus,  des¬ 
cription  du  palais,  13948- 


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3oo 


RENART  LE  CONTREFAIT 


14044;  occupe  l'Inde,  14043- 
14060  ;  envoie  un  message  à 
Thalestris,  reine  de  Femenie, 
réponse  de  celle-ci,  14061- 
14122;  lettre  d’A.  à  Thales¬ 
tris,  leur  entrevue,  14123- 
14166;  parcourt  l'Inde,  14167- 
14210;  rencontre  Porus  en 
combat  singulier,  le  tue, 
mort  de  Bucéphale,  14211- 
14252  ;  revient  à  Calchas,  y 
trouve  des  statues  pleines 
d'or,  14253-14265  ;  va  au 
Mont  Hercule,  où  est  le  terme 
du  monde,  14266-143 18  ;  va 
à  Ramis,  Dacquc,  etc.,  14319- 
i435o;  arrive  dans  un  pays 
où  il  n'y  a  que  des  femmes, 
14351-14364;  rencontre  un 
monstre  ressemblant  à  un 
hippopotame,  14365-14382  ; 
entre  dans  une  foret  pleine 
d’éléphants,  14383-14396  ; 
trouve  dans  une  autre  foret 
des  femmes  velues,  14397- 
14414;  rencontre  en  une  lie 
des  femmes  cornues,  144 14- 
14442  ;  arrive  dans  la  contrée 
des  Oxydraqucs.  pays  plein 
de  neige,  14443-14462  ;  re¬ 
çoit  une  lettre  du  roi  des 
Brahmanes,  14463-14832;  sa 
réponse,  il  fait  clevcr  une 
colonne  indiquant  qu'il  s'est 
arrêté  devant  ce  pays,  14833- 
14899;  rencontre  des  hom¬ 
mes  ayant  un  œil  sur  la 
poitrine,  des  femmes  à  demi 
poissons,  14900-14923  ;  ar¬ 
rive  devant  Candcs,  et 
demande  à  Candace  de  sa¬ 
crifier  à  Apollon,  refus  de 
celle-ci,  14924-15014  ;  se 
rend  auprès  de  la  reine  Can- 
dacc,  en  se  faisant  prendre 
pour  Ptoléméc,  la  reine  lui 
témoigne  son  amour,  i5oi5- 
i335o;  continue  scs  voyages, 
voit  en  songe  Sérapis,  1 533 1  - 
13400  ;  arrive  dans  une  con¬ 
trée  pleine  de  serpents,  15401. 
13419;  entre  au  Val  Péril¬ 
leux  où  sont  des  bœufs  sau¬ 


vages  et  des  griffons,  15420- 
i5455;  passe  près  dun  fleuve 
peuplé  de  femmes  très 
amoureuses,  15456-15472  ; 
arrive  aux  Colonnes  d’Her- 
cule,  15473-15494;  conquiert 
le  pays  de  Madifaubardis, 
15495-15540;  conquiert  la 
cité  d'Oubriamon,  le  dieu 
Ammon  lui  donne  l'herbe  qui 
guérit  les  blessures,  1 5541- 
1 5576  ;  côtoie  la  Mer  Rouge, 
15577-15591  ;  entre  en  un 
désert  plein  de  serpents, 
1  5592-i56c8;  s'empare  d’une 
montagne  où  habitaient  des 
êtres  à  tête  de  cheval,  13609- 
1 5636  ;  passe  dans  une  île 
habitée  par  des  Cyclopes, 
1 5637-1 5668  ;  va  dans  une 
île  habitée  par  des  hommes 
jaunes  sans  tête,  15669-1 5686; 
arrive  au  palais  de  Xcrsès 
roi  des  Lydiens,  où  sont  les 
oiscauxCalandres  dont  la  vue 
guérit  les  malades,  15687- 
15712  ;  s'empare  du  château 
de  Subagrc  et  de  la  ville  de 
Madrie,  1 57 1 3- 1 5756  ;  prend 
Danmantin,  1 5757-1 5788  ;  vi- 
sitclcchâteau  duSolcil, 15789- 
15938  ;  un  vieillard  le  con¬ 
duit  à  l’arbre  du  Soleil  qui 
lui  prédit  la  date  de  sa  mort, 
15939-16118;  traverse  l’Inde 
et  s’arrête  sur  une  montagne 
près  de  la  Mer  Rouge,  haran¬ 
gue  ses  soldats,  161 19-16162  ; 
monte  dans  le  ciel  au  moyen 
d’un  char  attelé  de  griffons, 
i6i63-i6258  ;  se  fait  des¬ 
cendre  au  fond  de  la  mer 
dans  un  tonneau  de  verre, 
16259-16388  ;  sa  science, 
16389-  16442;  s’en  retourne 
à  Babylone,  16443-16510; 
fait  écrire  pour  sa  mère  le 
récit  de  scs  aventures,  1 65 1 1- 
iG552  ;  reçoit  les  tributs  de 
toutes  les  nations,  1 65 53- 
16596;  sa  mère  reçoit  son 
message,  le  montre  à  Aris¬ 
tote  qui  lui  écrit  une  lettre 


pour  lui  conseiller  de  se 
méfier  des  fils  d'Antipater, 
16597-16772;  la  naissance 
d'un  enfant  monstrueux  pré¬ 
sage  sa  mort,  16773-16826  ; 
Antipater  machine  sa  mort, 
16827-16939  ;  Iolas,  fils 
d’Antipater,  l'empoisonne, 

1 6940- 1 6974;  lamentations  de 
Roxane,  16973-16996;  dicte 
ses  dernières  volontés  et 
meurt,  16997-17287;  est  en¬ 
terré  à  Alexandrie,  17217- 
17244;  ses  hauts  faits,  son 
épitaphe,  17245-17216;  dis¬ 
corde  entre  ses  héritiers, 
17285-17700  ;  mort  de  sa 
mère,  17701-17823;  ven¬ 
geance  de  sa  mort,  17823- 
19195  ;  sa  cupidité  et  scs  lar¬ 
gesses,  24904-24920;  20413, 
20419,  20421;  I,  3i8,  328, 
33 1  a\  233 17,  24858,  2923?, 
30899,  ^0908. 

Alexandre  (?),  à  la  mort  d’Ale¬ 
xandre  le  Grand,  reçoit  la 
région  du  fleuve  Graniquc, 
17357-8. 

Alexandre,  patriarche  de  Cons¬ 
tantinople,  assiste  au  concile 
de  Nicée,  II,  25o  §  5o. 

Alexandre,  évêque  de  Grèce 
(?),  cause  du  schisme,  est  ré¬ 
concilié  par  Hormisdas,  I, 
36o  a. 

Alexandre  [de  Traites],  méde¬ 
cin,  23393, 25o83. 

Alexandrie  d’Égypte,  Alexan¬ 
dre,  sa  fondation,  1  x  146- 
1 1 2 1 6  ;  est  donnée  à  Ariolon, 
17147-8;  Alexandre  y  est  en¬ 
terré,  1 7224-17244;  Philon 
écrit  un  livre  sur  l'église  d'A., 
I,  239  §  21  ;  1,  23o  §  5o,  25 1  § 
5 1 ,  252  §54,  346,  35o,  32629; 
—  alexandrin ,  3772  ;  évéque  : 
Archilles. 

Alfred  [le  Grand],  roi  d’Angle¬ 
terre,  Euffroy ,  son  règne,  I, 
270  ?  99. 

Alik  (?),  région  de  l’Asie  Mineu¬ 
re  [par  une  confusion  proba¬ 
ble  avec  le  fleuve  Halys],94io. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


3oi 


[Aliénor]  d'Angleterre, femme 
d’Henri  III  de  Bar,  I,  291 
§  i3o. 

Aliénor  de  Guyenne,  son  di¬ 
vorce  d'avec  Louis  VII,  scs 
filles  [Mahaut,  Aliénor  et 
Jeanne],  I,  284  §  1 3a. 

[Aliénor],  fille  d’Aliénor  de 
Guyenne,  femme  d'[Alphon- 
se]  de  Castille,  I,  284  g  i32. 

A  lins,  voy.  Alains. 

Alix,  fille  de  Thibaud  deCham- 
pagne,  femme  de  Louis  VII, 
Adelle ,  Edeline,  1,  284  §§  i3o 
et  1 32  ;  283  §  1 34. 

A  lixandre,  voy.  Alexandre  et 
Alexandrie. 

Aliz  [Dame),  nom  de  ménagère, 
93 1 . 

Allemagne,  pays,  Allemaignc , 
Alemaigne ,  I,  2  36  S  3g,  267 
§  94,  368  s  93,  269  s  97,  270 
§  98,  283  §  129,  287  §  140, 
363  a ,  366  a,  27634,  II,  221; 
Alemant ,  8119. 

Allencon ,  voy.  Alençon. 

Almageste,  œuvre  de  Ptoléméc, 
Amagieste,  I,  229  $  6;  362 1 3. 

Alméria  (prov.  de  Grenade), 
Almarie ,  I,  334  a-  Voy.  Au- 
M  A  RIE. 

Alpaîde,  Albande ,  mère  de 
Charles-Martel,  ll,23ort. 

Alpliius,  voy.  Appius  Claudius. 

[Alphonse  III],  roi  de  Castille, 
père  de  Blanche  de  Castille, 
I,  284 §  1 3a. 

Alphonse  [de  Poitiers],  épouse 
[Jeanne],  fille  de  [Rai¬ 
mond  VI]  de  Toulouse,  I,  284 
§  1 3a  ;  sa  mort,  I,  289  §  146. 

Altamota ,  voy.  Zamora  (;). 

Amadre ,  voy.  Amator. 

Amagieste ,  voy.  Almageste. 

Amator  (saint),  évêque  [d'Au 
xerre],  Amadre ,  I,  247  5  44 

Amazones,  peuple  de  femmes 
Masonicnne ,  14 127;  voy 

Fembnie. 

Ambition,  personnifiée,  34419 

Ambroise  (saint),  évêque  de  Mi 
lan,  Enbroisse  3o55,  I,  232 
§  54,  236  §  60,  33o ;  32341 


Amenie ,  mère  de  Romulus  et 
Remus,  voy.  Riiea  Silvia. 

Angleterre,  voy.  Angleterre. 

Ami  et  Amile,  leur  histoire,  I, 
264-3  §  90. 

Amiens,  en  Picardie,  Philippe  VI 
y  réunit  le  ban  et  l'arrièrc- 
ban  pour  faire  la  guerre  au 
roi  d'Angleterre  en  1337-9, 
40910-40944:1, 248547. 

Amites,  à  la  mort  d’Alexandre, 
gouverne  les  Dracîcns  et  les 
Éligicns,  17383-8. 

Ammarie ,  voy.  A  un  a  rie. 

Ammon,  dieu  de  Lybic,  Amon, 
sa  puissance,  9698-9704;  Nec- 
tanebo  feint  d'être  A.  pour 
satisfaire  sa  passion  pour 
Olympia,  9733-9848;  dévo¬ 
tion  d'Alexandre  pour  A., 
i23o8,  1  2 3 1 8 ;  il  lui  apparaît 
en  songe,  1 3334- 1 3 3;6 ;  1 483 1 . 

ylmoiis,  fils  de  Lameth,  corr. 
Jubal,  voy.  ce  mot. 

Amour,  personnifié,  opposé  à 
Raison  27397-27404;  39682, 
39683,  40209,  4021 1. 

Amour  (saint),  II,  200  a . 

Ampiiion,  vit  à  Thèbcs,  865o  ; 
est  tué  par  Hercule,  8667. 

Amphipoi.is,  ville  de  Macédoine, 
Pli ilorca n ie,  C a ssan dre  y  tient 
Roxanc  prisonnière,  17803- 
17823. 

Anaclet  (saint),  pape,  le  même 
que  Clet  (voy.  ce  mot)  son 
règne,  I,  337. 

Anaclet,  antipape,  auparavant 
Pierre  de  Léon,  I,  284  $§  129- 
i3o. 

Asagni  (prov.  de  Rome),  'nom¬ 
mé  à  tort)  Avignon ,  I,  292 
S  f  3 1 . 

Anam ,  voy.  le  suivant. 

Akanias,  père  d'un  certain  Jésus 
qui  annonçait  la  destruction 
de  Jérusalem,  Anam ,  I,  240 
S  23. 

Anastaise  voy.  Anastase,  Atiia- 
nase;  —  (sainte),  voy.  Asas- 
tasik  . 

Anastase  (saint),  pape,  Anes¬ 
taisse,  originaire  [de  Rome  et 


non]  d'Albano,  son  règne,  I, 
33g. 

Anastase II  (saint),  pape,  Anas¬ 
taise,  Anestaisse,  son  règne, 
I,  36o  ;  I,  257  §  66. 

Anastase  [IV],  pape,  Anestais¬ 
se,  son  règne,  I,  364  a. 

Anastase  !•«■,  empereur,  Anas¬ 
taise,  Anestaisse ,  I,  237  §  67 
et  35o  a. 

Anastase  II,  empereur  de  By¬ 
zance,  Anastaise,  I,  263  §  83. 

Anastasie  (sainte),  sainte  Anas¬ 
taise,  sainte  Anastaisse ,  I, 
24»  S  47- 

Ance,  voy.  Anseau. 

Ancelme  (saint),  voy.  Anselme. 

Anciiisr,  frère  du  roi  Priam, 
Anchisès,  ig655-6. 

Anchise,  héritier  d’Alexandre, 
Anchisès ,  17133-4. 

Anciiisklès  (?),  trace  le  plan  et 
construit  Alexandrie,  1 1 1 33- 
1 1 160. 

Anchus ,  20  3 19,  voy.  An  eus 
Marcius. 

Ancise,  médecin,  peut-être 
Alkindus,  23394. 

Ancus  Marcius,  roi  de  Rome, 
Anchus ,  2o3 19-20322;  2o323. 

Andalousie,  terre  a  Laudalus, 
terre  Alandaluf,  est  conquise 
par  Alexandre,  11407;  est 
conquise  par  Charlemagne, 
1,353. 

André,  probablement  l’Inde, 
3-/73. 

André  (saint),  apôtre,  Andri, 
Andrieu,  sa  crucifixion,  I, 
240  §  25  et  345  a . 

Andri,  Andrieu  voy.  le  précé¬ 
dent. 

Andromaquk,  femme  d’Hector, 
Andromada,  conseille  en  vain 
à  Hector  de  ne  pas  combat¬ 
tre  Achille,  3i323-3i34o. 

Ane  (T),  voy.  Bernard,  Fro- 
mont  et  Timer. 

Anemi,  2480,  voy.  Fnnemi. 

Anestaisse,  voy.  Anastase  et 
Anastasie. 

Angers  (Maine-et-Loire),  An- 
giers ,  Théodulf  y  est  mis  en 


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302 


RENART  LE  CONTREFAIT 


prison,  1,268  §  90;  le  comté 
est  annexé  à  la  couronne,  I, 
287  §  141;  il  est  donné  à 
Ch.  de  Valois,  I,  290  §  149; 
évéque  :  Maurille  (saint). 
Voir  :  Foulques  le  Noir, 
Geoffroi-Martel,  Charles 
d'Anjou,  Charles  de  Valois, 
Philippe  de  Valois. 

Anglais,  Anglois,  Angloi\ , 

s’emparent  de  la  Grande-Bre¬ 
tagne,  I,  256  §  3g  et  285  §  1 33; 
sont  battus  à  Hastings,  I, 
280-1  §  1 19  ;  défont  et  tuent 
Simon  de  Montfort,  I,  289 
g  144;  sont  battus  par  les 
Écossais,  I,  295  §  1 58  ;  8119; 
I,  278  §  1  *4* 

Angleterre,  Angleterre,  An¬ 
gleterre \  Engleterre ,  est  con¬ 
quise  par  César,  21447-8, 
21471-21 480, 2 1 62 5  ;  est  occu¬ 
pée  par  les  Anglais,  I,  236  § 
59  et  28.S  §  1 33  ;  un  mort  y 
ressuscite,  I,  261  §  77;  dé¬ 
vastée  par  les  Danois,  I,  269 
§  97;  conquise  par  les  Nor¬ 
mands,  I,  271  8  99  y  ^jour 
de  Louis  d’Outremer  en  A., 
I,  271  §§  io2-3;  histoire  d’une 
femme  emportée  par  les  dé¬ 
mons,  I,  278-9  8  116;  prend 
part  à  la  ir*  croisade,  I,  282 
§  1 26  ;  est  consacrée  par  Jean- 
Sans-Terre  au  Saint-Siège, 
I,  287  §  140  ;  I,  262  §  81,  265 
§  92,  272  §  io3,  364  a ,  366 
a;  40960;  II,  233;  rois  : 
Alfred  le  Grand,  Edouard 
!•*  dit  l'Ancien,  Edmond,  Ha¬ 
rold,  Guillaume  le  Conqué¬ 
rant,  Guill.  Il,  Henri  II, 

Richard-Cœur-de-Lion,  Jean- 

»  * 

Sans-Terre,  Edouard  I#r,  II 
et  III;  reines  :  [Isabelle]  ; 
Voy.  Philippe,  fils  de  l’empe¬ 
reur  Henri  IV  (?);  Aliénor; 
voy. aussi  Bretagne  (Grande-). 

Anglois ,  Angloi\,  voy.  Anglais. 

Angora,  ville  de  Phrygie,  An- 
gorien ,  est  donnée  par  Ale¬ 
xandre  à  Candalus,  17139- 
17140. 


Angorien,  voy.  le  précédent. 

Angoulant ,  voy.  Agolant. 

Anicet  (saint),  pape,  Anicius, 
originaire  d’Aquitaine,  son 
règne,  I,  357. 

Anicius,  voy.  Anicet. 

Anjorrans ,  voy.  Enguerran  de 
Marigny. 

Anjou,  province  française,  I, 
287  §  141  ;  comtes  :  Foul¬ 
ques  le  Noir,  Geofproi-Mar- 
tbl ,  Charles  d’A.,  Charles 
de  Valois,  Philippe  de 
Valois. 

Anne  (sainte),  I,  237  8  17. 

Annemy ,  2487,  voy.  Ennemi. 

Annès  (sainte),  voy.  Agnès. 

Anseau  [II)  de  Ribemont,  comte 
de  Mons,  Ance,  part  pour  la 
croisade,  I,  282  §  126. 

Anségisèlb,  père  de  Pépin 
d’Héristal,  Antegresil ,  II,  23o. 

Anselme  (saint),  Ancelme,  exilé 
par  Guillaume  II  d’Angle¬ 
terre,  I,  281-2  §  123. 

Antéchrist  (1’),  Antecrist, 
13589;  I,  2  3o§8  et  235  §  1 3  ; 
II,  246. 

Antegresil ,  voy.  Anségiséle. 

Antklla  (prov.  de  Valence) 
Aurélie  c/iastiaus ,  I,  354  *• 

Antèrk  (saint),  pape,  Enthoros , 
Eutheros ,  I,  348  a;  son  règne, 
I,  358. 

Anthigonus,  voy.  Antigone. 

Anthioche,  Anthiochiens,  voy. 
Antioche. 

Anthipater,  voy.  Antipater. 

Anthoine,  voy.  Antoine. 

Anthoine  le  Débonnaire ,  voy. 
Antonin  le  Pieux. 

Anthopatras ,  voy.  Atropatès. 

Anthoyne ,  voy.  Caracalla. 

Antigone  ,  compagnon  d’A¬ 
lexandre  le  Grand,  Anthigo¬ 
nus ,  Antigonus,  accompagne 
Alexandre  au  château  du  So¬ 
leil,  1 5837-1 5840;  s’empare 
de  la  Phrygie,  17325-6;  sa 
guerre  contre  Perdiccas, 
17533-17556;  sa  guerre  con¬ 
tre  Eumène,  17619-17700; 
reçoit  un  message  d’Élior, 


1 8026- i8o3o;  exemple  de  son 
avarice,  4800-4821  et  II,  2o3. 

Antioche,  ville  de  Syrie,  An- 
thioche,  9201,  11912,  I23i8; 
I,  256  g  60,  267  8  94»  343, 
356  a  et  36 1  a;  —  (habitants 
d’),  Anthiochiens ,  11940, 

11971,  i2o36. 

Antiochus,  compagnon  d’Ale¬ 
xandre,  17357-8. 

Antipater,  procureur  des  Juifs, 
9199;  I,  2*7,  §  I. 

Antipater,  compagnon  d’Ale¬ 
xandre  le  Grand,  Anthipater , 
Olympias  met  Alexandre  en 
garde  contre  lui,  16629- 
16770;  fait  empoisonner  Ale¬ 
xandre,  16827-16974;  les 
Athéniens  se  révoltent  contre 
lui,  17473-17520;  lutte  contre 
Eumène;  17557-17605;  se¬ 
court  Eumène,  17619-17700; 
est  assiégé  dans  Rochefort, 
pris  et  supplicié,  1 7824- 
19186;  17120,  17341. 

Antoine  (saint),  abbé,  saint 
Anthoine,  9107;  I,  244  g  35, 
246  8  44.  25 1  g  5i,  348,  349  j 
et  338  a. 

Antoine,  Lombard,  changeur 
à  Troyes,  se  venge  d’un  Pro¬ 
vençal,  30246-30327. 

Antoine  (Marc),  Anthoine ,  scs 
amours  avec  Cléopâtre,  sa 
mort,  I,  227  8  2  ;  I,  232  8  i°- 

Antoine  (saint)  [de  Padoue], 
nomme  auparavant  Ferrent , 
I,  2S8  §  143  et  349  a . 

Antonin  le  Pieux,  empereur, 
Anthoine  le  Débonnaire ,  son 
règne,  I,  244-5  §§  37-38  et 
348. 

Apocalypse  (1'),  Apocaliplie, 
36444. 

Apollon,  dieu,  Apolin,  prédit 
à  Laios  qu’il  sera  tué  par 
Œdipe,  3868-3874;  Apoli- 
nam,  déesse  de  la  médecine 
et  de  la  musique,  14795- 
14798;  Apolinée ,  déesse  de 
Tagant,  est  honorée  par  Ale¬ 
xandre,  11037-1 1044:  Apoli- 
nus ,  14943;  Apollo ,  invente 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


3o3 


la  harpe,  crée  la  médecine, 
fonde  la  ville  de  Cillon,865«- 
8656 ;  I,  a3 1  g  9. 

Appius  Clauoius,  décemvir, 
[l'auteur  a  fait  deux  person¬ 
nages  de]  Alphius  et  Claudius 
le  malvais  terre ,  son  histoire 
avec  Virginia,  20429-30432. 

Aprbmont,  lieu  où  fut  fondé 
Provins,  37463-8. 

Aquaire ,  voy.  Verseau. 

Aquarie  [saint),  corr.  Zacharie, 
patriarche,  voy.  ce  mot. 

Aquila  [traducteur  de  la  Bible], 
A  quille,  interpréteur  après 
les  lxx.9  I,  244  §  35. 

Aquitaine,  Acquitaine ,  est  con¬ 
quise  par  Philippe  Auguste,  I, 
287  §141;  famine,  I,  288  g  143; 
massacre  de  lépreux,  I,  294 
8  «56;  I,  263  g  86,  265  8  9». 
274  8  106,  282  8  126,  284 
§  8  «3o  et  1 32,  296  8  161, 
357  a;  II,  734. 

Arabie,  Arabe ,  Arabten ,  Arra- 
bie,  8189,9407,  12497,  i73i5; 
I,  240  §  24;  33o37;  —  (habi¬ 
tants  de  P),  Arabes,  Arrabes, 
Arrabtens,  10936,  11449, 

ii5i4,  11972,  !2o35,  13299, 
17100;  I,  359  g  74. 

Arachosie,  région  méridionale 
de  l'Afganistan,  Arragonnois , 
échoit  à  Sibyrtios,  17379- 
17380;  voy.  Confise. 

Aragon,  royaume  d'Espagne, 
Arragon,  histoire  de  la  croi¬ 
sade  d’A.,  I,  290  gg  148-9; 
rois  :  Jacques  I",  Pierre  III; 
voy.  Isabelle,  Constance. 

Aram,  61s  de  Sem,  Aron,  8o3i. 

Aram,  61s  de  Tharé,  Aras, 
8370-1. 

Araon,  voy .  Aaron. 

Aras,  voy.  Aram,  61s  de  Tharé. 

Arbui.e  en  Espagne,  peut-être 
Huelva,  I,  354  a- 

Arcabutius,  voy.  Alchabitius. 

Arcade,  voy.  Cardia. 

Arcadius,  empereur,  Archade , 
son  règne,  I,  35o  a. 

Ar caressés,  Arcarressès ,  voy. 
Artaxrrxès. 


Arcesilaus,  Aucte's,  à  la  mort 
d’Alexandre  reçoit  l’Assyrie, 
17123-8. 

Archade,  voy .  Arcadius. 

Archaresse^,  voy.  Artaxbrxès. 

Archbdbclin  (saint),  le  marié 
des  noces  de  Cana,  nom  pro¬ 
pre  formé  sur  le  mot  latin 
architriclinus ,  maître  d’hôtel, 
f.  237  8  «7- 

Archer  (P)  blasphémateur,  II, 
21 1*212. 

Archillès  (?),  évêque  d'Alexan¬ 
drie,  assiste  au  concile  d’Aix- 
la-Chapelle,  I,  267  8  94.  [Cet 
évêque  est  nommé  Achille 
dans  Vincent  de  Beauvais]. 

Arcos  (Ios),  ville  de  Navarre, 
Uracia  quae  dicitur  Arcus , 
I,  354  a. 

Ardenne,  contrée  du  nord  de  la 
France,  saint  Eustache  chasse 
dans  la  forêt  d’A.,  I,  242 
S  32. 

Aretin  (Guy),  voy.  Gui  d’Arezzo. 

Av  gale  te ,  voy.  Albacete. 

Argentan  (Orne),  Argentes,  est 
donnée  à  un  moine  de  Fé- 
camp  par  Richard,  duc  de 
Normandie,  1,  276  g  no. 

Argos,  ville  de  Grèce,  Arges, 
se  révolte  contre  Antipater, 
17476-8. 

Argus,  aux  cent  yeux,  28205  ; 
cité  avec  Euclidc,  473,  avec 
Boèce,  5017. 

Argyraspides  [soldats  de  la 
garde  d’Alexandre  et  non] 
une  gentfort  et  anchiens ,  Si - 
raspidiclens ,  Siraspidlens  f 
livrent  Eumène  à  Antigone, 
17647-17700. 

Aridlen,  voy.  Arrhidée. 

Ariche,  voy.  Ariste. 

Ariens,  hérétiques,  Arriens, 
calomnient  saint  Athanase, 
persécutent  les  catholiques, 
I,  25i  8  5i. 

Ariolum,  maître  de  Philippe  et 
d’Alexandre  le  Grand,  expli¬ 
que  un  songe  à  Ph.f  9833- 
9876  ;  son  oracle  au  sujet  de 
Bucéphale,  10293-103  r  1  ;  ex¬ 


plique  le  songe  de  la  grappe 
à  Alexandre,  1 1 36i-i  1 3y5  ; 
explique  un  présage  à  Alexan¬ 
dre,  16773-16806;  héritier 
d’Alexandre,  17147-8. 

Ariste,  compagnon  d’Alexan¬ 
dre,  Ariche ,  aide  Élior  à  ven¬ 
ger  la  mort  de  son  père, 
17964-19186. 

Aristïbns(?),  peuple  d’Asie, 
vaincu  par  Alexandre,  14330. 

Aristote,  philosophe,  maître 
d'Alexandre,  103x3-5  et  I, 
3x8;  reçoit  une  lettre  d’Alex., 
13427-13462;  autres  lettres, 
i653 1  - 1 655x,  16597-16048; 
lettre  d’Ar.,  16649-16772  ;  re¬ 
çoit  en  héritage  d’Alex,  le 
pays  de  Damas,  17149-17152; 
citations  extraites  du  livre  des 
•  Secrets  »,  I,  x32  8  1 1  »  235 
§  1 3  ;  4742, 5oi3, 5770,9224, 
25200,  32  33g;  —  Le  Maistre , 
23862,  28376,  28555,  28682, 
28693;  —  le  Philosophe , 

171,  «461,1467,15878,28772, 
32143. 

Arithmétique,  un  des  sept  arts, 
34215-34226. 

Arius,  hérésiarque,  Arrie ,  Ar- 
rius,  I,  249  8  48  et  x5 1,  8  5o. 

Arménie,  Ermenie,  Hermenie, 
est  conquise  par  Alexandre, 
10795- «0806;  ix563,  1  x63o, 
12642,  26757;  les— s,  revien¬ 
nent  à  Fractaferus  à  la  mort 
d'Alex.,  1741 1-2;  8099,  i656«, 
20438;  —  (Haute),  12498; 
—  la  Majour ,  io85x;  —  (Pe¬ 
tite),  l'arche  de  Noé  y  atter- 
rit,  7976"7998»  Arméniens, 
Hermenlens,  se  révoltent  con¬ 
tre  Philippe,  «0775-10806; 
9411,  iog38. 

Arnoul  (saint),  1,257  8  66, 35o a 
et  36 1 . 

Arnoul  (saint),  père  de  Pépin 
le  Bref(?),  évêque  de  Metz,  I, 
260  8  75. 

Arnoul,  empereur,  son  règne, 
I,  271  g  100. 

Arnoul,  archevêque  de  Reims, 
est  déposé,  I,  273  g  io5. 


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3o4 

Arode%  voy.  Harold. 

Aron ,  voy.  A  ram. 

Arrabe ,  Arrabic,  Arrabien , 

voy.  Arabie. 

^rrag-on,  voy.  Aragon. 

Avragonnois ,  voy.  Araciiosie. 

Arras  (Pas-de-Calais),  miracle 
de  Thostie  sanglante,  I,  285 
§  1 35. 

Arrhidée  [bâtard  de  Philippe 
de  Macédoine],  Aridien ,  est 
mis  à  mort  par  Olympias, 
17701-17771. 

i4rrie,  /trrius,  voy.  Arius. 

Arrogance,  personnitiée, 
345o3,  34509. 

Artabucius,  corr.  :  Arcauutius, 
voy.  Alchabitius. 

Artaxerxès,  roi  de  Perse,  Ar- 
charesse\ ,  4  redressés,  Arcar- 
ressès,  s’empare  de  l'Egypte 
pour  punir  Nectanebo  d'être 
magicien,  93 1 1-9640;  a  pour 
fils  Darius,  10687-10706; 
avait  élevé  une  statue  en 
Égypte,  1 1221-1 1242. 

Artois,  prov.  de  France,  com¬ 
tes  :  Robert,  Charles. 

Arts  (les  sept),  34143-34362. 

Artur  (le  roi),  Arlu ,  Artus ,  son 
histoire,  4325*4422;  est  nour¬ 
ri  par  la  mère  de  Kcu, 
28909-28944;  reçoit  auprès 
de  lui  BéclarcI,  transformé 
en  bête,  et  le  venge,  II,  233- 
269;  I,  266  §  63,  3 1 5  et 
629  a . 

Asandros,  Orianccnder,  à  la 
mort  d’Alexandre  reçoit  la 
Carie  (Kaire),  17115. 

Ascalon,  ville  du  sud  de  la  Pa¬ 
lestine,  Ascalonne ,  patrie 
d’Hérode,  I,  227  §  2. 

Asclépios,  interlocuteur  d’Hcr- 
mèsTrismégiste,quc  l’auteur 
a  pris  pour  une  ville,  Eclopé , 
li  23 1  §  9. 

Asie,  partie  du  monde,  Aise , 
Ayse ,  8o38,  8042,  8668,8640, 
8643,  10623,  11946,  14161, 
2o633,  39441;  —  Mineure, 
A  ise  la  Menour ,  12109;  A 1- 
sien ,  habitant  de  l’Asie,  8641. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Assetus,  voy.  Agathon. 

Assiate,  terre  voisine  de  l’Inde, 
.7375. 

Assirïens,  voy.  Assyriens. 

.Assise,  ou  refuge  des  voleurs 
fondé  par  Romulus,  voy. 
Rome. 

Assur,  fils  de  Scm,  Asur , 
8o5i. 

Assyriens,  Assirïcns ,  8633, 

17126. 

Astinïens  (les),  peut-être  les 
Éthiopiens,  8696. 

Astinis ,  corr.  Ascinis,  voy.  Es- 
chine. 

Astorga  (prov.  de  Léon),  Ans - 
turgia ,  I  354^. 

Astriciies,  île,  probablement 
l’ile  Scillonta  à  l'embouchure 
de  l’indus,  14332. 

Astronomie,  un  des  sept  arts, 

34228-34362 ,  34631-34764, 
34883-33270,  353 1 3,  35536- 
33700,  36200-36427. 

Astronomïcn  (P),  s’étant  vêtu 
de  plumes,  se  jette  d’une 
tour,  pensant  voler,  I,  280  § 
1 18. 

Astolpiie,  roi  des  Lombards, 
Hasluphe ,  est  battu  par  Pé¬ 
pin  le  Bref,  I,  263  §  86;  sa 
mort,  I,  264  §  86. 

Asturks  (?),  astronome,  I,  23 1 
§  8- 

Asur ,  voy.  Assur. 

Atiianase  (saint),  évêque  d'Ale¬ 
xandrie,  Anastaise ,  A  nais - 
taise ,  saint  Attestais ,  saint 
Anestaisse ,  I,  260  §  5o,  261 
S  5 1 ,  349  a ,  358  a. 

Athènes,  en  Grèce,  Athaines, 
A theines,  est  prise  par  Ale¬ 
xandre,  12  149-1 2 174;  se  ré¬ 
volte  contre  Antipatcr,  17473- 
17620;  croisade  de  1 336, 
3 1 34 1  -8 ;  4162,  10328,17141, 
21623,1,  246  §  43;  les  Athai- 
niens ,  \7b0b. 

Athis,  Athys ,  Hatis ,  histoire 
de  Porphirias  et  d’A.,  1486- 
2o33,  2  1 3o,  2 1 33,  2 1 35  ;  ma¬ 
rié  à  Gaite,  4139-4216. 

Atiiye,  ville  de  Lombardie, 


VAtille  ou  Atilie des  chansons 
de  geste,  Catilina  s’y  réfugie, 
9209-9210. 

Athys ,  voy.  Athis. 

Atise,  homme  qui  aperçoit  en 
rêve  Benoît  VIII,  1,  278  S 
1 13. 

Atropatès,  Anthopatras,  à  la 
mort  d’Alexandre  a  la  Médic, 
17323-4. 

Atropos,  l’une  des  Parques, 
Atropo ,  16100. 

Aubefort,  ville  d’Arménie, 
17413. 

Aubert,  nom  d’un  des  danseurs 
maudits,  I,  275  §  108. 

Anbery ,  voy.  Aubry. 

Aubigois ,  voy.  Albigeois. 

Aubin ,  voy.  Alcuin. 

Aubry,  archevêque  de  Bourges, 
Aubery,  I,  284  g  1 3 1  • 

Aucerre,  voy.  Auxerre. 

Auctàs,  voy.  Arcesilais. 

Aucton ,  voy.  Octon. 

Audoverb,  Acocre ,  Adcrée,  2e 
(sic)  femme  de  Chilpéric,  est 
reléguée  dans  un  cloître,  à 
l’instigation  de  Frédégondc, 
II,  225-227  a. 

Auffricque ,  voy.  Afrique. 

Auffriquaire  (?),  pays  d’Afri¬ 
que,  échoit  à  Antigone  lors 
du  partage  de  l'empire  d’A¬ 
lexandre,  17327. 

Aufrique ,  voy.  Afrique. 

Auguste,  empereur,  Octhcvien , 
Octovien,  Ce\ar  Auguste ,  son 
histoire,  22167-22212;  I,  226 
$§  1-4  et  344;  reçoit  l’ora¬ 
cle  de  la  Sibille,  refuse  d'être 
adoré,  I,  23i-2  §  10;  22066; 
1,  23o§  8,  236  §§  1 5- 1 6,  294 
i  164;  23046. 

Auguste  (?),  peuple  d'Asie, 
9408,  9454. 

Augustin  (saint),  évêque  d'Hip- 
pone,  sa  valeur  comme  écri¬ 
vain,  1,  253-3  §  54;  I,  227-8, 
$  3,  23o  §  8,  23i  §  9,  256  §§  61 
et  63;  23533,  25948,  28462, 
32320,  32347. 

Aumarie,  Ammarie ,  royaume 
sarrazin,  tirant  son  nom  de 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


3o5 


la  ville  espagnole  cI'Almkria 
[voy.  aussi  ce  mot).  7 3, 
1 1589,  18044,  *^391 . 

Aurée  (sainte),  abbesse,  scs 
miracles,  I,  260  §  y5. 

Aurele ,  voy.  Aurélien. 

Aurele  Commode ,  voy.  Com¬ 
mode. 

Aurelianas ,  voy.  Orensk. 

Aurclie ,  chastiaus ,  voy.  An- 

TBLLA. 

Aurélien,  empereur  romain, 
-dme/c,  son  règne,  I,  246-7 
44-43  et  349. 

Enserre,  voy.  Auxerre. 

Austrasie,  royaume,  Galte , 
Clotaire  II  en  confie  le  gou¬ 
vernement  à  son  fils  Dago¬ 
bert,  II,  229. 

Austregisile  (saint),  saint  Ans- 
tregelere ,  evesque  de  Bout  - 
I,  a5g  §  72. 

Austurgia,  voy .  Astorga. 

Auteur  (P),  les  autorités,  les 
écrivains,  Aucteur ,  /Icfci/r, 
14277,  14434,  1386g,  23497, 
2 -*499  î  —  Mais  très,  734 1 . 

[Auteur  (P)  de  Rcnart  le  Con¬ 
trefait],  j4c/cur,  est  originaire 
de  Troyes,  écrit  pour  ne  pas 
rester  oisif,  exposition  du  su¬ 
jet,  commence  à  rédiger  en 
1 3 1  gt  3 1  -4 1 4  et  II,  195  ;  doit 
quitter  la  clcricature  pour 
causede  bigamie,  3 1 86-3 198 ; 
traduit  l’histoire  d'Alexan¬ 
dre  du  latin  en  roman  en 
1320,9278-9290  et  9770- 
9782  ;  a  eu  à  se  plaindre  des 
faux  amis  ,  22449-22642  ; 

mena  une  mauvaise  vie 
29189  -  29202  ;  écrivait  en 
i328,  mit  i3  ans  à  parfaire 
son  roman,  34321-34334; 
écrit  pour  éviter  l'oisiveté, 
33323-35535  et  II,  216*1-217; 
fut  épicier,  36 11 3-8;  2915, 
2973,  5575  -  558o,  5608-9, 
802,  29871-6,  3o25o-4  , 

33j83-33i9o,  33239-33249, 
39909. 

Autry,  voy.  Auxerre. 

Autun  (Saône-et-Loire),  Ostun 

T.  IL 


Othun,  évêque  :  Léger  (saint). 

Auvergne,  province  française, 
I,  249  S  48  et  264  §90;  voy. 
Pierre  d*A. 

Auxerre  (Yonne),  Aucerrc ,  Au - 
serre ,  Autry,  évangélisé  par 
saint  Pèlerin,  I,  244  §  35  ;  pa¬ 
trie  de  saint  Germain,  1,247 
§  44;  les  prisonniers  portent 
leurs  chaînes  à  Notre-Dame 
sur  le  tombeau  de  saint  Vi¬ 
gile,  I,  262  .5  79;  le  roi  de 
France,  Raoul,  meurt  à  A.,  I. 
271  §  io3;  évêques  :  Pèlerin 
(saint),  Germain  (saint),  Vi- 
gile  (saint),  Hugues  de  Ma¬ 
çon  ;  voy.  Rémi  d’A. 

Avarice,  personnifiée,  disser¬ 
tation  sur  PA.  35871*36199; 
36438,  36497. 

Aveugles,  exemple  des  deux  A. 
de  Rome,  à  chacun  desquels 
le  pape  donne  un  pâté,  3 1793- 
3 1866. 

Avicenne,  médecin  arabe,  Avi- 
ccnc ,  Avisante,  5ooy,  1,  2  3o 
§  8,  233q3,  25o8o. 

Avignon  (Vaucluse),  est  pris 
par  Louis  VIII,  I,  288  S  *42î 
confondu  avec  Anagni,  I,  292 
S  1 5 1  jévêque  :  Jacques,  Jean 
XXII. 

Avila  (Nouv.  Castille),  Aavila , 
1,  334  a. 

Aviz(Dame),  «  qui  tost  fait  mal 
et  bien  envis  »,(job. 

Aymeri,  voy.  Aimeri. 

Ayoul,  moine  de  Fleury-sur- 
Loirc,  Aigulle,  amène  à 
Fleury-sur-Loirc  le  corps  de 
saint  Benoit,  1,261  $  78. 

Ayse,  voy.  Asie. 

Ayj ,  voy.  Aix-la-Chapelle. 

Azor,  fils  d’Eliacim,  de  la  des¬ 
cendance  de  David,  I,  228 
§  5. 

Babel  (la  tour  de),  est  construite 
par  Nemrod  ,  3893*3902  , 

8o?9-8i52,  I,  333  ;  Ninus 
tente  en  vain  de  s’en  empa¬ 
rer,  83 1 3-83 18. 

Babylone,  capitale  de  la  Chal- 


déc,  Babiloine ,  Babilone  le 
Grant,  Babilonne,  Nemrod  lui 
donne  des  lois,  8i25-8i52, 
8571-8388;  est  assiégée  par 
Ninus,  8214-8318  ;  Balthazar 
y  règne,  9203-4;  les  Juifs  lui 
paient  tribu,  1 1 565- 1 1 5  74  ; 
l'arbre  du  Soleil  prédit  à 
Alexandre  qu’il  y  mourra, 
16081*6;  Alexandre  s’en  em¬ 
pare,  16443-16510;  une 
femme  y  met  au  monde  un 
enfant  moitié  homme  et  moi¬ 
tié  béte,  16773-16826;  les 
fils  d’Antipater  y  trament  la 
mort  d'Alexandre,  16901- 
16974;  Alexandre  y  meurt, 
1721 1-17225  et  17898-17902; 
le  port  de  B.,  17416-17424; 
fut  fondée  par  Noé,  son  his¬ 
toire,  19265-19466;  sa  des¬ 
truction,  19477-8,  36988-9; 
la  captivité  de  B.,  I,  229  §  5  ; 
astronomes  de  B,  I,  232  §  10 
et  234  §  1 1  ;  17136,—  (habi¬ 
tants  de),  les  Babilones  gens , 

19306,  Babiloniens ,  19316. 

# 

Babylone  [d'Egypte]  ,  auj. 
Vieux-Caire,  Babiloine ,  Ba- 
bilonne ,  3779;  I,  270  §  98. 

Bacchus,  Dionisius  Bachus  qui 
fu  per  es  a  tous  les  dieux ,  ne 
put  conquérir  l’Inde,  13764- 
1 3775;  Marcus ,  dieu  des  bras , 
14765-8.’ 

Bâcles  [terre  des),  voy.  Bas¬ 
ques  (Pays). 

Badajoz  (Estrémadure),  Ba- 
doice ,  I,  334  a. 

Baeza  (prov.  de  Jaen),  Baetia, 
I,  354  a. 

Ba géras,  voy.  Najera. 

Bailli  (le)  et  les  plaideurs, 
33910-35954. 

Baiona ,  voy.  Bayonne. 

Balaan ,  voy.  Bari.aam. 

Balaam,  patriarche,  Balan , 
19340. 

Balance  (la),  signe  du  zodia" 
que,  le  Livre ,  I,  234  §§  12- 
i  3. 

Balant  [père  de  Ficrabras],  I, 
3oo. 


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3o(> 

Balknus,  magicien,  g3i3, 
23207. 

Bai.icant,  roi  des  Sarrasins,  I, 

333  <7. 

Balisii-:  {?'•,  Athénien,  10327. 

Balthasar,  roi  de  Babylone, 
Baltasar ,  Q2o3. 

Bar-i.e-Duc:  (Meuse  ,  comtes  : 

# 

Henri  III,  Edouard  1". 

Bar-si  r-Auuk  (Aube;,  I,  3 19  a. 

Barat,  tils  de  Renart,  2S443. 

Barbagale.chastiaus ,  voy.  Bkr- 
BKGAI. . 

Barbarie,  région  de  l'Afrique 
du  Nord,  1  i33o,  I,  334  a. 

Barbastro  (Aragon),  Barbastre . 
I,  33q  a. 

Barbeaux,  près  Melun,  Barbel , 
l’abbaye  est  fondée  par 
Louis  VII  qui  y  est  enterre, 
L  283  S  1H4. 

Barbue,  la  Chèvre,  histoire  de 
B.  et  d'Iscngrin,  ioo4-3i83; 
1,  3o3;  B.  entre  en  reculant 
dans  un  pré  où  on  l'empê¬ 
chait  d’avancer,  II,  23a  a - 
233. 

Barce,  voy.  Barse. 

Barcelone  (Catalogne),  Barcel - 
lonnc ,  Barcinona ,  est  cédée  à 
la  France.  1,  289  g  144;  I, 

334  a. 

Bari  (Bouille),  le  corps  de  saint 
Nicolas  y  est  transféré,  I, 
281  $  122. 

Barlaam  .saint),  Balaan ,  com¬ 
ment  il  convertit  Josaphat,  I, 
233  §  36. 

Barnabe  (saint),  Barnabas,  sa 
mort,  I,  240  §  23  et  346. 

Barse,  rivière,  affluent  de  la 
Seine,  Barce ,  I,  332  a. 

Barthélémy  (saint),  Bcrthclo - 
me ,  saint  Bcrtholony ,  1,291 
$  i3o;  son  martyre  dans 
l'Inde,  I,  3q3  a. 

Basile  le  Grand  (saint;,  évê¬ 
que  de  Cappadocc,  Basilic , 
sa  vision,  1,  23 1-2  §  32  ;  sa 
règle,  I,  23a  S  24. 

Basine,  femme  de  Childéric  et 
mère  de  Clovis,  Bissine ,  son 
histoire,  II,  222  et  222  a. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Basques  (Pays),  terre  des  B⬠
cles ,  I,  333. 

Batant ,  voy.  Batiiii.de. 

Batelier,  Nageur,  exemple 
du  B.  qui  rame  contre  le 
courant,  3383 1  -338q3. 

Batiiii.de  (sainte),  reine  de 
France,  femme  de  Clovis  II, 
Batant,  don  lignai ge  de 
Saynes ,  sainte  Bailleur,  sa 
vie,  II,  229  j-2  3o:  fonde  les 
abbayes  de  Corbic  et  de 
Chelles,  I,  261  §  76. 

B  muant,  le  Porc,  Bauchant. 
333,  342. 

• 

Baiuant.  cheval  d'Flior,  Bail - 
chant,  18844. 

Baudouin  de  Constantinople, 
comte  de  Flandre,  fausse¬ 
ment  identifié  avec  son  père 
Baudouin  V  de  Hainaut,  I, 
286  §  1  36,  s'empare  de  Cons¬ 
tantinople  et  devient  empe¬ 
reur,  $  137. 

Baudouin  [rr],  comte  de  Flan¬ 
dre,  enlève  Judith,  fille  de 
Charles  le  Chauve  et  devient 
comte  de  F  landre,  I,  269-270, 

S  9*- 

[Baudouin  IF.  comte  de  Flan¬ 
dre,  épouse  F'Istrude,  I,  270, 

S  99- 

Baudouin  [V]  de  Hainaut,  de¬ 
vient  comte  de  Flandre  à  la 
mort  de  Philippe  d'Alsace, 
est  confondu  avec  son  fils 
Baudouin  de  Constantinople, 
I,  286  S  1 36. 

Baudouin  [ier;,  roi  de  Jérusa¬ 
lem,  Bauduin ,  frère  de  Gode- 
froi  de  Bouillon,  I,  282  §  1  26; 
succède  à  son  frère  sur  le 
trône  de  Jérusalem,  I,  283 
S  126. 

Bauduinet,  tils  d'ügier  le  Da¬ 
nois,  I.  263  § 

Bautcur  sainte]  voy.  Batiulde. 

Bavière,  royaume,  Bauiers , 
1740A,  I,  273  §  108. 

Bayonne  (Basses  -  Pyrénées), 
Baiona  I,  334  a. 

Beau  Parler  ,  personnifié  , 
2990 1 . 


Beau  Saluer,  personnifié  , 
29901. 

Beauvais  Oise  ,  lcvèque  de¬ 
vient  comte  de  B.,  I,  273, 
S  109; évêque  :  Jean  de  Ma- 
R I  «  «  N  Y . 

Béüryuis  ou  Phrygiens,  Bri- 
cors,  Briens.  Alexandre  dé¬ 
fend  Candalo  contre  le  roi 
des  B.,  i3o27-i3i42. 

Bec  (Le)  vEure),  Le  Becq.  ab¬ 
baye,  I,  280  §  1  19. 

Béclarel  BiclareL  Biclaret,  se 
change  en  bête  tous  les 
mois  ;  est  trahi  par  sa  femme, 
sa  vengeance,  II.  233-239  a. 

Becq  (Le),  voy.  Bec  (Le). 

Bkdk  le  Vknéradle,  BcJe 
l'Honnourable,  II,  228  §  3, 
237  §  17,  261  S  77»  262  S  81. 
266  S  92,  270  S  99- 

Bkou.a,  mère  de  Pépin  d'IIéris- 
tal.  Bege,  II,  2  3o. 

Béguine  (saint',  voy.  Béni¬ 
gne. 

Bélier  (le),  signe  du  zodiaque, 
le  Mouton,  I,  229  $  6  et  2A4 
SS  *2  et  1 3. 

B»:lin,  le  Mouton,  Renart,  dans 
son  pèlerinage  le  rencontre 
et  l’emmène,  20263-263^6; 
3qo,  30473,  30480. 

Belle  (temple  de),  probable¬ 
ment  Baal,  I,  227  §  2. 

Bellus,  fils  de  Nemrod  et  père 
de  Ninus,  son  règuc,  S207- 
82 1 1. 

Belvia,  voy.  Elnes. 

Benedic ,  voy.  Benoit.  Bcnedic 
[Caietan],\ oy.  Bonifack  VIII. 

Benedit ,  Bencoit ,  voy.  Benoit. 

Bknévent,  ville  de  Campanie. 
Bonivant ,  I,  364  a. 

Bénigne  (saint),  Béguine,  son 
martyre,  1,  246  §  44. 

Benoit  (saint),  saint  Bencoit, 
fondateur  de  l'abbaye  du 
Mont-Cassin,  1,  263  S  86  et 
33 1  ;  son  corps  est  porté  à 
Fleury-sur-Loire,  I,  261-2 
S  78  ;  3 1 2 1  ;  L  36 1 . 

Benoit  [Bonose], pape,  Benedit , 
son  règne,  I,  36 1 . 


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Table  alphabétique  des  noms  propres 


Benoit  [IUT*  pape,  son  règne, 
I,  362. 

Benoit  [IV ],  pape,  Bcnedic , 
son  règne,  I,  36a  a . 

Benoit  [V],  pape,  Benedic, 
Benedit ,  son  élection,  I,  272 
§  io3;  apparaît  à  saint  Odi- 
lon,  I,  274  §  106  ;  son  règne, 
I,  363. 

Benoit  [VI],  pape,  Benedit , 
disparaît  un  soir  de  Noël,  I, 
363. 

Benoit  [VII],  pape,  Benedit , 
son  règne,  I,  363. 

Benoit  [VIII],  pape,  Benedic , 
Benedit ,  apparaît  après  sa 
mort,  I,  278  §  1  ib  et  336  ; 
son  règne,  I,  363. 

Benoit  IX,  pape,  Benedic .  sa 
vie  scandaleuse,  I,  278  §  1 1 3. 

Benoit  [XI],  pape,  auparavant 
[Nicolas  Bocasin],  Nicole, 
evesque  d' Os  tienne  ,  Frère 
Prêcheur,  I,  292  §  1 5 1  ;  sa 
mort,  §  262. 

Berangier ,  voy.  Bérenger. 

Berbegal  (prov.  de  Huesca), 
Barba  gale  chastiaus,  I,  334  a. 

Bérenger,  empereur,  Bcran- 
gier,  son  régne,  I,  333  a. 

Bérenger  [roi  d'Italie],  Ber  an- 
gier  [petit-]. tils  du  precedent, 
I,  333  a. 

Bérenger,  Bérengier ,  à  la  mort 
d'Alexandre  s'empare  du  Pa- 
latinat  et  de  la  Bavière, 
17403-4. 

Berlanga  (prov.  de  Soria),  I, 
334  a. 

Bernard,  nom  d'homme,  29739. 

BERNARD(Frère),nom  de  moine, 
32439;  nom  que  sc  donne 
Rcnart  pour  amadouer 
Chantecler,  32334- 

Bernard  (saint),  abbé  de  Clair- 
vaux,  fait  disparaître  un 
loup  qui  terrorisait  le  pays, 
7041-7077;  fonde  Clairvaux, 
I,  283  §  128  et  364;  termine 
le  schisme  d'Anaclet,  I,  284 
§  i3o;  2356,  3064,  7040;  1, 
284  §  x 3 1  ;  II,  204. 

Bernard,  l’Ane,  Bernard  l'ar- 


cheprestre ,  père  de  Fromont 
et  Timer,  339  *  Renart  le 
rencontre  dans  son  pèleri¬ 
nage,  25785-26239  ;  accom¬ 
pagne  Rcnart  à  Rome,  30491- 
3o548. 

Bernard,  fils  de  Pépin,  roi 
d'Italie,  Bernart ,  I,  353. 

Bernon,  d’abord  comte,  abbé 
de  Gigny,  puis  de  Cluny, 
Berno ,  I,  271  §  100. 

Berry,  prov.  française,  I,  264 

§  9°,  273  §  109,  285  §  1 34. 

Bersabée,  voy.  Bf.thsabée. 

Bertiie,  fille  d'Héraclius,  fem¬ 
me  de  Pépin  le  Bref,  I,  264 
§  89  et  352  a  ;  II,  23 1 . 

Bcrthelomé  et  Bertholomy 
(saint),  voy.  Barthélemy. 

Bertran  [de  Got],  voy.  Clé¬ 
ment  V. 

Bertrudk,  femme  de  Clo¬ 
taire  II.  Gertru ,  mère  de 
Dagobert,  II,  229. 

Bkrtulf,  archevêque  de  Trêves, 
Rechuluch ,  I,  269  §  97. 

Besançon,  Befençon ,  l’arche¬ 
vêque  (  ?)  de  B.  est  porté  en 
une  nuit  à  Rome  par  des 
démons,  2479-2483. 

Besoing,  personnifié,  1288- 
1 304. 

Bessus,  conseiller  de  Darius, 
Besus ,  met  à  mal  son  maître, 

1  3o57-  1 3 1 24  ;  son  châti  - 
ment,  13297-13426. 

Bethanyc,  voy.  Bitiiynie. 

Betiileem  ,  ville  de  Judée, 
Betheleen ,  Bethlëen ,  patrie 
de  Goliath,  8763*,  Alexandre 
y  vient,  1 1415  ;  patrie  de  Jo¬ 
seph,  I,  228  §  5;  les  rois 
mages  y  viennent,  I,  236 
§  1 5;  Baudouin  y  est  couronné 
roi  de  Jérusalem,  I,  283  8 
126. 

Rethsabée,  femme  d'Uric,  Bcr- 
sabée ,  épouse  le  roi  David, 

8777-879°- 

Be\ençon ,  voy.  Besançon. 

Bible  (La),  4472,  5078,  7307, 
8048,  8373,  19753  ;  I,  3oo  a  ; 

2  3 199,  39442,  39878. 


3o7 

Bicars  (terre  des),  voy.  Biscaye. 

Biclarel,  Biclaret ,  voy.  Bécla- 
rel. 

Bien  A4mbr,  personnifié,  Bien 
Amer,  29902. 

Bigorre,  contrée  pyrénéenne, 
est  cédé  à  la  France,  I,  286 
§  >44- 

Bilas,  roy  de  Bille  qui  com¬ 
prenait  toute  Secille ,  reçoit 
d'Evas  sa  fille  Gaite,  qui  lui 
est  reprise  par  Athis,  4i3g- 
4216. 

Bille,  royaume  de  Bilas, 
4141-2. 

Bisance,  voy.  Byzance. 

Biscaye,  prov.  d'Espagne, 
terre  des  Bicars,  I,  353. 

Bisente,  voy.  Byzance. 

Bissin  (?),  roi  de  Lorraine,  sa 
femme  (Basine),  est  enlevée 
par  Childéric,  II,  222. 

Bissine ,  voy.  Basine. 

Bitagorre,  fils  d'Octès,  héritier 
d’Alexandre,  17131-2 

Bitannïennk  (  ?),  ville  de  l’Inde, 
Alexandre  la  conquiert,  ses 
délices,  14191-14208. 

Bithanie,  Bithinie ,  voy.  le  suiv. 

Bitiiynie,  royaume  d’Asie  Mi¬ 
neure,  Betlianye,  Bithanie , 
Bithinie ,  Cicéron  y  envoie 
Jules  César,  20623-20715; 
saint  Luc  y  subit  le  martyre, 
I,  240  §  25  et  346  ;  —  (cité 
de),  voy.  [Nicée]. 

Blaise  tsaint),  saint  Blesue, 
I,  2488  47. 

Blaye  (Gironde),  Blaives,  Ca- 
ribert  serait  enterré  à  Saint- 
Romain  ( ?),  Il,  224  a. 

Blanche  [de  Bourgogne],  fem¬ 
me  de  Charles  IV  le  Bel, 
accusée  d'adultère,  meurt  en 
prison,  I,  2<j3  §  1 54  et  293 
§  1 38. 

Blanche  de  Castille,  reine  de 
France,  I,  284  8  i32  et  287 

$  *42. 

Blesue  (saint),  voy.  Blaise. 

Blois  (Loir-et-Cher),  comtes  : 

0 

Tiiibaud,  Etienne. 

Boéce,  grant  philosophe,  4763, 


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3o8 

5017;  I,  237  §§  66-68  et  270 
§  99; I,  325  a  ;  28734,  32345. 

Boillebant,  xoy.  Willibert. 

Bologne,  en  Romagne,  Eou- 
longne,  sépulture  de  saint 
Dominique,  I,  287  §  141. 

Boni/ace,  I,  36 1  a,  devenu 
pape  sous  le  nom  de  Donus, 
voy.  ce  mot. 

Bonifacb  (saint),  son  martyre, 

1, 248  §  47. 

Bonifacb  (saint),  pape,  son 
règne,  I,  35g  a. 

Boniface  [II],  pape,  son  règne, 
I,  36o  a  ;  I,  35 1 . 

Boniface  [III],  pape,  son  rè¬ 
gne,  I,  36 1 . 

Boniface  [IV],  pape,  son  rè¬ 
gne,  I,  36 1  ;  I,  35 « . 

Bonifacb  |V],  pape,  iiep  de 
Champaigne  (Campanie),  I, 
258  g  72  et  268  §  95. 

Bonifacb  [VI],  pape,  son  rè¬ 
gne,  I,  36a  a. 

Boniface  [VII],  pape,  son  rè¬ 
gne,  I,  363. 

Bonifacb  VIII,  pape,  aupara¬ 
vant  Benedic  [Caietan],  fait 
déposer  Célestin  V,  canonise 
saint  Louis,  II,  290  §  i5o; 
son  différend  avec  Philippe 
le  Bel,  I,  291-292  §  1 5 1 . 

Boniface  (saint),  archevêque 
de  Mayence,  sacre  Pépin, 
fonde  l’abbaye  de  Fulda,  I, 
263  §  86. 

Bonivant,  voy.  Bévévent. 

Bonne  Espérance,  personnifiée, 
29907  ;  II,  248  a. 

Bonne  Fin,  personnifiée,  29907. 

Bonne  Foi,  personnifiée,  37729. 

Bonne  Persévérance,  person¬ 
nifiée,  29908. 

Bonne  Société,  personnifiée, 
29906. 

Bonté,  personnifiée,  29905. 

Boquus  [le  roi  de  Gétulic,  Jar- 
bas,  a  été  sans  doute  confon¬ 
du  avec  Bocchus  qui  livra  Ju- 
gurtha],  donne  à  Didon  le 
terrain  pour  construire  Car¬ 
thage,  8686-8706. 

BoRDEAüx(Gironde),iîordejN/AT, 


RENART  LE  CONTREFAIT 

conquis  par  Geoffroy  Martel, 
I,  282  §124;  archevêque: 
Bertran  dk  Got. 

Borfore ,  voy.  le  suivant. 

Bosphore,  de  Thrace,  Borfore , 
9408. 

Bouchart  (Frère),  nom  donné 
aux  parties  sexuelles  de  la 
femme,  40257,  40259,  4o33o, 
40357, 40440. 

Bouche  d'Or  (saint  Jehan),  voy. 
Jean  Chrysostome. 

Bougie  (Algérie),  Bugie ,  cité  à 
voy,  I,  354a. 

Boulongne ,  voy.  Bologne. 

Bourc  de  Dieu ,  voy.  Déols. 

Bourdin,  x oy.  Maurice  B. 

Bourgeois  (les),  avantages  de 
leur  état,  38323-38574. 

Bourges  (Cher),  I,  289  g  144  et 
363  a  ;  —  archevêques  : 
Austregisile,  Raoul,  Aubry, 
Henri  de  Sully,  saint  Guil¬ 
laume. 

Bourgogne,  Bourgongne ,  Bre- 
goigne,  histoire  du  témoin 
de  B.,  I,  320-i;  cas  de  forma¬ 
tage  en  B.,  37560-37693;  I, 
232  §  54,  258  §  71,  264  §  87, 
280  §  118,  282  §  126,  292 
§  1 52,  366  a  ;  37903;  II,  222  a 
et  229;— Bourguignons,  3ioi  1; 
comte  :  Girard  de  Roussil¬ 
lon;  duc  :  Raoul. 

Bouvines  (Nord),  bataille,  2643- 
2814;  I,  287  §  14t. 

Brabant,  duché,  Brebant,  voy. 
Marie  de  B. 

Braga  (Portugal),  Brachara ,  I, 
334  a. 

Brahmanes,  considérés  comme 
un  peuple  de  l’Inde, Bramiens, 
Bramion ,  II,  2 16  ;  roi  :  Dindi- 
mus. 

Brai-kn-Champagnk,  Bray ,  foire 
de  B  ,  38928. 

Braine  (Aisne),  comte  :  Jean  V 
de  Roucy. 

Bramiens ,  Bramion,  voy.  Brah¬ 
manes. 

Brandis ,  voy.  Brindisi. 

Brante ,  corr.  :  Brauce ,  voy.  le 
suivant. 


Braux  (Aube),  Brauce ,  Sorence, 
château  de  Grifon,  est  voisin 
de  B.,  I,  319. 

Bray ,  voy.  Brai-en-Champa- 
gne. 

Braye ,  voy.  Brie-  [Comte- Ro¬ 
bert]. 

Brebant ,  voy.  Brabant. 

Brèce,  roi  de  Grèce,  19467. 

Brèce,  royaume,  appartient  à 
Philippe  de  Macédoine, 
1 1 3 3o  ;  puis  à  Alexandre, 
20438. 

Bregoignc,  voy.  Bourgogne. 

Breneheust,  x  oy.  Brunehaut. 

Bretagne  (Grande-),  Bretaigne , 
Bretaigne  le  Grand,  pays 
d’originede  Pausanias,  10745; 
à  la  mort  d’Alexandre  est  lé¬ 
guée  à  Philotas  et  Homère, 
1715 5-8,  mais  elle  revient  à 
Louis  et  son  frère,  17399- 
17402;  Scptime  Sévère  y 
meurt, 1, 245g  4i;est  prisepar 
les  Angles,  I,  256  §  59;  pays 
de  natal  de  l’enchanteur  Mer¬ 
lin,  I,  256  §  63;  est  évangé¬ 
lisée  par  saint  Germain  et 
saint  Leu,  I,  258  g  66;  pays 
natal  d’Alcuin,  I,  265  892; 
I,  285  §  1 33  et  349  a;  II,  2  33 
et  234;—  (mer  de),  la  Manche, 
I,  268-9  §  97 ;  roi  :  Lucius; 
voy.  Angleterre. 

Bretagne  armoricaine,  Bretai¬ 
gne ,  un  monstre  y  vit,  du 
temps  de  Lanfranc,  I,  280 
8119;  I,  282  §  126. 

Brichbmkr,  le  Cerf,  33y  ;  mal¬ 
traite  Renart,  3oo37-3o344*, 
3o75i . 

Bricors,  voy.  Bébryces. 

Bride,  ville,  est  conquise  par 
Alexandre,  12175*12201. 

Bride  [sainte),  voy.  Brigitte. 

Brie, région  voisinede  la  Cham¬ 
pagne,  27633;  forêt,  24737. 

Brie  [-Comte-Robert]  (Seinc- 
et-Marne),  Braye ,  Philippe- 
Auguste  y  fait  brûler  80  juifs 
parce  qu’ils  avaient  crucifié 
un  chrétien,  I,  286  g  1 36. 

Brlens,  voy.  Bébryces. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


Briet,  nom  de  chien,  30740. 

Brigitte  (sainte),  sainte  Bride , 
enchaîne  le  diable,  I,  2bj 
§68. 

Brindisi  (Calabre),  Brandis , 
Virgile  y  meurt,  I,  227  §  3. 

Broyés  ^Marne,  canton  de  Su¬ 
zanne),  Grifon  y  est  suppli¬ 
cié,  I,  3 1  g  a. 

Bruges  (Flandre  occidentale), 
les  matines  brugeoises,  I,  291 
§  x 3o ;  38363. 

Brulé,  homme  de  Troyes,  va 
en  Flandre  pour  éviter  de 
mourir  dans  son  pays,  mais 
il  revient  et  est  pendu,  38/58- 
38920;  —  (Guillaume),  voy. 
Guillaume  B. 

Bruma ,  lire  :  Brunia  et  corr.  : 
Crunia ,  voy.  Corogne  (La). 

Brumbras,  voy.  Caradoc. 

Brun,  l’Ours,  en  s’amusant 
donne  un  fort  coup  cie  patte 
à  Renart, 3o345-3o677  ;  3oy5 1 . 

Brunbau,  le  Taureau,  Bru- 
niaulle  Tor ,  537. 

Brunehaut,  femme  de  Sigc- 
bert,Breneheust,csi  enfermée 
dans  une  abbaye  par  Chilpé- 
ric,  11,227. 

Bruniaul  le  7or,  v oy.  Brunbau. 

Brutus  (Marcus  Junius),  Mar¬ 
que  Brut ,  21760  ;  meurtrier 
de  César,  22045-6. 

BucÉPHALE,ÆMci/<a/i/5,est  domp¬ 
té  par  Alexandre,  10261- 
10400;  sa  mort,  1 240-1;  I, 
33 1  • 

Bucifalus ,  voy.  le  précédent. 

Bucoliques  (les)  de  Virgile,  Bu- 
coriques ,  19588;  I,  2  3o  §  8. 

Bucoriqnes ,  voy.  le  précédent. 

Bugie,  voy.  Bougie. 

Buillon ,  voy.  Godefroi  de 
Bouillon. 

Bulgares  (les;,  Bulgres ,  se 
convertissent  au  christianis¬ 
me,  I,  269  §  97. 

Bulgre,  voy.  le  précédent. 

Buraces  (?),  ville  de  Politainc, 
détruite  par  le  feu  du  ciel,  I, 
329. 

Burgas ,  voy.  le  suivant. 


Burgos  (Vieille-Castille),  Bur¬ 
gas,  I,  354  a. 

Burriana  (prov.  de  Castillon  de 
la  Plana),  Burrienne ,  I,  334  a- 

Burrienne ,  voy.  le  précédent. 

Byzance,  Bisance ,  Bisente ,  est 
appelée  Constantinople,  I, 
23o§  49  et  2678  93;  voy. 
Constantinople  . 

[Cadalus,  évéque  de  Parme 
et  non]  les  Car  dieux,  adver¬ 
saire  du  pape  Alexandre  II, 
I,  363  a. 

Caday ,  voy.  Cathay. 

Cadix  (Espagne),  Jacinthe ,  en 
laquelle  gist  sainf  Tur quins, 

I,  354 

Caen  (Orne), l’abbaye  (de  Saint- 
Étienne]  est  fondée  par  Guil¬ 
laume  le  Conquérant,  I,  280 
§  119;  abbé  :  Lanfranc. 

Caiius  Julius  Ce\ar,  voy.  César. 

Caïn,  fils  d’Adam,  Caym , 
Quaym ,  meurtrier  d’Abel, 

4777-4783;  I,  3Gy  a  ;  II,  202- 
202  a. 

Caïn  a  n,  patriarche,  Caynan, 
7833-7855. 

C  aï  pue,  grand  prêtre  de  Jéru¬ 
salem,  Cayphas ,  achète  son 

office  à  Valèrc,  I,  236  §  17. 

# 

Caire  (le  Grant)  en  Egypte, 
22431. 

Calabre,  province  de  l'Italie 
méridionale,  Callabre,  est 
conquise  par  RobertGuiscard, 
I.  271,  §  99;  i656o,  20725, 
2 1 36S;  I,  227  §  3  et  282  §  1 26; 
Comte  :  Raimond. 

Cai.ahorra  (Vieille  Castille), 
K[a]gurria,  I,  354  a. 

Calandres,  oiseaux  merveil¬ 
leux  dont  le  regard  guérit 
les  malades,  15697-15712. 

Calatayud  (Aragon),  Klatens 
(corr.  Klateus ),  I,  334  a* 

Calatrava  (Nouv.  Castille), 
Kalaterva ,  I,  334  a- 

Calcas,  ville  de  l’Inde,  devant 
laquelle  Alexandre  se  bat 
contre  Porus,  14210-14252. 

Caldee,  Caldiens ,  voy.  Chaldke. 


309 

Caligula,  empereur  romain, 
Gaulus,  Gaye ,  Gayus,  son 
règne,  I,  238-9  §§  19-23,  344- 
343. 

Caliopatre ,  voy.  Cléopâtre. 

Caliste ,  voy.  Calixte. 

Calistere ,  voy.  Callisthène. 

Calistrida ,  corr.  Talistrida , 
voy.  Thalestris. 

Calixte  (saint),  pape,  Caliste, 
son  règne,  I,  357 

Calixte  [II],  pape,  Caliste,  son 
règne,  I,  364. 

Callabre ,  voy.  Calabre. 

Callisthène,  maître  d’Alexan- 
dre(?),  Calistere,  1,  328. 

Calsander ,  Calsandra,  voy. 
Cassandbr. 

Cai.us  (?),  est  conquis  par  Ale¬ 
xandre,  12019. 

CAUERAi(Hord), Cambrai, Quam- 
brai,  est  pris  par  Clodion,  II, 
222;  évéque  :  Philippe  de  Ma- 
rigny. 

Campanie,  prov.  de  l’Italie  mé¬ 
ridionale,  Canpaingne ,  Cham¬ 
pagne,  l’empereur  Hadrien  y 
meurt,  1,  244  §  36;  I,  a58 
§  72,  357  a,  36o  a,  36 1 , 
265. 

Canales  (prov.  de  Guadala- 
jara),  Carabas,  I,  354  <*• 

Canbies  (?),  ville  grecque,  en¬ 
voie  des  barques  et  des  sol¬ 
dats  à  Athènes  pour  lutter 
contre  Antipater,  17476-8. 

Canbrai,  voy.  Cambrai. 

Cancer,  signe  du  zodiaque, 
Chancre ,  1,  234  §§  1 2-1 3. 

Canda,  voy.  Candas. 

Candace,  Cleophilem  Candace, 
reine  de  Candes,  cité  de 
PInde,  sa  rencontre  et  ses 
aventures  avec  Alexandre, 

14927-15350;  conseille  à  son 

* 

fils  Elior  de  venger  la  mort 
d’Alexandre,  17824-19186. 

Candalo,  fils  de  la  reine  Can¬ 
dace,  Candalaux,  Candalem , 
Candalon,  Candalus,  14938; 
Alexandre  l’aide  à  reprendre 
sa  femme,  15021-15178  ;  à  la 
mort  d’Alexandre,  reçoit  An- 


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3io 

gora,  17139-17140;  17831, 

0 

18326;  aide  Eliorà  venger  la 
mort  d’Alexandre,  i85g3- 
19186. 

Candalu  (?),est  réclamé  par  les 
démons  aprèssa  mort,  23779- 
2  3  806. 

Candas,  hérite  d’Alexandre  la 
Roiioine  (?),  171 33. 

Candas  ou  Canda  de  Mklor, 
roi,  veut  mettre  en  prison 
Olympias,  17707-17720. 

Candes,  Cande,  ville  de  l’Inde, 
pays  de  la  reine  Candacc, 
14932,  15667. 

Carton,  voy.  Conon. 

Canpaigne ,  voy.  Campanie. 

Cantorbery  (Kent),  Cantorbie . 
Cantorbtere ,  Quantorbier  ; 
archevêques  :  saint  Dunstan, 
Lanfranc,  saint  Thomas (Bec- 
ket),  saint  Edmond. 

Capadoce ,  voy.  Cappadocp.. 

Capoue  (Campanie;,  l’évéquc 
de  C.  et  non  de  Pardelle, 
voit  en  songe  Benoît  VIII  ;  I, 
278  §  u5;  cl.  Vincent  de 
Beauvais,  Spect.  Inst,  livre 
25  ch.  21. 

Capitoile,  Capitoirc ,  le  Capi¬ 
tole,  voy.  Rome. 

Cappadoce,  région  de  l’Asie 
Mineure,  Capadoce ,  à  la  mort 
d’Alexandre  est  donné  à  Eu- 
mène,  171 11-2  et  17337-9;  la 
cité  de  C.cst  assiégée  par  Pcr- 
diccas  17521-17534;  10262, 
12355,  12495,  12517;  évê¬ 
que  :  Basile  le  Grand  (saint). 

Cappara  (ville  d’Espagne  dé¬ 
truite  par  Charlemagne,  cf. 
Pscudo-Turpin  §  4),  I,  35q  a. 

Cappct  { Hue ),  voy.  Hugues  Ca- 

PKT. 

Capricorne,  signe  du  zodiaque, 
I,  2  3q  JS  1 2-1 3. 

('ara  bas,  voy.  C  anales. 

Caracai.i.a,  etnpercur,  An- 
thoyne ,  Caracalles,  son  rè¬ 
gne,  I,  24?  §  42  et  >48. 

Caradoc  Briébras,  Carados 
B)  umbras,  son  aventure  avec 
le  serpent,  4325-4422. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Carbone ,  chastiaux ,  voy.  Car- 
dona. 

Carcassonne  (Aude),  Carca- 
sonne,  est  cédée  à  la  France, 
I,  289  §  144. 

Cardia,  ville  de  la  Chersonèse 
de  Thrace,  Arcade ,  patrie 
d’Eumènc,  17337. 

Gardiennes,  contrées,  qui  sont 
vers  les  Indes  moyennes, 
17389-17390. 

Cardieux ,  voy.  Cadalus. 

Cardona  (Catalogne),  Carbone , 
chastiaus ,  I,  334  a- 

Cardionnet,  femme  d’Athis, 
Cardionès ,  Cardionnàs ,  Car- 
dionet,  1512-1824. 

Caribert,  fils  de  Clotaire  I«r, 
Charambert ,  son  règne,  est 
donné  comme  le  père  de 
Chilpéric  (?),  II,  224  et  224  a. 

Carie,  région  de  l'Asie  mi¬ 
neure,  Kaire,  17113. 

Carloman,  frère  de  Charle¬ 
magne,  Charlemaine,  sc  fait 
moine  à  Rome,  I,  263  §  86; 
est  couronné  h  Soissons, 
meurt  3  ans  après,  I,  264, 

[Carloman]  fils  de  Louis  le 
Germanique  [appelé  à  tort] 
Charles,  I,  269  §  98. 

Carloman,  fils  de  Charles  le 
Chauve,  Charlemaine ,  est 
aveuglé  par  son  père,  I,  269 
§  97- 

Carloman,  fils  de  Louis  le 
Bègue,  Charlemaine ,  son  rè¬ 
gne,  I,  270  §  99. 

Caropolin,  [nom  que  Charles 
le  Chauve  voulait  donner  à 
Compiègne  et  non]  ville  fon¬ 
dée  par  lui,  1,  270  §  98. 

Carpkntras  (Vaucluse),  Clé¬ 
ment  V  meurt  à  C.,  I,  293 
§  124. 

Carrion  de  los  Condes  (Na¬ 
varre),  Karrioncm,  I,  334  a. 

Carscl,  voy.  Casskl. 

Cartage ,  Cartaigc,  voy.  le 
suivant. 

Carthage,  ville  d'Afrique,  Car¬ 
tage,  Cartaigc ,  Qnartaige, 


est  représentée  sur  la  tente 
de  Renart,  3857  î  sa  fonda- 

0 

tion,  la  venue  d’Enée,  8671- 
8743;  19613-19620;  19700- 
19736;  les  évêques  Olinpius 
et  Octianus  y  sont  brûlés  par 
le  feu  du  ciel  pour  avoir  mal 
parlé  de  la  sainte  Trinité,  I. 
257  §  67;  I,  329  ;  éveque  : 
Cyprif.n  (saint). 

Carthagène  (prov.  de  Murcie), 
Kartago ,  I,  354  <2. 

Carus,  empereur  romain.  Ka- 
res ,  son  règne,  I.  247  $  46  et 

349- 

Casidore,  vov.  Cassiodore. 

Caspains  (les),  voy.  le  suivant. 

Caspe,  région  située  entre 
l’Hyrcanie  et  la  Médie,  est 
conquise  par  Alexandre, 
i36o3-î3629;  —  (habitants 
de),  Caspains,  Ibid,  et  1 3637- 

Cassandre,  fils  d’Antipatcr,  Cal - 
sandra,Calsandei\  1 689 1  ;  em¬ 
poisonne  Alexandre,  16901- 
16974;  héritier  d’Alexandre, 
171 19-17 122  ;  17341-17356; 
met  en  prison  Roxane,  17765- 
17823  ;  son  duel  avec  Dan- 
clin.  18438-18453;  18459. 

Cassbl  en  Flandre,  Carscl ,  la 
bataille,  23109. 

Cassidore ,  voy.  le  suivant. 

Cassiodore,  Casidore ,  Cassi¬ 
dore  le  docteur ,  233 14,  2332Q, 
27839. 

Castille,  royaume,  terre  aus 
Chastiaux ,  I,  353  ;  voy.  Al¬ 
phonse  VIII,  Blanche. 

Catalogne,  province  d’Espa¬ 
gne,  Cathelongne ,  est  cédée 
à  la  France,  I,  289  §  144. 

Catanf.  (Sicile),  Catherine,  pays 
de  sainte  Agate,  I,  246  $  43. 

Cathay,  [la  Chine  et  non]  une 
grande  cité,  Caday ,  est  con¬ 
quise  par  Alexandre,  1  1408- 
1 1410. 

Cathelongne ,  voy.  Catalogne. 

Cathcnne,  voy.  Catane. 

Catiiera  (?),  est  conquis  par 
Alexandre,  12019. 

Catherine  (sainte),  sainte  Ka - 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


theline ,  sainte  Katherine , 
sainte  Quatheline ,  son  mar¬ 
tyre,  I,  249  §  48  ;  I,  349  a  ; 
I,  358  a. 

Cathon ,  voy.  Caton. 

Catilina,  Katheline ,  sa  conju¬ 
ration,  9207-9210,  20881- 

21442,  33653-33702. 

Caton  [le  Censeur],  Cathon, 
1275,  4727;  I,  3ia  a-,  22476, 
24827,288l5,  2889I,  28952, 
29548-9,  32  I  39,  32239,  32298, 
32336  ;  II,  207. 

Catu,  voy.  le  suivant. 

Catulle,  poète  latin,  Catu, 
32343. 

Caÿm ,  voy.  Caïn  ,  excepté 
pour  8039.  voy.  Ciiam. 

Caÿnan ,  voy.  Caïnan. 

Cayphas ,  voy.  Caïpiie. 

Cécile  (sainte),  Cecille ,  sainte 
Sefile,  son  martyre,  I,  2.p 
§  42  et  357  a  ;  I,  348  <1. 

Cecile,  Cecille ,  voy.  Sicile. 

Cécrops,  fils  aîné  de  Jupiter, 
Cecros ,  19599. 

Cecros ,  voy.  le  précédent. 

Cklestin  (saint),  pape,  son  rè¬ 
gne,  I,  359  a. 

Cklestin  [II],  pape,  son  règne, 
I,  364  a. 

Cklestin  [III],  pape,  son  rè¬ 
gne,  I,  365. 

Célestin  IV,  pape,  son  court 
règne,  1,  288  §  143. 

Célf.stin  V,  pape,  auparavant 
Pierre  de  Murrone ,  hermite , 
sa  démission,  I,  290-1  §  i5o. 

Célestins,  Bénédictins  réfor¬ 
més,  32847. 

Cp.lus,  ûls  d'Acris,  père  de  Sa¬ 
turne,  19536-7  ;  I,  333  a. 

Célion,  montagne  près  d'Ephè- 
se,  Celyon ,  les  sept  Dor¬ 
mants  se  réfugient  dans  une 
grotte  du  C.,  I,  246  \  43  et 
278  S  *  14- 

Cerf  (le),  voy.  Brichemer. 

Cerssonnc ,  voy.  Chkrsonksi:. 

Cervilia ,  voy.  Servilia. 

Cesaire ,  voy.  le  suivant. 

César  (Caius  Julius»,  J1//17, 
Julius  Ce;ar,  Cesare  Julius , 


Cesaire ,  Sesaire ,  est  pontife  à 
Rome,  9203-6;  son  histoire, 
20440-22166  ;  I,  226  §  1,  23 1 
S  10,  335,  344,  345;  25043,. 
33655. 

César  Auguste,  voy.  Svra- 
oosse. 

Césarion,  61s  de  César  et  Cléo¬ 
pâtre,  21770-4. 

Cevestre ,  voy.  Silvestre. 

CV^jr  /41/g-iiS/e,  voy.  Auguste. 
Ch  a  a  lis,  près  d’Ermenonville 
(Oise),  abbé  :  Guillaume 
(saint). 

Chaînes  (?;,  peuple,  envoient 
des  messagers  à  Alexandre, 
i6563. 

Ciialdkk,  Caldee ,  astronomes 
de  C.  I.  23o  S  8,  233-4  §11; 
—  Chaldéens,  Caldee ,  Cal- 
dicn ,  9408,  9434,  1 1449» 

1 1 5 14,  i33oo,  I,  232  §  10. 
Châles  ( le  roy ),  voy.  Charles 
d’Anjou. 

Challemaine ,  Challcs ,  Challes 
maigne ,  voy.  Charlemagne. 
Challes ,  61s  de  Charlemagne, 
voy.  Charlot. 

Challes  Martiaus.  voy.  Charles 
Martel. 

Challon  'roy),  voy.  Charle¬ 
magne. 

Ciialmana,  611e  d’Adam,  7’rt/a* 
mon,  7562. 

(’iiàlons  (Marne),  voy.  Saint- 
Pierre  de  C . 

Ciiam,  61s  de  Noé.  Caym, 
8039. 

Champ  Mars ,  Champ  Martin , 
voy.  Rome. 

Champagne,  province  française, 
Champaignc ,  Chanpagne ,  est 
dévastée  par  le  comte  de 
Bar,  I,  291  §  1 5o  ;  caractère 
des  Champenois,  1,  366  a; 
ordonnance  de  Louis  le  Hu¬ 
lin  pour  protéger  les  bour¬ 
geois,  38284-383i  1  ;  fâcheuse 
condition  des  bourgeois, 
38537-3856o  ;  1,  365  a ,  27633, 
37904,  38o66,  387 38,  3 880 3  ; 
—  (habitants  de;,  Champc - 
gnois,  31007:  comtes  :  Dno- 


3  I  I 

gon,  Eudes,  Thibaud,  Thi- 
baud  V  le  Jeune,  Jeanne. 

Champagne ,  Champaigne ,  I, 
244  §  36  et  258  §  72,  voy. 
Campanie. 

Champegnois ,  voy.  Champagne. 

Champjlori ,  voy.  Saint-Benoit- 
sur-Loire. 

Chancre  (signe  du),  voy.  Can¬ 
cer. 

Chandelle  (exemple  de  la),  qui 
peut  en  allumer  mille  autres, 
II,  218  a. 

Changeurs,  satire  sur  leur  mé¬ 
tier,  26353-26386. 

Chanoines  réguliers,  Régu¬ 
liers ,  32417  ;  critique  contre 
eux,  32455-32462;  32860-2. 

Chanpagne ,  voy.  Champagne. 

Cii antecler,  le  Coq,  545  ;  dé¬ 
pose  contre  Rcnart,  à  la  cour 
de  Noble,  52  1 1-5474;  se  iouc 
de  Renart,  31272-33284, 

Cltarambert,  voy.  Caribp.rt. 

Charenton  (Cher),  voy.  Her¬ 
bert  de  C. 

Charité,  personnihée,  23699, 
26276,  29896,  37732,  37735. 

Charité,  fille  de  sainte  Sophie, 
I,  244  §  33. 

Charité-sur-Loire  (la)  (Nièvre), 
sa  fondation,  I,  363  a, 

Charlemagne,  empereur,  Char - 
lemaine ,  Challemaine ,  Chal¬ 
les  maignes,  Charles  le  Grant , 
Charles  le  Glorieux ,  Challes , 
Challon ,  son  règne,  I,  264-7 
$8  89-95  et  332  a-335  a; 
voit  en  rôve  saint  Jacques  qui 
lui  ordonne  d  aller  délivrer 
î’Kspagnc,  I,  353  a-354  a  et 
37395-37550;  les  cent  villes 
qu’il  priten  Espagne, I,  354  a~ 
353  ;  fin  de  son  règne,  I,*353  ; 
I,  256  8  âg,  260873,  263  §86, 
2705598,  272  8  104.  273  §  io3, 
287  8  142,  329  a  et  35 1  at 
IL  2 3 1 . 

Charlcmainc ,  voy.  Carloman, 
Charlemagne. 

Charlcmainc ,  L'272  §  io3,  voy. 
Charles,  fils  de  Louis  d’Ou- 
tremer. 


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3l2 

Charles  (le  roi),  2882-2902,  voy. 
Charles  de  Valois. 

Charles  le  Glorieux ,  Charles  le 
Grand ,  voy.  Charlemagne. 

Charles  Martel,  roi  de  France, 
Challes  Martiaus ,  1,  262  §  82, 
263  §§  84-  85  ;  donne  aux  gen¬ 
tils  hommesles  biensd’église, 
chasse  les  Sarrazins,  I,  332 
et  II,  23o  a. 

Charles  le  Chauve,  roi  de 
France,  son  histoire,  I,  268 
§  96  et  355  a;  fait  crever  les 
yeux  à  son  fils  Carloman,  I, 
269  §  97;  empereur,  I,  269 
§  98  ;  son  caractère,  I,  270 
§  98  ;  sa  mort,  I,  270  g  99. 

[Charles]  le  Gros,  fils  de  Louis 
le  Germanique,  I,  269  §  98  ; 
devient  empereur,  I  §  2yo§99, 
et  353  a  ;  est  donné  fausse¬ 
ment  pour  le  fils  de  Lothaire, 
I,  355  a;  donne  la  Neustrie 
aux  Normands,  I,  270  §  99  ; 
I,  271  §  100. 

Charles  le  Simple,  roi  de 
France,  fils  posthume  de 
Louis  le  Bègue,  I;  270  §  99  ; 
son  règne,  I,  271  §  102;  se 
laisse  prendre  la  Normandie, 

I,  286  §  137  ;  I,  271  §  100. 

Charles  [IV]  le  Bel,  roi  de 

France,  auparavant  comte  de 
la  Marche,  I,  293  §  154;  son 
règne,  I,  295  §§  1 58- x  59  et 
296-7  §§  161-164;  23468-9; 

II,  2 1 7  et  2 17  a, 

Charles,  roi  de  France,  par 

confusion  au  lieudcLothaire, 
I,  272  §  104. 

Charles,  second  fils  de  Charles 
le  Chauve,  est  tué  par  un  che¬ 
valier,  I,  269  §  97. 

Charles,  fils  de  Louis  d’Outrc- 
mer,  Charlcmaine ,  meurt  à 
Rouen,  I,  272  §  io3. 

Charles  d'Anjou,  frère  de  saint 
Louis,  roi  de  Sicile,  le  voy 
Charles ,  bat  Manfred  et  Con- 
radin,  2819-2820;  fait  élever 
le  corps  de  sainte  Marie- 
Madeleine,  I,  263  §  85;  part 
pour  la  croisade,  I,  289  ?;  r.;3  ; 


RENART  LE  CONTREFAIT 

reçoit  d’Urbain  IV  la  Sicile  et 
la  Pouille,  I,  289  §  145;  est 
dépouillé  de  la  Sicile  par 
Nicolas  III,  lutte  contre  le  roi 
d’Aragon,  1,290  $§  148-9. 

Charles  le  Grand,  comte  d’AR- 
tois,  assiste  au  couronnement 
de  Philippe  le  Hardi,  I,  289 
S  146. 

Charles,  duc  de  Lorraine,  héri¬ 
tier  de  la  couronne  de  France,  1 
est  dépouille  par  Hugues 
Capet,  I,  272  104  ;  I,  273  § 

io3. 

Charles  de  Valois  et  d’Angers, 

2°  fils  de  Philippe  le  Hardi, 
son  inimitiécontre  Engucrran 
de  Marigny,  2882-2902  ;  reçoit 
du  pape  le  royaume  d’Ara¬ 
gon,  I,  290  §  148;  épouse 
Marguerite  d’Anjou,  §  149; 
mène  campagne  en  Gascogne 
én  1324,  I,  295  §  159;  sa 
mort,  I,  296  S  1 63  ;  I,  297  g 
164. 

Ciiarlot,  fils  de  Charlemagne, 
Challes ,  I,  265  §  90,  et  335. 

Charpentiers  (les),  comment  ils 
s’arrangent  pour  ne  rien  faire 
quand  on  les  paie  à  la  jour¬ 
née,  40667-40776. 

Chartres  (Eure-et-Loir),  in¬ 
cendie  de  la  ville  et  de  la 
cathédrale,!,  286  ^  1  36  ;  évê¬ 
que  :  Fulbert,  Yves  de  Beau¬ 
vais,  Geoffroi. 

Chastiaux  (terre  ans),  voy. 
Castille. 

Chat  (le),  voy.  Tibkrt. 

Ciiatflfort,  ville  de  Lombar- 
dic,  défendue  par  Ogier  le 
Danois,  I,  265  §  90. 

Ciiatili.os  ?  ,  saint  Marcel  y 
exerçait  le  brigandage  , 
25987,  25991. 

Ciikli.ks  (Seine  -  et  -  Marne), 
Chelle ,  Chielle ,  l’abbaye  est 
fondée  par  sainte  Clotildc  et 
sainte  BathilJc,  I,  261  §  76; 
meurtre  de  Chilpéric,  II,  228; 
fondations  de  BathilJe,  II, 
23o. 

Ciiersonèse,  Cerssonne,  Justi¬ 


nien  II  y  est  envoyé  en  exil, 

I,  262  §  82. 

Cheval  (le),  540. 

Chevalerie,  est  fondée  par  Ni- 

nus,  36919-37036. 

Chevalier  (fabliau  du  laid  ,  est 
conté  par  Tibert  ,  3329  ' 

33/4- 

Chèvre  (la),  voy.  Barbue. 
Chideri ,  Chideric ,  voy.  Childî- 
ric 

Chief  de  Mars ,  premier  nom 
de  Florence,  9212,  21413-8. 
Cliielle ,  voy.  Chelles. 

Chievre  (la),  voy.  Barbue. 
Childebert,  fils  de  Clovis,  roi 
de  Paris,  son  règne,  II,  224. 
Childebert  [II],  neveu  de  Gon- 
tran,  hérite  de  la  Bourgogne, 

II,  229  ;  II,  23o. 

Childebert ,  frère  de  Chilpéric 

corr.  Sigebert,  voy.  ce  mol. 
Childéric  [1"),  roi  de  France, 
Chideri ,  Chideric,  Chilpéric , 
I,  35o  a  ;  son  histoire,  II,  222. 
Childéric  [II],  fils  de  Clovis  II, 
Ci Id éric,  I,  262  §  79  ;  II,  2?o. 
Cihldéric  [111],  roi  de  France, 
Hildric,  est  détrôné  par 
Pépin  le  Bref,  I,  263  §  83. 
Chilpéric,  roi  des  Francs,  II, 
220;  son  histoire,  II,  224  a- 
228  ;  II,  23i. 

Chilpéric ,  II,  222,  voy.  Chil¬ 
déric  Ier. 

ChipprCy  voy.  Chypre. 

Chires,  cité  conquise  par 
Alexandre,  probablement 
Sidon,  11387-11397. 
Chodebert ,  voy.  Tiiéoderert. 
CholàSy  voy.  Nicolas  C. 
Chollety  voy.  Jean  Chollet. 
Chrétiens,  Christiens ,  Cres- 
tienSy  Cristiens,  la  France  est 
leur  pays  d’élection,  21 663- 
8  ;  persécution  de  Néron, 
I,  240  g  23  ;  2e  persécution, 
I,  242  §  3o  ;  3e  persécution,  I, 
242  §  3 1  :  Hadrien  et  Anto- 
nin  le  Pieux  ne  font  point  de 
mal  aux  C.,  I,  244  §§  36-37  ; 
persécution  de  Septime  Sé¬ 
vère,  I.  245  JS  43  et  348  j; 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


3 1 3 


persécution  d’Aurélien,  I  247 
§  44  ;  persécution  de  Dio¬ 
clétien,  I,  248  §47;  persécu¬ 
tion  de  Galère,  I,  2498  48; 
persécution  de  Julien,  I,  3 5 1 
§  5a;  partent  pour  la  2#  croi¬ 
sade,  I,  282-3  §  126;  I,  25g  § 
74,  260  §  73,  264  §  88,  265  § 
90, 290  §  149,  294  §  1 56,  35 1 , 
363  a;  27661,  30846,  3 1 5 1 9, 
34267,  34284. 

Christ  iens,  voy.  le  précédent. 

Christophe  (saint),  saint  Cris - 
toffe,  son  martyre,  I,  249 
§48. 

Ciirodbgang,  évéque  de  Metz, 
Cvodegant ,  fonde  l'abbaye  de 
Gorsc,  I,  264  §  6. 

Chronique  ( cronique )  de  Bède 
le  Vénérable,  I,  270  §  99. 

Chronique  d'Eusèbe  de  Césa- 
rée,  I,  241  §  28. 

Chronique  de  Sigebert  de  Gcm- 
bloux,  1,  266  §  93. 

Chronographe  (Le),  268  §  97  ; 
et.  Th.  Lindner,  Der  Chro- 
nographus  bei  Vincentius  von 
Beauvais,  Ztsft  des  Aache- 
ner  Geschichtsvereins,  t.  xiv, 
p.  208-212. 

Chrysocone  (saint),  saint  Gri - 
goire  Grisogone ,  Grissogo- 
nus%  I,  248  §  47  et  349. 

Chypre,  Ile,  Chippre ,  Cypre , 
l’apôtre  saint  Barnabé  y  est 
décapité,  I,  346;  voy.  Spiri- 
dion.  I 

Cibuttes ,  voy.  Sibyrtios. 

Cicéron,  Cicero  Marcus  Tul¬ 
lius ,  Marcus,  Marcus  Tulius, 
Tulle,  Thule,  Thulle ,  doit 
lutter  contre  Catilina  20890- 
i  ;  envoie  César  en  Asie , 
20629-20630;  invoqué  comme 
autorité,  1378,  1387,  1473, 
1672,  2083,  2091,2104,  3oi 1, 
3o57,  3198,  528r,  3417,  3453, 
5495,  53o3,  53 1 2,  533o,  5847, 
21787,  22484,  23521,  24296, 
24844,  24854,  25413,  25968, 
28227,  28278,  28457,  285o5, 
2853i,  28583,  28588,  28592, 
28397,  28626,  28638.  28642. 


2865o,  29008,  32247,  32336, 
3235 1 ,  32391. 

Cillon  (?),  ville  fondée  par 
Apollon,  8654. 

Cilderic ,  voy.  Chilpéric  II. 

Cimber  Tullius,  voy.  Mp.tellus 
ClMBER. 

C*r,  voy.  Cyr  (saint). 

Cirus ,  voy.  Cyrus. 

C jstïens,  peuple  d’Asie,  vaincu 
par  Alexandre,  14329. 

Citéde  Dieu  (la),  œuvre  de  saint 
Augustin,  !,23o§  8, et  23 1  S  9. 

Cîtbaux  (Côte-d’Or),  Citiaux , 
fondation  de  l'ordre,  I,  282 
8,  126  et  364;  I,  283  §  128; 
1 2  abbés  de  l’ordre  de  C.  sont 
envoyés  dans  l'Albigeois,  I, 
286  §  1 38. 

Citiaux ,  voy.  le  précédent. 

Clairvaux  (Aube),  Clerevaus , 
Clervaulx ,  fondation  de  l’ab¬ 
baye,  I,  283  S  128  et  364. 

Clarence,  fontaine  de  la  ville 
de  Rochcfort,  forteresse d’An- 
tipater,  1 83  c  1-4. 

Clarus ,  pape,  voy.  Hilaire 
(saint). 

Claude,  empereur  romain, 
Claudius ,  son  histoire,  I,  239 
§§  23;  I,  .240  §  24  et  25;  I, 
345. 

Claude  II,  empereur  romain, 
Claudius ,  I,  246  g  44,  et  349. 

Claude,  émissaire  de  Gontran, 
Claudien ,  fait  sortir  Éberulf 
de  Saint  Martin  où  il  s'était 
réfugié,  pour  le  tuer,  II,  229. 

Claude,  [évéque  de  Turin]  I, 
266  8  92. 

Claudien ,  voy.  Claude,  émis¬ 
saire  de  Gontran. 

Claudius ,  voy.  Claude,  empe¬ 
reur. 

Claudius ,  20431,  voy.  Appius 
Claudius. 

Clemant,  voy.  Clément. 

Clément,  nom  de  moine,  Frere 
Climent ,  32440. 

Clément  (saint),  pape,  Clemant, 
saint  Climant ,  I,  240  §  24  ; 
sa  mort  sous  Trajan,  I,  242 
8  3 1  ;  I,  343  a,  et  336  a. 


Clément  [il],  pape,  Clemans , 
son  règne,  I,  363  a. 

Clément  [III],  pape  élevé  par 
l'empereur  Henri  IV  contre 
Grégoire  VII,  I,  281  §  121; 
son  règne,  I,  363. 

Clément  [IV]  pape,  auparavant 
Guiq  [Foulquois],  son  règne, 
I,  366. 

Clément  V,  pape,  Climent  le 
quint, auparavant  Bertran  [de 
Got],  archevêque  de  Bor¬ 
deaux,  se  fixe  en  France,  1,292 
§  i52,  supprime  l’ordre  des 
Templiers,  I,  293  8  1 32  ;  con¬ 
firme  l’élection  d’Henri  VII,  se 
fait  prêcher  lacroisade,§  1 53 ; 
meurt  à  Carpentras  S  1 54. 

Cléopâtre,  Caliopatre ,  2»  fem¬ 
me  de  Philippe  de  Macé¬ 
doine,  10529-10593;  17102. 

Cléopâtre,  reine  d’Égypte,  est 
aimée  de  César  et  en  a  un  fils, 
Césarion,  2176^-21774;  est 
aimée  d'Antoine,  I,  227  §  2. 

Cleophilem ,  voy.  Candace. 

Cleoppe ,  voy.  Cyclopes. 

Cleovis ,  voy.  Clovis. 

Clerc,  (histoire  du)  mis  dans 
un  four  par  son  maître, 
31867-32096. 

Clerevaus ,  voy.  Clairvaux. 

Cleri ,  voy.  Clerus. 

Clermont  de  l’Oise,  le  comté 
est  annexé  à  la  couronne  par 
Philippe  Auguste,  I,  287 
S  «4* • 

Clermont- [Ferrand]  (Puy-de- 
Dôme),  I,  261  §  77;  concile, 
I,  282  g  126. 

Clerus,  4e  pape  (?),  Cleri,  son 
règne,  I,  242  8  3o,  3q6,  336  a . 

Clervaulx,  voy.  Clairvaux. 

Clet  (saint),  3*  pape  (le  même 
que  saint  Anaclet,  voy.  ce 
mot),  Cletus,  I,  356  a . 

Cliciion,  est  dans  l'anncc  d'E- 
lior  au  siège  de  Rochetort, 
19120-4. 

Cligny ,  voy.  Cluny. 

Climent,  \ oy.  Clément. 

Clocloe,  voy.  Clothilde. 

Ci.odion,  roi  des  Francs,  tils  de 


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3i4 

Pharamond,  Clodyo  le  clic - 
velu ,  son  règne,  II,  221  a- 
222;  Clodovant ,  est  donné 
comme  père  de  Clovis.  I, 

237  §  66. 

Ci.odomir,  fils  de  Clovis,  Clo- 
domire ,  II,  223.  223  a  et 
224. 

Clodovant ,  voy.  Ci.odion. 

Clodoveus ,  voy.  Clovis. 

Clodyo  le  chevelu ,  voy.  C1.0- 
DION. 

Cloheut  (sainte),  voy.  Clo¬ 
thilde. 

Cloovis ,  voy.  Clovis. 

Clotaire  [Pr],  roi  de  Soissons, 
fils  de  Clovis,  Lotaire  ;  suc¬ 
cède  à  Childebert,  laisse 
4  fils,  II,  224. 

Clotaire  [II],  fils  de  Chilpcric 
et  dé  Frédégondc,  sa  nais¬ 
sance,  II,  227  a  ;  son  règne, 
II,  228-229  a;  fait  venir  à 
Paris  une  cloche  de  Saint- 
Étienne  de  Sens,  I,  238  §  71  ; 
I,  35 1  a. 

Clotaire  [III],  roi  de  France, 
fils  de  Clovis  II,  Lothairc , 
I,  261  §  76  et  II,  23o. 

Clothilde  (sainte),  reine  de 
France,  Clocloe ,  sainte  Cio - 
heut,  Gohcut ,  I,  237  §  66  : 
fonde  le  monastère  de  Chel¬ 
les,  I,  261  §  76  ;  convertit 
Clovis,  II,  222  a-  223. 

Cloto,  une  des  Parques,  16 100. 

Clovis,  roi  des  Francs,  Clodo- 
vetiSy  Cloovis ,  Cleovis ,  sa 
conversion,  II.  237  8$  66-67  ï 

I.  261  §  76,  287  §  142,  36o  ; 
son  histoire,  II,  222  a-224. 

Clovis  [II],  fils  de  Dagobert, 
son  règne,  sa  folie,  I,  261 
§  76  et  II,  229  <i-23o. 

Clovis,  fils  de  Chilpéric  et  de 
Audovère,  II,  22  3  a  ;  sa  mort, 

II,  2  2  y  . 

Clusy  (Côte-d'Or),  Cligny ,  Clu- 
gny,  abbaye,  sa  fondation,  I, 
271  §8  ioo-ioi;I,  274  $  106, 
280  §  118,  363  a,  32846; 
abbés  :  saint  Odos,  saint 
Odilon,  saint  Hugues. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Code  (le)[de  Justinien],  23193. 

Codrus,  roi  de  Perse,  Cosdrus , 
s’empare  du  Saint-Sépulcre, 

I,  238  S  71. 

CojidcSy  voy.  Otifai.s. 

Coïmdre  (Portugal),  Colunbria , 

1,  334  a. 

Coing  (le  grant ).  voy.  Kiian. 

Cologne  (Prusse  rhénane), 

A  gr  a  fine  t  Agripine.  Gripinc,  | 
C.oulogne ,  Couloignc ,  Cou -  , 
longue ,  à  la  mort  d’Alexandre 
est  donnée  à  Octons,  1 7403-4; 

I,  2378  64;  consécration  de 
l’église  Saint-Pierre,  I  ;  269 
§  97  ;  l’empereur  fait  un  prêtre 
très  laid  archevêque  de  C. 

I,  273  8  109  ;  reçoit  les  corps 
des  rois  mages,  I,  283  8  1 33  ; 
est  prise  par  Clovis,  11,222  a  ; 
archevêques  :  Willirert,  Hé¬ 
ribert,  Reinold  von  Das- 
sel. 

Colon  b  an  (saint),  saint  Cohnn - 
bain,  I,  238  8  72,  262  8  82; 
269  8  97  • 

Colombe  (sainte,,  sainte  Cou - 
tombe ,  sa  décollation,  1,  247 
S  44- 

Colombiers,  plaintes  contre  les 
c.  seigneuriaux,  33971  - 
36040. 

Colutnbain ,  voy.  Colomba  s. 

Colunbria ,  voy.  Coïmdre. 

Comk  (saint:,  saint  Cosme ,  I. 
24S  8  47. 

Comcde.  vov.  Commode. 

*  « 

Commkrcy  (Meuse),  une  pu- 
cellc  de  12  ans,  après  avoir 
communié,  se  passe  de  pain 
pendant  10  mois  et  de  nour¬ 
riture  et  de  boisson  pendant 
3  ans,  I,  268  8  9?. 

Commode,  empereur,  A  urcle 
Commode ,  Comcde ,  son.  règne, 

I,  243  8$  ''9-40  et  348. 

CoMiMKGNK  Oise.,  Compiengnc , 
Charles  le  Chauve  fonde 
Saint-Cornillc,  1,  270  8  98. 

CoNcnt  erre  (:).  peuple  voisin 
de  la  Mer  R«»ugc  est  vaincu 
par  Alexandre,  i36ii-i3636. 

Confise.  Arnchosie  ?.  est  con¬ 


quise  par  Alexandre,  14336- 
14342. 

Confort,  personnifié,  23q33, 
23o6o,  23963,23983,24127. 

Conos.  pape,  Canon ,  son  règne, 
I,  36 1  a. 

(' onpostclla ,  voy.  Saint-Jacques 
de  C. 

Conrad  [I I], empereur, Contrat, 
Corrat ,  son  règne,  I,  271 
§  101,  376-7  §§  1 1 1 - 1 1 3,  336. 

Conrad  III,  empereur,  Cont  rat , 
son  règne,  I,  284  §  1 3 1 . 

Conrad  [IV],  empereur,  Cor- 
rat ,  I,  336. 

Conradin,  Coradin ,  empereur, 
battu  par  Charles  d'Anjou, 
2813-2820  ;  23240-7. 

Contrat  y  voy.  Conrad. 

Conscience, personnifiée, 372  52. 

Consolation  (De  la),  œuvre  de 
Boècc,  I,  270  8  99. 

Constance,  empereur,  son 
règne,  I,  23 1  §  3i. 

Constance  Chlore,  empereur 
romain,  Constance ,  Constan¬ 
tin ,  son  règne,  I,  248-98  48. 
349  j. 

[Constance  d’Aragon],  seconde 
femme  de  Louis  VII,  I,  284 
8  «32. 

[Constance  de  Sicile],  fille  de 
Manfred,  épouse  Pierre  III 
d’Aragon,  I,  290  8  148. 

Constant  ,  nom  d'homme  , 
Cous  tan.  333,  29758  ;  II. 
2 1 3  a  (frère),  nom  de 
moine,  32441. 

Constant,  Dampt  Constant,  le 
fil;  Regnier ,  nom  de  paysan, 
39677. 

Constant  II,  empereur,  Con - 
tantin ,  II,  261  8  76-77  et 
35 1. 

Constant  des  Noues  ou  des 
N  oc  s,  I,  3 1 3  ;  23849. 

Constantin,  pope,  son  règne, 
I,  362. 

[Constantin!,  antipape,  est  dé¬ 
posé  après  un  court  règne, 
I.  265  8  9°- 

Constantin ,  empereur,  I,  349  a. 
voy.  Constance  Chlore. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


3 1 5 


Constantin  lb  Grand,  empe¬ 
reur,  Constentin ,  son  règne, 
I,  249-25!  §§  49-52  et  349  *ï 
86o5  ;  I,  23o  §  8,  267  §  93, 
358  a;  26047. 

Constantin  III,  empereur,  I, 
261-2  §  77-80. 

Constantin  IV ,  empereur, 
Constentin ,  I,  2b3  8$  85-86  ; 
persécute  les  chrétiens,  I, 
265  §§  90-1. 

Constantin  V,  empereur,  Cons¬ 
tentin ,  I,  264  §  88  ;  I,  265 
S  92,  266  §  93  ;  autorise  Pé¬ 
pin  le  Bref  (?)  à  prendre  le 
titre  de  roi,  I,  352. 

Constantin  [l'Africain],  méde¬ 
cin,  5oo7,  23391,  23395, 

25o8i . 

Constantin,  5f  roi  des  Ro¬ 
mains  ;?),  2o325-8. 

Constantinople,  Constantino - 
ble ,  Constentinoble,  Contan- 
tinoble  la  Grant ,  l'histoire 
d’Alexandre  y  fut  écrite, 
9270-5;  Bysance  prend  le 
nom  de  C.,  I,  25o  §  49  et 
27  §  936 ;  le  chef  de  saint 
Jean  y  est  porté,  I,  256  §  61  ; 
Léon  y  fait  porter  les  statues 
de  Rome,  I,  257  §  64  ;  Héra- 
clius  y  porte  la  sainte  Croix, 
I,  260  §  75;  concile  œcumé¬ 
nique,  I,  261  §  77;  est  pris 
par  les  Sarrazins,  I,  263  §  84; 
Constantin  IV  y  prend  les 
images  d'or  et  d'argent  des 
églises,  I,  263  S  85;  décou¬ 
verte  d’un  crâne  miraculeux, 
I,  265  §  92  ;  est  prise  par 
Baudouin  de  Flandre,  I,  286 
SS  1 36-7  ;  2o3i8  ;  I,  267  §  94, 
270  8  98  et  349  a;  patriarches  : 
Alexandre,  Jean  Chrysos- 
tome  (saint);  voy.  Baudouin 
de  C.  ;  Byzance. 

Constentin ,  voy.  Constantin. 

Constentin ,  1,  2  58  §  71  et  260-1 
§§  76*77»  v°y.  Heraclius 

Constantin. 

Constentinoble ,  voy.  Constan¬ 
tinople. 

C onstrainte,  voy.  Contrainte. 


Contantin,  voy.  Constant  II. 

Contentinoble ,  voy.  Constan¬ 
tinople. 

Contrainte,  pcrsonnifiéc,Coii5- 
trainte ,  37749. 

[Contum  ki.iosis] ,  évêque  de 
Riez,  évoque  de  Rie w,  est  con¬ 
damné  par  le  pape  Jean  II,  I, 
3 60  a. 

Convoitise,  personnifiée, 3587 7. 

Coy(lc),  voy.  Chant eci. er . 

Coradin ,  voy.  Con radin. 

Corbeau  (le),  voy.  Tikcei.in. 

Cor  b  1  e  (Somme),  Corbyc ,  l’ab¬ 
baye  est  fondée  par  sainte 
Bathildc,  I,  26*  S  76  ;  II,  2?o. 

Cordeliers ,  voy.  Frères  Mi¬ 
neurs. 

Cordon  (saint;  (?»,  24671. 

Cordouk,  ville  d'Espagne,  Gor- 
dube,  1,  3?4  a. 

[Cormer y)  (Indre-et-Loire;,  l’ab¬ 
baye  Saint-Pol  est  fondée  par 
Ithicr,  cf.  J.  Bourassé,  Car - 
tulairc  de  Cormery  [Mém. 
Soc.  arch.  Touraine,  XII, 
1861,  p.  ix-x],  I,  266  8  92. 

Corneille  (saint),  pape,  Cor¬ 
net  i,  Cornélius .  son  règne,  I, 
348  J-  349  et  358. 

Corneli ,  voy.  le  précédent. 

Cornkli a,  seconde  femme  de 
César,  Cornille,  son  mariage, 
20339-20541. 

Cornélius,  voy.  Corneille. 

Cornillc ,  voy.  Cornelia. 

Corogne  (La),  port  de  Galice, 
[Crunia  et  non]  Brunia ,  I, 
354  a. 

Corrat,  voy.  Conrad. 

Cors, voy. Rivière  deCorps  La). 

Corvées,  37911-37923. 

Cosdrus ,  voy.  Codrus. 

Cosme  (saint),  voy.  Co.mk. 

Cossutia.  ire  femme  de  César, 
Cossnsia.  2o325-2o338. 

Couhgnc ,  Couloigne ,  Cou  lon¬ 
gue,  voy.  Cologne. 

Coulombc  (sainte;,  voy.  Co¬ 
lombe. 

Courtiers,  satire  contre  les  C., 
I,  3oo. 

Court is,  voy.  Rémi  de  Coire. 


[Courtr ai]  en  Flandre,  la  ba¬ 
taille,  I,  292  §  1 5 1 . 

Coustan ,  voy.  Constant. 

Couvreurs,  comment  ils  s'ar¬ 
rangent  pour  ne  rien  faire, 
quand  ils  sont  payés  à  la 
journée,  40486-40666. 

Crassus  (Marcus  Licinus), 
Marcus  Crassus  prend  part 
à  la  conjuration  de  Catilina, 
2093 1 . 

Créateur,  Creatour,  voy.  Dieu. 

Crépin  (saint),  saint  Crespin , 
son  histoire,  I,  248,  §  47. 

Crépine  (sainte),  sainte  Cres - 
pine,  son  histoire,  I,  248  §  47. 

Cressant  (saint),  voy.  Crisant. 

Crestiens ,  voy.  Chrétiens. 

CRÉsus.roi  des  Lydiens,  son 
histoire,  2534-2566. 

Crète,  lie,  Crist ,  est  conquise 
par  les  soldats  d'Alexandre, 
11  309-11 3 18;  royaume  fondé 
par  Dardanus,  19602. 

Criel,  voy.  Savary  de  C. 

Crisant  (saint),  saint  Cressant , 
son  martyre,  I,  247  §  46. 

Crist ,  voy.  Jésus  Christ. 

Crist  (is/e  de),  voy.  Crête. 

Crist  (?},  ville  où  naquit  le  fils 
de  Ninus.  Acris,  19386, 
19A93. 

Cristtens ,  voy.  Chrétiens. 

Cristofe,  voy.  Christophe. 

Critini  s.  fils  de  Dédale,  roi  de 
Grèce,  19608-19612. 

Crodegant,  voy.  Chrodegang. 

Croix  (la  sainte),  l’arbre  de  la 
Croix,  7713-7845;  son  in¬ 
vention,  I,  249849,231  §§  3o 
et  52;  est  prise  par  les  Sar¬ 
razins,  I,  258  8  71;  I,  260 
§  73;  est  transportée  à  Cons¬ 
tantinople,  I,  260  §  73. 

Cronicquc,  voy.  Chronique. 

Cronographe ,  voy.  Chronogra- 
phe. 

Crucifie  (le),  voy.  Jésus  Christ. 

Crucifix  (argent  du),  Cruccfix , 
le  domaine  de  l'Kglise,  37718, 
38049. 

Cucalon  :),  fut  pendu,  23669. 

Cuisse  (forêt  dcv,  ancien  nom 


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3 1 6 

la  forêt  de  Villers-Cotte- 
rets,  I,  262  §  79. 

Cume,  ville  de  Campanie, 

23o  §8. 

Cupidimus ,  voy.  le  suivant. 

Cupidon,  dieu  de  l'amour,  Cu- 
pidos,  Cupidimus ,  14769- 

14778,  14803-8. 

Curius  ( Mer  chu  s),  voy.  Cur- 
T1US. 

Curtius  (Marcus),  chevalier 
romain,  Mer  chus  Curius ,  sa 
mort  tragique,  I,  329. 

Cycambre ,  voy.  Sicambre. 

Cyclops,  Cleoppe,  peuple  de 
géants,  ayant  un  œil  sur  le 
nombril,  sont  vaincus  par 
Alexandre,  1 5637-1 3668. 

Cypre ,  voy.  Chypre. 

Cyprien  (saint),  évêque  de  Car¬ 
thage,  Cyprian ,  I,  246  §  44. 

Cyprien  (saint)  [évêque  de  Sar- 
ragosse],  saint  Cyprian ,  1, 

34#  §47- 

Cyr  (saint),  Cir,  saint  Sire , 
son  martyre,  I,  2q5  §  42; 
23179. 

Cyriaque  (saint),  saint  Quirias - 
gué,  auparavant  nommé  Ju¬ 
das,  son  martyre,  1,  25 1  §  52. 

Cyrus,  roi  de  Perse,  Cirus , 
avait  bâti  le  palais  de  Persé- 
polis,  13275-6. 

Dacquk,  peuple  de  l'Inde 
vaincu  par  Alexandre,  14324- 
14328. 

Dagesme,  pays  de  l'Inde  con¬ 
quis  par  Alexandre,  13741- 
1 5756. 

Dagobert,  roi  de  France,  Dan - 
gobert ,  Daugobert ,  n’est  pas 
le  premier  fondateur  de 
Saint-Denis,  I,  244  §  35  ;  son 
histoire,  I,  25g  §  73,  260  §  73, 
II,  229-229  a;  sa  mort,  261 
S  76;  I,  33 x  a  et  352. 

[Daïmbkrt]  ,  archevêque  de 
Sens,  sacre  Louis  VI,  I,  283 
S  127. 

Daire ,  voy.  Darius. 

Daire  (sainte),  voy.  Daria. 

Dalila,  femme  philistinc,  Da- 


RENART  LE  CONTREFAIT 

lida,  son  histoire,  39435- 
39984. 

Dam  (Le)  (Flandre  occ.).  Le 
Dand,  38364- 
Dama,  voy.  Dénia. 

Damaissi ,  Damaissius ,  voy.  Da- 
masb. 

Damas,  ville  de  Syrie,  Adam  y 
demeura, 6729;  1 1270,  17150, 
26760. 

Damascene  (Pierre),  voy. 

Pierre  Damien. 

Damase,  pape,  Damaissi,  Da¬ 
maissius,  son  procès,  I,  224 
§54;  I,  33o;  son  règne,  1,  33g. 
Damase  [II],  pape,  Damasius , 
son  règne,  I,  363  a. 
Damasius,  voy.  le  précédent. 
Damasse  (Pierre),  voy.  Pierre. 
Damien. 

Damclin ,  Damelin ,  voy.  Dan- 
clin. 

Damien  (saint),  I,  248  §  47. 

# 

Damiette,  port  d'Egypte,  Da - 
miete,  1,  365  a . 

Dampus,  voy .  Donus  II. 
Danclin,  Damclin ,  Damelin , 

0 

aide  Elior  à  venger  la  mort 
d’Alexandre,  17824-19186. 
Dand  (le),  voy.  Dam  (Le). 
Danemark,  Danemarche,  1,  268 
g  93,  et  286  §  1 36  ;  —  les  Da¬ 
nois  dévastent  l'Angleterre, 

I,  269  §  97;  ils  se  conver¬ 
tissent,  I,  272  §  io3. 

Daugobert,  voy.  Dagobert. 
Daniel,  prophète,  1 1  532. 

Dani f,  voy.  Denis,  pape. 
Danmantin,  château  de  l'Inde, 
est  pris  par  Alexandre  1 37D7- 
1 5789. 

Danois,  voy.  Danemark. 
Danube,  fleuve,  Dinoe ,  Dynoé, 

II,  220  a  et  221  ;  voy.  Riiin. 
Dardanon,  ville  de  Grèce,  fon¬ 
dée  par  Dardanus,  19604-6. 

Dardanus,  Dardanon,  second 
fils  de  Jupiter,  19600-19610. 
Daria  'vsaintc),  sainte  Daire . 

son  martyre,  I,  247  §  46. 
Darius,  roi  de  Perse,  Daire, 
sa  guerre  contre  Philippe, 
1070?- 1 0S90  ;  ses  guerres  con¬ 


tre  Alexandre,  11386-13292; 
châtiment  de  ses  meurtriers, 
13293-13426;  scs  malheurs, 
233o5-233i8;  11228,  1  1236, 
ii334,  *  1 344,  11348,  1 1 3 5o ; 
13428,  13437,  13716,  13747, 
i323o,  17359;  1,  328;  23299, 
23325,  3 o893. 

Daugobert,  voy.  Dagobert. 

David,  roi  d'Israël,  sa  vie,  8753, 
8902;  son  tombeau  est  pillé 
par  Hérode,  I,  227  8  2;  2437, 
2 5 1  o,  2791,4229,  4257,426.3, 

77*L77i3.77*6,  8748,8732; 
9099,  19857,  I,  228  g  5,  I, 
334  a;  22869,  22877,  22883, 
238i6,  24078,  24083,  24304, 
24553,  24559,  24703,  3o549i 
3o38t,  3o583,  3o5gi,  3o6i8, 

•  32 1 35,  32237,  32.346,  34791, 
36462;  voy.  Psautier. 

Dé,  voy.  Dif.u. 

Decc,  voy.  le  suivant. 

Dkcius,  empereur,  Decc,  son 
règne,  I,  346  $  43-44;  I»  348  a. 

Decret  Gracicn ,  compilé  par 
Isidore  de  Séville,  I,  25g  § 
72;  Decret  compilé  par  Isi¬ 
dore,  puis  par  Yves  de  Beau¬ 
vais,  puis  par  Graticn,  1, 
281  8  122. 

Décrétales  (les),  I,  291  8  1 3o ; 
publiées  par  Léon  VIII,  1, 
363. 

Dédale,  Dedalus,  8663;  son 
fils  Icare,  malgré  ses  conseils, 
vole  trop  haut,  29231-29330. 

Déiphobe,  fils  de  Pi  iam  et  d'Hé- 
cube,  Deyphebus ,  3843,  8366. 

Deité  (le  Père  de),  voy.  Dieu. 

Delbora,  fille  d’Adam,  femme 
de  Seth,  Delcora ,  7564,  7574. 

Delcora,  voy.  le  précédent. 

Dénia  (prov.  de  Valence^ 
Dama,  I,  354  a- 

Denis,  (saint),  pape,  Daniy ,  son 
règne,  I,  338  a . 

Denis  (saint),  évéque,  son  mar¬ 
tyre,  I,  242  §  3o;  I,  261  8  76; 
sa  main  est  envoyée  à  Henri 
l'Oiseleur,  l,  271  g  102;  son 
corps  est  porté  à  Paris  par 
Clovis  II,  II,  229  a. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


Denis  [de  ChamcuvonJ, doyen  du 
chapitre  de  Troyes,  Denise , 
favorise  l'élection  de  Gui¬ 
chard  à  l'évêché  de  Troyes, 
30992-6. 

Denise ,  voy.  le  précédent. 

Denys  le  tyran,  Dionisses  li  ti¬ 
tans,  I,  329. 

Déols  (Cher), Æourc  de  Dieu , 
miracle  à  la  fin  du  xn*  siècle, 
!»  2863  1 36 ;  cf.  Fauconneau- 
Dufresne  (Dr),  Hist.  de  Déols , 
I.  78-81. 

Dés  (jeu  de),  3775 1  -5 . 

Desconfort,  personnifié,  24163, 
24490,  33482. 

Désespérance  ,  personnifiée , 

237*7i  24*65,  35324,  33394, 
33480,  37314. 

DhsiKR,roi  des  Lombards,  Desi - 
fier ,  duc  en  Tusqueyoi  de  Pa- 
vie,  roi  de  Lombardie ,  I,  264 
S  86;  est  fait  prisonnier  par 
Charlemagne,  I,  265  §  90. 

Desirier .  voy.  le  précédent. 

Desloyauté  ,  personnifiée  , 
34413. 

Despit,  personnifié,  34415. 

Desrenier  Péril  du  Monde,  (Du) 
œuvre  de  Guillaume  de 
Saint-Amour,  I,  289  S  144. 

Destrier  évité  (exemple  du),  I, 
323. 

Deusdedit  (saint),  pape,  Dieu- 
donné,  son  règne,  I,  36 1  ;  !, 
35 1 . 

Deyphebus ,  voy.  Dêipiiobe. 

Diane,  déesse,  12987. 

Didaque ,  voy.  Diego  de  Acebes. 

Didime  d'Alixandre ,  voy.  Di- 
dymb  l'Aveugle. 

Didimus ,  roi  des  Bramions , 
voy.  Dindimus. 

Didon,  fonde  Carthage,  8671- 
8706;  sa  mort,  8710-8738; 
ses  amours  et  sa  mort,  19714- 
19728;  3858,  19616,  19798, 
20469. 

Didyme  l'Aveugle  ,  Père  de 

0 

l’Eglise,  Didime  d'Alixandre , 

I,  252  §  54. 

Diego  [de  Acebes],  évêque 
d’Osma,  Didaque,  assiste 


saint  Dominique  contre  les 
Albigeois,  I,  286  §  1 38. 

Dieu,  Dé,  4,  14741,  etc.;  crée 
l’homme,  7282-7324;  raisons 
métaphysiques  de  la  créa¬ 
tion,  33923*34145;  la  ré¬ 
demption,  7333-7436;  diffé¬ 
rents  noms  qui  lui  sont  don¬ 
nés  :  Créateur,  Creatour% 
3442,  5 1 35,  etc.;  Dieu  de  na¬ 
ture,  17934,  17987,  etc.;  Dieu 
le  Pere ,  4884,  6954,  etc.;  le 
grant  Juge,  22767  ;  Pere 
tout  poissant,  6y38,  14586; 
Pere  premerain,  14630;  vrai 
Pere ,  14827;  Pere  du  mond , 
27206;  Pere  de  la  Deité , 
11491;/*  Roy  celestre,  5994, 
7063,  7809  ;  le  Roy  de  glore, 
2824;  le  grant  Roy ,  3442, 
34063,  II,  249  a  ;  Roy  de  na- 
ture ,  7754;  le  Souverain  Roy, 
78 1 2  ;  le  treshault  Roy , 
8442  ;  le  Seigneur,  582,  91 5 1  ; 
le  grant  Seignour,  24578, 
37234;  le  Tout  Poissant , 
33946;  invocations  :  Corps 
Dé,  594,  1210,  les  entrailles 
Dé,  29787. 

Dieudonné ,  voy.  Deusdedit. 

Dieuxdonnes,  voy.  Adéodat. 

Digeste  (le)  de  Justinien,  23195. 

Dijon  (Côte-d’Or),  I,  246  §  44. 

Dimc  (la),  37137-37192. 

Dinagratès ,  voy.  Dinocratès. 

Dindimus,  roi  des  Brahmanes, 
Didimus,  roi  des  Bramions , 
détourne  Alexandre  de  son 
pays,  14463-14899. 

Dinocratès,  architecte,  Dina¬ 
gratès,  trace  le  plan  et 
construit  Alexandrie,  1 1 1 35- 
1 1 160. 

Dinoè,  voy.  Danube. 

Dioclès  [de  Carystc],  médecin 
grec,  Dyoclesien ,  5oi5. 

Dioclétien,  empereur  romain, 
Dioclecien ,  Dyocleclen ,  son 
règne,  I,  247-8  §§  47-8  et 
349. 

Diogène  le  cynique,  Diogen'es, 
Dyogcnès ,  crache  à  la  figure 
d’un  homme  qui  lui  montre 


3 1 7 

sa  maison,  28829-28870; 
4693,  10329,  12117,  13957; 
I,  328;  32347. 

Dionisius ,  voy.  Bacchus. 

Dionisses  li  tir  an  s,  voy.  Denys 
le  Tyran. 

Divinus  Pater,  est  fait  prison¬ 
nier  au  siège  de  Rochefort, 
19096. 

Doches  (Aube,  canton  de  Pe- 
ney),  Doclie ,  la  dame  de  D. 
fait  déterrer  une  morte  en 
i3oo,  pour  lui  enlever  son 
linceul,  38195-38217. 

Dodon ,  voy.  Doon. 

Domicianus ,  Domiclen ,  voy. 
Domitien. 

Dominicaines,  Prescherresses , 
ont  un  couvent  à  Montargis, 
I,  295  §  1 58. 

Dominicains,  voy.  Frères  Prê¬ 
cheurs. 

Dominique  (saint),  sous-prieur 
des  chanoines  d’Osma,  saint 
Dominicque,  4559  ;  fonde 
l’ordre  des  Frères  Prêcheurs, 
I,  286-7  §  *38;  meurt  à  Bo¬ 
logne,  I,  287  §  141  ;  32836. 

Domitien,  empereur,  Domi¬ 
cianus,  Domiclen ,  son  règne, 
I,  242  3o-3i  et  347  a;  fait 

mettre  saint  Jean  dans  une 
chaudière  d’huile  bouillante, 
7246-7258. 

Donat,  grammairien,  Donnet, 
I,  2 5 1  §  5t. 

Donnet ,  voy.  Donat. 

Donus,  pape,  Boni/ace,  son 
règne,  I,  36 v  a . 

Donus,  [II],  pape,  Dampus,  son 
règne,  I,  363. 

Doon,  frère  d’Alpaïde,  Dodon, 
Dydoine ,  fait  assassiner  saint 
Lambert,  I,  262  §  82:  II, 
23o  a . 

Dorcanes ,  voy.  Hyrcanie. 

0 

Dormants  d’Ephèse  (les  sept), 
leur  histoire,  I,  246  J  43; 
apparaissent  à  Édouard  le 
Confesseur,  I,  278  §  114. 

Dorstan  (saint),  Dostan  (saint), 
voy.  Dunstan. 

Douai  (Nord),  38564- 


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3 1 8 

[Doice  d'Aragon],  mère  de 
Ferrant,  comte  de  Flandre, 
ses  sorcelleries,  2661-2720; 

29345-29350. 

Doullojr,  personnifié,  37294. 

Dracïens  (les),  à  la  mort  d’Ale¬ 
xandre  sont  gouvernés  par 
Amite,  17383-8. 

Dracionois ,  voy.  Gédrosie. 

Drapiers,  satire  contre  leur 
métier,  26387-26470. 

Dreves ,  voy.  Drogon. 

Drogon,  fils  de  Pépin  d’Héris- 
tal,  Dràves ,  fut  comte  de 
Champagne,  II,  23o. 

Droï.n  le  Moineau,  Drouÿne 
son  aventure  avec  Rcnart,  I, 
3o6  32i  ;  blâme  Brun  d'avoir 
joué  trop  brutalement  avec 
Rcnart,  30409-30491. 

Drouÿne  7,  voy.  Dr  ois. 

Drusus  Néron,  fils  de  Tibcre, 
Druse ,  I,  238  §  19. 

Duboys  (Jehan),  voy.  Jean  Du- 
boys. 

Dumia,  non  loin  de  Braga, 
Duma ,  I,  354  a. 

Dlnstan  (saint),  archevêque  de 
Cantorbcry,  saint  Dorstan  et 
Dos  tan,  I,  272-3  $3  103-104. 

Dydoinc,  voy.  Doon. 

Dynoé  (la),  voy.  Danube. 

Dyoclecten ,  voy.  Dioclétien. 

Dy  oc  le  sien,  médecin,  voy.  Dio- 
CLÈS. 

Dyogenès,  voy.  Diogène. 

Dyone  (la],  voy.  Riiin. 

Eaumont,  fils  du  roi  Agolant, 

Hvaumont ,  I,  353. 

» 

Eberic ,  voy.  Eberulf. 

• 

Eberulf,  sénéchal  de  Ch i I pc- 
rïc,  Eberic,  Eburic ,  assassine 
son  maitre,  sa  mort,  II,  228  a- 
229. 

Éurïens  (?),  à  la  mort  d’Ale¬ 
xandre  passent  sous  l’auto¬ 
rité  de  Philipater,  17320-2 

Ebrieux ,  voy.  Juifs. 

Ébroïn,  maire  du  palais,  Ebi  on, 
seneschal  de  France,  fait 
martyriser  saint  Léger,  I, 
262  §  79:  II,  2 3o. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

0 

Ebron,  (val  d  ),  Ebnin,  Elbron, 
l'ange  ordonne  à  Scih  d'y 
enterrer  son  père,  7677-7688, 
772  1  ;  Jacob  et  Rachel  y  sont 
enterres,  36874-8. 

0 

Eburic,  voy.  Eberulf. 

Éclopé,  ville,  voy.  Asclépios. 

Écosse,  Escoce ,  Escoclie ,  I, 
237  §  68,  282  \  126;  11,  233  ; 
—  Escochois,  battent  les  An¬ 
glais,  I,  293  §  i38. 

Écriture  (T)  sainte,  Escripture, 
262,  2363,  etc.  ;  la  vraye 
Escripture,  8656;  l'Escript , 

36669. 

Ector,  voy.  Hector. 

Ecuba,  voy.  Hécube. 

Edeline ,  voy.  Alix. 

Édessf.,  ville  de  Syrie,  Edi^c, 
1,  245  §  42. 

Edi\e,  voy.  le  précédent. 

Edmond  (saint),  archevêque  de 
Cantorbéry,  saint  Ennout, 
élève  à  l'Université  de  Paris, 
enterré  à  Montigny,  I,  288 
§  143. 

Edmond,  roi  d'Angleterre,  Ed- 
mont%  est  tué  par  les  Danois, 
I,  269  §  97. 

Edmond,  comte  de  Kent,  Hay- 
mes ,  défend  la  Réolcen  1324, 
I,  295  §  139. 

Édouard,  roi  d’Angleterre, 
Odoire ,  héros  du  Lai  du 
Laustic,  II,  233-234  a. 

[  Edouard  Ier  l’Ancien],  roi 
d’Angleterre,  père  d’Ogivc, 
clùve  à  sa  cour  Louis  d'Ou- 
tremer,  I,  271  §  102. 

Édouard  [III],  roi  d’Angleterre, 
aperçoit  dans  une  vision  les 
sept  Dormants,  I,  277-8  S 
1  *4* 

Edouard  Ier,  roi  d’Angleterre, 
commence  la  guerre  en  Gas¬ 
cogne  en  1293,  I,  290  §  149; 
épouse  Marguerite  de  France, 
I,  291  §  1 5o  ;  se  croise,  I, 
293  §  1 53. 

0 

Edouard  II,  roi  d'Angleterre, 
fait  décapiter  le  comte  de 
Lancastre,  I,  293  §1 58;  fait 
la  guerre  en  Gascogne  §  139; 


I,  296  §  161  ;  est  déposé,  1, 
296-7  §  1 63. 

0 

Edouard  [III],  roi  d’Angle¬ 
terre,  accompagne  sa  mère 
en  France,  I,  296  g  161;  son 
couronnement,  I,  297  §  1 63 . 

0 

[Edouard  !,r],  comte  de  Bar, 
duc  de  Bar,  meurt  [en  1 337 
et  non]  en  1 3 36,  eu  allant 
conquérir  Athènes,  3 1 34 1  - 
3 1 36o. 

Egigisope ,  voy.  Hégésippe. 

Égypte,  Egipte ,  Joseph  en  E. 
est  représenté  sur  la  tente  de 
Rcnart,  3936-41 38;  y  sont 
représentées  aussi  les  plaies 
et  la  fuite  d'É.,  4436-4490; 
les  plaies  d'É.,  II,  244  4-243  a; 
règne  de  Nectancbo,  93 1 1  - 
9540  ;  est  conquise  par  Ale¬ 
xandre,  1 1221-1 1254  ;  10694, 
11178,  1091,  17052,  1 73 1 3, 
17350,  17608,  18001,  18004, 
20317,  20733,  20738,  20929, 
21764,  21810;  I,  227  g  2, 
2 3o  §  8,  2 3 1  §  9,  226  g  1 5, 
240  §  24;  32621,  32629, 
36865  ,  39507  ;  Egipcïens , 
Egiptiens ,  Esgipciens ,  8210, 
8482-3,  8295,  9563,  9567, 

9587,  17099;  i.  233  s  11  ; 

32649. 

Église  (l'J,  240,  2818,  5io6, 
19783;  I,  235  §  1 3,  239  g  21, 
248  g  47,  2 5 1  §§  5o-5 1,  232 
g  34,  263  §83,  263  §  90,  267 

§94,27*  §  IOI>  2 74  §  «06;- 
de  France,  I,  284  g  1 3 1  et  283 
§i35. 

El \m,  fils  de  Sem,  Elamy , 
8o32. 

Elanche,  voy.  Elcnchus. 

Elbron  (val  d'),  voy.  Ebron. 

Eléazar,  Elia^ar,  fils  d’Eliud, 
de  la  lignée  de  David,  1,228 
§5. 

Éléments  (les  quatre),  34G 1 5- 
34660. 

Elenchus,  Blanches,  traité,  II, 
201 . 

0 

Eleuthère  (saint),  pape,  Elus - 
terius,  son  règne,  1,  357  a. 

Eliachan  (?),  ville  de  Politaine, 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


détruite  par  le  le u  du  ciel.  1, 
329. 

0 

Eliacim,  Eliachin ,  de  la  lignée 
Je  David,  I,  228  §  3. 

0 

Eliaçar,  voy.  Eléazar. 

0 

Elidïens,  sujets  du  roi  Nicolas, 
Eligiens ,  10447  ;  à  *a  mort 
d’Alexandre  sont  gouvernés 
par  Amite,  17383-8. 

Eligiens,  voy.  le  précédent. 

0 

Eue,  prophète,  Helye ,  appa¬ 
raîtra  au  Jugement  dernier, 
7908-7911. 

Elie ,  voy.  Pertinax. 

* 

Elior,  fils  d’Alexandre  et  de 
Candace,  venge  la  mort 
d’Alexandre,  17824-19186; 
23327-2333o. 

0 

Elisabeth  (sainte),  mère  de 
saint  Jean-Baptiste,  Elisa¬ 
beth,  I,  228  §g  4  et  3 :  237  $ 
*7* 

# 

Elisabeth  de  Hongrie  (sainte), 
sainte  Elisabeth,  ressuscite 
16  morts,  I,  288  S  143. 

Eliud,  fils  d’Achim,  de  la  des¬ 
cendance  de  David,  I,  228 
§  5. 

Elnes  en  Roussillon.  Helvia , 
I,  354 

Éloi  (saint),  évêque  de  Noyon, 
I.  260  §  73. 

Elphese ,  voy.  Émièse. 

Elusterius ,  voy.  Éleutiilrb. 

[Elstrude]  fille  d'Alfred  le 
Grand,  épouse  Baudouin  II, 
comte  de  Flandre,  I.  270  § 
99. 

E/ye,  voy.  Aelia  Capitolina. 

Emaülx,  voy.  E.mmaüs. 

Emerita ,  voy.  Merida. 

Eminidus,  voy.  Elmèni:. 

Emmaüs,  ville  située  entre  Jéru¬ 
salem  et  Jaffa,  Emaillx ,  I, 
236  §  61. 

Emmeline,  femme  de  Renart, 
Enmeline ,  reproche  à  Renart 
de  laisser  mourir  de  faim  scs 
enfants,  28402-28440. 

Embroisse ,  voy.  Ambroise. 

Enée,  fils  d’Anchise,  Eneas, 
scs  aventures,  383o-3864  ; 
19683-19701  ;  1971219826  ; 


aime  Didon,  8710-8738;  son 
arrivée  en  Italie,  I,  33q; 
épouse  la  fille  du  roi  Latin, 
20463-20472  ;  19636,  2oo33, 
20494,  21938;  II,  220. 

0 

Enée,  roi  du  Latium,  Eneas , 

1983.L4. 

Enfer,  place  au  centre  de  la 
terre,  34661-34734. 

Enfferimcr  d'),  voy. Mer  Morte. 

Engebourc ,  voy.  Ingeburge. 

Engleterre ,  voy.  Angleterre. 

Esguerras  de  Ma r ig nv,  Me- 
sircs  Enguerans,  chevalier 
de  Normandie,  Anjorrans, 
307»  7-*9»  2493;  son  histoire, 
2864-2920,  23223*7;  safaveur 
auprès  de  Philppe  le  Bel,  I, 
292  §  1 32  ;  est  pendu,  I,  293  § 
134;  I,  3 1 3  ;  30923. 

Enmeline ,  voy.  Emmeline. 

Ennemi  (P),  le  Diable,  Anemi, 
Annemi,  2480,  2487,  etc.  ;  le 
Malvais ,  9749. 

Ennout  [saint ;,  voy.  Edmond 
(saint). 

0 

Enoch ,  voy.  Enos  et  IIénocii. 

Enociiouin,  ville  fondée  par 
Hcnoch,  7876. 

» 

Enos,  fils  de  Set  h,  Enoch,  sa 
vie,  7370-7373,  7832-3,  7903. 

En t lioros,  voy.  Antkre. 

Envie,  personnifiée,  disserta¬ 
tion  sur  PE.  34739-34884  ; 
2998,  33o34,  33273,  .>3280, 
3619?. 

Eodaldes,  chrétien  venu  à 
Rome  du  temps  de  saint 
Pierre,  I,  343  a. 

Eoly  Jonas ,  voy.  Iollas. 

Epervier  (P),  Esprevier,  4 1071. 

0 

Epcrvier  P}  et  le  chapon,  exem- 

rie,  ii,  2-19-249  *«• 

Epiiése,  ville  de  Lydie,  Elphese, 
1,  246  g  43  ;  I.  278  ï  114. 

Epiciers,  satire  de  leur  métier, 
26333  268:0. 

Epine  (Notre-Dame  de  t.*],  son 
cure  renonce  à  la  cure  pour 
rester  avec  sa  concubine  et 
celle-ci  l’abandonne  dès  qu’il 
n’a  plus  de  moyens  d’exis¬ 
tence,  33348-33624. 


3ig 

Epipiiane,  Epiphaine ,  un  grand 
faiseur  d  istoires,  I,  237  g  18. 

0 

Epiphanie  ou  fête  des  rois, 
Thyphaine,  Tiphaine ,  I,  2  36- 

237  s  17- 

Epines  (les)  des  apôtres,  epitle , 
espitle , .  3287  »  Epi  très  saint 
Pol.  I,  266  §  92,  32589  ; 
Gloses  sur  les  Épitres  S.  Pol 
de  P.  Lombard,  I,  284  §  1 3 3. 
Eraclc ,  voy.  Heraclius. 
Eraclone ,  voy.  Heracllonas. 
Erculàs,  voy.  Hercule. 

Eride,  la  grande  et  la  petite  É. 
font  partie  de  l'empire 
d’Alexandre,  17107-8. 

Eritree ,  voy.  Sibille  d  Ery¬ 
thrée. 

Erius.  fils  d’Alcidès,  marchand, 
est  victime  de  sa  crédulité, 
I,  3o8-3o9. 

Ermenfride,  Mainfroi,  fait  pé- 

0 

rir  Ebroïn,  II,  2  3o. 

Ermenie ,  voy.  Arménie. 

Ermite  (De  P),  œuvre  d’Alcuin, 
I,  266  §  92. 

Erythrée,  Eritree ,  voy.  Si- 

0 

HYLLK  d’E. 

Esaù,  fils  d’  Isaac,  37373. 
Escalona  (prov.  de  Scgovie), 
Escalonne ,  I,  334  <*• 
Escalonne,  [Calccdonia  dans 
l'Historia  de  praeliis],  1 1043. 
1 1047. 

Eschine,  orateur  athénien,  As- 
cinis ,  10327-9. 

Esclavonnie,  royaume  conquis 
par  Alexandre,  11390. 
Esclesiastes ,  [fausse  lecture  de 
l’auteur  pour]  «  Histoire 
auguste  »,  I,  246  g  42. 
Escoce ,  Escoche,  Escochois , 
voy.  Ecosse. 

E scorpion,  voy.  Scorpion. 
Escot  (/  ),  voy.  Jean  Scot  Éri- 

GKNE. 

Escript  (/’),  VEscripture ,  voy. 

# 

Ecriture. 

Esecs ,  voy.  Esséniens. 
Esgipciens ,  voy.  Egypte. 

0 

Esope,  le  fabuliste,  Isope  le 
sage ,  28288. 

Espagne,  Espaigne,  Hvspan- 


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UNIVERSITÉ  OF  MICHIGAN 


320 


RENART  LE  CONTREFAIT 


>t/a,  est  évangélisée  du  temps 
de  Constantin,  I,  349  a  ; 
campagne  de  Charlemagne 
en  E.,  I,  33a  a- 335,  37395- 
3733o  ;  21207,  22*97  ;  I,  241 
$  26,  259  §  72,  263  §  84,  263 
§  9C  267  §  94,  273  §  io3,  282 
§  126,  283  §  128  ;  32266;  If, 
223  ;  Espagnols,  8120  ;  I,  290 
§  148;  voy.  Constance  d’Ara- 
gon. 

Espalle ,  voy.  Séville. 

Espaulavt  (Jaques),  voy.  Jac¬ 
ques  de  Vit r y. 

Espérance,  personnifiée,  23699, 
23935  ;  les  avantages  qu’elle 
offre  à  ses  adeptes,  24 1 1  3- 
24302,  3540I-333io,  39137- 
39184. 

Espérance,  fille  de  sainte  So¬ 
phie,  I,  244  §  35. 

Esperite  (saint),  voy.  Esprit. 

Espinart,  le  Hérisson,  535. 

Espitle,  voy.  Épitrcs  (les). 

Esprevier  voy.  Épervier. 

Esprit  (le  saint),  saint  Espe- 
rite,  4884,  7698  ;  I,  229  §  6, 
236  §  17»  237  §  18;  29916, 
34806,  3481 1 . 

Essénikns,  Esées,  secte  juive, 
I,  233-6  §  14. 

Estella  (Navarre),  Stella,  I, 
334  a. 

0 

Estiene,  Estienne,\ oy. Etienne. 

Estor,\oy.  Hector. 

Estrape,  voy.  Satrape. 

Estunii/s ,  voy.  Joseph  Iscasi  s. 

Éther,  région  supérieure  de 
l'atmosphère,  34531-34620. 

Éthiopiens  (les),  8481,  8489, 
8493. 

Étienne  (saint),  Estienne ,  son 
martyre,  I,  237  §  18. 

0 

Etienne  (saint),  pape,  Estiene, 
son  règne,  I,  358. 

É tienne  [II],  pape,  I,  263  § 

86. 

Étienne  [111],  pape,  saint  Es¬ 
tiene,  son  règne,  est  marty¬ 
risé  par  Constantin  IV,  I, 
265  §  90. 

Étienne  [IV],  pape,  Estiene , 
son  règne,  I,  362. 


0 

Etienne  [V],  pape,  son  règne, 
I,  36j  a. 

0 

Etienne  [IX],  pape,  Estiene, 
son  règne,  I,  363  a . 

0 

Etienne,  comte  de  Blois,  Es¬ 
tienne,  part  pour  la  croisade, 
I,  282  §  126. 

0 

Etienne  (saint),  fondateur  de 
Tordre  de  Grandmont,  saint 
Estiene ,  I,  281  §  120. 

# 

[Etienne  Tempibr],  évéque  de 
Paris,  couronne  Mariede  Bra¬ 
bant,  I,  290  §  147. 

Etymologies  (Livre  des),  com¬ 
posé  par  Isidore  de  Séville,  I, 
239  §  72. 

Euclide,  mathématicien  grec, 
Euclidès ,  473. 

Eudes,  comte  de  Champagne, 
échange  la  comté  de  Beau¬ 
vais  contre  Sancerre,  I,  276 
t.  *09. 

[Eudes],  comte  de  Poitiers,  est 
fait  prisonnier  par  Geoffroy 
Martel,  I,  282  $  124. 

Eudes  de  Sens,  jurisconsulte, 
maistre  Obert  de  Sens ,  2467. 

Eudes  de  Sully,  évêque  de 
Paris,  I,  286  §  137. 

Euffralès,  Eufratès,  voy.  Eu¬ 
phrate. 

Euffroy,  voy.  Alfred  leGrand. 

Eugène  (sainte),  son  histoire, 
I,  245  §  3q. 

Eugène  (saint),  pape,  Eugenius , 
son  règne,  I,  36 1  a . 

Eugène  [II],  pape,  I,  268  §  95. 

Eugène  [III],  pope,  condamne 
Gilbert  de  La  Porée,  I,  284 
8  1 3 1  ;  son  règne,  I,  364  a. 

Eugenius,  voy.  Eugène. 

Eugenius,  I,  357,  v°y*  Hygin; 
20430,  voy.  Virginius. 

Eumène  de  Cardia,  Syméon , 
clerc  privé  d’Alexandre,  fait 
le  testament  de  son  maître, 
17043-17188;  Eminide ,  Emi- 
nidus,  à  la  mort  d’Alexandre 
reçoit  le  Cappadoce;  sa 
guerre  contre  Neoptolème, 
17557-17605;  sa  guerre  con¬ 
tre  Antigone  et  sa  mort, 
17619-17700. 


Euphrate,  fieuve,  Eufratès , 
Euffratès  ,  17416-1  7424  ; 

19290-19302;  19353;  fleuve 
du  Paradis  terrestre,  3778. 

Eupiirosine  (sainte),  en  religion 
frère  Marade\  (Smaragdus), 
son  histoire,  I,  255-6  §  58. 

Europe,  partie  du  Monde, 
8047»  9478,  10623,  i253q, 

1 4 1 3 1 9  16573. 

Eurydice,  femme  d'Arrhidcc, 
Occudite,  Octudite,  est  mise 
à  mort  parOlympias,  17701- 

,777l* 

Eusèbe  (saint),  pape,  Eusebin, 
son  règne,  I,  338  a. 

Eusèbe  de  Césarée,  auteur  de 
Y Eclcsiatique  histore,  1,  2  32 
§  10,  238  §  18,  241  §  28. 

Eusebin,  voy.  Eusèbe  (saint). 

Eustachk  (saint),  saint  Eusta- 
ce,  sa  mort,  I,  242  g  3 1 . 

Eustaciie  [III  de  Boulogne], 
frère  de  Godefroi  de  Bouil¬ 
lon,  Eustace ,  f,  282  §  126. 

Eutheros,  voy.  Antère. 

Eutichien  (saint),  pape,  Eutio- 
chien .  nef  Turqulens,  son 
règne,  I,  358  a. 

Eutiochien ,  voy.  le  précé¬ 
dent. 

Eutropp,  historien  latin,  I,  242 
§32. 

Euvangeliste,  voy.  Jean  (saint'. 

Euvangille ,  voy.  Évangile. 

Euverte  (saint),  évêque  d’Or¬ 
léans,  Saint  Evurce ,  fonde 
Sainte-Croix  d’O.,  I,  25o-i 
§  5o. 

Evain,  voy.  Ève. 

Evangelistre  (T),  voy.  Jean 
(saint). 

Evangile,  Euvangille,  Ewan- 
gille,  histoire  du  clerc  qui  ne 
voulait  pas  chanter  l'évangile 
devant  l’empereur  Henri  III, 
I/277  §  43;  3288,  8 309, 
19753;  I,  229  §  5,  236  §§  i3 
et  17,  320;  25745,  25842, 
3 1 3 1 7,  34811  ;  —  selon  saint 
Mathieu,  32821. 

» 

Eve,  Evain ,  la  première  fem¬ 
me,  6524,  6595,  6611,  6694, 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


321 


6791,  68o3,  681 3,  14587, 
37634. 

Évaristb  (saint),  pape,  I, 

357. 

* 

Evas,  père  de  Porphirias, 
donne  sa  fille  Gaïte  à  Bilas, 
4139-4216. 

Évreux  (Eure),  se  rend  à  Phi¬ 
lippe  Auguste,  I,  286  §  137. 

Evurce  (saint),  voy.  Euverte. 

# 

Ewangille,  voy.  Evangile. 

Exiona ,  voy.  Hésionb. 

Ejecta,  voy.  Uceoa. 

Fabianus ,  Fabiem ,  voy.  le  sui¬ 
vant. 

Fabien  (saint),  pape,  Fabiem , 
Fabianus ,  son  règne,  I,  358; 
I,  348  a\  I,  246  §  43. 

Fabien ,  pape,I,  36 1,  voy.  Sabi- 
nien. 

Fais  des  Roumains,  voy.  «  Ges- 
ta  Romanorum  •. 

Faramont ,  voy.  Pharamond. 

Fare  (sainte),  Jointe  Phare ,  I, 
252  §  72. 

Faron  (  saint  ),  [évêque  de 
Meaux],  saint  Pharaon ,  1, 
258  S  72* 

Faucellej ,  voy.  Vaucelles. 

Fauve  (Dame),  la  Jument,  543; 
le  Renart,  le  Loup  et  Dame 
F.,  II,  242-243. 

Fauveau ,  voy.  le  suivant. 

Fauvel  Fauveau ,  Fauvillon, 
dans  l’expression  torchier 
Fauvel  (tromper,  commettre 
un  mensonge),  280,  612, 
1695,  4869,  5539,  27763- 
27770,  40415. 

Fauvillon ,  voy.  le  précédent. 

Faux  Semblant,  personnifié, 

33375, 37749. 

Fécamp  (Seine-Inférieure),  Fe- 
camps,  Fesquamcq ,  l'abbaye, 
I,  262  §  80;  terminée  par 
Richard,  I,  276  §  1 10. 

Federic,  voy .  Frédéric  II. 

Fedris ,  voy.  Frédéric  Ier. 

Felis,  voy.  Félix. 

Félix,  pape,  Felis,  son  règne, 
I,  35o;  ne  règne  que  pendant 
l’exil  de  Libère,  I,  359. 

T.  II. 


Félix  [II]  (saint),  pape,  Felis , 
son  règne,  I,  36o. 

Félix  [III],  pape,  Felis,  de 
Sabres  nef,  son  règne,  I,  36o 
o;  I,  35 1 . 

Fémenib,  pays  des  Amazones, 
14062. 

Femme  (la)  adultère  de  l'Evan¬ 
gile,  II,  209. 

Femmes,  plaintes  des  mau¬ 
vaises  f.  contre  leur  mari, 
4006 1  -40443 . 

Fenis  (le  mont),  i8o32. 

Ferrand  de  Portugal,  comte 
de  Flandre,  Ferrant,  son 
histoire,  2643-2814;  est  pris 
au  pont  de  Rames,  I,  287 
§  141  ;  29345-29350. 

Ferrent,  voy.  Antoine  de  Pa- 
doub  (saint). 

Ferréol  (saint),  saint  Ferreole , 
son  martyre,  I,  249  §48. 

Fesquamcq,  voy.  Fécamp. 

Fkstus  [procurateur  de  Judée], 
Fétus ,  envoie  saint  Paul  à 
Rome,  20692. 

Fétus ,  voy.  Festus. 

Feuillen  (saint),  frère  de  saint 
Fursi,  Folien ,  fonde  Pabbaye 
de  Fosses,  I,  261  §  76. 

Fielle,  voy.  Fiesolb. 

Fiesole,  près  Florence,  Fielle, 
9211,  21389,  2141 1. 

Fil  lot  ès ,  Filotes,  voy.  Philo¬ 
tas. 

Filf  (le)  de  Dieu,  voy.  Jésus 
Christ. 

Flamains,  Flamencs,  Flamengs, 
Flamens ,  voy.  Flandre. 

Flandre  (la),  fondation  du 
comté,  I,  269-270  §§  98-99; 
allusion  aux  guerres  de  F., 
Il,  208;  2649;  29«  §  ,5°; 

38788,  38793  ;  -  les  Fla¬ 
mands,  Flamains ,  Flamencs, 
Flamengs .  Flamens ,  sont 
battus  à  Bouvines,  2751- 
2768;  I,  287  §  141  ;  auraient 
soudoyé  Enguerran  de  Mari- 
gny,  28999-2900 1  ;  vainqueurs 
à  Rosbecque,  I,  2928  1 5 1  ; 
tiennent  en  prison  Louis  de 
N'evcrs,  I,  296  §  16 1  ;  sont 


battus  par  Ph.  le  Bel  et  Ph. 
VI,  23097-23 i5o;  leur  haine 
contre  les  nobles,  27719- 
27736;  2322!  ;  —  comtea  : 
Baudouin,  Robbrt  II,  Phi¬ 
lippe  d’Alsace,  Baudouin  de 
Constantinople,  Fbrrand  de 
Portugal,  Gui  de  Dampierre, 
Louis  de  Nevers. 

Florence,  capitale  de  la  Tos¬ 
cane  ,  Flourence ,  appelée 
d’abord  Fielle  (?),  puis  Chief 
de  Mars,  921 1-2;  21411- 
21422  ;  Florentins,  21420. 

Florent,  fils  d’Antipater,  Flou - 
rent,  18409;  combat  contre 
Élior,  18416-18466;  18487, 
18491,  1H546,  18577;  com¬ 
bat  l'armée  d’Élior,  est  fait 
prisonnier,  relâché  et  repris, 

18587-19186. 

Florien,  empereur  romain, 
Florian ,  I,  247  §  4 3  et  349. 

Florum,  dieu  de  la  Luxure, 
37786-37794. 

Flory ,  voy.  Saint- Bbnoit-sur- 
Loirb. 

Flotte  (Pierre),  voy.  Pierre  F. 

Flourence,  voy.  Florence. 

Flourent ,  voy.  Florent. 

Foi,  personnifiée,  23699. 

Foi,  fille  de  sainte  Sophie, 
Foy,  I,  244  §  35. 

Foires  (droit  sur  les),  37793- 
37910. 

Folien,  voy.  Feuillen. 

Fontainebleau  (Seine-et-Mar- 
ne),  Fontainebliaust,  Philippe 
le  Bel  y  meurt,  I,  293  8  i54. 

Fontknai  [en  Puisaye],  bataille 
entre  les  fils  de  Louis  le  Dé¬ 
bonnaire,  I,  268  §96. 

Forcb,  personnifiée,  24219, 
37325. 

Forcin  (saint),  voy.  Fortin. 

Formatage,  dissertation  sur 
le  F.,  37193-37306  ;  son  in¬ 
troduction  en  France  par  la 
Bourgogne,  37560-37696. 

Formentera,  Ile,  une  des  Ba¬ 
léares,  Formantaire,  1,354  a. 

Formosb,  pape,  Formosus ,  son 
règne,  I,  362  a. 

21 


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322 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Forsbnnerie  f  personnifiée  , 
34430. 

Fortin  (saint),  saint  Forcin ,  I, 
242  §  3 o,  I,  347  a. 

Fortune,  personnifiée,  2943, 
2958,  2960, 2964,  2967,  2985, 
2993,  3oo3, 3887, 4680,  5794- 
5, 1271 3;  I,  3 1 3;  22537,  2  3265, 
233oo,  28734,  30078,  30874, 
30894,  30924,  30927,  33807, 
338i2,  338i5, 338i7,  33825, 
33857;  II,  195  et  217. 

Fosses,  près  Liège,  les  Fosses , 
abbaye  fondée  par  saint 
Feuillen,  I,  261  §  76. 

Foude ,  voy.  Fulda. 

Foulques  [III  le  Noir],  comte 
d’Anjou,  Fouques ,  son  pèleri¬ 
nage  à  Jérusalem,  I,  282 

§  124. 

Foy,  voy.  Foi. 

Frac/fl/eruj,voy.PHRATAPHERNE. 

Fradegonde,  voy .  Frédégonde. 

France  (la),  devenue  la  pre¬ 
mière  des  nations  depuis  le 
temps  de  César,  21628-2 1700  ; 
famine,  I,  288  §  143;  croisade 
préchéejen  1 3 10,  27632-3,  et 
en  f  3 1 3,  I,  293  §  1 53 ;  massa¬ 
cre  de  lépreux,  I,  296  §  162; 
suite  des  rois  :  II,  220-23 1  ; 
8662,  15896,  19732,  2oo5o, 
21447;  I.  247  44  et  47. 

252-3  §  54,  256  §  59,  260 
§  75,  261  §  76,  263  §  84,  264 
§  87,  265-6  §  92;  267  §  94, 
268  §§  95-96,  270  §  99,  271 
§§  100  et  (02,  272  §  104,  276 
S  1 12,  284  129-130,  285 

§  1 33,  287  §  1 38,  292  §  1 32, 
294  §  1 55,  35o,  355  a,  359, 
36oa,  365,  366a;  —  les  Fran¬ 
çais,  François ,  Franchois , 
2747,  2867,  8120;  I,  256  §39, 
263  §§  85-86,  267  §  93,  269 
S  97.  270  §  98-99,  271  §  100- 
io3,  272  §  104,  284  §  129, 
288  §  142,  291  §  1 5o,  292 
S  1 5 1 ,  355  a,  359  ;  II,  221  a, 
222,  222  a;  — ducs  :  Hugues 
le  Grand,  Hugues  Capet. 

Franchois t  voy.  François. 

Franchois  (les) ,  voy.  France. 


Francion,  roi  des  Francs, I,  256, 
§  39. 

Francoine ,  voy.  Franconie. 

François  (les),  voy.  France. 

François  d’Assisk  (saint),  saint 
Franchois  %  précheauxoiseaux, 
4545-4546;  fonde  l'ordre  des 
frères  Mineurs,  I,  287  §  x 38 ; 
433o,  4534,  4539,  32853. 

François,  seigneur  franc,  af¬ 
franchit  sa  nation,  II,  220  a. 

Franconie,  Francoine ,  I,  256, 

s  39. 

Francs  (les),  Frans ,  I,  355  a; 
II,  220  a. 

Frédégonde,  femme  de  Chil- 
péric,  Fradegonde ,  son  his¬ 
toire,  II,  224  a-228;  II,  23l 
et  233. 

Frédéric  Ier,  empereur,  Fedris , 
son  règne,  I,  284  §  1 33,  356  ; 
sa  mort,  I,  286  §  x  36 ;  I,  287 
§  *39. 

Frédéric  II,  empereur,  Fede- 
ric ,  son  règne,  I,  287  §  140; 
est  excommunié,  I,  288  §  143  ; 
1,  289  §  145;  qualifié  roi  de 
Sicile,  I,  335  a. 

Frères  Mineurs  ou  Cordeliers , 
fondation  de  l’ordre,  I,  287 
5  1 38 ;  I,  288  §  143;  Jean  de 
Pouilly  leur  conteste  le  droit 
de  confesser,  I,  294 §  1 57 ;  353, 
827;  I,  3 16  a;  23177,  25579. 
27703,  32463,  32846,  36 1 66 ; 
moines  gris ,  32417. 

Frères  Prêcheurs  ou  Domini- 
nicains,  dits  Jacobins  et  Jaco- 
pinSy  fondés  par  saint  Domi¬ 
nique,  I,  286-7  §  *38  et 
27692-27702  ;  Jean  de  Pouilly 
leur  conteste  le  droit  de  prô- 
cher,  I,  294  §  J 5; ;  333,  85;; 
1,  288  §  i43,  290  §  148,  292 
§  i3i,  293  §  1D4,  363; 23177, 
25379,  32463, 40833 ;  — géne- 
rai  de  l’ordre  :  Jourdain  de 
Saxe  ;  —  cf.  Pierre  (saint) 
martyr. 

Frise,  prov.  de  Hollande,  ceux 
de  F.  envahissent  la  France 
avec  les  Normands,  I,  268 

§  96- 


Frise ,  Frisiensy  voy.  Phrygie. 

Frobert  le  Grillon,  Frobert 
Roussiaulx ,  le  gierillon  sire 
Frobert  ;  541  ;  sa  rencontre 
avec  Renart,  27444-27829; 
II,  200  et  202. 

Fromont  l’Ane,  Fromont  près - 
tre,  I,  322  ;  suit  Renart  dans 
son  pèlerinage,  25787-26346. 

Fulbert,  évêque  de  Chartres, 
Philibert ,  I,  274  §  106. 

Fulda  (Hesse-Nassau),  Foude, 
l’abbaye,  sa  fondation,  I,  203 
§  86;  I,  277  §  1 1 3. 

Fulvia,  maîtresse  de  Quintus 
[Curius],  dévoile  la  conjura¬ 
tion  de  Catilina,  2 1 283-2 1 365. 

Furet  (le),  voy.  Porchat. 

Fursi  (saint),  saint  Fursee, 
fonde  l’abbaye  de  Lagny,  I, 
261  g  76. 

Gabinus  (Aulus),  Gabifiy  sa 
femme  [Lollia]  est  séduite 
par  César,  21749-50. 

Gablan ,  seconde  femme  de 
Lamech,  corr.  :  Sella,  voy. 
ce  mot. 

Gabriel  l'angle ,  I,  259  §  74. 

Gaiette  (Gérard),  voy.  Gérard 
de  la  Guette. 

Gaïtb,  Gayette ,  fille  d’Evas, 
est  accordée  à  Bilat,  mais 
finit  par  épouser  Athis,  4143- 
4216. 

Galba,  empereur,  Galbe ,  I,  241 
§  26-27;  I,  346. 

Galcarinus,  roi  des  Mardissan- 
sardis,  est  vaincu  par  Ale¬ 
xandre,  i55oi-i554o. 

Galéas  [Visconti],  Galliathe, 
viconte  de  M élan,  Jean  XXII 
prêche  la  croisade  contre  lui, 

I,  295-6  §  160. 

Galère,  empereur  romain,  Gal- 
lerc ,  I,  248-9  §  48-9. 

Gales ,  voy.  Galles. 

Galeswinthe,  soeur  du  roi 
d’Espagne,  femme  de  Chil- 
péric,  Gasonde ,  est  tuée. 

II,  225. 

Galice,  royaume  d’Espagne, 

I,  239  |  2 3,  334;  villes  de  G. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


prises  par  Charlemagne,  I, 
354  a  ;  I,  355;  37405. 

Galien ,  empereur,  voy.  Gal¬ 
icien. 

Galibn,  monlt  notable fisicien , 
5oo6;  I,  244  §  35,  245  §  37, 
348;  23389,  23393,  25078. 
Galilée,  région  de  la  Pales¬ 
tine,  Galliléc,  I,  239  §  20;  — 
(mer  de)  1,  354. 

Galle,  voy.  Gallus. 

Galle  {la),  voy.  Gaule. 

Gallere ,  voy.  Galère. 

Galles  (pays  de).  Gales,  est 
conquis  parPhilippe  Auguste 

I,  287  §  141  ;  11,  233. 
Galliathe,  viconte  de  Melan , 

voy.  Galéas  Visconti. 
Gallien,  empereur,  Galien,  I, 
246  g  44  et  349. 

Gallilée ,  voy.  Galilée. 

Gallus,  empereur,  Galle,  1, 
2468  44  et  349. 

Galle,  mauvaise  lecture  de 
l'auteur  pour  «  Austria  »,  voy. 
Austrasie. 

Gand  (Flandre  orientale), 
38563. 

Ganelon,  Guenelon ,  Guennelon , 
sa  trahison,  I,  267  §  94, 
353  a. 

Gascogne,  province  française, 
Gascongne,  17397;  I,  290 
§  149,  295  §  1 58;  campagne 
de  Charles  de  Valois  en  1324, 
§  159  ;  I,  296  8  *61. 

Gasonde ,  voy.  Galeswintiie. 
Gastices,  peuple  de  l’Inde, 
i433i. 

Gatinais,  région  de  France, 
Gastinois ,  I,  248  §  47. 

Gauius ,  voy.  Calîgula. 

Gaule  (la),  Galle ,  Gaulle ,  Gau- 
lin  (acc.),  Gaula, 8661 ,  x656o, 
2°o5i  ;  I,  244  §  34,  247  §  47, 
253  g  54,  267  §  94;  35o,  359; 

II,  221;  —  les  Gaulois,  les 
Gaules,  viennent  habiter  la 
France  sous  Valentinien,  I, 

252  g  54. 

Gaulles  (les),  les  Gaulois,  voy. 

le  mot  précédent. 

Gautier,  nom  d’homme,  26766. 


Gautier  d’AuNOY,  accusé  d'a¬ 
dultère  avec  Marguerite  de 
Navarre,  est  supplicié,  I,  293 
§  154. 

Gautier  de  Chatillon,  conné¬ 
table,  dévaste  le  Barrois,  I, 
291  g  i5o. 

Gaye,  voy.  Calîgula. 

Gayette ,  voy.  Gaïte. 

Gayus,  voy.  Calîgula. 

Gédrosie,  Béloutchistan,  Dra- 
cionois,  échoit  à  Sibyrtios, 
17379-17380. 

Geffroy,  voy .  Geoffroi. 

Gklase  (saint),  pape,  Gelaisse , 
son  règne,  I,  36o. 

[Gélasb  II]  pape,  auparavant 
Jean  [Gaetani],  Gelaisse,  I, 
283  g  128  et  364.. 

Gémeaux  (les),  signe  du  Zodia¬ 
que,  Jumeaulx ,  Juvenaulx , 
I,  229  g  6  et  234  gg  1 2- 1 3. 

Genebaut,  chef  franc,  II,  221. 

Geneviève  (sainte),  sainte Gene- 
viesvc,  I,  257  g  66,  35o  a, 
36o  a . 

Genèvrk  (la  reine),  femme  du 
roi  Artur,  4427  ;  I,  256  g  63. 

Gbngoul  (saint),  saint  Jangou, 
son  histoire,  I,  264  §  87. 

Genofosistes,  voy.  Gymnoso- 

PHISTBS  • 

Gentille,  femme  du  roi 
Édouard,  héroïne  du  lai  du 
Laustic,  II,  233  <1-234  a . 

Geo,  pape,  voy.  Jean  [v.]. 

Geoffroi,  évéque  de  Langres, 
Gcuffroy,  I,  284  §  1 3 1 . 

Geoffroi  [de  Lèves]  évéque  de 
Chartres,  Geffroy ,  termine 
le  schisme  d’Anaclet,  I,  284 
§  i3o; g  1 3 1  - 

Geoffroi  Martel,  comte  d'An¬ 
jou,  Geuffroy,  ses  guerres, 
I,  282  §  124. 

Georacïen,  peuple  d’Asie  Mi¬ 
neure,  9412. 

Georges  (saint),  chevalier,  saint 
George,  sainf  J  orge  s,  anec¬ 
dote  sur  lui,  I,  240  §  24  et 

248  g  47. 

Géorgiques  (les)  de  Virgile, 
Gioricques,  19587. 


Gérard  (saint),  saint  Girars,  I, 
356. 

Gérard  de  La  Guette,  surin¬ 
tendant  des  finances  sous 
Philippe  V,mis  à  la  torture  en 
1 322,  Gérard  Gaiette,  30925. 

Gérard  de  Roussillon,  voy. 
Girard  de  R. 

Gerbert,  voy.  Silvestre  IL 

Germain  l’Auxbrrois  (saint), 
son  histoire,  I,  247  g  44;  son 
voyage  en  Angleterre,  I,  257 
§  66. 

Germanie,  I,  241  g  26,  263  g  86, 
271  §  100,  282  g  126;  —  les 
Germains,  Germiniens,\,  348. 

Germiniens,  voy.  Germanie. 

Gérone  (Catalogne),  Gerunda, 

I,  354  a. 

Gerosme,  voy.  Jérôme. 

Gertru ,  voy.  Bertrudb. 

Gerunda,  voy.  Gérone. 

Gbrvais  (saint),  I,  256  g  60  et 
349. 

■  Gesta  Romanorum  »,  Fais 
des  Roumains,  I,  232  g  10. 

Gbtrisus,  au  partage  de  l'em¬ 
pire  d’Alexandre,  reçoit  la 
Provence,  17393-6. 

Geuffroy,  voy.  Geoffroi. 

Ghislain  (saint),  [abbé  de  Hai- 
naut],  saint  Guilain,  27245. 

Gibraltar  (Espagne),  Gisbas- 
taire,  I,  354  a • 

Gif  (Seine-et-Oise,  arr.  de  Ver¬ 
sailles),  Giffe,  abbaye  fondée 
par  Maurice  de  Sully,  I,  286 

§  «37. 

Gigny  (Jura,  arr.  de  Lons-lc- 
Saulnier),  abbaye,  I,  271  §§ 
100-10 1. 

Giiion,  fleuve  du  Paradis  ter¬ 
restre,  Gy  on,  3778. 

Gilbert  de  la  Porée, évéque 
de  Poitiers  ;  ses  écrits  sont 
condamnés,  I,  284  §  i3i. 

Gilbert,  archevêque  de  Ra- 
venne,  voy.  Guibert. 

Gille  [saint),  voy.  Gilles  (saint). 

Gillc,  I,  270  §  99,  voy.  Gisèle. 

Gilles  (saint),  saint  Gille, 
saint  Gille\  de  Prouvence,  I, 
262  §  82,  32197. 


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RENART  LE  CONTREFAIT 


Gilles ,  prince  des  Romains, 
voy.  Aegidius. 

[Gilles  Cornu],  archevêque  de 
Sens,  I,  290  §  147. 

Gillef  (saint),  voy.  Gilles. 

Gioricques ,  voy.  Géorgiques. 

Girard  de  Roussillon,  comte 
de  Bourgogne,  I,  263  §  84. 

Girars  (sains),  voy.  Gérard 
(saint). 

Gisbastaire ,  voy.  Gibraltar. 

Gisèle,  fille]  [de  Charles  le 
Simple  et  non  de]  Charles  le 
Gros,  Gille ,  épouse  Rollon, 
1,270999. 

Gloses  sur  les  Épitres  de  saint 
Paul,  par  Pierre  Lombard,  I, 
384  §  i33. 

Gloutonnerie,  personnifiée, 
Gloutonnie,  Gloutrenie  ,2809 1- 
281 36;  tirade  sur  la  G., 
36645-36794. 

Godefar,  voy.  Guadalajara. 

Godefroî  de  Bouillon,  Godef- 
froy ,  duc  de  Lorraine ,  Gor- 
defroy  de  Butllon,  conduit  la 
croisade,  I,  282-3  §  126. 

Goc,  démon,  Gof,  1 3584-5. 

Goheut ,  voy.  Clothilde. 

Goliath,  Golias ,  Golyas ,  8764, 
8766,  19858,  36917. 

Gomarut ,  voy.  le  suivant. 

Gomatrude,  femme  de  Dago¬ 
bert,  Gomarut ,  II,  229. 

Gombaulx  (frère),  1 3 1 7,  1 3 2 3 . 

Gombert  le  Pourry  (frère),  vi¬ 
lain  ?,  1 3 16. 

Gomore,  ville  de  la  Pentapolc, 
détruite  par  le  feu  du  ciel, 
8192,  33040. 

Gontran,  roi  de  Bourgogne, 
tuteur  de  Clotaire  II,  II,  228- 
229. 

Goran ,  voy.  Oran. 

Gordefroy ,  voy.  Godefroî. 

Gordian ,  voy.  Gordien. 

Gordiana ,  voy.  Idanha. 

Gordien,  empereur,  Gordian , 
I,  245  §  43  et  348  a. 

Gordube ,  voy.  Cordoue. 

Gorze  (Lorraine  annexée), 
Corse ,  abbaye  fondée  par 
Chrodegang,  I,  264  §  86. 


Got ,  voy.  Gog. 

Goudris ,  voy.  le  suivant. 

Gouri  le  Porc,  Goudris ,  Gour- 
ris,  542;  plaide  contre  Rcnart 
5091-5210. 

Gourris,  voy.  le  précédent. 

Graal  (Le  Livre  du),  Grael ,  II, 
235  a. 

Grâce,  personnifiée,  disserta¬ 
tion  sur  la  G.,  29877-29988. 

Gracien ,  voy.  Gratien. 

Grael ,  voy.  Graal. 

Gramaticus  (le  flun),  voy. 
Granique. 

Grammaire,  un  des  sept  arts, 
34179-34194. 

Grandmont  (ordre  de),  sa  fon¬ 
dation  I,  281  §  120. 

Granicus ,  voy.  le  suivant. 

Granique,  fleuve  d'Asie  Mi¬ 
neure,  Gramaticus ,  Granicus , 
12020,  17358. 

Grans  Gloses  sur  le  Psaultier 
de  Pierre  Lombard,  1,  284 
§  «33. 

Gratien,  empereur,  Gracien ,  I, 
258  §  59-60  et  35o. 

Gratien  [camaldule  de  Bolo¬ 
gne],  Gracien ,  compile  le 
Décret,  I,  281  §  122. 

Grèce  (la),  Gresse,  prend  part 
à  la  guerre  de  Troie,  2567- 
2636;  pays  de  toute  noblesse, 
19467-19532;  3917,  1986751, 
233  §  1 1,  252  S  34,  262  §  82, 
26 6  §92,  271  §  99,  33 1,  364; 
voy.  Atiiis,  Alexandre, 
Brèce,  CRiTiNuset  Dardanus, 
Philippe  de  Macédoine,  Sa¬ 
turne  et  son  fils  Titus;  — 
les  Grecs,  Gregois ,  Grcsois , 
Grieulx ,  5343,  535 1,  8562, 
8393,  8708,  8743,  12974. 
19635,  23282,  30891  ;  I,  270 
§  98,  278  §  1 14,  36oa,  36 1  a, 
362. 

Grégoire  le  Grand  (saint), 
pape,  son  règne,  I,  36 1  déli¬ 
vre  Trajan  des  peines  de 
l'enfer,  I,  242-3  §  32  ;  écrit  les 
Homélies  de  Job,  I,  258  §  70; 
I,  270  §  99,  et  33 1  ;  29001, 
3a337. 


Grégoire  II  (saint),  pape,  I, 
262-3  §  82. 

Grégoire  III,  pape,  I,  263  §82. 
Grégoire  [IV],  pape,  fixe  la 
date  de  la  Toussaint  en  Alle¬ 
magne  et  en  France,  I,  268  § 
95  ;  son  règne,  I,  362. 
Grégoire  [V],  pape,  son  règne, 
I,  363. 

Grégoire  [VI].  Jean  Gratien, 
pape,  I,  278  §  1 1 3  ;  son  règne, 
1,  281  §  120  et  363  a . 
Grégoire  [Vil]  pape,  aupara¬ 
vant  Hildebrand,  sa  lutte 
contre  l'empereur,  I,  281  § 
12 1  ;  son  règne,  I,  363  a- 364. 
Grégoire  [VIII],  pape,  son 
règne,  !,  363. 

Grégoire  [IX],  pape,  aupara¬ 
vant  [Ugolin]  évéque  d’Ostie, 
assiste  aux  funérailles  de 
saint  Dominique,  I,  287  § 
141  ;  fait  prêcher  la  croisade. 
I,  288  §  143  ;  son  règne,  I, 
365  a. 

Grégoire  X,  pape,  tient  un  con¬ 
cile  à  Lyon,  I,  289  §  146;  I, 
290  §  148. 

Grégoire  de  Nazianze  (saint), 
saint  Grégoire  Na^ian^ene, 
K  252 §54. 

Grégoire  (saint)  de  Ravcnnc  ?. 
I,  25i  §  52. 

Grégoire  (saint),  évéque  de 
Sens,  Grigoire ,  I,  202  §  24. 
Gregois ,  voy.  Grèce. 

Grenade,  ville  d’Espagne,  I, 
354a. 

Gresois ,  voy.  Grèce. 

Gresse ,  voy.  Grèce. 

Grieulx ,  voy.  Grèce. 

Grifon  (le  comte),  [de  la  lignée 
des  traîtres],  son  histoire,  I, 
319-320. 

Grigoire ,  voy.  Grégoire. 
Grigoire  (saint)  Grisogonc ,  voy. 

Chrysogonb  (saint). 

Grillon  (le),  voy.  Frobbrt. 
Grimbert,  Grinbert  le  Texcon , 
cousin  Renar  s,  536,  4661  ;  va 
assigner  Renart  devant  la 
court  de  Noble,  4667-4856  ; 
5536  ;  parle  au  Lion  en  faveur 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


325 


de  Renan,  5543-5727;  con¬ 
sole  Renart  d'avoir  été  puni 
par  Droin,  I,  3i8a-32i  ;  con¬ 
seille  la  prudence  à  Briche- 
mer,  30067-30102. 

Grimoald,  fils  de  Pépin  d’Hé- 
risial,  Grimoars,  son  histoire, 
II,  23o-a3o  a. 

Grimoars ,  voy.  le  précédent. 

Grinbert ,  voy.  Grimbert. 

Gripine ,  voy.  Cologne. 

Gr isogone t  Grissogonus ,  voy. 
Ciirysogone  (saint). 

Gros  (le),  surnom  d’un  fils  de 
Louis  le  Germanique,  voy. 
Charles. 

Guadalajara  (Nouv.  Castille), 
Gode  far,  I,  354  a. 

Guenelon ,  Guennelon ,  voy. 
Ganelon. 

Gui  d'Arezzo,  Guy  A  r  et  in,  son 
œuvre  musicale,  I,  276g  ni. 

Gui  [de  Dampierre],  comte  de 
Flandre,  dénonce  son  hom¬ 
mage  à  Philippe  le  Bel,  I, 
290-1  §  i5o. 

Gui  [Foulquois],  voy.  Clément 
IV. 

[Guibert],  antipape,  sa  lutte 
contre  Pascal  II,  1,281  §  1 23. 

Guibert,  archevêque  de  Ra- 
venne,  Gilbert ,  est  fait  pape 
par  l'empereur  Henri  IV, 
sous  le  nom  de  Clément  III, 
I,  281  §  m. 

Guichard,  second  abbé  de  Pon- 
tigny,  sa  mort,  I,  364  a. 

[Guichard],  évêque  de  Troyes, 
auparavant  moine,  puisprieur 
de  Saint-Ayoul  et  abbé  de 
Moutier-Ia-Celle,  son  histoire, 
30939-31088;  II,  205. 

Guichart  (Robert),  voy.  Robert 
Guiscard. 

Guichie,  voy.  Ibiza. 

Guilain  (saint),  voy.  Giiisi.ain 
(saint). 

Guillame ,  voy.  Guillaume. 

Guillame  historiographe,  voy. 
Guillaume  de  Malmcsbury. 

Guillame  le  Pestillent ,  voy. 
Guillaume  II  d’Angleterre. 

Guillaume  II,  roi  d’Angleterre, 


Guillame  le  Pestillent ,  sa 
bêtise,  I,  281-2  §  123. 

Guillaume  Brûlé,  chanoine  de 
Troyes, originaire  de  Maraye, 
est  assassiné  par  son  clerc, 
38683-38757  ;  I,  3 18  a. 

Guillaume  (saint),  abbé  de 
Chaalis,  Guillame ,  devient 
archevêque  de  Bourges,  I, 
286  §137  ;  sa  canonisation, 
I,  287  §  141. 

[Guillaume  X  de  Guyenne], 
comte  de  Poitiers,  père  d’AIié- 
nor,  I,  284  §  i32. 

[Guillaume  I*r]  de  Hainaut,  I, 

296  §  i63. 

Guillaume  [de  Hollande],  em¬ 
pereur,  I,  356. 

[Guillaume  V],  comte  de  Ju- 
liers,  mène  la  guerre  contre 
Philippe  le  Bel,  23 1 1 5-6. 

Guillaume  de  Malmbsbury, 
Guillame  historiographe ,  I, 
275§  io5,  278  §114;  raconte 
l’histoire  de  la  femme  morte 
enlevée  par  les  démons  dans 
une  église,  278-9  §  1 1 6 ; 

raconte  l'histoire  de  deux 
vieilles  qui  à  Rome  chan¬ 
geaient  leurs  hôtes  en  ani¬ 
maux,  279  §  1 17. 

0 

Guillaume  [Longue-Epée],  fils 
de  Robert  de  Normandie,  I, 

270  §  99. 

Guillaume  [le  Conquérant], 
duc  de  Normandie,  Guillame, 
bat  le  roi  Harold  I,  280  §  1 19. 

Guillaume  de  Nogarbt,  cheva¬ 
lier  de  Prouvence ,  fait  prison¬ 
nier  Boniface  VIII  à  Avi¬ 
gnon  (?),  s’empare  de  ses  tré¬ 
sors,  mais  doit  s'enfuir,  I, 
292  §  1 5 1  • 

Guillaume  de  Saint  -  Amour, 
condamné  par  le  pape,  I,  289 
§  »44- 

[Guillaume],  archevêque  de 
Sens,  va  chercher  en  Angle¬ 
terre  Louis  d’Outremer,  l, 

271  §  io3. 

Guimaraens  (Portugal',  117- 
marana ,  I,  354  a. 

Guimart,  neveu  du  roi  de  Hon¬ 


grie,  est  fait  prisonnier  par 
Elior  devant  Rocheflour  , 
1 883 1- 1 885 1 . 

Guimer  (Frère),  nom  de  moine, 
32441. 

Guy,  voy.  Gui. 

Gymnosophistes  [considérés 
comme  un]  peuple  de  l’Inde, 
Genofosistes ,  14189. 

Gyon,  voy.  Gihon. 

Hadrien,  empereur  romain, 
Helius  Adrian,  Adrianus, 
son  règne,  I,  243-244  §  33- 
37  et  348. 

Hainaut,  comté,  Henaut,  I, 
296  §  1 63  ;  comtes  :  Beau- 
douin  V,  Guillaume  l*r;  voy. 
Jean  [de  Beaumont]. 

Hanris ,  voy.  Henri  II  de  Ba¬ 
vière. 

Harnois  (les)  (?),  peuple  faisant 
partie  de  l’empire  d’Alexan¬ 
dre,  17391. 

Harold,  roi  d’Angleterre,  Her - 
lot,  Arode ,  battu  et  tué  par 
Guillaume  le  Conquérant,  I, 
271  l  99  et  280  §  119. 

Hastuphe ,  voy.  Astolphe. 

Hatis ,  voy.  Athis. 

Haymes,  voy.  Edmond,  comte 
de  Kent. 

Hebes  de  Charenton ,  voy.  Her¬ 
bert  de  C. 

Hebrean  ( victoire  $ur)  [l’au¬ 
teur  a  ainsi  traduit  inventor 
ebrietatis ,  qu’on  lit  dans 
YHistoria  de  praeliis]  , 
14767. 

Hector,  fils  de  Priam,  Ector, 
Estor,  n’écoute  pas  les  con¬ 
seils  d’Andromaque,  3 1 323- 
3 1340;  sa  mort,  3924-3935; 
Alexandre  pleure  sur  sa  tom¬ 
be,  12962-13026;  3841, 

8365,  19669;  I,  256  §  59  et 
329  a. 

Hécube,  femme  de  Priam,  Ecu- 
ba ,  Hecuba .  ses  malheurs, 
23271-23283,  30877-30892; 
3787,  8563. 

Hkgésippe,  Egigisope,  converti 
des  Juifs,  compose  un  livre 


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326 

sur  la  destruction  de  Jéru¬ 
salem,  I,  245  §  38. 

Hélène,  femme  de  Ménélas, 
Helaine ,  son  histoire,  2567- 
2636;  3827,  3921,  19519, 
19671-4;  ses  malheurs, 
23284-23293;  30198,  30887, 
33537. 

Hélène  (sainte),  mère  de  Cons¬ 
tantin,  Helaine ,  I,  249  §  49; 
I,  25 1  §  5o  et  52  \  fille  au  roi 
de  Bretagne ,  I,  349  a . 

Hélinand,  chroniqueur,  Heli- 
nant,  raconte  une  anecdote 
sur  Trajan,  I,  243  g  32. 

Helius  Adrian ,  v^y.  Hadrien. 

Heltus  Pertinaulx ,  voy.  Pfr- 
tinax. 

# 

Helye,  voy.  Elie. 

Hémart,  de  Provins,  épicier,  re¬ 
venant  de  la  foire  de  Bray,  en 
1  3î2,  reste  pendu  à  un  arbre 
par  son  chaperon,  38921- 
38964. 

Henaut,  voy.  Hainaut. 

Hénoch,  patriarche,  Enoch , 
7872-7876. 

Henri  l#r  de  Saxe,  empereur, 
son  règne,  I,  271  §  ioi-io3  ; 
I,  356. 

Henri  11  de  Bavière,  empe¬ 
reur,  Hanris,  son  règne,  I, 
275  g  108  et  355  a;  anec¬ 
dote  du  prêtre  corrigeant 
1  enfant  de  chœur,  I,  275  § 
109;  I,  276  §  in  ;  I,  278  g 
1 1 5. 

Henri  111,  empereur,  son  rè¬ 
gne,  I,  276-7  gg  ii3-ii4,  L 
356;  I,  279  §  1 18,  363  a. 

Henri  IV,  empereur,  Herry , 
son  règne,  I,  2S0  §  118-119; 
sa  lutte  contre  Grégoire  VII, 
I,  281  §  1 2 1  ;  I,  281  §  122  ; 
meurt  à  Liège,  son  carac¬ 
tère,  1,  283  §  126-7. 

Henri  V,  empereur,  son  règne, 
I,  283  §  127-129  et  364. 

Henri  VI,  empereur,  son  règne, 
I,  286  §  1 36  et  356;  I,  287  § 
140;  couronné  par  Clément 
III,  I,  365. 

Henri  VII  de  Luxembourg, 


RENART  LE  CONTREFAIT 

empereur,  son  élection,  sa 
mort,  I,  293  §  1 53  ;  I,  295  § 
1 58. 

Henri  [II  Plantagenet],  duc 
de  Normandie,  roi  d’Angle¬ 
terre,  épouse  Aliénor  de 
Guyenne,  I,  284  g  1 3 2- 1 33  ; 
I,  285  §  1 33 ;  couronne  Phi¬ 
lippe  Auguste,  I,  285  §  134; 
fait  tuer  Thomas  Becket,  I, 
365. 

[Henri  III  de  Bar],  mari  d’A- 
liénor  d’Angleterre,  dévaste 
la  Champagne,  I,  291  § 

1 5o. 

Henri  Ier,  roi  de  France,  son 
règne,  I,  276  §  112,  I,  288 
§  142. 

[Henri  Lk  Lion]  duc  de  Saxe, 
père  d  Othon  IV7,  I,  284  § 
1 32  . 

Henri  de  Sully,  archevêque 
de  Bourges,  sa  mort,  I,  286 

§  >37. 

Héraclkonas,  empereur,  Eta- 
clone,  I,  261  g  76. 

Hkraci.ius,  empereur,  Evacle , 
son  règne,  I,  258-200  §§71- 
76  et  33 1  ;  II,  221  a. 

Héraclius  (?),  empereur,  Eva¬ 
dé, ,  père  de  Berthe  ï  aux 
grands  pieds,  I,  264  §  88. 

Héraclius-Constantin,  empe¬ 
reur,  Constentin ,  I,  258  §  71  ; 
son  règne,  I,  260-1,  §§  76-77. 

Herbert  de  Charenton,  Hebes 
de  Charenton ,  berrichon,  ses 
déprédations  contre  les 
églises  sont  punies^par  Phi¬ 
lippe  Auguste,  1,  285  §  134. 

Hercule,  demi-dieu,  Erculès , 
Hevculès ,  Hevculem,  détruit 
Troie  et  tue  Laomédon, 
3910-5,  8556-8,  19635-19650; 
tue  Amphion  et  Laomédon, 
8665-86/0;  ses  exploits  dans 
l’Inde,  i5254-i5266;  i5735-8; 
14761,  14800,  18372. 

Hercule,  fils  d’Alexandre  et 
de  Roxanc,  H  erculès,  17791, 
30908-30912. 

Hercule,  étoile,  Herculès , 
10177, 10191,  25ioo. 


Héribert,  archevêque  de  Co¬ 
logne,  I,  275  §  108. 

Héribert,  comte  de  Verman- 
dois,  Hubert ,  s’empare  de 
Charles  le  Simple,  I,  271 
§  102. 

Hérivaux,  abbaye  d'Augustins 
près  Luzarches  (Seine-et- 
Oise),  Hevivaulx,  fondée  par 
Maurice  de  Sully,  I,  286  §  1 37. 

Herlot ,  voy.  Harold. 

Hermenie ,  Hermeniens ,  voy. 
Arménie. 

Hevmeves ,  voy.  Hermières. 

Hermès  Trismégiste,  Hermès 
Tevmergistès ,  cité  par  saint 
Augustin,  I,  23 1  §  8-9. 

Hermières,  abbaye  de  Prémon- 
trés,  près  Crécy  (Seine-et- 
Marne),  Hermeres ,  fondée 
par  Maurice  de  Sully,  I,  286 
§  *3 7. 

Hérodk  le  Grand,  fils  d’Anti- 
pater,  est  fait  roi  de  Judée, 
Erode ,  1,  227  §§  1-2 ;  ordonne 
le  massacre  des  Innocents. 
7770-7**23  et  I,  236  §  i5;  I, 
238  §  19. 

Hkrode  [Antipas],  fils  d’Hérode 
le  Grand,  tétrarque  de  Judée, 
Erode ,  fait  mourir  saint 
Jean-Baptiste,  56 1 3*5710  et 
I,  237  §  17;  épouse  Héro- 
diade,  vient  à  Rome,  est  exilé 
à  Lyon,  I,  238-9  §§  *9-20  et 
I,  344  a. 

Hkrode  Agrippa,  neveu  du  pré¬ 
cédent,  son  histoire,  I,  238-ç 
§§  19-20,  239-240  §  23;  1,345. 

Hérodiade,  Herodias ,  Erodias , 
obtient  la  mort  de  saint  Jean- 
Baptiste,  56 1 3-57 10;  sœur 
d’Hérode  Agrippa,  I,  238  § 
19;  ses  intrigues,  elle  accom¬ 
pagne  Hérode  à  Lyon,  I,  239 
§  20  et  344  a. 

Herry ,  voy.  Henri  IV,  empe¬ 
reur. 

Hersan,  la  famé  Constan , 
paysanne,  11,  21 3  a . 

Hersent,  la  Louve,  femme 
d'isengrin,  Hcrsems ,  trompe 
Isengrin,  I,  3io-3 12  ;  accusée 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


de  tromper  Isengrin,  se  dé¬ 
fend,  3692-3740;  543,  8o3, 
3167,  3232,  33o5,  3682, 3690, 
4794»  4968;  !»  3o5  ;  25832, 
27919,  27923,  27958,  28004, 
28014. 

Hbrviz,  loorain ,  tire  de  l’eau 
le  corps  de  saint  Loup,  I, 
352. 

HésioNB,  611e  de)  Laomédon, 
Exiona ,  est  enlevée  par  Her¬ 
cule,  3918,  19647-9. 

Hesmerie,  voy.  Ismérie. 

Heures  de  Notre-Dame,  leur 
récitation  est  prescrite  par 
Urbain  II,  I,  282  §  126. 

Hilaire  (saint),  pape,  saint 
Ylaire ,  Clarus ,  son  règne,  I, 
36o;  I,  256  §63. 

Hilaire  (saint),  évêque  de  Poi¬ 
tiers,  saint  Ylaire ,  I,  25 1 
§*<• 

Hilarion  (saint),  Ylarion ,  lia - 
rion,  I,  25i  §  5 1  ;  sa  mort,  I, 
252  §  52, 

Hildan,  voy.  Hilduin. 

Hildbbkrt  (saint),  évêque  de 
Meaux,  (appelé  par  Vincent 
de  Beauvais  Hildeuntus  et 
par  l’auteur]  saint  Hylden- 
nice ,  I,  25g  §  72. 

Hildebr and,  Hildebron,  devenu 
pape  sous  le  nom  de  Gré¬ 
goire  VII,  voy.  ce  mot. 

Hildric ,  voy.  Childéric  III. 

Hilduin,  abbé  de  Saint-Denis, 
archichapelain  du  saint  pa¬ 
lais,  Hildan ,  I,  268  §  g5. 

Hippocrate,  médecin,  Ypocras , 
5oo6,  ^3389. 

Hippolytb  (saint),  Ypolite ,  son 
martyre,  I,  246  §§  42  et  44. 

Hircain ,  voy.  Hyrcan. 

Hivene ,  voy.  Irène. 

Histoire  ecclésiastique  d*Eu- 
sèbe,  Eclesiatique  histore 
d'Eusebe ,  I,  232  §  10. 

Histoires  scolastiques  de  Pierre 
le  Mangeur,  I.  284  §*  1 3 3. 

Homélies  de  Job,  œuvre  de 
saint  Grégoire  le  Grand,  I, 
258  §  70. 

Homère,  poète  grec,  maistre 


Orner ,  5oi2,  19419;  /e  sage 
Orner ,  conseiller  d’Alexandre, 
12 119,  i3g57;  héritier  d'A¬ 
lexandre  17155-8. 

Hongrie,  le  roi  de  H.  vient  au 
secours  d’Antipater  contre 
Élior,  18543-19186;  les  Hon¬ 
grois,  Hongres ,  ibid.  ;  voy. 

0 

Elisabeth  de  H.,  le  Maître 
de  H. 

Honoré ,  Honore f,  voy.  Hono- 
rius. 

Honorius  [I*r],  pape,  Honore j, 
son  règne,  I,  36 1. 

Honorius  [II],  pape,  Honoré , 
son  règne,  I,  364. 

Honorims  [III],  pape,  Honore f, 
son  règne,  I,  365  a. 

Honorius,  empereur  Honoré , 
I,  a56  §§62-3  et  35o  a. 

Honte,  personnifiée,  fille  de 
Raison,  24340-24360. 

Horace,  poète  latin,  Orace ,  sa 
mort,  1,  228  §  4  î  58 1 5  ;  I,  3 1 2 
a ,  24831,  24871,  29028, 

32338. 

Hore,  voy.  Malaga. 

Hormisdas,  pape,  Ormida ,  son 
règne,  I,  36o. 

Hospitaliers,  ordre  de  Saint- 
Jean-de-Jérusalem,  Ospita- 
Hers ,  Opiteliers,  I,  287  §  141  ; 
héritent  des  biens  des  Tem¬ 
pliers,  I,  293  §  1 3a  ;  32845; 
satire  contre  les  H.,  II,  201. 

Hubert ,  conte  de  Vermendois , 
voy.  Héribert. 

Hubert  (Prêtre)  le  Milan,  Hum¬ 
bert,  reçoit  la  confession  de 
Renart  qui  finit  par  le  cro¬ 
quer,  33883-3902  1  ;  II,  217 a. 

Hue ,  voy.  Hugues. 

Hue  le  Grant ,  voy.  Hugues 
de  Vermandois. 

Huesca  (Aragon),  Osqua ,  ville 
entourée  de  190  tours,  I, 
334  a. 

Hugues  de  Saint-Victor,  Hu¬ 
gues  de  Paris ,  ses  œuvres, 
sa  mort,  I,  283  §  128. 

Hugues  (saint),  abbé  de  Cluny, 
fils  du  seigneur  de  Scmur, 
son  abbatiat,  I,  280  §  118. 


327 

Hugues  le  Despencier  [le 
vieux],  sa  mort,  I,  297  §  1 63. 

Hugues  le  Despencier  [le 

0 

jeune],  conseiller  d'Edouard 
II,  sonsupplice,I,296-7§  1 63. 

Hugues  de  Fleury,  historien, 
Hugues  de  Flory ,  I,  2  52  §  52. 

Hugues  de  MAcon,  abbé  de 
Pontigny,  puis  évêque 
d’Auxerre,  Hue ,  I,  283,  § 
128  ;  I,  284  §  1 3 1 . 

Hugues,  roi  d'Italie,  I,  355  a . 

Hugues  le  Grand,  comte  de 
Paris,  Hue ,  sa  vie,  I,  271-2, 
§  io3. 

HucuEsCAPET,duc  des  Français, 
Hue  Cappet ,  conte  de  Paris , 
I,  272  §  io3;  roi  de  France, 
§  104;  273  §  io5,  274  §  107, 
276  §  1 12,  283  §  127  et  288 
§  142. 

Hugues  de  Paris,  voy.  Hugues 
de  Saint-Victor. 

Hugues  de  Saint-Victor,  Hu¬ 
gues  de  Paris ,  I,  283  §  128. 

Hugues  [comte  de  Vermandois], 
Hue  le  Grant ,  part  pour  la 
croisade,  I,  282  §  126. 

Huiters ,  voy.  Uter. 

Humbert  (Prêtre),  voy.  Hubert. 

Humblesse,  personnifiée, 37747. 

Humilité,  personnifiée,  29895. 

Hutin  (le  roi),  voy.  Louis  X  le 
Hutin. 

Hyaumont ,  voy.  Aimon. 

Hyèrks  (les  îles),  Hyerre ,  ab¬ 
baye  fondée  par  Maurice  de 
Sully,  I,  286  §  137. 

Hyüin  (saint),  pape,  Eugenius , 
son  règne,  I,  357. 

Hyldennice  (saint),  voy.  Hil- 
DEBERT. 

Hypocrisie,  personnifiée,  Ypo- 
crisie ,  34425. 

Hyrcan,  fils  de  Simon  Macha- 
bée,  aïeul  de  Mariamme, 
Hircain ,  Jehan  Urcanus , 
9196;  I,  227  §§  1-2. 

Hyrcanie,  pays  au  sud  de  la 
mer  Caspienne,  Orcanie ,  est 
conquise  par  Alexandre, 
13471-13482;  9409,  174** ; 
Dorcanes ,  i6563. 


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328 

Hyrene ,  voy.  Irène. 

Hyspannia ,  voy.  Espagne. 

Ibiza,  île  Baléare,  Guichie ,  I, 
354  <1. 

Icare,  fils  de  Dédale,  Y  car  us, 
son  histoire,  29231-29330. 

Icarus,  fils  de  Nemrod,  I,  333. 

Idanha  (Portugal),  autrefois  la 
Guardia,  Godiana ,  I,  354  a . 

Idumée,  région  située  au  sud- 
est  de  la  Palestine,  Ydumée , 

1, 237  §  2. 

Ignace  (saint),  Ygnace,  sa  mort, 
I,  342  §3 1. 

Igoines ,  voy.  Ingombr. 

///ion,  voy.  Troie. 

Inde  (P),  Tm/e,  exploits  d’Her- 

*  cule,  14298-14312;  campa¬ 
gnes  d'Alexandre,  13629- 
14252,  14926-16136;  8043, 
12923,  14887,  1 6522,  17121, 
17349, 17369, 17377, 17939, 
18594,  19311  ;  I,  340  §  25, 
255  8  56,  33 1  a  et  345  a; 
Yndc  la  Grant ,  12841,  1  363 1 , 
13675,  14183,  15730,  15795; 
Inde  Vaperte ,  i3Ô45;  Indes 
moyennes ,  17390;  Inde  a  Me- 
das ,  13647;  but*  a  Persas, 
13648;  les  Indiens,  Yndlens , 
17129,  18327,18809,19303-5. 
I,  240  §  25;  II,  216;  Indoys , 
8026,  15876. 

Ingeburge,  reine  de  France, 
Engebourc ,  est  répudiée,  I, 
2865  1 36. 

Ingombr,  premier  enfant  de  Clo- 
viset  deClotilde,  Igoine ,  mort 
jeune,  II,  223. 

Ingratitude  ,  personnifiée  , 
34433. 

Innobedience ,  voy.  Inobédience. 

Innocent  (saint),  pape,  Inocent , 
son  règne,  I,  359  a;  I,  35oa. 

Innocent  II,  pape,  Innoncent , 
Inocens ,  son  histoire,  I,  284 
88  129-130  et  364  a. 

Innocent  [NI],  pape,  ywocewj, 
I,  23i  §  9-10  ;  confondu  avec 
Innocent  II,  combat  l'hérésie 
des  Albigeois,  I,  286-7  §  *38; 
couronne  Otton  IV,  I,  287 


RENART  l-E  CONTREFAIT 

§  1 38 ;  1, 356 ;son  règne, I,  365. 

Innocent  IV,  pape,  appelé  au¬ 
paravant  Sinibalde  [de  Fies- 
que],  Sennebault,  son  règne, 
I,  288  §  143;  canonise  saint 
Pierre  martyr,  I,  289  §  143; 
son  règne,  I,  365  a . 

Innocent  V,  pape,  auparavant 
Pierre  de  Tarentaise ,  Frère 
Prêcheur,  son  règne,  I,  290 

§  148- 

Innocents  (les  saints),  7823  ;  I, 
236  §  1 5  et  237  §  18. 

Innoncent ,  voy.  Innocent. 

Inobédience,  personnifiée,  In¬ 
nobedience,  35383-33390. 

Inocent ,  voy.  Innocent. 

Introduction  d'astronomie,  œu¬ 
vre  d’Albumasar,  I,  23o  §  8. 

Iolas,  fils  d’Antipater,  Eoly  Jo- 
nas ,  16893*5  :  emprisonne 

Alexandre,  16923-16974;  hé¬ 
ritier  d'Alexandre,  17119- 
1 7 1 20  ;  17343,18319,  18786. 

Ire,  personnifiée,  dissertation 
sur  l’I.,  35283-35399;  33542; 
35719-33734;  35863. 

Irène,  mère  de  Constantin  V, 
Hirene ,  Hyrene ,  Yrene,  I, 
I,  2 3o  §8,  264  §  88,  265  §  92, 
266  §  g3. 

Irène,  tille  deSpiridion,  Hirine , 
I,  25o§  5o. 

Irlande,  île,  I,  261  §  76,  266 
§92,  87  §140. 

Isaac, patriarche,  Isaacq ,  Ysaac , 
8029,  8394,  8401,  19337, 

33o47,  37177- 

Isabelle  d’Aragon,  femme  de 
Philippe  le  Hardi,  Ysabel ,  I, 
2898  144;  a  un  fils  §  145;  sa 
mort  S  146. 

[Isabelle]  de  France,  femme 
d’Edouard  II  d’Angleterre, 
vient  négocier  la  paix  en 
France,  I,  296  §  161  ;  sa  lutte 
contre  Édouard  II,  I,  296-7  S 
1 63  ;  3io2o. 

Isaïe,  prophète,  Ysaie ,  I,  23 1  § 
9;  23538,  25392. 

Isengrin,  le  Loup,  Issengrin , 
Isengrin ,  Ysengrin ,  sa  haine 
contre  Renart,  5i5-528  ;est 


querellé  par  Hersent,  789- 
ioo5;  son  aventure  avec  Bar¬ 
bue,  1  oo6-3 1 85  et  I,  3o3  ;  vient 
à  la  cour  de  Noble  se  plaindre 
de  Renart,  3260-3690;  sur¬ 
prend  Renart  en  train  de  le 
tromper  avec  Hersent,  I,  3 10- 
3 12;  sort  Renart  du  puits  et 
y  demeure  lui-même,  27883- 
28328;  Isengrin,  Renart  et  le 
cheval,  II,  241-243;  trouble 
le  sermon  de-  Renart  aux  oi¬ 
seaux,  le  poursuit  mais  le 
laisse  échapper  d’un  four, 
II,  246-246  a;  3234;  I,  322; 
26187,26296,  27121,  39439. 

Isidore  de  Séville,  Ysidoire , 
Ysidore ,  53o9,  5791  ;  I,  229 
§  5  et  281  §122  128490, 32345. 

Isisdès,  Ysidès(X  41045, 
4io5i . 

Israël,  fils  d'Agar,  Ysmael , 
8385. 

Ismérie,  mère  de  sainte  Élisa¬ 
beth,  Hesmerie ,  I,  237  §  17. 

Isope  le  sage ,  voy.  Ésope. 

Israël  (peuple  d’),  15717; 

23 1  §  9  ;  36889,  39601 , 39308, 
39551,  39615. 

Issengrin ,  voy.  Isengrin. 

Issoudun  (Indre),  Ysodun ,  I, 
295  §  x  58. 

Italie  (P),  Itallye ,  Ytalie ,  Ytal - 
lie,  fondée  par  Italus,  3905  et 
I,  333  ;  est  civilisée  par  Sa¬ 
turne,  19889-19944;  règne  de 
ses  successeurs  et  histoire 
romaine,  19945-22210;  est 
dévastée  par  les  Sarrasins,  I, 
362;  17117,  17160;  I,  253 
§  $4»  257  J?  66-68,  263  8  86, 
36  5  88  90-91,  266  §92,  268 
§  961  27l  §  >0*»  272  §  io3 
276  §  1 17,  281  §  122,  287 
§  141,  35o  a ,  355.  —  Les  Ita¬ 
liens,  Ytaliens ,  iio5i,  19931. 

Italus,  fondateur  de  l'Italie, 
Ytalus ,  3903,  3906;  I,  333. 

Ithier,  moine  de  Saint-Martin- 
de-Tours, fonde  l’abbaye  Saint- 
Paul  de  Cormery,  Ytier ,  1,266 

§  92* 

Isengrin,  voy.  Isengrin. 


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TABLE 

Jabel,  fils  de  Lamech  et  d’Ada, 
Jubael,  7883-7. 

Jaca  (Aragon)  ,  Joqua ,  1  , 

354  a. 

Jacob,  patriarche,  est  repré¬ 
senté  sur  la  tente  de  Renart, 
3937-4138;  vient  en  Égypte, 
sa  mort,  36865-36873;  8o3o, 
8401,  19337;  I,  227  §  1; 
36902,  37373. 

Jacob,  fils  de  Mathan  et  père 
de  Joseph,  I,  228  §  5. 

Jacobins ,  Jacopins ,  voy.  Frères 
Prêcheurs. 

Jacques  le  Majeur  (saint),  apô¬ 
tre,  saint  Jacques  le  Grand , 
5i8i,  9141,  I,  237  §  17;  sa 
mort,  I,  239  §  23,  240  §  25, 
345  et  345  a;  ordonne  à 
Charlemagne  de  délivrer  son 
tombeau,  I,  352  a-353,3j3gb- 
37432  ;  —  saint  Jaque  le  mar- 
tir ,  1,  3o3  a;  saint  Jacques 
le  Preudom ,  24759. 

Jacques  le  Mineur  (saint), apô¬ 
tre,  I,  237  §  17;  sa  mort,  I, 
240  §  25  et  345  a. 

Jacques  I",  roi  d’Aragon,  donne 
à  Isabelle  Carcassonne,  le 
Bigorre,  Barcelone  et  la  Ca¬ 
talogne,  I,  289  §  144. 

[Jacques  de  Basoches),  évêque 
dcSoissons,  sacre  Louis  IX,  I, 
288  §  143. 

Jacques  des  Normands,  sa  mis¬ 
sion  auprès  de  Philippe  le 
Bel,  I,  291  §  1 5 1 . 

Jacques  du  Port,  voy  .Jean  XXII. 

Jacques  de  Saint-Pol,  échappe 
aux  matines  brugeoises,  I, 

291  §  i5o. 

[Jacques  de  Vitry],  évêque  de 
Ptolémaïs,  Jaques  Espaulart , 

I,  317. 

Jadduah,  grand  prêtre  de  Jéru¬ 
salem,  Jandin ,  Jandus ,  reçoit 
la  visite  d’Alexandre,  11411- 
1 1 585 . 

Jadin,  ville  des  Juifs,  est  visitée 
par  Alexandre,  ii322-ii324, 

11369,  H399- 

Jan ,  voy.  Jean. 

J  andin,  Jandus ,  voy.  Jadduah. 


ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


Janes,  ville  fondée  par  Janus, 
19706. 

Jangou  (sain*),  voy.  Gbn- 
goul. 

Janus,  fondateur  de  Thèbes, 
3865. 

Janus,  fuit  Troie  détruite  et 
fonde  Janes  19703-19710;  I, 
333  a. 

Janus,  fils  de  Titus,  roi  d'Italie, 

*9949'  i995o. 

Japhet,  fils  de  Noé,  8047. 

Jaque  le  mar tir  [saint),  \  oy  .Jac¬ 
ques  le  Majeur. 

Jaques  Espaulart,  voy.  Jacques 
de  Vitry. 

Jared,  patriarche,  Jareth ,  est 
donné  comme  fils  de  Mathu- 
salem,  7869. 

Jasaine ,  voy.  Aboul  Hassan. 

Jason,  Ja^on,  détruit  Troie, 
3914;  conquiert  la  Toison 
d'or,  4120-4138  ;8Ô70, 14276; 
détruit  Troie  et  conquiert  la 
Toison,  14279-14285;  19637. 

Jean-Baptiste  (saint),  saint- 
Jehan  Baptiste,  Jan ,  jaï/ij 
Jehans  li  Bautistres ,  sa  mort, 
5614-5710  et  I,  238  8  19;  sa 
conception,  I,  228  {  5;  I, 
2Î2  5  10;  baptise  le  Christ, 
I,  23S-7  8  1 7 ;  1.  256  §  6>  ; 
son  chef  est  porté  à  Saint- 
Jean  d’Angely,  I,  263-4  §  86  ; 

I,  345  et  366  a,  36632. 

» 

Jean  l’Evangéliste  (saint), 
sainct  Jan  VEuvangeliste , 
saint  Jehan  VEvangeliste , 
saint  Jehan  rapostre,  son  his¬ 
toire,  7092-7265  ;  son  mar¬ 
tyre  et  son  exil,  I,  242  §  3o; 
sa  mort,  I,  242  §  3 1  ;  7089,  I, 
228  §  5,  347  a,  353  a ,  356  a, 
366  a. 

Jean  (saint),  martyr,  saint 
Jehan ,  son  martyre  sous  le 
règne  de  Julien,  I,  25i  §  52. 

Jean  [I#r]  (saint),  pape,  son  rè¬ 
gne,  I,  36o  a. 

Jean  [II],  pape,  son  règne,  I, 
36o  a. 

Jean  [III],  pape,  son  règne,  I, 
36 1 . 


329 

Jean  [V],  pape.  Geo ,  son  règne, 
I,  36 1  a. 

Jean  [VI],  pape,  son  règne,  I, 

36 1  a,  362. 

Jean  [VII],  pape,  son  règne,  I, 

362. 

Jean  [VIII],  pape,  son  règne,  I, 
362;  I,  270  §  99. 

Jean  [IX],  pape,  son  règne,  I, 

362  fl. 

Jean  [X],  archevêque  de  Ra- 
venne,  puis  pape,  son  règne, 
1,  362  a. 

Jean  [XI],  pape,  fils  de  Sergius 

III  (?),  son  règne,  I,  362  fl. 
Jean  [XII],  i3i*  (?)  pape, 

sa  déposition,  I,  272,  §  io3  ; 
I,  355  fl. 

Jean  [XIII],  pape,  son  règne, 
1,363. 

Jean  [XIV],  pape,  son  règne,  I, 

363. 

Jean  [XV],  pape  durant  3  mois, 
I,  363. 

Jean  [XVI],  pape,  son  règne, 
1,  363. 

Jean  [XVII],  pape,  son  règne, 
I,  363. 

Jean  [XVIII],  pape,  son  règne, 
I,  363. 

Jean  XXI,  pape,  Espagnol,  I, 
290  §  148. 

Jean  XXII,  pape,  auparavant 
Jacques  du  Port ,  cardinal , 
qui  avoit  esté  evesque  d'Avi¬ 
gnon,  son  élection,  I,  293  § 
154;  condamne  l’opinion  de 
Jean  dePouilly  surles  ordres 
mendiants,  I,  294  §  157  ;  an¬ 
nule  le  mariage  de  Charles 

IV  le  Bel,  I.  295  §  1 58;  ex¬ 
communie  l’empereur  Louis 
de  Bavière,  Galéas  Visconti, 
condamne  les  Spirituels,  I, 
292-6  §  160. 

Jean,  pape,  successeur  d’Ale¬ 
xandre  II,  voy.  Grégoire  VII. 
Jean,  empereur,  voy.  Jovien. 
Jean  [d’Auxois],  évêque  élu  de 
Troyes,  meurt  à  Rome, 
31069-31079. 

Jean  [de  Beaumont],  frère  de 
Guillaume  l#r  de  Hainaut,  va 


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33o 


RENART  LE  CONTREFAIT 


combattre  Edouard  II  d'An¬ 
gleterre,  I,  296  §  1 63. 

Jean  [de  Brienne],  roi  de  Jéru¬ 
salem,  I,  287  §  141. 

Jean  Chollet,  cardinal,  prêche 
la  croisade  contre  Pierre 
d’Aragon,  I,  290  §  148. 

Jean  Chrysostome  (saint),  saint 
Jehan  Bouche  d'Or ,  sa  vie, 
I,  256  §  60. 

Jean  de  Cotery ,  voy.  Thierri, 
évêque  de  Metz. 

Jean  Duboys,  I,  194,  note  et 
297,  note. 

Jean  Gaétan,  voy.  Nicolas  III. 

Jean  [Gratien],  pape  sous  le 
nom  de  Grégoire  VI,  voy.  ce 
mot. 

Jean  de  La  Coste,  bourgeois 
deTroyes,  clerc  de  Lesmont, 
changeur,  est  mis  en  prison 
pour  dettes,  en  i3io,  33774- 
33804. 

[Jean)  de  Marigny,  évêque  de 
Beauvais,  I,  292  §  i5a. 

Jean  de  Nanteuil,  évêque  de 
Troyes,  Jehan  de  Nantoeult 
30988-9;  retire  la  cure  de 
l'Épine  à  un  prêtre  concu- 
binaire,  33548-33624. 

Jean  de  Nevelb  [fils  de  Guil¬ 
laume  de  Crèvecœur],  Jehan 
de  Neelle,  échappe  aux  Fla¬ 
mands,  I,  296  §  161 . 

Jean  de  Paris  (frère),  I,  229  §  6 
et  23o  §  8. 

Jean  de  Pouilly,  maistre  en 
Divinité ,  conteste  vainement 
le  droit  de  confesser  accordé 
aux  ordres  mendiants,  I,  294 
§  i37. 

[Jean  V  de  Roucy]  comte  de 
Brainc,  accompagne  Edouard 
de  Bar  à  la  croisade,  3 1348. 

Jean  Sans  Terre,  roi  d’Angle¬ 
terre,  1,  286  §  1 37  ;  fait  don  de 
son  royaume  à  lEglise,  1,  287 
§  140;  battu  par  Louis  de 
France,  §  141. 

Jean  Scot  Érigés*:,  rEscot ,  I, 
266  §  92. 

Jean  Urcanus ,  voy.  Hyrcan. 

Jeanne  de  Champagne,  reine  de 


France,  femme  de  Ph.  le  Bel, 
Jhenne%  protectrice  de  Gui-  1 
chard  de  Troyes,  3 1000- 
31024. 

Jeanne  d'Evreux,  troisième 
femme  de  Charles  IV  le  Bel, 

I,  293  §  1 58. 

[Jeanne]  fille  d'Aliénor  de 
Guyenne,  femme  de  [Ray¬ 
mond  VI]  de  Toulouse,  I« 
284  §  l32. 

[Jeanne  de  Poitiers]  fille  de 
[Raimond  VI]  de  Toulouse, 
épouse  Alphonse,  frère  de 
saint  Louis,  I,  284  §  c  32  ;  sa 
mort,  I,  289  §  146. 

Jehan , voy. Jean. 

Jérémie,  Jheremie ,  prophète, 
ses  os  sont  à  Alexandrie, 
11200-11216;  I,  2 3 1  §  9;  in¬ 
vente  la  grammaire,  34 1 37- 
34160. 

Jérôme  (saint),  Gerosme ,  saint 
Jherome ,  Jherosme ,  I,  228  § 

4.  229  §  5,  23g  §  21,  252-3  § 
54,  348  a,  357  a ;  24927; 
Jherominus  l'Ancien ,  25043. 

Jérusalem,  Jherusalam ,  Jheru - 
salent ,  sa  fondation,  7705- 
7712;  venue  d’Alexandre  à  J., 

1 141 1  - 1 1 583  ;  sa  destruction 
I,  240  §  25,  241  §  28,  242  § 
29;  est  rebâtie,  I,  244  §  35; 
est  prise  par  les  Sarrazins,  I, 
258  §  71  ;  est  prise  par  les 
croisés,  I,  283  §  126;  est  re¬ 
prise  par  Saladin,  I,  286  § 

1 33  ;  2322,  12007,  *7*31, 

20309;  236  §  ,3»  24°  §  24» 

245  §  38,  249  §49,  25 1  §  5o, 
260  §  73,  263  §  85,  274  §  io3- 
6,  282  §  124,  285  §  1 33,  345 
a,  347,  365,  27657,  32653; 
*11,  216;  —  le  Temple,  un 
ange  défend  à  David  de  le 
construire,  4253-4278,  8836- 
8871  ;  sa  construction,  his¬ 
toire  de  l'arbre  de  la  Croix, 
77 1 3-7845;  11434,  11549;  I, 
228  §4  et  237  §  18  ;—  leSaint- 
Sépulcrc,  miracle  des  lampes, 

I,  283  §  126  i  I,  258  S  71  ; 
3a65 1  ;  —  voy.  David,  Salo¬ 


mon,  Roboam,  Godefroi  de 
Bouillon,  Baudouin,  Jean  de 
Brienne,  Charles  d’Anjou, 
roi  de  J.  (?),  I,  263  §  85;  — 
(église  dite),  voy.  Rome. 

Jessé,  de  la  lignée  de  David, 
8762,  23932. 

Jésus,  fils  d’Ananias,  prédit  la 
destruction  de  Jérusalem,  1, 
240  §  25. 

Jésus-Christ,  Jhesu  Crist ,  sa 
conception,  I,  228-9  §  3  ;  na¬ 
tivité,  I,  229  §  5;  prophéties 
sur  la  nativité,  I,  *3o-5  §§  7- 
1 3  ;  adoration  des  mages,  I, 
236  §  1 5 ;  son  baptême,  sa 
prédication,  I,  236-7  §  !7î 
sa  passion,  I,  237  §  18;  son 
image  est  maltraitée  par  des 
Juifs  de  Syrie,  I,  264  §  88; 
des  reliques  de  la  Passion 
sont  portées  à  Saint-Denis, 
I,  270  §  98  ;  l’hostie  san¬ 
glante,  I,  285  §  1 35  ;  aérolithe 
portant  son  image,  I,  288  § 
143;  apparait  à  saint  Ed¬ 
mond,  I,  288  §  143  ;  2395, 
4288,  7761,  7769,  20679, 
20688  ;  I,  227  §  1,  236  §  16, 
240  §  25,  241  §  28,  242  § 
3o,  244  {  35,  245  §  43,  247 

l  44.  348  §  47.  349  §  49.  3&o 
§  5o,  252  §§  52  et  54,  22243, 

359  §§  73-74.  36i  §  77,  262  § 
80,  272  §  io3,  273  8  104, 
377  §  11 3,  294  §  1 54,  346  a; 
34289;  —  Crist,  9226,  1 1477; 
1,  242  §  32,  265  §  92  ;  — 
Jhesus,  926,  8802  ;  —  le  Cru¬ 
cifié,  I,  249  §  49  ;  —  le  Fil ; 
de  Dieu,  4884,  7698  ;  I,  228 
§  5,  2 3o  §  8,  245  S  43,  249  § 
5o,  25 1  §  5i  et  52;  29916; 
Xostre  Seigneur,  I,  2  36  § 
17,  240  §  24,  242  §  3o,  244 
8  35,  245  §  42,  247  §§  44  et 
47,  252  §  54,  253  §  55,  255 
§8  57-58,  259  5  73,  265  8  9°. 
268  §  97,  285  8  1 33,  287  8 
1 38 ;  Sauveeur,  I,  35a. 

Jksus,  fils  de  Sirach,  Jhesus 
Sirac,  Jhesus  Siraj,  3o83, 
22523,  24867,  27567,  28234, 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


33 1 


28258, 28263, 28967,  32344, 
32533. 

Jevalle ,  voy.  Orléans. 

Jhenne ,  voy. Jeanne  de  Cham¬ 
pagne. 

Jheremie ,  voy.  Jérémie. 

Jherome,  Jherominus  f  Ancien , 
Jherosme ,  voy.  Jérôme. 

Jherusalam ,  Jherusalem,  voy. 
Jérusalem. 

Jhesus ,  voy.  Jésus. 

Joab  le  Morial  [fils  de  Sarvia], 
sewejc/ui/de  David,  4234. 

Joachim  de  Flore,  l'abbé  Joa¬ 
chin,  ses  prophéties,  I,  285-6 
§  1 35. 

Joachin ,  voy.  Joakim. 

Joakim,  roi  de  Judée,  Joachin , 
2o36o. 

Joe,  voy.  Jupiter. 

Jonas9  voy.  Iolas. 

Joqua,  voy.  Jaca. 

Jordain ,  voy.  Jourdain. 

Jorges  ( sain\ ),  voy.  Georges. 

Josaphat  (saint),  Josaphat,  est 
converti  par  Barlaam,  I,  255 
8  56. 

Joseph,  fils  de  Jacob,  son  his¬ 
toire,  3937-4118,  36865- 

36889;  8o3o,  8406, 12986. 

Joseph,  époux  de  la  sainte 
Vierge,  Josepf ,  1,  228  §  5  et 
236  §  i5. 

Joseph,  Josephus ,  /*  plus  souve¬ 
rain  historiographe  des  Juifs, 
I,  232  §  10,  241  §  28,  346, 
347. 

Joseph  Iscanus,  poète  du  com¬ 
mencement  du  xiii*  s.,  Es - 
tunius ,  32344. 

Jourdain,  fleuve,  Jordain ,  I, 
247  §  44  et  345;  32759,32777. 

Jourdain  de  l’Isle,  Jourdain 
de  Lille ,  grant  baron  de  Gas - 
congne ,  739;  est  pendu,  I, 
295  §  1 58  ;  23233-23240  ; 
30923. 

[Jourdain  de  Saxe],  maître  gé¬ 
néral  des  Frères  Prêcheurs, 
mort  en  Terre  Sainte,  I,  288 
§  «43. 

Jovikn,  empereur,  Jehan ,  son 
règne,  I,  252  §§  53-4  et  35o. 


Jovis,  voy.  Jupiter. 

Josaphat,  voy.  Josaphat. 

Jofimas,  voy.  Zozime,  moine. 

Jubael,  voy.  Jabbl. 

Jural,  fils  de  Lamech  et  d’Ada 
(nommé  à  tort  :)  Amons,  7888- 
7890. 

Juda  (royaume  de),  8763,  1, 
227,  g  1. 

Judas,  aposloile  des  Juis%  !,  32g. 

Judas,  apôtre,  sa  mort.  33485- 
355o5;  22247,1,  329,  24486, 
24493. 

Judas,  voy.  Cyriaque  (saint). 

Judr  (saint),  apôtre,  I,  237  §  17 
et  346. 

Jude  ?,  I,  285  §  1 35 . 

Judée,  région  de  la  Palestine, 
11415,  1 1 586,  12007,  20314, 
2o32i,  2o36i,  21623  ;  1,227, 
§  1  et  2,  233-4  §  11»  236  §  17, 
238  §  19,  239  §  20  et  23,  241 
§  27,  245  §  42,  249  8  49.  256 
§  61,  344  at  345,  346;  II,  216. 

Judichy  voy.  la  suivante. 

Judith,  fille  de  Charles  le 
Chauve,  Judichy  enlevée  par 
Baudouin  de  Flandre,  I,  269 
2  98- 

Juge  (le  Grant)y  voy.  Dieu. 

Jugement  [dernier]  (le),  7909- 
10,  34746. 

Juifs  (les),  Juis,  reçoivent  la 
visite  d’Alexandre,  11319- 
11 585;  sont  chassés  de 
France,  I,  285  g  1 35  ;  cruci¬ 
fient  un  chrétien  à  Brie  et 
sont  massacrés,  I,  286  §  1 36 ; 
maltraités  par  les  Pastou¬ 
reaux,  I,  289  §  144;  chassés 
de  France  en  i3o6,  I,  2928 
i5a;  sont  bannis  en  i32o, 
27669-27688  ;  massacrés  en 
1 320,  I,  294  §  1 55  ;  mas¬ 
sacrés  en  i3ai,  II,  207-207 
a  ;  un  enfant  juif  converti  est 
mis  dans  un  four,  I,  35 1  ; 
histoire  de  l’enfant  juif  qui 
invente  l’usure,  37067*37120 
et  II,  212  ;  4490,  7293,  7755, 
8031,8179,  8388,8391,9189, 
9200,  11220,  2o3 2 1 ,  20675, 
20689;  I,  227  §§  1-2,  232  §§ 


10-1 1,  235  §  14,  236  §  17, 
237  §  18,  238  §  20,  23g  §  23, 
241  §  28,  242  §  29,  244  §  36, 
245  §§  38  et  42,  249  g  49,  252 
§  54;  22247  ;I,  25g  §74,  264 
§  88,  283  8  126,  329,  345, 
346  a;  30844-8,  3 1 552 , 

34284,  34267,  34813,  39443, 
39504,  39617;  II,  21 5,  216. 

Juler ,  voy.  Julikrs. 

Jules  (saint),  pope,  (et  non] 
Lucinus.  son  règne,  I,  35g. 

Jules  César,  voy.  César. 

Julian,  voy.  Julien. 

Juliane,  voy.  Julienne. 

Julia,  fille  de  César,  20541, 
22081. 

Julien  (saint),  son  martyre,  I, 
249  8  48  et  345  a;  25261. 

Julien  (saint),  serviteur  de  Si¬ 
mon  le  lépreux,  I,  240  8  24 
et  343  a. 

Julien  (saint)  (?),  enseveli  par  le 
pape  Félix  II,  1,  35o. 

Julien  l’Apostat,  empereur, 
Julian ,  son  règne,  circons¬ 
tances  merveilleuses  de  sa 
mort,  I,  25 1  -2  8§  5 1-54  ;  269 
S  97  et  35o. 

Julienne  (sainte),  sainte  Ju¬ 
liane,  I,  248  8  47- 

Julibrs  (Prusse  rhénane),  Ju- 
lery  comte  :  Guillaume  V. 

J ulite  (sainte),  mère  de  saint 

Cyr,  I,  245  S  42. 

» 

Julius,  fils  d'Enée  et  de  Latine, 
20472-3,  I,  334  a. 

Juli^y  voy.  César. 

Jumeaulx  (les),  voy.  Gémeaux. 

Jument  (la),  voy.  Fauve. 

Junon,  déess e,Juno,  38o3,38i4. 

Jupiter,  dieu,  son  histoire, 
institutions  établies  par  lui, 
19542-19614;  14093,  14831, 
19878;  1,24684^;  35oi2  ; 
—  Joéy  14725  ;  JoviSy  dieu  du 
chie  f  y  14749-50,  14801  ;  le 
temple  Jovif  a  Rome ,  22108. 

Jupiter,  planète,  I,  232-33  $§ 
10-11,  234  §§  1 2- 1 3,  235  §  1 3; 
25099  ;  Jovis,  10187. 

Justice  ecclésiastique,  37697- 
37720. 


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332 

Justin,  empereur,  Justinus ,  I, 
257  §  68  et  35o  0-35 1. 

Justine  (sainte),  son  histoire,  I, 
248  §47- 

Justinianus ,  voy.  le  suivant. 

Justinien,  empereur,  Justinia¬ 
nus,  Justinius,  8612;  I,  257 
5  69  et  35 1  ;  25044. 

Justinien  II,  empereur,  son 
règne,  I,  262-3  §§  8o-83. 

Justinius ,  voy.  Justinien. 

Justinus ,  voy.  Justin. 

Juvénal,  poète  latin,  Juve¬ 
naulx,  28479,  2874**  32349. 

Juvenaulx ,  voy.  le  précédent. 

Juvenaulx  (les),  voy.  Gé¬ 
meaux. 

v°y-  Calahorra. 

Kaire ,  voy.  Carie. 

Kalaterva ,  voj'.  Calatrava. 

Karcesa ,  voy.  Luiserne. 

Kares,  voy.  Carus. 

Karrionem ,  voy.  Carrion. 

Kartago ,  voy.  Carthagène. 

Katheline ,  voy.  Catilina. 

Katheline ,  Katherine  (sainte), 
voy.  Catherine. 

Kbu,  sénéchal  du  roi  Artur, 
Qwenjc  /e  seneschaux,  sa  mé¬ 
disance,  28893-28944. 

Khan  (la  terre  du  grand),  pays 
de  l’Inde,  la  terre  du  grant 
Coing,  17132. 

Klatens,  corr.  :  Klateus,  voy. 
Calatayud. 

Laboureur  (le)  renseigne  Re- 
nart  sur  son  état,  II,  198-199. 

Lfl  firoce  ( Pierre  de),  voy. 
Pierre  de  La  Brosse. 

Lachésis,  une  des  Parques, 
1 6 1 00 . 

Lâcheté,  personnifiée,  3538 1-2. 

Lagny  (Seine-et-Mame),  La/- 
gnr,  I,  261  §  76;  33790. 

Laigny,  voy.  le  précédent. 

Laïus,  roi  de  Thèbes,  Laiius, 
3868. 

Lamauclus,  voy.  Lemovix. 

Lambert  (saint),  évêque  de 
Maestricht,  son  martyre,  I, 
262  §  82. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Lambch,  fils  de  Mathusalem, 
Lameth,  sa  descendance, 
7878-7913. 

Lamecum ,  voy.  le  suivant. 

Lamego  (Portugal,  prov.  de 
Beira),  Lamecum ,  I,  354  a- 

Lammas,  Lanmas,  ville  de 
l'Inde,  conquise  par  Ale¬ 
xandre,  14186-7. 

Lancastre  (Angleterre),  Len- 
clastre,  comte  et  non  duc  : 
Thomas. 

Lancelot  [du  Lac],  son  com¬ 
bat  avec  Méléagant  est  peint 
sur  la  tente  de  Renart,  4424- 
4438;  I,  339  a. 

Lande  gras,  voy.  Otton  IV. 

Landon,  pape,  son  règne,  I, 
362  a . 

Landrif,  voy.  Landry. 

Landry,  nom  d’homme,  29758. 

Landry  (saint),  868. 

Landry,  amant  de  Frédégonde, 
Landri j  le  comte,  II,  227  a. 

Lanfranc  (saint),  prieur  du 
Bec,  abbé  de  Caen,  arche¬ 
vêque  de  Cantorbéry,  Leuf- 
frant,  guérit  un  possédé,  I, 
280  §  1 19. 

Langres  (Haute-Marne),  Len- 
gres,  évêque  :  Geoffroi. 

Languedoc,  province  française, 
I,  294?  1 56. 

Lanmas,  voy.  Lammas. 

Laomédon,  père  de  Priam,  roi 
de  Troie,  tué  par  Achille, 
3914-5,  8556-856o,  8665- 
8670,  14285-14295,  19628- 
19630. 

Laon  (Aisne),  I,  271  §  io3, 
24952. 

Larciiant  (Seine-et -Marne),  1, 
248  §  47- 

Latin,  roi  d'Italie,  crée  la  lan¬ 
gue  latine,  19727-19796;  est 

_  * 

vaincu  par  Enée,  est  tué, 
1 9797**982 5;  20471-2;  1,334. 

Latin,  fils  d’Enée,  roi  du  La¬ 
tium,  19835-19836. 

Latine,  fille  de  Latin,  femme 
d'Enée,  19813-19820. 

Laudalus  ( terre  a),  corr.  terre 
Alandalus ,  voy.  Andalousie. 


Laurent  (saint),  apparaît  à 
Henri  III  qui  avait  rebâti 
son  église,  I,  277  S  1 1 3. 

Laurent  (saint),  archidiacre  de 
saint  Sixte,  son  martyre,  I, 
246  §  44- 

Laustic  (Le  Lai  du),  II,  233- 
235  a . 

Ledlen,  voy.  Lydie. 

Légende  dorée  (la),  I,  262  §81. 

Léger  (saint),  évêque  d'Autun, 
saint  Legier,  I,  257  §  66  ; 
son  martyre,  I,  262  §  79,  II, 
23o. 

Légion  Thebée,  voy.  Thébaine 
(Légion). 

Lemovix,  fondateur  de  Limo¬ 
ges,  Lamauclus ,  8637-8660, 

Lenclastre,v oy.  Lancastre. 

Lendit,  foire  de  Saint-Denis,  I, 
267  §  94, 1,  2705  98. 

Lbnteté,  personnifiée,  35339. 

Lengr es,  voy.  Langres. 

Léo,  voy.  Léon. 

Léon, pape,  succède  à  Sergius(?j, 
I,  36i0. 

Léon  (saint),  pape,  Léo,  né  en 
Toscane,  son  règne,  I,  35g  0; 
I,  35o  a. 

Léon  [II],  pape,  Lion,  confirme 
à  Pépin  d'Héristal  le  titre  de 
roi,  I,  352. 

Léon  [III],  pape#  Lyon,  son 
règne,  I,  266  8  g3  ;  I,  267 
8  94- 

Léon  [IV],  pape,  son  règne,  I, 
362. 

Léon  [VI],  pape,  son  règne,  I, 
362  fl. 

Léon  [VII],  pape,  son  règne,  I, 
362  fl-363. 

Léon  [VIII],  pape,  Lyon,  sa 
nomination,  I,  272  §  io3  ;  son 
règne,  I,  363. 

Leon  [IX],  pape,  Allemand,  son 
règne,  1,  363  fl. 

Léon  1er,  empereur,  I,  257  §8  63- 
6  et  35o  a. 

Léon  III,  empereur  de  Byzance, 
I,  263  S§  84-85. 

Léon  [IV],  empereur,  Lyon , 
son  règne;  I,  265  §  91-2. 

Leon,  voy.  Léonnatos. 


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TABLE  ALPHABETIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


333 


Léon  (Espagne),  Legio ,  I, 
354  a. 

Léonard  (saint),  saint  Lienart , 
I,  35o  a ,  25870,  28197, 

29760. 

Léonce,  empereur,  son  règne, 
I,  262  §§  81-82. 

Léonnatos,  Leon,  est  tué  dans 
la  défaite  des  Phrygiens, 
venus  pour  secourir  Antipa- 
ter  contre  Athènes,  17500- 
17520. 

Lkpidus  (Marcus  Æmilius)  père 
du  suivant,  Marcus  Lupidi - 
nus,  20719. 

Lkpidus  (Marcus  Æmilius), 
Marcus  Lepidus ,  ouvre  le 
testament  de  César,  22047- 
22058. 

Lépreux  (les),  meseaux,  mas¬ 
sacrés  en  1 320,  30840-3  ;  mas¬ 
sacrés  en  i32i.  I,  294  $  1 56. 

Lerida  (Catalogne),  Leride ,  I, 
354  a. 

Lesmont  (Aube,  canton  de 
Brienne),  Limons ,  33775. 

Lbu  (saint),  1441,9141,  26474. 

Leu  (saint),  évéque  de  Sens,  I, 
258571. 

LEu(saint),  évêque  de  Troyes,  I, 
247  §44;  évangélise  la  Bre¬ 
tagne,  I,  257  §  66;  sa  mort, 
I,  352  [aucune  des  vies  pu¬ 
bliées  dans  les  AA.  SS.  (Juil¬ 
let,  t.  VII,  p.  5i-82)  ne  ra¬ 
content  sa  mort  de  la  même 
façon  qu’elle  est  narrée  ici]. 

Leuffrant,  voy.  Lanfrant. 

Liée,  voy.  Lybie. 

«  Liber  regulae  pastoralis  », 
Pastoral ,  œuvre  de  saint 
Grégoire,  I,  270  §  99. 

Libère,  pape,  Liberius,  devient 
arien,  I,  25 1  §  5i  ;  son  rè¬ 
gne,  I,  359. 

Libie,  voy.  Lybie. 

Licanor,  Lycanor ,  à  la  mort 
d'Alexandre  à  la  Perse, 
17405-17410;  aide  Elior  à 
venger  le  mort  d’Alex.,  17824- 
19186. 

Licie,  voy.  Lycie. 

Lide,  Lidiens ,  voy.  Lydie. 


Lidoink,  roi,  est  fait  prisonnier 
18609-18650. 

Liefart  (saint),  voy.  Liphard. 

Liège  (Belgique),  le  Liege ,  I, 
283  §  126;  Saint-Lambert,  II, 
23o  a . 

Lienart  (saint),  voy.  Léonard. 

Lienclin,  neveu  de  Danclin, 
i8o5o. 

Ligni,  voy.  Lin  (saint). 

Ligurgus,  voy.  Lycurgue. 

Lille  (Nord),  se  rend  à  Phi¬ 
lippe  le  Bel,  I,  291  g  i5o. 

Lille,  voy.  Jourdain  de  l’Isle. 

Limaçon  (le),  voy.  Tardif. 

Limoges  (Haute-Vienne),  sa 
fondation,  8659. 

Limons,  voy.  Lesmont. 

Lin  (saint),  pape,  Ligni ,  Linus, 
I,  346,  356  a. 

Lion  (le),  voy.  Noble. 

Lion  (le),  signe  du  Zodiaque, 

I,  234  §§  1 2- 1 3. 

Lion,  pape,  voy.  Léon  II. 

Lion,  voy.  Lyon. 

Liphard,  compagnon  de  saint 
Léonard,  saint  Liefart ,  I, 
35o  a. 

Liscion,  roi  de  Thiphanie, 
héritier  d’Alexandre,  17110. 

Lisias,  Lissias,  voy.  Lysias. 

Lissie,  voy.  Lycie. 

Livre  (signe  du),  voy.  Balance. 

Livre  de  l'Enffance  Jhesucrist , 
apocryphe,  I,  228  §  4. 

Loctaire ,  voy.  Lothairb. 

Logique,  un  des  sept  arts, 
34195-34202. 

Loi  (la),  personnifiée,  24885. 

Loire,  fleuve,  25495. 

Lombart,  voy.  Antoine. 

Lombardie,  Lombardye ,  Lon - 
bardie ,  9210,  9214,  17118, 
19976,  21639,  21798;  I,  257 
§  67,  282  §  126,  36o,  366  a  ; 

II,  220;  rois  :  Tiiéodoric,  Dé- 
sier;  —  les  Lombards  sont 
chassés  de  France,  27737- 
27742;  40832;  II,  229. 

Londres,  capitale  de  l’Angle¬ 
terre,  17399;  accueille  favo¬ 
rablement  Isabelle  de  France, 
I,  296  §  1 63. 


Lombardie ,  voy.  le  précédé n 

Looraigne ,  Looraine,  voy.  le 
suivant. 

Lorraine,  Looraigne,  Looraine, 

I,  268-9  §§  96-97»  282  J  126  ; 

II,  222,  222  a,  223  ;  --  les 
Lorrains,  I,  271  §  102  ;  roi  : 
Bissin;  voy.  Herviz. 

Losbrin,  héritier  d’Alexandre, 
17141-2. 

Lotaire,  voy.  Clotaire  I". 

Loth,  fils  d’Aran,  8371;  sa 
fuite  de  Sodome  et  la  méta¬ 
morphose  de  sa  femme  en 
statue,  33o33-33i56. 

Lothaire,  I,  261  §  76,  voy. 
Clotairb  III. 

Lothairb,  fils  de  Louis  le  Dé¬ 
bonnaire,  Loctaire,  partage 
l’empire  de  Charlemagne, 
I,  278  §  96-97;  I,  355  a. 

Lothaire  II,  empereur,  son 
histoire,  I,  268  §  97. 

Lothaire  [II]  de  Saxe,  empe¬ 
reur,  auparavant  Lucam,  son 
règne,  I,  283  g  129  et  284  g 
x  3 1 . 

Lothairb,  roi  de  France,  son 
règne,  I,  272^  io3-4  et  356. 

Lothairb,  roi  d’Italie,  Loctaire , 
I,  355  a. 

Louis  lb  Débonnaire,  empe¬ 
reur,  Loÿs,  rois  de  Saint 
Denis,  son  règne,  I,  268 

§§95-96;ï»  335. 

Louis  [IV],  empereur,  excom¬ 
munié  par  Jean  XXII,  . 
295  §  160. 

Louis  d’Évreux,  I,  295  2  1 58. 

Louis  le  Bègue,  roi  de  France, 
Loys  le  Baube,  1, 270  §  98;  II, 
271  g  102. 

Louis  [III],  fils  de  Louis  le 
Bègue,  roi  de  France,  I, 
270  §  99. 

Louis  [IV,  d’Outremer],  Loÿs , 
I,  271  §  102;  son  règne, 
271-2  §  io3  ;  I,  356. 

Louis  [V]  roi  de  France,  Loÿs , 
I,  272  §§  104-105. 

Louis  [VI  le  Gros],  roi  de 
France,  Loÿs ,  couronné  à 
Orléans,  I,  283  5  127;  ac- 


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334 


RENART  LE  CONTREFAIT 


cueille  Innocent  II,  I,  284  g 
129;  288  §  142. 

Louis  [VII]  le  Débonnaire, 
roi  de  France,  couronné  à 
Reims,!,  284  §  129;  épouse 
Alice  de  Champagne,  §  1 3o  ; 
son  règne,  §  1 32- 1 33  ;  fait 
couronner  Philippe  II  et 
meurt,  !,  285  §  134;  I,  288 
§  *42. 

Louis  [VIII],  roi  de  France, 
Loÿs,  265 1  ;  sa  naissance,  I, 
364  a\  entrevue  de  Vaucou- 
leurs  avec  Frédéric  II,  287 
§  140  ;  bat  Jean  Sans  Terre 
en  Anjou,  J  1 5 1  ;  est  cou¬ 
ronné  à  Reims,  I,  287  §141; 
croisade  des  Albigeois,  I, 
288  §  142. 

Louis  IX,  roi  de  France,  son 
règne,  I,  288-9  §§  143-145  ; 
sa  canonisation,  son  éléva¬ 
tion,  I,  291  §  v  5o  ;  I,  293  § 
154;  sa  première  croisade, 
I,  363  a  ;  refuse  de  rendre 
les  fiefs  que  le  comte  de 
Champagne  lui  avait  donnés 
engage,  37993.37995. 

Louis  X  [le  Hutin],  roi  de 

France,  Loÿs ,  2902  ;  est  fiancé 

• 

à  la  sœur  d’Edouard  Ier 
d’Angleterre,  I,  291  §  i5o; 
I,  293  §  154;  son  règne,  I, 
293  g  1 54  ;  sa  mort  §  1 35  ; 
campagne  deFlandre,  23120- 
9;  permet  les  guerres  entre 
seigneurs,  mais  fixe  le  prix 
du  sang  d’une  façon  si  désa¬ 
vantageuse  pour  les  nobles 
que  ceux-ci  refusent  d’ac¬ 
cepter  le  marché,  38273- 
383o5. 

Louis  [le  Germanique],  Loÿs, 
son  histoire,  I,  268  §  95, 
269-270  §§  97-99  ;  271  g  100. 

Louis  [III],  fils  de  Louis  le 
Germanique,  Loÿs ,  I,  269  § 
98. 

Louis  [IV],  roi  de  Germanie, 
I,  271  §  101. 

[Louis  de  Nevers],  comte  de 
Flandre,  est  tenu  en  prison 
par  les  Flamands,  1,296  §  161. 


Louis  ?,  Loÿs ,  à  la  mort  d’Ale¬ 
xandre  reçoit  en  partage  la 
Grande-Bretagne,  17399- 
17402. 

Louis,  fils  de  Louis  le  Débon¬ 
naire,  roi  de  France  ^?),  I, 
355  a. 

Louis,  fils  de  Lothaire,  Loÿs, 
est  associé  par  son  père  à  l'em¬ 
pire,  se  fait  moine  et  meurt, 
1,268597. 

Louis,  fils  aîné  de  saint  Louis, 
sa  mort,  I,  289  §  144. 

Louis,  fils  aîné  de  Philippe  le 
Hardi,  roy  Loÿs,  meurt 
en  1276, 1,2905  147. 

Loup  (le),  voy.  Isengrin. 

Loy  (la),  voy.  Loi. 

Loÿs,  voy.  Louis. 

Luc  (saint),  Lucas  l'ewange- 
liste ,  2o656,  I,  228  5  5;  sa 
mort,  I,  240  §  25  et  346. 

Lucain,  poète  latin,  Lucan , 
4673,  4714,  5335,  I,  3o6, 
32340. 

Lucam ,  voy.  Lothaire  II,  em¬ 
pereur. 

Lucan,  voy.  Lucain. 

Lucas ,  voy.  Luc. 

Luce  (saint),  pape,  Lucius ,  I, 
349;  son  règne,  I,  358. 

Luce  (sainte),  \oy.  Lucie. 

Luce  Pison ,  voy.  Pison. 

Luce  Sila ,  voy.  Sylla. 

Lucerna  Fan/osa,  voy. Luiserne. 

Lucie  (sainte),  sainte  Luce, 
son  corps  est  porté  à  Metz,  I, 
372  §  io3  ;  I,  349  a. 

Lucien,  pape,  confondu  avec 
saint  Félix  l*r,  I,  349. 

Lucifer,  ange  déchu,  6421, 
6424,  34385. 

Lucinus ,  voy.  Jules,  pape. 

Lucius ,  voy.  Luce  (saint). 

Lucius  [II],  pape,  son  règne,  I, 
364  a. 

[Lucius]  roi  de  Bretagne,  est 
baptisé  par  un  envoyé  de 
saint  Elcuthère,  I,  357  a- 

Lucius  Sila ,  voy.  Sylla. 

Lucrèce,  Romaine,  Lucrcsse , 
est  outragée  parTarquin,  se 
tue,  2o335-2o348  ;  337i5. 


Lucum ,  voy.  Lugo. 

Lud,  fils  de  Sem,  Ludmy , 
8o5i. 

Ludmy ,  voy.  le  précédent. 

Ludbert  ,  archevêque  de 
Mayence,  Lumpart ,  I,  269 

§97- 

Lugo  (Galice),  Lucum,  I,  354  a. 

Luisernb,  deschansons  degeste, 
Lucarne  Vantosa  que  dici • 
tur  Karcesa ,  que  est  in  valle 
viridi,  I,  354  <*• 

Lumpart,  voy.  Ludbert. 

Lune  (la),  satellite  de  la  Terre, 
I,  223  §  10,  234-235  §5  11- 
1 3,  25ioi,  34924-34964, 
34970,  34975,  34984,  35o5o; 
ses  vertus,  35o88  -  35 1 06 ; 
35567;  sa  grandeur,  35599- 
356o4,  356i 5-35627. 

Lu  pi  d  inus  (Marcus),  voy.  Le- 
pidus,  père. 

Luxembourg  ,  Luxembourc  , 
comte  :  Henri  VII,  empereur 

Luxure  ,  personnifiée,  2998, 

36438,  36469-36644. 

Lybib,  région  voisine  de 
l’Égypte,  Libie,  Libe,  9698, 
12492. 

Lycanor,  voy.  Licanor. 

Liras,  région  de  l’Asie  Mi¬ 
neure,  Licie,  Lissie ,  171  «3 ; 
évêque  :  voy.  Méthodius. 

Lycurgue,  Ligurgus ,  donne 
des  lois  à  ceux  de  Troie 
8597. 

Lydie,  contrée  d'Asie  Mineure, 
Lide,  17329;  —  les  Lydiens, 
Ledien ,  Lidiens,  2534,  10937, 
15693  ;  voy.  roi  :  Xirxés. 

Lynardus,  héritier  d’Alexandre 
17117-8. 

Lynus ,  voy.  Tite-Livb. 

Lyon  (le  roi),  voy.  Noble. 

Lyon ,  voy.  Léon. 

Lyon  (Rhône),  Lion,  concile  de 
I245,  I,  288  S  143;  concile 
de  1274,  I,  289  §*146;  con¬ 
clave  tenu  chez  les  Frères 
Prêcheurs,  I,  293  §  * ^4 î 
237  §  18,  239  §  20,  243  §38, 
344  a. 

Lysias,  seigneur  de  la  cour  de 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


Macédoine,  Lisias,  Lissias 
est  tué  par  Alexandre  pour 
avoir  pris  parti  pour  Cléo¬ 
pâtre  contre  Olympias, 
10589-10674. 

Lysimaqub,  Thinacus ,  à  la 
mort  d’Alexandre  reçoit  la 
Thrace,  17335-5. 

Macairb,  les  deux  Machaires , 
l'un  évéque,  l'autre  abbé,  I, 
25i  §  5i. 

Macédoine,  royaume,  Mace - 
done,  Macidoine ,  9295-6, 
9483,  9485,  9788,  10695, 
12286,  12491,  17415,  17556, 

1 77 1 7>  *77=9.  >949'.  '9939. 
*994*  ;  —  les  Macédoniens , 
Macedonois ,  Macidonlen , 
10935,  1 1 337,  11448,  u5i3, 
12525,  13779,  *5874,  17087» 
17163, 17272, 17741, 17783; 
II,  2i5  a . 

Machaire ,  voy.  Macairb. 

Machomeus,voy .  Marcomir. 

Macidonlen ,  voy.  Macédoine. 

Mâcon  (Saône-et-Loire),  3/jj- 
con,  voy.  Hugues  db  M. 

Macrin,  empereur,  Macer  Ma- 
crins,  M  acres,  son  règne,  I, 
245  §  42  et  348. 

Macrobé  (Simon),  voy.  Simon 
Machabék. 

Macrobb,  grammairien  latin, 
4843,  5879. 

Madelaine,  voy.  Marie-Made¬ 
leine. 

Madère  (la  terre),  les  prédéces¬ 
seurs  de  Darius  y  ont  mis 
leurs  trésors,  12807. 

Madrid,  capitale  de  l'Espagne, 
Medrita ,  I,  354  a • 

Madrie,  pays  à  l’extrémité  de 
l’Inde,  est  conquis  par  Ale¬ 
xandre,  15723,  15740;  —  les 
Madnens,  15724. 

Madifaubardis,  passage  franchi 
par  Alexandre,  en  revenant 
des  Colonnesd’Hercule, 15498. 

Maestricht  (Hollande),  Utrec, 
I,  262  §  82. 

Magdalaine ,  voy.  Marie-Made- 
LEINB. 


Magog,  diable.  Magot ,  1 3584  3. 

Mahaut,  nom  de  femme,  Me- 
hault ,  26907. 

[Mahaut]  fille  d’Aliénor  de 
Guyenne,  femme  d’[Henri  le 
Lion],  duc  de  Saxe,  I,  284 
§  i32. 

Mahomet  Mahommet ,  Mahon - 
met ,  Mathonmeques ,  prince 
des  Sarradins,  I,  23o  §  8,  233 
§  11  ;  sa  mort,  I,  245  §  37; 
son  histoire,  I,  259-2605  74; 
nommé  au  baptême  Mathé, 
I,  260  §  75,  I,  35 1  a. 

Mahon  ?,  pays  conquis  Ale¬ 
xandre,  11999. 

Malence ,  voy.  Mayence. 

Mainfroi ,  voy.  Ermenfride, 

Mainfroy ,  Mainffroy ,  voy. 
Manfrf.d. 

Mainmorte, 37307-37386, 37926- 
37972. 

Maionque ,  voy.  Majorque. 

Maistre  (le),  voy.  Aristote;  — 
(plur.),  voy.  Auteur  (!'). 

Maître  de  Hongrie  (le),  chef 
de  la  croisade  des  Pastou¬ 
reaux,  1,  2895  144. 

Majorque  (île  de),  Baléare, 
Maiorique ,  I,  354  *• 

Malades  (Mont  des),  dans 
l'Inde,  région  traversée  par 
Alexandre,  14182. 

Malaga  (Espagne),  Hore,  Ma- 
langue  (corr.  Malangue  ora), 

L  354*. 

Malangue ,  voy.  le  précédent. 

Male  Peur,  personnifiée,  34427. 

Malpansant  (maître),  Maupan - 

9 

sant ,  trompe  Erius,  I,  3o8  a- 
309. 

[Malulfusj,  évéque  de  Senlis, 
enterre  Chilpéric,  II,  228. 

Malvais  (le),  voy.  Ennemi  (P). 

Mammea  (Julia),  Mammée,  mère 
d’Alexandre  Sévère,  I,  245 
§42. 

Man  (île  de),  dans  le  canal 
Saint-Georges,  Men,  11403. 

Manassé,  roi  de  Juda,  Ma - 
nassès,  2o3i3. 

[Manche]  (la),  mer  de  Breta¬ 
gne,  I,  268-9  §  97. 


335 

Manès,  hérésiarque,  I,  247 
§45. 

Manfred,  Mainfroy,  Mainf¬ 
froy,  fils  de  Frédéric  II  (?), 
est  battu  par  Charles  d’An¬ 
jou,  2815-2820,  I,  289  §  145 
et  290  §  148;  23240-7. 

Mangeur  (le),  voy.  [Pierre] 
LE  M. 

Mangne  (saint),  voy.  Saint- 
Magne. 

Mangonnois  (les),  peuple, 

17393. 

Manicèes,  voy.  le  suivant. 

Manichéens,  hérétiques,  Mani- 
cies,  I,  247  §  45. 

Mans  (Le)  (Sarthe),  I,  262  $  78  ; 
le  comté  est  annexé  à  la  cou¬ 
ronne,  I,  289  §  141  ;  est 
donné  à  Ch.  de  Valois,  I, 
390  §  149. 

Mantes  (Scine-et-Oise),A/e>ire, 
histoire  de  deux  clercs  dont 
l’un  après  sa  mort  revient 
voir  son  ami,  I,  282  g  125. 

Mantoue  (Lombardie),  Man- 
tua,  I,  227  §  3. 

Mantua ,  voy.  le  précédent. 

Manué,  père  de  Samson,  Ma¬ 
nuel,  annonciation  merveil¬ 
leuse  de  la  naissance  de  son 
fils,  39441-39494. 

Manuel,  voy.  le  précédent. 

Maqueda  (prov.  de  Tolède?), 
I,  334  a. 

Maradeq  (frère),  voy.  Eupiiro- 
sink  (sainte). 

Marage,  voy.  le  suivant. 

Maraye-en-Othe  (Aube,  canton 
d’Aix  -  en  -  Othe),  Marage, 
38685. 

Marc  l’évangéliste  (saint),  I, 
33g  §  21  ;  [appelé  à  tort  :] 
Mathej,  son  martyre,  I,  346. 

Marc  (saint),  pape,  Marcus, 
son  règne,  I,  358  a. 

Marc  Aurèle,  empereur,  Mar¬ 
cus,  Marques,  son  règne,  F. 
345  §§  38-39  «  348. 

Marcel  (saint),  brigand,  sa 
conversion  et  sa  mort,  a  5981- 
36176.  Le  Mont  Laçois,  situé 
près  de  la  route  qui  mène  de 


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336 

Chàtillon  -  sur-Seinc  â  Po- 
thières  s'appelle  maintenant 
montagne  Saint-Marcel,  sans 
doute  en  souvenir  de  ce 
saint.  Cf.  sur  le  Mont  Laçois 
Girart  de  Roussillon ,  trad. 
Paul  Meyer,  p.  xxx  et  J.  Bé- 
dier,  Les  légendes  épiques , 
t.  II  (1908),  p.  58-6 x . 

Marcel  (saint),  sains  Mar - 
ci  aux,  ressuscite  6  morts,  I, 

345  a . 

Marcel  (saint),  pape,  saint 
M archet ,  sa  mort,  I,  248 
§  47  et  349. 

Marcelien ,  voy.  Marcellin 
(saint). 

Marcellin  (saint),  pape,  Mar- 
cellen,  son  règne,  I,  358  a, 

I,  349. 

Marchand  de  cendres  (exemple 
du),  dont  le  valet  brûle  le 
cheval  pour  en  faire  des 
cendres,  27327-27346. 

Marche,  province  française, 
comte  :  Charles  IV  le  Bel. 

Marche l,  voy.  Marcel  (saint), 
pape. 

Marchlen ,  voy.  Marcibn. 

Marchomenes ,  voy.  Marcomir. 

Marcialis ,  voy.  Martial. 

Marciaux  ( sains ),  voy.  Mar¬ 
cel  (saint),  I,  345  a . 

Marcibn,  empereur,  Marchien , 
Valantin  Martin, I,  237  §§64- 
65  et  35o  a. 

Marcomir,  roi  des  Francs,  3/<x- 
chomeus ,  Marchomenes,  Mar- 
comis ,  I,  256  §  5g,  II,  221  et 
221  a. 

Marcus ,  dieu  des  bras ,  [«  deus 
ebrietatis  »],  voy.  Bacchus. 

Marcus,  voy.  Marc. 

Marcus ,  ao325,  voy.  Ascus 
Marcius. 

Marcus ,  21787,  voy.  Cicéron. 

A/arcus  Crassus,  voy.  Crassus. 

Marcus  Lepidus ,  voy.  Lepi- 
dus. 

Marcus  Lupidinus ,  voy.  Lepi¬ 
dus,  père. 

Marcus  Tulius,  voy.  Cicéron. 

Mardissansardis,  peuple  de 


RENART  LE  CONTREFAIT 

l'Inde,  sont  battus  par 
Alexandre,  15499-15540. 

Margny ,  voy.  Marigny. 

Marguerite  d’Anjou,  femme  de 
Charles  de  Valois,  I,  290 

§  '49- 

(Marguerite  de  Brabant]  et 
non  Marie ,  femme  d'Henri 
Vil,  empereur,  I,  295  §  1 58. 

Marguerite  de  France,  sœur 
de  Philippe  le  Bel,  épouse 
Édouard  Ier  d’Angleterre,  I, 
291  §  i5o. 

Marguerite  de  Navarre, 
femme  de  Louis  le  Hutin, 
accusée  d’adultère,  meurt  en 
prison,  I,  293  §  154. 

Marguerite  de  Provence,  reine 
de  France,  est  couronnée  à 
Sens,  I,  288  §  143;  sa  mort, 
I,  289  g  144. 

Marguet,  nom  de  chien,  30740. 

Mariamme,  arrière-petite  fille 
d’Hyrcan,  femme  d’Hérode 
le  Grand,  Marienne ,  I,  227 

§  *• 

Marie,  la  sainte  Vierge,  sa 
naissance,  I,  228  §  4;  la  Con¬ 
ception,  I,  228-9  §  4;  sauve 
le  clerc  Théophile,  I,  2578 
68;  4885,  7342,  733o,  7810, 
20190;  I,  2278*,  23o§8,  a3 1 
89,  234  S  11.  235  8  >3,  237  § 
17,2508  5o,  262  §92522244, 
23917;  Sostre  Dame ,  I,  228 
§  5,  237  8§  17-*8»  258  §  71  ; 
25291, 32725,  32727  ;  II,  228; 
Rojrne  du  ciel ,  I,  25 1  S  32. 

Marie,  sœur  de  la  Vierge, 
[femme  d’Alphée],  1,237  §  *7- 

Marie,  sœur  de  la  Vierge, 
[femme  de  Zébédée],I,  237 

§  «7- 

* 

Marie  l’Egytienne  (sainte); 
Marie  VEgipcienne ,  son  his¬ 
toire,  I,  246-7  §  44,  255  § 
57;  32603-32817;  11,208-7. 

Marie  (sainte)  martyre,  sous 
le  règne  d'Hadrien,  I,  244 
§  33;  —  [Elle  est  portée  au 
Martyrologe  à  la  date  du  i#r 
novembre]. 

Marie ,  empereis  de  Romme , 


voy.  Marguerite  de  Brabant. 

Marie  de  Brabant,  épouse  Phi¬ 
lippe  III  le  Hardi,  1,289-290 
8  «47- 

Marie  [de  Luxembourg],  fille 
de  l’empereur  Henri  VII, 
épouse  Charles  IV  le  Bel, 
meurt  en  couches, I,  295  §  1 58. 

Marie-Madeleine  (sainte),  Ma¬ 
rie  Madaleine ,  Marie  Mag- 
dalene ,  Madelaine ,  Magda - 
laine,  son  corps  est  transféré 
à  Vézelay,  I,  261  8  83;  I,  287 
8  i38et  345  a;  32593-32601. 

Marienne,  voy.  Mariamme. 

Marigny  (Calvados),  Margny, 
voy.  Enguerran,  Philippe, 
Jean  de  M. 

Marin,  pape,  Martinien,  son 
règne,  I,  362  <2. 

Marin,  prevost  de  Rome,  voy. 
Marius. 

Marine  (sainte),  son  histoire,  I, 
255  8  36. 

Marius,  Marin,  prevost  de  Ro¬ 
me,  21750. 

Maro,  voy.  Virgile. 

Marque,  voy.  Marc  Aurèle. 

Marque  Brute,  voy.  Brutus. 

Mars,  dieu  du  cœur,  14751-8. 

Mars, planète,  1, 232-3  §8  io-i  1  ; 
35oi2. 

Mars  (Chief  de),  voy.  Florence. 

Marseille  (Bouches-du-Rhône), 
Marsseilles,  I,  289  §  145. 

Marsille,  roi  des  Sarrasins, 
Marsille ,  I,  353  a . 

Marsseilles,  voy .  Marseille. 

Marthe  (sainte),  I,  345  a . 

Martial,  poète  latin,  Marcia¬ 
lis,  32169, 32337. 

Martin  (saint),  pape,  son  règne, 
I,  36 1  a. 

Martin  [IV],  pape,  appelé  au¬ 
paravant  Syrmon,  1,290  §  148. 

Martin  (saint),  évéque  de 
Tours,  25ii,  I,  ibi  8  5i;sa 
vie,  I,  253-4  §  35;  256  S  61  ; 
son  corps  est  rapporté  à 
Tours,  271  8  100;  I,  35o  ; 
29715. 

Martin  (  Valantin),  voy.  Mar- 
cien. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


Martine,  seconde  femme  d'Hé- 
raclius,  empoisonne  Héra- 
clius-Constantin,  I,  260-261 
§  76;  I,  35 1 . 

Martinien ,  voy.  Marin,  pape. 

Mascon,  voy.  Maçon. 

Masonienne f  voy.  Amazones. 

Mathan,  Mathain ,  fils  d’Éléa- 
zar,  de  la  descendance  de 
David,  I,  228  §  5. 

Mathé,  voy.  Mahomet. 

Mathé  (saint),  voy.  Mathieu. 

Math  eu ,  viconte  de  Melan ,  voy. 
Mattko  Visconti. 

Mathe f,  martyrisé  à  Alexan¬ 
drie,  voy.  Marc  (saint),  l'évan¬ 
géliste. 

Mathias  (saint),  apôtre,  3/a- 
thias  Juif,  est  décapité,  I,  346. 

Mathieu  (saint),  apôtre,  saint 
Mathé ,  sa  mort,  I,  240  §  25 
et  346;  2999,  5 157. 

Mathonmeques ,  voy.  Mahomet. 

Mathurin  de  Larchant  (saint), 
I,  248  g  47. 

Mathusalem,  patriarche,  Ma - 
thussalè ,  7856-7878,  79 1 3 .  — 
11  est  confondu  avec  Mala- 
léel. 

Matteo  [Visconti],  Matlieu , 
viconte  de  Melan ,  I,  296 
S  160. 

Mauger,  archevêque  de  Rouen, 
Maugier ,  déposé  par  Guil¬ 
laume  le  Conquérant,  1, 280-1 
§  H9- 

Maupansant,  voy.  Malpansant. 

Maupertuis,  château  de  Renart, 
f,  3 «6. 

Maur  (saint),  saint  A/or,  son 
corps  est  porté  à  l'abbaye  des 
Fossés,  I,  269  §  97. 

Maures  (terre  des),  terre  des 
Mors ,  I,  355. 

Maurice  (saint),  sain/  Morice , 
1.  a47  §47- 

Maurice,  empereur,  Maur  in,  I, 
257  §  70  et  35 1 . 

[Maurice]  Bourdin,  [évêque  de 
Braga],  Bourdin ,  antipape  es¬ 
pagnol,  I,  283  §  128. 

Maurice  [de  Sully],  évêque  de 
Paris,  Morise ,  bâtit  Notre- 
T.  II. 


Dame,  I,  285  §  1 33 ;  ses  fon¬ 
dations,  sa  mort,  1, 286  §  137. 

Maurille  (saint),  évêque  d'An¬ 
gers,  I,  256  §  60. 

Maurin ,  voy.  Maurice,  empe¬ 
reur. 

Mauritanie,  région  d'Afrique, 
Moretaigne ,  2 1 208. 

Mauxime ,  voy.  Maximin  (saint). 

Maxbnck,  est  battu  par  Cons¬ 
tantin,  I,  249  §  49. 

Maxens  (saint),  voy.  Maxime 
(saint). 

Maxime  (saint),  écrivain  chré¬ 
tien,  saint  Maxens ,  323x3. 

Maximien  (saint),  Mauxime , 
I,  345  a. 

Maximien  [Herculius],  associé 
à  l'empire  par  Dioclétien,  I, 

247-»  !§§  47-48  et  349. 

Maximien ,  1,348  a,  voy.  Maxi¬ 
min,  empereur. 

Maximin,  empereur,  Maxi¬ 
mien ,  I,  246  §  43  et  348  a. 

Mayence  (Prusse  rhénane), 
Malence ,  I,  263  §  86,  269 

§97.  »77  §  *  «  3  î  arche- 

vêque  :  Ludbert. 

Me  ardus ,  voy.  Néarque. 

Meaux  (  Seine- et -Marne  ), 
Me  aulx,  I,  258-9  §  72« 

Mede ,  17323,  voy.  Mkdik. 

Médke,  est  représentée  sur  la 
tente  de  Renart,  4119-4138; 
14281. 

Medicus ,  voy.  Médib. 

Médie,  région  de  l'Asie,  Mide, 
Midy ,  9405,  17 109,  17323-4; 
—  /es  Medlens ,  5337,  5395, 
10937,  17126;  Medicus , 

1 2019. 

Medina-Cei.i  (Vieille  Castille), 
Medinacelin,  urbs  exersa , 
I,  334  a. 

Medrita ,  voy.  Madrid. 

Mehault,  voy.  Mahaut. 

Melan ,  voy.  Milan. 

Mkléagant,  Menelagant ,  son 
combat  avec  Lancelot  est  re¬ 
présenté  sur  la  tente  de  Re¬ 
nan,  4425-4436. 

Meleün ,  voy.  Melun. 

Melide ,  voy.  Melilla. 


337 

MBLiLLA(Maroc),3/e/ide, 1,354a. 

Mellan,  voy.  Milan. 

Mellin ,  Mellot ,  voy.  Merlin. 

Melor ,  voy.  Candas. 

Melun  ( Se ine-et- Marne),  3/e- 
leün ,  II,  223. 

Mkmiers  (saint),  sains  Mimui, 
est  décollé  près  deTroyes, 
I,  352. 

J/ew,  voy.  Man. 

Menader ,  voy.  Ménandre. 

Ménandre,  Menader,  à  la  mort 
d'Alexandre  reçoit  la  Lydie 
et  la  petite  Phrygie,  17329- 
i733o. 

Mendiants  (ordres),  opposition 
à  eux  faite  à  Paris,  I,  289 
8  *  44  ;  quelques  religieux  sont 
condamnés  au  2*  concile  de 
Lyon, 5  146  ;  25498. 

Menelagant ,  voy.  Mkléa¬ 
gant. 

Ménklas,  Menelaûs ,  Mene- 
laux ,  roi  de  Lacédémone, 
x58i,  2594,  2298,  3837, 

19674,  30178. 

Meneque,  voy.  M inorque. 

Ménestrels,  diatribe  contre  les 
M.,  36043-36098,  36ix5- 

36 168. 

Mente ,  voy.  Mantes. 

Mer  Morte,  mer  d'Enffer , 
8197. 

Mer  Rouge,  la  Rouge  Mer , 
85i8,  15579,  15798,  1 6 1 38  ; 
Alexandre  fait  une  plongée 
dans  cette  mer,  16269-16388  ; 
19304,  II,  245  a. 

Merchiade ,  Merchiadès ,  voy. 
Miltiade. 

Merchus  Curius ,  voy.  Curtiuh. 

Mercure,  soldat  chrétien,  après 
sa  mort  tue  l'empereur  Ju¬ 
lien,  I,*25i-2  §  52. 

Mercure,  Mercurius ,  dieu  du 
pis,  8664;  14759-14764; 

14799,  I,  23a  §  10. 

Mercure,  planète,  Mercurie , 
I,  232-3  §  10,  234  §  §  1 1-1 3, 
235  8  1 3,  25ioi,  34978, 
35566. 

Merida  (Estrémadure),  Emeri- 
ta,  I,  334  a. 

22 


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338 

Merlin,  l'enchanteur,  Mellin, 
Mellot,  I,  a36  §  63  ;  enrichit 
un  vilain  qui  ne  lui  en  sait 
nul  gré,  I,  3 x  5-3 1 6  ;  sa  nais¬ 
sance,  1,  35o  a. 

Méromme,  donne  des  lois  aux 

# 

Egyptiens,  83g5. 

Meronien ,  voy.  Mérovingiens. 

Meronné ,  voy.  Mérovkb. 

Mérovée,  roi  des  Francs, 
Meronné,  Moronnê ,  son  rè¬ 
gne,  II,  222. 

Mf.rovke,  fils  de  Chilpéric  et 
d’Audovère,  Meronné ,  II, 
223  a;  accusé  de  comploter 
avec  Brunehaut  est  envoyé  à 
la  mort,  II,  227. 

Mérovingiens,  Meronien,  nom 
jadis  donné  aux  Français,  II, 
222. 

Mes ,  voy.  Metz. 

Mésopotamie,  région  de  l'Asie, 
Mesopothame ,  9407. 

Mkssaï.inf,  est  condamnée  à 
mort  par  Claude,  I,  239 
§*3. 

Messie  (le),  Messias ,  I,  239 
S  74- 

Mktellls  Cimbkr,  Cimber 
Tullius ,  le  premier  des 
meurtriers  se  précipite  sur 
César,  22o3o-5. 

Méthode  le  Mar  tire,  voy.  le 
suivait. 

Mktiiodius,  évêque  de  Patara 
en  Lycic,  auteur  d'un  traité  sur 
la  Résurrection,  Methodore , 
raconte  le  voyage  de  Seth  au 
Paradis  terrestre,  7376-7584, 
7587-7590;  Méthode  le  Mar- 
tire ,  I,  229-230  §§  5-7,  cité 
également  dans  Barlaam  et 
Josaphat ,  éd.  Zoten.bc rg  et 
Paul  Meyer,  p.  33 1. 

Methodore ,  évêque  de  Lycie, 
voy.  le  précédent. 

Metz  (Lorraine),  Mès,  Me;,  1, 
264  §  86,  272  §  io3,  II,  223 
a\  évêques:  Arnoul  (saint). 
ClIRODEGANG,  TllIKRRI. 

Meuse,  fleuve,  I,  268  §  96. 

Me\,  voy.  Metz. 

Miciuult,  nom  d’homme,  943. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Michel,  nom  d’homme,  Mi- 
chiel ,  29739. 

Michiel ,  voy.  Michel. 

Midy ,  9403,  voy.  Médie. 

Mie  liant,  voy.  Milan. 

Milagro  (Navarre),  Miracula , 

I,  354  a. 

Milan  (le),  voy.  Hubert. 

Milan  en  Lombardie,  Melan , 
Me  liant,  Miel  tant,  Millau , 
!,  248,  §47,  a5a-3§54,  276  g 
112;  est  détruit  par  Frédé¬ 
ric  I#r,  1,  285  §  1  33;  I,  289 
§  143  et  363  a  ;  —  vicomte  : 
Matteo  Visconti. 

Mile,  nom  d’homme,  26766. 

Milet ,  voy.  Milles. 

Millan ,  voy.  Milan. 

Milles  (saint),  Milet ,  saint 
!  Millet,  2961,  3353i. 

Millet  ( saint t ,  voy.  Milles. 

Mii.tiade  (saint',  pape,  Mer- 
chiade ,  Merchiadès ,  son  rè¬ 
gne,  1,  338  *2;  I,  349  a. 

M immalin,  voy.  Momble. 

Mimui  (saint),  voy.  Mkmikrs. 

Mindonia ,  voy.  Mondonedo. 

Minerbe,  miracle  survenu  au 
siège  de  ce  château,  I,  287 
§  i3y. 

Minerve,  déesse,  32257. 

Minorque,  lie, .Vendue,  1,3540. 

Miracula ,  voy.  Milagro. 

Mirre,  voy.  Myre. 

Mitilaine,  voy.  Mytilènk. 

Moineau  (le),  voy.  Droïn. 

Moines  :  moisnes  blancs  ou  cis¬ 
terciens,  32467;  II,  227; 
moisnes  gris  ou  Frères  Mi¬ 
neurs  (voy.  ce  mot),  32417  ; 
moisnes  noirs  ou  bénédictins, 
attaques  contre  eux,  3241 3- 
32483  ;  27795,  28048  ;  II, 
206  a  et  227. 

Moïse,  Moÿse ,  Moisse ,  Mois- 
sès ,  est  représenté  sur  la 
tente  de  Renart  faisant  sor¬ 
tir  les  Juifs  d’Égypte,  4438- 
449°  î  sauvé  des  eaux,  841 1- 
853o;  les  plaies  d’Egypte, 

II,  2440-245  a  ;  8577;  8590, 

8594,  8648,  8743,  9094, 

11446,  11465,  14631;  I,  23o 


§  8,  233  §  11  ;  27480,  27511, 
32349,  36891,  36899,  37207, 
39545. 

Moïse,  Moyse ,  juif  baptisé 
sous  le  nom  de  Pierre- 
Alphonse,  voy.  ce  mot. 

Moisnes  blancs,  —  gris,  — 
noirs,  voy.  Moines. 

Moisse ,  Moissès ,  voy.  Moïse. 

Molemme ,  voy.  Molesme. 

Molesmb  (Côte-d’Or),  abbaye 
bénédictine,  Molenme ,  Mo- 
loismes ,  Saint- Molemme,  sa 
fondation,  I,  366o;I,  282 

§§  125-126. 

Moloismes ,  voy.  Molesme. 

Momble  (saint),  abbé  de  Saint- 
Benolt-sur-Loire,  M  immalin , 
I,36i  §78. 

MoNBRANc-sur-Loire,  ville  des 
chansons  de  geste,  fait  partie 
de  l’empire  d’Alexandre, 
I7i53. 

Mondonedo  (Galice),  Mindonia , 

I.  334  o. 

Monffort ,  voy.  Montfort. 

Monlt  Cassine ,  voy.  Mont-Cas- 

SIN. 

Monnaies,  abaissement  de  leur 
valeur  en  i3io  et  en  i33o, 
28333-28348;  mauvaises  vn. 
en  1337-1 33g,  40973-4  ;  bon¬ 
nes  m.  en  1342,  38654- 

38662. 

Monotiiélitbs,  hérétiques,  I. 
261  §77. 

Monpaillart ,  Monpellier ,  voy. 
Montpellier. 

Mons-en-Puelle  (Nord),  A/ons 
en  Peu  lie,  23109. 

Mont-Cassin,  Monlt  Cassine, 
reglise  saint  Benoit,  I,  261 
§  78,  I,  263  §86;  est  détruit 
par  les  Sarrasins,  I,  362. 

Montargis  (Loiret),  Marie  de 
Luxembourg  est  enterrée 
chez  les  Dominicaines,  I, 
295  §  1 58. 

Montfort,  Monffort ,  comtes 
(?)  :  Simon. 

Montirr-la  -  Celle,  abbaye 
située  aux  portes  de  Troycs, 
Moustier  la  Selle ,  est  res- 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


33g 


tauréc  par  l'abbé  Guichard, 
3°949*3o984. 

Montigny  -[l'Allier]  (Aisne), 
tombe  de  saint  Edmond,  I, 
288  §  143. 

Montpellier  (Hérault),  Mon- 
pellier ,  I,  3oj  ;  MonpaiUart , 
fait  partie  de  l’empire 
d'Alexandre,  17396. 

Montpbnsier  (Puy-de-Dôme), 
Montpensser ,  I,  288  §  142. 

Mor  (saint),  voy.  Maur. 

Moretaigne ,  voy.  Mauritanie. 

Morial  (le),  voy.  Joab. 

Morice ,  voy.  Maurice. 

Morise ,  voy.  Maurice  de  Sul- 
TY . 

Moronné,  voy.  Mérovée. 

Mors  (les),  voy.  Maures. 

[Mortara],  près  Novarre,  Ami 
et  Amile  y  sont  enterrés  dans 
les  églises  Saint-Eusèbe  et 
Saint-Pierre,  I,  265  §90. 

Mortemer ,  voy.  Morthomikr. 

Morthomier  (Cher,  orr.  de 
Bourges),  Mortemer ,  I,  289 
S  144- 

Moustier  la  Selle ,  voy.  Mon- 
tibr-la-Celle. 

Mouton  (le),  voy.  Bblin. 

Mouton  (signe  du),  voy.  Bélier. 

Moÿse ,  voy.  Moïse. 

[Mucia]  fille  de  Cn.  Pompée, 
est  séduite  par  César,  21751. 

Myre  (Lycie),  Mine,  I,  281 
§  122. 

Mytilénb,  ile,  Mit  Haine ,  est 
ravagée  par  César,  20657- 
20670. 

Nabuciiodonosor,  roi  de  Baby- 
lone,  Nabugodonosor ,  méta¬ 
morphosé  en  bête,  2637- 
2643. 

Nachor  [fils  de  Sarug],  Nector , 
8365. 

Nachor,  fils  de  Tharé,  Nector , 
837o. 

Naines,  duc  Naimon ,  conseille 
à  Charlemagne  l'expédition 
d'Espagne,  I,  353. 

Najera  (Vieille  Castille),  Bage- 
ras  (corr.  Nageras),  I,  354 


Nantoeul  [Jehan  de),  voy.  Jean 
de  Nanteujl. 

Naples  (Campanie),  I,  227-8 
§  3;  Virgile  y  installe  des 
conduites  qui  mènent  le  vin 
grec  à  Rome,  29372-6. 

Narbonne  (Aude),  Nerbonne, 
détruite  vers  460,  I,  33o  a ; 

1,  247  S  46  et  290  S  148.  — 
Voy.  Aimbri  de  N. 

Natanebu,  voy.  Nectankbo. 

Nations  (le  dit  des),  1,  366-367. 

Nativité  de  Nostre  Seigneur,  I, 
237  s  17. 

Nature,  personnifiée,  son  por¬ 
trait,  23973-24066;  ses  con¬ 
seils  à  Renart,  24321-24448; 
le  débat  de  N.  et  de  Raison, 
39154-39222  ;  —  246-7,  817, 
821,  861,  863,  959,  963, 
1 1  oo,  1 446,  1 708-9,  1 720, 
1724,  3148,  3245,  3248, 
3273,  4889,  5220,  6018, 

6021-3,  6060,  6o65,  6067, 
6069,  607 1 , 6o83, 6086,  609 1  - 

2,  6096,  6107,  6n5,  6121, 

6129,  61 33-5,  61 38-9,  6146- 
7,  6179,  6221,  625i,  6254, 
6259,  6268,6278,6283,6288- 
9,  6307,  6322,  6324,  6365, 
6371, 6401, 6408,  6526,  653 1- 
2,  6547,  656 1 ,  6565,  663o, 
6920,  6928-9,  6901,  6939, 
6944,  6946-7,  8618,  9D47, 
9634,  10947,  11 142,  14556, 
14593,  14692,  14754.  16751, 
16736,  22725,  22727,  22862, 
23741,  23961,  23967,  24242, 
24257,  24475,  24331,’ 24563, 
24785,  24787,  24886,  24890, 
24892,  24895,  22117,  253 1  1 , 
23379,  2538i,  25440,  22696 
27093,  27378,  27391,  27397, 
27402-3,  30027,  3oo3g,  30048, 
33o78,  333 16,  35257,  37326, 
37960-1,  39060,  39i33, 

39i35,  39145,  39701,  4io3i. 

Natures  des  choses,  œuvre  de 
Pline,  f,  242  §  32. 

Navarre,  terre  des  Navarrois , 
I,  355  et  366  a  ;  —  reine  : 
Marguerite. 

Nazareth  (Judée),  I,  228  §  5. 


Na\ian^ene  ( saint  Grégoire), 
voy.  Grégoire  de  Nazianze. 

Nkarque,  Meardus ,  à  la  mort 
d'Alexandre  reçoit  la  Lycie 
et  la  Pamphylie,  171 13-4. 

Nebrot,  voy.  Nkxrod. 

Nectanbbo,  roi  d'Egypte,  Nata- 
nebus ,  Netanebon,  Netanebus , 
son  histoire,  9328-10260; 
10693,  1  1233,  1 1245. 

Nector ,  voy.  Nachor. 

Neelle  (Jehan  de),  voy.  Jean  de 
Nevelk. 

Nemrod  [roi  fabuleux],  Nebrot , 
Nembroth ,  Nembrot ,  Nem - 
roth ,  Nonbroth,  construit  la 
tour  de  Babel,  3893-3905, 
8o63-8i52  ;  sa  mort,  8201-7; 
8574,  8584 ;  I.  333. 

Néoptoléme,  Nethalamus ,  fait 
la  guerre  à  Eumène,  17537- 
17605. 

Nerbonne,  voy.  Narbonne. 

Néron,  empereur  romain,  Noi - 
ron,  fait  ouvrir  le  ventre  de 
sa  mère,  19455-19466;  son 
histoire,  282  3-2863,  I,  240-1 
S§  25-26  et  345  j- 346;  2o683  ; 
I,  347  a  et  348  a. 

Nerva,  empereur  romain, 
Nerve ,  son  règne,  I,  242  §§  3 1- 
3a  et  347  a. 

Netanebon,  Netanebus,  voy. 
Nectanbbo. 

Nethalamus ,  voy.  Néoptoléme. 

Nkustrie,  fraction  occidentale 
de  la  France,  Neustre ,  I,  270 

i  99- 

Nicaise  (saint),  archevêque  de 
Reims,  saint  Nicaisse,  h 
339  a . 

Nicée  en  Bithynie,  Nichée,  con¬ 
cile,  I,  2 5o  §  5o,  25 1  §  5 1 , 
338  a. 

Nicéb,  dans  le  Caucase  indien, 
Nisse ,  est  conquise  par  Ale¬ 
xandre,  14181. 

Nichée,  voy.  Nicéb  en  Bithynie. 

Nicolas  [Ier],  pape,  son  règne, 
I,  362. 

Nicolas  [II],  pape,  originaire 
[de  Bourgogne  et  non]  de 
Bourges,  son  règne,  I,  363  a . 


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340 

Nicolas  III,  pape,  auparavant 
Jean  Gaétan,  retire  à  Charles 
d'Anjou  la  Sicile,  I,  290 
§  «4»- 

[Nicolas  Bocasin],  voy.  Be¬ 
noit  XI. 

Nicolas  Ciiolet,  grand  procu¬ 
reur  du  roi  en  Champagne, 
Nicolas  Cholès ,  38o6i -38o82. 

Nicolas,  roi  de  Grèce,  vaincu 
par  Alexandre,  10423-10518; 
10367;  —  («erre)*  17*69. 

Nicolas  (saint),  évêque  de 
Myre,  I,  a5o  §  5o;  son  corps 
est  porté  à  Bari,  1,281  §  122; 
II,  1980. 

Nicombdb,  roi  de  Bithynie,  se¬ 
court  César,  20697-20702. 

Nicomede ,  I,  248  §  47,  voy. 
Nicomédib. 

Nicomédib,  de  Bithynie,  Nico - 
mede ,  I,  248  §  47. 

Nil,  fleuve  du  Paradis,  Nilus , 
cil  de  Babiloine ,  3779. 

Nîmes  (Ardèche),  Nymes ,  17396, 
26759. 

Ninius,  voy.  Ninus. 

Ninus,  roi  des  Assyriens,  A7- 
niuSy  son  histoire,  821 1-8363, 
19319-19383;  fonde  la  che¬ 
valerie,  36985-37004;  19390, 
19393,  19395,  19477. 

Aï*,  voy.  Nysa. 

Nisse ,  voy.  Nicée  dans  le  Cau¬ 
case  indien. 

Nisunia ,  corr.  Visunia ,  voy. 
Vizeu. 

Noble  le  Lion,  tient  sa  cour, 
3253-5537;  mande  Renart  de¬ 
vant  lui,  I,  322;  435,  619, 
687,  752,  554o,  5543,  5555, 
556i, 5718,  5728,  5943,  5g56, 
5967, 5989,  6140,  6367, 636g; 
I,  321  a ,  325  a ,  3z8,  352  at 
367  a  \  le  roi  Lyon ,  419,  556. 

Nobles  (les),  désavantage  de 
leur  situation,  38223-38522. 

Nom,  patriarche,  son  histoire, 
7914-8058;  8160,  8367,  8645, 
i3a55,  14193,  i5825,  15829, 
15935,  19251,  19253,  19259, 
19263,  19263,  19779,  19782; 
I,  235  §  1 3  ;  29544. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Noirmendie ,  voy.  Normandie. 

Noiron ,  voy.  Néron. 

Nonbroth ,  voy.  Nbmrod. 

Nonnette  (fabliau  de  la),  28773- 
28812. 

Normandie,  province  fran¬ 
çaise,  Noirmendie ,  Normen- 
die,  21447,  I»  27°“*  §  99Î 
276  §  1 1 2,  280  §  119,  280 
$  1 19;  conquise  par  Philippe- 
Auguste,  I,  286  §  137;  I,  287 
5  141;  ducs  :  Rollon,  Ri¬ 
chard  !•%  II,  III,  Robert  I#r, 
Guillaume  II,  Robert  II, 
Henri  [Il  Plantagenet]. 

Normands,  Normans ,  leurs  in¬ 
vasions,  I,  268  §  95-96  et  269 
§97;  reçoivent  la  Normandie, 
I»  270  §  99;  I,  271  §  100,  I, 
272  S  io3,  I,  281  5  121  ;  ren¬ 
dent  Évreux  à  Philippe  Au¬ 
guste,  I,  286  §  137. 

Norvège,  royaume,  Norvée , 
1 1405. 

Nostre  Dame ,  voy.  Marie. 

Nostre  Seigneur ,  voy.  Jésus- 
Ciirist. 

Noyon  (Aisne),  I,  260  §  75  et 
264  8  69;  son  évêché  est  sé¬ 
paré  de  celui  de  Tournai,  I, 
284  §  1 3 1. 

Nucerinus  (P. J  Cittius),  Pubi- 
nus ,  est  en  Mauritanie  lors  de 
la  conjuration  de  Catilina, 
21208. 

Numa  Pompilius,  successeur  de 
Romulus,  Nunan  Populus ,  I, 

334  a. 

Numérien,  empereur  romain,  I, 

247  §§  46-7. 

Nunan  Populus ,  voy.  Numa 
POMPILIUS. 

Nymes ,  voy.  Nîmes. 

Nysa,  ville  de  Haute  Asie,  Nis , 
est  conquise  par  Alexandre, 
14187-8. 

Obert  de  Sens  ( maistre ),  voy. 
Eudes  de  Sens. 

Obitum,  héritier  d’Alexandre, 
17107-8. 

Obstantes,  héritier  d'Alexan¬ 
dre,  17391-2. 


Occident,  Occidans ,  9390, 

9873,  20106,  I,  249  §  48,  233 
§  34,  255  §  56,  2461 1 . 

Occudite,  voy.  Eurydice. 

Octès,  héritier  d'Alexandre, 
17124. 

Oc t lie,  voy.  Otton. 

Octhevlen ,  voy.  Auguste. 

Octianus  (?),  évêque,  est  brûlé 
par  le  feu  du  ciel  à  Carthage 
pour  avoir  médit  de  la  sainte 
Trinité,  I,  257  §  67. 

Octon,  un  des  successeurs 
d’Alexandre,  Aucton,  17133  ; 
chapelain  d’Alexandre,  hé¬ 
rite  de  la  ville  de  Sincolin, 
17143-6;  s'empare  du  Palati- 
nat  et  de  la  Bavière,  17403- 
4;  secourt  Élior,  17963. 

Octovlen ,  voy.  Auguste. 

Octudite ,  voy.  Eurydice. 

Odille,  voy.  Odilon. 

Odilon  (saint),  abbé  de  Cluny, 
Odille ,  son  abbatiat,  I,  274 
§  *06. 

Odoire,  voy.  Édouard,  roi  d’An¬ 
gleterre. 

Odon  (saint),  premier  abbé  de 
Cluny,  I,  271  §  101. 

[Œdipe],  son  histoire,  3870- 
3892. 

Ogip.r  [le  Danois],  Oigier ,  tue 
Ami  et  Amile,  fait  la  guerre 
à  Charlemagne,  I,  264-5  S  90, 
I,  3oo. 

[Ogive],  femme  de  Charles  le 
Simple,  s'enfuit  en  Angle¬ 
terre,  I,  271  §  102. 

Oigier,  v oy.  Ogier. 

Oiseusb  (Dame),  l'Oisiveté  per¬ 
sonnifiée,  dame  Oyseu^e,  3g, 
126,  405,  414. 

Olbanie ,  voy.  Albanie. 

Olimpiadès ,  Olimpiadis ,  voy. 
Olympias. 

Olinpius  (?),  évêque,  est  brûle 
par  le  feu  du  ciel  à  Carthage, 
pour  avoir  médit  de  la  sainte- 
Trinité,  I,  257  §  67. —  Un 
évêque  de  ce  nom  était  venu 
pfès  d’un  siècle  plus  tôt  à 
Carthage  pour  apaiser  le 

schistn:  des  Donatistes. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


Olivet,  voy.  Oliviers  (mont 
des). 

Olivier,  pair  de  Charlemagne, 
meurt  à  Roncevaux,  I,  267 
§  94;  i,  3  00. 

Oliviers  (mont  des),  près  Jéru¬ 
salem,  la  montaigne  d'OIivet , 
I,  258  §  71. 

Olmbdo  (prov.  de  Valladolid), 
Ulmas ,  I,  354  a. 

Olympus,  femme  de  Philippe 
de  Macédoine,  Olimpiadès , 
Olimpiadis ,  conçoit  Alexan¬ 
dre  de  Nectanebo,  9499- 
10006  ;  Alexandre  la  réconci¬ 
lie  avec  Philippe,  io5x3- 
10686;  fait  périr  Eurydice, 
17701-17778;  sa  mort  17779- 
17823  et  30913-30920;  9299, 
io522,  10752,  10774,  10840, 
11654,  i333o,  1 343 1 #  16450, 
1 83 1 1,  2041  3. 

Omelies  de  Job,  voy.  Homélies. 

Orner ,  voy.  Homère. 

Opiteliers ,  voy.  Hospitaliers. 

Orace ,  voy.  Horace. 

Oran  (Algérie),  Goran ,  cité  de 
Barbai  •»>,  I,  354  a . 

Orange  (Vaucluse),  Orenge , 
peste  en  O.,  I,  258  §  72. 

Orcanie ,  voy.  Hyrcanie. 

Orenge,  voy .  Orange. 

Orense  (Galice),  Aurelianas,  I, 
354  6. 

Oreste  (la  niepee),  voy.  Ores- 
TILLA. 

Orestilla,  femme  de  Catilina, 
la  niepee  Oreste,  21012-6. 

Orfèvres,  satire  de  leur  métier, 
26471-26534. 

Orgueil,  personnifié,  Orguel, 
Orgueuil ,  2995,  3009;  I,  3 1 3 
a  ;  2568o,  27626,  27847» 

27851,  27854;  dissertation 
sur  l’O.,  34381-34534;  34595, 
34602,  34656,  34758,  36195. 

Oriancender ,  voy.  Asandros. 

Oriant ,  voy.  Orient. 

Oridassem,  voy.  Oxydraques. 

Orient,  Oriant,  6790,  7488, 
9589,  9872,  13484,  i58o6, 
19373  ;  I,  227  §  2,  229  §  6, 
23i  §  10,  233  $  1  o- 1 1,  249 


§48,  255  §  56,  286  §  1 35 ; 
2461 1 . 

Origène,  grant  docteur  en 
sainte  Eglise ,  sa  vie,  I,  245 
§  4»- 

Orisius,  voy.  Orose. 

Orléans,  Orllens  sur  Loire, 
appelé  auparavant  Jevalle , 
I,  246  §  44;  fondation  de 
Sainte-Croix,  I,  25o-i  §5o; 
268  §  95,  283  §  127;  l'hostie 
sanglante,  1,  285  §  1 35  ;  I, 
289  g  144;  II,  222;  l'abbé  de 
Saint-Marc  fonde  Fleury-sur- 
Loire,  II,  229  a. 

Ormida ,  voy.  Hormisdas. 

Oroise,  voy.  Orose. 

Orose  (Paul),  historien,  Ori¬ 
sius,  Oroise ,  19239,  19243, 
20102;  I,  232  5  10  et  270 
8  99- 

OssBTTB,  ville  de  Syrie,  1 1 275. 

Osma  (Vieille  Castille),  Oxoine 
en  Espaigne ,  I,  354  a\  évé- 
que  :  Diego  de  Acbbes. 

Ospide  la  fors  (oppidum  forte), 
ce  n'est  pas  un  nom  de  ville 
mais  une  apposition  accollée 
au  nom  de  Tortosb. 

Ospitaliers,  voy.  Hospitaliers. 

Osqua ,  voy.  Huesca. 

Ostie  (prov.  de  Rome),  Os- 
tienne ,  Ostun ,  depuis  le 
temps  du  pape  saint  Marc, 
l'évéque  d’O.  sacre  celui  de 
Rome,  I,  338  a;  évêques: 
Ugolin  (voy.  Grégoire  IX), 
Nicolas  Bocasin. 

Ostun,  voy.  Autun  et  Ostie. 

Ote ,  voy.  Othe  (forêt  d'). 

Othe  (forêt  d'),  dans  le  dép. 
de  l'Aube,  Ote ,  24757. 

Othe ,  voy.  Othon  et  Otton. 

Otiion,  empereur  romain, 
Othe ,  I,  241  §  27. 

Othon,  chevalier  bourguignon, 
applique  le  droit  de  forma¬ 
tage,  37560*37690. 

Othon,  voy.  Otton. 

Othun,  voy.  Autun. 

Otifals,  peuple  de  l'Inde,  Co- 
fldès ,  sont  pourchassés  par 
Alexandre,  1427 1-4. 


341 

Otton  Ier,  empereur,  Octhe , 
Othe,  son  règne,  I,  271-2 
g  io3,  355  <i-356. 

Otton  II,  empereur,  Othe% 
Othon,  I,  272  §  104,  355  a- 
336. 

Otton  III,  empereur,  Othe, 
son  règne,  I,  272-3  §§  104-5, 
355  a,  356;  élève  de  Gerbert, 
I,  273  §  io5;  1,275  §§  107-108. 

Otton  IV  de  Saxe,  empereur, 
Othe,  son  couronnement,  est 
excommunié,  I,  287  §§  i3g- 
140;  battu  à  Bouvines  S  *4*  » 
I,  2848  2  32  ;  nommé  Lande - 
grans ,  I,  356. 

Otton  de  Saxe,  père  d'Henri 
l'Oiseleur,  Othe ,  I,  271  S  10 1. 

Oubriamon,  ville  conquise  par 
Alexandre,  15541-15576. 

Oultrecuidance,  personnifiée, 
344*7- 

Ours  (!’)  voy.  Brun. 

Oursin,  voy.  Ursin. 

Ovantum,  voy.  Oviedo. 

Ovide,  poète  latin,  Ovide  le 
sage,  Ovide  Naaqon,  sa  nais¬ 
sance,  I,  227  §  1  ;  sa  prophé¬ 
tie  sur  le  Christ,  auteur  de 
«  De  Vetula  »  ou  de  la  «  Con- 
versacion  de  sa  vye  »,  I,  23a 
§  10;  sa  mort  I,  a36  S  «7; 
5829;  I,  234  8  iï*  235  8  1 3, 
a36  §  i5;  3a342. 

Oviedo  (Asturies),  Ovantum ,  I, 
354  a . 

Oxoine  en  Espaigne ,  voy. 
Osma. 

Oxydraques,  Oridassem,  peuple 
vaincu  par  Alexandre,  14443- 
14462. 

Oyseuqe  (Dame),  voy.  Oiseuse. 

Padron  (el),  port  de  Galice, 
Yria,  I,  354  a. 

Pa fonce,  voy.  Parfonck. 

Païens,  peuple,  prennent  part 
au  siège  de  Rochefiour, 
188 10,  19081. 

Paladé,  dieu  de  la  magie, 
14740- 14749;  voy.  Pâli. as. 

Palage ,  voy.  Pelage. 

Palancia,  voy.  Palencia. 


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342 

Palargiens  (terre  des),  région 
d'Espagne,  I,  355. 

Patas,  voy.  Pallas. 

Palencia  (Vieille  Castille),  Pa- 
lancia ,  I,  354 

Pallas,  déesse,  Palas ,  3819; 
voy.  Paladé. 

Palombe,  prêtre  et  magicien, 
Palumbe ,  réduit  à  l’impuis¬ 
sance  la  Vénus  d’Ille,  I,  279- 
280  §  1 17. 

Pamanos,  pays  des  Parapamisa- 
des  (?),  est  conquis  par 
Alexandre,  14343-4. 

Pampelunb  (Navarre),  Panpe- 
lune ,  I,  354-354  a. 

Pamphanie ,  voy.  Pamphylie. 

Pamphile  (saint),  sainte  Pen- 
phile ,  29672. 

Pamphile  ou  l’Art  d’être  aimé, 
[a  été  pris  pour  un  auteur], 
Panphille ,  32! 58,  32336. 

Pamphylie,  région  de  l’Asie 
Mineure,  Pamphanie ,  Pan- 
phanie ,  12497,  17114. 

Panpelune ,  voy.  Pampelunb. 

Pjnphanie,  voy.  Pamphylie. 

Panphille ,  voy.  Pamphile. 

Pantinus,  365g. 

Paphnuce  (saint),  I,  25o 
§  5o. 

Paphlagonie,  région  au  nord 
de  l'Asie  Mineure,  Pelagenie , 
12356. 

Papoménon,  héritier  d’Alexan¬ 
dre,  17375-8. 

Pâques,  fête,  Pasque ,  I,  244 
§  35,  261  §  77;  —  fleuries, 
Pasques  floryes ,  le  dimanche 
des  Rameaux,  1,  268  §  g5. 

Paradis  (le),  1679;  2790,  3074, 
3777,  6043,  6264-5,  6416, 
6429, 6504,  7349,  7490, 73 1 3, 
7316,  7529,  9132,  9143, 
14830,  16016,  I,  242  §  3o, 
235  §  58,  259  §  74,  261  §  77, 
268  §  97,  272  g  104;  anges 
chassés  du  P.,  22923-22944. 

Paradis ,  place  de  Rome  de¬ 
vant  Saint-Pierre,  I,  36 1  a. 

Paradis  terrestre,  6674,  6702, 
6722,6744,  7487;  sa  descrip* 
tion,  7491-7546;  voyage  de 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Seth  au  P.,  7587-7688;  7951, 
19292-3;  I,  229  §6. 

Parapamisades,  voy.  Pamanos. 

Pardelle,  voy.  Capoue. 

Paresse,  personnifiée,  35335-8. 

Parfonce,  père  de  sainte  Eu- 
phrosine,  Pafonce,  I,  255-6 
§  58. 

Paris,  fils  de  Priam,  son  his¬ 
toire,  2567-2636,  3799-3842; 
3787,  8565,  12973,  19671. 

Paris,  en  France,  le  comte 
Ferrand  y  est  amené,  2769- 
2784;  Notre-Dame  est  bâtie 
et  la  rue  Neuve-Notre-Dame 
percée,  I,  285  §  1 33  ;  est  pavé 
par  Philippe  Auguste,  I,  285 
§  1 35  ;  fondation  de  Saint- 
Jacques,  I,  287  §  1 38  ;  les 
remparts  de  Philippe  Au¬ 
guste,  1,  287  g  140;  Marie  de 
Brabant  est  couronnée  à  la 
Sainte-Chapelle,  I,2go§  147; 
le  cœur  de  Philippe  III  est 
porté  aux  Frères-Prêcheurs, 
I,  290  §  148;  deux  ponts 
s’écroulent  en  1296,  Philippe 
d'Artois  est  enterré  aux 
Frères-Prêcheurs,  I,  291 
§g  1 5o-i  5i  ;  supplice  des  Tem¬ 
pliers,  I,  292  §  i5a  ;  TUni- 
versité  est  troublée  par  les 
doctrines  de  Jean  de  Pouilly, 
I,  294  §  157;  deux  ponts 
s'écroulent  en  i325,  I,  296 
§  162  ;  le  cœur  de  Charles  IV 
le  Bel  est  porté  aux  Frères 
Prêcheurs,  I,  297  g  164;  sup¬ 
plice  de  Pierre  Rcmi,  ibid. 
et  I,  3o8  a;  le  Grand  Pont 
s’écroule,  23007-8,  23017-8, 
23o85  ;  supplice  de  Jourdain 
de  l’Isle,  23239-23240;  Clo¬ 
vis  est  enterré  à  Sainte-Gene¬ 
viève,  auparavant  nommée 
Saint  Pol  et  Saint  Pere,  II, 
224;  Chilpéric  est  enterré  à 
Saint-Vincent  appelé  depuis 
[Saint-Germain-des-Prés  et 
non]  Sainte-Geneviève,  II, 
228;  2681,  2719;  I,  242  g  3o, 
258  §  74,  260  §  73,  266  g  92, 
284  g  129,  288-9  §§ 


291  §  i5i,  293-4  §  1 34,  353  ; 
26362,  28o5i,  3io33,  37993; 
II,  226,  227  a,  228,  229; 
comtes  :  Robert,  Hugues  le 
Grand;  évêques  :  Pierre 
Lombard,  Maurice  de  Sully, 
Eudes  de  Sully,  Etienne 
Tempier;  abbaye  de  Saint- 
Victor,  I,  283  g  128. 

Parménion,  Parmenon ,  sei¬ 

gneur  arménien,  veut  faire 
empoisonner  Alexandre,  qui 
le  fait  décapiter,!  2563-1 2640. 

PARTHÉNOPé,  ancien  nom  de 
Naples,  Partenope ,  I,  227  §  3. 

Pascal  [II],  pape,  Pasqualus, 
sa  lutte  contre  Guibert  anti¬ 
pape,  I,  281  g  123;  est  dit 
Grec,  son  règne,  I,  364. 

Pasclence ,  voy.  Patience. 

Pasqualus ,  voy.  Pascal. 

Pasque ,  voy.  Pâques. 

Pasquerès ,  temps  pascal.  I, 
237  §  '7- 

Pastoral  de  Saint  Grégoire , 
voy.  Liber  regulae  pastoralis. 

Pastoureaux  (les),  Pastou- 
riaulx ,  leur  croisade  de  1 25 1 , 
1,  289  g  144;  leur  croisade  de 
1 320,  I,  294  g  1 55. 

Pathmos ,  voy.  Patmos. 

Patience,  personnifiée.  Pas - 
cïence ,  29899-29900. 

Patmos,  île  du  groupe  des  Spo 
rades,  Pathmos ,  I,  242  g  3o. 

Paul  (saint),  apôtre,  saint  Po, 
saint  Pol,  Saule ,  sa  conver¬ 
sion,  3 1 5 1 5-3 1 525,  32567- 
32592;  est  emmené  à  Myti- 
lène,  20669-20693;  sa  mort, 
I,  240  §  25;  I,  237  g  18.  249 

§  49>  266  §  93>  s97  §  i64.  343. 

Paul  (saint),  ermite,  Polt  I, 

24û  §  44- 

Paul  (saint),  martyr  sous  le 
règne  de  Julien,  saint  Poly  I, 
23i  g  52;  est  inscrit  au  Mar¬ 
tyrologe  au  26  juin. 

Paul  le  Simple  (saint),  saint 
Pol  le  Simple ,  son  histoire, 
I,  25i  §  5 1 . 

Paul  (!•'],  pape,  Paulus ,  son 
règne,  I,  36s. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


Paulus ,  voy.  Paul  I#r,  pape. 

Pausains  (roi),  voy.  Pausanias. 

Pausanias,  roi  Pausains ,  veut 
s'emparer  de  la  Macédoine 
pour  Darius,  sa  mort,  toySo- 
10890. 

Pauvreté,  personnifiée,  Povre - 
té%  invectives  de  Renart  con¬ 
tre  la  P.,  333 1 3-33382  ;  Re¬ 
nart  la  rencontre  sous  les 
traits  d'une  vieille  femme, 
33383-33868;  33873. 

Pavie,  ville  de  Lombardie,  I, 
a63  §  86  et  283  8  128  ;  roi  : 

DÉ  S  1ER. 

Pécheurs  (exemple  des  trois), 
36i8-3672. 

Pkchine  (sainte),  [sancta  Pe- 
cinna,  honorée  à  Saint-Quen¬ 
tin],  26639. 

Psdjus  (Quintus),  petit  neveu 
de  César,  22072. 

Pélagb,  pape,  Palage ,  son 
règne,  I,  36o  a- 36 1. 

Pelage  [II],  pape,  Palage ,  son 
règne,  I,  36  t. 

Pelé,  le  Rat,  53o,  53*, 

Pèlerin  (saint),  évôquc  d’Au¬ 
xerre,  son  martyre,  1,2448  33. 

Pelignef,  voy.  Salmonk. 

Pellagenie,  voy.  Paphlagonie. 

Pelletiers  (les),  roueries  de  leur 
métier,  26851-26926. 

Penphile  (sainte),  voy.  Pamphile 
(saint). 

Pentecôte,  fête,  Pentecoustc , 
417,  3253. 

Pentheon  (le),  voy.  Rome. 

Pépin  d’Aquitaine,  fils  de  Char¬ 
lemagne,  I,  265  §  91. 

Pépin  le  Bref,  roi  de  France, 
son  règne,  I,  263-264  §§  85- 
89  et  352,  II,  23o  j-23i  ;  I, 
256  §  59,  260  §  75,  263  §  82. 

Pépin  [d’Héristal],  Pépin, prince 
de  France ,  Pépin  roi ,  20760, 
1,  262  §§  80-82  et  35 1  a ,  11, 
23o-2  3o  a. 

Pépin,  fils  de  Charlemagne,  roi 
d’Italie,  I,  265  891,  266  §  93, 
I,  355. 

Pépin,  fils  de  Louis  le  Débon¬ 
naire,  roi  d’Italie,  I,  355  a. 


Pepon ,  voy.  Poppon. 

Percehaie,  fils  de  Renart,  Per¬ 
che  Haye,  28443  ;  va  à  la 
chasse  avec  R.,  sa  mort, 
29663-29870. 

Perces  (terre  aus ),  [tel lus  Par- 
dum  du  Pseudo-Turpin]  est 
conquise  par  Charlemagne 
lorsde  l’expédition  d’Espagne, 

I,  355. 

Perche  Haye,  voy.  Percehaie. 
Pbrdiccas,  Predicas,  héritier 
d’Alexandre,  17159-17166; 
17415;  est  blessé  au  siège  Je 
la  ciré  de  Cappadoce,  attaque 
Antigone,  1 762 1  - 1 7556  ;  sa 
guerre  contre  Ptolémée,  sa 
mort,  17606-17618;  17713, 

17963. 

Perdrix  (la)  dans  la  tonnelle, 

II,  200-201. 

Pere  (Dieu  le),  Pere  du  moud. 
Pere  premerain,  Pere  tout 
puissant,  vrai  Pere,  voy. 
Dieu. 

Pere  (saint),  voy.  Pierre. 
Périlleux,  Prilleux  (Val),  voy. 
Val  P. 

Peroclitès,  Praxitèle  ?,  483. 
Péronnk  (Somme),  1,271  §  102. 
Perre  (saint),  voy.  Pierre. 
Persans  (les),  voy.  Perse. 
Perse,  poète  latin,/Veséj,32  34 1 . 
Perse,  royaume  d’Asie,  9334, 
9336,9355,9379,9403,  10689, 
10704,  10708,  11233,  11 528, 
1 1 355,  12488,  i25io,  12726, 
13273,  1 3335,  13464-6,  13778, 
1 3837,  14887,  1 3233,  i633tj, 
17172,  17403,  17706,  17828; 
I,  2 3o  §  8,  233  §  11,  239  8  20, 
247  8  43,  2 3 1  §  52,  258  8  7 1 
et  346  ;  II,  2 1 3  a  ;  les  Perses , 
Persans,  Persides,  Perslcns, 
5821,  8641,  935i,  9453,  9500, 
1 1 338,  11447,  1*700,  11910, 
12066,  12460,  12484,  i25o8, 
12811,  12940,  13299,  1 3747, 
13749,  i3782,  14331  ;  s’em¬ 
parent  de  Jérusalem  sous 
Codrus,  I,  258  §  71;  rois  : 
Cyrus,  Artaxerxés,  Darius, 
Codrus. 


343 

Persépolis,  capitale  de  la  Per¬ 
se,  Persicolin ,  Persincolin 
Sincolin ,  description  du  pa¬ 
lais,  13249-13275;  12704, 

12901,  17143-6. 

Perses  (les),  voy.  Perse. 

Persicolin,  voy.  Persépolis. 

Persides ,  Persiens ,  voy.  Perse. 

Persincolin ,  voy.  Persépolis. 

Pkrtinax,  empereur,  Elie,  He- 
lius  Pertinaulx,  son  règne, 
I,  243  §  40  et  348. 

Pestillent  ( Guillaume  le),  voy. 
Guillaume  II  d’Angleterre. 

Petrus,  voy.  Plectrude. 

Peur  (dame),  23945,  23954, 
23962,  23965,  23967,  23973; 
scs  conseils  à  Renart  24121- 
24334;  24236,  24244,  2433i, 
2447b,  24477,  a44»3,  24490, 
24493,  24501,  24576. 

Phanie,  fille  de  Crésus,  2347. 

Pharameûs,  donne  des  lois  aux 
Grecs,  8392. 

Phar amond,  roi  des  Francs,  fils 
de  Marcomir,  Faramont,  son 
règne,  11,  221  a. 

Pharaon,  roi  d'Égypte, histoire 
de  la  fuite  des  Juifs,  4438- 
4490;  11,244  *-*45  84*7» 

8420,  8451,  83o3,  36890, 
36894,  369i5,  37209. 

Pharaon  (saint),  voy.  Faron. 

Phare  (sainte),  voy.  Farb. 

Phares,  fils  de  Pitus,  roi  d’Ita¬ 
lie,  I,  334. 

Pharisiens,  secte  judaïque,  I, 
233  §  14. 

Piiébus,  dieu,  2539. 

Phelippe,  voy.  Philippe. 

Philbert,  voy.  Fulbert. 

Philicambris ,  voy.  Sysicambis. 

Philipater,  à  la  mort  d’Ale¬ 
xandre  devient  roi  des  Hé¬ 
breux,  17320-2. 

Philippe  (saint),  apôtre,  saint 
Philippe ,  Phelippe ,  est  déca¬ 
pité,  1,  240  §  23  et  343  a. 

Philippe,  empereur  romain,  sa 
conversion,  I,  246  §  43. 

Philippe  II,  empereur  de  By¬ 
zance,  I,  263  §  83. 

Philippe,  médecin,  Phlipe ,  soi- 


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344 

gne  Alexandre  malade, 
12541-12640. 

Philippe,  Phelipe ,  Philipe ,  à 
la  mort  d’Alexandre  devient 
roi  de  Sicile,  17317-9;  17328. 

[Philippe  d’Alsace],  comte  de 
Flandre,  meurt  à  Acre,  I, 

286  g  1 26. 

Philippe,  tils  de  l'empereur 
Henri  IV (?),  règne  44  ans  en 
Angleterre,  Philipe,  I,  280 
§  118. 

Philippe  d'Artois,  sa  mort,  1, 
291  §  i5o. 

Philippe  d’Aunoy,  accusé  d’a- 
dultère  avec  Blanche  de 
Bourgogne,  est  supplicié,  I, 
293  g  154. 

Philippe  I#r,  roi  de  France, 
Philipe ,  est  excommunié,  I, 
282  g  126;  est  enterré  à 
Saint-Benoît  sur-Loire,  I,  283 
g  127;  I,  288  §  14a. 

Philippe  [Auguste],  roi  de 
France,  Philipe  le  Grant , 
265 1,  2750,  sa  naissance,  I, 
284  J  i3o  et  285  g  1 33  ;  1, 
284  §g  1 32-1 33;  est  cou¬ 
ronne  à  Reims,  I,  285  §  134; 
son  règne,  I,  285-6  §  1 35  ; 

287  g  139-141,  288  g  142  et 
364  a . 

Philippe  [III  le  Hardi],  roi  de 
France,  épouse  Isabelle  d’A¬ 
ragon,  I,  289  §  144;  est  fait 
chevalier,  g  145  ;  est  couronné 
g  146;  épouse  Marie  de  Bra¬ 
bant,  g  147;  meurt  à  Nar¬ 
bonne,  I,  290  g  148;  refuse 
de  rendre  des  fiefs  donnés  en 
gage  par  le  comte  de  Cham¬ 
pagne,  37997-38018. 

Philippe  [IV]  le  Bf.l,  roi 
de  France,  Phelipe ,  Phlipe, 
2869,  2875,  2907;  sa  nais¬ 
sance,  I,  289  §  145;  guerre  en 
Gascogne, I,  290g  149;  guer¬ 
res  de  Flandre,  I,  290-1 
g  1 5 1  et  292  §  1 5 1  ;  lutte  avec 
la  papauté,  I,  291-2  §  1 5 1  ; 
1,  292  g  1)2,  23106-23119; 
fait  ses  3  fils  chevaliers  et  se 
croise,  mais  ne  part  pas,  I, 


RENART  LE  CONTREFAIT 

293  §  1 53  ;  sa  mort,  §  154; 
3ioo3,  38076  ;  II,  217. 

Philippe  V  le  Long,  roi  de 
France,  auparavant  comte  de 
Poitiers,  réunit  le  conclave  à 
Lyon,  1, 293  §  1 54  ;  son  règne, 
I,  293-4  §  1 55  ;  sa  mort,  I, 

294  §§  i57-i  58. 

Philippe  [VI]  de  Valois,  roi  de 
de  France,  son  couronne¬ 
ment,  I,  297  §  164;  guerre 
de  Flandre,  23i3o-23i5o; 
38074. 

Philippe,  fils  aîné  de  Louis  le 
Gros,  Philipe ,  sa  mort  acci¬ 
dentelle,  I,  284  g  129. 
Philippe,  roi  de  Macédoine, 
Phelipe ,  Phlipe ,  son  histoire, 
9291-10422,  io52i;  renvoie 
Olympias,  sa  femme,  io5a3- 
10686;  1071 1,  10714,  10754; 
guerre  contre  les  Perses,  sa 
mort,  10770-10927;  1 1 653, 

1 1 655,  1 1751,  12491,  17103, 
2041 1,  20437. 

[Philippe]  de  Marigny,  évêque 
de  Cambrai  puis  archevêque 
de  Sens,  I,  292  g  1 52  ;  tient 
en  prison  Guichard  deTroyes, 
31042-6. 

Philistins  (les),  Philistlens , 
*9777- 

Philon  le  Juif,  Philo,  écrit  un 
livre  surréglised'Alexandrie, 
I,  239  §  21. 

Philorcame ,  voy.  Amphipolis. 
Philosophe  (/e),  voy.  Aristote. 
Phii.otas,  général  d’Alexandre, 
Fillotès ,  Pilotes ,  Philote , 
10425, 13958,  14054;  héritier 

d’Alexandre,  1 71 55-8;  17967, 

# 

18045;  aide  Elior  à  venger 
la  mort  d’Alexandre,  i8a55- 
19186. 

Phison ,  voy.  Pithon. 

Phlipe ,  voy.  Philippe. 

Phocas,  empereur,  Soque ,  son 
règne,  I,  35 1. 

Phrataphbrne,  Fractaferus ,  à 
la  mort  d’Alexandre  reçoit 
l’Hyrcanie  et  une  partie  de 
l'Arménie,  1741 1-4. 

Phrygib,  région  de  l’Asie  Mi¬ 


neure,  Frise,  17325  ;  —  (la 
petite),  1 733 1  ;  les  Phrygiens, 
Frislens ,  17506;  voy.  Bé- 
dryces. 

Picardie,  province  française,  I, 
366  a,  27634. 

Pierre  (saint),  apôtre,  Pere , 
Perre,  9141,  20844,  2o85o  ; 
I,  a3g  §§  31  et  33,  340  S  24. 
348  §  47,  349  §  49,  363  §  85  ; 
son  chef  est  envoyé  à  Char¬ 
lemagne,  I,  266  g  93  ;  1,  343 
et  356  a\  25264,  28445, 

32489  ;  —  (le  domaine  de', 
I,  263  §86;  -(le  siège  de), 
I,  265  g  90. 

Pierre  Martyr  (saint),  Frère 
Prêcheur,  sa  canonisation, 
I,  289  g  143. 

Pierre  Alphonse,  Pierre  Al- 
phons ,  nom  chrétien  du  Juif 
Moïse,  son  livre  contre  les 
erreurs  des  Juifs,  1, 283  g  1 26; 
27539,  28298,  28747,  32143, 
32343. 

Pierre  III,  roi  d’Aragon,  mari 
de  Constance  de  Sicile,  veut 
s’emparer  de  la  Sicile,  lutte 
contre  Philippe  le  Hardi,  I, 
290  g  148. 

Pierre  d’Auvergne  (saint),  évê¬ 
que  de  Clermont,  son  his¬ 
toire,  I,  261  g  77. 

Pierre  de  Chalons  (saint),  voy. 
Saint-Pierre  de  Chalons. 

Pierre  de  Clairvaux  (saint), 
un  mot  de  lui,  I,  285  g  1 35. 

Pierre  Damascene ,  Pierre  Da¬ 
mas* e,  voy.  Pierre  Damien. 

Pierre  Damien,  Pierre  Damas¬ 
cene,  Pierre  Damasse ,  I,  260 
g  75  et  278  g  1 1 5. 

Pierre  Flotte,  lit  l’appel  de 
Philippe  le  Bel  contre  Boni- 
face  VIII,  I,  291  g  1 5 1 . 

Pierre  de  La  Brosse,  Pierre 
de  La  Broce ,  ses  complots, 
sa  mort,  I,  290  g  147. 

Pierre  de  Léon,  Pierre  Lion, 
voy.  Anaclet. 

Pierre  Lombard,  évêque  de 
Paris,  Pierre  le  Lombart , 
set  œuvres,  I,  284  g  i33. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


[Pierre]  i.e  Mangeur,  I,  229 
3  5,  a3 1  §  9,  a36  §§  14  et 
17,  237  §  18;  identifié  à 
Pierre  Lombard,  If  284 
8  1 33. 

Pierre  de  Murrone,  voy.  Cé- 
LESTIN  V. 

Pierre,  Provençal,  demeurant 
à  Troycs,  subit  la  vengeance 
d'un  Lombard,  Antoine, 
30246-30327. 

Pierre  le  prophète,  empri¬ 
sonné  au  château  Saint-Ange 
avec  Jean  XIII,  I,  363. 

Pierre  Remi,  prevost ,  trésorier 
et  maistre  du  royalme  de 
France ,  son  histoire,  2921- 
2944,  23228-23232,  23456- 
23474;  sa  fortune,  I,  295 
§  169;  son  supplice,  I,  297 
S  164;  236o6-8,  27209, 

27733,  30925. 

Pierre  de  Tarbntaise,  voy. 
Innocent  V. 

Pignabiau,voy.  Pinabel. 

Pignalion ,  voy.  Pygmalion. 

Pilate,  procureur  de  Tibère 
en  Judée,  Pon\  Pilate ,  I, 
2368  17;  son  histoire,!,  237-8 
8  18,  241  8  28,  II,  202  <i-2o3  ; 
s'enfuit  à  Lyon,  I,  344  a. 

Pinabel,  de  la  lignée  des  traî¬ 
tres,  Pignabiau,  I,  3 19. 

Pinaire ,  voy.  Pinarius. 

Pinarius  (Lucius),  petit  neveu 
de  César,  Pinaire ,  neveu  et 
héritier  de  César,  22070-4. 

Pinte  (dame),  la  Poule,  546; 
explique  le  songe  de  Chan- 
tecler,  3 1301-31479. 

Pirni,  voy.  Pyrénées . 

Pirrus ,  voy.  Pyrrhus. 

Pisr  (Toscane),  Pisse,  I,  364  a, 
365. 

Pison  (Cn.  Calpurnius),  Pisso , 
est  en  Espagne  au  moment 
de  la  conjuration  de  Catilina, 
21207. 

Pison  (L.  Calpurnius),  Luce 
Pison ,  beau-père  de  César, 
22055. 

Pisse,  voy.  Pisb. 

Pisso,  voy.  Pison  (Cn.  Calpur¬ 


nius)  ;  —  devient  l’ennemi 
de  César,  20857-20880. 

Pistoia,  ville  de  Toscane,  Pis- 
tore,  21402,  21408. 

Pistore ,  voy.  Pistoia. 

Pitagoras ,  voy.  Pythagore. 

Pithon,  Phison,  à  la  mort 
d’Alexandre  reçoit  [la  Médie 
et  non)  la  Babylonie,  1 7 1 36, 
17416. 

Pitié,  femme  de  Bonne  Foi, 
3773i. 

Pitus,  fils  de  Saturne,  roi  d'Ita¬ 
lie,  I,  334. 

Plaideur  (histoire  du),  qui 
donne  une  vache  au  bailli, 

33910-35954. 

Planètes  (les  sept),  34885- 
3528o. 

Platon,  philosophe  grec,  5oi3, 
5905,  9223,  23394,  25200, 
29249,  32339. 

Plbctrudb,  femme  de  Pépin 
d'Héristal,  Petrus ,  II,  23o. 

Pline,  auteur  des  «  Nature» 
des  Choses  »,  Plinius ,  plaide 
auprès  de  Trajan  cn  faveur 
des  Chrétiens,  I,  242  S  32  ; 
32343. 

Po  ( saint ),  voy.  Paul. 

Poète  (le),  Poeste ,  28470. 

Poissons  (les),  signe  du  Zodia¬ 
que,  I,  23488  !2-l3. 

Poissy  (Seine-et-Oise),  abbaye 
fondée  par  Philippe  le  Bel 
en  l'honneur  de  saint  Louis, 
I,  293  8  154;  les  viscères  de 
Charles  IV  le  Bel  sont  dépo¬ 
sés  aux  nonnains,  I,  297 
8  *64. 

Poitevins,  voy.  Poitou. 

Poitiers  (Vienne),  I,  25 1  8  5i; 
le  comté  est  annexé  à  la  cou¬ 
ronne,  I,  287  8  141;  I,  392 
§  1 53  ;  les  portes  de  Saint- 
Hilaire  sont  portées  à  Paris 
par  Dagobert,  II,  229  ;  comte  : 
[Guillaume  X  de  Guyenne] 
Philippe  V  le  Long  ;  évôque  : 
Gilbert  de  la  Porée. 

Poitou,  province  française,  I, 
284  |  i3o,  288  8  *42;  les 
Poitevins  sont  battus  par 


345 

Philippe  Auguste,  I,  287 
§  141  ;  comte  :  Eudes. 

Pot,  voy.  Paul. 

Polibus,  voy.  Polybe. 

Policarpe  (saint),  voy.  Poly- 
carpe. 

Polipeton ,  voy.  Polysperchon. 

Politaine,  deux  villes  y  sont 
détruites  par  la  foudre,  du 
temps  d'Alexandre,  I,  529. 

Polixene ,  voy.  Polyxénb. 

Polybe,  historien  grec,  Poli- 
bus,  3  880. 

Polycarpe  (saint),  Policarpe , 
I,  244  §  35  et  348. 

Polysperchon.  Polipeton,  en¬ 
voyé  par  Antigone  au  se¬ 
cours  de  Néoptolème,  meurt 
aux  côtés  de  celui-ci  (?), 
17599-17605. 

Polyxène,  fille  d'Hécube,  Po¬ 
lixene,  sa  mort,  30882-7. 

Pompée  (Cneius],  9197,  20998; 
est  battu  par  César,  21 568- 
2i588,  2i8i3,  221 1 1  ;  —  la 
fille  a  la  femme  Pompée 
[Mucia],  est  séduite  par  Cé¬ 
sar,  21751. 

Ponce  (saint),  convertit  l'em¬ 
pereur  Philippe,  I,  246  8  43. 

Ponces  ly  Aigles,  voy.  Pon- 
tius  Aquila. 

Poncien,  Poncii,  voy.  Pontien. 

Pont-a-Marcq  (Nord),  le  pont 
de  Rames,  Ferrand,  comte 
de  Flandre,  y  est  fait  prison- 

•  nier,  I,  287  §  141. 

Ponthibu,  province  française, 
Pontieu,  est  annexé  à  la  cou¬ 
ronne,  I,  287  8  141- 

Pontien  (saint),  pape,  Poncien, 
Poncii,  Pontinus,  I,  348, 
348  a  ;  son  règne,  I,  358. 

Pontiere,  voy.  Pothiêres. 

Pontieu,  voy.  Ponthibu. 

Pontigny  (Yonne),  fondation  de 
l'abbaye,  I,  283  §  128  et  364, 
I,  364  a» 

Pontinus ,  voy.  Pontien. 

Pontius  Aquila,  sénateur  ro¬ 
main,  Ponces  ly  Aigles,  re¬ 
fuse  de  se  lever  devant  Cé¬ 
sar.  21893-21920. 


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346 

Ponj  Pilate y  voy.  Pilate. 

Poppon,  évêque  de  Schleswig, 
Pepon,  convertit  les  Danois, 
I,  272  §  io3. 

Populus  ( Nunan ),  voy.  Numa 
Pompilius. 

Porc  (le),  voy.  Bauçant  et 
Gouri. 

Porchat  le  Furet,  Petit  Por- 
chas ,  Petit  Porcha f  ti  Fui¬ 
rons,  li  Foirons ,  541  ;  I,  3oo. 

Porphirias,  Porphilias,  Pour - 
philiaSy  ProphiliaSy  histoire 
de  P.  et  d'Athis,  1486-2052, 
2i3o,  2 1 3 1 • 

Porphyre,  philosophe  grec, 
Prophire ,  I,  246  §  43. 

Porron ,  Porrus ,  voy.  Porus. 

Portugal,  Portingal ,  11399, 
11999;  (erre  <iwj  Galles ,  I, 
353. 

Porus,  roi  de  l'Inde,  Porron, 
Porrus ,  1 2844, 1 3042  ;  guerre 
contre  Alexandre,  sa  mort, 
13629-14252;  14463,  ibilg, 
15241,  17372;  est  fait  pri¬ 
sonnier,  I,  33 1. 

Postinus,  roi  du  Latium, 
19831-2. 

Postumia,  femme  de  Servus 
Sulpicius,  Poj/Mma,  /a  _/î//e 
prince ,  est  séduite  par 
César,  21747-8. 

Potanclen ,  Potenclen ,  voy.  Po- 
TENTIF.N. 

Potentirn  (saint),  Potancien, 
saint  Potencien,  son  aposto¬ 
lat,  I,  343  ;  sa  conversion,  I, 
240  §24. 

Potiiières  (Côte-d'Or,  canton 
de  Châtillon-sur-Seine),  Pow- 

tiàrey  25992-3. 

Fouille,  région  de  l’Italie, 
Puille,  Pulle ,  1 636 1 ,  20723, 
21369,  27*  §  99;  histoire 

de  la  statue  indiquant  un 
trésor,  I,  276  §  112;  I,  282 
§  126;  est  donnée  à  Charles 
d'Anjou,  I,  289?$  143  ;  comte: 
Raimond. 

Poule  (la),  voy.  Pinte. 

Pourceau  (le),  voy.  B\uç\nt 
et  Gouri. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

PourphiliaSy  voy.  Porphirias. 

Pourveance  ,  personnifiée  , 
23728,  238g3. 

Povretéy  voy.  Pauvreté. 

Praiel.  voy.  Raoul  de  Presles. 

Prandragon ,  voy.  Uter. 

PredicaSy  voy.  Perdiccas. 

Premonstré  (ordre  de),  sa  fon¬ 
dation,  I,  283  8  128  et  364. 

Prescherresses,  voy.  Domini¬ 
caines. 

PresèSy  voy.  Perse. 

Présomption,  personnifiée,  Pre- 
sumpeion ,  34417. 

Prêt  sur  gage,  37721-37750. 

Prêtre  Humbert ,  voy.  Hubert. 

Prévôtés,  leur  vénalité,  38019- 
38082. 

Priam,  roi  de  Troie,  Priant , 
son  histoire,  2568-2636; 
3785,  3909,3915,3918,8360, 
8364,  8669,  12973,  14291, 
14296,  19634,  19649-19674; 
1,  256  S  39»  ^272,  II, 
221 . 

Priam,  descendant  d'Hector, 
roi  des  Francs,  Prian,  son 
règne,  I,  256  8  59. 

Priant ,  voy.  Priam. 

Pr indus ,  pape,  voy.  Sixtk  III. 

Probus, empereur  romain, Pro- 
be,  son  règne,  I,  247  §§  43-6. 

Prophète  (le),  prophette ,  3o37, 
23837,  32189. 

Prophilias ,  voy.  Porphirias. 

PorphirCy  voy.  Porphyre. 

Proserpine,  Proserpina ,  déesse 
de  l’adultère,  14727-14739. 

P  rotais  (saint),  jamf  Prothais , 
I,  256  §  60  et  349. 

Prouvence ,  Prouvenceauy  voy. 
Provence. 

ProuvinSy  voy.  Provins. 

Provence,  province  française, 
Prouvence ,  15893,  17393*,  I, 
262  8  82,  263  8  85,  268  8  96, 
282  §  126,  292  §  1 5 1  ;  11,  2  23; 
—  Protivenceau,  Provençal, 
voy.  Pierre. 

Provins,  en  Champagne,  Proi/- 
vws,  auparavant  Apremont , 
33790;  sa  fondation,  37449- 
3753o;  Saint-Ayoul,  5<2irtf 


Ayeul,  30947  ;  voy.  Hémart 
de  P. 

Prudence,  poète  latin,  I,  256 
§  61. 

Psautier,  le  livre  des  Psaumes, 
Psaultier ,  Saultier ,  8799, 

8894,  9100,  23770,  2386o, 
23882,  24083,  24109,  24520, 
24524,  25775,  32238,  34791, 
33784;  voy.  David. 

Ptolémée,  géographe  et  astro¬ 
nome,  Tholemer ,  Tholomè , 
Tholomée ,  476,  5o  1  «  ;  I,  229- 
23o  8  6,  232  §  10,  233  8  *  *; 
23391,  25o8i,  35574,  36214, 
3623o. 

Ptolémée  [le  Lagide],  roi  d'ɬ 
gypte,  Tholomè,  Toloné ,  1 4054; 
joue  le  personnage  d'Alexan¬ 
dre  auprès  de  Candace,  1 5064- 
1 535o,  1 5837,  17057,  17099, 
1 7260,  1 73 1 3  ;  sa  guerre  con¬ 
tre  Perdiccas,  17606-17618, 
17962,  17983,  i8oo3;  promet 
à  Élior  de  l'aider  contre 
les  meurtriers  d’Alexandre, 
18037-19186;  I,  23 1  8  9- 

PubinuSy  voy.  Nuckrinus. 

Publius  Clodius,  amant  [de 
Pompéia  et  non]  de  Cossutia, 
PutecratuSy  20332-4. 

Puille,  Pulle ,  voy.  Pouille. 

Putecratus,  voy.  Publius  Ci.o- 
dius. 

Pute  Paye,  fils  de  Renart, 
28444. 

Pygmalion,  sculpteur  antique, 
Pignalion ,  480. 

Pyrénées,  montagnes,  Pimé ,  I, 
252  §54. 

Pyrrhus,  fils  d'Achille,  P  irrus , 
fait  décapiter  Hélène,  23292. 

Pythagorb  mathématicien 
grec,  Pitagoras ,  I,  233  8  *4- 

Quambrai,  voy.  Cambrai. 

Quantin  (saint),  voy.  Quentin. 

Quantorbier ,  voy.  Cantorbéry. 

Quarice?,  à  la  limite  de  l'Inde, 
17130. 

Quartaige,  voy.  Carthage. 

Quatheline  (sainte),  voy.  Ca¬ 
therine. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


Quaym,  voy.  Caïn. 

Quentin  (saint),  saint  Quantin , 
son  histoire,  I,  248  §  47;  F, 
349  a. 

Queux ,  voy.  Kbu. 

Quint  denier  (le),  droit  de 
vente,  38385*7. 

Quint  ilien ,  empereur,  voy. 
Quintille. 

Quintilifn,  maistre  de  rhétori¬ 
que ,  vient  à  Rome  avecGalba, 
I,  241  §  26. 

Quintillb,  empereur  romain, 
Quintitien ,  I,  246  §  44. 

Quintus  Pboius,  voy.  Pbdius. 

Quintus  [Curius],  confie  à  sa 
maîtresse  Fulvia  le  secret  de 
la  conjuration  de  Catilina, 

21270-21365. 

Quiriasque  (saint),  voy.  Cyria- 
que. 

Raban  Maur,  Rabanes ,  vient  à 
la  cour  de  Charlemagne,  I, 
266  §  92. 

Rabanes ,  voy.  Raban  Maur. 

Rachbl,  femme  de  Jacob, 
36875-8. 

«  Rachines  »,  œuvre  d  Avi¬ 
cenne,  I,  23o  s  8. 

Radulphe ,  duc  de  Bourgogne . 
voy.  Raoul  ;  voy.  aussi  Ro¬ 
dolphe,  duc  de  Souabe. 

Rahous ,  voy.  Raoul. 

Raimbaut,  voy.  Rantgaire. 

Raimond,  comte  de  Pouille  et 
de  Calabre,  part  pour  la  croi¬ 
sade,  I,  282  §  126. 

Raimond,  comte  de  Saint  Gilles, 
Ray  mont,  part  pour  la  croi¬ 
sade,  I,  282  §  126. 

[Raimond  VI],  comte  de  Tou¬ 
louse,  I,  284  §  1 32  . 

Rainchevaulx ,  voy.  Ronce- 
vaux. 

Rains ,  voy.  Reims. 

Raison  (Dame),  Raisson ,  Ray- 
son,  Resson ,  718,  719,  721, 
73a,  743,  74.S,  748,  779,  866, 
1220,  1258, 1289,  1296, i3oo, 
i3o5,  2986,  5171,6073,6083, 
6o85,  61 17,  61 19,6125,  6129, 
6i33,  6194,  6222,  6364-5, 


6372,  6534-5,  6542-3,  6548- 
655o,6555,  6564,  6566,  6568, 
16755,  18280,  i865o,  19045, 
21637,  F,  3 1 2  a,  3 1 3  a,  363, 
367  a,  22460,  22554,  2*571, 
22624-5, 22627,  23335,23659, 
23671,  23677,  2368o,  24227, 
24327,  24340,  24351,  24363, 
*4^76'  7»  24384»  24390, 2441 4- 
6,  24418,  24421;  ses  conseils 
à  Renart  24449-24642;  24649, 
255i2,  2568i,  25925,  25941, 
25945, 27030, 27388-9, 27398- 
9,  27554-5,  27557,  27563, 
27565,  27592,  27608,  27611, 
27646,  27648,  27651,  27660, 
27669,  27672,  27705,  27719, 
27742,  27773,  27830,  27878, 
28642,28754,  29192-3,30044, 
3o854,  32358,  33446,  33460, 
33483,  33494.  33570,  33647, 
338i8-9,  33824, 33826, 33832, 
33835,  33838,  3384o,  33842, 
33865, 345o8, 37o3i,37252-3, 
37259,  37289,  37295,  37326, 
37329,  37390,  37393,  37591, 
37657 ,  37671,  37674,  37683, 
37687,  37701,  37761,  37802, 
37898,  37910,  37916,  37924, 
37939,  37969, 38044-3, 38 1 16, 
38124;  débat  de  R.  et  de 
Nature,  39154-39222;  39243, 
11,  201  a,  202  a ,  216, 
245  a . 

Raisson,  voy.  Raison. 

Rames  (le  pont  de),  voy.  Pont- 
à-Marcq. 


Ramis,  peuple  vaincu  par  Ale¬ 
xandre,  14319-14323. 

Rantgaire,  Raimbaut,  assas¬ 
sine  Grimoald,  II,  23o  a . 

Raoul  (saint),  archevêque  de 
Bourges,  F,  268  §  96. 

Raoul,  duc  de  Bourgogne,  roi 
de  Franc e,  Radulplie, Rahous, 
son  règne,  I,  271  §§  102-103 
et  336 

Raoul  de  Presles  [secrétaire 
de  Philippe  le  Bel],  juris¬ 
consulte,  maistre  Raoul  de 
Praiel,  2469. 

Rasis,  voy.  Ràzi  (Al). 

Rat  (le),  voy.  Pelé. 


Rat  (le)  de  ville  et  le  rat  des 
champs,  II,  239-241. 

Ravenne,  en  Italie,  Ravenes, 
I,  25 1  §  52,  273  §  io5,  283, 

S  128;  archevêque  :  Gerbbrt, 
Guibert,  Jean  X;voy.  Gré¬ 
goire  (saint). 

Raymont,  voy.  Raimond. 

Rayson ,  voy.  Raison. 

Ràzi  (Al),  médecin  arabe,  Rasis , 
25o8o. 

Rechuluch,  voy.  Bertui.f. 

Regnard, Regnart,  voy .  Rbnart. 

Régnier,  nom  d’homme, 29677. 

Réguliers,  voy.  Chanoines  R. 

Reims,  en  Champagne,  Rains, 
fondé  par  Remus,  2oo5a- 
2oo65;  20220,  F,  267  §  93,  273 
8  io5;  concile  tenu  par  Inno¬ 
cent  II,  I.  284  8  *29;  I,  285 
8  1 34,  287  8  «4*  ;  288  8  u3, 
289  §  146;  II,  223  a;  —  Saint- 
Remi,  I,  272  §  io3  et  336  ; 
archevêques:  Nicaisb  (saint), 
Remi  (saint),  Arnoul,  Ger- 
BKRT  • 

[Reinold  von  Dassel],  archevê¬ 
que  de  Cologne,  emmène  à 
Cologne  les  corps  des  trois 
rois  Mages,  1,  285,  8  >33. 

Remi  (saint),  évêque  de  Reims, 
I,  257  §§  66-68,  261  8  76»  287 
§  142;  sa  naissance,  I,  35o  a; 
I,  36o  et  36o  a  ;  23455;  11, 
223  a. 

Remi  d'Auxerre,  théologien,  1, 
271  §  100. 

Remi  db  Coirr,  canoniste,  frere 
Remis  de  Courtis,  2471. 

Remis  de  Courtis  (frere),  voy. 
Remi  be  Coire. 

Remus,  frère  de  Romulus,  est 
tué  par  son  frère,  5585-659y; 
sa  naissance,  sa  jeunesse, 
vient  en  Gaule,  fonde  Reims, 
19953-20065;  revient  à  Rome, 
est  tué  par  son  frère,  20217- 
20268. 

Remy,  voy.  Remi. 

Renart  le  Goupil,  Regnard, 
Regnart,  vole  l’oie  du  convers, 
2180-2212;  ses  amours  avec 
Hersent,  323i-3234  et  I,  3io- 


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348 

3 12  ;  accusé  par  Isengrin  à  la 
cour  du  Lion,  3385-5537  ;  pré¬ 
sente  sa  défense,  5734-5950; 
sa  méchanceté,  I,  3oi-2;  son 
aventure  avec  Droin,  1,  3o6- 
321;  est  accusé  d'avoir  mangé 
les  petits  de  Tiécelin,  I,  322; 
envoie  Tibert  chez  un  prêtre 
qui  le  rosse,  1,  324-325;  sa 
rencontre  avec  le  Vilain, 
22643-23348  ;  son  pèlerinage, 
23350-29662  ;  comment  il  ap¬ 
prend  la  chasse  à  Percehaie, 
29663-29870;  son  aventure 
avec  Brichemer,  3oo  1 7-30344; 
autre  aventure  avec  Brun, 
3o345-3o73o;  est  pris  et  battu 
par  le  Vilain,  3073 1-3 1088; 
est  joué  parChantec!er,3 1 089- 
3328t;  sa  rencontre  avec 
Dame  Pauvreté,  3i28a-33868; 
sa  confession  à  Prêtre  Hubert, 
33869-39021;  interroge  le  La¬ 
boureur  sur  son  état,  H,  198- 
199;  le  R.,  le  Loup  et  la  Ju¬ 
ment,  II,  241-243;  prêche 
aux  oiseaux,  II,  243-246  a; 
son  aventure  avec  Tibert  et 
les  lévriers,  II,  247-250;  —  le 
contrefait,  104  et  suiv.,  382. 

Renoirib,  personnifiée,  34431. 

Renommée,  personnifiée,  18257, 
20l5l, 

Réolb  (La)  (Gironde),  La 
Riolle ,  est  prise  par  Charles 
de  Valois,  I,  295  §  i5g. 

Repentance,  Repentir ,  person¬ 
nifiée,  24493,  24499,  35401, 
33417,  35441,  35455,  35462, 
33478,  3548i,  35486,  35497. 
355o5. 

Repentis  (ordre  aulx),  3i5ii. 

Resson ,  voy.  Raison. 

Rhka  Silvia,  mère  de  Romu- 
lus  et  Remus,  [nommée  à 
tort  :]  Amenie ,  19953-19968. 

Rhétorique,  un  des  sept  arts, 
34203-34214. 

Rhin,  fleuve,  Rin,  les  Francs 
habitaient  les  bords  du  R., 
I,  25a  §  54;  on  appelait  le  R. 
la  Dyone ,  I,  257  §  64*  I,  268 
§  96;  II.  220  a,  221.  222  a. 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Rhodes,  île,  Riode ,  Rodes , 
1 1587,  16562. 

Rhône,  fleuve,  Rone ,  I,  288 
§  143,  289  §  146. 

Richard  [Cœur  de  Lion],  roi 
d’Angleterre,  son  voyage  en 
Terre  Sainte,  I,  286  §  1 33  ;  sa 
mort,  §  137. 

Richard,  duc  de  Bourgogne, 
Richart ,  I,  271,  §  102. 

Richard  1«p  [sans  Peur],  duc  de 
Normandie,  . Richart,  1,  270 

§  99- 

Richard  II  le  Bon,  duc  de  Nor¬ 
mandie,  Richart ,  I,  270  §  99; 
son  aventure  avec  le  sacris¬ 
tain  de  l'abbaye  de  Fécamp, 
I,  276  §  1 10. 

Richard III, duc  de  Normandie, 
1, 270  §99. 

Rient  (évêque  de),  voy.  Contu- 
meliosus. 

Rin ,  voy.  Rhin. 

Riode ,  voy.  Rhodes. 

Riolle  (La),  voy.  Réolb  (La). 

Riquier (saint),  27623. 

Riviére-de-Corps  (Aube,  cant. 
de  Troyes),  la  riviere  de  Cors , 
I,  352. 

Robert,  nom  d'homme,  533  ;  — 
3i2i,  voy.  Robert  de  Mo- 
LBSME. 

Robert,  prêtre,  histoire  des 
danseurs  maudits,  J,  275 
§  to8. 

Robert  [d'Arbrissbl]  ,  fonde 
Tordre  de  Prémontré,  I,  283 
§  128. 

Robert,  comte  d’Artois,  frère 
de  saint  Louis,  part  pour  la 
croisade,  1,  289  §  143. 

[  Robert  ]  comte  d’Artois,  est 
battu  à  Courtrai,  I,  292  §  1 5 1 . 

Robert  [II],  comte  de  Flan¬ 
dre,  part  pour  la  croisade, 
I,  282  §  126. 

Robert  [le  Pieux]  ,  roi  de 
France,  élève  de  Gerbert,  I, 
273  §  io5  ;  son  règne,  I,  273 
§  107 ;  sa  piété,  I,  276  $  112; 
I,  288  §  142. 

Robert  Guiscard,  Robert  Gui - 
chartf  conquiert  In  Sicile,  l, 


271  §  99;  histoire  du  trésor 
découvert  en  Pouille,  I,  276 
§  1 1 2. 

Robert  de  Molesme  ,  3 1 2 1  ; 
fonde  Cîtcaux,  I,  282  §  126 
et  363  a. 

Robert  de  Normandie,  nom 
chrétien  de  Rollon,  I,  270899. 

Robert  1er,  duc  de  Normandie, 
confondu  avec  Robert  Guis¬ 
card,  I,  271  §  99. 

Robert  [II  Courte  Heuse],  duc 
de  Normandie,  Robert  conte 
de  Normandie ,  part  pour  la 
croisade,  I,  282  §  126. 

Robert,  comte  de  Paris,  battu 
et  tué  à  Soissons,  I,  271  §§  102- 
io3. 

Roboam,  Roboan ,  fils  de  Salo¬ 
mon,  2521,  5049;  son  his¬ 
toire,  5059-5076,  9183-9192. 

Rocheflour,  château  d’Anti- 
pater,  Rocheffort ,  est  assiégé 
par  Élior,  18386-19186. 

Rodes ,  voy.  Rhodes. 

Rodez  (Aveyron),  Rodés ,  appa¬ 
rition  de  nombreux  loups 
dans  le  diocèse,  I,  285  g  1 33. 

Rodioine,  royaume  de  Candas, 
I7i35. 

Rodolphe,  duc  de  Souabe,  et 
non  Radulphe ,  duc  de  Bour¬ 
gogne,  est  fait  empereur  par 
Grégoire  VII,  I,  281  8  1*1. 

Roen ,  voy.  Rouen. 

Roger,  évêque  de  Beauvais, 
Rogier ,  reçoit  le  comté  de 
Beauvais  en  échange  de  San- 
cerre,  I,  275  8  *09. 

Rots  (les  Trois),  I,  236  §  i5, 
237  8  17;  leurs  corps  sont 
portés  de  Milan  à  Cologne,  I, 
285  g  1 33. 

Roland,  un  des  douze  pairs, 
Rolant ,  Rolland ,  meurt  à 
Roncevaux,  I,  267  g  94  ;  I, 
3oo  et  353. 

Rollon,  Rollo  le  Danois ,  Rollo , 
duc  des  Normans ,  est  baptisé 
sous  le  nom  de  Robert,  I, 
270-1  g  99;  L  286  §  137. 

Romain,  pape,  Romanus ,  son 
règne,  I,  362  a. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


349 


Romanus,\ oy.  Romain,  pape. 

Rome,  Romme ,  sa  fondation,  I, 
334;  son  histoire,  20069- 
22212  ;  succession  des  papes, 
I,  356  a-366  ;  Virgile  y  place 
un  miroir  merveilleux,  29391- 
29400;  affluence  des  pèlerins 
en  i3oo,  I,  291  g  i5o;  est 
abandonnée  par  Clément  V, 
I,  292  §  1 52  ;  1489,  1494, 
1783,  1796-7,  1837,  1891, 
1967, 2484,  2847,  4148,  5573, 
8600,8644,9198,9206, 1  io53, 
11057,  12007,  i3oio,  i3oî4, 
i3oi6,  i3o23,  16571,  19514, 
19884,  19888,  19890;!,  226-7 
§  3,  228  §  5,  2 3o  §  8,  2 3 1  §  10, 
236  §§  16-17,  238’9  S8  19-20, 
23g  S  23,  240  §§  24-23,  263 
§  90,  266  §§  92-93,  267  §§  93- 
94,  268  §  96,  272  §  io3,  273 
§  104,  275  §  107,  278  §  n5, 
279-280  §  1 1 7,  284  §  1 29,  285 
§  1 33,  288  §  143,  290  §  148, 
292  §  1 5 1 ,  3144,  329,  345  4, 
346,  348  4,  349  4,  35 1  4; 
23243,  25768,  26180,  26190, 
26262,  26342,  27137,  27317, 
29?74»  29459,  29599,  29621, 
29639,  30493,  31047,  3i793, 
32266,  32859,  33654,  33656, 
33663,  33705,  33717,  33734, 
34298;  II,  198,  208,  220,  221 
4  ;  le  Capitole,  Capitoile ,  Ca- 
pitoire ,  11 061,  21802,  21894; 
1,  232  §  10;  Champ  de  Mars, 
Champ  Martin ,  22078,  la  sta¬ 
tue  enchantée  dont  Gerbert 
trouve  le  secret,  I,  273  §  io5; 
château  Saint-Ange,  I,  363; 
colonne  Trajane,  I,  347  4; 
cour  de  Rome,  19789;  église 
nommée  Jérusalem  où  Ro- 
mulus  avait  fondé  l’Assise  ou 
refuge  des  voleurs,  1,  274 
§  106;  Palaix  Majottr ,  fondé 
pa r  Romulus,  20 1 65-8, 2 1 5 1 6; 
Palais  de  la  Paix,  bâti  par 
Romulus,  s'écroule  à  la  nais¬ 
sance  du  Christ,  20169- 
20216;  le  Panthéon,  Pen - 
theon ,  construit  par  Domi- 
tien,  I,  242  §  3o;  Saint-Pierre, 


I,  242  §  3o,  31079,  ll>  208  ; 

•  Donus  aménage  devant  Saint- 
P.  la  place  dite  Paradis,  I, 
36 1  4;  moutier  de  Saint - 
Saulveur ,  fondé  par  Cons¬ 
tantin,  I,  249  §  49;  le  Sauve - 
ment  de  R.,  édifice  construit 
par  Virgile,  I,  228  §  3  ;  le  Sé¬ 
nat,  complote  contre  César, 
21870-22074  ;  I,  228  §  3,  2 3 1 
§  10,  237  §  18,  23g  §  23,  242 
§§  3o-3i,  241  §  33;  33671; 
temple  Jovif,  22108;  temple 
Veneris ,  2 1 5 1 8,  2 1 87 1 , 22 1  o5; 
—  les  Romains  :  Rommains , 
Rommlens ,  Roumains,  Rou¬ 
mains,  4199,  42o5,  85g8, 
8636,  9202,  20365,  2o533, 
21369,  21 373,  21392,  21404, 
31409, 31463;  1, 337  §3;  338 

§  5, 33 1  §  9, 337  §  18, 339 

§  30,  340  §  35,  357  §  65,  363 
S  86,  366  §  93,  367  §  93,  368 
S  95,  373  §  io3.  383  §  128  ; 
33733  ;  II,  230  a,  231  a,  223, 
222  4. 

Romme ,  Rommains ,  voy.  Romk. 

Rommknie,  i655g,  17159,  22431, 
26758;  —  (drap  de),  3774; 
voy.  Rouménie. 

Rommlens ,  voy.  Rome. 

Romulus,  fondateur  de  Rome, 
tue  Remus,  5573-56o8;  85g8- 
9;  i3oio;  sa  naissance,  sa 
jeunesse,  fonde  Rome,  tue 
Remus,  son  règne,  19953- 
2o3io;  22176,  I,  23o§  8,  23 1 
§9,  274  §  io5  et  334. 

Roncbvaux  (Navarre),  Rainche- 
vaulx  en  Espagne ,  Roncevaus , 
I»  267  §94»  353  4,  355. 

Rone ,  voy.  Rhône. 

Roumains,  voy.  Rome. 

Ronnel ,  voy.  Roonel. 

Roonel,  le  chien,  Ronnel , 
Roonniaus,  aide  Droïn  à  se 
venger  de  Renart,  I,  3i3- 
32  1. 

Rosane,  voy.  Roxane. 

Rosas  (Catalogne),  Rotes ,  I, 
354  4. 

Rotes,  voy.  Rosas. 

Rouen,  en  Normandie,  Roen,  I, 


272  §  io3  ;  archevêque  :  Mau- 
ger  . 

Roumains ,  voy.  Rome. 

Roumanie,  autre  nom  de  By- 
sance,  I,  25o  §  49,  voy.  Rom- 
MÉNIE  . 

Rouvel,  fils  de  Renart,  II,  202 
et  204. 

Roxane,  Rosane,  fille  de  Da¬ 
rius,  femme  d'Alexandre, 
12733,  13217,  13429,  13437, 
13445,  16975,  17021,  17062, 
1 7083, 1 7 1 7  ?  ;  tenue  en  prison 
par  Cassandre,  17789-17823; 
scs  malheurs,  233i7-2333o, 
30898-30907. 

Roy  celestre ,  de  glore ,  de  na¬ 
ture,  le  grant,  le  souverain , 
le  treshault  Roy ,  voy.  Dieu. 

Roÿne  du  ciel ,  voy.  Marie,  la 
sainte  Vierge. 

Rufin  [d'Aquilée],  Ruffin,  I, 
25o  §  5o. 

Rufin  [d'Éphèse] ,  médecin, 
Ruffin,  23391. 

Saba,  ville  d'Arabie,  8492. 

Sabbage ,  voy.  Subbagre. 

Sabbat,  jour  de  repos  des  Juifs, 
I»  235  §  14. 

Sabinien,  pape ,  Fabien  ,  son 
règne,  I,  36 1  et  35 1 . 

Sabres ,  voy.  Samnium. 

Sachet,  membre  d’une  con¬ 
frérie  de  Pénitence,  en  ital. 
«  saccone  »,le  concile  de  Lyon 
en  1274  prend  des  mesures 
contre  eux,  I,  289  §  146. 

Sadoch,  fils  d’Azor,  de  la  des¬ 
cendance  de  David,  I,  228  §  5. 

Saducéens  (les),  parti  juif  op¬ 
posé  aux  Pharisiens,  S4<fn- 
cées ,  I,  235  §  14. 

Sagittaire,  signe  du  Zodiaque, 
Sagitaire ,  I,  234  §§  1 2-1 3- 

Saine,  voy.  Seine. 

Saint- Ayeul,  voy.  Provins. 

Saint-Beneoit ,  église ,  voy. 
Mont-Cassin. 

Saint-Benoit-sur-Loirb  (Loi¬ 
ret),  Champ flori,  Flory, Saint 
Benoit  sus  Loire,  les  corps  de 
saint  Benoit  et  de  sainte  Sco- 


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35o 

lastiquc  y  sont  portés,  I,  261- 
2  §  78  ;  séjour  de  Gerbert,  1, 
273  §  io5;  Ph.  Ier  y  est  en¬ 
terré,  I,  283  §  127  ;  fondation 
de  l’abbaye,  II,  229  a;  ab¬ 
bés:  Momble  (saint)  ;  Théo- 
DULFi;voy.  Hugues  de  Fleu¬ 
ry. 

Saint-Cornille,  voy.  Compïè¬ 
gne. 

Saint-Denis  en  France,  1,  244 
§  33;  sa  dédicace,  1,  i5g§y3; 
I,  264  §  88;  rebâti  par  Char¬ 
lemagne,  I,  267  §  94  ;  le  Len- 
dit,  I,  267  §  94,  I,  268  §  g5  ; 
reçoit  de  Charles  le  Chauve 
des  reliques  de  la  Passion,  I, 
270  §  98;  I,  272  §  io3,  287 
§  141,  288  §  142,  289  §  143, 
290  §  148,  293  §§  1 34-1 33, 

294  §  1*7,  297  §  ,64#  333  ; 
les  bienfaits  de  Dagobert,  II, 
229  a  ;  II,  23o. 

Saint-Étienne,  voy.  Sens. 

Saint-Eusèbb  (église),  voy. 
Mortara. 

Saint-Gilles  (Gard),  comte  : 
Raimond. 

Saint-Jacques  de  Compostelle 
en  Galice,  Conpostella ,  I, 
334  a,  23834,  26280. 

Saint-Jean  d’Angély  (Charcnte- 
Inf.),  Saint  Jehan,  basilique 
fondée  par  Pépin,  I,  264 
§86. 

Saint-Jean,  moutier  près  Jéru¬ 
salem,  32768. 

Saint-Lambert,  voy.  Liège. 

Saînt-Magnk,  église  de  Kôlbig 
devant  laquelle  dansaieut  les 
danseurs  maudits,  saint  Man¬ 
gue  le  martir ,  I,  273  §  108. 

Saint-Martin  ,  abbaye  fondée 
parGuillaume  le  Conquérant 
près  Séez  (Orne),  I,  280  §  1 19. 

Saint-Martin,  voy.  Tours. 

Saint-Mathé,  église  renouvelée 
par  Grégoire  IV,  I,  362. 

Saint-Maur-des-Fossés  (Seine), 
abbaye  des  Fossés ,  fondée  par 
saint  Colomban,  le  corps  de 
saint  Maur  y  est  porté,  I,  269 

§  97- 


RENART  LE  CONTREFAIT 

Saint-Maximin  en  Provence, 
Saint  Maximien ,  I,  263  §  83. 

Saint  Molemme ,  voy.  Molesmk. 

Saint-Omer  (Pas-de-Calais),  I, 
263  §  90,  38304. 

Saint-Pierre  (église),  voy.  Mor¬ 
tara. 

Saint-Pierre  de  Ciialons  ou 
Saint-Pierre  au  Mont,  abbaye 
bénédictine,  686. 

Saint  Po  et  Saint  Pore ,  11,  224, 
voy.  Paris. 

Saint-Pol  [abbaye),  voy.  Cor- 
mery. 

Saint-Quentin  (Aisne),  26761  ; 
prieur  :  Yves  de  Beauvais. 

Saint-Sardos-la-Bastidk,  près 
Sarlat,  I,  293  §  i3g. 

Saint-Sépulcre,  voy.  Jérusa¬ 
lem. 

Saint  Sevestrc,  voy.  Soracte. 

Saint-Suaire  \\c),  guérit  Vcs- 
pasicn,  I,  346  a . 

Saint-Victor  de  Paris,  saint 
Vtltor ,  I,  283  §  128. 

Saint-Vincent  de  Paris,  II,  228. 

Saint  Vittor ,  voy.  Saint-Victor. 

Sainte-Croix,  voy.  Orléans. 

Sainte-Geneviève,  II,  224,  voy. 
Paris  (nom  faussement  donné 
àSaint-Gcrinain-dcs-Prés,  II, 
228). 

Sainte  Terre,  voy .  Terre  S. 

Saladin,  émir,  Salhadin,  s’em¬ 
pare  de  Jérusalem,  I,  286 
§  1 33. 

Salamanque  (prov.  de  Léon), 
Salamanche ,  I,  334  a. 

Salemon,  voy.  Salomon. 

Salluste,  historien  latin,  Sa- 
luste ,  3044,  3491,  20961, 

21047,  21260,  23400. 

Salmonk,  ville  du  pays  des  Pc- 
ligniens,  Peligne\,  lieu  de 
naissance  d'Ovide,  I,  227  g  1. 

Salomon,  roi  d’Israôl,  Salemon, 
son  histoire,  4218-4324;  son 
tombeau  est  pillé  par  Hérode, 
I,  227  §  2;  sa  justice,  8903- 
9183  ;  étant  enfant  conseille 
un  vilain  qui  veut  marier  sa 
fille  à  un  chevalier,  3o583- 
I  30672; 129,  1376,  1434,  1437, 


1480,2073,  2106,  3o3i,  3o6ç, 
3i 1 3,  3i32,  5479,  7718, 8788, 
8807,  8870,  8880-1,  19951, 
23199,  23388,  23433,  27809, 
28231,  28272,  28461,  28699, 
28733,  28762,  28948,  28962, 
31390,  321 1 3,  32i63,  32243, 
32335,  32536. 

Salusce,  voy.  Xativa. 

Saluste,  voy.  Salluste. 

Samadour,  roi,  Klior  requiert 
son  aide  contre  Antipaier, 
i8o3i-6. 

Samistanc,  voy.  Sémiramis. 

Samnium,  région  de  l'Italie  cen¬ 
trale,  Sabres ,  I,  36o  a . 

Samson,  juge  d'Israël,  Sanson, 
son  histoire,  39433*39984. 

Sancerre  (Cher),  Senceire, 
passe  aux  comtes  de  Chain- 
pagne,  I,  27?  §  109. 

Sanlif,  voy.  Sknlis. 

Sanson,  voy.  Samson. 

Sanson,  médecin,  5007. 

Santa  Eulalia  de  Gallego, 
Sancta  Eulalia,  I,  334  a- 

Santa  Maria  Arrifana,  près  de 
Porto ,  metropolis  civitas 
Sancte  Marie,  I,  354 

San\,  voy.  Sens. 

Sapient,  aide  de  ses  conseils 
Élior,  18659-18698. 

Saragosse  (Aragon),  César  Au¬ 
guste,  Sarragoce  ,Sarragocia , 
I,  248  §  47,  333  a,  354  a. 

Sarah,  femme  de  Loth,  est 
changée  en  sel,  33o33-33i56; 
33177,  33196. 

Sardaigne,  Ile,  Sardaine ,  Sar- 
denne,  saint  Pontien  y  est 
relégué,  I,  358;  I,  36o. 

Sarradins,  voy.  Sarrasins 

Sarragoce ,  Sarragocia,  voy. 
Saragosse. 

Sarrasins,  Arabes,  Sarradins , 
Sarrasins,  Sarredins ,  s'em¬ 
parent  de  Constantinople, 
envahissent  l’Espagne  et  la 
France,  I,  263  §  184;  les  S. 
Wandres  dévastent  le  pays  de 
Sens,  I,  352;  sont  battus  par 
Charlemagne  en  Espagne,  I, 
352  d-354;  reprennent  Acre, 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DÈS  NOMS  PROPRES 


I,  290  §  148  ;  dévastent  l’Ita¬ 
lie,  I,  362;  donnent  du  poi¬ 
son  aux  Juifs  pour  faire  périr 
les  Chrétiens,  II,  207  a;  2816, 
83go,  8352,  17409,  1742»  ;  I» 
233  §  11,  237  §  66,  258  §  71, 
259-260  §  74,  260  §  75,  267 
!  94.  276  §  1 12,  282  §  124, 
283  §  126,  293  §  1 53,  347, 
35 1  a,  365  a;  23242,  27637, 
39502;  II,  23o  a;  —  (terre 
aux)  est  conquise  par  Char¬ 
lemagne  lors  de  l'expédition 
d'Espagne,  I,  355. 

Satrape,  Strape,  Estrape ,  ville 
d’Asie  Mineure  [en  réalité 
c'est  le  mot  *  satrape  »  que 
l'auteur  a  pris  pour  un  nom 
de  lieu],  1 1912,  1 1941,  12202, 
122(3,  12353,(5235  ;  —  (ha¬ 
bitants  de),  Strapiens,  i33oo, 

II,  2(3  a. 

Saturin  ( saint ),  voy.  Saturnin. 

Saturne,  planète,  I,  232-3  §§  10- 
I  >t  2  34  §§  I  2*1  3,  35012. 

5ATURNK,  Saturnus ,  fils  de  Cc- 
lus,  roi  de  Grèce,  son  histoire, 
19536-19544;  est  châtié  par 
Jupiter,  s’enfuit  en  Italie  et  en 
devient  roi,  19875-19944  ; 
19946,  1,  23o  §  8,  333  a. 

Saturnin  (saint),  sains  Saturin , 
I,  242  §  3o,  345  a ,  347  a, 356 
a. 

Saturnus ,  voy.  Saturne. 

Sait ,  voy.  Saûl. 

Saül,  roi  d'Israël,  Saü,  33 96, 
34o3,  8767,  8772. 

Saule,  voy.  Paul  (saint),  apôtre. 

Saultier ,  voy.  Psautier. 

Sauveeur ,  voy.  Jésus  Christ. 

Savary  de  Crirl  (Maistre)?  ju¬ 
risconsulte  oucanoniste, 2470. 

Savenlen  (saint),  voy.  Savinien. 

Savinien  (saint),  saint  Save¬ 
nlen  de  Troies ,  son  martyre, 
1,  247  §  44;  345,  346. 

Saxb,  Saxoine,  Xaxoine,  I,  256 
§  59;  est  conquise  par  Char¬ 
lemagne,  I,  265  §  90,  271  § 
101,  273  §  108;  —  les  Sa¬ 
xons,  Saxoins,  I,  265  §  90  et 
281  §  I2i  ;  Saynes ,  Sigebert 


leur  fait  la  guerre,  II,  225 
a;  pays  de  la  reine  Batilde 
IV,  229  a;  dues  :  Lothaire 
II,  [Henri  le  Lion]. 

Saxoine ,  Saxoins ,  voy.  Saxb. 

Sayne,  voy.  Seine. 

Saynes  (les).  Saxons,  voy.  Saxe. 

Sceürkté  personnifiée,  24219, 
24223,  24231  ;  ses  conseils  à 
Renart,  24235-24320. 

Scolastique  (sainte),  son  corps 
est  transféré  au  Mans,  I,  261- 
2  §7»- 

Scorpion,  signe  du  Zodiaque, 
Escorpion ,  I,  234  §§  1 2- 1 3. 

Sébastien  (saint),  son  martyre, 
I,  248  §  47  ;  son  corps  est 
porté  à  Soissons,  I,  268  §  q3  ; 
1,  349. 

Sebile%  Sebille,  voy.  Séville. 

Sebille,  voy.  Sibylle. 

Seboïm,  Seboÿ ,  ville  de  la  Pen- 
tapole  détruite  par  le  feu  du 
ciel,  8193. 

Sebraii,  dieu  du  froment, 

,4779",479°- 

Sec  il  le,  voy.  Sicile. 

Secont ,  voy.  Skcundus. 

Secundus,  philosophe  néo-py¬ 
thagoricien,  Secont %  son  aven¬ 
ture  avec  sa  mère,  I,  242 
S  34;  Sexte,  prophète  de  la 
sexte  Pitagoras,  I,  235  §  14; 
cf.  Die  Philosophie  des  Xeo- 
pythagoreers  Secundus ...  von 
Dr  Johannes  Bechmann.  — 
Berlin,  Mayer  und  Müller, 
1888.  In-8\ 

Segobia,  voy .  Ségovie. 

Ségor,  ville  de  la  Pcntapole, 
détruite  par  le  feu  du  ciel, 
8192,  33040. 

Ségovie  (Castille),  Segobiaquem 
est  magna,  I,  354  <*• 

Segunchia ,  voy.  Siguknza. 

Seigneur  (le),  voy.  Dieu. 

Seine,  fleuve,  Saine ,  Sayne , 
gèle  en  1 3a5,  I,  296  §  162;  I, 
270  §  99;  23oo6,  32267, 
35834,  38697,  39040;  II,  222 
et  223. 

Seissons,  voy.  Soissons. 

Sella,  seconde  femme  de  La- 


35 1 

mech  [nommée  à  tort  :j  Ga - 
blan,  7891-4. 

Sem,  fils  de  Noé,  8041,  8049, 
8o65-6,  I,  235  §  i3;  29544. 

Semion  (saint),  voy.  Siméon. 

Sémiramis,  Samistane,  épouse 
Ninus,  19327-19330. 

Semur  (Côte-d’Or),  I,  280  §  1 18. 

Sencerre,  voy.  Sancbrrb. 

Sénèque,  philosophe,  Senecque, 
son  supplice,  2833-2846  ; 
1475,  3049,  5l6*i  52°4i 3739, 
577°>  5797,  I,  240  §  25, 
22474,  23395,  23509,  23548, 
24836,  24849,  24864,  24875, 
24933,  25o83,  25408,  25422, 
25438,  27559,  28293,  28497, 
28524,  28540,  286o5,  28871, 
29013,  32160,  32178,  32269, 
32335,  4io55. 

Sknlis  (Oise),  Sanli{,  évêque  : 
Malulfus. 

Sennebault ,  voy.  Innocent  IV. 

Sens  (Yonne),  Sanq,  séjour  qu’y 
fit  Alexandre  III,  I,  364  a; 
I,  25 2  §  54,  288  §  143,  317, 
352,  364  a  ;  II,  23o  a;  église 
Saint-Étienne,  histoire  de  ses 
cloches,  I,  258  §  71;  Sainte- 
Colombe,  I,  271,  §  io3  et 
364  a;  archevêques  :  Loup 
(saint),  Guillaume,  Daïmbbrt, 
Gilles  Cornu,  Philippe  de 
Marigny  ;  voy.  Obert  de  S.  et 
Eudes  de  S. 

Sentences  (les)  de  Pierre  Lom¬ 
bard,  I,  284  §  1 33. 

Seopages?,  région  d’Asie  Mi¬ 
neure,  9410. 

Septentrion,  Septemtrion,  9873 
19470,  19316. 

Septime  Sévère,  empereur  ro¬ 
main,  Severe ,  son  règne,  I. 

243  §§41-43- 

Sepulvrda  (Vieille  Castille), 
Sepumilega ,  I,  354  <*• 

Séraphin,  dieu  de  Perse,  95 1 3 , 
9522;  apparaît  à  Alexandre, 

J  535 1  - 1 5397  ;  dieu  de  Tho- 
posin,  1 1 100,  11123. 

Seraptin,  voy.  Soracte. 

Serfs  (les),  n’ont  pas  le  droit 
d’hériter,  37927-37972  ;  in- 


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352 

justice  de  leur  sort,  38o83- 
38222;  voy.  Servage. 

Sergius,  pape,  Sirgi ,  Sirgius , 
son  règne,  I,  36 1  a;  I,  335 
a;  I,  262  §  80. 

Sbrgius  [11],  pape,  Sirginus , 
son  règne,  I,  362. 

Sergius  [III],  pape,  son  règne, 
ï,  362  a. 

Sergius  [IV],  pape,  Sirgius , 
son  règne,  I,  363. 

Serotin,  chrétien,  se  trouve  à 
Rome  du  temps  de  saint 
Pierre,  1,  345  a. 

Sersès ,  voy.  Xerxès. 

Servage,  son  origine  à  l’épo¬ 
que  de  Charlemagne,  37387- 
37559;  voy.  Serfs. 

Servilia,  mère  de  Marcus  Bru- 
tus,  Cervilia ,  maîtresse  de 
César,  21757-21763. 

Sbrvius  Tullius,  roi  des  Ro¬ 
mains,  Tulius ,  2o323-5, 

2o33  1 . 

Sesaire ,  voy.  César. 

Sessille ,  voy.  Sicile. 

Skth,  fils  d’Adam,  sa  descen¬ 
dance,  son  voyage  au  Paradis 
terrestre,  7565-7688:  suite 
de  sa  descendance,  7846- 
8062. 

Severe ,  voy.  Septime  Sévère. 

S e ver  in  t  pape,  I,  36o  j,  voy. 
Silvère. 

Séverin,  pape,  son  règne,  I, 
36 1  a, 

Sevestre ,  voy.  Silvestre. 

Séville  (Espagne),  Sebile,  Se¬ 
bille,  Espalle ,  Yspalide , 
12496,  I,  259  §  72;  I,  354  a. 

Sexte ,  prophète  de  la  sexte  Pi - 
tagoras ,  voy.  Secundus. 

Seqile  (sainte),  voy.  Cécile. 

Sebille,  voy.  Sicile. 

Sibylle  (la  reine),  Sebille ,  Si- 
bille,  sa  prophétie,  7738- 
7799;  2o3o8,  2o3i5. 

Sibylle  (la)  de  Cume,  Sebille , 
sa  prophétie,  I,  23 1-2  §  10  et 
235  §  i3. 

Sibylle  d*Érythrée,5eèi7/e  d'E- 
ritrée ,  I,  2  3o  §  8. 

Sibyrtios,  Cibuttes ,  à  la  mort 


RENÀRT  LE  CONTREFAIT 

d’Alexandre  reçoit  l’Aracho- 
s\e  (Arragonnois)  et  la  Géd ro¬ 
sie  ( Dracionois ),  17379- 
17380. 

0 

Sicambre,  ville  fondée  par  Enée, 
II,  220-221  ;  Cycambre ,  I, 
2S6  §  59. 

Sicile,  île,  Cecile ,  Cecille ,  5e- 
cf//e,  Sessille ,  Sebille,  est 
donnée  à  Charles  d’Anjou,  I, 
289  §  145  ;  il  la  défend  contre 
le  roi  d'Aragon,  I,  290  §  148; 
4142,  1 i 3io,  12356,  12495, 
17317,  20725,  2i 368,  2i6a3; 

I,  257  §  68,  263  §  85,  271 
§99,  329,  35 1 , 36 1  a  \  34299; 
voy.  Frédéric  II,  Constance, 
Charles  d'Anjou. 

Sidoine ,  voy.  Sidon. 

Sidon,  ville  des  Phéniciens, 
Sidoine  et  probablement 
Chires ,  est  conquise  par 
Alexandre,  11217-8  et  11 387- 
11397. 

Sienne  (Toscane),  I,  358. 

Sigebert,  frère  de  Chilpéric, 
roi  de  Metz,  Childebert ,  II, 
225  a;  est  assassiné  par  des 
émissaires  de  Frédégonde, 

II,  226-227. 

Sigebert,  fils  du  roi  Dagobert, 
Sigibbert ,  I,  260  §  75. 

Sigebert  [de  Gembloux],  chro¬ 
niqueur,  Sigisbert,  Sigilbert , 
I,  266  §  93  et  270  §98. 

Sigilbert ,  voy.  Sigebert,  fils  du 
roi  Dagobert. 

Sigilbert ,  Sigisbert ,  voy.  Sige¬ 
bert  de  Gembloux. 

Signaque ,  voy.  Symmaque. 

Signes  du  Zodiaque  (les  douze), 
36246. 

Signoime ,  voy.  Sunon. 

Siguenza  (Nouv.  Castille),  Se - 
gunchia,  I,  354 

Silvère,  pape,  Severin ,  son 
règne,  I,  36o  <1. 

Silvestre  (saint),  pape,  son 
règne,  I,  358  a  ;  I,  249  §  49 
et  349  a. 

Silvestre  II,  pape,  aupara¬ 
vant  Gerbert,  archevêque  de 
Reims,  puis  de  Ravenne,  sa 


science  de  la  magie,  I,  273-4 
§  io5;  1,  356  et  363. 

Silvestre  [III],  pape,  Sevestre , 
Cevestre ,  sacré  par  Benoît 
IX,  I,  278  §  1 15  ;  I,  363  a. 

Simacus ,  voy.  Symmaque. 

Siméon  [stylite]  (saint),  saint 
Semion ,  mort  vers  460,  I, 
35o  a. 

Simon  (saint),  apôtre,  saint  Sy - 
mon ,  I,  237  §  17  et  346. 

Simon  le  Lépreux,  Symon  lé¬ 
preux,  I,  240  §  24  et  345  a . 

Simon  Machabéb,  grand  prêtre 
des  Juifs,  Simon  Macrobè , 
9194. 

Simon  de  Montfort,  Symon 
conte  de  Montfort ,  est  tué  à 
Toulouse,  I,287§  *4*- 

Simon,  comte  de  Montfort,  est 
tué  par  les  Anglais,  I,  289 

§  *44- 

Simplice  (saint),  pape,  Simpli - 
dus p  Suplicinus,  son  règne,  I , 
36o  ;  fait  une  Constitution 
sur  la  tenue  des  clercs,  I, 
257  §65. 

Sinagogue,  voy.  Synagogue. 

Sincolin ,  voy.  Pkrsépolis. 

Sinplicius,  voy.  Simplice. 

Sirac  ( Jhesus ),  Siraj ,  voy.  Jé¬ 
sus,  fils  de  Sirach. 

Siracuse ,  voy.  Syracuse. 

Siraspidiclens,  Siraspidiens , 
voy.  Argyraspides. 

5ire  (sJiVtf),  voy.  Cyr. 

Sirgi,  Sirginus ,  Sirgius ,  voy. 
Sergius. 

Siricus,  voy.  Sirice. 

Siricb  (saint),  pape,  Siricus , 
son  règne,  I,  35g. 

Sir8ès,  voy .  Xerxès. 

5iry,  voy.  Syrie. 

Sisinnius,  pape,  Sisinus ,  son 
règne,  I,  362. 

Sisinus,  voy.  Sisinnius. 

Sistans,  héritier  d’Alexandre, 
17389-17390. 

Sistus,  voy.  Sixte. 

Sixième  denier,  droit  de  vente, 
38120. 

Sixte  (saint),  pape,  Sistus,  son 
règne,  I,  357  et  358;  son 


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T  A3  LE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


353 


martyre,  I,  246  $  44i  U  348. 

Sixte  [III]  (saint),  pape,  [et 
non]  Princius ,  son  règne,  I, 
359  a. 

Smaragdus,  Maradeq ,  nom  de 
religion  de  sainte  Euphro- 
sink,  voy.  ce  mot. 

Socher ,  voy.  Sotkr. 

Socrate,  philosophe,  Socratès , 
io332,  13958  ;  I,  3î8;  32173, 
3x336. 

Sodome,  ville  de  la  Pentapole, 
détruite  par  le  feu  du  ciel, 
8192,  33040-1,  33089. 

Soissons  (Aisne),  Seissons ,  I, 

248  §  47,  264  §  88  ;  bataille, 
I,  271  §  102  ;  II,  224  a  ;  — 
Saint-Médard,  et  non  Saint- 
Marc,  reçoit  le  corps  de  saint 
Sébastien,  I,  268  §  94;  dédié 
par  Innocent  II,  I,  283  §  129  ; 
Clotaire  y  est  enterré,  II,  224: 
évêque  :  Jacques  de  Baso¬ 
ches  ;  Soissonnois  (vin  de), 
3674r . 

Soleil  (le),  astre,  Solaux ,  Sol - 
taux,  ses  vertus,  35107-35224; 
ses  dimensions,  35627-35700; 
I,  229  §  6,  23o  §  8,  231-234 
§§  1 1  - 1 3  ;  34935  ,  34948, 

34952,  34970,  34979-35009, 
35o5o,  35553  -7  ,  35625  , 

36370;—  (arbre  du),  est  con¬ 
sulté  par  Alexandre,  15981- 
16118;  16410;  —  (château 
du),  est  visité  par  Alexandre, 
15789-161 18  ;  16527. 

Sophie  (sainte),  est  martyrisée 
avec  ses  trois  filles,  I,  244 
§35. 

Soque ,  voy.  Phocas. 

Soracte  (Mont),  au  Nord  de 
Rome,  montaigne  Serap- 
tin ,  montaigne  de  Suripte , 
saint  Silvcstrc  s’y  cache,  I, 

249  §  49  \  Carloman  y  fonde 
l’abbaye  de  Saint-Sevestrc,  I, 
263  §  86. 

Sorante ,  corr.  :  Sorance ,  voy. 
Sorence. 

Sorencb,  château  de  la  famille 
des  traîtres,  Sorante ,  Grifon 
s’y  réfugie,  I,  3 19  a. 

T.  II. 


Sotkr  (saint),  pape,  Socher , 
de  Canpaigne  nef,  son  règne, 

I,  357  a. 

Souplice  (saint),  voy.  Sulpicb 
le  Débonnaire. 

Spiridion,  évêque  de  Chypre, 
Spiridium ,  s’acquittait  de 
son  ministère  en  gardant  des 
chèvres,  assiste  au  concile  de 
Nicée,  I,  25o  §  5o. 

[Spirituels  (les)],  leurs  théories 
sont  condamnées  par  Jean 
XXII,  I,  296 §  160. 

Stella ,  voy.  Estella. 

Strape,  Strapiens,  voy.  Sa¬ 
trape. 

Subbacre,  Sabbage ,  château 
du  pays  des  Madriens  dans 
l’Inde,  est  visité  par  Ale¬ 
xandre,  x  571 3-i  5756. 

Suède,  royaume,  Suece ,  Suese , 
11401,  *  >999- 

Sulpicb  [le  Débonnaire]  (saint), 
évêque  de  Bourges,  saint 
Souplice ,  confesseur  de  saint 
Austregisile,  I,  258  §  72. 

Sunon,  chef  franc,  Signoime 

II,  221. 

Suplicinus ,  voy.  Simplick. 

Sur ,  voy.  Tyr. 

Surie ,  Suriens ,  voy.  Syrie. 

Suripte  (montaigne  de ),  voy. 
Soracte. 

Sylla  (L.  Cornélius),  Luce  ou 
Lucius  Sila,  20542-20624, 
20709,  20995. 

Symeon ,  voy.  Eumène. 

Symmaqub,  pape,  Signaque ,  Si - 
macus,  son  règne,  I,  36o  ;  I, 
2  57  §§66-67. 

Symon ,  voy.  Simon. 

Symon ,  voy.  Martin  IV. 

Synagogue  (la),  Sinagogue ,  I, 
264  §  88. 

Syracuse  (Sicile),  Siracuse ,  I, 
272  §  io3. 

Syrie,  contrée  d’Asie,  Sire ,  Si- 
ry ,  Surie,  est  conquise  par 
Alexandre,  1 1 255  -  11278; 
9406,  9409»  xi 387,  12355, 
12494,  16362;  1,  237  §  18, 
264  §  88,  362  ;  Syriens,  Su- 
riens ,  8209,  1 1257. 


Sysicambis,  mère  de  Darius, 
Philicanbris ,  est  donnée 
comme  la  femme  d’Artaxer- 
xès,  10701  et  10706;  est  pri¬ 
sonnière  d’Alexandre,  12739- 
12742;  sa  lettre  à  Darius, 
12863-12892;  ses  malheurs, 
23297-23304,  30893-7. 

Table  Ronde  du  roi  Artur,  I, 
256  §63. 

Tables  (Loi  des  xij),  8602. 

Tacite, empereurromain,  Tar- 
citus ,  1,  247  §  45  et  349. 

Tagant,  ville  où  est  le  temple 
Apolinée ,  Alexandre  y  sacri¬ 
fie,  1 1  o3  5-  x  1044. 

Tailles  (les),  37137-37192. 

Talamanca  (Castille),  Tala - 
mancha ,  I,  354  a» 

Talamon,  voy.  Chalmana. 

Tala  ver  a,  que  est  frutifera 
(prov.  de  Tolède),  I,  354  a. 

Tallant,  ville  conquise  par 
Alexandre,  11398.  • 

Talmud,  livre  sacré  des  Juifs, 
Thalamus ,  7295-7301. 

Tancrède,  de  Sicile,  T an  grès , 
part  pour  la  croisade,  I,  282 
§  126. 

Tangres ,  voy.  Tancrèdk. 

Tarazona  (Aragon),  Terracon- 
ne,  1,  354  a. 

Tar citus,  voy.  Tacite. 

Tardif  le  Limaçon,  Tardif  li 
Limaçons,  I,  3oo. 

Tardif  li  Limaçons,  voy.  Tar¬ 
dif. 

Tarés,  voy.  Tiiaré. 

Tarquin  le  Superbe,  Tavqui- 
nius,  roi  de  Rome,  son  his¬ 
toire,  20330-20404;  2 2 1 83 ; 
33703-33740. 

Tarragone  (Catalogne),  Terra - 
gone ,  I,  354  a . 

Tarse,  ville  de  Cilicie,  Ale¬ 
xandre  après  l’avoir  conquise 
y  tombe  malade,  12373- 
12640. 

Tarse,  17333,  voy.  Thrace 
(la). 

Taureau  (le),  voy.  Bruneau. 

Taureau  (le),  signe  du  Zodia- 

23 


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354 

que,  Thoreaul ,  thorel ,  I,  229 
§  6  et  234  §§  1 2- 1 3. 

Tauris,  ville  de  Perse,  Thoris , 
i3463. 

Taverniers,  ce  qu'ils  sont  le 
plus  souvent,  26927-26980. 
Taxile,  Transsilles,  à  la  mort 
d’Alexandre  reçoit  les  rives 
de  l’Indus,  17365-17374. 
Tblesphore  (saint),  pape,  The- 
ferus ,  Thelefore ,  son  règne, 
1,  357;  prescrit  l’observance 
du  carême,  I,  244  §  35. 
Templiers  (les),  fondation  de 
leur  ordre,  I,  364;  sa  sup¬ 
pression,  2964-2990  et  I, 
292-3  §  1 52  ;  386,  725  ;  I,  287 
S  141;  27593-27606,  27665, 
37033. 

Tendresse,  Tenresche ,  person¬ 
nifiée,  35339-35346. 
Tkrbnce,  poète  latin,  3234i  . 

1  erraconne,  voy.  Tarazona. 

7 erragone,  voy.  Tarragone. 
Terre  de  Promission ,  voy. 
Terre  Sainte. 

Terre  Sainte,  Sainte  Terre , 
Terre  de  Promisson ,  subsi¬ 
des  de  T.  S.,  ï,  289  §  146  ; 
I,  282  §  126,  284  §  i32,  286 

§  135,288  §  143,  289  §§  143- 

144,  293  §  1 53 ;  II,  207  a. 
Tertule,  voy.  Tbrtullien. 
Tertullibn,  Père  de  l’Église, 
Tertule ,  I,  245  §  41. 
Testament  (Vieil),  5057,8622; 
I,  a35  §  i3  et  259  §  74; 
37324;  —  nouvel,  I,  235  S  *3 
et  25g  §  74. 

Tctragrammaton,  nom  forme 
de  quatre  lettres,  le  nom  de 
Jéhovah ,  Thetragramaton , 
II479- 

Téxcon  (le),  voy.  Grimbert. 
Thalamus ,  voy.  Talmud. 
Thalestris,  reine  de  Fémcnic, 
Talistrida ,  vient  saluer  Ale¬ 
xandre,  14063-14164. 

Tharé,  fils  de  Nachor,  Tarés , 
8365,  8368. 

Thébainb  (Légion),  Légion  The - 
bée,  I,  247-8  §47. 

Thebbs,  ville  de  Grèce,  sa  des¬ 


RENART  LE  CONTREFAIT 

truction,  3865-3892;  865o. 

Thebes ,  I,  36o,  voy.  Tivoli. 

The  fer  us,  Thelefore ,  voy.  Té- 
lespiiork. 

Tiikodkbald,  fils  de  Childebcrt, 
Thcodebaus ,  son  règne,  II, 
224. 

Théodebert,  fils  de  Chilpéric 
et  d’Audovère,  Chodebert,  II, 
225  a  \  sa  mort,  II,  227  a. 

Theodcsius ,  voy.  Théodosk  le 
jeune. 

Theodoph,  voy.  Théodulfe. 

Théodore,  nom  d'homme,  I, 
a55 §  56. 

Théodore  [I«f],  pape,  Tlieodo- 
ric ,  Gresois ,  son  règne,  I, 
36 1  a . 

Théodore  [II],  pape,  Thcodo - 
rie,  son  règne,  I,  362 

Théodoric,  roi  des  Lombards, 
Theodosius ,  roy  de  fou/e  Y/a- 
lie  et  de  Lombardie ,  Thcodo - 
rien,  I,  257  §67;  est  con¬ 
damné  comme  hérétique  par 
l'empereur  Justin,  I,  257  § 
68  et  35o  a. 

Théodoric ,  voy.  Théodore. 

Théodoric ,  I,  262  §  79-80,  voy. 
Thierri  III. 

Tlieodorien ,  voy.  Théodoric, 
roi  des  Lombards. 

Theodorus ,  I,  257  §  64,  voy. 
Thierri. 

Théodosk,  empereur  romain, 
Théodosien  ,  Thodosius  ,  1, 
246  §  43,  256  §§  60-62,  35o  ; 
sa  lutte  contre  les  Francs, 
II,  221  a. 

Théodose  le  jeune,  empereur, 
Theodcsius ,  Theodossus ,  I, 
256  §63;  fils  [d’Arcadius  et 
non]  de  Valentinien,  I,  35o 
a. 

Théodose  III,  empereur  de  By¬ 
zance,  I,  263  §  83. 

Théodosien ,  voy.  Tiiéodose. 

Theodosius ,  roy  de  toute  Yta- 
lic  et  de  Lombardie ,  voy. 
Théodoric. 

Theodossus ,  voy.  Théodose  le 
jeune. 

Théodulfe,  Theodoph ,  pre¬ 


mier  aèèé  de  Flory  et  puis 
evesque  d'Orléans ,  I,  268  § 

95. 

Théophile, clerc  sicilien,  Théo- 
philus ,  est  sauvé  par  la 
Vierge,  I,  257  §  68  et  35 1. 

Théophile,  patriarche  d’An¬ 
tioche,  I,  267  §  74. 

Thetragramaton ,  voy.  Tétra- 
grammaton. 

Tiiibaud  (saint),  sains  Thie - 
èawj,  I,  244  §  35  et  348. 

Tiiibaud  (saint),  ermite,  saint 
Thibault  rHermite ,  I,  279 
§  1 1 5. 

Tiiibaud  [III],  comte  de  Blois, 
Thibault ,  est  fait  prisonnier 
par  Geoffroi  Martel,  I,  282 

§  124. 

Tiiibaud  [V],  comte  de  Blois, 
sénéchal  de  France,  frère 
d’Adèle  de  Champagne,  I, 
284  §  1 32 ;  meurt  à  Acre,  I, 
286  §  1 36. 

Tiiibaud,  comte  de  Champa¬ 
gne,  Thibaut ,  ses  vertus,  I, 
284  §  1 3o  ;  sa  mort,  I,  364  a . 

[Thibaud  V  le  jeune),  comte 
de  Champagne,  engage  des 
fiefs  à  saint  Louis  qui  ne 
veut  plus  les  rendre,  37973- 
38OI8. 

Thiberc, \oy .  Tibère. 

Thibere ,  I,  262  §  82,  voy.  Ab* 
simare  Tibère. 

Tliiberius ,  voy.  Tibère  IL 

Thiebaus  {sains),  voy.  Thibaud 
(saint). 

Thiburce ,  voy.  Tiburce. 

Thiebert ,  voy.  Tibert. 

Thiecelin ,  voy.  Tiécblin. 

Thierri,  roi  des  Francs, 
Theodorus ,  I,  257  §64;  II, 
224. 

Thierri  III,  roi  de  France, 
Théodoric ,  I,  262  §§  79-80; 
II,  230. 

[Thierri],  évêque  de  Metz,  [ap¬ 
pelé  par  suite  d’une  mau¬ 
vaise  lecture  :]  de/wn  de  Co- 
fery,  transporte  d’Italie  à 
Metz  des  corps  saints,  I,  272 
§  io3. 


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TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  NOMS  PROPRES  35b 


Thierry  %  11219,  voy.  Tyr. 

Thiesselin ,  voy.  Tiècelin. 

Thimer  l’Ane  ,  Varchevesque 
dampt  Thimer ,  538  ;  est  ren¬ 
contré  par  Renart,  partant 
en  pèlerinage,  25787-26259. 

Thimotée ,  voy.  Timothée. 

Thimotée,  grant  faiseur  de 
cronicqueSy  I,  232  §  10. 

Thinacus ,  voy.  Lysimaque. 

Tiiiphanie,  royaume  faisant 
partie  de  l'empire  d'Alexan¬ 
dre,  171 10. 

Th  ire  t  Thires ,  voy.  Tyr. 

Thirus,  roi  de  Babylonc,  au 
temps  de  Ninus,  1931 3-8; 
i9363. 

Tiiirus,  serpent,  3521-3667. 

Thobb,  41008. 

Thobie ,  voy.  Tobib. 

Thodosius,  voy.  Théodose. 

Tlioison ,  voy.  Toison. 

Tholemer ,  7 ïiolomé,  Tholomée , 
voy.  Ptolémée. 

Thomas  (saint;,  apôire,  sainct 
Thonmas ,  11 76;  son  martyr, 

I,  240  §  25  et  345  a  ;  scs  re- 

• 

liques  sont  portées  à  Edesse, 
1,  245  §  42. 

Thomas  de  Cantorbéry  (saint), 
sa  vie  et  sa  mort,  1,  284-5 
§  1 33  et  364  a. 

[Thomas]  de  Lancastre,  di/c  de 
Lenclastre,  est  décapité,  I, 
295  §  1 58. 

Thonmas,  voy.  Thomas. 

Thoposin,  contrée  d'Afrique, 
11088-9. 

Thoreauly  Thorel ,  voy.  Tau¬ 
reau. 

Thoringe ,  voy.  Th u rince. 

ThoriSy  voy.  Tauris. 

Thoulouse,  voy.  Toulouse. 

Thracb,  région  de  l’Europe 
orientale,  Tarse ,  17333. 

Thuhecayn ,  fils  de  Latnech, 
voy.  Tubalcaïn. 

ThuUy  Thulle,  voy.  Cicéron. 

Thunes,  voy.  Tunis. 

Thuringe,  région  d’Allemagne, 
Thoringe ,  I,  268  §  95. 

Thybre ,  voy.  Tibre. 

# 

Thyphaine ,  voy.  Epiphanie. 


Tibère, empereur  romain,  77t«- 
èere,  son  histoire,  I,  236 
§§‘16-17  ;  237  §  18;  238  §§  19- 
20. 

Tibère  II,  empereur,  Thibc- 
rius ,  I,  257  §  70  et  33 1. 

Tibère,  neveu  de  l’empereur 
Tibère,  Thibere ,  1,  238  §  19. 

Tibert,  le  Chat,  Tliiebert ,  vient 
assigner  Renart  devant  la 
cour  du  Lion,  4491-4653;  sa 
mésaventure  avec  le  prêtre, 
I,  323-325  et  II,  219-220; 
son  sermon,  39985-40012; 
sa  rencontre  avec  la  Ti¬ 
gresse,  40013-40894;  son 
aventure  avec  Renart  et  les 
lévriers,  II,  247-230;  529, 
334,  32G7,  3321,  3745,  3752, 
3761,  4788,  4939,  4941  ;  II. 
240  a- 241. 

Tibre  (le),  Hcuve,  Thybre  y  Ty- 
brey  19967;  20075  ;  I,  226  §  1 
et  23 1  §  10. 

Tiburce  (saint),  Thiburcc ,  son 
martyre,  I,  348  a. 

Tiècelin,  le  Corbeau,  Tiersc - 
/ni,  Thiecelin ,  Tliiesseliny  53g; 
accuse  Renart  d’avoir  tué  ses 
petits,  I,  322;  sa  rencontre 
avec  R.  qui  mange  ses  petits, 
27094-27424;  remontre  à  Bri- 
chemer  les  inconvénients  de 
la  gaité,  3oi6o-3o344;  veut 
se  parer  de  plumes  emprun¬ 
tées  pour  paraître  à  la  cour 
de  l’Aigle,  41061-41  i5o. 

Tigre  ï la),  voy.  Tigresse. 

Tigre  (le),  dcuve,77gr/j,  i23oo, 
12932,  12956,  I,  349;  rieuve 
du  Paradis,  3778. 

Tigresse  (la),  la  Tigret  recher¬ 
che  en  vain  pour  s  en  nourrir 
une  femme  honnête  puis 
un  homme  vertueux,  40013- 
40894. 

T i gris t  voy.  Tigre  (le). 

Timothée,  compagnon  de  saint 
Athanase,  Thimotèey  I,  25 1 
§3i. 

0 

Tiphainey  voy.  Epiphanie. 

Tite-Live,  historien  latin,  Titus 
Livus ,  LynuSy  l'ystoriogra- 


phe,  20157-20162;  sa  mort, 
Ii  236  §  17. 

Titony  voy.  Titus,  empereur. 

Titus,  fils  de  Saturne,  roi  d’Ita- 
lie,  19945-9- 

Titus,  fils  aîné  de  Vcspasien, 
empereur  romain,  Tytus,  Ti - 
tony  I,  240  §  25,  I,  241  §  28; 
son  règne,  I,  241-2  §§  2g-3o; 

I,  346  *1*347. 

Titus  LivuSy  voy.  Titb  Live. 

Tivoli  (prov.  de  Rome),  ThebeSy 
I,  36o. 

Tobie  [de  la  tribu deNephthali], 
Thobie  y  28562,  28565. 

Tocaigne,  voy.  Toscane. 

Toison  d'or  (la),  Thoisont  Toi¬ 
son  d'or,  sa  conquête,  14279- 
14284;  19638. 

Toison,  voy.  Toison. 

Tolède  (Vieille  Castille),  Tole- 
tunty  I,  354  a. 

Tor  (le),  voy.  Bruneau  le  Tau¬ 
reau. 

Torpiny  voy.  Turpin. 

Tortose  (Catalogne),  Tortous- 
set  I,  354  a . 

Toscane,  région  de  l’Italie,  7o - 
caigyify  Tosquannet  Tusquey 
2t388,  I,  264  §  86,  I,  359  a- 
36o;  duc  :  Désier. 

Toul  (Meurthe-et-Moselle),  I, 
268  §  95. 

Toulouse  (Htc-Garonne),  Thon - 
louse ,  son  siège,  I,  287§  141; 
comte  :  [Raimond  VI]  ;  le  Tou¬ 
lousain,  II,  224. 

Tournai  (Hainaut),  multitude 
de  couleuvres  en  io5g,  I,  280, 
§118;  l’évêché  est  séparé  de 
celui  de  Noyon,  I,  284  §  1 3 1  ; 
confondu  avec  Courtrai,  I, 
29 2  §  1 5 1  ;  Chilpéric  y  est 
assiégé,  II,  226  a. 

Tours  (Indre-et-Loire),  histoire 
de  saint  Martin,  1,  253-4  §  35  ; 
271  §  100;  est  conquis  par 
Geoffroi  Martel,  1,282  §124; 
le  comté  est  annexé  à  la  cou¬ 
ronne,  I,  287  §  141  ;  II,  224; 
—  Saint-Martin,  est  détruit 
en  punition  de  la  mauvaise 
vie  des  moines,  I,  266  §  92; 


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356 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Ebérulf  s'y  réfugie  après 
avoir  tué  Chilpéric,  II,  229. 
Toussaint,  fête,  Toussains ,  sa 
date,  I,  268  §  95. 

Tout  acroit,  fils  de  Renart, 
28444. 

Tout  Poissant  (le),  voy.  Dieu. 
Trajan,  empereur  romain, 
7  raye ,  Traÿnus ,  son  règne, 
1,242-243  §§32-35, 347  jet  348. 
Transigora,  ville  portant  le 
nom  de  son  fondateur,  est 
conquise  par  Alexandre, 
12125-12147;  [est  appelée 
«  Trasagora  princeps  civitatis 
Lacee  »,  dans  l'éd.  de  1473 
(Cologne)  de  1*  «  Historia  de 
praeliis  »]. 

TranssUles ,  voy.  Taxile. 

Traye ,  Traÿnus ,  voy.  Trajan. 
Trêves  (Prusse  rhén.),  Trieves , 
17403;  II,  222  a;  arche¬ 
vêque  :  Bbrtulp. 

Trieves ,  voy.  Trêves. 

Trinité  (la  sainte),  1,  257  §67  ; 
35494;  36379. 

Trohus  le  Grand,  fils  de  Criti- 
nus,  Troyus ,  fonde  Troie, 
adoube  les  premiers  cheva¬ 
liers,  3908-9, 835o-836o,855o- 
8558,  19611-4,  19621-19630. 
Troie  la  Grant,  la  guerre  de  T., 
2567-2636  ;  la  guerre  deT.  est 
représentée  sur  la  tente  de 
Rcnart,  3785-385o;  le  cheval 
de  T.,  5295-33oi  et  32254- 
32260;  histoire  de  T.,  8357- 
60,  8353-8565,  87078712, 
8739-8744,  i3oo6-i3oi4, 
14285-14295,  1961 1-19728; 

2oo33-8;  est  visitée  par  Ale¬ 
xandre,  12957-13005;  3906, 
8676,  ,10762,  13699,  *5269, 
20094,  20735,  20759;  I,  240 
S  23,  256  §  39,  257  §  66,  334, 
346;  22430,  23273,  30878, 
36629,  37732;  II,  220;  Tl  lion, 
19624,  Ylion,  3795;  —  les 
Troyens,  Troiens ,  Troÿiens , 
8026,  8743,  19710,  20477; 
II,  2i5  a  et  221. 

Troiens,  voy.  Troie. 

Troies ,  voy.  Troybs. 


TroTlus,  fils  de  Priam,  Troÿ- 
lus ,  3843,  8565. 

Troius,  essaie  en  vain  de  rete- 
nir  Enée  à  Carthage,  il  meurt, 
3863-4. 

Troiÿens ,  voy.  Troie. 

Troyes,  en  Champagne,  Troies, 
Troye,  pays  de  l’auteur,  3i  ; 
est  dévastée  par  les  Vandales, 
I,  352;  Charles  le  Chauve  y 
fonde  Saint-Loup,  I,  355  a; 
une  tempête  renverse  Saint- 
Pierre  en  1218,  23oio-3;  ven¬ 
geance  du  Lombard  Antoine, 
30246-30327;  Jean  de  La 
Coste  y  est  mis  en  prison, 
33774-33804;  assassinat  de 
Guillaume  Brûlé,  38683- 
38757;  aventures  d’un  autre 
Brûlé,  38758-38885;  73o2, 
I.  247  §  44,  289  §  i45,  346, 
365  a\  249D2;  II,  23o  a;  — 
église  Saint-Pierre,  I,  332  et 
23oi 3;  Saint  Urbain,  I,  365 a; 
--  le  pont  de  la  Sale,  38696; 
—  évêques  :  Loup  (saint), 
Jean  de  Nanteuil,  Guichard; 
évêque  clu  :  Jean  d’Auxois. 
Troÿlus ,  voy.  Troïlus. 

Troyus,  voy.  Trohus. 

Truxillo  (Estrémadure),  Tul - 
gel ,  I,  334  a . 

Tubalcaïn,  fils  de  Lamech  et  de 
Sella,  Thubecaÿn,  7893-7902. 
Tuda ,  voy.  Tuy. 

Tudela  (Navarre),  Tutela ,  I, 
354  j. 

Tulgel ,  voy.  Truxillo. 

Tulius ,  2o3  1 1  -8  et  I,  334  <*>  voy. 

Tullus  Hostilius. 

Tulius ,  2o323-5,  voy.  Servius 
Tullius. 

Tulle,  voy.  Cicéron. 

Tullus  Hostilius,  roi  des  Ro¬ 
mains,  Tulius,  2o3ii-8  et  I, 
334  a. 

Tunis,  en  Afrique,  Thunes, 
mort  de  saint  Louis,  I,  289, 

§  *45. 

Turcs  (les),  Turquien ,  Tur - 
quois,  8026,  8352,  10936, 

11447»  »»449«  »7409  i  ^  2 >7 
§  64  et  358  a. 


Turpin,  archevêque  de  Reims, 
Torpin ,  I,  267  §§  93*4;  est 
prévenu  par  une  vision  de  la 
défaite  de  Roncevaux,  1,  333 
a . 

Turquatus,  apôtre  de  l'Es¬ 
pagne,  Saint  Turquin ,  I, 
354  a . 

Turquien,  voy .  Turcs. 

Turquin ,  voy.  Turquatus. 

Tur  quois,  voy.  Turcs. 

Tusque,  voy.  Toscane. 

Tutela ,  voy.  Tudela. 

Tuteurs,  comment  ils  s'acquit¬ 
tent  de  leurs  fonctions, 

38467-38488. 

Tuy,  évêché  de  Galice,  Tuda,  I, 
354  j. 

Tybre,  voy.  Tibre. 

Tyr,  ville  des  Phéniciens,  Sur , 
11279,  1 1 3o6  ;  Thierry  , 

1 1 2 1 9  ;  Thire,  1 1 998  ;  Thire , 
11393. 

Tytus,  voy.  Titus,  empereur. 

Ubbda  (prov.  de  Jaen),  Ubede , 
I,  334  a. 

Uceda  (Andalousie),  Ejecta,  I, 
354  a. 

Ulmas ,  voy.  Olmbdo. 

Ulpien,  jurisconsulte,  Vulpian , 
Wulpian,  consul,  I,  245 
§42. 

Uracia ,  voy.  Arcos. 

Urbain  (saint),  pape,.],  348; 
son  règne,  I,  357  j-  358;  fait 
voir  à  un  clerc  les  joies  du 
Paradis,  32885-32929. 

Urbain  [II],  pape,  tient  un 
concile  à  Clermont,  1,  282 
§  126;  son  règne,  I,  364. 
Urbain  [III],  pape,  son  règne, 

I,  365. 

Urbain  IV,  pape,  originaire  de 
Troyes,  donne  la  Sicile  à 
Charlesd’Anjou,  I,  289  §  143; 
son  règne,  I,  365  a. 

Urcanus  (Jehan),  voy.  Hyr- 
can. 

Urcellum,  voy.  Urgel. 

Urcin,  voy.  Ursin. 

Urgel  (Catalogne),  Urcellum, 

I,  354  a. 


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TABLE  ALPHABETIQUE  DES  NOMS  PROPRES 


l  fiiiiy  Urye .  eonnestable  de  Da¬ 
vid  ,  mari  de  Bcthsabéc. 
4269,  8771 1).  8823. 

L’rsin  (saint  ,  saint  Oursin, 
saint  U  rein,  I.  240  §  24  et 
.>43  a. 

Urv t\  voy.  Ukik. 

I; sua rt .  rédige  son  obituaire.  1, 
2Ô7  $  04. 

I 'sur k,  dissertation  sur  1*11., 
3507106040;  est  inventée 
par  un  entant  juif.  37057- 
37 1 20. 

L'ter-Pendr  agmn,  roi  de  Bre¬ 
tagne,  Iluitcrs  et  Prandra- 
i:on,  I,  35o  a. 

Utrec,  voy.  Makstriciit. 

\'jjÿ  ( sains  ,  voy.VAST. 

Vaine  Gloire.  personnifiée, 
34423. 

Y  ai.  nus  Escoi.ikrs,  abbaye  près 
de  Chaumont  (llic-Marncj.  sa 
fondation  en  1217.  K  365  j; 
32464. 

Vai.  Périlleux,  val  Prillcux, 
est  visité  par  Alexandre, 
1 5420-1 5456. 

Wilans.  voy.  Vai.kns. 

Valantin .  voy.  Vxlentisïkn. 

• 

\'alantin  Martin,  voy.  Marcikn. 

Valantinicn ,  voy.  \'  u.kntinikn. 

Vai.kns,  associe  à  l’empire  par 
Valentinien,  Wilans.  l 'aient, 
I,  252  §  54,  255  §  56,  35o. 

Valentinien,  empereur,  Valan¬ 
tin,  son  règne,  L  2  52  §  54. 
2 55  §  56,  35o;  1,  256  §  59; 
est  obligé  d'affranchir  les 
Francs,  II,  220-22 1 . 

Valentinien  [Il  et  non  III, 
Valantinien,  II,35o. 

Valentinien  III  ,  empereur, 
l  alcntinitis.  I.  35o  a. 

Valentinius ,  voy.  Vai.knti- 
NIES  III. 

Yalkre  'saint).  I.  2  5o  §  72. 

Vai.krk.  procureur  de  Tibère  en 
Judée,  I,  2  36  ^  1  7. 

Vai.krk  Maxime,  historien.  I, 
236  S  1 5. 

Val  kr  ils  saint  1,  Walerien . 
est  martyrisé,  I,  348  4i. 


Y  a  lk  ri  es,  empereur,  I,  246 
S  44  et  340. 

Vallis  ) nndis,  voy.  Yikrzo.  i 

Valois,  province  française, 
comtes:  Ciixrlks,  Philippe. 

Valragon,  voy.  Waratos. 

Vandales,  peuple  germanique, 

Yandres,  W'andres ,  1.  352  : 

II,  23m  a. 

Vandkuvre,  château.  près 
Troyes,  sa  fondation,  I.  352 
et  II,  23o  a. 

Vandrcs ,  voy.  Vandales. 

Vanité,  personnifiée.  345cj5. 

Vespasien,  Vaspassien.  voy. 
Vkspasikn. 

;  Vast  (saint;,  sains  Yaa;.  I, 
36o. 

Vaucki.lks  j Nord.  arr.  de  Cam¬ 
brai  .  Faticelle^.  abbaye.  I, 
262  §  80. 

Yai  coi  leurs,  en  Lorraine, 
Vaucoiilour ,  entrevue  entre 
Frédéric  II  et  Louis  de 
France,  I,  287  §  140;  entre¬ 
vue  entre  Ph.  le  Bel  et  l'em¬ 
pereur,  I,  291  §  i5o. 

Vendôme  (Loir-et-Cher),  l'hos¬ 
tie  sanglante,  I,  285  §  1 35. 

Vkni  riKNsflcs  Veniciens.  I,  271 


Veneris  temple],  voy.  Rome. 

Venus,  dieu  sic)  de  la  luxure, 

!  3823  ;  14791-14794;  la  statue 

de  Venus  gardant  au  doigt 
un  anneau,  I,  279-280  §117; 
—  temple  de,,  voy.  Rome. 

Venus,  planète,  I,  2 .>2-3  §$  10, 
2  33  §  11,  2>4  §  1  2-1 3,  25 101, 
34978.  35566. 

Verdun  (Meurthe-et-Moselle). 
I,  262  S  8.»  :  traité  entre  les 
fils  de  Louis  le  Débonnaire, 
1,  268  §  96. 

Vkrm  \ndois,  province  française, 
Yermendois ,  1.  271  §  102; 
annexé  à  la  couronne,  I,  287 
§  141  ;  comtes  :  Héribert, 
Hugues. 

Véronique  •. sainte),  Veronne , 
présente  le  Saint-Suaire  il 
Vcspasien.  I,  346*7. 
l  Yernnnc,  vov.  Véronique. 


Verseau,  signe  du  Zodiaque, 
Aquaire,  1,  234 §§  12-1 3. 
Yerselayy  voy.  Vézklay. 

Vertus  (les)  et  les  vices,  œuvre 
de  Prudence,  I,  2  56  §61. 
Vkspasikn,  empereur,  Vaspa- 
sien ,  Vaspassien .  détruit  Jéru¬ 
salem.  I,  240  §  25:  son  règne, 
L  241  £§  27-29;  est  guéri  de¬ 
là  lèpre  par  le  Saint-Suaire, 

L  346-7. 

Vksta,  déesse.  Veste,  I,  247 

§  46. 

Vezelay  Yonne),  Verselav,  I, 
263  §  83. 

Vianne .  voy.  Vienne. 

Victor  (saint1,  pape,  son  règne, 
I.  357  a. 

Victor  [II],  pape,  son  règne,  I, 
.M)3  a. 

Victor  [III).  pape,  son  règne, 
I,  364. 

[Victor  IV],  antipape,  1,  283 
S  !•>.>. 

Victorien,  rhéteur,  Victoria»! 
1,  23 1  g  3i. 

«  Vie  liai  des  Pères  »,  1,  2  5o 
§  5o  et  2  52  S  5 4 . 

Vieillesse  Dame;,  Vie  U  esse, 
36493. 

\'iellessc  le  livre  de)  de  Cicé¬ 
ron.  24297. 

Vienne  sur  le  Rhône.  Vianne , 

vin  de  V.,  36741. 

Vierge  \la  sainte),  voy.  Marie. 
Vierge,  signe  du  Zodiaque,  1, 

2 3  I  §  8,  2l>2  §  IO,  23q  §§  I  I 

1 3,  233  §  i3. 

Vierges  les  onze  mille),  leur 
martyre,  I,  33o  a. 

Vikm/.o  (Léon  ,  Vallis  Viridis , 
I,  334  a. 

Vigile  ;  saint),  évêque  d*.\u- 
xerre,  saint  Vieille ,  est  tué 
par  Wa  raton,  I,  262  §  79. 
Vilain  (histoire  du;,  qui  marie 
sa  fille  à  un  chevalier,  30349- 
30672  ;  hist.  du  V.  qui  a  mal 
équilibre  le  faix  de  son  âne  et 
ne  veut  pas  ccoutcr  le  conseil 
d'un  pauvre  homme,  3 1 6 1 7- 
31723:  imprécations  contre  le 
V.,  IL  2 oc». 


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358 


RENART  LE  CONTREFAIT 


Vilenie,  personnifiée,  34429. 

Vincennks,  près  Paris,  le  bois 
est  clos  par  Philippe  Auguste, 

1,  285  §  1 35. 

Vincent  (saint).  Saint  V incitent . 
son  martyre,  I,  248  §  47. 

Vircès?,  artiste  de  l'antiquité, 
483. 

Virgile,  poète  latin,  Virgille, 
4797»4**38,  Soi 5, 332.5,  19587- 
19390  ;  meurt  à  Brindisi,  I, 
227-8  §  3  ;  ses  prédictions 
sur  la  naissance  du  Christ,  I, 

2 3o  §  8;  ses  inventions  mer¬ 
veilleuses,  son  aventure  dans 
la  corbeille  et  sa  vengeance, 
29331-29334;  sa  mort,  29535- 
29650;  3235 1  ;  sa  connais¬ 
sance  de  l'astronomie,  34289- 
34308;  Fauteur  a  fait  de  lui 
un  autre  personnage  sous  le 
nom  de  Maro .  dont  il  conte 
la  mort,  I,  227  §  3. 

Virgine ,  voy.  la  suivante. 

Virginia,  vierge  romaine,  ITr- 
gine,  fut  persécutée  par  Ap- 
pius  Claudius,  20429-20432. 

V ikginius,  père  de  Virginia,  Eu - 
genius ,  20430. 

V 1  t ELi.ius,  empereur  romain, 
Vitelle ,  I,  241  §  27. 

Vizku  (Portugal,  prov.  de  Bei- 
ra),  (  Visunia  et  non]  Sisunia , 

I,  334  a . 

V oi.usiEN,  empereur  romain,  | 
Yoluclen,  I,  246  $  44. 

Vulpian .  voy.  Ulpien. 

Walericn ,  voy.  Yai.ériek. 

Wandres ,  voy.  Vandales. 

Wanorili.k  (saint),  tonde  les 


abbayes  de  Fécamp  et  de 
Vaucelles,  1,  262  §  80. 

Waraton,  maire  du  palais, 
Valragon ,  seneschal  du  roy 
de  France ,  tue  saint  Vigile, 
1, 262  §  79. 

|  Wili.ibbrt,  archevêque  de  Co- 
l  logne,  Boillebant ,  1,  269  §  97. 
j  Wimarana ,  voy.  Guimarakns. 

Wulpian,  voy.  Ui.pien. 

I 

Xativa  (prov.  de  Valence),  Nfl- 
|  /«sire ,  I,  33q  j. 

Xaxoine ,  voy.  Saxe. 

Xercès .  écrivain,  32342. 

Xkrxès,  roi  de  Perse,  Sirsès, 
Xircès ,  mal  conseillé,  fait 
une  guerre  ^malheureuse  aux 
Grecs,  3337-5402;  13778, 

13782. 

Xkrxès,  roi  des  I.vdiens.  Sersès, 
est  vaincu  par  Alexandre, 
13687-15712. 

Xircès ,  voy.  Xkrxès. 

Ycartis ,  voy.  Icare. 

Ydumèe ,  voy.  Idlmée. 

Vgmice,  voy.  Ignace. 

Y l aire  (saint),  voy.  Hilaire. 

Ylarion ,  voy.  Hilarion. 

Ylion,  voy.  Troie. 

y//es  (cen.v  d’)?,  27739-27771. 

Yiidc,  Yndfens,  voy.  Inde. 

Ynocens,  voy.  Innocent. 

Ypocras ,  voy.  Hippocrate. 

Ypocrisie,  voy .  Hypocrisie. 

Ypolite ,  voy.  Hippolytk. 

Yrene ,  voy.  Irène. 

Vriii,  voy.  Padron  (cl). 

Ysaac,  voy.  Isaac. 

Ysabcl.voy .  Isabelle  d'Aragon. 


j  Y  saie,  voy.  Isaïe. 

Ysengrin,  voy .  Isengrin. 
Ysidès,  voy.  Isisdès. 

Ysidoire ,  Ysidore ,  voy.  Isidore. 
Ysmael ,  voy.  Ismael. 

Ysodun,  voy .  Issoudun. 
Yspalide ,  voy.  Séville. 

Ytalie ,  Y  t  allie,  voy.  Italie. 
Ytallens ,  voy.  Italie. 

Ytalus ,  voy.  Itai.us. 

Ytier ,  voy.  Itiiikr. 

Yves  de  Beauvais,  prévôt  de 
Saint-Quentin,  puis  évoque 
de  Chartres,  compile  le  Dé¬ 
cret,  I,  281  §  122. 

Zahulon,  démon,  6807. 
Zacharie,  pape,  Zaquarie .  I. 

263  §§  85-86  et  33 1. 

Zacharie  (patriarche  de  Jéru- 
1  salcm],  saint  Aqtiarie.  est  ra¬ 
mené  en  Palestine  par  liera  - 
clius,  I,  260  §  73. 

1  Zamora  (?)  «prov.  de  I.éon  . 
Altamota ,  I,  334  n. 

Zaquarie .  voy.  Zacharie. 
Zébédék,  époux  de  Marie.  1. 

I  353  a. 

Z ef crus ,  voy.  Zépiiirin. 

•  Zenon,  empereur,  Zeno.  L  237 
;  §§  66-7  et  36o  a. 

Zépiiirin  (saint),  pape,  Zefcrus . 

;  Zepherin ,  I,  348:  son  régne. 

;  1,  357 

Zeuxis,  peintre  grec,  483. 

Zozi.mk  (saint),  pape,  Zosimus . 
son  règne.  I,  339  j. 
i  Zozixk,  moine,  Jofimas ,  Z071- 
mfls,  visite  dans  le  désert 
sainte  Marie  FEgyptiennc,  I, 

24r>-7  §  44;  K  235  S  37; 

I  32803-32814. 


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%iu 


i 


ERRATA 


Page  21,  v.  24373,  lire  :  Oui  s’entr'ayment 

et...  ; 

—  22,  v.  24332-3,  ponctuez  : 

Qui  tant  est  noble,  cointc  et  tiêrc. 

(^ui  oncquez  jour  mourir  ne  vault, 

—  29,  v.  23212,  lire  :  De  praticque  ne... 

—  3o,  v.  25323,  lire  :  laideur. 

—  3i,  lire  :  vers  i543o  au  lieu  de  21430. 

—  35,  v.  23771,  ponctuer  : 

Quant  Rcnurt  voit,  taire  restneut. 

—  73,  v.  29618,  corr.  :  vaute.  : 

—  79,  v.  3oo83,  corr.  :  liesse.  j 

—  92,  v.  31299,  corr.  :  esveilla. 

—  lit,  v.  332  1 1 ,  corr.  :  «  Entier  querois, 

or  l’as  !  *». 

—  112,  corr.  :  33z3o  au  lieu  de  3Si3o. 

—  1 13,  v.  33363,  lire  :  trestous.  ! 

—  1 14,  v.  33437,  lire  :  bien  a  droit. 

—  124,  v.  34402.  corr.  :  trestous;  v.  3441  3, 

lire  :  Desloiauté. 

—  123.  v.  345o3,  lire  :  Arrogance. 

—  1 3o,  v.  34033,  lire  :  Soleil  ;  3497*’ 

lire  :  Astronomie. 

—  1.34,  v.  35409,  lire  :  vieng  a  chief. 

—  1 39,  v.  35908,  lire  :  Avarice. 

—  140,  v.  36002,  lire  :  autretel. 

—  141,  v.  36040,  lire  un  point  à  la  lin  du 

vers. 

_  1  _j(j,  v.  36846,  corr.  :  rainsscaulx. 

—  1 35  Titre  courant,  lire  septième  Branche. 

—  1  5o,  v.  3787X,  lire  :  mestier. 


—  173,  v.  3o232,  lire:  quanqu’ilz. . . 

—  184,  v.  401 36,  lire  :  a  chief. 

—  186,  v.  4o33q,  corr.  :  voeul  a  Dieu 

deprier. 

—  197,  2e  col.,  9*  vers  avant  la  fin.  lire  : 

fuir. 

—  201,  i'«  col.,  vers  4.  ponctuer  : 

Gon  or  a  plus  petit  landont. 
vers  6,  ponctuer  : 

Ht  s'a  si  folcmant  ouvert  ?j. 

—  206,  3 1617-3 1758,  lire  :  la  rédaction 

H  a... 

—  216,  2e  col.,  2r  vers  avant  la  lin,  corr.  : 

les  estoires. 

—  229,  P"  col.,  vers  S  et  9.  ponctuer  : 

A  un  sien  neveu  preu  et  saige. 
Childcbcrt  ansique  non  ot. 

—  23o,  2r  col.,  vers  4,  lire  :  et  sus  se  t’a- 

visse  ;  vers  20,  corr.  :  tresgrans. 

—  240,  2e  col.,  vers  20,  lire  :  adestrant. 

—  243,  1 rr  col . ,  vers  10,  lire  :  Es  leus... 

—  248,  i"  col.,  vers  3,  lire  :  clervoiant; 

3"  vers  avant  la  fin,  ponctuer  : 

J'ai  dans  agucs,  clerc  vehue. 

—  249,  tr*  col.,  vers  16,  lire  :  puïr. 

—  272,.  manque  le  mot  :  Esture,  37471. 

—  Ghatii.lon  suppléer  :  sur-Sf.inf.. 

—  Landegras,  corr.  Landegrans. 


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TABLE  DES  MATIÈRES 

DU  TOME  II 

Troisième  Branche .  i 

Quatrième  Branche .  1 1 

Cinquième  Branche .  75 

Sixième  Branche .  87 

Septième  Branche .  119 

Huitième  Branche .  173 

Notes  et  variantes .  195 

Glossaire  .  25 1 

Table  alphabétique  des  noms  propres  et  des  principales  matières .  297 

Errata .  359 


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LE  PU  Y -EN -VELA  Y.  —  IMPRIMERIE  PEYR1LLKR,  ROUCIION  ET  GAMON. 


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